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	<title>tribune &#8211; Le collimateur</title>
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	<description>Le goût de la vérité n&#039;empêche pas la prise de parti</description>
	<lastBuildDate>Mon, 22 Aug 2022 17:42:50 +0000</lastBuildDate>
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	<title>tribune &#8211; Le collimateur</title>
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	<item>
		<title>Brouille franco-marocaine: TBJ vent debout contre le président Macron</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/91853</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[M'hamed Hamrouch]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 22 Aug 2022 17:22:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[POLITOSCOPE]]></category>
		<category><![CDATA[france]]></category>
		<category><![CDATA[TBJ]]></category>
		<category><![CDATA[tribune]]></category>
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					<description><![CDATA[Dans une chronique parue lundi dans le magazine « Le Point » sous l’intitulé « Vent glacial entre le Maroc et la France », l’écrivain Tahar Ben Jelloun revient sur le tollé suscité par les restrictions de visas pour les Marocains, dénonçant une mesure « punitive » indigne des relations franco-marocaines. « Apparemment, ni le président Emmanuel Macron ni son ministre de &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">Dans une chronique parue lundi dans le magazine « Le Point » sous l’intitulé « Vent glacial entre le Maroc et la France », l’écrivain Tahar Ben Jelloun revient sur le tollé suscité par les restrictions de visas pour les Marocains, dénonçant une mesure « punitive » indigne des relations franco-marocaines. « Apparemment, ni le président Emmanuel Macron ni son ministre de l&rsquo;Intérieur, Gérald Darmanin, n&rsquo;ont conscience de la détérioration des relations entre la France et le Maroc », relève le Prix Goncourt, en se faisant l’écho des réactions, -« d’une violence inouïe »-, suscitées dans les populations par le tour de vis opéré par les autorités consulaires françaises. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Ces dernières ont invoqué un prétexte fallacieux pour justifier ce resserrement de boulons, soit un prétendu « refus du Maroc de reprendre ses ressortissants en situation illégale ».<span class="Apple-converted-space">  « </span>D&rsquo;après ce que m&rsquo;a affirmé M. Chakib Benmoussa, alors ambassadeur du Maroc en France, « le Maroc n&rsquo;a jamais refusé de rapatrier ses clandestins, mais la police française lui envoie souvent des personnes algériennes ou tunisiennes dont il ne peut pas s&rsquo;occuper », rapporte TBJ. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Ce « refus » présumé devrait-il pour autant servir de prétexte à une « punition collective » de Marocains dont le « délit », paraît-il, est d’avoir tant aimé cette France… de plus en plus lointaine? </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">« Celui qui n&rsquo;a qu&rsquo;une porte que Dieu la lui ferme au nez! », disent à juste titre les Marocains.</span></p>
<p class="p1"><strong><span class="s1">Paris-Rabat: le courant ne passe pas</span></strong></p>
<p class="p1"><span class="s1">« Mais au-delà de ces tracasseries administratives, on peut dire que le courant ne passe pas entre les deux chefs d’État », estime TBJ, soulignant que « le Maroc a été habitué à des relations privilégiées ». </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Or voilà, « Macron n&rsquo;a pas de sensibilité maghrébine », observe l’auteur, qui pointe toutefois une « obsession algérienne » du président français. <span class="Apple-converted-space">  « </span>Il pense qu&rsquo;il parviendra à assainir les relations franco-algériennes. Nous lui souhaitons bonne chance », écrit-t-il avec une pointe d’ironie.<span class="Apple-converted-space">  </span></span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><span class="Apple-converted-space">« </span>L&rsquo;Algérie des militaires, qui tient à ce qu&rsquo;il a lui-même appelé « la rente mémorielle », ne lui donnera rien. Elle maintiendra le système de la culpabilisation jusqu&rsquo;au bout. S&rsquo;il fait ce voyage, c&rsquo;est qu&rsquo;il n&rsquo;a pas compris le mécanisme d&rsquo;un système qui ne fait aucune concession », a averti l&rsquo;écrivain, en référence à la visite que le chef de l’Élysée se préparer à effectuer le 25 août à Alger. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">« Le Maroc souhaite que ses relations avec l&rsquo;Algérie s&rsquo;apaisent. Le roi Mohammed VI l&rsquo;a encore rappelé dans son discours du trône, le 30 juillet dernier. Cela ne le dérange nullement si Macron se rend en Algérie. Mais cela ne devrait pas entrer dans un calcul mesquin », fait-t-il savoir. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">« Le Maroc n&rsquo;est plus focalisé sur la France. C&rsquo;est un fait constaté dans plusieurs domaines. Il a commencé à diversifier ses amitiés et ses relations politiques et stratégiques. En signant les accords d&rsquo;Abraham, en réussissant à faire changer de position à l&rsquo;égard du Sahara le voisin espagnol, il s&rsquo;éloigne de la France dont le soutien reste très mesuré, de peur de fâcher l&rsquo;Algérie qui maintient un conflit artificiel armé au Sahara », fait remarquer l&rsquo;écrivain. </span></p>
<p>Dans le 69ème discours de la Révolution du Roi et du Peuple, prononcé samedi 20 août dernier, Mohammed VI a en tout cas fixé le cap: « Le dossier du Sahara est le prisme à travers lequel le Maroc considère son environnement international, et l&rsquo;aune qui mesure la sincérité des amitiés et l’efficacité des partenariats que le Royaume établit ».</p>
<p>La balle est dans le camp de la France.</p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>CORRESPONDANCE DE PARIS. L’ÉNIGME UKRAINIENNE (PAR MUSTAPHA SAHA, SOCIOLOGUE)</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/74371</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Mar 2022 12:08:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[CARNETS SECRETS]]></category>
		<category><![CDATA[Énigme ukrainienne]]></category>
		<category><![CDATA[tribune]]></category>
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					<description><![CDATA[Par Mustapha Saha* Paris. Mercredi, 2 mars 2022. Lors de la manifestation rituelle contre les mesures liberticides du samedi 26 février 2022,  la banderole ouvrant le cortège, réalisée par le collectif Black Lines, décline en noir sur blanc une citation apocryphe de Jean Jaurès: « Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par <span class="s1">Mustapha Saha*</span></strong></p>
