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	<title>Prisonniers de guerre marocains &#8211; Le collimateur</title>
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	<description>Le goût de la vérité n&#039;empêche pas la prise de parti</description>
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	<title>Prisonniers de guerre marocains &#8211; Le collimateur</title>
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	<item>
		<title>Goulag de Tindouf: Une autre évasion spectaculaire de six prisonniers marocains déportés par le polisario en terre mauritanienne (Par Ali NAJAB, ex-pilote de chasse)</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/87056</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 14 Jul 2022 09:42:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[SÉCURITÉ & DÉFENSE]]></category>
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		<category><![CDATA[Prisonniers de guerre marocains]]></category>
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					<description><![CDATA[Dans ce nouvel épisode de cette série, Ali Najab, ex-pilote de chasse, évoque l’évasion pour la première fois depuis le territoire mauritanien de six prisonniers de guerre marocains. Une évasion épique… Certains prisonniers de guerre marocains avaient été effectivement emmenés à Oum Chiat à peu près 150 km à l’Est de Zouirat au nord de &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1"><b>Dans ce nouvel épisode de cette série, Ali Najab, ex-pilote de chasse, évoque l’évasion pour la première fois depuis le territoire mauritanien de six prisonniers de guerre marocains. Une évasion épique… </b></span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Certains prisonniers de guerre marocains avaient été effectivement emmenés à Oum Chiat à peu près 150 km à l’Est de Zouirat au nord de la Mauritanie.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Oum Chiat était l’endroit où se trouvait le plus grand cheptel de chameaux (1500 têtes environ) qui fut mis à la disposition de deux chefs Brahim Ghali et Mohammed Ould Lbouhali soi-disant ministres de la défense du polisario, fonction qu’ils avaient occupée l’un après l’autre.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Les prisonniers de guerre marocains étaient emmenés à Oum Chiat pour creuser des puits et tirer l’eau pour le cheptel. Il y avait aussi des troupeaux de chèvres.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">En 1993, six prisonniers marocains étaient emmenés de Tindouf à Oum Chiat. </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Leurs noms: Sergent Arzou Kaddour de Taza (dit Kouider) ; Rabei Lahcen de Séfrou ; Bennouna Mohammed de la région de Taza ; Jaafar Mohammed ; Hassan Tanji et Hassan Chrif. Ces braves militaires travaillaient sous les yeux vigilants de six gardiens militaires du polisario.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Ce jour du 25 mai 1993, les gardes leur avaient donné un travail à la tâche qui consistait à faire des briques (200 chacun). Une fois ce travail terminé, ils rejoignirent leur lieu d’habitation, une cave couverte. Après le petit déjeuner, le sergent Kouider sortit faire un état des lieux: il s’assura que le véhicule, un Mercédès type Unimog, était bien à sa place habituelle. Il passa à côté, pour vérifier discrètement que les deux kalachnikovs étaient toujours derrière le siège du conducteur. Il revint chez ses camarades. Sergent Arzou Kaddour dit Kouider raconte:</span></p>
<p class="p5"><span class="s1"><i>«Je rassurai mes cinq camarades que c’était le moment de partir ou jamais. Sitôt sortis de la cave, nous fonçâmes sur le véhicule pour nous emparer des deux fusils</i>. <i>Ensuite, nous surprimes les gardes dans leur chambre. Nous les fouillâmes et ligotâmes. Nous les fîmes monter tous les six dans le véhicule. Après cette opération, je chargeai l’un de mes camarades de faire le plein du véhicule. Un autre se chargea de ramener un bidon de 200 litres plein d’eau. Un troisième nous procura 20 litres de lait de chamelle en bidons de 5 litres. Nous ramassâmes tout ce que les gardes avaient en leur possession en date, thé et sucre.</i></span></p>
<p class="p5"><span class="s1"><i>Nous primes le départ à 16 heures 30. Cet horaire fut choisi de telle manière que si d’autres devaient être au courant de notre évasion et nous suivre, ils ne le feraient qu’à la tombée de la nuit et par conséquent la poursuite leur serait très difficile.</i></span></p>
<p class="p5"><span class="s1"><i>Nous roulâmes toute la nuit à une vitesse modérée car l’Unimog est un véhicule qui possède un châssis haut et par expérience facile à se renverser à de fortes vitesses.</i></span></p>
<p class="p5"><span class="s1"><i>Le lendemain, nous roulions toute la matinée et à midi nous traversâmes la ligne de chemin de fer reliant Nouadhibou à Zouerate. Nous décidâmes de laisser les 6 gardiens à cet endroit là au point 60 km de Zouerate pour leur donner une chance d’être sauvés au passage du train. Avant de les quitter, nous leur proposâmes de rentrer au Maroc avec nous. Ils s’excusèrent justifiant leur choix par le fait qu’eux aussi avaient leurs familles aux camps à Tindouf et sans eux leurs enfants et leurs épouses seraient sans ressources et connaitraient beaucoup de difficultés pour vivre. Nous n’y trouvâmes rien à dire. Mais avant de les quitter, nous leur avions laissé suffisamment d’eau, du lait, du thé, du sucre et des dattes. Nous déviâmes notre route vers le nord Ouest. Nous étions donc hors du territoire mauritanien et venions d’entrer au Sahara. Mais nous étions toujours en zone d’insécurité totale parce que nous étions dans une zone tampon laissée au polisario par le Maroc au moment du cessez-le-feu. Nous avions roulé tout l’après-midi en nous faufilant à travers les acacias pour ne pas soulever de poussière derrière nous pour éviter de nous faire repérer. Avant la tombée de la nuit, nous essayâmes de nous repérer. Nous primes la direction nord ouest que nous avions estimée facilement avec le coucher de soleil. Nous avions roulé quelques heures la nuit tout en étant vigilants. A minuit nous poussâmes un grand Ouf !!Nous étions devant les barbelais du mur de défense. Malheureusement notre véhicule sauta sur une mine à l’entrée du mur. Notre camarade Rabei Lahcen eut une fracture à la jambe. Jaafar et moi étions légèrement blessés. Nous fumes accueillis par le 3ème bataillon du 4ème RIM puis reçus par le colonel Sahli, commandant le régiment. Nous fumes évacués sur l’hôpital militaire de Dakhla où nous avions passé 7 jours. De là Rabei fut évacué directement sur l’hôpital militaire Mohammed V à Rabat. Moi et mes autres camarades fumes conduits à l’état-major zone sud. On nous donna 5.000 dh chacun et 45 jours de permission».