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« Le danger de contagion démocratique terrifie les régimes autoritaires et répressifs voisins, en particulier la junte militaire algérienne » (Elias Kasri, ancien ambassadeur de Tunisie)

La menace d’intervention du président algérien désigné en Tunisie, sous prétexte de « lutte contre le terrorisme », a suscité une vive indignation parmi le peuple tunisien, qui perçoit ses agissements comme une ingérence flagrante dans ses affaires intérieures et une atteinte à sa souveraineté. Qu’est-ce qui a bien pu pousser le « parrain » de la junte militaire algérienne à s’immiscer ainsi dans les affaires d’un peuple voisin dont le seul « crime » est de vouloir se libérer de la dictature de Kaïs Saïed et de ses acolytes ?

La réponse se trouve dans cet article de l’ancien ambassadeur de Tunisie, Elias Kasri.


Dans cette situation critique, tant sur le plan intérieur qu’extérieur, il est préférable de laisser partir ceux qui le souhaitent, plutôt que d’assiéger ceux qui ont nui à la Tunisie. Il s’agit d’éviter de les plonger dans le désespoir et de les contraindre à solliciter l’aide de puissances étrangères qui guettent la Tunisie et exploiteraient la situation pour justifier leur intervention, compliquant ainsi les choses et augmentant le coût de la recherche de solutions et de la sortie de crise.

Il convient de noter que la conjoncture internationale instable a accru l’importance stratégique du détroit de Sicile, dont une partie est contrôlée par la Tunisie, suite à la fermeture des détroits d’Ormuz et de Bab el-Mandeb.

Outre le risque de contagion démocratique, qui terrifie les régimes autoritaires et répressifs voisins, notamment la junte militaire algérienne, la valeur géostratégique accrue de la Tunisie pourrait inciter de nombreuses puissances extérieures à exploiter toute instabilité potentielle pour s’implanter dans le pays et s’engager dans une lutte d’influence avec d’autres acteurs étrangers.

Même si cette approche peut paraître injuste et constituer une acceptation de l’impunité, l’intérêt national suprême et le contexte régional et international exigent sagesse, prudence et efforts pour minimiser les pertes potentielles et les prétextes à une ingérence étrangère dans les affaires du pays.

Depuis 2011, la Tunisie est en proie à un cycle de vengeance et de représailles qui a épuisé le pays et freiné son redressement. Cette situation s’explique par l’incapacité du pays à mettre en œuvre des réformes suffisantes et à protéger adéquatement ses institutions et ses lois contre les abus de pouvoir, la corruption, le népotisme et le clientélisme qui, malheureusement, continuent de le gangrener dans divers secteurs.

Il est impératif que le peuple tunisien tire les leçons de ces quinze dernières années et aborde l’avenir avec le plus grand consensus et la plus grande unité possible afin de bâtir un avenir meilleur pour tous les Tunisiens, sans discrimination ni exception, et de restaurer le prestige et le rayonnement de la Tunisie sur la scène internationale.

Que nul traître ne vive en Tunisie, ni quiconque n’est parmi ses défenseurs.

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