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Algérie, football et hostilité gratuite envers le Maroc. Gestion politique ou fuite du développement ?

Par: Mohamed KHOUKHCHANI

Depuis l’indépendance de l’Algérie il y a plus de six décennies, la question centrale demeure : pourquoi le pays reste-t-il otage d’une gestion politique basée sur l’exploitation du football et l’alimentation de l’hostilité envers le Maroc, plutôt que sur l’essor économique et social attendu par le peuple ?

Le football comme « opium » du peuple.

On ne peut nier qu’en Algérie, le football a dépassé le simple cadre sportif pour devenir un outil politique par excellence. Les propos épiques tenus par les médias officiels, décrivant les joueurs de l’équipe nationale comme des « héros », transforment les stades en arènes pour anesthésier les crises internes. Dans une économie rentière dépendante des hydrocarbures, le pays manque de bases démocratiques et de développement réel ; les victoires sportives surviennent alors comme des analgésiques temporaires pour masquer les échecs structurels tels que le chômage et l’inflation. Des études confirment que de nombreux régimes politiques en Afrique, quelles que soient leurs orientations, maîtrisent l’art d’utiliser le football à leurs fins, que ce soit pour accroître leur popularité ou pour faire passer des messages politiques.

L’hostilité envers le Maroc : complexe culturel et reliquat de guerre froide.

Ce qui est plus profond qu’un simple différend frontalier, c’est que l’hostilité algérienne envers le Maroc semble enracinée dans une crise d’identité culturelle. L’Algérie, qui a perdu une partie de sa mémoire culturelle en raison de décennies, voire de siècles, de colonisation ottomane puis française, regarde le Maroc, qui a préservé son patrimoine, dans un mélange d’admiration et de rancœur. Ce sentiment s’est manifesté par une imitation continue de tout ce qui est marocain, de l’architecture aux enseignements religieux.

Sur le plan politique, l’origine du conflit remonte à la guerre des Sables de 1963, autour des frontières héritées de la colonisation, une guerre qui a laissé des blessures profondes dans les relations. Elle a ensuite évolué pour se concentrer sur le dossier du Sahara marocain, où l’Algérie soutient le « polisario » face au Maroc. Cette hostilité, que le régime algérien considère comme partie intégrante de sa doctrine politique et militaire, est utilisée pour justifier des dépenses militaires colossales et reporter les réformes internes.

Le coût de la rupture : des pertes économiques considérables.

En contrepartie, la fermeture des frontières terrestres depuis 1994 et la rupture des relations diplomatiques à partir de 2021 sont des politiques extrêmement coûteuses. Les pertes pour les économies des deux pays ont été estimées à des dizaines de milliards d’euros par an. Au lieu d’une intégration régionale qui aurait pu permettre un développement commun, l’Algérie a privilégié l’isolement et l’hostilité, privant ainsi les deux peuples des fruits d’une coopération dans les domaines de l’énergie, du commerce et de la libre circulation des personnes. Alors que les relations se tendaient au niveau officiel, les événements récents, comme les matchs de football entre supporters, ont montré une volonté populaire de rapprochement qui contraste vivement avec les politiques officielles.

Conclusion.

Le pari sur le football et l’hostilité envers le Maroc reste deux cartes utilisées par les autorités algériennes, qui tirent profit des revenus des hydrocarbures pour les consacrer à des fins propagandistes et reporter les échéances du développement du pays. Mais la prise de conscience populaire grandissante, les transformations économiques mondiales et la pression croissante pour le développement rendent ces outils de plus en plus obsolètes. L’avenir de l’Algérie passe inévitablement par la construction d’un État de droit et d’institutions, par l’investissement réel dans l’humain, et par l’ouverture d’une nouvelle page avec son voisin marocain, fondée sur la coopération plutôt que sur les joutes contreproductives.

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