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	<title>PEINTURE &#8211; Le collimateur</title>
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	<description>Le goût de la vérité n&#039;empêche pas la prise de parti</description>
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	<title>PEINTURE &#8211; Le collimateur</title>
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	<item>
		<title>La peinture de Mahacine Al Ahrach ou le regard enchanté (Par Boubker HIHI)</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/75086</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 13 Mar 2022 09:16:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[KALÉIDOSCOPE]]></category>
		<category><![CDATA[Mahacine Al Ahrach]]></category>
		<category><![CDATA[PEINTURE]]></category>
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					<description><![CDATA[Par Boubker HIHI Dans les tableaux de l’artiste peintre Mahacine Al Ahrach, la figure humaine est quasi absente sauf quand elle réalise des portraits. Quand cette figure humaine est présente, elle n’est pas située dans le premier plan et elle n’est pas seule mais fait partie d’un groupe ce qui lui ôte toute individualité et &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div></div>
<div>
<p><strong>Par <span class="s1">Boubker HIHI</span></strong></p>
<p class="p1"><span class="s1">Dans les tableaux de l’artiste peintre Mahacine Al Ahrach, la figure humaine est quasi absente sauf quand elle réalise des portraits. Quand cette figure humaine est présente, elle n’est pas située dans le premier plan et elle n’est pas seule mais fait partie d’un groupe ce qui lui ôte toute individualité et crée une ressemblance. Cela est manifeste dans ce tableau où des personnes sont près du mausolée. La proximité avec ce dernier explique à elle seule le pourquoi de cette ressemblance et fait de ce tableau un paysage puisque les éléments vivants ici, à savoir les humains, se fondent avec une composante </span><span class="s1">inanimée qui est le mausolée et ne bénéficient donc que d’un rôle secondaire.</span></p>
<p>&nbsp;</p>

<a href='https://lecollimateur.ma/75086/mahacine-tableau'><img decoding="async" width="150" height="150" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2022/03/mahacine-tableau--150x150.jpeg" class="attachment-thumbnail size-thumbnail" alt="" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2022/03/mahacine-tableau--150x150.jpeg 150w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2022/03/mahacine-tableau--300x300.jpeg 300w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2022/03/mahacine-tableau--125x125.jpeg 125w" sizes="(max-width: 150px) 100vw, 150px" /></a>
<a href='https://lecollimateur.ma/75086/mahacine-1-2'><img decoding="async" width="150" height="150" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2022/03/mahacine-1-1-150x150.jpeg" class="attachment-thumbnail size-thumbnail" alt="" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2022/03/mahacine-1-1-150x150.jpeg 150w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2022/03/mahacine-1-1-300x300.jpeg 300w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2022/03/mahacine-1-1-125x125.jpeg 125w" sizes="(max-width: 150px) 100vw, 150px" /></a>

<p>&nbsp;</p>
<p class="p1"><span class="s1">Cadrés en plus de dos, ces personnages perdent davantage en importance. </span><span class="s1">Par contre, à l’arrière-plan il y a la toute beauté verdoyante de la nature et qui contraste avec ce blanc mortuaire du sanctuaire. </span><span class="s1">Ce mausolée est placé au milieu, comme au centre du monde de ces humains, incite </span><span class="s1">les regards à converger vers lui. Même si la composition du tableau est assez ordinaire, voire classique, elle correspond précisément au propos. Pour représenter ce mausolée, Mahacine Al Ahrach a privilégié un angle de vue normal, se plaçant à son niveau, pour nous en donner une représentation objective. D’ailleurs, ce point de vue normal </span><span class="s1">est privilégié par l’artiste peintre ; on le retrouve dans le tableau des trente portraits </span><span class="s1">et même dans le tableau représentant un cheval.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Si les tableaux de Mahacine sont généralement flous grâce au recours à de simples tâches de lumière et à l’absence de couleur uniforme, c’est parce qu’elle peint des paysages mais des paysages tels qu’elle se les représente elle ; elle exprime la réalité </span><span class="s1">et ne la représente pas. Les spectateurs malheureusement regardent les tableaux avec </span><span class="s1">les yeux de la réalité au lieu de les appréhender avec leurs sensibilités.