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	<title>notion de co-auteur &#8211; Le collimateur</title>
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	<description>Le goût de la vérité n&#039;empêche pas la prise de parti</description>
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	<title>notion de co-auteur &#8211; Le collimateur</title>
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		<title>TABOU BRISÉ ET JURISPRUDENCE INATTENDUE ! LA JUSTICE ESPAGNOLE RECONNAÎT DES DROITS À UNE ARTISTE « CO-AUTEUR » D’ŒUVRES D’ART !!</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/59361</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Azdine Hachimi Idrissi]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 01 Oct 2021 16:43:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[KALÉIDOSCOPE]]></category>
		<category><![CDATA[jurisprudence]]></category>
		<category><![CDATA[notion de co-auteur]]></category>
		<category><![CDATA[PEINTURE]]></category>
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					<description><![CDATA[Suite à une plainte de l’artiste peintre japonaise Fumiko Negishi (50 ans) contre l’artiste peintre espagnol Antonio de Felipe  (56 ans)… dont elle était assistante et employée… la justice espagnole a rendu un jugement portant sur la notion de « co-auteur ». Ce jugement nous interpelle et nous intéresse. L’étude comparée du droit permet d’améliorer la connaissance  &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">Suite à une plainte de l’artiste peintre japonaise Fumiko Negishi (50 ans) contre l’artiste peintre espagnol Antonio de Felipe<span class="Apple-converted-space">  </span>(56 ans)… dont elle était assistante et employée… la justice espagnole a rendu un jugement portant sur la notion de « co-auteur ».</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Ce jugement nous interpelle et nous intéresse. L’étude comparée du droit permet d’améliorer la connaissance<span class="Apple-converted-space">  </span>juridique… et d&rsquo;identifier des pistes de réflexion que parfois le « droit national » n’arrive pas à offrir.</span></p>
<p class="p1"><strong><span class="s1">**Quel est le « statut » de la 2ème main ? Le tabou est brisé !</span></strong></p>
<p class="p1"><span class="s1">Question de fond ! Quel est le statut, la place, le rôle, la fonction ou la mission de ces « artistes assistants »… de ces « artistes exécutants » qui secondent des « artistes grandes signatures » pour la réalisation de leurs œuvres ? Autrement dit, quel est le « statut » de la deuxième main ? Quel sens donner à « aider », « assister » ou « seconder »… dans le cas<span class="Apple-converted-space">  </span>des peintures signées par un artiste connu ?</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">On<span class="Apple-converted-space">  </span>ne<span class="Apple-converted-space">  </span>parle pas ici, évidemment, de ces « créateurs »… d’ici ou ailleurs… (amateurs ou professionnels peu inspirés et à l’éthique relative) qui signent carrément des « œuvres » réalisées entièrement par d’autres, ayant<span class="Apple-converted-space">  </span>accepté… par nécessité… l’effacement et la compromission ! Ce sujet est clos !</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Certains disent qu’on ne peut mettre sur le même plan<span class="Apple-converted-space">  </span>le « maître » et celui qui l’assiste…<span class="Apple-converted-space">  </span>quel que soit son apport<span class="Apple-converted-space">  </span>!! Tant artiste qu’il est, « l’assistant » reste, pour beaucoup,<span class="Apple-converted-space">  </span>un « employé<span class="Apple-converted-space">  </span>subalterne »…</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Or, le Tribunal de Madrid (en tant que juridiction d’appel) n’est pas d’accord.<span class="Apple-converted-space">  </span>Dans son arrêt 204/2021 du 21 mai 2021, cette juridiction de degré supérieur a brisé le silence.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Les juges ont révoqué le jugement du Tribunal de Commerce N°3 de Madrid qui a refusé, en première instance, de reconnaître l’apport de<span class="Apple-converted-space">  </span>Fumiko Negishi dans les peintures d’Antonio de Felipe .</span></p>
<p class="p2"><strong>**Les<span class="Apple-converted-space">  </span>arguments<span class="Apple-converted-space">  </span>du tribunal de première instance</strong></p>
<p class="p1"><span class="s1">L’artiste japonaise a travaillé avec Antonio de Felipe entre 2006 et<span class="Apple-converted-space">  </span>en 2016 avant d’être licenciée<span class="Apple-converted-space">  </span>pour des « raisons financières ».<span class="Apple-converted-space">  </span>Elle a décidé de saisir la Justice pour revendiquer son apport et sa paternité pour au moins<span class="Apple-converted-space">  </span>221 œuvres que de Felipe a signées seul.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Les juges<span class="Apple-converted-space">  </span>de première instance l&rsquo;ont presque débouté.<span class="Apple-converted-space">  </span>Ils ont estimé que Miko Negishi « était une salariée subalterne, bien que son rôle dans l&rsquo;exécution des travaux pouvait être pertinent ».<span class="Apple-converted-space">  </span>Pour eux, il n’y a pas de preuve évidente d’une « activité créatrice » de la peintre pour lui attribuer le « statut d’auteur ». </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Le jugement a enfoncé le clou concluant qu’elle ne pouvait être « co-auteur » car elle était « employée » dans le cadre d&rsquo; « une relation hiérarchique entre les parties ».</span></p>
