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	<title>Zakia Laaroussi &#8211; Le collimateur</title>
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	<description>Le goût de la vérité n&#039;empêche pas la prise de parti</description>
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	<title>Zakia Laaroussi &#8211; Le collimateur</title>
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		<title>Lettre ouverte en réponse à Zakia LAAROUSSI – Le temps de l’Afrique dans l’Église est venu Chère Madame (Par: Marco BARATTO)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Apr 2025 09:48:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[POLITOSCOPE]]></category>
		<category><![CDATA[Marco Baratto]]></category>
		<category><![CDATA[Pape africain]]></category>
		<category><![CDATA[Vatican]]></category>
		<category><![CDATA[Zakia Laaroussi]]></category>
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					<description><![CDATA[Marco BARATTO, essayiste italien, auteur du livre « Le Défi de l&#8217;Islam en Italie », a voulu interagir avec le plaidoyer de Mme Zakia LAAROUSSI, Correspondante de lecollimateur.ma à Paris, pour la nomination d&#8217;un Pape issu de l&#8217;Afrique, après le décès du Pape François. Il a eu l&#8217;amabilité de nous gratifier d&#8217;une excellente réponse où il exprime &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><em><strong>Marco BARATTO, essayiste italien, auteur du livre « Le Défi de l&rsquo;Islam en Italie », a voulu interagir avec le plaidoyer de Mme Zakia LAAROUSSI, Correspondante de lecollimateur.ma à Paris, pour la nomination d&rsquo;un Pape issu de l&rsquo;Afrique, après le décès du Pape François. Il a eu l&rsquo;amabilité de nous gratifier d&rsquo;une excellente réponse où il exprime son accord total avec notre consœur. Voici in extenso son texte. </strong></em></p>
<p><strong>Par: Marco BARATTO*</strong></p>
<p><span class="css-1jxf684 r-bcqeeo r-1ttztb7 r-qvutc0 r-poiln3">Permettez-moi, en tant que catholique, de vous adresser cette réponse ouverte pour exprimer non seulement mon plein accord avec vos propos, mais aussi pour approfondir la réflexion à laquelle vous nous invitez. Votre analyse sur le rôle croissant de l’Afrique dans l’Église catholique résonne puissamment avec mes propres convictions. J’ose même affirmer qu’il est grand temps que l’Église universelle reconnaisse, à travers des signes concrets, que l’avenir de la foi catholique passe désormais, en grande partie, par les terres africaines.</span></p>
<p><span class="css-1jxf684 r-bcqeeo r-1ttztb7 r-qvutc0 r-poiln3">L’Afrique a reçu l’Évangile, souvent dans un contexte de mission, parfois de manière imparfaite, mais toujours dans une dynamique spirituelle qui a profondément marqué les cœurs. Aujourd’hui, il me semble évident que le continent africain ne se contente plus de recevoir : il est prêt à donner, à porter à son tour la Bonne Nouvelle aux terres qui, comme l’Europe, se sont peu à peu sécularisées, désertées spirituellement, et parfois même vidées de clercs. Pourquoi ne pas permettre aux nombreux séminaristes et prêtres africains d’aller en mission en Europe ? Cette dynamique inverse ne serait pas un renversement de l’ordre ancien, mais bien une expression authentique de la catholicité de l’Église : un corps vivant où chaque membre, quel que soit son lieu d’origine, porte la foi là où elle manque.</span></p>
<p><span class="css-1jxf684 r-bcqeeo r-1ttztb7 r-qvutc0 r-poiln3"> Je </span><span class="css-1jxf684 r-bcqeeo r-1ttztb7 r-qvutc0 r-poiln3">plaide donc pour une mobilisation forte, à double sens : que les conférences épiscopales africaines envoient des prêtres dans les diocèses européens en souffrance, et que les conférences épiscopales européennes aient le courage d’accueillir cette richesse humaine et spirituelle venue d’Afrique. Il ne s’agit pas d’un simple ajustement administratif, mais d’un véritable renouveau missionnaire.</span></p>
<p><span class="css-1jxf684 r-bcqeeo r-1ttztb7 r-qvutc0 r-poiln3">Votre remarque sur l’absence de pontifes africains dans l’histoire récente mérite elle aussi une clarification. Contrairement à une idée reçue, l’Afrique a bien déjà offert deux papes à l’Église : saint Victor Ier et saint Gélase Ier, tous deux issus de l’Afrique du Nord. Victor Ier, d’origine probablement subsaharienne, est même souvent décrit comme ayant le teint foncé, tandis que Gélase Ier était amazigh. Ces figures témoignent que l’universalité de l’Église n’est pas un concept récent, mais un fondement ancien et essentiel de sa mission. Aujourd’hui, nous pouvons légitimement espérer, voire souhaiter, que le prochain conclave tienne compte de cette réalité : l’Afrique n’est plus à la périphérie de l’Église, elle en est désormais le cœur battant. La croissance des vocations, la ferveur populaire, la jeunesse de ses fidèles et la vitalité de ses paroisses témoignent d’une foi vive, solide, ancrée dans le quotidien. Il serait donc cohérent que cette dynamique soit reflétée jusqu’au sommet de l’Église.</span></p>
<p><span class="css-1jxf684 r-bcqeeo r-1ttztb7 r-qvutc0 r-poiln3">À cet égard, plusieurs figures cardinalices se détachent. Le cardinal Peter Turkson, originaire du Ghana, est sans doute l’un des candidats les plus crédibles. Théologien compétent, homme de dialogue, modéré dans sa ligne doctrinale, il a montré à travers ses différentes missions au Vatican une capacité d’écoute et une vision globale, notamment sur les questions de justice sociale, d’écologie et de développement humain intégral. Il pourrait représenter une synthèse acceptable pour des sensibilités différentes, tant conservatrices que progressistes.Un autre nom mérite également d’être évoqué : <strong>le cardinal Cristóbal López Romero</strong>. Bien qu’espagnol d’origine, il est archevêque de Rabat, au Maroc, et donc profondément enraciné dans les réalités du continent africain. Son expérience du dialogue avec l’islam, sa connaissance des enjeux méditerranéens, et sa proximité avec les questions migratoires font de lui un pont entre l’Europe et l’Afrique, entre l’Occident chrétien et le monde musulman. Son élection serait un signal fort à une époque où la fraternité interreligieuse devient cruciale. </span></p>