<p class="p1"><span class="s1">Paris. Mercredi, 2 mars 2022. Lors de la manifestation rituelle contre les mesures liberticides du samedi 26 février 2022,<span class="Apple-converted-space">  </span>la banderole ouvrant le cortège, réalisée par le collectif Black Lines, décline en noir sur blanc une citation apocryphe de Jean Jaurès: « Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l&rsquo;orage ». Référence exacte: « Tant que, dans chaque nation, une classe restreinte possédera les grands moyens de production et d&rsquo;échange, tant que cette classe pourra imposer aux sociétés qu&rsquo;elle domine sa propre loi, qui est la concurrence illimitée, la lutte incessante pour la vie, le combat quotidien pour la fortune et le pouvoir, tant que cette classe privilégiée, pour se préserver contre les sursauts possibles de la masse, s&rsquo;appuiera sur les grandes dynasties militaires ou sur certaines armées de métier des républiques oligarchiques, tant que le césarisme pourra profiter de cette rivalité profonde des classes pour les duper, les faire dominer l&rsquo;une par l&rsquo;autre, écrasant, au moyen du peuple aigri, les libertés parlementaires de la bourgeoisie gorgée d&rsquo;affaires, le réveil du peuple,<span class="Apple-converted-space">  </span>cette guerre politique, économique et sociale des classes entre elles, des individus entre eux, dans chaque nation, suscitera les guerres armées entre les peuples&#8230; Cette société violente et chaotique, même quand elle veut la paix, même quand elle est à l&rsquo;état apparent de repos, porte en elle la guerre comme la nuée dormante porte l&rsquo;orage » (<em>Jean Jaurès, Discours à l&rsquo;Assemblée nationale, 7 mars 1895</em>). Depuis le 24 février 2022, les bombes grondent de nouveau sur le continent européen. Une guerre froide dégelée, réchauffée, portée à ébullition.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Aucun totalitarisme ne peut être défendu contre un autre. Toutes les autocratiques mégalomanies se valent. Tous les impérialismes s&rsquo;équivalent. La folie des grandeurs est la maladie commune de tous les tyrans, à quelqu&rsquo;échelle qu&rsquo;ils sévissent, du despotisme municipal au césarisme mondial. L&rsquo;absolutiste se place d&#8217;emblée au-dessus des lois pour imposer sa seule et unique volonté. Le monde n&rsquo;existe que parce qu&rsquo;il s&rsquo;en proclame le maître. Il accapare tous les pouvoirs et persécute les détenteurs du savoir. Il traite ses alliés comme des corsaires et ses amis comme des adversaires. Et quand il est gavé d&rsquo;omnipotence, il dégorge ses déboires sur ses derniers serviteurs, creuse sa propre tombe et, par avance, édifie un mausolée à sa gloire.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Anatole France adresse à Marcel Cachin une lettre qui paraît dans L&rsquo;Humanité du 18 juillet 1922. Il le prie de signaler le livre « Les Hauts fourneaux » de Michel Corday. La guerre est essentiellement l&rsquo;œuvre des hommes d&rsquo;argent, qui la veulent, la rendent nécessaire, l&rsquo;engagent, la prolongent. Ils mettent leur fortune en jeu, en tirent d&rsquo;immenses bénéfices, se livrent avec tant d&rsquo;ardeur qu&rsquo;ils massacrent aveuglément leurs contemporains, ravagent leur pays, se saccagent eux-mêmes et disloquent le monde. « Ces hommes-là, ils ressemblent à leurs hauts fourneaux, à ces tours féodales dressées face à face le long des frontières, dont il faut sans cesse, le jour, la nuit, emplir les entrailles dévorantes de minerai, de charbon, afin que ruisselle au bas la coulée du métal. Eux aussi, leur insatiable appétit exige qu&rsquo;on jette au feu, sans relâche, dans la paix, dans la guerre, et toutes les richesses du sol, et tous les fruits du travail, et les hommes par troupeaux, par armées, tous précipités pêle-mêle dans la fournaise béante, afin que s&rsquo;amassent à leurs pieds les lingots, encore plus de lingots, toujours plus de lingots. Oui, voilà bien leur emblème, leurs armes parlantes, à leur image. Ce sont eux les vrais hauts fourneaux ! » (Michel Corday, « Les Hauts fourneaux », éditions Flammarion, 1922). « Ceux qui meurent dans la guerre ne savent jamais pourquoi ils meurent. Ils croient mourir pour la patrie, ils meurent pour des industriels. Ces maîtres de l&rsquo;heure possèdent les trois choses nécessaires aux grandes entreprises modernes: des usines, des banques, des journaux, trois machines broyeuses de l&rsquo;humanité. La haine d&rsquo;un peuple, de tout un peuple, s&rsquo;étend avec une violence inouïe, une haine qui ne s&rsquo;éteint pas avec la paix, qui perd tout sens des réalités, une haine forgée par les grands journaux, une haine qui ne souffre aucune dissidence, ne pas la servir, c&rsquo;est la trahir. Ils réussissent à entretenir une haine contre un peuple composé de millions d&rsquo;individus différents, dont aucun ne ressemble aux autres, dont un nombre infiniment petit a seul voulu la guerre, dont un nombre moindre encore en est responsable, dont la masse innocente souffre mort et malheur » (Anatole France, Lettre à Marcel Cachin, directeur de l&rsquo;Humanité, Juillet 1922) .</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Le journal Les Échos daté du lundi 28 février 2022 titre: « Les valeurs de Défense s&rsquo;envolent à la bourse de Paris ». Les investisseurs se ruent sur les actions de Dassault Aviation, Airbus, Safran,<span class="Apple-converted-space">  </span>Thales, Egide, NSE, CS Group jusqu&rsquo;à présent délaissées<span class="Apple-converted-space">  </span>en raison de leur mauvaise image sociale. On achète aux éclats du canon pour vendre aux modulations du clairon. Les dividendes de la guerre font chanter les jets privés et les yachts. Des philanthropies providentielles alimentent le cataclysme. S&rsquo;offrent prodigalement fusils mitrailleurs et grenades antichars, missiles antiaériens et lance-roquettes, chars de combat et chars lance-flammes, équipements électroniques, cybersécurité, systèmes embarqués en attendant les armements lourds. De nombreux milliardaires profitent de la crise covidaire pour doubler, tripler, quadrupler leur fortune. Les capitalistes prédateurs prennent le relais avec une vraie guerre. Les propagandes bellicistes, de tous côtés, tournent à plein régime.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Racisme déclaré. Des étudiants africains, marocains, tentent de fuir la guerre actuelle. Ils sont malmenés, bloqués, empêchés de monter dans les trains par les soldats ukrainiens. Le franchissement des frontières se réserve aux blancs. L&rsquo;armée pratique ouvertement le tri racial. Addis Abeba. 28 février 2922. Déclaration de l&rsquo;Union Africaine sur les mauvais traitements infligés aux Africains qui tentent de quitter l&rsquo;Ukraine. « Les mauvais traitements, choquants, racistes, inacceptables, que subissent les Africains voulant fuir la guerre d&rsquo;Ukraine, violent le droit international. Toute personne a le droit de franchir les frontières pendant un conflit, quelque soit sa nationalité et son appartenance ethnique ».</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">L&rsquo;Ukraine le bon alibi, zone tampon entre deux empires, réserve convoitée de céréales avec des terres exceptionnellement fertiles, des sous-sols gorgés de ressources naturelles, uranium, titane, fer, manganèse, racines économiques de conflits interminables. Une poignée d&rsquo;oligarques, alliés aux américains, accaparent les richesses. Petits salaires et profits inégalables. Une guerre chronique depuis trois décennies. Exterminations de civils. Nettoyages ethniques. Cent cinquante mille victimes. Pour la<span class="Apple-converted-space">  </span>mythologie hollywoodienne, l&rsquo;Ukraine est une gentille pucelle démocratique face au méchant cannibale russe. Néolibéralisme triomphant. Le parti communiste est interdit de fait. Liberté d&rsquo;expression sous contrôle. Journalistes sous menaces. En 2021, trois médias d&rsquo;opposition sont privés de licence sur décret présidentiel. En 2015, des<span class="Apple-converted-space">  </span>lois mémorielles réhabilitent des groupes nazis comme l&rsquo;Organisation des Nationalistes Ukrainiens coupable de génocide. Chaque premier janvier depuis une dizaine d&rsquo;années, des marches aux flambeaux fascistes rendent hommage à Stepan Bandera, collaborateur hitlérien pendant la Seconde guerre mondiale. Les néo-nazis défilent en uniforme dans les grandes villes.<span class="Apple-converted-space">  </span>Le mouvement Svoboda affiche un drapeau avec le logo SS Das Reich, en référence à<span class="Apple-converted-space">  </span>cette unité germanique<span class="Apple-converted-space">  </span>responsable de massacres monstrueux. Le chef néonazi de Svoboda, Andriy Parubiy, est<span class="Apple-converted-space">  </span>président du parlement ukrainien entre 2016 et 2019. Les groupes paramilitaires d&rsquo;extrême-droite, armés par le gouvernement ukrainien, sont en en première ligne pendant l&rsquo;insurrection de 2014, dont le bataillon Azov, un régiment de huit cents combattants avec ses propres véhicules blindés, son artillerie, sa compagnie de chars. Comme jadis, quiconque prône la paix est accusé d&rsquo;être avec l&rsquo;ennemi. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Du côté russe, il suffit de manifester contre la boucherie annoncée pour se voir arrêter. Du côté occidental, il suffit de refuser l&rsquo;escalade militaire pour être taxé de poutiniste. La lucidité se noie dans le manichéisme. Que sait-il Poutine, semeur d&rsquo;orage, des maîtres de la tempête ?<span class="Apple-converted-space">  </span>La gauche européenne participe à la surenchère belliqueuse. Les va-t-en-guerre médiatiques attisent le chaudron. Les écologistes soi-disant pacifistes dévoilent leur visage atlantiste. En décrétant les pires sanctions économiques, en envoyant des armes de toutes sortes, les européens sont déjà en guerre contre la Russie. L&rsquo;Ukraine est désormais un front de guerre mondiale.</span></p>