</i></span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Arzou Kaddour et Rabei Lahcen étaient des caporaux le jour de l’évasion. Ils furent promus au grade de sergent. Les autres étaient de simples soldats, ils furent promus au grade de caporal chef. Nous fumes maintenus dans l’armée. En 2003, trois d’entre nous furent mis à la retraite : moi avec le grade de sergent chef, Bennouna Mohammed avec le grade de sergent et Jaafar Mohammed avec le grade de caporal chef. Les autres n’avaient pas encore atteint l’âge de la retraite ; ils furent maintenus dans l’armée.</span></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>GOULAG DE TINDOUF: ÉVASION DE DEUX SOLDATS MAROCAINS: UNE VRAIE ÉPOPÉE (PAR ALI NAJAB, EX-PILOTE DE CHASSE)</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/86869</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 Jul 2022 09:57:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[SÉCURITÉ & DÉFENSE]]></category>
		<category><![CDATA[évasions]]></category>
		<category><![CDATA[Prisonniers de guerre marocains]]></category>
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					<description><![CDATA[Dans ce nouvel épisode du livre « 25 ans dans les geôles de Tindouf: mes mémoires d’un prisonnier de guerre », Ali Najab, ex-pilote de chasse, raconte l’évasion réussie de deux soldats des FAR. Une vraie épopée…    Ben Kazza et K’Hila travaillaient en 1995 à Mhiriz à l’Est de Tifariti. Le polisario les avait ramenés de &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1"><b>Dans ce nouvel épisode du livre « 25 ans dans les geôles de Tindouf: mes mémoires d’un prisonnier de guerre », Ali Najab, ex-pilote de chasse, raconte l’évasion réussie de deux soldats des FAR. Une vraie épopée…<span class="Apple-converted-space">  </span> </b></span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Ben Kazza et K’Hila travaillaient en 1995 à Mhiriz à l’Est de Tifariti. Le polisario les avait ramenés de Tindouf au Sahara pour travailler dans des travaux de construction juste après le cessez-le-feu. A titre de rappel, le polisario voulait installer ses forces en grande pompe à Tifariti et à Mhiriz pour mettre le Maroc devant le fait accompli le jour de la signature du cessez-le-feu. On se rappelle de la sortie 48 heures avant des unités des forces armées royales qui avaient tout balayé autour de Tifariti et forcé le polisario à quitter les lieux. Une fois la paix signée, le polisario avait ramené à Tindouf l’ensemble des prisonniers de guerre marocains qu’il avait momentanément déplacés au Sahara. Mais il en avait gardé quelques-uns pour les travaux de servitude dont K’Hila qui faisait cuisinier du chef de région et Ben Kazza simple manœuvre.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Ces deux prisonniers que je rencontrais souvent au centre du 9 juin m’avait laissé une bonne impression de par leur force de caractère. Une fois à Mhiriz, ils se voyaient régulièrement. Ils travaillaient à 3 km l’un de l’autre. Mais ils avaient obtenu de leurs gardiens l’autorisation de se rendre visite mutuellement prétextant qu’il leur était insupportable de vivre tout le temps isolés l’un de l’autre. Ils devaient néanmoins chacun demander l’autorisation du chef de poste avant de sortir. Ils pratiquèrent cette tactique durant une année. Ils avaient donc eu le temps d’acquérir la confiance de leurs gardiens en s’absentant l’un ou l’autre de 13 heures à 17 heures.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Ils prirent la décision de s’évader le mois de septembre 1995. Chacun devait quitter son lieu de travail à 13 heures avec autorisation comme à l’accoutumée et de se retrouver à un endroit qu’ils avaient fixé d’avance. Le 20 septembre ils prirent le départ à 13 heures, heure où tout le monde faisait la sieste.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Dès le départ ils accélérèrent la marche pour se trouver loin à la tombée de la nuit. Il faisait nuit noir quand soudain ils virent au loin des lumières de voitures derrière eux. Ils n’eurent le moindre doute qu’il s’agissait du polisario qui était à leurs trousses. Ils se terrèrent le temps de laisser les lumières passer devant. Ils estimèrent les véhicules du polisario à trois. Ils reprirent leur marche parallèlement au déplacement des véhicules pour les avoir toujours à l’œil. J’ai été à la rencontre de Ben Kazza qui raconte:</span></p>
<p class="p5"><span class="s1"><i>«A minuit les lumières avaient disparu de notre vision. Nous décidâmes alors de nous séparer de peur d’être repris les deux par l’ennemi. Au petit matin de la journée du 21 septembre je faillis me trouver face à face avec une patrouille ennemie. Je décidai de me terrer, le terrain s’y prêtait d’autant plus que je venais d’atteindre les mouvements de terrain accidenté de Rghioua. J’avais passé cette journée à observer le relief et les environs pour déterminer la direction à prendre une fois la nuit tombée.</i></span></p>