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1"> Parmi les tableaux de l’exposition, se trouve un tableau où 30 visages du même personnage sont réunis. Dans ce tableau aux trente visages, le personnage est vu de face et sa figure est immobile. Ce sont les yeux </span><span class="s1">du personnage qui captent notre regard. Ce sont des visages peints en gros plans, lesquels révèlent la psychologie du personnage. Par le choix de ce cadrage, Le portrait se veut une représentation plutôt morale de la </span><span class="s1">personne. Certes le visage est le miroir de l’âme, mais devant le tableau </span><span class="s1">de Mahacine, on est en présence d’un miroir éclaté. L’originalité de ce tableau, c’est qu’on se trouve devant le même visage mais qui n’est pas, </span><span class="s1">à chaque fois, pareil. C’est du pareil mais pas au même. En effet, chaque </span><span class="s1">visage précise des traits spécifiques et met en relief un sentiment.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Les visages, représentant la même personne, confirment l’hypocrisie </span><span class="s1">de l’homme. Même le non hypocrite n’a pas le même visage. On est tous des hypocrites quel que soit notre statut social. En effet, dans le tableau rien n’indique le milieu social de la personne ; on n’a ni vêtements ni arrière-plan. Et l’on comprend pourquoi dans les tableaux de Mahacine, </span><span class="s1">quand ce ne sont pas des portraits, la présence humaine se limite à </span><span class="s1">de simples silhouettes. D’ailleurs, les formes dans les tableaux de Mahacine ne sont pas circonscrites avec des traits précis.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Il y a un de ses tableaux où elle représente un cheval. Mahacine ne nous dévoile de lui que des yeux et des nasaux. L’imagination du spectateur se charge de restituer le reste. Elle transcende la réalité du cheval en </span><span class="s1">supprimant tous les détails qui d’habitude standardisent le cheval. </span><span class="s1">On est en présence d’un cheval poétisé, puisque placé hors de l’ordinaire. Il devient mystérieux et invite par là le spectateur à sonder son mystère. </span><span class="s1">Celui-ci est accentué par le fait que notre artiste recourt au niveau des c ouleurs à sa propre palette intégrant ce cheval à son propre monde </span><span class="s1">et non au monde ordinaire. Cependant, il y a un cheval peint en blanc </span><span class="s1">et on voit de manière claire sa tête avec son cou et sa crinière.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Même l’humain n’a pas droit dans ses tableaux à un plan aussi rapproché. </span><span class="s1">Est-ce parce que le cheval est noble ? </span><span class="s1">Mahacine ne s’est pas intéressée à peindre uniquement des paysages ou </span><span class="s1">des portraits. On trouve aussi, dans son exposition, des figures inanimées: </span><span class="s1">des nymphéas. Les nymphéas de Mahacine, occupant la surface gauche du tableau, sont très importants puisqu’ils sont le sujet essentiel du tableau. Même les humains n’ont pas eu droit à ce statut dans les peintures de Mahacine.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1"> Ce paysage d&rsquo;eau aux nymphéas ne peut pas ne pas nous rappeler les nymphéas </span><span class="s1">de Claude Monet et peut être nous pousser à inscrire le travail de Mahacine Al Ahrach dans la lignée impressionniste, même si je suis convaincu qu’un artiste peintre se doit d’emprunter à ses prédécesseurs. </span><span class="s1">Mahacine Al Ahrach a bien des procédés propres à elle pour sublimer le réel. </span><span class="s1">Elle oppose souvent des lignes du ciel avec celles de de la terre. Cette opposition </span><span class="s1">libère l’artiste peintre de la réalité, lui donne des ailes et une indépendance.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Les personnages du mausolée évoqués sont peints de manière très simplifiée ce qui exalte le réel et le sublime. Des petites touches qui ne cherchent pas à reproduire </span><span class="s1">le réel dans son exactitude mais à révéler les particularités fondamentales de ce réel. Ainsi, de ces personnes près du mausolée, ne voit-on que des silhouettes et non des </span><span class="s1">êtres humains à part entière. Les tableaux de l’artiste peintre MahacineAl Ahrach sont généralement aérés dans la mesure où certains sujets sont placés dans des </span><span class="s1">espaces vides et d’où la quasi absence de plans rapprochés ou de gros plans</span><span class="s1">. Cela a pour effet l’isolement du sujet. Souvent, l’être humain est absent dans </span><span class="s1">ses tableaux ce qui pousse le spectateur à trouver des sujets essentiels autres que l’être humain. Celui-ci se trouve détrôné.