<p class="p1"><strong><span class="s1">*Mustapha Saha,</span></strong><span class="s1"> sociologue, poète, artiste peintre, cofondateur du Mouvement du 22 Mars et figure historique de Mai 68. Ancien sociologue-conseiller au Palais de l&rsquo;Elysée. Nouveaux livres: « Haïm Zafrani. Penseur de la diversité » (éditions Hémisphères/éditions Maisonneuve &amp; Larose, Paris, 2020), « Le Calligraphe des sables », (éditions Orion, Casablanca, 2021).</span></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Sahara marocain: M. Tamek fustige l&#8217;inaction des États-Unis face aux agissements du tandem algéro-polisarien</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/44983</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 23 Apr 2021 23:11:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[NATION]]></category>
		<category><![CDATA[sahara]]></category>
		<category><![CDATA[Saleh Tamek]]></category>
		<category><![CDATA[tribune]]></category>
		<category><![CDATA[USA]]></category>
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					<description><![CDATA[Dans une tribune publiée dans les colonnes de notre confrère quid.ma, Mohamed Salah Tamek, natif du Sahara et ancien Cheikh d’identification, exprime sa déception quant à l’inaction incompréhensible des États-Unis d’Amérique face aux agissements inacceptables du binôme algéro-séparatiste. Le collimateur.ma reproduit in extenso le texte à charge de M. Tamek. &#160; Le rôle joué par &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p2"><strong><em><span class="s1">Dans une tribune publiée dans les colonnes de notre confrère <a href="http://quid.ma"><span class="s2">quid.ma</span></a>, Mohamed Salah Tamek, natif du Sahara et ancien Cheikh d’identification, exprime sa déception quant à l’inaction incompréhensible des États-Unis d’Amérique face aux agissements inacceptables du binôme algéro-séparatiste. Le collimateur.ma reproduit in extenso le texte à charge de M. Tamek. </span></em></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="p1"><em><span class="s1">Le rôle joué par les Etats-Unis d’Amérique dans les tractations au sujet du conflit du Sahara lors de la session annuelle tenue à huis clos par le Conseil de sécurité, en date du 21 avril 2021, n’a pas été à la hauteur comme on l’aurait logiquement et légitimement souhaité, d’autant plus que ce grand pays a tout récemment reconnu avec beaucoup de courage et de clairvoyance la Marocanité du Sahara.</span></em></p>
<p class="p1"><em><span class="s1">En effet, on s’attendait de la part des Etats-Unis à une prise de position beaucoup plus engagée et mieux adaptée à la nouvelle conjoncture. En effet, les Etats-Unis n’ont pas réagi de la manière requise à l’attitude belliqueuse de l’Algérie et du Polisario, ni aux évènements qu’ils ont provoqués à Guergarate, ni à l’attitude extrémiste de la Russie envers la reconnaissance américaine de la souveraineté marocaine sur le Sahara, ni encore au blocage par les autres parties de la nomination d’un nouvel Envoyé Personnel du Secrétaire Général des Nations Unies. Il est donc décevant qu’au lieu d’encourager la résolution du conflit, les Etats-Unis cherchent en fait à le pérenniser. </span></em></p>
<p class="p1"><em><span class="s1">Il est grand temps que les États-Unis admettent leur part de responsabilité dans les problèmes auxquels se trouve confronté le Maroc en ce qui concerne le conflit du Sahara. Comment pourraient-ils alors garder le silence devant les actions qu’engagent le Polisario et l&rsquo;Algérie pour mettre en péril la paix dans la région ? Comment pourraient-ils tenir une telle attitude après la reconnaissance par l’administration Trump de la souveraineté du Maroc sur le Sahara ?</span></em></p>
<p class="p1"><em><span class="s1">Et voilà que deux pays souverains, l’Espagne et l’Algérie, hospitalisent, à Logroño dans les environs de Saragosse, Brahim Ghali, le prétendu président de la pseudo-république Sahraouie, sous une fausse identité, cherchant ainsi à lui éviter d’être poursuivi par ses victimes pour des crimes de viol et autres et reconnaissant par la même que cette prétendue république n’est qu’une entité fictive entretenue par la junte militaire algérienne.</span></em></p>
<p class="p1"><em><span class="s1">En 1999, William Eagleton m’a invité à un dîner en tant que Cheikh tribal et natif du Sahara participant au processus d&rsquo;identification alors en cours, en compagnie de Dr. Maalaynine Khallihenna en sa qualité d’observateur du même processus. Cette nuit-là, M. Eagleton m&rsquo;a interrogé en tant que professeur d&rsquo;université sur le choix d&rsquo;études de son fils. Puis subitement, il m&rsquo;a demandé ce que je pensais d’un plan d&rsquo;autonomie au Sahara. Cela signifie que les États-Unis étaient à l’origine de l&rsquo;idée d&rsquo;autonomie que le Maroc a proposée quelques années plus tard.</span></em></p>
<p class="p1"><em><span class="s1">Et malgré tout, les anciens Envoyés Personnels du Secrétaire Général des Nations Unies, tous deux de nationalité américaine, James Baker avec ses différents plans stériles et Christopher Ross avec ses incessantes manœuvres dilatoires, cachaient à peine leur parti pris en faveur des autres parties.</span></em></p>
<p class="p1"><em><span class="s1">Il n’en demeure pas moins scandaleux qu&rsquo;un pays aussi puissant militairement que les États-Unis, capable de détecter les moindres activités suspectes menées par des séparatistes dans la région, traite un État voyou comme l&rsquo;Algérie et ses protégés mercenaires du Polisario &#8211; qui harcèlent leurs pays voisins, à savoir, la Lybie, la Tunisie, le Mali et la Mauritanie &#8211; sur le même pied d&rsquo;égalité qu’un allié de longue date comme le Maroc.</span></em></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>TRIBUNE. NE RATONS PAS LE COCHE</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/13487</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[AHMED ABDOUNI]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 24 May 2020 17:47:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[NATION]]></category>
		<category><![CDATA[NOS CHRONIQUEURS]]></category>
		<category><![CDATA[ne ratons pas le coche]]></category>
		<category><![CDATA[tribune]]></category>
