KALÉIDOSCOPE

La chronique poétique de Mohammed EL QANDIL. Au gré des images, le vent !

Par: Mohammed EL QANDIL *

Et d’abord cette image : une fleur née au sommet de la montagne, élit le vent refuge et compagnon. Fleur qui ne ressemble pas aux fleurs, qui exige la différence et appelle l’amour.

Son parfum n’est pas de ceux qu’on sent, mais de ceux qu’on courtise, nuit et jour, afin que la neige qui l’entoure, nous procure la rédemption du solitaire joyeux.

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Et cette autre image qui rassure : Le miroir qui ne reflète ni ne signe rien, mais laisse parmi le brouillard, se profiler l’ombre d’une vérité incandescente !

O miroir ; renvoie-moi mon image, telle que le vent la parsème aux quatre coins du vent !

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Aimer…

Ecrire…

Peut-être, comme le dit si bien Bobin, c’est ouvrir la porte, éclairer une chambre et laisser la lumière héler celui ou celle qu’on attend. Ce qui doit advenir sans précipitation ni contrainte.

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Et encore cette image qui élève : louer l’absence tel un rempart qui donne sur les visages qu’on aime, sur les mains qui nous ont guidés, un jour, lors de nos cécités les plus lumineuses.

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Devant une prison- restée célèbre depuis- Anna Akhmatova retrouva les mots justes, nus, couleur de patience, les mots qui ne peuvent rien mais caressent le duvet chaud du souvenir.…

Une prière a rejoint, ce jour-là, le ciel. La cellule de Lev- son fils emprisonné- est devenu un Requiem chanté pendant l’hiver.

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Renouer avec le désastre, disait Blanchot.

Renouer avec ce qui s’écroule en nous, appelle du secours, s’effrite devant nos yeux, chaque fois que les nuages, là-haut, deviennent sourds.

Suivre ce désastre, lui léguer ce qui reste intact de nous, en héritage, lui témoigner même de l’affection, afin que nos chances de retour soient suspendues sur un mur, le long d’un clou, que la grand-mère gardait comme une offrande vite oubliée de son enfance.

Le vivre enfin telle une toile inachevée.

L’artiste, certes, commandera à la beauté. Même si aux marges du temps, nous reviendra ce désastre, pâmé de notre dernier sourire !

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Je me rappelle de son passage, tout près de moi, altier et noble.

Elle n’était pas de celles qui ordonnait aux jours la marche du temps. Non. Elle tournait, chaque matin, son dos au vent, et le laissait la pousser en direction du soleil, vers ce dont elle rêvait : un désastre entier, où la vie ne serait qu’un simulacre d’elle-même, fait d’images bienveillantes et d’une somme d’oubli à la mesure de nos chemins.

*Poète, chercheur en littérature et arts plastiques/
Inspecteur pédagogique

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