<p class="p5"><span class="s1"><i>Au crépuscule je repris ma marche dans la direction du coucher de soleil. Smara en effet se trouvait à l’ouest. J’étais donc sûr en allant à l’ouest, j’allais tomber sur notre mur de défense. J’avais marché toute la nuit. A 3 heures et demie, je franchis le mur de défense.<span class="Apple-converted-space">  </span>Quelle fut ma joie au moment où je fus récupéré par des éléments du 6ième bataillon parachutiste !!! ».</i></span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Après avoir raconté son épopée aux gendarmes, Ben Kazza fut transféré à Smara où il retrouva avec une immense joie son camarade de fortune K’Hila qui était, lui, recueilli par une autre unité sur le mur. Les deux furent transférés à Agadir à l’état major de la zone sud. Ben Kazza termina son récit sur ceci :</span></p>
<p class="p5"><span class="s1"><i>« Après l’enquête, on nous avait donné 5.000 dh chacun et 45 jours de permission. J’étais simple soldat, je fus promu au grade de caporal. Mon ami K’Hila était caporal, il fut promu au grade de caporal- chef ».</i></span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Les deux furent maintenus dans l’armée jusqu’en 2005 date à laquelle ils furent mis à la retraite avec le grade de caporal chef. Autrement dit : en 25 années de carrière dont 15 ans en captivité, une évasion héroïque et 10 ans de service après l’évasion, ils n’ont été promus que de deux grades ! </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">À<i> méditer…</i></span></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>LES ÉVADÉS DU GOULAG DE TINDOUF: ABDELAZIZ BRIOUL, UN BRAVE SOLDAT MALCHANCEUX (PAR ALI NAJAB, EX-PILOTE DE CHASSE)</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/86805</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 Jul 2022 08:02:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[SÉCURITÉ & DÉFENSE]]></category>
		<category><![CDATA[Prisonniers de guerre marocains]]></category>
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					<description><![CDATA[Lecollimateur.ma reprend la publication des récits d’évasions de prisonniers de guerre marocains du goulag de Tindouf, extraits du livre: « 25 ans dans les geôles de Tindouf: mes mémoires d’un prisonnier de guerre » de M. Ali Najab, ex-pilote de chasse. Aujourd&#8217;hui, le cas d&#8217;un brave soldat malchanceux: Abdelaziz Brioul. Ce brave soldat est l’aîné d’une famille &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1"><b>Lecollimateur.ma reprend la publication des récits d’évasions de prisonniers de guerre marocains du goulag de Tindouf, extraits du livre: « <em>25 ans dans les geôles de Tindouf: mes mémoires d’un prisonnier de guerre » de M. Ali Najab, ex-pilote de chasse. Aujourd&rsquo;hui, le cas d&rsquo;u</em></b></span><em><span class="s1"><b>n brave soldat malchanceux: </b></span><span class="s1"><b>Abdelaziz Brioul.</b></span></em></p>
<p class="p3"><span class="s1">Ce brave soldat est l’aîné d’une famille de sept enfants. Un amazigh pur et dur de la ville d’Azrou. </span><span class="s1">Il avait déjà pris part à deux tentatives d’évasion. Malheureusement, dans les deux cas, la chance ne lui avait jamais souri. Dans la première tentative, il fut éloigné du centre dit poste six d’où étaient partis ses camarades alors qu’il avait tout préparé avec eux. (voir l’évasion de Jerjoub).</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">La deuxième tentative fut organisée en 1992 avec un groupe de huit prisonniers (voir l’évasion de Salim Moha)</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">La troisième tentative plus dramatique fut organisée en juin 1998 avec deux de ses camarades: Kabba Hamid et Ouchabou Hammou.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Kabba travaillait comme mécanicien dans un garage à l’école dite 9 juin. Ouchabou comme cuisinier à l’école même. Brioul, lui, travaillait comme mécanicien à la base arrière de l’une des régions militaires située à une quinzaine de kilomètres de l’école. Brioul raconte:</span></p>
<p class="p4"><span class="s2">« </span><span class="s1"><i>En 1998, je surpris un jour un des gardiens en train de voler des munitions légères qu’il revendait à des passeurs vers le Mali et la Mauritanie. Dans un premier temps je le sommai de partager le butin. Il s’exécuta sans discussion. Ensuite, je lui proposai de nous emmener moi et mes deux camarades jusqu’au mur de défense marocain. Après un moment de réflexion, il accepta le principe. Mais il exigea de nous de lui procurer un véhicule. Il avait l’habitude de se rendre à l’école. Je lui avais demandé de m’emmener avec lui. J’avais donc pu au cours de cette visite, contacter mes camarades Kabba et Ouchabou.<span class="Apple-converted-space">  </span>Ils m’avouèrent qu’eux aussi s’apprêtaient à s’évader. Ils m’avouèrent pouvoir disposer d’une somme d’argent de 26.000 dinars algériens qu’un responsable polisarien leur avait laissée croyant qu’elle serait en sécurité chez un prisonnier qu’ailleurs.</i></span></p>
<p class="p4"><span class="s1"><i> Nous proposâmes à notre « ami » sahraoui de lui acheter une land rover qu’il garderait dès que nous serions arrivés au mur. Il accepta. Mais au lieu de nous accompagner lui-même, il nous confia à son frère et à son cousin.</i></span></p>
<p class="p4"><span class="s1"><i> Nous quittâmes l’école du 9 juin à midi où tout le monde était occupé par la distribution des repas aux élèves. Vers 17 heures nous vîmes un poste plein de soldats. Les sahraouis qui nous accompagnaient étaient sûrs que c’était le mur de défense. Personnellement j’ y mis un doute. Ils nous déposèrent et rebroussèrent chemin vers l’école. Je suggérai à mes deux camarades d’attendre d’être sûr qu’il ne s’agissait pas d’un poste algérien. Tout à coup un land rover fonça sur nous… ce poste était bel et bien algérien. Nous fumes ligotés et mis dans une chambre pleine de produits antiacridiens. Le lendemain matin, un capitaine de l’armée algérienne arriva avec des soldats armés de kalachnikovs baïonnette au canon.. Tout une armada pour trois prisonniers de guerre !! On nous ramena à la caserne de Tindouf où nous fumes immédiatement remis à la gendarmerie. Nous subîmes un interrogatoire musclé durant trois jours. Dès qu’ils nous sortaient de l’enceinte de l’interrogatoire, nous étions immédiatement ligotés de nouveau et mis dans des cellules individuelles. Au bout de trois jours, nous fumes remis aux services de sécurité du polisario ».</i></span></p>
