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« On nous confisque la coupe, puis on nous inflige la double peine »

Par: Mohamed KHOUKHCHANI

Par: Mohamed KHOUKHCHANI

Il faut désormais appeler les choses par leur nom. Ce qui s’est produit après la finale de la CAN 2025 ne relève plus d’un simple malentendu disciplinaire, ni d’une interprétation maladroite des faits. Il s’agit d’une faute institutionnelle grave, d’un renoncement manifeste de la CAF à son rôle d’arbitre moral et réglementaire du football africain.

Car enfin, comment qualifier autrement une décision qui met sur le même plan l’instigateur du désordre et celui qui l’a subi, le provocateur et celui qui a fait preuve de retenue, l’agitation calculée et la dignité silencieuse ?

La sélection marocaine n’a rien à se reprocher. Ni avant, ni pendant, ni après la finale. Les joueurs marocains ont disputé cette rencontre avec engagement, intensité et loyauté. Aucun dérapage, aucune violence, aucune tentative de manipulation de l’arbitrage. La FRMF, fidèle à sa ligne institutionnelle, a refusé l’escalade verbale et médiatique, préférant le respect des règles à la surenchère.

Face à cela, la réalité est têtue. Le climat de tension qui a entouré cette finale porte un nom et un visage : celui de l’entraîneur sénégalais, principal agitateur, auteur de provocations répétées, de comportements théâtraux et de pressions continues sur l’environnement du match. Ces faits sont documentés, visibles, incontestables.

Et pourtant, la CAF a choisi de détourner le regard. Pire : elle a choisi la facilité bureaucratique, celle qui consiste à sanctionner indistinctement, à diluer les responsabilités, à sacrifier la vérité sur l’autel d’un prétendu équilibre.

Ce choix est non seulement injuste, il est dangereux. Il consacre une logique perverse : celle où la provocation devient une stratégie payante, où le désordre est récompensé par l’impunité relative, et où la dignité devient un handicap.

En sanctionnant moralement ou sportivement le Maroc, la CAF ne sanctionne pas un comportement fautif — puisqu’il n’y en a pas —, elle sanctionne un modèle. Celui d’un football discipliné, structuré, respectueux des institutions. En clair, elle punit l’exemplarité.

La Fédération Royale Marocaine de Football est donc pleinement fondée à contester cette décision, à en exiger la motivation précise, les bases réglementaires exactes et les critères objectifs. Car à défaut de preuves, toute sanction devient arbitraire. Et l’arbitraire est l’ennemi juré du sport.

Qu’on ne s’y trompe pas : ce plaidoyer n’est pas une attaque émotionnelle. C’est une mise en accusation politique et éthique d’un système décisionnel qui fragilise la crédibilité de la CAN et, au-delà, celle du football africain.

Car lorsqu’une confédération choisit de ne plus distinguer le juste de l’injuste, elle cesse d’être un arbitre pour devenir un problème.

Le Maroc n’a pas perdu qu’une finale.

Il a été confronté à une injustice.

Et cette injustice appelle une réponse claire, ferme et publique.

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