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">La composition en masses dans les tableaux de Mahacine est un peu particulière. </span><span class="s1">Les éléments peints dans ses paysages ne sont pas marqués de manière très distincte ce qui crée un sentiment de platitude. Cependant intervient la couleur pour faire jaillir les masses. C’est la couleur qui crée les masses et établit une distinction entre </span><span class="s1">les différents éléments. Ainsi, dans les paysage de notre artiste on ne trouve pas de lignes d’horizon ce qui unit presque le ciel et la terre. Ce qui crée la différence entre </span><span class="s1">les deux, ce sont les couleurs (souvent nuancées).Autre caractéristique principale chez Mahacine est l’absence de lignes de force horizontale et verticale. Le recours à ces lignes voudrait dire que l’artiste peintre dirige le regard des spectateurs sur les </span><span class="s1">éléments importants du tableau. Or Mahacine Lahrache ne veut rien imposer </span><span class="s1">au regard du spectateur. En évitant les lignes de force, elle laisse au spectateur l’entière liberté d’aller avec son regard là où il veut et donner de l’importance aux éléments de son propre choix. La ligne d’horizon crée une impression de calme alors </span><span class="s1">que les tableaux de Mahacine dérangent et invitent le spectateur à utiliser sa cervelle. Enfin, pour mieux cerner le travail de notre artiste peintre, ne serait-il pas fructueux de </span><span class="s1">le rattacher à son contexte historique et personnel ?</span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><span class="Apple-converted-space">                             </span></span></p>
</div>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>TABOU BRISÉ ET JURISPRUDENCE INATTENDUE ! LA JUSTICE ESPAGNOLE RECONNAÎT DES DROITS À UNE ARTISTE « CO-AUTEUR » D’ŒUVRES D’ART !!</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/59361</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Azdine Hachimi Idrissi]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 01 Oct 2021 16:43:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[KALÉIDOSCOPE]]></category>
		<category><![CDATA[jurisprudence]]></category>
		<category><![CDATA[notion de co-auteur]]></category>
		<category><![CDATA[PEINTURE]]></category>
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					<description><![CDATA[Suite à une plainte de l’artiste peintre japonaise Fumiko Negishi (50 ans) contre l’artiste peintre espagnol Antonio de Felipe  (56 ans)… dont elle était assistante et employée… la justice espagnole a rendu un jugement portant sur la notion de « co-auteur ». Ce jugement nous interpelle et nous intéresse. L’étude comparée du droit permet d’améliorer la connaissance  &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">Suite à une plainte de l’artiste peintre japonaise Fumiko Negishi (50 ans) contre l’artiste peintre espagnol Antonio de Felipe<span class="Apple-converted-space">  </span>(56 ans)… dont elle était assistante et employée… la justice espagnole a rendu un jugement portant sur la notion de « co-auteur ».</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Ce jugement nous interpelle et nous intéresse. L’étude comparée du droit permet d’améliorer la connaissance<span class="Apple-converted-space">  </span>juridique… et d&rsquo;identifier des pistes de réflexion que parfois le « droit national » n’arrive pas à offrir.</span></p>
<p class="p1"><strong><span class="s1">**Quel est le « statut » de la 2ème main ? Le tabou est brisé !</span></strong></p>
<p class="p1"><span class="s1">Question de fond ! Quel est le statut, la place, le rôle, la fonction ou la mission de ces « artistes assistants »… de ces « artistes exécutants » qui secondent des « artistes grandes signatures » pour la réalisation de leurs œuvres ? Autrement dit, quel est le « statut » de la deuxième main ? Quel sens donner à « aider », « assister » ou « seconder »… dans le cas<span class="Apple-converted-space">  </span>des peintures signées par un artiste connu ?</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">On<span class="Apple-converted-space">  </span>ne<span class="Apple-converted-space">  </span>parle pas ici, évidemment, de ces « créateurs »… d’ici ou ailleurs… (amateurs ou professionnels peu inspirés et à l’éthique relative) qui signent carrément des « œuvres » réalisées entièrement par d’autres, ayant<span class="Apple-converted-space">  </span>accepté… par nécessité… l’effacement et la compromission ! Ce sujet est clos !