Les stratégies d’apprentissage dans le modèle d’enseignement à distance


“Quand les mtres cesseront d’enseigner, les élèves pourront enfin apprendre” (Montesquieu)

Suivre un cours à distance, demande une autonomie, ce qui n’est pas forcément possible quand il s’agit d’un apprenant qui a toujours eu des cours en présence physique de l’enseignant, cela demeure une hypothèse qui peut être infirmée ou confirmée après plusieurs recherches de terrain.

Il importe donc de bien cerner le profil d’apprenant sur le plan cognitif et socio-affectif, afin d’anticiper ses éventuelles difficultés et de mettre à sa disposition des ressources visant à le rendre plus autonome et persévérant.

L’articulation des procédures d’apprentissage

La stratégie est un enchaînement qui a un point de départ et une finalité, ce processus exige une planification cognitive se cristallisant plus ou moins sur le volet mécanique, tournant autour du traitement de l’information et de la capacité à mémoriser des données, afin de les remuer et de les restituer au moment opportun.

Cette opération paraît quasiment complexe, étant donné que le sujet-apprenant parvient à mémoriser par intérêt, il a sa propre stratégie ou ses propres stratégies d’apprentissage qui s’articulent entre elles pour atteindre un résultat dirigeant son travail dès les premières esquisses.

La représentation à cet égard se construit autour du résultat voulu dans le but de l’atteindre dans les meilleures conditions et avec le moindre effort possible.

L’intérêt porté aux stratégies de l’apprenant

Dans un cours à distance, l’apprenant cherche à rapprocher le savoir de sa démarche d’apprentissage, il se met dans la peau de l’enseignant, en essayant de le transposer et de le rendre accessible à sa capacité d’appréhension, sauf que sa méthode peut ne pas être en avantage de ses aspirations, étant donné que l’effet du concept d’insécurité méthodique peut le mettre dans un labyrinthe dont il ne connaît pas la sortie.

Autrement dit, la présence de l’enseignant régulateur s’impose, car l’interaction homme-machine ne se considère pas comme étant une transaction, contrairement à celle de l’apprenant-enseignant qui a toujours été la meilleure façon d’acquérir un savoir, d’où l’aspect socio-affectif que nous avons mentionné précédemment, un aspect qui s’articule autour de la motivation, qui est en quelque sorte l’essence de l’apprentissage, et qui prend deux allures différentes: celle qui vient de l’efficacité personnelle où l’apprenant sait qu’il est capable d’effectuer une tâche quelque soit le degré de sa complexité, et c’est là qu’il se rend compte de l’importance de la motivation, se persévère dans son être et essaie à tout prix de prouver à lui-même qu’il est apte à se confronter à toute situation-problème, et à réussir sa problématique.

D’autre part, il y a la motivation venant de l’extérieur, relevant du vécu de l’apprenant, de son entourage, de son environnement et de sa représentation, des éléments qui altérèrent ou évoluent sa façon de percevoir et de réguler ses stratégies de révision, de mémorisation, de restitution, etc).

Les études sur l’apprentissage des élèves à distance sont souvent assujetties à leurs comportements, ce qui importe l’enseignant, c’est plutôt la discipline de ses apprenants, leurs attitudes vis-à-vis de la démarche adoptée et qui n’apporte pas autant d’intérêt au pouvoir que ledit enseignant exerce en classe, quand il s’agit d’enseignement en présentiel.

Malheureusement les données à cet égard ne tournent pas principalement autour des stratégies d’apprentissage que l’élève utilise pour se créer un territoire de savoir et de connaissances permettant de consolider sa position, en tant que sujet-apprenant cherchant à comprendre, à saisir et à enchaîner entre plusieurs informations, celles qui ont été mémorisées au préalable et celles qui se rajoutent instantanément dans sa mémoire, en contribuant à la construction de ses compétences qui se perfectionnent tout au long de sa vie scolaire et académique .