<p><span class="css-1jxf684 r-bcqeeo r-1ttztb7 r-qvutc0 r-poiln3">Cependant, l’avenir de l’Église ne se joue pas seulement entre l’Europe et l’Afrique.<strong> L’Asie</strong> aussi mérite une attention particulière. La croissance du catholicisme en Corée, aux Philippines, en Inde, et même, de façon plus discrète mais non négligeable, en Chine, montre que l’Église est appelée à s’enraciner davantage en Orient. Même si la République populaire de Chine n’entretient pas de relations diplomatiques officielles avec le Saint-Siège, l’accord signé sous le pontificat de François pour la nomination des évêques marque un tournant historique. Cet acte courageux, bien qu’imparfait, pourrait ouvrir la voie à un avenir où les catholiques chinois, nombreux et fidèles malgré les persécutions, auront eux aussi une voix forte dans l’Église universelle.</span></p>
<p><span class="css-1jxf684 r-bcqeeo r-1ttztb7 r-qvutc0 r-poiln3">Enfin, il ne faudrait pas oublier le cardinal Pierbattista Pizzaballa, patriarche latin de Jérusalem. Son profil particulier, ancré dans la Terre Sainte, au carrefour des tensions religieuses et géopolitiques, fait de lui un homme d’écoute, de dialogue et de paix. Il incarne une Église proche des souffrances concrètes, enracinée dans l’histoire et tournée vers la réconciliation. Au </span><span class="css-1jxf684 r-bcqeeo r-1ttztb7 r-qvutc0 r-poiln3">fond, tout dépendra de ce que l’Église souhaite exprimer dans le prochain conclave. S’agira-t-il de prolonger la ligne du pape François, en insistant sur la synodalité, l’écoute, la mission et le dialogue ? Ou bien d’opérer un recentrage doctrinal plus classique ? </span></p>
<p><span class="css-1jxf684 r-bcqeeo r-1ttztb7 r-qvutc0 r-poiln3">Nous aurons peut-être un début de réponse lors des obsèques du Saint-Père : la manière dont les cardinaux s’exprimeront, les hommages rendus et les gestes posés diront beaucoup sur la vision de l’Église de demain. Quoi qu’il en soit, il me semble urgent de poser dès à présent des actes concrets : l’un de ces actes serait de favoriser la mission des prêtres africains en Europe. Ce serait non seulement une réponse à la crise des vocations, mais aussi un geste prophétique, un témoignage vivant de l’universalité de l’Église, une manière de dire au monde que la foi n’a pas disparu, elle a simplement changé de visage, et ce visage aujourd’hui, en grande partie, est africain. Je souscris donc pleinement à votre analyse. Ensemble, engageons-nous pour encourager ce mouvement missionnaire du Sud vers le Nord. Il ne s’agit pas de combler un vide, mais de raviver une flamme.</span></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Ô Fête! En quel état reviens-tu cette année ?</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/180544</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 30 Mar 2025 13:15:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[NOS CHRONIQUEURS]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIÉTÉ]]></category>
		<category><![CDATA[aid al fitr]]></category>
		<category><![CDATA[Zakia Laaroussi]]></category>
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					<description><![CDATA[Par: Zakia Laaroussi  Ô fête, en quel état reviens-tu cette année ? Sans éclat, sans éclats de rire, sans ces gâteaux qui, jadis, embaumaient nos foyers et nos cœurs ! Autrefois, l’Aïd était le symbole du bonheur familial, un rendez-vous annuel où se ravivaient les liens d’affection entre proches et voisins. À l’aube, les enfants &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par: Zakia Laaroussi </strong></p>
<p><img decoding="async" class="alignnone size-medium wp-image-177893" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/03/zakil--300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/03/zakil--300x300.jpg 300w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/03/zakil--150x150.jpg 150w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/03/zakil--125x125.jpg 125w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p><strong>Ô fête, en quel état reviens-tu cette année ? Sans éclat, sans éclats de rire, sans ces gâteaux qui, jadis, embaumaient nos foyers et nos cœurs !</strong></p>
<p>Autrefois, l’Aïd était le symbole du bonheur familial, un rendez-vous annuel où se ravivaient les liens d’affection entre proches et voisins. À l’aube, les enfants s’éveillaient au doux chant des mères exaltant la fête, tandis que les effluves sucrés des pâtisseries s’infiltraient dans chaque recoin des maisons. Les fours crépitaient sous la chaleur du kaak et du pain traditionnel, et les marchés, débordants de vie, n’étaient pas de simples lieux d’achats, mais les théâtres d’un rituel immuable, un héritage culturel qui nous était cher.</p>
<p>Mais aujourd’hui, en quel état nous revient cette fête ? Comment a-t-elle pu se métamorphoser d’un moment de communion en une parade de vanités, en un tumulte consumériste qui alourdit les bourses et dilue le véritable sens de la joie ?</p>
<p>L’Aïd n’est plus ce qu’il était. Il s’est fané, vidé de sa substance. Sa magie s’est dissipée sous les vents impitoyables de la mondialisation et des pratiques altérées. Même les gestes les plus élémentaires, tels que l’achat d’un vêtement neuf, n’ont plus la saveur d’antan, celle qui illuminait les regards enfantins d’une lueur d’excitation pure. Les marchés, jadis empreints de fébrilité joyeuse, sont devenus des vitrines de luxe où l’éclat des marques usurpe la véritable essence de la fête. Comme si le bonheur se mesurait désormais en étiquettes et en tendances, et non en instants de partage et de chaleur humaine.</p>
<p>Le plus navrant, c’est que même la simple formule « Aïd Moubarak » semble peser sur les lèvres, comme un devoir que l’on accomplit du bout des mots, sans l’élan du cœur. Les visites se sont raréfiées, la tendresse s’est dissoute dans le tumulte du quotidien. Finis ces cafés servis aux invités, ces éclats de rire qui résonnaient dans les maisons ; aujourd’hui, les vœux s’expédient en messages laconiques sur WhatsApp, froids et impersonnels, à l’image de ce monde qui se virtualise à outrance.</p>