<p class="p1"><strong><span class="s1">**Les contre-arguments de la juridiction d’appel</span></strong></p>
<p class="p1"><span class="s1">L’arrêt de la cour d’appel a d’abord considéré comme avéré que les deux protagonistes sont des artistes possédant une grande expérience et sont reconnus. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Plusieurs témoignages,<span class="Apple-converted-space">  </span>sous serment, ont affirmé que Fumiko Negishi a effectivement<span class="Apple-converted-space">  </span>participé à la réalisation de ces peintures. Elle venait à l’atelier tous les jours, à l’exception d’un mois de vacances.<span class="Apple-converted-space">  </span>Tel un « peintre fantôme », elle avait un espace au fond de l’atelier et n’était pas accessible aux visiteurs ni aux clients.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Se basant sur des avis d’experts, la juridiction d’appel a considéré qu’il y a effectivement un apport et une contribution de Negishi… aux travaux de son « employeur ». Son<span class="Apple-converted-space">  </span>intervention ne peut être réduite<span class="Apple-converted-space">  </span>à « quelque chose d’accessoire »…</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">L’arrêt a admis pour Fumiko Negishi<span class="Apple-converted-space">  </span>le « droit moral de reconnaître sa paternité » pour de nombreuses œuvres.<span class="Apple-converted-space">  </span>Des droits en qualité de « co-auteur » sur au moins 200 œuvres, car c’est elle qui a procédé personnellement<span class="Apple-converted-space">  </span>à l’exécution.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">La cour a considéré que l&rsquo;artiste ne se limitait pas à suivre les instructions de son patron. Elle ajoutait une valeur artistique aux œuvres.<span class="Apple-converted-space">  </span>Elle « a procédé à la réalisation de ce qui n’était qu’un projet en images ». Antonio de Felipe lui donnait une photo… parfois, un simple croquis. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Plusieurs témoins ont vu Fumiko Negishsi peindre des tableaux « du début à la fin ».</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">L’argument de l’artiste<span class="Apple-converted-space">  </span>espagnol<span class="Apple-converted-space">  </span>soulignant que « faire un tableau n&rsquo;est pas qu&rsquo;une question de pinceaux » et que « l&rsquo;idée et le concept étaient les siens » n’était pas suffisant face aux juges !!</span></p>
<p class="p1"><strong><span class="s1">**Une relation d’employeur à employé ??</span></strong></p>
<p class="p1"><span class="s1">Pour ce qui est de la relation « employeur/employé »,<span class="Apple-converted-space">  </span>la cour a estimé que<span class="Apple-converted-space">  « </span>l&rsquo;existence d&rsquo;une dépendance au travail » n&rsquo;implique pas « que tout apport artistique du salarié soit annulé au profit de l&#8217;employeur même si celui-ci est un artiste ».<span class="Apple-converted-space">  </span>Il faut apprécier la contribution réelle de chacun dans le travail de création.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Concernant le fait que la plaignante ait suivi les<span class="Apple-converted-space">  </span>directives et travaillé sur le style « pop art » de son employeur n&rsquo;implique pas, selon la cour, l&rsquo;absence d&rsquo;apport artistique de Negishi.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Le<span class="Apple-converted-space">  </span>résultat<span class="Apple-converted-space">  </span>n&rsquo;aurait pas été exactement le même sans l&rsquo;intervention de la plaignante.<span class="Apple-converted-space">  </span>Elle a traduit les idées ou les projets de Antonio de Felipe en un « résultat final concret ».</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">En raison du rythme de vie et des nombreux déplacements de l’artiste espagnol, son catalogue d&rsquo;œuvres n&rsquo;aurait pas été aussi « prolifique » sans l&rsquo;apport artistique de Negishi.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Un témoin a affirmé qu’il<span class="Apple-converted-space">  </span>y a eu des périodes de trois ou quatre mois au cours desquelles Antonio de Felipe aurait été hors d&rsquo;Espagne et au cours desquelles plus de 200 tableaux sont sortis de son atelier.</span></p>
<p class="p1"><strong><span class="s1">** L’équation « conception-exécution »</span></strong></p>
