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Clap de fin pour le Festival international du film documentaire de Zagora : « Blé / Al Hanta » décroche le grand prix (palmarès complet)

Par : Abdou MESNAOUI

Par : Abdou MESNAOUI

​La 14ᵉ édition du Festival International du Film Documentaire de Zagora, tenue cette année sous la thématique « le documentaire dans l’oasis : une mémoire qui rassemble le monde », s’est achevée sur un constat décisif : l’urgence de soustraire la topographie oasienne au régime d’assignation exotique qui l’a longuement confinée aux marges du cinéma hégémonique.

Durant cinq jours, le festival a affirmé son rôle de plateforme d’échange et de médiation culturelle, reliant la création cinématographique aux enjeux de la mémoire collective et de préservation du patrimoine. ​Au cœur des débats qui ont rythmé ces journées de réflexion, la table ronde consacrée à la relecture cinématographique du milieu oasien a marqué un tournant dans l’analyse spatiale contemporaine. Rassemblant universitaires, cinéastes et professionnels des médias, — dont le chercheur et réalisateur Bouchaïb El Messaoudi ainsi que la chercheuse Oumaima Jbour —, ce moment de réflexion a formalisé une rupture épistémologique majeure : envisager l’oasis non plus comme un décor fixe ou une curiosité touristique, mais comme un « texte visuel » à déchiffrer.

Les interventions ont évoqué la question de la redéfinition de l’espace oasien dans le sens que le film documentaire dépasse les clichés exotiques et touristiques pour appréhender l’oasis comme un « texte visuel » et un espace complexe où se croisent mémoire, identité et défis des transformations sociales et écologiques en milieu oasien.

De son côté Dr. El Messaoudi a mis en avant la capacité de l’image documentaire à dépasser le simple enregistrement factuel pour faire de l’oasis une mémoire visuelle et un vecteur de dialogue interculturel et universel. Le documentaire, de son point de vue, remplit un double rôle : préserver la mémoire orale et locale contre l’oubli, tout en questionnant le présent pour ouvrir un débat public sur l’avenir du territoire et de ses habitants. L’oasis s’affirme comme un espace humain et culturel ouvert, tandis que le cinéma documentaire s’impose comme un outil artistique et conceptuel apte à élever la spécificité locale au rang de discours universel.

La soirée de la cérémonie de clôture officielle a été marquée par l’annonce du palmarès et remise des prix aux films documentaires récompensés par le jury. La proclamation des résultats a consacré les propositions filmiques ayant su allier rigueur documentaire et audace esthétique.

Le palmarès a été comme suit:
– Le grand prix: film documentaire  » Al Hanta / le blé » de Omar KELLOU, Maroc;
– Le prix du jury: film documentaire « Crystal » de Souad NAJJAR, Maroc;
– Le prix de réalisation : film documentaire  » El corresponsal » de Luis Fernández de ERIBE, Espagne;
– Le prix de la meilleure image: film documentaire « Flamme de passion, Said KHALFI, Maroc;
– Le prix de la meilleure thématique: film documentaire « peut-être demain » d’Ayoub BERHI, Maroc;
– Mention spéciale au film documentaire « Dllala » de youssef Ait Mansour.

Au-delà de la remise des distinctions, cette édition confirme la pertinence d’une politique de la décentralisation culturelle, tout en soulignant la nécessité d’inscrire ces initiatives événementielles dans une dynamique de structuration durable de la médiation culturelle dans les régions du Sud.

 

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