<p>Et que dire de ceux qui vivent loin de leur terre natale ? Pour eux, l’absence est un fardeau plus lourd encore. Plus de voisins échangeant des plats, plus de boulangeries exhalant ces parfums d’antan. Pourtant, avec une résilience touchante, les exilés tentent, envers et contre tout, d’insuffler au jour de fête une saveur familière, ne serait-ce qu’à travers le prisme de souvenirs évanescents. Ils pétrissent eux-mêmes leurs douceurs, réchauffent dans leurs cuisines l’ombre d’un passé révolu. Paradoxalement, ils célèbrent peut-être l’Aïd avec plus d’ardeur que ceux restés au pays, comme pour combler le vide de l’éloignement par une ferveur accrue.</p>
<p>Pour ma part, j’ai fait vœu, il y a bien des années, de ne plus céder aux pâtisseries manufacturées aux couleurs artificielles. Rien ne saurait égaler le fumet du msemmen encore tiède ou la texture fondante du kaak fraîchement préparé. Ces senteurs sont des passerelles vers notre enfance, des fragments de mémoire qui nous rappellent ce que fut, jadis, la fête véritable.</p>
<p>&nbsp;</p>
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<p>&nbsp;</p>
<p>Aujourd’hui, l’Aïd n’est plus qu’une ombre de lui-même. Les retrouvailles sincères ont cédé la place aux mises en scène sur les réseaux sociaux. Les visites familiales, ces moments où les enfants repartaient les poches pleines de friandises et de présents, ont disparu, et la fête, naguère exultante, s’est muée en un jour quelconque, où même les salutations semblent pesantes.</p>
<p>Alors, avons-nous irrémédiablement perdu l’âme de l’Aïd ? Ou nous reste-t-il encore l’espoir de la raviver ? Sommes-nous en mesure de ressusciter ses rites authentiques, de résister à l’impitoyable vague consumériste, et de redonner à cette fête son essence première : une allégresse sincère, une joie pure, un moment où les cœurs se rassemblent au lieu de s’éloigner ?</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Le dilemme de l&#8217;amour entre « le fauteuil de la stabilité » et « l&#8217;homme qui vaut quatre milliards » (Par: Zakia Laaroussi)</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/165633</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 03 Oct 2024 11:00:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[NOS CHRONIQUEURS]]></category>
		<category><![CDATA[mariage]]></category>
		<category><![CDATA[réflexion]]></category>
		<category><![CDATA[Zakia Laaroussi]]></category>
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					<description><![CDATA[Paris – Zakia Laaroussi*  Au cœur de nos méditations sur l&#8217;amour et le mariage, qu&#8217;elles relèvent de la sphère familiale ou sociale, surgissent des questionnements éternels. L&#8217;amour, avec toute sa magie et son envoûtement, peut-il résister aux épreuves du quotidien ? Est-il en mesure de préserver sa lueur, une fois que l&#8217;on s&#8217;est installé sur &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Paris – Zakia Laaroussi* </strong></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-medium wp-image-157297" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2024/07/zakius--300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2024/07/zakius--300x300.jpg 300w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2024/07/zakius--150x150.jpg 150w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2024/07/zakius--125x125.jpg 125w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>Au cœur de nos méditations sur l&rsquo;amour et le mariage, qu&rsquo;elles relèvent de la sphère familiale ou sociale, surgissent des questionnements éternels. L&rsquo;amour, avec toute sa magie et son envoûtement, peut-il résister aux épreuves du quotidien ? Est-il en mesure de préserver sa lueur, une fois que l&rsquo;on s&rsquo;est installé sur ce <strong>« fauteuil de la stabilité »</strong>, souvent perçu comme un trône de sécurité, mais qui, en réalité, peut devenir le théâtre d&rsquo;une lutte incessante entre le rêve et la réalité ? C&rsquo;est ici que nous revient à l&rsquo;esprit la fameuse sentence d&rsquo;Al-Jahiz: « Lorsque nous avons vu que l&rsquo;amour est l&rsquo;une des plus grandes sources de mal ». Cette phrase ouvre une porte vers une compréhension plus profonde de la complexité des relations humaines.</p>
<p>Al-Jahiz, ce penseur visionnaire de l&rsquo;ère abbasside, a légué à la postérité un héritage intellectuel et littéraire d&rsquo;une profondeur inégalée. Il abordait l&rsquo;amour et le désir avec une audace et une clarté exceptionnelles, insistant sur les aspects sensuels des relations illicites entre hommes et femmes. Dans sa société, où la présence des concubines coexistait avec le mariage, les sentiments et les désirs se mêlaient, offrant à Al-Jahiz une toile riche pour décrypter la psyché de l&rsquo;homme marié. Ce tableau qu&rsquo;il a peint, bien que façonné dans un autre temps, résonne encore étrangement avec nos réalités contemporaines. Là où Al-Jahiz percevait le mariage comme une source de conflits, de frustrations et de déviances, son analyse, pertinente alors, l&rsquo;est tout autant à l&rsquo;ère du numérique, où les rapports humains sont souvent simplifiés à l&rsquo;extrême sur TikTok et Messenger.</p>
<p>Loin de fuir les discussions sur la sexualité masculine après le mariage, Al-Jahiz s&rsquo;étendait longuement sur les transformations qui s&rsquo;opèrent dans la relation conjugale, que ce soit dans ses missives ou dans ses œuvres majeures telles que <strong><em>Le Livre des Animaux</em></strong>. En comparant ses observations à celles de contemporains comme Abu al-Faraj al-Isfahani dans <strong><em>Les Chants</em></strong>, ou Ibn Qutaybah dans <em><strong>Les Yeux des Nouvelles</strong></em>, on remarque qu&rsquo;Al-Jahiz se distingue par sa capacité à saisir avec justesse les mutations de l&rsquo;amour après le mariage. Dans une sincérité parfois brutale, il affirmait que <strong>« les concubines sont souvent plus prisées des hommes que leurs épouses légitimes »</strong>. Il pointe ainsi du doigt la désillusion de la femme mariée, qui, après avoir pris place sur ce « fauteuil de la stabilité », pourrait se retrouver piégée dans une institution qui ne comble pas toujours ses rêves de bonheur.</p>