<p class="p1"><span class="s1">Pour la cour, il y a deux phases différentes pour la création d&rsquo;une œuvre d&rsquo;art: la conception et l&rsquo;exécution. Pour<span class="Apple-converted-space">  </span>qu&rsquo;une œuvre d&rsquo;art existe, il ne suffit pas de concevoir une idée, mais il faut la traduire et l’exécuter. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Outre le fait que la plaignante ait pris des décisions pertinentes qui ont influé sur le résultat final… la<span class="Apple-converted-space">  </span>cour a estimé qu’il y a « une symbiose artistique résultant de la collaboration de deux professionnels de la peinture, l&rsquo;un capable d’imaginer l’idée et un autre capable de l’exprimer sur une toile »…</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">L’apport de la plaignante… elle aussi artiste confirmée… ne peut être considéré comme une « simple intervention mécanique ou complémentaire ».<span class="Apple-converted-space">  </span>Elle avait un rôle principal dans l’exécution des idées du défendeur.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Dans ce cas précis, la cour a accordé la même valeur aux phases de « conception et d&rsquo;exécution » en termes d&rsquo;originalité des créations afin de déterminer l&rsquo;attribution des droits moraux.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Elle<span class="Apple-converted-space">  </span>a conclu, que « les deux parties ont contribué à la création des œuvres en question, méritant ainsi le statut de<span class="Apple-converted-space">  </span>co-auteurs ».</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Pour les avocats, la<span class="Apple-converted-space">  </span>première étape était de faire reconnaître la « contribution » de Fumiko Negishi&#8230; ensuite des revendications financières seront évaluées et formulées.</span></p>
<p class="p2">
<p class="p1"><strong><span class="s1">** Problème posé aux collectionneurs, aux musées et conséquences sur la valeur des œuvres d’Antonio de Felipe</span></strong></p>
<p class="p1"><span class="s1">Les musées et les collectionneurs s’interrogent tous sur la paternité des peintures signées par Antonio. Notamment celles célèbres et inspirées par Audrey Hepburn, Marylin Monroe, Madonna, Bruce Springsteen, The Beatles, Prince… </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">L’affaire se complique car il est devenu évident que bien avant la signature du contrat en 2016, Negishi collaborait avec Felipe.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">En attendant le pourvoi en cassation, le problème reste posé notamment pour<span class="Apple-converted-space">  </span>l’Institut Valencien d&rsquo;Art Moderne (IVAM) dont le président a acheté en 2013 pour 132 000 euros 12 peintures d&rsquo; Antonio de Felipe. <span class="Apple-converted-space"> </span>L&rsquo;IVAM attend une décision finale pour ajouter et mentionner le<span class="Apple-converted-space">  </span>nom de la « co-auteur ». </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Par ailleurs, Antonio de Felipe doit informer les acheteurs sur<span class="Apple-converted-space">  </span>la co-paternité, en plus de délivrer un certificat qui clarifie<span class="Apple-converted-space">  </span>cette co-paternité cachée.<span class="Apple-converted-space">  </span>Cela ouvre aussi<span class="Apple-converted-space">  </span>la possibilité pour les collectionneurs de poursuivre l&rsquo;auteur présumé pour les œuvres acquises et dont la valeur a été décimée après la condamnation.</span></p>
<p class="p1"><strong><span class="s1">**Une réflexion juridique qui n’existe pas encore chez nous</span></strong></p>
<p class="p1"><span class="s1">Cette réflexion de la Justice espagnole est très importante et fait avancer le débat sur les notions de <span class="Apple-converted-space">  « </span>conceptualisation »<span class="Apple-converted-space">  </span>et<span class="Apple-converted-space">  </span>d’ »exécution » dans le domaine de l’art.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">On n’est est pas encore là ! … S’agissant de notre contexte où le champ artistique souffre<span class="Apple-converted-space">  </span>encore des turpitudes et des fléaux grossiers et basiques du faux, du piratage et du plagiat … les notions de propriété intellectuelle… de droit d’auteur… de droit de suite… sont bafouées… pas encore assimilées… ni protégées.</span></p>
<p class="p1"><strong><span class="s1">Le cadre juridique appelle à être amélioré</span></strong></p>
<p class="p1"><span class="s1">Or pour l’ancienne majorité parlementaire, dont la culture et les arts étaient le dernier des soucis,<span class="Apple-converted-space">  </span>ce dossier ne semblait pas du tout être une priorité.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">En effet, le projet de loi modifiant et complétant la loi 2.00 relative aux droits d’auteurs adopté par le Conseil de gouvernement…<span class="Apple-converted-space">  </span>le 14 novembre 2019… n’a pas été voté.<span class="Apple-converted-space">  </span>Il est<span class="Apple-converted-space">  </span>toujours « en souffrance » depuis plus de deux ans au Parlement !</span></p>
<p class="p2">
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