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					<description><![CDATA[Dans sa livraison du 4 mai 2020, le quotidien français «Libération» a publié une tribune intitulée : «Au Maroc, la crise sanitaire au service de l’autoritarisme». Son auteur se nomme Merouan Mekouar, enseignant à l’université de Toronto. L’auteur y énumère admirablement, toute la panoplie, et en détail, des mesures sanitaires, sociales, économiques et financières que &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans sa livraison du 4 mai 2020, le quotidien français «Libération» a publié une tribune intitulée : «Au Maroc, la crise sanitaire au service de l’autoritarisme». Son auteur se nomme Merouan Mekouar, enseignant à l’université de Toronto. L’auteur y énumère admirablement, toute la panoplie, et en détail, des mesures sanitaires, sociales, économiques et financières que les autorités marocaines ont mises, avec un grand succès, en œuvre pour faire face à cette crise sanitaire et ses conséquences sur le pays et sa population. Néanmoins, son objectif n’était pas de porter cette réussite au crédit de ces autorités, qui, quelle que soit notre attitude politique à leur égard, la clairvoyance dont elles ont fait preuve force notre reconnaissance. Il s’en est servi, comme l’indique le titre de la tribune, pour soutenir une hypothèse dont le moins que l’on puisse dire est qu’elle laisse transpirer une opposition dogmatique au pouvoir marocain.</p>
<p>On a tous nos subjectivités qui des fois et même souvent nous aveuglent et nous détournent de l’évidence de la réalité. Alors sciemment ou inconsciemment nous travestissons la vérité et lui tordons le cou pour lui faire dire ce que nos émotions nous dictent. Un intellectuel se doit de s’armer d’une objectivité à toute épreuve. Son souci ne saurait être que la vérité. Il ne doit en aucun et quelles que soient ses circonstances se départir de l’analyse rigoureuse des faits pour pouvoir aboutir à un jugement lucide.</p>
<p>Dès le début, M. Mekouar nous donne une idée exacte de la conclusion à laquelle il voulait arriver: clouer au pilori les autorités marocaines. S’il reconnaît du bout des lèvres qu’elles ont bien réagi face à la crise et réussi là où des pays, même développés, ont connu un échec patent, il n’hésite pas à souscrire à une thèse farfelue. Pour lui, l’Etat marocain n’a bien agi que par le vicieux souci de «préserver un degré de subsistance minimal qui permettrait aux institutions extractives de l’Etat de continuer à fonctionner».</p>
<p>Cette conclusion à effluves marxisantes, il l’a puisée , nous dit-il, du «cadre d’analyse, tiré du travail de l’économiste américain Mancur Olsen». Cet outil d’analyse lui aurait «permis de mieux comprendre la logique des efforts consentis dans l’urgence par les autorités marocaines et leurs alliés économiques». Une théorie qui repose sur l’idée que «l’Etat n’est rien d’autre qu’un bandit dont l’objectif est de maximiser ses ressources en taxant la population».</p>
<p>On l’aura compris, tout ce que l’Etat marocain aura consenti comme efforts pour préserver la population marocaine, toutes catégories confondues, de la pandémie, c’est uniquement pour en faire une vache à lait pour son système.</p>
<p>Le Maroc a jusqu’à présent réussi la gageure de limiter les conséquences dramatiques sur le plan sanitaire, et c’est à relever avec satisfaction et encouragement, si on est un tant soit peu objectif et d’une certaine honnêteté intellectuelle. Critiquer méchamment une réussite et de plus de santé publique, c’est vouloir, forcément par un sentiment rancunier, l’échec de l’Etat même au prix de drames sociaux.</p>
<p>Au malheur de la pandémie, M. Mekouar aurait voulu qu’il s’ajoute le malheur du cynisme et du mépris du sort des populations de la part de l’Etat. Cet État qualifié de «bandit» invétéré a montré qu’il est en mesure de changer et de jouer le rôle d’un Arsène Lupin ou d’un Robin des Bois. Il prit en effet des riches pour donner aux pauvres. Et s’il a mobilisé le ban et l’arrière ban des intérêts économiques et politiques dont il a les leviers, ce n’est pas «pour s’assurer que rien ne change», comme le dit M. Mekouar. Au contraire, son action en faveur de la préservation de l’état sanitaire et relativement, en accordant des subsides aux nécessiteux, de la situation matérielle des populations, l’Etat marocain a fait preuve de sa capacité de se soucier de toutes les catégories sociales du pays.</p>
<p>Le moment est en effet crucial. La possibilité de changement est perceptible tant du côté de l’Etat que des populations. Le premier mesure sa responsabilité dans la conduite d’une politique au service de toute la population et notamment ses segments fragiles et celle-ci entrevoit la possibilité de lui faire confiance quant à la sauvegarde de ses intérêts.</p>
<p>D’aucuns penseraient que c’est la survie du système qui se trouve engagée. L’histoire nous apprend allègrement qu’il a par le passé surmonté des crises autrement plus graves. Et il n’y a aucune raison pour que les événements que cette crise sanitaire a engendrés remettent en question ses fondements sociaux. Ce sont les choix politiques et économiques de ce système qui semblent avoir été ébranlés sur leur piédestal.</p>
<p>Ce que l’on peut, toutefois, concéder à ceux qui sont dans une opposition dogmatique, c’est la nature de la méthodologie qui a fondé l’application des mesures prises pour faire face aux effets de la pandémie. Pour la mise en application des mesures prises en haut de la hiérarchie, des échelons inférieurs de l’autorité publique empruntent, à la coercition autoritaire bien des aspects qui contredisent l’état de droit dont se réclame le gouvernement.</p>
<p>Néanmoins, à regarder de près et en tenant compte de la réalité de la prise de conscience, de la part de certains segments de la population, et de l’ampleur de la gravité de la situation, on ne peut qu’user de la formule «nécessité oblige». On décèle même une certaine compréhension de la part d’une bonne partie de l’éventail de la société civile. Le danger s’est manifesté dans toute son ampleur et l’enjeu s’est révélé dépasser de loin le jeu politique et ses enchères.</p>
<p>Le citoyen réaliste sait, dans les moments qui le nécessitent, faire des concessions provisoires. La situation sanitaire que traverse la Maroc l’exige. Son évolution menace le sort de milliers de citoyens et les pauvres avant et plus que les nantis. On s’accorde à reconnaître que sans ces mesures drastiques et quelque peu autoritaires dans leur application, la situation du pays aurait viré au drame sanitaire d’où il en serait résulté un préjudice incalculable au niveau social et économique.</p>
<p>Ce que l’on doit relever avec force, c’est ce revirement qui se dessine dans les rapports entre gouvernés et gouvernants. La prudence et même la défiance que les populations manifestaient à l’égard des choix et des décisions politiques des gouvernants semblent s’atténuer voire commencer à se dissiper. Les contours d’une tendance à faire un peu plus foi aux décisions d’un « makhzen » que l’on a de tout temps taxé d’imprévisibilité. Le peuple est à même d’exercer du bon sens et de la réflexion juste.</p>
<p>Au début de la pandémie, nombreux étaient ceux qui n’avaient pas foi en les statistiques de la crise sanitaire données par le gouvernement. Beaucoup, y compris des hommes avertis, dénonçaient la triche, le mensonge, le trucage, le maquillage des chiffres à des fins politiques. Les déclarations concernant l’épidémie étaient tenues pour lénifiantes. Parce que le peuple a justement une mémoire collective qui embrasse la longue histoire et remonte loin dans le temps pour juger, observer, une attitude face aux institutions du pays.</p>
<p>Or cette fois-ci, les faits et la réalité têtue ont forcé les soupçonneux, les sceptiques et même les adversaires politiques et idéologiques à reconnaître leur véracité. Ils sont tangibles et palpables à souhait. La comparaison avec la situation de beaucoup de pays riches et développés et donc disposant de moyens et d’expériences diversifiés, a montré que le Maroc s’en sort relativement mieux que plusieurs d’entre eux. Grâce à une politique et une équipe « makhzeniennes » autoritaires ? Pour le moment, cette question est mineure dans le contexte de crise que vit le pays.</p>
