<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>saharouis séquestrés &#8211; Le collimateur</title>
	<atom:link href="https://lecollimateur.ma/tag/saharouis-sequestres/feed" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://lecollimateur.ma</link>
	<description>Le goût de la vérité n&#039;empêche pas la prise de parti</description>
	<lastBuildDate>Mon, 02 Nov 2026 09:49:00 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=7.1.4</generator>

<image>
	<url>https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2022/11/cropped-logo-32x32.png</url>
	<title>saharouis séquestrés &#8211; Le collimateur</title>
	<link>https://lecollimateur.ma</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>Tindouf, cinquante ans de provisoire : psychopathologie d&#8217;une compassion armée</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/221439</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 02 Nov 2026 09:49:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[NOS CHRONIQUEURS]]></category>
		<category><![CDATA[POLITOSCOPE]]></category>
		<category><![CDATA[algérie]]></category>
		<category><![CDATA[saharouis séquestrés]]></category>
		<category><![CDATA[tindouf]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://lecollimateur.ma/?p=221439</guid>

					<description><![CDATA[Par : Hedi KENDIRE  Depuis l&#8217;hiver 1976, la hamada de Tindouf, ce plateau de pierre où les caravanes ne s&#8217;attardaient jamais, abrite une population dont le temps a cessé de s&#8217;écouler pour se sédimenter, couche après couche, comme le sable contre les murs de parpaing qui ont remplacé les tentes de la première heure. Trois &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par : Hedi KENDIRE </strong></p>
<p><strong>Depuis l&rsquo;hiver 1976, la hamada de Tindouf, ce plateau de pierre où les caravanes ne s&rsquo;attardaient jamais, abrite une population dont le temps a cessé de s&rsquo;écouler pour se sédimenter, couche après couche, comme le sable contre les murs de parpaing qui ont remplacé les tentes de la première heure. Trois générations y ont vu le jour, et l&rsquo;on y enterre aujourd&rsquo;hui des vieillards qui étaient enfants lorsqu&rsquo;on leur promit un retour imminent, de sorte que le provisoire, à force d&rsquo;être reconduit, a acquis la solidité du définitif sans en recevoir les attributs : un état civil, un droit, une adresse.</strong></p>
<p><strong>Les corps tiennent la comptabilité que les chancelleries négligent. Près d&rsquo;un enfant sur trois accuse un retard de croissance, plus de 13 % des moins de cinq ans souffrent de malnutrition aiguë, et l&rsquo;anémie gagne les deux tiers des enfants comme des femmes en âge de procréer ; la sécheresse de ces chiffres dissimule mal ce qu&rsquo;ils désignent, des organismes qui grandiront moins, des intelligences amputées dès le berceau d&rsquo;une part de leurs possibles, des destins raccourcis par une décision prise ailleurs, par d&rsquo;autres, et renouvelée chaque année avec la régularité d&rsquo;une liturgie.</strong></p>
<p><strong>Agamben voyait dans le camp l&rsquo;espace où l&rsquo;exception se mue en règle et où l&rsquo;homme, dépouillé de sa qualité de sujet de droit, se trouve réduit à la « vie nue ». La formule s&rsquo;applique à Tindouf avec une exactitude troublante. Alger, qui revendique devant toutes les tribunes la tutelle morale de cette population, a pris soin de ne pas exercer sur elle sa propre juridiction, abandonnée de fait aux séparatistes, délégation que le Comité des droits de l&rsquo;homme des Nations unies a relevée sans détour. Jamais recensée en dépit des injonctions répétées du Conseil de sécurité, cantonnée dans une zone militaire où chaque déplacement se négocie et où la tentation du départ s&rsquo;instruit comme une trahison, elle demeure soustraite à toute comptabilité, et par là même à toute responsabilité.</strong></p>