<p class="p4"><span class="s1">Les sévices que subirent par la suite ces trois prisonniers suite à cette évasion manquée avaient débouché sur un drame (voir chapitre des décès de prisonniers marocains sous la torture: cas de Kabba Hamid et Ouchabou Hammou). Brioul Abdelaziz, quant à lui, sera torturé lui aussi et sauvé in extrémis d’une mort certaine.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Je suis allé à sa rencontre pour lui demander la précision suivante: Comment se fait-il qu’ils étaient toujours en territoire algérien alors qu’ils avaient roulé de midi à 17 heures (5 heures). A 50 km/h ils avaient déjà parcouru 250 km.Or le mur est à 120 km de Tindouf !! Il m’avoua que les sahraouis avaient fait tout un détour pour soi-disant éviter les ceintures algériennes.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Nous apprîmes par la suite que les trois sahraouis furent condamnés à 7 ans de prison dont 3 en cellule.</span></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>GOULAG DE TINDOUF: UNE AUTRE FABULEUSE ÉVASION DE PRISONNIERS DE GUERRE MAROCAINS (PAR ALI NAJAB, EX-PILOTE DE CHASSE)</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/86648</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 09 Jul 2022 10:21:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[SÉCURITÉ & DÉFENSE]]></category>
		<category><![CDATA[évasions]]></category>
		<category><![CDATA[Prisonniers de guerre marocains]]></category>
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					<description><![CDATA[Les récits d’évasion de prisonniers de guerre marocains du goulag tindoufien se poursuivent à travers les colonnes de lecollimateur.ma. Aujourd’hui, l’ex-pilote de chasse, Ali Najab, restitue la saga de 12 vaillants soldats qui ont réussi leur plan d&#8217;évasion. Un vrai coup de maître&#8230;   Une autre évasion spectaculaire (ses auteurs 12 soldats): Ils étaient 13 soldats &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1"><b>Les récits d’évasion de prisonniers de guerre marocains du goulag tindoufien se poursuivent à travers les colonnes de lecollimateur.ma. Aujourd’hui, l’ex-pilote de chasse, Ali Najab, restitue la saga de 12 vaillants soldats qui ont réussi leur plan d&rsquo;évasion. Un vrai coup de maître&#8230;  </b></span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>Une autre évasion spectaculaire (ses auteurs 12 soldats):</b></span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Ils étaient 13 soldats prisonniers de guerre marocains d’origine sahraouie à travailler dans une «K<i>oucha»</i> (sorte de four) où ils fabriquaient de la chaux. Leurs noms: Loujaj M’Barek (mokhazni), Ouadad Smail (mokhazni), Mohammed Ali Nouieb, Lamri Mohammed Salem, El Abed Bella ould Laaroussi, El Fels Lhoucine, El Haddaf Omar, Daday Bou Amoud, Mohamed ould Lfatar, Bou Tasbih Mae el anine, Omar ould Chine. En dehors des deux mokhaznis et un civil, les autres, des soldats des </span><span class="s2">FAR.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Ils étaient gardés et surveillés par six gardes de la milice du polisario.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Loujaj M’Barek raconte: </span></p>
<p class="p5"><span class="s3">« Nous</span><span class="s1"><i> avions planifié de nous évader ensemble une année à l’avance. Mais seuls six d’entre nous furent mis au courant par précaution. Nous avions mis à profit cette période d’attente pour observer les gardes. Nous avions remarqué que ceux-ci avaient comme habitude à l’aube de toujours prendre le thé ensemble en bas de la guérite où une sentinelle tenait la garde. Nous avions également constaté que cette sentinelle armée d’une kalachnikov descendait l’arme en bandoulière pour prendre son verre de thé quand ses camarades l’appelaient. Nous connaissions la région sur des kilomètres à la ronde. Nous allions souvent à un endroit boisé situé à 80 km au nord ouest de Tindouf d’où nous allions ramener du bois pour chauffer les fours de chaux. Un jour je me fis très mal suite à une chute d’un acacia. Le polisario me ramena au centre principal des prisonniers pour me soigner. Inutile de dire quelle fut ma tristesse de me voir abandonner mes camarades ».</i></span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Ils étaient donc restés douze. Je suis parti à la rencontre de Smail Ouadad (tribu azouafit). Je préfère vous fournir son propre récit:</span></p>
<p class="p5"><span class="s1"><i>« </i></span><span class="s3">Le</span><span class="s1"><i> 16 décembre 1983 les gardiens n’étaient que quatre. Deux étaient partis en permissions. Nous avions attendu que la sentinelle fut descendue de la guérite pour lui sauter dessus et la désarmer. Nous décidâmes de ligoter les quatre gardiens pendant que l’un de nous veillait au grain l’arme à la main (celle que nous avions enlevée à la sentinelle). Immédiatement après nous nous emparâmes de tous les kalachnikov qui étaient dans le râtelier (5 au total) et de 570 cartouches que nous distribuâmes aux camarades armés de fusils. Nous avions eu l’idée de monter la garde pour simuler la garde du polisario. Pour cela il fallait nous habiller en treillis que nous avions pris aux gardiens et nous leur avions donné les vêtements que nous portions.</i></span></p>
<p class="p5"><span class="s1"><i> Le véhicule qui avait l’habitude de nous rendre visite tous les jours tardait à venir et nous étions restés à l’attendre pendant quatre jours. Il y avait toujours un parmi nous debout dans la guérite pour annoncer son arrivée éventuelle.</i></span></p>
<p class="p5"><span class="s1"><i> Nous permettions néanmoins aux gardes de faire leurs prières et leurs besoins mais l’un après l’autre sous surveillance de l’un de nous armé d’un fusil baïonnette au canon. Nous les faisions manger aussi. Ces quatre jours furent très pénibles pour nous. Nous étions sous le stress parce que tout était imprévisible dans une situation pareille.</i></span></p>
