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Algérie : l’inquiétante décrue des réserves de change

Dans son évaluation annuelle de l’économie algérienne, le Fonds monétaire international avertit que les réserves officielles de change tomberont à 19,8 milliards de dollars en 2031. 

Alors qu’elles s’établissaient à 68,9 milliards de dollars en 2024, les réserves brutes de l’Algérie ont fondu à 51,0 milliards de dollars en 2025. Le pays a ainsi perdu 17,9 milliards de dollars en un an, fait constater le FMI.

Et ce n’est pas fini ! Selon les projections des services du Fonds, le stock descendrait à 46,5 milliards en 2026, à 33,4 milliards en 2028, puis à 19,8 milliards en 2031. Mesurées en mois d’importations, les réserves ne couvriraient plus que 3,3 mois à la fin de la période, contre 11,1 mois en 2024.

Que risque l’Algérie? 

Si un État voit ses réserves chuter sous le plancher des 20 milliards de dollars, voici les principales conséquences auxquelles il faut s’attendre :

1. Crise de couverture des importations

Les réserves de change servent d’abord à payer les biens achetés à l’étranger (énergie, céréales, médicaments, biens d’équipement).

  • Le risque : Si le niveau passe sous le seuil critique des 3 mois de couverture, le pays s’expose à des pénuries de produits essentiels.

  • La réaction : L’État est contraint de rationner les devises, de restreindre drastiquement les importations non stratégiques et de bloquer certaines opérations commerciales.

2. Forte pression sur la monnaie nationale

Sans réserves suffisantes, la Banque centrale perd sa capacité à intervenir sur le marché des changes pour soutenir sa propre monnaie. 

  • Le risque : Une dévaluation ou une dépréciation brutale de la monnaie locale face au dollar et à l’euro.

  • La réaction : Cela peut provoquer l’émergence ou l’explosion d’un marché noir des devises (marché parallèle) où la monnaie nationale s’effondre.

3. Explosion de l’inflation importée

Une monnaie qui perd sa valeur signifie que tout ce qui est acheté à l’international coûte plus cher.

  • Le risque : Les prix à la consommation (notamment les produits alimentaires de base) grimpent en flèche.

  • La réaction : Une perte immédiate de pouvoir d’achat pour la population et un risque d’instabilité sociale.

4. Perte de confiance des investisseurs et dégradation souveraine

  • Les agences de notation financière coupent généralement les notes de crédit du pays, le classant dans des catégories à haut risque.

  • L’accès aux marchés financiers internationaux devient presque impossible, ou alors à des taux d’intérêt prohibitifs, ce qui complique le refinancement de la dette extérieure.

5. Recours inévitable aux institutions internationales

Pour éviter le défaut de paiement, un gouvernement confronté à une telle érosion de son matelas de devises n’a d’autre choix que de :

  • Solliciter l’aide d’urgence du FMI.

  • Accepter, en contrepartie, des réformes structurelles austères (baisse des subventions publiques, réduction des dépenses de l’État, hausse des taxes). 

 

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