<p>Cette critique acerbe d&rsquo;Al-Jahiz à l&rsquo;égard du mariage nous conduit à nous interroger: le mariage engendre-t-il une forme de monotonie, d&rsquo;ennui latent ? En vient-il à éteindre la flamme de l&rsquo;amour, autrefois ardente avant l&rsquo;installation sur ce fauteuil ? L&rsquo;amour, souvent, se transforme en une lutte silencieuse après l&rsquo;union. Les partenaires se confrontent alors à des défis dépassant les simples sentiments, englobant les tracas du quotidien. La relation devient un champ de bataille, non plus physique, mais psychologique et émotionnel. Al-Jahiz a su exposer ce changement insidieux ; et à l&rsquo;heure où nous nous préparons à entrer en scène pour jouer le rituel sacré du mariage, nombre de femmes semblent destinées à brûler sous les feux des désirs inassouvis de leurs époux, faisant des guerres intimes l&rsquo;ultime acte de ce drame.</p>
<p>Pourquoi alors quitter les cieux éthérés pour se poser sur ce « fauteuil de la stabilité », légitimant ainsi une institution qui peut parfois tuer la rosée qui nourrissait la plante de l&rsquo;amour ? Ne devrions-nous pas plutôt anticiper les défauts et les conflits inévitables ? Ou bien s&rsquo;agit-il d&rsquo;un passage nécessaire pour former ce trinôme sacré (le père, la mère et les enfants) que nous dictent la foi et la loi ?</p>
<p>Une question plus profonde se dessine alors: comment l&rsquo;amour, avec toute sa passion et son mystère, peut-il devenir, après le mariage, un fardeau pour le cœur et l&rsquo;esprit ? Est-ce le mariage qui étouffe l&rsquo;amour, ou l&rsquo;amour lui-même, avec toutes ses contradictions, est-il incapable de s&rsquo;ajuster à la réalité ?</p>
<p>Si Al-Jahiz se concentrait sur la dimension physique de l&rsquo;amour, son analyse n&rsquo;était pas dénuée de portée philosophique. L&rsquo;amour, pour lui, ressemble à un champ de mines, oscillant entre la passion des amants et l&rsquo;amertume de la séparation, pour finalement se transformer en un « amour gris », perdant son éclat sous le poids des responsabilités quotidiennes. Ce « fauteuil de la stabilité », traditionnellement symbole de sécurité, peut se révéler être une cage où l&rsquo;amour s&rsquo;étiole, où la « flamme bleue » s&rsquo;éteint peu à peu, l&rsquo;un des époux devenant l&rsquo;esclave des attentes irréalistes de l&rsquo;autre. Une autre question surgit alors: pourquoi cherchons-nous à nous installer sur ce fauteuil, si souvent le destin de l&rsquo;amour est voué à l&rsquo;échec ?</p>
<p>Un retour vers les récits d&rsquo;amour platonique dans l&rsquo;histoire montre que ces histoires finissent rarement bien. Jamil et Layla, ou encore « Urwa et Azza », sont tous morts d&rsquo;amour et de séparation. Comme le dit Majnoun en pleurant la mort d’ »Urwa »:</p>
<p>« Je m&rsquo;étonne d&rsquo;Urwa l&rsquo;amoureux, devenu Récit pour un peuple après un autre. Urwa est mort d&rsquo;une mort paisible, Tandis que moi, je meurs un peu plus chaque jour. »</p>
<p>Ce rappel historique semble nous indiquer que l&rsquo;amour n&rsquo;aboutit pas toujours à la félicité, mais parfois à la séparation ou à la mort. Sommes-nous donc un peuple condamné à mourir d’amour ?</p>
<p>La réalité ne parle pas le langage des poètes, et l’amour, terme ambigu, abrite en lui-même une infinité de contradictions. Il oscille entre joie et tristesse, proximité et distance, lumière et obscurité. Il peut devenir une lutte intérieure où la raison se dissout, laissant l&rsquo;oubli triompher des émotions. D&rsquo;un autre côté, peut-être est-ce l&rsquo;abstinence du mariage qui permet à l&rsquo;amour de perdurer, de rester dans cet état d&rsquo;extase perpétuelle, à l&rsquo;abri des contraintes de la vie quotidienne.</p>
<p>Au bout du compte, il semble impératif de réévaluer la relation entre l&rsquo;amour et le mariage, ainsi que les perceptions sociales et religieuses qui les entourent. L&rsquo;amour est fait d&rsquo;une alchimie d&rsquo;opposés: il unit et sépare, il enivre et irrite, il console et réprimande. Une chose demeure certaine: comprendre pleinement ses méandres relève de l&rsquo;exploit, et tenter de le maîtriser est presque impossible.</p>
<p>Quelle est donc la solution ? Sommes-nous condamnés à vivre l’amour dans un brouillard de mystère et d’imagination, loin des dures réalités de la vie ? Ou bien devons-nous nous plier aux règles de ce « fauteuil de la stabilité », malgré les combats et les défis qu’il impose ? Peut-être, malgré ses imperfections, l’amour trouve-t-il son véritable refuge dans les contraintes du mariage, même sévères. Toutefois, ces contraintes se transforment souvent en lutte idéologique, chacun des époux cherchant à imposer sa vision, faisant de la scène matrimoniale un véritable « ring de boxe psychologique ». L’amour se mue alors en « endurance infinie » pour la femme, tandis que pour l’homme, encore marqué par une culture de la polygamie, le divorce devient une célébration « au son des tambours ». Celui-ci reste prêt, toujours et encore, à gravir ce « fauteuil de la stabilité », car il est, après tout, « l&rsquo;homme qui vaut quatre milliards ».</p>
<p>*<strong> Poétesse marocaine basée à Paris</strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>« Dors, ô fille de l&#8217;absence », le nouveau recueil de Zakia Laaroussi qu&#8217;on va aimer lire</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/165276</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 30 Sep 2024 07:52:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[KALÉIDOSCOPE]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>
		<category><![CDATA[Zakia Laaroussi]]></category>