<p>Une embellie heureuse s’est produite dans le ciel chargé des relations entre le peuple marocain et ses gouvernants. En fonction de l’évolution qu’on lui imprimera dès que la sortie de crise aura été amorcée, elle pourra être bénéfique et, par conséquent, initier une nouvelle phase dans la marche du pays vers un avenir plus solidaire et harmonieux entre les différentes composantes de la population marocaine.</p>
<p>Le risque d’un retour à la situation qui prévalait avant n’est guère exclue. On ne peut préjuger de rien ni dans un sens ni dans l’autre. Tout dépendra de la volonté qui se manifestera au sortir de cette crise. Et d’abord celle d’un pouvoir qui n’a que trop misé sur un libéralisme effréné et débridé et ensuite de la capacité des forces vives de la société à mieux s’organiser pour la défense de l’intérêt général. C’est un enseignement partagé qu’il faudrait tirer de cette crise sanitaire, sociale et économique qui a mis à nu tous les défauts et travers de la politique suivie.</p>
<p>Beaucoup de fragilités facilement dépassables, continuent de grever lourdement la vie des couches populaires et surtout la masse des travailleurs exploités, des fois sans vergogne par un capitalisme resté rapace et charognard en dépit de tous les avantages et faveurs que l’État lui sert sur un plateau d’argent.</p>
<p>Une brèche s’est ouverte. Alors engouffrons nous dedans. Agrandissons-la jusqu’à ce qu’elle devienne une porte menant vers une véritable démocratie dans tous les domaines et dont le but ultime sera la valorisation des Marocaines et des Marocains dans la dignité.</p>
<p>Les défis qui nous attendent après ce drame sanitaire ce sont les failles dont souffre notre pays. Il les a mis en exergue certes, mais aussi il nous a permis de percevoir la possibilité réelle de les combler grâce à la volonté commune de changer de cap. Au lieu d’une croissance qui ne sert que les catégories aisées et subsidiairement une mince classe moyenne, ce sera la croissance pour le développement humain avec un fort accent mis sur la nécessité de résorber les fortes inégalités sociales qui grèvent l’avenir de pans entiers de la population.</p>
<p>La crise sanitaire aura mis en évidence des réalités dont il sera difficile de faire abstraction pour construire l’avenir du Maroc. Celui-ci se construira avec les masses populaires ou ne sera pas. Sommes-nous à la sortie d’une voie qui engendre l’opulence d’une minorité et la marginalisation des masses ? Ou l’épreuve que nous traversons en fin de compte ne sera qu’un accident de parcours qui aura fait cahoter pour un temps limité le fonctionnement du système ?</p>
<p>C’est par le haut qu’il faut en sortir. Un retour au statu quo ante élargira et aggravera le gouffre qui sépare les besoins et revendications des populations de l’offre politique, économique et sociale que leur fait depuis longtemps les gouvernants.</p>
<p>Il est temps et l’opportunité s’offre à nous de changer de politique et d’orientation. La nouvelle direction doit se situer dans le cadre d’une large représentation de la vie où l’homme reprendra sa place de fin en soi de toute entreprise de développement.</p>
<p>Je reprends les propos de l’ex-ministre français Nicolas Hulot :«Cette crise sanitaire peut être transformée en crise salutaire à partir du moment où l’on en tire les enseignements». Il faudrait saisir l’occasion que cette crise nous offre, de nous avoir permis de toucher du doigt les déséquilibres de notre société, nos manques et nos insuffisances en maints domaines et plus particulièrement social. Nous feignions les ignorer par paresse, par compromission ou par négligence de l’autre. La fragilité d’une grande partie de la population marocaine est apparue flagrante, aveuglante et sidérante. Les exigences d’une telle entreprise pourraient être résumées en ces points :</p>
<ul>
<li>Apprendre des erreurs du passé</li>
<li>Fonder des relations de confiance mutuelle entre le peuple et ses dirigeants, d’où naîtra l’espérance et la foi en l’avenir.</li>
<li>Construire un horizon de concorde et d’harmonie et de confiance en des institutions au service de l’intérêt général et non de quelques castes privilégiées.</li>
<li>Remédier à la résignation à une quelconque fatalité, qu’elle soit d’origine religieuse ou imposée par les déceptions incessantes que l’histoire a accumulées.</li>
<li>Donner l’importance qu’elle mérite à la reconnaissance de nos faiblesses pour les atténuer et apprécier à leur juste valeur nos capacités pour les augmenter .</li>
<li>Redonner au citoyen marocain l’importance qu’il mérite et faire crédit à ses capacités de se prendre en charge et à accompagner toutes les évolutions politiques, économiques, sociales et même religieuses qui s’imposent en ce monde qui change rapidement.</li>
<li>Se départir de l’idée du déterminisme social ancrée dans certains esprits.</li>
<li>Approprions-nous, tous autant que nous sommes notre pays, son histoire et son destin. Croire en tous les Marocains et les préparer à envisager l’avenir avec enthousiasme.</li>
<li>Combler les inégalités de tout genre notamment entre les hommes et les femmes.</li>
<li>Supprimer ce qui nous divise et encourager ce qui nous unit.</li>
<li>Garantir la dignité de tous et pour tous.</li>
<li>Ériger la transparence et la responsabilité en normes inviolables.</li>
<li>Promouvoir une jeunesse éduquée et formée pour faire face aux défis qu’un monde globalisé nous impose.</li>
<li>Favoriser les solidarités inter et intragénérationnelles.</li>
<li>Créer les conditions d’un Maroc différent au service de tous et surtout de ceux et celles qu’une faiblesse, quelconque soit son origine, accable.</li>
<li>Enfin, abolir un système qui produit des richesses et génère en même temps des inégalités faute de les partager équitablement entre tous les Marocains.</li>
</ul>
<p>&nbsp;</p>
<p>Si à la sortie de cette crise sanitaire les pourfendeurs des initiatives populaires et de l’esprit créatif du Marocain continueront à trôner à leurs places, le recul qu’accusera la confiance du peuple en son pays sera à la mesure de la déception essuyée. Les prémices de confiance nées de cette épreuve n’auront été qu’un rêve éphémère, le retour au statu quo ante bellum se fera à marche forcée.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Tribune. Maman chérie, ne meure pas avant la levée du confinement</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/13146</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[AHMED ABDOUNI]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 21 May 2020 20:52:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[NOS CHRONIQUEURS]]></category>
		<category><![CDATA[METTRE À MA MÈRE]]></category>
		<category><![CDATA[tribune]]></category>
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					<description><![CDATA[Maman chérie, Je ne veux pas que tu meures avant la levée du confinement sanitaire qu&#8217;impose la pandémie du Corona virus. Si je te demande de rester en vie, certes, c&#8217;est pour pouvoir te revoir et satisfaire mon besoin grandissant de ma présence auprès de toi. Depuis que je suis à la retraite, je voudrais &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Maman chérie,</p>
<p>Je ne veux pas que tu meures avant la levée du confinement sanitaire qu&rsquo;impose la pandémie du Corona virus. Si je te demande de rester en vie, certes, c&rsquo;est pour pouvoir te revoir et satisfaire mon besoin grandissant de ma présence auprès de toi. Depuis que je suis à la retraite, je voudrais compenser tout ce manque de toi que je ressentais pendant ces longues années où la nature de mon travail m’éloignais de plusieurs milliers de km de toi. Ta présence dans mon cœur ne pouvait étancher ma soif d&rsquo;avoir avec toi un contact physique plus rassurant. Cette épidémie nous impose une abstinence mutuelle de la tendresse que nous nous échangions régulièrement depuis que l&rsquo;âge m&rsquo;a libéré de la contrainte du travail régulier et assidu. Le confinement total et quasi absolu que les autorités nous imposent nous déchire le cœur comme un rideau de fer, mais en même temps il nous fournit quelque chance de nous revoir.</p>
