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	<title>Mounir Serhani &#8211; Le collimateur</title>
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		<title>“Averroès” de Mounir Serhani aux Éditions Orion (Par Abdelhak Najib, écrivain-journaliste)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 02 Jul 2023 09:48:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
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					<description><![CDATA[Le romancier et universitaire, Mounir Serhani, vient de publier aux Éditions Orion, un essai de philosophie de belle facture sur l’une des grandes figures de la philosophie arabe et Islamique, Averroès. Un travail de fond sur un penseur de grand acabit. Latinisé en Averroès, Abû-al-Walîd Mohammad Ibn Ahmad Ïbn Rushd (1126-1198) est à la fois &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le romancier et universitaire, Mounir Serhani, vient de publier aux Éditions Orion, un essai de philosophie de belle facture sur l’une des grandes figures de la philosophie arabe et Islamique, Averroès. Un travail de fond sur un penseur de grand acabit.</p>
<p>Latinisé en Averroès, Abû-al-Walîd Mohammad Ibn Ahmad Ïbn Rushd (1126-1198) est à la fois philosophe, médecin et juriste. Auteur du douzième siècle, il a vécu en Andalousie à Cordoue. Il est connu comme juriste fondateur du Droit comparé, mais également comme le grand commentateur d’Aristote. Il a commenté quasiment la majorité de tous ses écrits, métaphysiques, philosophiques, rhétoriques et éthiques. Il est le commentateur du livre politique de Platon, « La République ».</p>
<p>Dans l’histoire de la pensée médiévale, ce philosophe demeure indubitablement incontournable vu la place qu’il prend parmi les penseurs arabes et occidentaux. Les écrits d’Averroès se caractérisent par la diversité. Il a écrit trois ouvrages qui sont à la fois d’ordre philosophique et théologique, L’Incohérence de l’incohérence, ouvrage dans lequel il s’attaque à Al Ghazali qui a voué les philosophes à l’impiété, Le Dévoilement des méthodes démonstratives, consacré aux dogmes de l’Islam et le Discours Décisif, ouvrage dans lequel il étudie la problématique du rapport entre la religion et la philosophie.</p>
<p>La science et la philosophie du cadi de Cordoue ont marqué en profondeur à la fois l’Occident et l’Orient. Un phare qui a longtemps influencé la philosophie médiévale vaut la peine d’être étudié attentivement dans le but de revisiter les questions abordées par ce philosophe qui, avec ses commentaires exceptionnels des écrits d’Aristote, allait répandre en Occident une doctrine portant son nom, l’averroïsme, qui marquera, quant à elle, la pensée occidentale.</p>
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<p>Averroès est connu non seulement en tant que grand commentateur d’Aristote mais aussi en tant que philosophe ayant « purifié l’aristotélisme de tous les éléments platoniciens qui s’y étaient greffés ». Il représente également le philosophe qui s’est dressé contre les condamnations de la pratique philosophique et les accusations des philosophes. Ainsi, il développait des thèses qui vont à l’encontre de celles qui sont nuisibles à l’unité religieuse des croyants, à l’harmonie relationnelle entre la raison et la Loi ou à la stabilité sociale et politique au sein de la Cité.</p>
<p>Il nous semble donc que la question de l’interprétation du texte sacré figure parmi les problématiques qui sont à même de refléter la diversité intellectuelle d’Averroès. Elle est à la fois liée à la théologie, à la jurisprudence et à la philosophie. Que cette problématique soit au centre des controverses entre les philosophes de l’âge médiéval, cela ne fait point de doute. L’interprétation demeure effectivement une pratique qui permet de renoncer à l’imitation pour emprunter la voie de l’effort personnel auquel invite la loi religieuse tout en exigeant un ensemble de conditions.</p>
