Par: Mohamed KHOUKHCHANI

Jusqu’à présent, les préparatifs et le déroulement de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 au Maroc se distinguent par une organisation rigoureuse et une mobilisation exemplaire. Des infrastructures sportives aux conditions d’accueil des vingt-quatre délégations participantes, rien n’a été laissé au hasard. Les témoignages des journalistes africains et internationaux, relayés par la presse écrite, les chaînes de télévision et les réseaux sociaux, convergent : le Maroc a relevé le défi avec sérieux, méthode et professionnalisme.
Cette réussite ne tient pas seulement aux performances de l’équipe nationale marocaine, dont le niveau ne suscite plus aucun doute, mais aussi à l’implication coordonnée des institutions, des collectivités locales, des services de sécurité et, plus largement, de l’ensemble du peuple marocain. La CAN 2025 s’impose déjà comme un événement continental majeur, évalué objectivement par la majorité des observateurs.
Cependant, cette manifestation sportive n’a pas réuni uniquement les amis et partenaires naturels du Maroc. Elle a également ravivé l’hostilité d’acteurs qui, par réflexe idéologique ou rivalité politique, refusent de reconnaître toute réussite marocaine. Pour ces ennemis déclarés ou latents, tout est prétexte à dénigrement : la moindre faille est amplifiée, et lorsqu’aucune lacune réelle n’est détectable, l’imaginaire complotiste prend le relais.
Sport et rivalité politique : le cas algéro-marocain
Cette hostilité trouve son expression la plus persistante dans les relations algéro-marocaines. Loin d’être conjoncturelle, elle s’inscrit dans une longue histoire de tensions politiques dont le sport est devenu, au fil des décennies, l’un des prolongements symboliques.
Depuis la guerre des Sables de 1963 et, plus encore, depuis le différend autour du Sahara marocain, les relations entre les deux États connaissent une dégradation continue. Cette crispation, entretenue par le pouvoir algérien, s’est progressivement infiltrée dans les sphères culturelles et sportives. Le football, discipline populaire et hautement médiatisée, en a fait les frais.
Les confrontations sportives entre le Maroc et l’Algérie ont souvent été marquées par un climat délétère : accusations récurrentes d’arbitrage biaisé, pression médiatique excessive, instrumentalisation politique des tribunes et, parfois, absence manifeste de fair-play. Les règlements de la CAF et de la FIFA, qui imposent la neutralité du sport, ont été à plusieurs reprises bafoués par l’introduction de slogans ou de symboles politiques dans les stades.
À cela s’ajoutent des pratiques de boycott ou de retrait déguisé de compétitions organisées au Maroc, sous des prétextes logistiques ou sécuritaires rarement étayés par des faits crédibles. Ces attitudes contrastent fortement avec celles d’autres pays d’Afrique du Nord, comme la Tunisie ou l’Égypte, où les rivalités sportives, bien que réelles, demeurent généralement circonscrites au cadre du jeu.
La CAN 2025, révélateur d’un malaise ancien
L’élimination logique de certaines équipes, notamment algérienne ou égyptienne, a servi de catalyseur à des discours hostiles. Mais là où les critiques égyptiennes ou tunisiennes restent majoritairement sportives et ponctuelles, celles émanant d’Algérie s’inscrivent dans une logique plus systématique, marquée par une absence récurrente de fair-play dès qu’il s’agit du Maroc.
La réussite marocaine dérange parce qu’elle contredit un récit soigneusement entretenu depuis des années. Elle révèle qu’un pays africain peut conjuguer stabilité politique, vision stratégique et rayonnement continental sans se soumettre à une logique de confrontation permanente.
Pour un sport africain libéré des règlements de comptes
Le sport devrait être un espace de dépassement, de fraternité et de compétition loyale. Lorsqu’il devient l’otage de conflits politiques non assumés, il perd sa vocation première et fragilise l’idéal africain qu’il est censé porter.
La CAN 2025 n’est pas la cause de l’hostilité manifestée contre le Maroc ; elle en est le miroir. Elle révèle, par contraste, ceux qui construisent et ceux qui s’enferment dans le ressentiment. L’histoire retiendra que le Maroc a choisi d’investir dans l’Afrique du sport, tandis que d’autres persistent à instrumentaliser le football pour masquer leurs propres impasses.



