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	<title>PLF 2027 &#8211; Le collimateur</title>
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	<description>Le goût de la vérité n&#039;empêche pas la prise de parti</description>
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		<title>Entre promesses de rassurance et épreuve de la mise en œuvre : lecture du programme gouvernemental et du PLF 2027</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 23 Oct 2026 09:44:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[ÉCONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[gouvernement El Mansouri]]></category>
		<category><![CDATA[PLF 2027]]></category>
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					<description><![CDATA[Par : Mohamed KHOUKHCHANI La Chambre des représentants a adopté le programme gouvernemental pour la législature 2026-2031 par 204 voix pour contre 127, une séquence politique qui porte une double signification : d&#8217;une part, la volonté du nouvel Exécutif d&#8217;inaugurer un discours politique nouveau, fondé sur la reconnaissance de l&#8217;efficacité du dialogue et l&#8217;ouverture à &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par : Mohamed KHOUKHCHANI</strong></p>
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<p><strong>La Chambre des représentants a adopté le programme gouvernemental pour la législature 2026-2031 par 204 voix pour contre 127, une séquence politique qui porte une double signification : d&rsquo;une part, la volonté du nouvel Exécutif d&rsquo;inaugurer un discours politique nouveau, fondé sur la reconnaissance de l&rsquo;efficacité du dialogue et l&rsquo;ouverture à l&rsquo;opposition ; d&rsquo;autre part, la persistance d&rsquo;une prudence profonde chez le citoyen marocain, qui sait que les promesses électorales se heurtent trop souvent au mur de l&rsquo;exécution. Qu&rsquo;est-ce qui peut réellement rassurer les Marocains, et qu&rsquo;est-ce qui maintient le doute ?</strong></p>
<p><strong>Des intentions louables traduites en chiffres et en engagements concrets.</strong></p>
<p><strong>Le programme gouvernemental repose sur sept priorités majeures : consolider l&rsquo;État de droit et lutter contre la corruption ; protéger l&rsquo;identité nationale et renforcer la cohésion sociale ; consolider l&rsquo;État-providence et renforcer la protection sociale ; réussir l&rsquo;intégration des jeunes et renforcer leur employabilité ; renforcer la souveraineté stratégique et le rayonnement international ; édifier une économie compétitive capable de financer les ambitions sociales ; et améliorer la gouvernance et l&rsquo;efficacité des politiques publiques. Mais l&rsquo;essentiel réside moins dans les titres que dans les engagements mesurables qu&rsquo;ils contiennent.</strong></p>
<p><strong>Sur le plan du pouvoir d&rsquo;achat, le gouvernement s&rsquo;est engagé à porter l&rsquo;aide sociale directe de 500 à 1 000 dirhams par mois à la fin de la législature, avec un soutien automatique aux factures d&rsquo;électricité pouvant atteindre 100 dirhams pour les ménages éligibles. Concernant les catégories vulnérables, le programme prévoit une revalorisation progressive du minimum des pensions à 3 000 dirhams et la possibilité pour la veuve de percevoir 100 % de la pension principale du conjoint défunt. Pour la classe moyenne, il vise une réforme de l&rsquo;impôt sur le revenu afin d&rsquo;augmenter le salaire net, ainsi qu&rsquo;un programme de soutien à 100 000 logements ruraux avec une aide directe de 40 000 dirhams par ménage.</strong></p>
<p><strong>Dans le domaine de l&#8217;emploi, véritable plaie sociale, le gouvernement évoque la formation de 100 000 jeunes par an et l&rsquo;accès de 100 000 autres à une première expérience professionnelle, avec une montée en puissance de la formation par alternance vers 150 000 à 200 000 bénéficiaires. Cela recoupe le projet de loi de finances 2027, qui consacre un axe entier à l&rsquo;insertion des jeunes à travers un programme national intégré 2027-2031 couvrant l&rsquo;éducation, la formation, l&#8217;emploi et le logement.</strong></p>
<p><strong>Ce qui maintient le doute.</strong></p>
<p><strong>Le paradoxe est que la force des engagements ne s&rsquo;accompagne pas toujours d&rsquo;une ingénierie d&rsquo;exécution claire. Sur l&#8217;emploi, des experts économiques ont noté que le programme a évité d&rsquo;annoncer un chiffre précis de postes à créer, contrairement à des promesses antérieures d&rsquo;un million d&#8217;emplois, ce qui peut être « réaliste » dans la mesure où la création d&#8217;emplois dépend davantage du secteur privé que du gouvernement. Mais cette absence laisse le citoyen face à de vastes engagements sociaux sans garantie explicite quant à leur financement.</strong></p>
<p><strong>Le deuxième point concerne le financement. Le programme évoque des investissements massifs (350 milliards de dirhams pour la période 2027-2031), mais ne détaille pas comment ces engagements seront financés dans un contexte de pression sur les finances publiques. Certes, le PLF 2027 place la restauration du pouvoir d&rsquo;achat parmi ses priorités, mais la question demeure : la réforme fiscale suffira-t-elle à couvrir simultanément l&rsquo;élargissement du soutien social, la revalorisation des pensions, l&rsquo;aide au logement et la réhabilitation de la santé et de l&rsquo;éducation ?</strong></p>
<p><strong>Le troisième point touche aux précédents. L&rsquo;opposition a rappelé lors des débats que le gouvernement précédent avait promis un million d&#8217;emplois sans atteindre l&rsquo;objectif, et que les chiffres annoncés ne se traduisent pas nécessairement dans la réalité du chômage des jeunes et des femmes. Si tel est le bilan des gouvernements successifs, le citoyen « échaudé » peine à accorder sa confiance sur la seule base d&rsquo;un discours nouveau.</strong></p>
<p><strong>S&rsquo;y ajoute que la septième priorité, relative à l&rsquo;amélioration de la gouvernance et de l&rsquo;efficacité des politiques publiques, est au cœur même de la question posée : ce qui peut rassurer le citoyen ou nourrir ses doutes n&rsquo;est pas seulement l&rsquo;ampleur des engagements, mais la capacité de l&rsquo;Exécutif à les traduire en politiques publiques coordonnées et évaluables. Si cette priorité est bien présente dans le texte, l&rsquo;absence de mécanismes clairs de suivi et d&rsquo;évaluation la fait apparaître davantage comme une déclaration d&rsquo;intentions que comme une feuille de route opérationnelle.</strong></p>
<p><strong>Conclusion : entre espoir et vigilance.</strong></p>
<p><strong>Ce qui peut rassurer les Marocains, c&rsquo;est que le programme gouvernemental comporte cette fois des indicateurs chiffrés vérifiables : croissance de 5 %, inflation de 2 %, déficit de 3 %, aide sociale de 1 000 dirhams, pension de 3 000 dirhams, 52 % d&rsquo;énergies renouvelables. Ces chiffres donnent au Parlement et à l&rsquo;opinion publique des outils de reddition des comptes.</strong></p>
<p><strong>Mais ce qui maintient le doute, c&rsquo;est que les engagements sociaux, aussi généreux soient-ils, restent tributaires de trois conditions que le programme n&rsquo;a pas tranchées clairement : un financement durable ne reposant pas uniquement sur l&rsquo;impôt, une économie créatrice d&#8217;emplois réels et non de simples programmes conjoncturels, et une volonté politique de lutte contre la rente et la spéculation qui érodent le pouvoir d&rsquo;achat. Tant que ces conditions ne seront pas réunies, les Marocains resteront suspendus entre ceux qui veulent croire et ceux qui attendent de voir.</strong></p>
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