<p>Corona virus, un mal qui aurait pu ne pas retenir mon attention, ni d&rsquo;ailleurs la tienne, et dont je ne me serais guère souvenu, s’il n&rsquo;avait pas mis le monde et le Maroc en particulier sens dessus dessous. Il a ébranlé les certitudes scientifiques, philosophiques, économiques, financières et même sociales et culturelles. Il a mis à nu les faiblesses naturelles de l&rsquo;homme.</p>
<p>Il a fallu qu&rsquo;il frappe dans notre pays près de nous pour que nous prenions conscience qu&rsquo;il ne touche pas que les autres, ceux qui sont trop loin de nous. Il nous a surpris alors que nous sommes séparés loin l’un de l&rsquo;autre. Toi dans l’est et moi dans l’ouest du Maroc. Nous pensions que les quelques mesures prophylactiques que les autorités avaient recommandées suffiraient à juguler la maladie et ne seraient que temporaires et n&rsquo;atteindraient jamais le niveau de précaution qui nous contraint maintenant à nous isoler aussi drastiquement.</p>
<p>Tout le monde au début prenait les choses à la légère. Malgré les consignes des autorités sanitaires d’éviter les pratiques qui favorisent la contamination et donc la propagation du virus, on ne pouvait éviter les embrassades, les accolades chaleureuses et autres manifestations d&rsquo;affection mutuelle. D&rsquo;aucuns et non des moindres, pensaient dur comme fer que quelques remèdes de grand-mère ou des invocations sincères de la miséricorde divine suffiraient à chasser ce mal. Il s&rsquo;avère à notre grand regret infiniment plus coriace que ce que nous pensions.</p>
<p><strong>Maman chérie,</strong></p>
<p>tu occupes toute seule la maison que mon défunt père avait construite pour contenir notre famille nombreuse. L&rsquo;idée que tu puisses y mourir seule me hante de manière lancinante. Elle m&rsquo;effraie et m&rsquo;angoisse.</p>
<p>Je souhaiterais que tu partages les mêmes conditions de fin de vie que mon père. Lui la mort l&rsquo;a trouvé entouré des siens et surtout de sa famille presque au complet. Elle l&rsquo;a pris dans une atmosphère de recueillement et de prières. Il est parti vraisemblablement l&rsquo;âme sereine, satisfait d&rsquo;avoir quitté le monde terrestre sous le regard attristé mais tendre et affectueux des siens.</p>
<p>Je ne veux pas que tu t&rsquo;en ailles sans la moindre cérémonie, sans funérailles dignes du sacrifice que tu as consenti, ta vie durant, pour maintenir la famille unie. Je ferai tout pour que ton départ de ce monde ait lieu dans la plus grande dignité.</p>
<p>Je refuse obstinément que ton inhumation se déroule à la hâte. Trois ou quatre individus volontaires ou contraints par la charge de leur travail viennent, alors que ton corps est encore chaud, enlever ta dépouille mortelle, fermer la porte de la maison et remettre les clés aux voisins en attendant qu&rsquo;ils puissent être récupérés par un membre de la famille. Je les imagine se précipiter pour te mettre dans la tombe, dans une grande désolation, comme si tu tombais avec la dernière pluie ou amenée accidentellement par le dernier souffle du vent. Tu es ma maman et tu as tant fait de sacrifices pour moi, pour mes frères et sœurs et tous les autres membres de la famille patriarcale que nous constituions il n&rsquo;y a pas si longtemps.</p>
<p>Je m&rsquo;attriste à l’idée que tu puisses mourir seule dans cette grande maison, que, depuis la mort de mon père tu refuses de quitter. Tu justifies ta décision ferme et irrévocable de vouloir continuer à baigner dans le flot des souvenirs que tu entretiens de tous ceux et toutes celles, membres de notre famille, dont l&rsquo;âme a rejoint Dieu, et aussi de tes filles et fils que tu as couvés peureusement jusqu&rsquo;à ce qu’ils aient eu la capacité de s&rsquo;envoler de leurs propres ailes.</p>
<p><strong>Maman chérie, </strong></p>
<p>petit, quand l&rsquo;agitation s&#8217;emparait de moi tu me berçais et je retrouvais rapidement le calme et la sérénité. Tu m&rsquo;as accompagné dans mes premiers pas hésitants et fragiles. Tu m&rsquo;as conseillé quand j&rsquo;étais dans l’adversité, tu as atténué ma douleur et tempéré ma colère quand je me laissais submerger par la passion. Tu étais- et tu l&rsquo;es toujours- ma source d&rsquo;apaisement et c&rsquo;est auprès de ta tendresse que je me ressource pour continuer dans la voie que je me suis tracée. Ton absence m&rsquo;oppresse et me vide de mes ressources.</p>
<p>Quand j&rsquo;étais enfant, tu tenais compte de ma fragilité et tu accordais tes pas aux miens. Maintenant que le mal a rongé tes os, nous nous sommes inversés les rôles. C&rsquo;est à moi de te tenir la main pour t&rsquo;aider à faire les quelques pas nécessaires entre les rares endroits entre lesquels tu t&rsquo;obliges à te déplacer. Tu n&rsquo;es plus là femme solide qui jamais ne rechignais à l&rsquo;ouvrage, qu&rsquo;alourdissait d&rsquo;autant plus ta soumission inconditionnelle à l&rsquo;autorité masculine, qu&rsquo;imposaient une tradition et une religion restées tardivement mysogines. Tu veillais tard pour abattre de l&rsquo;ouvrage et au réveil tu précédais les coqs avant l’aurore pour que tout membre de la maisonnée puisse entamer sa journée dans la plus grande satisfaction possible.</p>
<p><strong>Ma chère maman,</strong></p>
<p>quand la famille patriarcale éclata, vers 1970, en plusieurs familles nucléaires, ta soumission ou ta bonté &#8211; parce que tu t&rsquo;en es jamais plainte &#8211; t&rsquo;a contrainte d’accepter, la mort dans l&rsquo;âme, de te séparer de deux de tes enfants pour qu’ils meublent la solitude de leurs grands-parents paternels.</p>
<p><strong>Maman chérie,</strong></p>
<p>en souvenir des sacrifices que tu as consentis que ce soient ceux qui peuplent infailliblement ma mémoire ou ceux que j&rsquo;ai oubliés ou ceux que je n&rsquo;ai pu savoir, il m&rsquo;est inconcevable que tu n&rsquo;aies pas à ta mort les funérailles que tu mérites. Jamais je ne me résoudrais à accepter qu&rsquo;on m’apprenne ta mort par un SMS ou un coup de téléphone. Je ne veux pas pleurer tout seul ta disparition. Je ne veux pas qu&rsquo;on me dise que vu les circonstances sanitaires que traverse le pays, on t&rsquo;a inhumé à la sauvette par quelques individus téméraires et réfractaires au dictat du Corona virus par l&rsquo;espoir de plaire à Dieu. Ne Lui plaise.</p>
<p><strong>Maman chérie,</strong></p>
<p>je veux que quand la mort s&rsquo;approchera de toi, tu sentiras ma présence auprès de toi, serrant tes mains dans les miennes. Je veux être celui qui tâtera ton pools et plaquera son oreille contre ta poitrine pour vérifier les battements de ton cœur. Je veux que ce soit moi qui te couvrirais définitivement en signe de fin de ta vie.</p>
<p>Ma présence à cet instant fatal auprès de toi atténuera ma douleur et me donnera la force de ne pas te pleurer inutilement. Ces derniers instants de ta vie m&rsquo;accompagneront à côté de ceux que j&rsquo;ai vécus à la mort de mon père, il y a peu d’années. Jusqu&rsquo;à mon dernier souffle, leur souvenir apaisera ma crainte de quitter ce monde sans y avoir laissé quelque menue trace.</p>
<p><strong>Courage maman !</strong></p>
<p>A plusieurs reprises tu m&rsquo;as exprimé, au téléphone, ton chaleureux souhait de voir ma présence auprès de toi, rythmer tes journées pendant ce sacré mois de Ramadan. Tu voulais que mes entrées, mes sorties, mes rires, mes blagues débiles, nos discussions, l&rsquo;évocation tendre de souvenirs lointains mais encore vivaces dans notre mémoire comme s&rsquo;ils dataient d&rsquo;une poignée de jours, effacent cette routine qui t’accable, mais dont tu ne te plains point. Chaque fois que nous nous voyons, nous exhumons, sans la moindre lassitude, les mêmes souvenirs. Nous les goûtons dans une fraîcheur invariablement renouvelable.</p>