</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Certains disent qu’on ne peut mettre sur le même plan<span class="Apple-converted-space">  </span>le « maître » et celui qui l’assiste…<span class="Apple-converted-space">  </span>quel que soit son apport<span class="Apple-converted-space">  </span>!! Tant artiste qu’il est, « l’assistant » reste, pour beaucoup,<span class="Apple-converted-space">  </span>un « employé<span class="Apple-converted-space">  </span>subalterne »…</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Or, le Tribunal de Madrid (en tant que juridiction d’appel) n’est pas d’accord.<span class="Apple-converted-space">  </span>Dans son arrêt 204/2021 du 21 mai 2021, cette juridiction de degré supérieur a brisé le silence.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Les juges ont révoqué le jugement du Tribunal de Commerce N°3 de Madrid qui a refusé, en première instance, de reconnaître l’apport de<span class="Apple-converted-space">  </span>Fumiko Negishi dans les peintures d’Antonio de Felipe .</span></p>
<p class="p2"><strong>**Les<span class="Apple-converted-space">  </span>arguments<span class="Apple-converted-space">  </span>du tribunal de première instance</strong></p>
<p class="p1"><span class="s1">L’artiste japonaise a travaillé avec Antonio de Felipe entre 2006 et<span class="Apple-converted-space">  </span>en 2016 avant d’être licenciée<span class="Apple-converted-space">  </span>pour des « raisons financières ».<span class="Apple-converted-space">  </span>Elle a décidé de saisir la Justice pour revendiquer son apport et sa paternité pour au moins<span class="Apple-converted-space">  </span>221 œuvres que de Felipe a signées seul.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Les juges<span class="Apple-converted-space">  </span>de première instance l&rsquo;ont presque débouté.<span class="Apple-converted-space">  </span>Ils ont estimé que Miko Negishi « était une salariée subalterne, bien que son rôle dans l&rsquo;exécution des travaux pouvait être pertinent ».<span class="Apple-converted-space">  </span>Pour eux, il n’y a pas de preuve évidente d’une « activité créatrice » de la peintre pour lui attribuer le « statut d’auteur ». </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Le jugement a enfoncé le clou concluant qu’elle ne pouvait être « co-auteur » car elle était « employée » dans le cadre d&rsquo; « une relation hiérarchique entre les parties ».</span></p>
<p class="p1"><strong><span class="s1">**Les contre-arguments de la juridiction d’appel</span></strong></p>
<p class="p1"><span class="s1">L’arrêt de la cour d’appel a d’abord considéré comme avéré que les deux protagonistes sont des artistes possédant une grande expérience et sont reconnus. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Plusieurs témoignages,<span class="Apple-converted-space">  </span>sous serment, ont affirmé que Fumiko Negishi a effectivement<span class="Apple-converted-space">  </span>participé à la réalisation de ces peintures. Elle venait à l’atelier tous les jours, à l’exception d’un mois de vacances.<span class="Apple-converted-space">  </span>Tel un « peintre fantôme », elle avait un espace au fond de l’atelier et n’était pas accessible aux visiteurs ni aux clients.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Se basant sur des avis d’experts, la juridiction d’appel a considéré qu’il y a effectivement un apport et une contribution de Negishi… aux travaux de son « employeur ». Son<span class="Apple-converted-space">  </span>intervention ne peut être réduite<span class="Apple-converted-space">  </span>à « quelque chose d’accessoire »…</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">L’arrêt a admis pour Fumiko Negishi<span class="Apple-converted-space">  </span>le « droit moral de reconnaître sa paternité » pour de nombreuses œuvres.<span class="Apple-converted-space">  </span>Des droits en qualité de « co-auteur » sur au moins 200 œuvres, car c’est elle qui a procédé personnellement<span class="Apple-converted-space">  </span>à l’exécution.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">La cour a considéré que l&rsquo;artiste ne se limitait pas à suivre les instructions de son patron. Elle ajoutait une valeur artistique aux œuvres.<span class="Apple-converted-space">  </span>Elle « a procédé à la réalisation de ce qui n’était qu’un projet en images ». Antonio de Felipe lui donnait une photo… parfois, un simple croquis. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Plusieurs témoins ont vu Fumiko Negishsi peindre des tableaux « du début à la fin ».</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">L’argument de l’artiste<span class="Apple-converted-space">  </span>espagnol<span class="Apple-converted-space">  </span>soulignant que « faire un tableau n&rsquo;est pas qu&rsquo;une question de pinceaux » et que « l&rsquo;idée et le concept étaient les siens » n’était pas suffisant face aux juges !!</span></p>