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					<description><![CDATA[Sous la direction de l&#8217;artiste et écrivain marocain Nasser-Edine Bouchequefi, une nouvelle œuvre poétique de la poétesse Zakia Laaroussi intitulée « Nami ya salilata el-ghiyyabi » (Dors, Ô fille de l&#8217;absence) paraîtra prochainement chez la maison d&#8217;édition Polyglotte &#8211; C.I.C.C.A.T à Paris. &#160; &#160; Ce recueil de poèmes reflète la vision profonde de la poétesse sur l’arabité &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Sous la direction de l&rsquo;artiste et écrivain marocain Nasser-Edine Bouchequefi, une nouvelle œuvre poétique de la poétesse Zakia Laaroussi intitulée<strong> « Nami ya salilata el-ghiyyabi »</strong> (<strong>Dors, Ô fille de l&rsquo;absence</strong>) paraîtra prochainement chez la maison d&rsquo;édition Polyglotte &#8211; C.I.C.C.A.T à Paris.</p>
<p>&nbsp;</p>

<a href='https://lecollimateur.ma/?attachment_id=157297'><img loading="lazy" decoding="async" width="150" height="150" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2024/07/zakius--150x150.jpg" class="attachment-thumbnail size-thumbnail" alt="" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2024/07/zakius--150x150.jpg 150w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2024/07/zakius--300x300.jpg 300w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2024/07/zakius--125x125.jpg 125w" sizes="auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px" /></a>
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<p>&nbsp;</p>
<p>Ce recueil de poèmes reflète la vision profonde de la poétesse sur l’arabité et la féminité, et leur lumière teintée de l’ombre et de l’obscurité. En effet, c&rsquo;est une réflexion intense sur une mémoire chargée de détails, où l’orgueil et la poussière de l&rsquo;histoire s’entrechoquent, et d&rsquo;une immigration imprégnée d’une encre de lumière déchirée et tachée.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Al-Jahiz au chevet du voisin jaloux (Par Zakia Laaroussi)</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/157358</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Jul 2024 21:42:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[NOS CHRONIQUEURS]]></category>
		<category><![CDATA[Voisin jaloux]]></category>
		<category><![CDATA[Zakia Laaroussi]]></category>
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					<description><![CDATA[Paris- Zakia Laaroussi* Les lettres de notre maître Al-Jahiz continuent de ravir nos âmes et d&#8217;enrichir nos esprits, grâce à leur créativité et à leur vaste connaissance des sciences et des arts de son époque, ainsi qu&#8217;à son interaction avec toutes les couches de la société, des plus hautes aux plus basses. Ces qualités ont &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Paris- Zakia Laaroussi*</strong></p>
<p>Les lettres de notre maître Al-Jahiz continuent de ravir nos âmes et d&rsquo;enrichir nos esprits, grâce à leur créativité et à leur vaste connaissance des sciences et des arts de son époque, ainsi qu&rsquo;à son interaction avec toutes les couches de la société, des plus hautes aux plus basses. Ces qualités ont fait de lui un savant des caractères humains, de leurs instincts, de leurs mœurs et de leurs comportements, qu&rsquo;il nous transmet avec une grande éloquence littéraire, une créativité et un plaisir inégalés. À cet égard, Mohamed Kurd Ali a déclaré, au sujet de l&rsquo;éloquence et de la rhétorique d&rsquo;Al-Jahiz dans le deuxième volume de « Les Princes de l&rsquo;Éloquence » (p. 340): « On prenait pour exemple la littérature d&rsquo;Al-Jahiz et son éloquence et la richesse de son expression, au point qu&rsquo;on disait que la preuve de l&rsquo;inimitabilité du Coran était la foi d&rsquo;Al-Jahiz en celui-ci. »</p>
<p>L&rsquo;expérience profonde d&rsquo;Al-Jahiz lui a permis de nous offrir des chefs-d&rsquo;œuvre en sociologie littéraire, dont les pairs sont rares. Parmi les plus belles créations de sa plume ensorcelante sur les caractères et les mœurs des gens, figure la lettre sur l&rsquo;envieux et l&rsquo;envié, abordant l&rsquo;envie entre voisins, où il partage son expertise sur les caractéristiques des envieux, comme il l&rsquo;a fait dans « Le Livre des Animaux », « Le Livre de l&rsquo;Éloquence et de la Clarté » et « La Lettre sur le Sérieux et la Plaisanterie ».</p>
<p><strong>Qu&rsquo;est-ce que l&rsquo;envie ?</strong></p>
<p>Selon le Lisan al-Arab, « l&rsquo;envie dans la langue est le fait que quelqu&rsquo;un voit une bénédiction chez son frère et souhaite qu&rsquo;elle disparaisse pour qu&rsquo;il la possède à sa place. » Al-Jahiz a exprimé le même sens dans les lettres de l&rsquo;envieux et l&rsquo;envié (vol. 3, p. 8) : « L&rsquo;envieux n&rsquo;a pour but que de priver son voisin de la bénédiction que Dieu lui a donnée, sans jamais oublier. » Il dit aussi dans la même lettre (p. 115) : « L&rsquo;envie &#8211; que Dieu te garde &#8211; est une maladie qui épuise le corps, corrompt l&rsquo;amitié, dont le traitement est difficile et dont le porteur est constamment agité. C&rsquo;est un problème complexe et insoluble, ce qui est manifeste ne peut être soigné, et ce qui est caché ne peut être guéri. C&rsquo;est pourquoi le Prophète, paix et bénédictions sur lui, a dit : « Le mal des nations avant vous s&rsquo;est infiltré en vous: l&rsquo;envie et la haine. »</p>
<p>L&rsquo;envie est donc une caractéristique condamnable, aussi ancienne que l&rsquo;humanité elle-même, et il est difficile d&rsquo;en comprendre pleinement la nature à cause de son obscurité. Quiconque est touché par cette maladie ne peut jouir d&rsquo;aucune autre vertu, car c&rsquo;est par l&rsquo;envie que le premier péché sur terre a été commis: le meurtre d&rsquo;Abel par Caïn. L&rsquo;envie peut pousser l&rsquo;envieux à devenir un ami intime du mensonge, un mal plus douloureux que l&rsquo;inimitié.</p>
<p><strong>L&rsquo;envie des voisins</strong></p>
<p>Al-Jahiz écrit: « Les voisins &#8211; que Dieu te bénisse &#8211; sont des espions pour toi, et leurs yeux sont constamment fixés sur toi. Si tu étais pauvre parmi eux et que tu devenais riche, distribuant et donnant, habillant et nourrissant, tandis qu&rsquo;eux demeuraient dans leur état de pauvreté, la calamité de l&rsquo;envie serait grande pour eux, et ils en seraient affligés pour toujours. Si l&rsquo;envié n&rsquo;était pas protégé par l&rsquo;aide divine, chaque jour serait pour lui un jour de misère, chaque nuit une privation, sa richesse volée, son sang versé, et son honneur frappé. »</p>