<p>Ta solitude me fend le cœur et je n&rsquo;ai guère le pouvoir de répondre à ta sollicitude. La soif de te voir me tord l&rsquo;esprit. Mon cœur saigne et je suis, dans ce confinement semblable à un animal sauvage qu&rsquo;on a extirpé de sa jungle et encagé. Ses assauts contre les barrières qui l’enferment ne lui valent que l&rsquo;endolorissement de ses membres.</p>
<p><strong>Maman chérie,</strong></p>
<p>au téléphone tu m&rsquo;as assuré que tu fais confiance à Dieu et que bientôt inchallah, Il fera descendre sa miséricorde sur l&rsquo;humanité et la débarrassera de cette pandémie. L&rsquo;espoir fait vivre. Alors moi, je suis confiant que ce Corona virus qui nous a ôté une part de notre humanité, qui consiste en notre préoccupation de nous occuper dignement de nos disparus, nous le vaincrons et nous retiendrons la grande leçon qu&rsquo;il nous aura donnée.</p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>TRIBUNE. COVID-19: LA CRISE MONDIALE DÉCRYPTÉE PAR HAKIMA ELHAITÉ, EX-MINISTRE DE L&#8217;ENVIRONNEMENT</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/8971</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 18 Apr 2020 14:22:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[NOS CHRONIQUEURS]]></category>
		<category><![CDATA[elhaité]]></category>
		<category><![CDATA[tribune]]></category>
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					<description><![CDATA[Nous vivons un temps sombre de notre histoire commune: une crise sanitaire dévastatrice qui, à ce jour, a déjà infecté 1. 850. 220 personnes dans le monde et a fait 237. 340 morts. Alors que le COVID-19 fait rage, un sentiment général se dégage: L’incertitude. L’incertitude de gérer la crise sanitaire et la peur de &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Nous vivons un temps sombre de notre histoire commune: une crise sanitaire dévastatrice qui, à ce jour, a déjà infecté 1. 850. 220 personnes dans le monde et a fait 237. 340 morts.</p>
<p>Alors que le COVID-19 fait rage, un sentiment général se dégage: L’incertitude. L’incertitude de gérer la crise sanitaire et la peur de ne pas disposer des capacités d’accueil, de traitement, de réanimation, et même d’enterrement des personnes qui tristement, y succombent. À travers le monde la presse nous décrit un triste spectacle, des hôpitaux de fortune, des corbillards à perte de vue devant les cimetières en Italie, des enterrements dans des fosses communes au États-Unis&#8230;</p>
<p>L&rsquo;incertitude quant aux bons gestes pour éviter la propagation du virus (porter un masque ou non, confined ou non, etc).</p>
<p>L’incertitude de pouvoir vaincre le virus dans les meilleurs délais et fabriquer enfin le vaccin ou trouver la formulation magique. De nombreux pays dans le monde y travaillent sans relâche et le jackpot sera à celui qui va y parvenir le premier.</p>
<p>L’incertitude quant à l’évolution du virus et de l’immunité de ceux qui l’ont contracté. Est-on immunisé une fois le virus contracté ou restons-nous vulnérable à une deuxième contamination?</p>
<p>L’incertitude quant à quand et comment réussir le déconfinement ?</p>
<p>L’incertitude de pouvoir redémarrer l’économie en minimisant les séquelles sociales.</p>
<p>Quel que soit le pays, sa puissance, sa richesse et son niveau d’infrastructures sanitaires, le sentiment est le même: le monde navigue dans l’inconnu et chaque pays a été livré à lui-même du moins au début de la crise.</p>
<p>Nous avons assisté au début de la pandémie à des déclarations de chefs d’Etat de grandes puissances s’enorgueillir d’avoir les meilleurs systèmes de santé, les meilleurs médecins, les meilleurs corps de soins, les meilleurs, les meilleurs et encore les meilleurs.</p>
<p>Mais malheureusement, les meilleurs n’ont pas pu contenir l’ennemi.</p>
<p>Ce n’est qu’après que la pandémie a commencé à éroder la santé des citoyens et le cœur des économies qu&rsquo;on a commencé à se poser quelques questions: Comment ont fait les autres pour contrer le virus ?</p>
<p><strong>COVID-19 nous donne une première leçon: l&rsquo;humilité</strong></p>
<p>Se référer à des pays mois « développés » qui ont su contrer rapidement le virus n&rsquo;a pas été le réflexe du moment. Le début de la crise a laissé se dégager un sentiment d&rsquo;indifférence par rapport à se qui se passait en Chine. Pour certains, les problèmes de santé de la Chine n&rsquo;intéressait que les Chinois, pour d&rsquo;autres, la Chine est trop loin et le risque d&rsquo;être affecté par un virus chinois est nul; pour d&rsquo;autres encore, la Chine est suffisamment peuplée, a des cultures étranges de consommation alimentaire et devrait en assumer les conséquences.</p>
<p>Aucun pays au monde ne s&rsquo;attendait à cette mondialisation rapide et ravageuse du virus qui montre à quel point le régime de santé des Nations était interdépendant. Le virus nous rappelle qu&rsquo;on peut ériger des frontières sur sol mais que l&rsquo;atmosphère, l&rsquo;air, ne les tolère point et qu&rsquo;aucune puissance ne peut lui imposer un visa ou un quelconque droit d&rsquo;entrée.</p>
<p>C&rsquo;est dire que le Covid-19 nous ramène à la nécessité d&rsquo;examiner plus sérieusement la santé /l&rsquo;air comme un bien public mondial commun. Il a été difficile de faire adopter cette notion de bien commun de l&rsquo;air dans les négociations climatiques, le Covid 19 permettra-t-il de gagner ce pari?</p>
<p>Par ailleurs, personne ne peut nier que l&rsquo;idéologie politique, la guerre commerciale, la compétition conventionnelle avec la Chine et peut-être un peu de dénigrement de sa médecine ont quelque part déterminé la position des uns et des autres: Oui, il est dit que la Chine a dissimulé pendant un mois les informations mais nos trébuchements ont duré bien trop longtemps après que la Chine ait communiqué sur la gravité de l&rsquo;épidémie, après même que le virus ait gagné plusieurs pays et après que l&rsquo;organisation mondiale de la santé ait annoncé que l&rsquo;épidémie est une urgence sanitaire globale le 31 janvier.</p>
<p><strong>Les raisons de ces trébuchements sont multiples</strong></p>
<p>D&rsquo;abord le système de santé relève de la responsabilité des États et de leur souveraineté et malgré l&rsquo;existence de l&rsquo;OMS, il n&rsquo;existe pas de mécanisme mondial multilatéral doté d&rsquo;un fonds et d&rsquo;un organe subsidiaire d&rsquo;experts chargé d&rsquo;établir la stratégie, le plan d&rsquo;action et le stock mondial du matériel de sécurité et de riposte aux pandémies.</p>
<p>Pris de court, chaque pays a œuvré dans l&rsquo;urgence et sous la pression du flux croissant des malades notamment de ceux devant aller en réanimation. Tous les pays avait un stock insuffisant des produits et outils de protection. La règle générale qui a régné au démarrage de la pandémie était: chacun pour soi et Dieu pour tous. Mieux encore, on a assisté à des détournements de matériels de protection d&rsquo;un pays par un autre, à du vol ou même à des surenchères d&rsquo;achat de masques sur le tarmac de l&rsquo;aéroport: les masques sont tombés, la solidarité est un mot vain inexistant dans un monde pris d&rsquo;assaut.</p>
<p>Nous n&rsquo;avons réfléchi solidarité que lorsqu&rsquo;on a entériné la crise, appris plus sur le virus, ses menaces aussi bien sanitaire qu&rsquo;économique et social.</p>
<p><strong>Un autre facteur non négligeable est le trébuchement de l&rsquo;OMS elle-même </strong></p>
<p>Le 31 décembre, la Chine informe l’OMS de l&rsquo;existence d&rsquo;un nouveau virus dont la propagation est méconnue et incontrôlée. Ce n&rsquo;est que le 31 janvier, soit un mois après que l&rsquo;OMS déclare le Covid-19 une épidémie.</p>