<p class="p5"><span class="s1"><i>Le quatrième jour, c’était le 20 décembre 1983, une land rover arriva dare dare avec deux hommes à bord: le chauffeur et un administrateur. Tous les deux non armés. Ils furent surpris d’être reçus par des prisonniers armés. Sans tarder, ils furent ligotés comme les autres. Nous primes les dossiers qu’ils avaient apportés avec eux: dossiers des quatre gardiens retraités de l’armée espagnole à mettre à jour.</i></span></p>
<p class="p5"><span class="s1"><i>Il était quatre heures de l’après-midi. Nous primes la land rover dont notre chauffeur vérifia le plein d’essence. Le chef de poste possédait dans son tiroir des titres de permission vierges mais déjà signés par l’administration centrale. Nous décidâmes de prendre avec nous le chef de poste nommé Dich et un autre auxquels on fit remplir des titres de permission en cas de contrôle par les algériens. Il fallait donc simuler comme si ces deux polisariens nous accompagnaient pour aller chercher du bois comme d’habitude. Il ne fallait donc pas les garder ligotés. Plus que ça, nous avions pensé à donner un kalachnikov à l’un d’eux avec un chargeur vide bien sûr et nous les avions mis en garde qu’en cas de rencontre avec les algériens ils avaient intérêt à ne pas nous vendre sinon c’était leur fin. </i></span></p>
<p class="p5"><span class="s1"><i> Nous primes la route dans la direction de l’endroit d’où nous avions l’habitude de ramener du bois situé au nord Est de Tindouf.<span class="Apple-converted-space">  </span>C’était un repaire sûr que nous connaissions pour ne pas perdre de temps en cours de route. On roulait suffisamment vite. Au moment de traverser la route Tindouf-Bechar, nous rencontrâmes un truck venant sur notre droite. Nous poursuivîmes notre route très naturellement. Un peu plus loin, nous vîmes une unité algérienne sur notre droite. Nous poursuivîmes notre route sans changer de direction pour ne pas attirer les regards sur nous. Mais nous étions prêts à toute éventualité même engager le combat fût-il suicidaire. Tout se passa bien. Il commençait à faire nuit. La navigation devenait difficile. Il fallait maintenir la même direction pour être sûr d’arriver à la frontière algéro-marocaine. Nous roulâmes toute la nuit. Soudain nous nous trouvions face à une chaine de reliefs (crabs) impossible à franchir en jeep. Nous décidâmes d’abandonner la land rover sur place et de continuer à pied. Il faisait toujours nuit. Pour nous orienter nous faisions appel à notre instinct sans plus. Mais nous étions sûrs que nous nous dirigions toujours vers le nord. Au lever du jour nous constatâmes que nous avions déjà franchi la frontière et que nous avions laissé un poste frontière marocain derrière nous. Nous vîmes des soldats nous faire signe. Mais avant de les rejoindre, j’avais envoyé un d’entre nous s’assurer qu’il s’agit bien des nôtres. J’avais pris les précautions de lui demander de revenir vers nous et tout seul pour éviter toute méprise. Ce qu’il fit.<span class="Apple-converted-space">  </span>C’était le poste dit Ghazouia entre Foum Laachar et Tafagount .Nous fumes très bien reçus et avec beaucoup d’égards par un colonel nommé Ziani et un capitaine venus à notre rencontre en fin de matinée. </i></span></p>
<p class="p5"><span class="s1"><i> En arrivant à Agadir, nous fumes reçus par le général commandant la zone sud. Après 18 jours d’enquête, on nous accorda 45 jours de permission avec une somme d’argent. Moi je reçus 5.000 dh et mes camarades 2.500 dh chacun. Je fus promu au grade sergent en janvier 1984. Mes camarades deux ans après au grade de caporal chef. Je fus mis à la retraite en 2006 avec le grade d’adjudant».</i></span></p>
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		<title>PRISONNIERS DE GUERRE MAROCAINS ÉVADÉS DU GOULAG DE TINDOUF: CAS DE DEUX OFFICIERS INTRÉPIDES MAIS MALCHANCEUX (PAR ALI NAJAB, EX-PILOTE DE CHASSE)</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/86370</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 06 Jul 2022 08:26:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[SÉCURITÉ & DÉFENSE]]></category>
		<category><![CDATA[évasions]]></category>
		<category><![CDATA[Prisonniers de guerre marocains]]></category>
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					<description><![CDATA[Dans cette troisième partie de la saga des prisonniers de guerre marocains évadés du goulag de Tindouf, l’ex-pilote de chasse Ali Najab, auteur du livre « 25 ans dans les geôles de Tindouf: mes mémoires d’un prisonnier de guerre », évoque le cas de deux Lieutenants (deux officiers intrépides mais malchanceux). Récit.   « Même s’ils étaient très &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><strong><span class="s1">Dans cette troisième partie de la saga des prisonniers de guerre marocains évadés du goulag de Tindouf, l’ex-pilote de chasse Ali Najab, auteur du livre « 25 ans dans les geôles de Tindouf: mes mémoires d’un prisonnier de guerre », évoque le cas de deux Lieutenants (deux officiers intrépides mais malchanceux). Récit. <span class="Apple-converted-space">  </span></span></strong></p>
<p class="p1"><span class="s1">« Même s’ils étaient très surveillés, les officiers n’étaient pas en reste pour ce qui était des évasions. </span><span class="s1">Deux Lieutenants Rahmouni Mohammadi du groupe blindé et Salah Mouharrir, un fantassin, avaient tenté de s’évader en 1982. Comme je n’étais pas au centre des officiers ce jour-là, pour des raisons que je vais mentionner ailleurs, je suis allé à la rencontre du Lieutenant Rahmouni pour me parler de leur évasion. Dans son récit, il dit n’en avoir jamais soufflé mot à personne.<span class="Apple-converted-space">  </span>Mais je lui rappelle cependant qu’une année avant, il m’en avait parlé dans ces termes:<i> « Je vais partir, as-tu quelque chose à dire à ta famille ? ». </i>Franchement, je n’ai pas le souvenir de ce que je lui avais dit. J’avais tout oublié sur place. Peut-être je ne lui avais rien dit du tout.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1"> Comme je me suis promis que ce livre ne sera pas mon livre tout seul, mais une tribune pour mes camardes d’infortune pour raconter des moments de leur captivité qui les ont le plus marqués, je laisse Lieutenant Rahmouni raconter son histoire:</span></p>
