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Bank Al-Maghrib maintient son taux directeur inchangé à 2,25%

Le texte intégral du communiqué

Le Conseil de Bank Al-Maghrib a décidé de maintenir le taux directeur inchangé à 2,25%, a-t-il annoncé mardi, à l’issue de sa première réunion trimestrielle de l’année 2026. « Tenant compte (i) de la poursuite de la dynamique notable de l’activité économique ; (ii) des niveaux modérés prévus de l’inflation ; et (iii) de la forte incertitude entourant les perspectives au niveau international ainsi que des résultats des stress tests réalisés par BAM pour l’économie nationale, le Conseil a jugé approprié de maintenir le taux directeur inchangé à 2,25%« , a expliqué la banque centrale nationale. Voici in extenso le texte du communiqué. 

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Le Conseil de Bank Al-Maghrib a tenu le mardi 17 mars sa première réunion trimestrielle de l’année 2026. Lors de cette session, il a analysé l’évolution de la conjoncture économique nationale et internationale ainsi que les projections macroéconomiques à moyen terme de la Banque. Il s’est attardé sur les développements récents liés à la guerre au Moyen-Orient qui accentuent l’incertitude déjà élevée, en lien notamment avec le conflit en Ukraine et la politique commerciale américaine, et mettent ainsi à rude épreuve la résilience affichée par l’économie mondiale ces dernières années. Les conséquences de cette guerre, déjà perceptibles sur les marchés financiers et sur les cours des matières premières, en particulier ceux de l’énergie, dépendront dans une large mesure de sa durée, de son étendue et de son intensité.

Au niveau national, cette guerre ne serait pas sans conséquence à travers notamment les canaux des
comptes extérieurs et en particulier les cours de l’énergie.

Selon les évaluations préliminaires de Bank Al-Maghrib, l’impact serait relativement contenu dans le scénario retenu d’un conflit de courte durée, mais pourrait s’avérer plus marqué dans le cas contraire. Cela étant, la forte dynamique des secteurs non agricoles, tirée par l’investissement dans les infrastructures économiques et sociales,
devrait se poursuivre et la production agricole connaitrait un rebond notable à la faveur des conditions climatiques exceptionnelles qui ont prévalu au cours des derniers mois.

S’agissant de l’inflation, elle a évolué à des niveaux bas, en lien avec l’amélioration de l’offre de certains produits alimentaires et le repli des prix des carburants. A moyen terme, elle devrait, après la dissipation de ces effets et avec la hausse des cours du pétrole prévue dans le scénario central, s’accélérer graduellement tout en restant à des niveaux modérés. Ainsi, elle ressortirait quasi stable d’une année à l’autre à 0,8% en 2026, puis atteindrait 1,4% en 2027.

Quant aux anticipations d’inflation, elles se sont inscrites en baisse, les experts du secteur financier interrogés avant le déclenchement de la guerre en Iran dans le cadre de l’enquête trimestrielle de Bank Al-Maghrib, tablant au premier trimestre 2026 sur un taux moyen de 1,5% à l’horizon de 8 trimestres et de 1,8% à celui de 12 trimestres.

Sur le volet de la transmission des précédentes décisions du Conseil, le recul cumulé des taux débiteurs assortissant les crédits bancaires au secteur non financier entre le début de l’assouplissement monétaire en juin 2024 et le quatrième trimestre 2025 ressort à 61 points de base (pb) contre 75 pb pour le taux directeur.

Tenant compte (i) de la poursuite de la dynamique notable de l’activité économique ; (ii) des niveaux
modérés prévus de l’inflation ; et (iii) de la forte incertitude entourant les perspectives au niveau
international ainsi que des résultats des stress tests réalisés par BAM pour l’économie nationale, le Conseil a jugé approprié de maintenir le taux directeur inchangé à 2,25%. Il continuera de suivre de près la conjoncture interne et externe et en particulier les développements au Moyen-Orient ainsi que leurs conséquences sur l’activité économique et l’inflation, et de fonder ses décisions, réunion par réunion, sur la base des données les plus actualisées. 

Sur les marchés internationaux des matières premières, les perspectives d’évolution des cours restent très incertaines et soumises à des pressions haussières. Le prix du Brent en particulier devrait, selon le scénario central retenu par Bank Al-Maghrib, s’accroitre de 68,1 dollars le baril en moyenne en 2025 à 78,9 dollars en 2026 avant de se replier à 64,5 dollars en 2027. Pour le phosphate et ses dérivés, les cours du DAP d’origine marocaine devraient, selon les estimations de la Commodities Research Unit (CRU), augmenter à 816 dollars la tonne en 2026, portés par, outre la poursuite des restrictions sur les exportations chinoises, les perturbations du commerce mondial des engrais et des intrants essentiels à leur production, avant de revenir à 703 dollars en 2027.

En revanche, les prix du phosphate brut devraient s’inscrire en légère baisse sur l’horizon de prévision. S’agissant des prix des produits alimentaires, après un accroissement de 4,3% en 2025, l’indice FAO devrait connaitre un repli de 2,3% cette année avant de rebondir à nouveau de 3,4% en 2027.

 

 

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