SAHARA MAROCAIN. QUAND LE NOUVEAU MAE ESPAGNOL JOSÉ MANUEL ALBARES REPREND LE PROPOS SCANDALEUX DE SA PRÉDECESSEURE ARANCHA GONZALEZ LAYA

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Il s’avère que la crise entre Rabat et Madrid va durer encore longtemps. C’est ce que confirme l’une des premières sorties de José Manuel Albares depuis sa nomination le 10 juillet dernier, en tant que nouveau ministre des Affaires étrangères, en remplacement d’Arancha González Laya.

Interrogé par le journal d’information en ligne El Periódico de España (EPE) sur l’éventualité d’un changement de position sur la question du Sahara, le nouveau chef de la diplomatie espagnole a d’emblée répondu: « Nous défendrons fermement les intérêts de l’Espagne et des Espagnols« .

Cette réponse remet à l’esprit le propos scandaleux tenu il y a maintenant un an par González Laya, quand, au lendemain de la reconnaissance US de la pleine souveraineté du Maroc sur ses Provinces sahariennes, elle s’était fendue sans rougir de cette déclaration inappropriée: « L’Espagne a aussi des intérêts au Sahara occidental« !!!

En faisant sienne la déclaration de sa prédécesseure, qui a comparu dernièrement devant un tribunal de Saragosse dans le cadre de l’affaire du transfert, le 18 avril dernier, sous un faux nom et avec des documents de voyages trafiqués par les services algériens, du chef des milices séparatistes Brahim Ghali vers un hôpital de Logroño, M. Albares a envoyé un très mauvais signal à Rabat.

M. Albares se contredit de manière flagrante quand, d’un côté, il prétend que « de notre part, il y aura toujours du respect pour ce qu’est le Maroc« , et de l’autre, se permet de faire chanter ce même Maroc sur sa première cause nationale, en affirmant sans le moindre scrupule que la question du Sahara serait une question « d’intérêts pour l’Espagne et les Espagnols« .

M. Albares oublie à l’insu de son gré, que son pays a toujours argué de « la légalité internationale » et défendu solennellement la centralité de l’ONU dans le traitement du dossier. Pire encore, en affichant ouvertement des « prétentions » espagnoles sur le Sahara marocain, il s’inscrit à rebours des « principes » onusiens.

Gazoduc Maghreb-Europe: les intérêts de l’Espagne, d’abord!

Questionné sur l’annonce par Alger de la rupture unilatérale du contrat du gazoduc Maghreb-Europe reliant l’Algérie à l’Espagne, via le territoire marocain, M. Albares a démontré là encore que l’Espagne ne cherchait que ses propres intérêts. 

« Nous ne prenons pas les décisions pour les autres gouvernements. Chaque gouvernement prend les siennes et nous les respectons tous », a-t-il réagi, en réponse à une question sur sa récente visite à Alger pour discuter du sort du gazoduc Maghreb-Europe, dont le contrat arrivera à terme le 31 octobre courant.

« En Algérie j’ai été reçu au plus haut niveau. J’ai été reçu par le président, le ministre des Affaires étrangères, le ministre de l’Energie. Cela reflète l’excellent état des relations entre l’Algérie et l’Espagne et la façon dont nous sommes perçus: en tant que pays ami et en tant que partenaire stratégique. J’ai reçu toutes les garanties que l’Algérie respectera les contrats convenus (…) L’Algérie garantit la fourniture de gaz à l’Espagne et satisfera la demande. Concernant le gazoduc, il reste en vigueur jusqu’au 31 octobre et aucune décision définitive n’a encore été prise sur ce qui va se passer« , a-t-il dit.

Et d’ajouter: « Il y a un gazoduc direct, dans lequel des travaux sont en cours pour augmenter sa capacité. Le contrat du gazoduc continuera jusqu’au 31 octobre et après il faudra voir… C’est-à-dire que c’est une décision qui n’appartient pas à l’Espagne (…) Et il existe d’autres moyens de transport comme le GNL [gaz naturel liquéfié]« .

Vous avez dit « nouvelle étape dans la relation avec le Maroc » ?

« L’Espagne regarde vers l’avenir et ce qu’elle veut construire, c’est une relation encore plus confiante avec le Maroc, une relation de respect et de bénéfice mutuels« , a affirmé M. Albares, en réponse à une question sur l’hypothétique « avènement » d’une nouvelle étape dans le chapitre des relations hispano-marocaines. 

« Les propos du Roi du Maroc du 21 août avaient aussi cet esprit. Et ils étaient au diapason et ont reçu la réponse du président du gouvernement, du président de la Commission européenne et du président du Conseil européen. Ce que nous voulons, c’est mettre les projecteurs sur l’établissement d’une relation plus solide, plus forte, au 21e siècle« , a-t-il déclaré. 

Reste à voir comment cette aspiration commune va se cristalliser, à la lumière de la poursuite inacceptable du chantage espagnol envers le Maroc.

« Nous devons continuer à parler avec le Maroc. L’arrivée de nouveaux ministres est encore très balbutiante. L’important est l’esprit de création de confiance, l’esprit de respect mutuel pour les positions de chacun des pays et nous le faisons dans l’intérêt et le bénéfice mutuel« .

Compte tenu des déclarations de M. Albares, il apparaît à l’évidence que le dégel des relations maroco-espagnoles n’est pas pour bientôt.