<p class="p1"><strong><span class="s1">**Une relation d’employeur à employé ??</span></strong></p>
<p class="p1"><span class="s1">Pour ce qui est de la relation « employeur/employé »,<span class="Apple-converted-space">  </span>la cour a estimé que<span class="Apple-converted-space">  « </span>l&rsquo;existence d&rsquo;une dépendance au travail » n&rsquo;implique pas « que tout apport artistique du salarié soit annulé au profit de l&#8217;employeur même si celui-ci est un artiste ».<span class="Apple-converted-space">  </span>Il faut apprécier la contribution réelle de chacun dans le travail de création.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Concernant le fait que la plaignante ait suivi les<span class="Apple-converted-space">  </span>directives et travaillé sur le style « pop art » de son employeur n&rsquo;implique pas, selon la cour, l&rsquo;absence d&rsquo;apport artistique de Negishi.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Le<span class="Apple-converted-space">  </span>résultat<span class="Apple-converted-space">  </span>n&rsquo;aurait pas été exactement le même sans l&rsquo;intervention de la plaignante.<span class="Apple-converted-space">  </span>Elle a traduit les idées ou les projets de Antonio de Felipe en un « résultat final concret ».</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">En raison du rythme de vie et des nombreux déplacements de l’artiste espagnol, son catalogue d&rsquo;œuvres n&rsquo;aurait pas été aussi « prolifique » sans l&rsquo;apport artistique de Negishi.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Un témoin a affirmé qu’il<span class="Apple-converted-space">  </span>y a eu des périodes de trois ou quatre mois au cours desquelles Antonio de Felipe aurait été hors d&rsquo;Espagne et au cours desquelles plus de 200 tableaux sont sortis de son atelier.</span></p>
<p class="p1"><strong><span class="s1">** L’équation « conception-exécution »</span></strong></p>
<p class="p1"><span class="s1">Pour la cour, il y a deux phases différentes pour la création d&rsquo;une œuvre d&rsquo;art: la conception et l&rsquo;exécution. Pour<span class="Apple-converted-space">  </span>qu&rsquo;une œuvre d&rsquo;art existe, il ne suffit pas de concevoir une idée, mais il faut la traduire et l’exécuter. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Outre le fait que la plaignante ait pris des décisions pertinentes qui ont influé sur le résultat final… la<span class="Apple-converted-space">  </span>cour a estimé qu’il y a « une symbiose artistique résultant de la collaboration de deux professionnels de la peinture, l&rsquo;un capable d’imaginer l’idée et un autre capable de l’exprimer sur une toile »…</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">L’apport de la plaignante… elle aussi artiste confirmée… ne peut être considéré comme une « simple intervention mécanique ou complémentaire ».<span class="Apple-converted-space">  </span>Elle avait un rôle principal dans l’exécution des idées du défendeur.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Dans ce cas précis, la cour a accordé la même valeur aux phases de « conception et d&rsquo;exécution » en termes d&rsquo;originalité des créations afin de déterminer l&rsquo;attribution des droits moraux.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Elle<span class="Apple-converted-space">  </span>a conclu, que « les deux parties ont contribué à la création des œuvres en question, méritant ainsi le statut de<span class="Apple-converted-space">  </span>co-auteurs ».</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Pour les avocats, la<span class="Apple-converted-space">  </span>première étape était de faire reconnaître la « contribution » de Fumiko Negishi&#8230; ensuite des revendications financières seront évaluées et formulées.</span></p>
<p class="p2">
<p class="p1"><strong><span class="s1">** Problème posé aux collectionneurs, aux musées et conséquences sur la valeur des œuvres d’Antonio de Felipe</span></strong></p>