<p>Parmi les raisons de l&rsquo;envie entre voisins, selon Al-Jahiz, figure le fait que le voisin envieux connaît tout de la vie de son voisin, est informé de ses bénédictions et rivalise avec lui sur ses terres adjacentes. Il ajoute dans « La Lettre sur le Sérieux et la Plaisanterie » (vol. 1, p. 186) que lorsque la parenté, le voisinage et le même métier se rencontrent, les raisons de l&rsquo;envie et de l&rsquo;inimitié sont plus fortes.</p>
<p><strong>Le voisin envieux et le savoir</strong></p>
<p>Il apparaît que si le voisin envieux est un savant mais faible dans son domaine, sans atteindre l&rsquo;excellence, il jalouse les érudits éminents, et son envie le pousse à les dénigrer, à les critiquer et à calomnier chacun d&rsquo;entre eux, croyant à tort qu&rsquo;en agissant ainsi, il atteindra leur rang et leur stature, malgré leur supériorité.</p>
<p>En conclusion, que Dieu nous protège, vous et nous, du mal d&rsquo;un voisin envieux, ignoble, vil et méprisable, réunissant en lui toutes les caractéristiques condamnables, tant visibles que cachées, comme l&rsquo;hypocrisie, la haine, la flatterie, la ruse et l&rsquo;inimitié&#8230; Ainsi, il perd sa liberté, devenant esclave de son envie, incapable &#8211; comme l&rsquo;a exprimé Al-Jahiz &#8211; de la maîtriser ou de la cacher, car elle domine son porteur plus qu&rsquo;un maître sur son esclave.</p>
<p><strong>*Poétesse marocaine </strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Lettres de Paris. Entre un Orient disparu et un Occident trompeur (Par Zakia LAAROUSSI)</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/156985</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 30 Jun 2024 13:44:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[KALÉIDOSCOPE]]></category>
		<category><![CDATA[poétesse]]></category>
		<category><![CDATA[Zakia Laaroussi]]></category>
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					<description><![CDATA[Par Zakia LAAROUSSI* &#160; Le silence plombe le poème, le plie sous son fardeau. Pourquoi célébrons-nous les océans comme échappatoire céleste ? Désertons-nous nos rues, nos plages, nos symboles chéris ? Marchons-nous en transe sur les vagues, Tandis que l&#8217;azur pleure des vers d&#8217;élégie sur la terre ? Pourquoi avons-nous aimé le corbeau sombre ? &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Zakia LAAROUSSI*</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-medium wp-image-156696" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2024/06/zakialaaroussi--300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2024/06/zakialaaroussi--300x300.jpg 300w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2024/06/zakialaaroussi--150x150.jpg 150w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2024/06/zakialaaroussi--125x125.jpg 125w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>Le silence plombe le poème, le plie sous son fardeau.<br />
Pourquoi célébrons-nous les océans comme échappatoire céleste ?<br />
Désertons-nous nos rues, nos plages, nos symboles chéris ?<br />
Marchons-nous en transe sur les vagues,<br />
Tandis que l&rsquo;azur pleure des vers d&rsquo;élégie sur la terre ?</p>
<p>Pourquoi avons-nous aimé le corbeau sombre ?<br />
Comment notre imagination s&rsquo;est-elle noyée,<br />
Disparue dans les méandres du néant ?<br />
Nos âmes, malades, vacillent,<br />
Nos voix se brisent, emportant les mots comme des feuilles dans le vent.</p>
<p>Pourquoi voguer sur des flots hésitants, glorifiés par l&rsquo;errance ?<br />
Pour que nos lettres s&rsquo;exilent, se perdent dans l&rsquo;oubli ?<br />
Pour que nos noms soient effacés, oubliés ?<br />
Notre imagination étouffée,<br />
Asphyxiée et broyée par les flammes d&rsquo;un brasier,<br />
Que le corps dressé de nos poèmes et leur mètre s&rsquo;effondrent !</p>
<p>J&rsquo;étais inconsciente lors de mon évasion,<br />
Je me suis envolée en volutes de molécules sur des vagues brisées et nues,<br />
Pour saisir un éclat de lumière après avoir tourbillonné<br />
Sur des chants funèbres,<br />
Les lamentations silencieuses de Grenade.<br />
Mais mes larmes d&rsquo;orphelin n&rsquo;ont pas apaisé ma soif,<br />
Les seins du lieu désiré, de loin, ne m&rsquo;ont pas nourrie,<br />
Ni la danse,<br />
Ni le récit,<br />
Ni la musique<br />
N&rsquo;ont apporté la lumière entre mes mains.<br />
J&rsquo;ai organisé une fête pour invoquer cette lumière en terre de César,<br />
Pour qu&rsquo;un éclat de cette lumière désirée m&rsquo;habite,<br />
Mais seule la cendre née du frottement m&rsquo;a consumée,<br />
Et j&rsquo;ai abandonné mon âme, mon corps chancelant.</p>
<p>Pardonnez-moi, mes mots, si je ne me souviens de rien,<br />
Si je me suis purifiée avec les pierres de l&rsquo;échec,<br />
Avec mes volcans intérieurs,<br />
Et les chaînes d&rsquo;héritage qui m&rsquo;ont expulsée des jardins<br />
Vers les caves de Khosro et les sièges de bus qui me repoussent,<br />
Et les vents,<br />
Et les mers qui me giflent encore,<br />
Qui me font perdre mon sixième sens,<br />
Déchirent les veines de l&rsquo;aube en moi,<br />
Crucifient les lignes de mes pages avec les flammes de lumière,<br />
Pour dire adieu à mon message martyr.<br />
Je suis ainsi suspendue entre les mâchoires des étaux,<br />
Portée par les vents d&rsquo;un Orient disparu<br />
Et d&rsquo;un Occident trompeur,<br />
Sur des fils de lumière désormais indésirables</p>
<p><strong>*Poétesse marocaine installée à Paris </strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Lettres de Paris. « Le Fourreau Peut-il Contenir Deux Épées? » (Par Zakia LAAROUSSI)</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/156694</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 28 Jun 2024 10:21:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[NOS CHRONIQUEURS]]></category>
		<category><![CDATA[Lettres de Paris]]></category>
		<category><![CDATA[Zakia Laaroussi]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://lecollimateur.ma/?p=156694</guid>