Le concept de stratégie dans les modèles d’enseignement à distance

Force est de donner autant d’ampleur à l’enseignement à distance dans une période où cela demeure le seul moyen procurant à l’apprenant la possibilité de rester à jour et lié à sa vie scolaire.

En l’absence d’un model contenant une typologie des activités d’apprentissage, l’enseignement en alternance porte dans ses entrailles des défaillances qui sont en défaveur des attentes de l’élève.

Autrement dit, les cours sont structurés et laissent peu de place aux activités d’apprentissage. Résultat, une dépendance très marquée de l’élève à l’égard de sa formation scolaire, d’où la prédominance d’un type de stratégie.

En outre, ce que nous venons de mentionner résume tout un phénomène qui provoque souvent un dysfonctionnement altérant le déroulé de l’apprentissage, demandant une certaine rigueur et méthode pour que le fonctionnement cognitif de l’apprenant ne soit pas perturbé.

Les avis sont partagés à ce propos, des chercheurs comme Morgan et Taylor (1985) distinguent cinq façons de procéder dans l’apprentissage à distance:

1- L’accumulation des connaissances,

2- La mise en mémoire,

3- La maîtrise des procédés,

4- La construction du sens,

5- Les processus d’interprétation.

Les trois premiers procédés sont considérés comme des paramètres passifs qui ne font qu’à reformuler le savoir, une absence d’autonomie est quasiment remarquable, ils sont caractérisés par la mémorisation, aucun traitement de l’information et aucune activité cognitive n’ont été mis en considération.

En revanche, les deux derniers procédés invitent à une déconstruction et une reconstruction du sens en adoptant “une stratégie en profondeur”, c’est une mise en rapport avec l’expérience antérieure et l’évaluation de sa propre technique d’apprentissage.

L’espace entre le contrôle métacognitif et le concept de stratégie

L’adoption d’une telle ou telle stratégie par l’apprenant dépend de deux éléments liés étroitement, celui de l’autonomie qui met en lumière la persévérance de l’apprenant, et sa motivation d’apprendre et de rester en bons termes avec sa vie scolaire, comme les choix ne sont pas autant variés, cet aspect montre en quelque sorte son indépendance intellectuelle, il se considère capable de poursuivre ses études sans l’aide des autres, en requérant des connaissance sur son propre fonctionnement, il essaie de tracer un chemin et de diversifier les stratégies jusqu’à ce qu’il parvienne à trouver son bonheur et son aisance. Le deuxième élément est celui de la prise de conscience, un paramètre qui est lié à plusieurs facteurs à savoir l’environnement, l’entouré de l’apprenant, étant donné que cette opération métacognitive est influencée principalement par des éléments extérieurs à son fonctionnement mécanique et cérébral.

Conclusion

La formation à distance et l’aspect métacognitif jouent un rôle inextricable, parce qu’ils permettent de remettre tout un système de penser en question, ce qui n’est pas souvent possible, étant donné que les apprenants n’ont pas la même capacité d’autonomie et de métacognition. C’est plutôt la notion du temps et le long terme qui prennent corps, car à un moment donné l’apprenant cherchera à tout prix à comprendre et à saisir ce qu’il apprend, soit par intérêt, soit par obligation dirigée par une évaluation-sanction.

 

 

Référence bibliographique :

-Allal Benlazmia, Les stratégies d’apprentissage: stratégies cognitives et métacognitives Faculté des sciences de l’éducation, Rabat, 2015.

-BLOOM (B.S). Caractéristiques individuelles et apprentissage scolaire, Labor /Nathan, Paris /Bruxelles ,1979.

-BOULET (A).SAVOIE-ZAJC (L) et CHEVRIER (j). Les stratégies d’apprentissage à l’université, Presses de l’Université du Québec,1996.

-CLOUSOT (O). Enseigner autrement: des logiques éducatives à la transparence pédagogique, ED. D’Organisation, Paris, 1989.

– CROISIER (M). Motivation, projet personnel, apprentissage, ED.E .S.F. Paris.