Aristide Briand, chef du gouvernement à sept reprises et élaborateur de la séparation des Églises et de l’État


“Je veux ce que voulaient nos pères, l’Église chez elle et l’État chez lui” (Victor Hugo)

Le socialiste libéral et défenseur de la loi de la laïcité insaturée le 9 décembre 1905, Aristide Briand, le Conciliateur qui a été nommé sept fois chef du gouvernement français, vingt-six fois ministre sous la IIIe République et onze fois président du Conseil des ministres. Il dit que cette loi, à savoir la laïcité, est une liberté. La liberté de croire ou de ne pas croire. La liberté pour celles et ceux qui croient pratiquer librement leur religion tant qu’elle ne fait pas obstacle à la loi de la République. C’est ainsi que nous concevrons la liberté des cultes.

Briand commence sa vie politique en tant que député novice, un avocat militant, élu rapporteur de la Commission parlementaire créée pour préparer un projet de loi de séparation des Églises et de l’État auquel personne ne prédit un grand avenir, tant que l’Église est présente dans la conception de l’entreprise gouvernementale, et dans la mémoire des citoyens pour ne pas dire “le cœur”. Le monde catholique en rejette violemment l’idée tandis que les républicains l’acceptent prudemment sans se montrer enthousiastes.

Briand, avec son éternel mégot, intègre les rangs des socialistes, et défend la voix des républicains contre l’Église qui se met en boule de peur qu’elle perde le financement de l’État, et le pouvoir absolu qu’elle exerce depuis des siècles.

À l’assemblée, deux années de bataille entre les membres qui sont favorables à la séparation, à savoir dix sept et seize représentants qui renoncent violemment à l’idée en mettant en valeur les faveurs de l’Église.

Après cinquante séances de travail approfondi, le Conciliateur avec son bout de cigarette amadoue ceux qui sont à l’opposé et ravigote la volonté des membres de l’Assemblée qui sont pour la loi 1905, en évoquant tous les malheurs que le monde occidental a vécus pendant des siècles, des paysans qui ont subi des tortures terrifiantes pendant le Moyen Âge (la chaise de Juda, la manivelle intestinale, la cage de fer, l’empalement…). Toutes ces formes d’affliction et de douleur ne faisaient qu’alimenter la haine dans le cœur de Brian et de ses adjuvants.

Le moment de la confrontation s’approche et Briand avance assurément vers la liberté des consciences, la science et le développement intellectuel. Il reste maintenant d’entamer le débat en public qui commence le 21 mars et qui va durer plus de trois mois. Briand le sait, sa marge de manœuvre est étroite, car la majorité du “bloc des gauches” est bornée en termes de débat autour de la confession religieuse et de la place que représente celle-ci dans l’histoire de France.

Le Rapporteur, alors, n’a pas le choix. Il est au sommet de la réalisation de son projet qui révolutionnerait le monde. Il ne reste qu’à jouer cartes sur table : “Il y a des curés dans l’Église catholique, il y a aussi des évêques, il y a même un pape. Que voulez-vous ? Ce sont des mots qui peuvent écorcher les lèvres de certains d’entre vous, mais ils correspondent à des réalités“, “Vous voulez faire une loi braquée sur l’Église comme un revolver ? Ne sentez-vous pas qu’elle sera votre responsabilité si, après vous être lancés à la poursuite d’une chimère, vous aboutissiez à une réforme inacceptable pour l’Église et pour le pays lui-même. L’article 4 est adopté par 482 voix contre 52. Cet obstacle surmonté, la loi est adoptée par l’Assemblée le 3 juillet, par le Sénat le 6 décembre 1905 et promulguée le 9 décembre de la même année.

Bio express:

Aristide Briand, né le 28 mars 1862 à Nantes et mort le 7 mars 1932 à Paris, est un avocat et u, homme politique français, il joue un rôle essentiel dans les relations internationales après la Première Guerre mondiale. Par ailleurs, il est l’initiateur et le rapporteur de la Li de séparation des Églises et de l’État adoptée en 1905, codifiant la laïcité en France. 

Références bibliographiques:

-https://www.la-croix.com/Religion/Laicite/etait-Aristide-Briand-2018-01-10-1200904811

Vercors, Moi Aristide Briand,1993

Gérard Unger, le ferme conciliateur Paru en septembre 2005