					<description><![CDATA[Par: Zakia Laaroussi* Les questions issues de proverbes arabes se succèdent : « Le fourreau peut-il contenir deux épées? », « Un seul visage peut-il exprimer deux sourires de gratitude? », ou « Un seul cœur peut-il contenir l&#8217;amour pour deux personnes? » Ces questions trouvent leur place dans un monde où les bonnes mœurs et la bienveillance sont devenues rares. &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par: Zakia Laaroussi*</strong></p>
<p>Les questions issues de proverbes arabes se succèdent :</p>
<p>« Le fourreau peut-il contenir deux épées? », « Un seul visage peut-il exprimer deux sourires de gratitude? », ou « Un seul cœur peut-il contenir l&rsquo;amour pour deux personnes? »</p>
<p>Ces questions trouvent leur place dans un monde où les bonnes mœurs et la bienveillance sont devenues rares. Un monde auquel j&rsquo;ai ouvert les portes de mes pensées, offert la moitié de ma langue, voire toute ma parole, et donné mon cœur sans retour. J&rsquo;ai fermé pour sa cause la porte des relations familiales et me suis retrouvé éloigné de ma patrie par son brouillard épais, pour finalement être livrée aux griffes d&rsquo;une extrême droite sombre et contradictoire, qui entrave ma respiration et influence mes valeurs, mes poèmes et ma prose.</p>
<p>Une extrême droite incarnée par une voix féminine&#8230; une femme que nous avons connue comme mère, sœur, épouse et source de tendresse, de pureté et de générosité. Une femme qui semble avoir sucé la mamelle de la générosité pour ensuite la rejeter.</p>
<p>La semaine dernière, en me promenant dans un marché parisien, j&rsquo;ai entamé une discussion avec un commerçant africain au sujet de l&rsquo;exil. Il m&rsquo;a surpris en parlant de ses relations avec le parti de l&rsquo;extrême droite, mais ce n&rsquo;est pas cela qui m&rsquo;a choqué. C&rsquo;est plutôt son mépris pour les arabes et son hostilité envers les Maghrébins, qu&rsquo;il exprimait haut et fort :</p>
<p>« Je connais bien le Maroc. Dès que nous quittons les frontières françaises, vous les Marocains nous appelez &lsquo;Kahloosh&rsquo; et &lsquo;Azzi&rsquo;. Vous, Arabes, êtes violents, tyranniques et racistes. Nous ne voulons pas de votre islam et de vos voiles ici en France. »</p>
<p>Ses paroles furent un coup de tonnerre, me couvrant de honte à cause des termes odieux &lsquo;Kahloosh&rsquo; et &lsquo;Azzi&rsquo;, et me libérant de l&rsquo;humiliation de la question. J&rsquo;ai compris que les adversaires de notre arabité dans l&rsquo;exil viennent de notre propre continent, en raison du manque de sensibilisation des Maghrébins aux conséquences de ces injures.</p>
<p>Je dis aux nombreux immigrés d&rsquo;Afrique noire en France, qu&rsquo;ils sont nos frères, unis par notre continent, ses couleurs et ses vastes déserts qui nous ont appris la patience et l&rsquo;endurance. En France, nous sommes unis par la beauté, l&rsquo;art, le rêve et le savoir, malgré la douleur de l&rsquo;exil et la nostalgie de notre langue et de nos terres.</p>
<p>Éloignons-nous de la rhétorique de la haine et de la division, afin qu&rsquo;elle ne prenne pas le contrôle de nos esprits et de nos cœurs, et ne détruise pas notre patience.</p>
<p>À ceux qui suivent la voie de la haine et de la division, tout comme vous approuvez les propos de Marine Le Pen maintenant, vous en détesterez les actes plus tard. Tout comme vous admirez son éloquence, vous serez surpris par sa trahison. Tout comme vous la remerciez, vous vous en plaindrez. Tout comme vous la louez, vous la blâmerez.</p>
<p>Elle reprendra tout ce qu&rsquo;elle vous a donné par ses paroles. Après avoir accédé au pouvoir, elle vous retirera ses promesses. L&rsquo;extrême droite est née de la division et de l&rsquo;hypocrisie. Le véritable leader ne construit pas sur la destruction ni ne renie les valeurs humaines en salissant les nobles.</p>
<p>La trahison féminine est plus répandue, mais avec l&rsquo;extrême droite, elle est devenue la condition sine qua none de l&rsquo;intégration. Pour devenir citoyen français, il faut faire un clin d&rsquo;œil à Marine Le Pen, renoncer à son arabité et se révolter contre ses racines. Comme s&rsquo;il n&rsquo;y avait pas de place pour le mérite et l&rsquo;histoire. C&rsquo;est une histoire avec une seule identité et une mémoire qui lutte contre le destin et la diversité. C&rsquo;est un présent politique et social vêtu d&rsquo;obscurité, avec des paroles qui blessent les cœurs, les femmes et les enfants en exil.</p>
<p>Alors, au nom de Dieu, vous qui suivez les désirs de Le Pen parmi les immigrés africains et arabes, comment pouvez-vous semer dans un parti politique qui ne vous apportera aucun bénéfice mais augmentera votre humiliation et votre douleur?</p>
<p>Ne laissez pas les flèches de la division pénétrer vos entrailles et ne vous frappez pas avec vos propres mains en votant pour le parti de la dispersion de l&rsquo;humanité et de sa ruine. Ne causez pas le chagrin de vos nobles ancêtres par vous-mêmes, et ne nourrissez pas vos enfants de la peine et de la douleur.</p>
<p>Qu&rsquo;est-ce qui est plus parfumé que la rose sinon le musc de la patrie et le parfum d&rsquo;une terre qui nous accueille! Si Marine me fait goûter le poison des paroles et que je mange la douleur et bois l&rsquo;angoisse, je me replie sur mon cœur de peur que les liens avec ma patrie et les attaches de cette terre qui m&rsquo;a accueillie, la France, ne se brisent.</p>
<p>Si le fourreau ne peut contenir qu&rsquo;une seule épée et le cœur qu&rsquo;un seul amour, alors il y aura dans mon fourreau une seule épée mais à deux lames et dans mon cœur, la moitié pour ma patrie et mon arabité et l&rsquo;autre moitié pour la France, pays de beauté et d&rsquo;art, même si la longueur des deux terres est d&rsquo;une coudée et leur largeur d&rsquo;une main.</p>
<p>*<strong>Poétesse marocaine basée à Paris. </strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Vivons-nous une nouvelle forme de « chuobiya » ? (Par: Zakia Laaroussi)</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/156220</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 24 Jun 2024 09:55:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[NOS CHRONIQUEURS]]></category>