<p class="p1"><span class="s1">Les musées et les collectionneurs s’interrogent tous sur la paternité des peintures signées par Antonio. Notamment celles célèbres et inspirées par Audrey Hepburn, Marylin Monroe, Madonna, Bruce Springsteen, The Beatles, Prince… </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">L’affaire se complique car il est devenu évident que bien avant la signature du contrat en 2016, Negishi collaborait avec Felipe.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">En attendant le pourvoi en cassation, le problème reste posé notamment pour<span class="Apple-converted-space">  </span>l’Institut Valencien d&rsquo;Art Moderne (IVAM) dont le président a acheté en 2013 pour 132 000 euros 12 peintures d&rsquo; Antonio de Felipe. <span class="Apple-converted-space"> </span>L&rsquo;IVAM attend une décision finale pour ajouter et mentionner le<span class="Apple-converted-space">  </span>nom de la « co-auteur ». </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Par ailleurs, Antonio de Felipe doit informer les acheteurs sur<span class="Apple-converted-space">  </span>la co-paternité, en plus de délivrer un certificat qui clarifie<span class="Apple-converted-space">  </span>cette co-paternité cachée.<span class="Apple-converted-space">  </span>Cela ouvre aussi<span class="Apple-converted-space">  </span>la possibilité pour les collectionneurs de poursuivre l&rsquo;auteur présumé pour les œuvres acquises et dont la valeur a été décimée après la condamnation.</span></p>
<p class="p1"><strong><span class="s1">**Une réflexion juridique qui n’existe pas encore chez nous</span></strong></p>
<p class="p1"><span class="s1">Cette réflexion de la Justice espagnole est très importante et fait avancer le débat sur les notions de <span class="Apple-converted-space">  « </span>conceptualisation »<span class="Apple-converted-space">  </span>et<span class="Apple-converted-space">  </span>d’ »exécution » dans le domaine de l’art.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">On n’est est pas encore là ! … S’agissant de notre contexte où le champ artistique souffre<span class="Apple-converted-space">  </span>encore des turpitudes et des fléaux grossiers et basiques du faux, du piratage et du plagiat … les notions de propriété intellectuelle… de droit d’auteur… de droit de suite… sont bafouées… pas encore assimilées… ni protégées.</span></p>
<p class="p1"><strong><span class="s1">Le cadre juridique appelle à être amélioré</span></strong></p>
<p class="p1"><span class="s1">Or pour l’ancienne majorité parlementaire, dont la culture et les arts étaient le dernier des soucis,<span class="Apple-converted-space">  </span>ce dossier ne semblait pas du tout être une priorité.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">En effet, le projet de loi modifiant et complétant la loi 2.00 relative aux droits d’auteurs adopté par le Conseil de gouvernement…<span class="Apple-converted-space">  </span>le 14 novembre 2019… n’a pas été voté.<span class="Apple-converted-space">  </span>Il est<span class="Apple-converted-space">  </span>toujours « en souffrance » depuis plus de deux ans au Parlement !</span></p>
<p class="p2">
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>UNE ARTISTE. UNE ŒUVRE. FATIMA EL HAJJAJI. ESTHÉTIQUE DE LA FORÊT ET DE LA CLAIRIÈRE </title>
		<link>https://lecollimateur.ma/21336</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Azdine Hachimi Idrissi]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Aug 2020 09:33:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[KALÉIDOSCOPE]]></category>
		<category><![CDATA[NOS CHRONIQUEURS]]></category>
		<category><![CDATA[FATIMA EL HAJJAJI]]></category>
		<category><![CDATA[PEINTURE]]></category>
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					<description><![CDATA[La peinture de la nature et de la forêt a connu ses lettres de noblesse au 19ème siècle notamment avec les écoles anglaise, belge et française. Les peintres paysagistes comme John Constable, Jean-François Millet, Charles François Daubigny, Théodore Rousseau …ont tenu à installer la nature au cœur de leur travail. Le plus marquant reste bien &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La peinture de la nature et de la forêt a connu ses lettres de noblesse au 19ème siècle notamment avec les écoles anglaise, belge et française. Les peintres paysagistes comme John Constable, Jean-François Millet, Charles François Daubigny, Théodore Rousseau …ont tenu à installer la nature au cœur de leur travail. Le plus marquant reste bien sûr Jean-Baptiste-Camille Corot qui, toute sa vie, a peint des arbres en cherchant une exactitude dans leur représentation.</p>
