
Selon le dernier rapport de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI), les importations d’armes du Maroc ont augmenté de 12% entre 2021 et 2025 par rapport à la période 2016-2020. Une tendance haussière qui se dessine sur fond de « tensions persistantes » avec l’Algérie, arrivée, elle, à la 33ème place sur la même période 2021-2025.
Cette hausse intervient alors que les importations d’armes par les Etats africains ont diminué de 41% entre 2021 et 2025, note Sipri, précisant que le Maroc et l’Algérie sont de loin les principaux pays d’Afrique destinataires d’armes lourdes.
D’après le même institut, les principaux fournisseurs d’armes au Maroc sont les Etats-Unis (60%), Israël (24%) et la France (10%).
A noter qu’une partie non négligeable des armes acquises par le Maroc auprès des USA sont utilisées dans le cadre de l’opération israélo-américaine « Fureur épique », en cours contre l’Iran depuis le 28 février 2026, notamment les lance-roquettes longue portée M142 HIMARS utilisant des missiles balistiques MGM – 140 ATACMS.
Le Maroc bienvenu dans le select club des fabricants d’armes
Le 1er juin 2024, le Maroc a franchi un pas décisif dans sa stratégique de créer, in situ, une industrie de défense. La création de deux zones d’accélération industrielle de défense, une décision actée lors du Conseil des ministres présidé, le même jour à Casablanca, par SM le Roi Mohammed VI, Chef suprême et Chef d’Etat-major général des Forces Armées Royales. Cette décision intervient trois ans après l’entrée en vigueur, fin juin 2021, de la Loi n° 10-20 relative aux matériels et équipements de défense et de sécurité, aux armes et aux munitions, avec la publication au Bulletin officiel du décret d’application n°2.21.405.
Les enjeux de ce coup de maître royal sont multiples. Un, le projet répond à une nécessité hautement stratégique. En se dotant de sa propre industrie de défense, le Royaume vise à rendre son armée autosuffisante en matériel de défense et de sécurité et donc demeurer autonome, souverain et maître de son destin. Deux, ce projet est à fortes retombées économiques. En effet, le Maroc veut s’assurer une place confortable dans un secteur à forte valeur ajoutée économique et financière. Compte tenu de l’accroissement des tensions inter ou intraétatiques, appelées à s’exacerber en Afrique, au Moyen-Orient, en mer de Chine, etc, il faut s’attendre à ce que les dépenses militaires explosent dans les prochaines années. Last not least, le Maroc offre un écosystème industriel attrayant pour les leaders mondiaux de l’industrie de défense. Ce n’est donc pas un hasard si nombre d’entre eux ont exprimé leur volonté d’externaliser une partie de leur industrie de défense vers le Maroc.
Le premier-né du « Made in Morocco »
Le 1er septembre 2025, le Maroc a joint l’acte à la parole en procédant à l’inauguration, à Berrechid, de la première usine TATA Advanced Systems Maroc (TASM), une jointure maroco-indienne destinée la production des véhicules blindés de combat WhAP 8×8, destinés aux Forces Armées Royales mais aussi à des marchés internationaux à fort potentiel. À son ouverture, présidée par le ministre délégué auprès du Chef du gouvernement, chargé de l’Administration de la Défense nationale, Abdellatif Loudiyi, et le ministère indien de la Défense, Rajnath Singh, l’usine TASM compte intégrer 35% de composantes d’origine locale, un taux qui atteindra progressivement 50% grâce à un investissement soutenu dans la formation et l’intégration de fournisseurs nationaux.