<p class="p4"><span class="s1">« <i>L’idée de chercher à se libérer des geôles de Tindouf</i> <i>imprégnait tous les Marocains prisonniers de guerre entre les mains du polisario. Les conditions d’incarcération étaient tellement inhumaines que penser même à s’évader, relevait de l’irréalisme.</i></span></p>
<p class="p4"><span class="s1"><i> A l’arrivée parmi nous du Lt.<span class="Apple-converted-space">  </span>Mohrir Salah, un camarade de promotion à l’Académie Royale Militaire et un compagnon d’arme en zone sud, l’idée d’organiser une évasion pour sortir de cet enfer commençait à prendre forme dans notre esprit tous les deux.</i></span></p>
<p class="p4"><span class="s1"><i> Tous les deux ou trois moi, le groupe d’officiers que nous formions, étaient soumis à des campagnes de travaux forcés, ce qui perturbait chaque fois notre projet.</i></span></p>
<p class="p4"><span class="s1"><i>Au début de 1982, il avait eu un moment de répit. Moi et Lt. Mohrir avions mis à profit ce répit pour préparer le départ. La provision était simple: du pain concassé mélangé avec du sucre et mis dans un sac en boudin et un bidon d’eau qu’on devait porter en bandoulière. Personne n’avait été mis au courant par crainte de représailles post-évasion.</i></span></p>
<p class="p4"><span class="s1"><i>Le départ du 22 mars 1982 ne fut arrêté que le 21.<span class="Apple-converted-space">  </span>A cette époque, le rassemblement du groupe des officiers se faisait à part. Un certain chef de poste avait l’habitude de ne pas prêter beaucoup attention au nombre existant sur les rangs. Nous avions donc profité du jour où il était de service pour tourner le dos à ce calvaire que nous vivions à l’insu du monde.</i></span></p>
<p class="p4"><span class="s1"><i>Avant l’heure du rassemblement, nous avions demandé au gardien de sortir faire nos besoins dans l’espace réservé à cette fin, un petit carré entouré de quatre murs. Nous sommes sortis l’un après l’autre, à intervalle assez long pour n’attirer l’attention de personne sur nous. Nous nous étions cachés dans de petits box pleins d’excréments et d’ordures. Nous nous sommes couverts de torchons souillés. Nous avions attendu un moment pour nous assurer que notre absence n’avait pas été remarquée. Ensuite nous prîmes les provisions que nous avions cachées le matin avec le bidon d’eau puis nous prîmes le large. Nous étions emportés par le plaisir de pouvoir retrouver la liberté même si nous venions à peine de quitter le centre. A un certain moment alors que nous avions déjà couvert une bonne distance, nous aperçûmes des feux clignoter au loin. Puis ces feux se rapprochaient de nous de plus en plus vite. Nous n’avions plus de doute, nous étions poursuivis. Nous jetâmes tout ce que nous portions sur nous comme moyens de survie et nous nous sommes assis. Deux ou trois voitures s’arrêtèrent juste devant nos pieds phares allumés. C’est alors que je sentis quelqu’un se rapprocher de moi par derrière et sans tarder me porta un coup violent à la nuque. Je perdis connaissance. Quand je m’étais réveillé plus tard, je me trouvai au milieu d’une horde de hors la loi. Ils me battaient en même temps qu’ils posaient leurs questions. J’avais reconnu le tortionnaire célèbre chez les prisonniers du nom de Khalil qui était chef de centre. Il se disait marxiste d’origine de Casablanca. Plus il maltraitait les prisonniers plus il croyait grandir dans les yeux des dirigeants du polisario.</i></span></p>
<p class="p4"><span class="s1"><i>Ensuite on me jeta dans une chambre dallée, les mains et les pieds attachés derrière le dos. A un moment je ne pouvais plus supporter la douleur à cause de la corde qui me serrait atrocement. Je commençai à hurler malgré moi.. Le fameux Khalil revint et me demanda pourquoi je criais… il me piqua à plusieurs reprises avec la cigarette qu’il venait d’allumer tout en me lançant des gros mots et des injures. Avant de s’en aller, il ordonna aux deux geôliers qui se tenaient debout à côté de lui de me serrer davantage. Cette forme de torture extrême avait duré trois jours. J’étais attaché de jour comme de nuit. On me sortait rarement faire mes besoins. Il m’était arrivé de les faire dans les torchons que je portais. Pendant cette période personne n’était venu me demander quoi que ce soit. Cela me rendait la vie encore plus difficile. Le quatrième jour, on m’enleva la corde et on m’emmena dans une chambre où m’attendait un certain Khandoud, un sahraoui algérien de Tindouf. Aidé de plusieurs autres tortionnaires, il me passa un interrogatoire très musclé. J’étais fouetté au câble électrique pendant toute la durée de l’interrogatoire. Ils alternaient entre le fouet et les coups de pied et les gifles. Quand ils avaient voulu me sortir de là, je ne pouvais plus me tenir sur mes jambes. Deux gardiens me prirent à deux et me jetèrent dans la chambre. J’avais passé dix jours dans cette situation, toujours les mains et les pieds liés derrière le dos. Je n’étais libéré que pour manger un morceau de pain sec, un peu d’eau sans plus. Mes mains étaient enflées avec des traces profondes de la corde de nylon avec laquelle ils m’attachaient.</i></span></p>