<p>Proches des milieux littéraires romantiques, les peintres de la nature voulaient se démarquer de l’académisme néoclassique et réagir aussi face à l’industrialisation naissante. Ils ont également annoncé la « lumière » des Impressionnistes qui, au départ, ont puisé leur inspiration dans la luminosité de la forêt. Après, ce fut « les reflets sur l’eau » &#8211; lumière et couleurs &#8211; qui constituèrent la composante la plus marquante de leur art.</p>
<p>Chargé de symboliques profondes, le thème de la nature et de la  forêt occupe une place  majeure dans l’histoire de la peinture. L&rsquo;artiste plasticienne Fatima El Hajjaji a choisi de s’inscrire dans ce registre, avec un traitement corrélé évidemment à son  ressenti contemporain et à la modernité plastique.</p>
<p>Fatima El Hajjaji qui expose depuis plus de 20 ans au Maroc et à l’étranger, commença son expérience picturale par une représentation apaisée et sereine de la nature, livrant un message écologique évident.</p>
<p>Elle célébrait avec sérénité  les bois, les sous-bois avec une  profusion de magnifiques feuillages verts et d’arbres épanouis. Un univers imprégné de quiétude avec des intitulés d’œuvres  invitant à la promenade… à l’admiration du vert émeraude… ou à la féérie de  l’été indien. Le tout  servi par une technique maîtrisée des effets du « clair-obscur » et  des tonalités du chromatisme sylvestre.</p>
<p>Toutefois, son travail  allait connaître une nette évolution… Une prise de conscience écologique et une sourde inquiétude l’a amenée à questionner son approche et à porter un regard… moins allègre. La représentation jubilatoire et bucolique devenait moins évidente pour elle.  Pourtant, elle aurait pu très bien continuer dans cette voie, qu’elle maîtrise parfaitement et qui a ses amateurs.</p>
<p>Mais, elle a tenu à explorer d’autres cartographies esthétiques… moins liées à la figuration  et plus adaptées à de nouveaux ressentis et préoccupations. Le sens des œuvres s’est teinté de plus de gravité et d’inquiétude. L’abstraction s’est imposée…</p>
<p>Le traitement est devenu autre. Dépouillé, sobre. Un amer constat face à la nature et la forêt abîmées. Des arbres nus sans feuillage, calcinés…  quasiment des traits noirs. Les représentations champêtres apaisées&#8230; promenade en forêt ou été indien… sont devenues un  lointain souvenir. Le sujet « forêt »  se laisse deviner mais il est estompé. Transcendé en un chromatisme austère et libéré de formes convenues.</p>
<p>L’effacement de la figuration est mené parallèlement avec l’effacement du sujet… la forêt&#8230; en une mise en abyme. Puisque la « forêt réelle » est menacée par l’effacement, le déclin&#8230; le genre figuratif lui-même perd de son sens. Un dépouillement qui ne garde que l’essentiel en une représentation incertaine. Le vert qui était prééminent a cédé le pas au rouge, à l’ocre, au jaune, au marron… aux couleurs du feu. Parfois en des visions de désolation.</p>
<p>Certaines de ses dernières œuvres exacerbent cette vision à travers des  compositions abstraites, intégrant massivement matière et collage… y compris des éléments de  charbon… la « matière » carbonisée. D’autres œuvres montrent aussi des collages de matériaux résiduels, issus de la spirale folle de la consommation… et son empreinte néfaste sur l’écosystème.</p>
<p>La forêt abîmée doit aussi être comprise ici comme une allégorie de l’espèce humaine mise en danger par sa propre inconscience. En écho évidemment avec  l’intériorité de l’artiste oscillant entre divers états d’âme.</p>
<p>Fatima El Hajjaji aspire à éveiller les consciences car, pour elle, la fracture … « Homme »  d’un côté et « Nature » de l’autre… n’a pas lieu d’être.  L’homme n’est pas le maître de la nature et la nature n’est pas un « décor »…  Il s’agit d’une unité fondamentale de l’homme avec son environnement naturel.</p>
<p>Mais au-delà de l’expression tourmentée, il y a aussi une forme d&rsquo;espérance dans le travail de Fatima El Hajjaji. Toutes ses toiles montrent de fortes séquences centrales de lumière. Un ciel éclatant de luminosité qui occupe parfois les deux tiers de la toile. Un référentiel d’espoir, symbole d’une aspiration vers un monde plus éclairé, plus sage… malgré la régression et les dérives actuelles</p>
<p>C’est pour cela que la notion d’ « esthétique de la clairière » est à lier à son art et à son imaginaire… Elle peut être interprétée à travers cette pensée de Jean Anouilh : « Tout au bout du désespoir, il y a une blanche clairière où l&rsquo;on est presque heureux ! ». C’est toute la portée et le sens symbolique de l’art accompli et maîtrisé de l’artiste Fatima El Hajjaji… un art utile et engagé, inscrit dans un message universel.</p>
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