		<category><![CDATA[europe]]></category>
		<category><![CDATA[POPULISME]]></category>
		<category><![CDATA[Zakia Laaroussi]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://lecollimateur.ma/?p=156220</guid>

					<description><![CDATA[Par: Zakia Laaroussi* Au milieu des mouvements anti-arabes en Europe et du rejet de leur religion, avec la montée de l&#8217;extrême droite et de l&#8217;intolérance religieuse et ethnique au sein de cette frange de la société, il ne m&#8217;a pas échappé de rapprocher cela des épreuves que nous vivons en terre d&#8217;exil avec la pensée &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par: Zakia Laaroussi*</strong></p>
<p>Au milieu des mouvements anti-arabes en Europe et du rejet de leur religion, avec la montée de l&rsquo;extrême droite et de l&rsquo;intolérance religieuse et ethnique au sein de cette frange de la société, il ne m&rsquo;a pas échappé de rapprocher cela des épreuves que nous vivons en terre d&rsquo;exil avec la pensée raciste perse qui a émergé de la haine des Arabes à la fin du règne des Omeyyades.</p>
<p>Les Perses fanatiques considéraient que les Arabes avaient renversé le dernier empire perse, représenté par la dynastie sassanide. Ainsi, l&rsquo;un des symboles du nationalisme perse, considéré par certains comme le successeur de Zarathoustra, a contribué à la chute des Omeyyades en rejoignant la cause abbasside.</p>
<p>Ce n&rsquo;est pas notre sujet principal, mais ce qui attire l&rsquo;attention, c&rsquo;est l&rsquo;extrémisme qui unit les chauvins et l&rsquo;extrême droite actuelle en Europe, en particulier en France, en s&rsquo;appuyant sur une religion de haine et en minimisant l&rsquo;importance des Arabes en général et en proclamant la haine de l&rsquo;Islam.</p>
<p>Le chauvinisme reste présent avec ses composants et ses éléments, se répliquant et poursuivant ses activités sous une autre forme et avec d&rsquo;autres peuples. Actuellement, nous voyons un courant d&rsquo;extrême droite tenter de diminuer la valeur de la culture arabe en s&rsquo;attaquant aux Arabes dans leurs modes de vie, leurs coutumes et en dénigrant leur religion, les associant à la violence et au retard, et en déformant tout ce qui touche aux Arabes et à leur culture sociale et religieuse.</p>
<p>Nous avons un besoin urgent de tous les talents littéraires et des plumes libres arabes en exil, ainsi que des non-Arabes, pour parler de cette guerre culturelle et idéologique à laquelle les Arabes sont confrontés dans la société européenne. Notre culture est ciblée et accusée de faillite par les extrémistes, notamment par l&rsquo;extrême droite. Cela est étonnant dans une société européenne riche en diversité ethnique, culturelle et religieuse.</p>
<p>Les extrémistes déclarent une guerre intellectuelle et économique qui n&rsquo;est rien d&rsquo;autre qu&rsquo;une guerre menée par une armée victorieuse&#8230; une guerre qui menace la paix et l&rsquo;humanité et annonce un conflit des éléments avec le vent, un autre type de Daeshisme.</p>
<p>Mettre en lumière les similitudes entre le chauvinisme auquel les Arabes ont fait face pendant les périodes des Omeyyades et des Abbassides et l&rsquo;extrême droite actuelle en Europe est crucial pour comprendre les défis actuels auxquels les Arabes et les musulmans en exil sont confrontés. Cette comparaison montre que les préjugés et le racisme ne sont pas des phénomènes nouveaux, mais se répètent sous des formes et des styles différents à travers les âges.</p>
<p>Les tendances racistes contre les Arabes et l&rsquo;Islam de la part de l&rsquo;extrême droite en Europe représentent une continuité des formes anciennes de chauvinisme, où les Arabes et les musulmans sont dépeints de manière négative et accusés de terrorisme et de violence. Ces idées prennent racine dans des concepts erronés et reposent sur des généralisations trompeuses, exploitant certains événements isolés pour justifier leur haine et atteindre leurs objectifs politiques.</p>
<p>Il est important que les écrivains et les intellectuels arabes et non arabes en exil mettent en avant cette réalité, et qu&rsquo;ils expriment leurs expériences et défis de manière claire et percutante. Le travail littéraire et journalistique peut être un moyen puissant pour contrer ces idées extrémistes, en offrant des perspectives éclairées et basées sur des faits historiques et sociaux.</p>
<p>L&rsquo;identité arabe et islamique doit être présentée dans son véritable cadre, loin des préjugés et des déformations. Promouvoir une compréhension correcte de la culture arabe et islamique peut contribuer à construire des ponts de compréhension et de respect mutuel dans les sociétés européennes diversifiées.</p>
<p>Nous devons reconnaître que la lutte contre ces idées extrémistes nécessite des efforts communs et variés, alliant le travail littéraire et médiatique, ainsi que l&rsquo;activisme social et politique. S&rsquo;accrocher à notre identité et en être fiers, tout en présentant des arguments solides et convaincants, est la voie pour faire face à ces défis et protéger notre place et notre culture dans les sociétés où nous vivons.</p>
<p>Ô vous, gens des tribunes et des plumes, et esprits éclairés, la fierté de notre identité contribue à notre ténacité et comble le vide créé par un présent qui contraste avec un passé intellectuel, scientifique, littéraire et politique prospère. Nous n&rsquo;avons pas le temps de nous préparer à l&rsquo;épanchement et à la prolixité, ni à la recherche de la notoriété et du pouvoir. Nous avons besoin de communication et de persuasion, de la puissance de la parole et de séduire les esprits avec des arguments solides comme le bâton de l&rsquo;orateur face à Le Pen, qui tente de nous dénigrer en tant qu&rsquo;immigrants et de dépeindre notre culture comme étant sale et dégradée, appartenant à des peuples à la peau sale, sans aucun lien avec la pureté.</p>
<p>*<strong>Poétesse marocaine basée à Paris. </strong></p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
