
Par: Mohamed KHOUKHCHANI

Depuis le 7 octobre 2025, le monde assiste, sidéré, à une déflagration de violence au Moyen-Orient. Ce qui a commencé par une guerre dévastatrice à Gaza s’est étendu à la Cisjordanie, au Liban, à la Syrie, au Yémen, et a failli embraser l’Iran. Si certains détails que l’on trouve sur les réseaux sociaux relèvent de la rumeur ou de l’anticipation – comme l’attaque contre l’Iran le 28 février 2026 ou le bombardement précis de 170 écoliers, non confirmés par des sources indépendantes –, le constat de fond, lui, est accablant.
La politique menée par le gouvernement Netanyahu, soutenue par des figures comme Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich, est devenue l’objet d’une réprobation internationale croissante. Ce n’est pas encore l’unanimité mondiale, mais un basculement est en marche : de l’Espagne à la Turquie, de la Pologne à la Corée du Sud, des voix s’élèvent pour qualifier les actions d’Israël de crimes de guerre, voire de génocide. La Cour pénale internationale a émis des mandats d’arrêt. Les médias israéliens eux-mêmes évoquent un isolement sans précédent.
Une politique de pure force qui se retourne contre son auteur.
Benjamin Netanyahu semble croire que la violence sans limite peut garantir la sécurité d’Israël. Il se trompe. Bombarder Gaza jusqu’à raser des quartiers entiers, coloniser davantage la Cisjordanie, frapper le Liban sous prétexte de riposte, menacer l’Iran… Cette stratégie ne produit que trois résultats : des milliers de civils morts, une haine durable dans toute la région, et la transformation d’Israël en État paria aux yeux d’une grande partie de l’humanité.
Le « camp de la raison » – aux États-Unis, en Europe, mais aussi au sein de la société israélienne – s’effraie de cette dérive. Car ce n’est pas l’existence d’Israël qui est contestée par la majorité des acteurs internationaux, c’est la politique d’un gouvernement qui a fait de l’annexion, de l’expulsion et de la punition collective sa seule doctrine.
L’heure n’est pas à la « fin du sionisme », mais à la fin de l’impunité.
Certains slogans radicaux appellent à « mettre fin au sionisme ». Cette formule est ambiguë et contre-productive. Le sionisme, mouvement politique historique, a abouti à la création d’un État où vit un peuple juif souverain. Contester ce droit, c’est nier l’évidence. En revanche, mettre fin aux dérives de ce gouvernement particulier – à sa politique d’occupation, de colonisation, de blocus, de bombardements disproportionnés – est une nécessité urgente.
Netanyahu, Ben Gvir et Smotrich ne sont pas des figures abstraites. Ce sont des hommes politiques responsables, par leur action ou leur inaction, de destructions massives. Il est temps qu’ils soient poussés à la raison, non par une diabolisation globale d’Israël, mais par une pression internationale ferme et unie : sanctions ciblées, suspension des livraisons d’armes, reconnaissance accélérée de l’État de Palestine.
La seule issue crédible : deux États voisins, vivant en paix.
Rien ne justifie le terrorisme du Hamas, rien ne justifie les frappes aveugles de Tsahal. La spirale ne s’arrêtera que par un accord politique. La solution à deux États – Israël et la Palestine vivant côte à côte dans des frontières sûres et reconnues – reste la seule porte de sortie. Cela suppose :
● Un arrêt immédiat de la colonisation en Cisjordanie.
● La levée du blocus sur Gaza.
● Des négociations sérieuses sur Jérusalem, les réfugiés, et les frontières de 1967, avec des garanties internationales.
● Une refonte profonde de la classe politique israélienne, remplaçant les provocateurs par des artisans de paix.
Appel aux dirigeants israéliens.
À Benjamin Netanyahu, Itamar Ben Gvir, Bezalel Smotrich, et à tous ceux qui les soutiennent :
Vous n’apporterez pas la sécurité par la violence. Vous préparez au contraire une génération de Palestiniens et de Libanais qui ne rêvera que de vengeance. Le monde vous regarde, et beaucoup de vos alliés historiques commencent à se détourner.
Il n’est pas trop tard pour changer de cap. Cessez les bombardements. Libérez les otages. Reconnaissez le droit des Palestiniens à un État. Entamez des négociations de bonne foi.
La force ne rend pas grand. La raison, si.
Le Moyen-Orient n’a pas besoin de nouveaux bouchers. Il a besoin d’hommes d’État. Aux Israéliens, aux Palestiniens, à tous les peuples de la région : la paix est possible, mais elle exige du courage, pas des missiles.