<p><strong>Le vertige naît du contraste avec ce qui se joue de l&rsquo;autre côté de la frontière. L&rsquo;immense majorité des Sahraouis vit chez elle, au Maroc, dans des villes qui se sont élevées là où l&rsquo;on annonçait le désert politique, et Hassan II, avec une constance que l&rsquo;histoire retiendra, n&rsquo;a cessé d&rsquo;inviter les autres au retour par cette parole où la souveraineté se fait pardon : « إن الوطن غفور رحيم », la patrie est clémente et miséricordieuse. Qu&rsquo;au nom de l&rsquo;autodétermination on prive des femmes et des hommes de la plus élémentaire des déterminations, choisir le lieu de sa vie et rejoindre les siens, relève d&rsquo;une inversion morale dont la diplomatie algérienne s&rsquo;accommode depuis un demi-siècle sans paraître en percevoir l&rsquo;obscénité.</strong></p>
<p><strong>L&rsquo;argument stratégique, qu&rsquo;on l&rsquo;appelle levier diplomatique ou commerce humanitaire, rend compte de la naissance du dispositif et échoue à expliquer sa survie. Une politique qui manque ses objectifs pendant cinquante ans se réforme ou s&rsquo;abandonne, à moins d&rsquo;avoir quitté l&rsquo;ordre du calcul pour celui de la compulsion. Freud nommait « narcissisme des petites différences » l&rsquo;animosité réservée au voisin presque semblable ; Girard en a dévoilé le ressort mimétique, lorsque l&rsquo;autre devient tout ensemble modèle et obstacle, miroir où se lit, avec une netteté insupportable, ce que l&rsquo;on a manqué de devenir. Le Maroc occupe cette place dans l&rsquo;imaginaire de l&rsquo;état-major algérien : un royaume sans hydrocarbures qui a bâti des ports, tracé des autoroutes et tissé une diplomatie africaine, pendant que la rente dilapidée laissait à une jeunesse lasse la Méditerranée pour seul horizon. Chaque réussite du voisin résonne dès lors comme un réquisitoire qu&rsquo;il faut retourner en accusation, la drogue, les incendies, les troubles, jusqu&rsquo;aux échecs dont on refuse d&rsquo;assumer la paternité, selon ce mécanisme de projection qui soulage l&rsquo;accusateur en lui interdisant de jamais se soigner.</strong></p>
<p><strong>La même économie psychique gouverne la hamada. L&rsquo;habitant des camps y devient pièce à conviction, figurant que l&rsquo;on exhibe aux délégations de passage et que l&rsquo;on fait taire lorsque viennent les enquêteurs. Levinas fondait l&rsquo;éthique sur le visage d&rsquo;autrui, sur cette nudité qui oblige avant tout raisonnement ; le système de Tindouf repose sur son effacement méthodique, car il faut avoir cessé de voir l&rsquo;enfant anémique pour le verser au dossier d&rsquo;une querelle, et la déshumanisation du vulnérable apparaît ainsi comme le préalable qui rend la haine praticable.</strong></p>
<p><strong>Le calcul, pourtant, se retourne contre son auteur. En adossant son récit national à la captivité d&rsquo;une population, le régime algérien a hypothéqué son honneur et la pérennité même de son système, enchaîné au sort d&rsquo;un camp comme un navire à l&rsquo;ancre qui l&#8217;empêche de prendre le large. Démanteler ce dispositif reviendrait à admettre que la blessure narcissique ne se guérit pas par la souffrance d&rsquo;autrui ; le maintenir condamne Alger à porter le poids d&rsquo;une contradiction que chaque rapport onusien rend plus visible.</strong></p>
<p><strong>Ce qui est dû à ces femmes, à ces hommes et à ces enfants tient en peu de mots : être comptés, protégés, libres de rentrer dans une patrie dont la porte, depuis l&rsquo;appel de Hassan II, n&rsquo;a jamais été refermée. Sur la hamada, des enfants grandissent moins qu&rsquo;ils ne le devraient, et leur croissance entravée compose, mieux que tout discours, l&rsquo;acte d&rsquo;accusation qu&rsquo;aucune tribune algérienne ne parviendra à couvrir.</strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