<p class="p4"><span class="s1"><i> Le onzième jour on m’emmena là où les prisonniers fabriquaient des briques à partir de la terre ou de l’argile. C’est là aussi que je trouvai mon ami Mohrir avec un visage délabré et tellement enflé que ses yeux étaient à peine perceptibles.<span class="Apple-converted-space">  </span>Il m’apprit que quelqu’un lui avait cassé la mâchoire d’un coup de crosse le jour et à l’endroit même où j’avais la première fois perdu connaissance. Il ne pouvait ni manger ni parler. Ils nous avaient assigné un gardien des plus farouches du nom d’Abdellahi, un tortionnaire réputé chez les prisonniers. C’était lui qui avait tué les deux camarades de Hamid Laban en 1980. Il nous dota d’une pioche et d’une pelle chacun, d’un seau et d’un sac qu’on appelait « charia’ »pour transporter la terre. Nous travaillions pieds nus et sous le fouet à longueur de journée. Cette punition pour ne pas dire torture, avait duré six mois durant laquelle nos camarades officiers étaient aussi punis à faire des briques.</i></span></p>
<p class="p4"><span class="s1"><i>Quoi qu’on écrive ou qu’on dise pour décrire le calvaire que les braves prisonniers marocains dans leur ensemble avaient enduré durant 25 longues années, c&rsquo;est-à-dire un quart de siècle, je suis convaincu que personne ne parviendra à donner l’image réelle de leurs souffrances ».</i></span></p>
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		<title>PRISONNIERS DE GUERRE MAROCAINS ÉVADÉS DU GOULAG DE TINDOUF: LE RÉCIT SAISISSANT D&#8217;UN COURAGE PEU ORDINAIRE (PAR ALI NAJAB, EX-PILOTE DE CHASSE).</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/86168</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 04 Jul 2022 10:22:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[SÉCURITÉ & DÉFENSE]]></category>
		<category><![CDATA[ALI NAJAB]]></category>
		<category><![CDATA[mémoires]]></category>
		<category><![CDATA[Prisonniers de guerre marocains]]></category>
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					<description><![CDATA[En janvier 2020, Ali Najab, ex-pilote de chasse, fait paraître, aux éditions la Croisée des Chemins, un livre intitulé: « 25 ans dans les geôles de Tindouf: mes mémoires d&#8217;un prisonnier de guerre ». Un livre poignant sur les atrocités commises par les geôliers de Tindouf, avec la participation criminelle de l’armée algérienne, au préjudice des 2300 &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1"><strong>En janvier 2020, Ali Najab, ex-pilote de chasse, fait paraître, aux éditions la Croisée des Chemins, un livre intitulé: « 25 ans dans les geôles de Tindouf: mes mémoires d&rsquo;un prisonnier de guerre ». Un livre poignant sur les atrocités commises par les geôliers de Tindouf, avec la participation criminelle de l’armée algérienne, au préjudice des 2300 prisonniers de guerre marocains, et au mépris de la Convention de Genève du 27 juillet 1929 sur le traitement des prisonniers de guerre. </strong></span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><strong>Malgré la barbarie monstrueuse des bourreaux, ils sont tous restés dignes. Beaucoup sont morts en martyrs, d’autres ont réussi à s’évader du mouroir. C’est ce courage peu ordinaire que raconte M. Najab dans un chapitre de son livre, et que lecollimateur reproduit en épisodes avec l’aimable accord de son auteur. Cette initiative est mue par un devoir de dette et de reconnaissance envers nos valeureux soldats qui se sont sacrifiés pour la récupération de nos chères Provinces sahariennes, mais aussi par la volonté de développer, notamment chez notre jeunesse, un sentiment d’appartenance à la patrie.</strong><span class="Apple-converted-space"><strong> </strong>  </span></span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><span class="Apple-converted-space">   </span></span></p>
<p class="p1"><strong><span class="s1">Les prisonniers de guerre marocains évadés de Tindouf en Algérie (Par Ali NAJAB)</span></strong></p>
<p class="p3"><span class="s1">Des quelques 2300 prisonniers de guerre marocains anciennement détenus à Tindouf, je ne pense pas qu’il en eut un qui n’avait pas pensé à s’évader à un moment donné durant sa captivité. Beaucoup avaient essayé et réussi à rejoindre le Maroc. Beaucoup avaient tenté de s’évader mais la chance ne leur avait pas souri et furent rattrapés par des unités de l’armée algérienne puis remis, après enquête, aux services de sécurité du polisario. Beaucoup d’entre eux sont morts sous la torture (voir chapitre sur la torture).</span></p>
<p class="p3"><span class="s1"> En choisissant de parler des évasions dans un chapitre à part, je voulais lever une équivoque: depuis notre retour de captivité, nous continuons d’entendre ça et là que nous sommes des poltrons pour nous être rendus à l’ennemi sans combattre et pour n’avoir pas tenté de nous évader. Une telle assertion gratuite et mensongère dépasse tout entendement. Si tous les prisonniers de guerre pouvaient s’évader c’est qu’ils faisaient du tourisme chez l’ennemi à Tindouf. Quant à l’idée que nous nous sommes rendu sans combattre un chapitre lui sera réservé car c’est le plus grand mensonge qui fut inventé pour justifier nos pertes durant les batailles.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1"> Les évasions que je vais citer sont de vraies épopées. Les tentatives chez les soldats étaient plus nombreuses que chez les officiers parce que les soldats travaillaient dans des endroits soit limitrophes de la frontière algéro-marocaine ou du mur de défense soit qu’ils ne faisaient pas l’objet d’une surveillance accrue de la part de la garde du polisario. Les officiers étaient quant à eux cantonnés dans des endroits clos sous l’œil vigilent d’un gardien qui veillait constamment au grain.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Dans toutes les armées du monde, les prisonniers de guerre qui s’étaient évadés des prisons de l’ennemi avaient été largement récompensés par un avancement exceptionnel et décorés. Chez nous les récompenses n’ont pas été toujours à la hauteur du courage de nos braves soldats : en général un seul grade et pas de décoration.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Les évasions sont cités pêle-mêle, qu’elles fussent réussies ou non pour ne pas ennuyer le lecteur&#8230;</span></p>