<p>Le 4 février, l&rsquo;OMS estime encore que l&rsquo;on ne peut pas parler de pandémie et qu&rsquo;il s’agissait d&rsquo;une épidémie malgré que la contamination avait touché plus de 20.000 personnes dans une vingtaine de pays (Chine, Makao, Tibet, Corée du Sud, Japon, Taïwan, Cambodge, Malaisie, Philippines, Singapour, Thailande, Vietnam, Inde, Népal, Sri-Lanka, quelques cas au Canada, aux États-Unis et en Europe), de quoi justifier largement la déclaration de la pandémie.</p>
<p>Il fallu attendre le 11 mars pour que l&rsquo;OMS déclare que le Covid 19 est une pandémie. À ce moment-là, on comptait plus de 118.000 cas dans 114 pays et 4291 décès. Mais peut on reprocher à une instance avant tout normative, et n&rsquo;ayant pas le pouvoir d’imposer des règles telle une organisation supranationale, sa gestion d&rsquo;une pandémie ?</p>
<p>Peut-on reprocher à une instance fortement politisée d&rsquo;obéir aux directives de ses principaux administrateurs d&rsquo;autant plus que deux d&rsquo;entre eux aussi puissants l&rsquo;un que l&rsquo;autre sont toujours en compétition ?</p>
<p>Les tiraillements entre la Chine et les Etats-Unis dans le cadre de l&rsquo;OMS aurait de dramatiques répercussions, notamment une gestion déficiente de futures pandémies, avec à la clé un nombre affolant de victimes. Avec le Covid-19, l&rsquo;OMS se trouve devant un test vital grandeur nature.</p>
<p>La forte politisation de l’organisation n’est pas sans danger: elle risque de saper sa nécessaire indépendance.</p>
<p>La pression de ses donateurs n&rsquo;est pas non plus sans risque sur l&rsquo;impartialité des décisions et des programmes, rappelant qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui l&rsquo;OMS reçoit plus de fonds du secteur privé que des États.</p>
<p>Alors il est grand temps de mettre de l&rsquo;ordre dans nos désirs. L&rsquo;OMS a été créée justement pour faire face aux défis des épidémies et pandémies dans le monde mais ce n&rsquo;est pas en la sous-dotant de moyens financiers, d&rsquo;autorité et des conditions d&rsquo;impartialité qu&rsquo;elle va être au rendez-vous</p>
<p>Le Covid-19 et toutes les autres pandémies qui ont existé avant lui nous ramène à la conclusion: si L&rsquo;OMS n&rsquo;existait pas, on devrait la créer&#8230; alors il est temps de réformer cette instance et de revoir ses allocations budgétaires, ses donateurs et de lui reconnaître toutes les avancées qu&rsquo;elle a pu réaliser en matière de santé à travers le monde</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Tribune. Insulter l&#8217;Afrique, ce n&#8217;est plus aussi grave en France !</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/7487</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 04 Apr 2020 12:42:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[MONDE]]></category>
		<category><![CDATA[afrique]]></category>
		<category><![CDATA[france]]></category>
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					<description><![CDATA[Trois jours après les insultes adressées à tous les Africains sur l&#8217;une de ses chaînes de télévision, la France, à quelques exceptions près, ne semble pas s&#8217;en émouvoir pour autant, ne serait-ce que par courtoisie à ses citoyens d&#8217;origine africaine. Tant et si bien que les deux éminents chercheurs, qui ont tenu cet échange surréaliste &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Trois jours après les insultes adressées à tous les Africains sur l&rsquo;une de ses chaînes de télévision, la France, à quelques exceptions près, ne semble pas s&rsquo;en émouvoir pour autant, ne serait-ce que par courtoisie à ses citoyens d&rsquo;origine africaine.</p>
<p>Tant et si bien que les deux éminents chercheurs, qui ont tenu cet échange surréaliste en direct, se sont fendus de justifications incongrues pour se détourner de leurs responsabilités, alors que leurs propos invraisemblables sont clairs comme l&rsquo;eau de roche.</p>
<p>Leur déni de la réalité est plus choquant que leur réflexion. Les excuses d&rsquo;après coup ne changent rien à la donne. Le mal à été fait, en toute conscience mais en mauvaise connaissance des causes.</p>
<p>Dans leur délire discursif, les deux prestigieux experts en médecine ont proposé, sans sourciller, de faire des Africains une sorte de cobayes d&rsquo;un vaccin expérimental contre le nouveau coronavirus. A aucun moment de leur dialogue, ils ne semblaient ignorer qu&rsquo;ils étaient en train de parler d&rsquo;êtres humains et non pas de rats de laboratoire.</p>
<p>S’ils sont tellement soucieux de la vie de gens vivant à mille lieues, ils auraient dû, d&rsquo;abord, avoir une pensée pour leurs proches voisins, qui se meurent tous les jours dans l&rsquo;indifférence totale et à qui on refuse masques et respirateurs.</p>
<p>Il y a quelque temps, les politiques, les philosophes et le commun des mortels en France se sont déchirés, durant des semaines, autour du terme « féminicide » ou encore sur l&rsquo;utilisation de « pain au chocolat ou chcolatine ».</p>
<p>Quand il est question d’une offense à l&rsquo;encontre de plus d’un milliard d’êtres humains, c&rsquo;est silence radio, comme si les Africains étaient une race de sous-hommes, dont les états d&rsquo;âme ou les sentiments ne méritent aucune considération.</p>
<p>Depuis la diffusion de cette séquence troublante, aucune réaction officielle de quelque nature que ce soit n&rsquo;a été communiquée. Apparemment, on confond bien liberté d&rsquo;expression et liberté de diffamer.</p>
<p>Hormis les réactions révoltées de quelques personnalités connues par leurs positions de principe sur les questions de racisme, il paraît que le mépris des Africains ne dérange pas outre mesure dans l&rsquo;Hexagone.</p>
<p>Jusque-là, les chaînes françaises, qui s&#8217;emballent pour tout et pour rien, semblent dire «Circulez, il n&rsquo;y a rien à voir». Les médias écrits brodent autour d&rsquo;une dépêche d&rsquo;agence insipide. Les fameux experts, dont la salive gicle sur les plateaux de télévision en discutant de coronavirus, font l&rsquo;autruche.</p>
<p>Chez les citoyens des pays diffamés, il était tout à fait attendu que cet incident suscite une levée de boucliers et une vaste campagne de révulsion. L&rsquo;émoi est à la mesure de l’affront. L&rsquo;incrédulité des débuts a vite cédé le pas devant une immense colère, qui risque de ne pas retomber de sitôt.</p>
<p>Célébrités ou citoyens lambdas, tout le monde partage le même sentiment de dégoût et d&rsquo;incompréhension face à la banalisation et la libération de la parole raciste dans un pays pour lequel leurs ancêtres ont versé leur sang.</p>
<p>Faisant preuve de promptitude, le Club des avocats du Maroc a pris les devants et décidé de porter plainte pour «diffamation raciale» auprès du procureur de la République française contre le professeur Jean-Paul Mira, chef du service de réanimation à l&rsquo;hôpital Cochin de Paris, dont l&rsquo;idée d&rsquo;expérimenter le vaccin sur les Africains a été soutenue par son interlocuteur Camille Locht, directeur de recherche à l&rsquo;Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).</p>
<p>Advienne que pourra, le présent incident doit interpeller tous les Africains sur l&rsquo;impératif de revoir en profondeur leurs rapports au reste du monde et à repenser sérieusement leur avenir commun.</p>
<p>Pour qu&rsquo;un jour, le professeur Mira, dont le pays évacue ses malades vers l&rsquo;Allemagne et manque terriblement de masques, fasse tourner sa langue mille fois avant d&rsquo;évoquer un contient qui a recouvré sa liberté au prix de grands sacrifices.</p>
<p>L&rsquo;Afrique n&rsquo;a plus droit à l&rsquo;erreur et doit se pencher, comme les autres et dès à présent, sur la préparation de l&rsquo;après pandémie, qui ne doit se construire qu&rsquo;à travers plus d&rsquo;intégration et la mise en œuvre effective du principe de la « préférence continentale ».</p>
<p>Jamal CHIBLI-MAP</p>
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