ACTUALITÉLégislatives 2026. Tous au vote!NOS CHRONIQUEURS

23 septembre 2026 : ne laissons pas les artisans du statu quo confisquer l’espoir !

Par : Mohamed KHOUKHCHANI

Par : Mohamed KHOUKHCHANI

À moins d’une semaine du scrutin législatif, une mise en garde citoyenne s’impose. Le changement auquel aspirent les classes populaires, les défavorisés et une bonne partie de la classe moyenne ne sortira pas des affiches, des promesses de campagne ou des simples couleurs politiques. Il dépendra d’abord du bulletin que chaque Marocain déposera dans l’urne, puis de la vigilance de tous face à ceux qui, sous de nouveaux habits, veulent perpétuer les mêmes pratiques.

Le 23 septembre, nous avons rendez-vous avec les urnes. Ce rendez-vous n’est pas une formalité. Il est l’occasion de choisir celles et ceux qui devront siéger à la Chambre des représentants, contribuer à la formation du gouvernement et porter l’intérêt général au-dessus des intérêts particuliers. Or, l’histoire électorale de notre pays nous enseigne une chose : le danger ne vient pas seulement de l’abstention. Il vient aussi de la capacité de certains candidats et partis à recycler les mêmes méthodes, les mêmes réseaux et les mêmes promesses, en changeant simplement de couleur ou d’étiquette.

La mise en garde est donc claire : méfions-nous de ceux qui agissent contre le déroulement normal du processus de changement. Ceux qui achètent les consciences, qui distribuent l’argent ou les promesses d’emploi en échange d’un vote, qui instrumentalisent la pauvreté, la région, la tribu ou la religion pour diviser, qui imposent des candidatures sans lien réel avec les attentes des citoyens, ceux-là ne sont pas des acteurs du changement. Ils sont des saboteurs de l’avenir. Ils peuvent parler de réforme, de justice sociale et de développement, mais leurs pratiques les trahissent.

Le changement commence par un choix lucide. L’électeur ne doit pas voter uniquement sur la base de la couleur politique, mais sur celle des vertus et des compétences. Un candidat digne de confiance doit avoir un parcours vérifiable, une éthique solide, une capacité d’écoute et de travail, et surtout le souci de rendre des comptes. Le statut de député, puis éventuellement de ministre, n’est pas un privilège à conquérir. C’est une responsabilité à assumer. Celui qui met l’intérêt général au-dessus de tout soupçon ou dérapage mérite le vote. Celui qui confond politique et commerce, service public et service de soi-même, ne le mérite pas.

Les classes défavorisées et la classe moyenne, premières victimes des injustices sociales, de la cherté de la vie, du chômage, des inégalités territoriales et de l’accès inégal à l’école et aux soins, n’ont pas besoin de nouveaux sauveurs autoproclamés. Elles ont besoin de représentants compétents, intègres et redevables. Si les mêmes têtes refont surface, même sous une nouvelle couleur politique, les mêmes dérapages reviendront. Le pays ratera une nouvelle fois l’occasion de mettre en cohérence le Royaume des grands chantiers et de l’essor économique impulsé depuis l’avènement de SM le Roi Mohammed VI avec un Parlement et un gouvernement à la hauteur de cette ambition.

Certes, le citoyen doit faire le bon choix à travers son bulletin. Mais les autorités chargées de veiller au bon déroulement du scrutin doivent, cette fois-ci, être plus vigilantes, impartiales et fermes. La transparence, le respect du secret du vote, l’égalité entre les candidats et la sanction rapide de toute fraude ou pression illégale ne sont pas des options. Ce sont les conditions minimales d’une élection crédible. Sans cela, bonjour les dégâts dès l’installation de l’institution législative et la constitution du gouvernement.

Le 23 septembre 2026, le Maroc et les Marocains ont une occasion décisive. Ou ils assurent le succès d’élections législatives propres et sincères, ou ils laissent les artisans du statu quo confisquer une fois de plus l’espoir. Le changement ne se décrète pas dans les discours. Il se construit par un vote responsable, un contrôle citoyen permanent et un refus clair de la corruption, du clientélisme et de la manipulation.

Que chaque bulletin déposé dans l’urne soit un acte de dignité. Le Maroc n’a pas besoin de marchands d’illusions. Il a besoin de serviteurs fidèles, compétents et respectueux de la volonté populaire. Ne ratons pas le coche.

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page
Soyez le premier à lire nos articles en activant les notifications ! Activer Non Merci