<p class="p5"><span class="s1"><b>1- Cas de Hamid Jarjoub et quatre de ses camarades: </b></span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Ils étaient cinq. Jarjoub Hamid, Mohammed el Kiali, Mohamed ben Mohamed, Si Ali, Lhoussain. Tous travaillaient dans un centre dit poste n°6 commandé à cette époque là par un chef du nom de Brahim Biadilah de son nom de guerre <i>Grigo</i> qui n’est autre que le frère du président de la chambre des conseillers de notre Parlement, Mohamed Cheikh Biadilah. Ils avaient prêté serment entre eux de ne pas faire marche arrière quelques soient les difficultés rencontrées en cours d’exécution.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1"> Le 9 février 1982, ils se consultèrent pour entamer la préparation.<span class="Apple-converted-space">  </span>Tard dans la nuit, ils s’emparèrent d’une jeep au réservoir plein de carburant. Ils y déposèrent un petit fut de gasoil de 50 litres. Ils l’éloignèrent en la poussant discrètement à un kilomètre du centre sans faire marcher le moteur. Ils revinrent à l’intérieur du centre pour prendre de l’eau et de la nourriture. Ils firent le départ vers 21 heures dans l’obscurité totale prenant la direction nord. Jarjoub raconte qu’ils avaient parcouru environ 200 km au moment où ils avaient failli à l’aube buter sur un poste algérien aux alentours de Tindouf. Ils reprirent immédiatement la direction sud pour faire croire aux algériens qu’ils faisaient partie d’une unité du polisario. </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Mais après quelques kilomètres ils aperçurent la ceinture-est algérienne. Pour faire croire aux soldats algériens qu’ils étaient une patrouille amie, ils continuèrent à rouler vers eux puis changèrent de direction vers le nord en leur faisant un geste de la main. Au moment où ils croyaient être sauvés, leur véhicule s’embourba dans le sable et comme un malheur ne vient jamais seul, le moteur s’arrêta. Jarjoub put redémarrer le véhicule, les autres purent le sortir du sable. Ils prirent carrément la direction de Tindouf pour tromper des maquisards du polisario qui occupaient une crête certainement des guetteurs.<span class="Apple-converted-space">  </span>On leur fit signe de s’arrêter mais heureusement Jarjoub eut la présence d’esprit de leur parler à distance en Hassanya et comme ils portaient des <i>chachs</i> noirs ne laissant apparaître que les yeux, les maquisards y avaient mordu. Lorsqu’ils furent assez loin, ils reprirent la direction vers la ceinture marocaine. Jarjoub avait déjà séjourné dans la région de Bougarba et pouvait dès cet instant, s’orienter facilement. Ils interceptèrent une piste non praticable. Ils s’étaient mis d’accord de continuer à pied pour éviter les mines. Ils décidèrent de retourner le véhicule dans un talweg. Après avoir marché pendant 2 km sans rencontrer de mines, ils décidèrent de continuer à pied. Jarjoub leur disait qu’il préférait sauter sur une mine que d’être capturé de nouveau. Ils étaient arrivés à Bougerba. </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">De là ils prirent la direction de Ourekziz. Ils firent une pose pour manger et boire un peu. Soudain quelqu’un à distance les sommaient de se rendre sinon il faisait feu. Il faisait déjà nuit. Ils n’eurent pas le temps de se concerter et dans ce cafouillage ils se séparèrent. Jarjoub et ses deux camarades Mohammed El Kiali et Mohammed ben Mohammed partirent dans une direction, les deux autres Si Ali et Lhoussain dans une autre direction. Jarjoub et ses camarades en escaladant rapidement le terrain très accidenté, purent échapper à deux jeeps qui les poursuivaient. Si Ali et son camarade furent capturés et ramenés au centre d’où ils s’étaient évadés. Jarjoub raconte qu’il faisait nuit noire et très froid ce 10 février 1982. </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Mais Jarjoub est issus du moyen Atlas, de la tribu des Béni Warain précisément, des berbères purs et durs où il avait été élevés dans l’adversité de la nature du moyen Atlas. Il continua à mener son petit groupe jusqu’au moment où l’un de ses camarades eut une idée géniale. Pourquoi ne pas se séparer pour éviter d’être pris tous les trois si l’ennemi venait à les rattraper. C’était convaincant ! Ils se séparèrent. Le lendemain 11 février ils arrivèrent séparément aux positions de l’armée marocaine à des heures différentes. Jarjoub à 6 heures du soir, ses camarades à 10 heures et 11 heures du matin. Puis ils furent tous les trois remis à l’Etat-Major de la Zone Sud à Agadir. Jarjoub raconte avoir été avancé du grade de caporal au grade de caporal chef: un seul grade après toute cette épopée et les renseignements sur l’ennemi qu’il avait rapportés avec lui. Déçu, il se plaigna chez le commandement.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Un officier supérieur qui est aujourd’hui général, ne trouva rien d’autre à dire à ce vaillant soldat qui fut capturé au combat, blessé par 13 balles, qui organisa, avec ses camarades, une évasion spectaculaire et réussit à rejoindre avec deux autres camarades, seulement après deux années de captivité, ramenant certainement avec lui beaucoup de renseignements précieux sur l’ennemi, que de lui dire ceci: « <i>Si tu étais un homme, tu ne t’aurais pas fait prisonnier ! ». </i></span></p>
<p class="p3"><span class="s1"> L’emploi de l’expression « se faire prisonnier » est une expression lourde<i> </i>de conséquences.….. Jarjoub et ses deux camarades continuèrent de servir dans les Forces armées royales en zone sud jusqu’en 2005 avant d’être mis à la retraite avec le grade d’adjudant chef.  Ce vaillant combattant porte encore dans sa tête des blessures profondes comme les marques d’un fer, que lui avaient laissées les propos de cet officier supérieur. Ceci me renvoie à une citation de George Washington qui, une fois, avait dit: « the<i> character of a nation can be judged by the way it treats its veterans »</i>!! Je traduis: « <i>Le caractère d’une nation peut être jugé à la<span class="Apple-converted-space">  </span>façon dont elle traite ses vétérans ».</i> </span></p>
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