<p>« L’interprétation juridique de la Loi, affirme A. Benmakhlouf, est considérée comme « la doctrine sacrée » et bien plus que la théologie ; c’est pourquoi Averroès utilise ce biais pour donner une justification à la pratique philosophique: c’est la Loi elle-même qui nous incite à développer la connaissance des choses et les spéculations sur la nature de l’univers ». D’ailleurs, si le texte révélé reconnaît que l’homme est « doué d’une capacité pour appréhender rationnellement le monde », il serait sans doute légal de mettre les méthodes du raisonnement philosophique démonstratif à son service en accédant à son sens invisible. En effet, le Coran se donne à lire en tant que texte dont les énoncés sont tantôt univoques, dont la compréhension est claire, tantôt « plurivoques » demandant un effort d’interprétation.</p>
<p>Force est de constater que l’interprétation intervient dans le cadre de la détermination des rapports entre la religion et la philosophie comme une démarche impliquant l’examen des textes sacrés, ne serait-ce que pour être le trait d’union qui abolit leur aspect apparemment conflictuel. L’importance de l’interprétation de l’écriture sacrée réside également dans le fait qu’elle ait été à l’origine de la naissance des courants théologiques en Islam regroupés sous l’appellation du Kalam. Les doctrines engendrées s’intéressent à des questions comme la liberté de l’homme, la prédestination, le statut du pécheur, l’obéissance au chef politique, auxquelles s’ajoutent, suite à la traduction de la philosophie grecque, d’autres questions d’ordre métaphysique telles que l’éternité du monde, la nature de la connaissance divine ainsi que celle de la vie future.</p>
<p>En conséquence, l’interprétation se transforme en un véritable problème surtout après la condamnation des philosophes par Al Ghazali, théologien mu par la volonté de trouver une seule voie censée détenir la vérité quant quand il s’agit des dogmes religieux. Averroès fustige, quant à lui, l’esprit qui taxe les philosophes d’impiété et s’élève ainsi contre toute tentative de mettre l’interprétation au service des conceptions doctrinales. Il s’est effectivement opposé à l’esprit inquisitorial et au danger sectaire qui, par des interprétations non fondées, cherchent à condamner les autres en prétextant la connaissance de la vérité. Il nous paraît primordial de signaler que les problèmes causés par les déviations quant à l’interprétation sont essentiellement d’ordre tout à la fois politique et social.</p>
<p>Mounir Serhani nous montre que la pensée de la Loi chez Averroès vise, par le biais d’une démarche démonstrative rationnelle, à séparer les deux champs, religion et philosophie, pour les relier dans le but d’instaurer une politique universelle de tolérance, de pluralité et d’ouverture à l’Autre. Une nouvelle lecture du Texte sacré engendrerait bien entendu une nouvelle vision politique au sein de la Cité et réhabiliterait les philosophes auparavant condamnés. Autrement dit, notre enjeu est de montrer comment, à travers la figure d’Averroès, les sources de la tradition musulmane ouvrent le texte révélé à une pluralité d’interprétations et de lectures et, par voie de conséquence, privilégient une culture de différence, de liberté et de divergence. La théorie de l’interprétation rushdienne s’érige en trait d’union entre la Loi et la philosophie, le texte sacré et la raison, le traditionnel et le rationnel ; elle crée une relation qui oscille effectivement entre connexion et conflit, jonction et séparation. Etudier la dimension politique de la théorie de l’interprétation c’est sans conteste examiner également comment s’articule le politique et le philosophique, mais aussi le politique et le religieux.</p>
<p><strong>Editions Orion. 220 pages. Disponible en librairies.</strong></p>
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		<title>L&#8217;écrivain d&#8217;abord (Par Mounir SERHANI)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 Jun 2023 12:07:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[NOS CHRONIQUEURS]]></category>
		<category><![CDATA[L'écrivain]]></category>
		<category><![CDATA[Mounir Serhani]]></category>
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					<description><![CDATA[Par Mounir Serhani* Lancées par les Éditions Orion, Orion Productions, le Club de lecture d’Anfa et le Complexe culturel Anfa, les premières journées littéraires de Casablanca, qui se sont déroulées du 1er au 11 juin 2023, ont réuni une belle palette d’auteurs marocains pour mettre sur pied un rendez-vous annuel dédié au livre et à &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Mounir Serhani*</strong></p>
<p>Lancées par les Éditions Orion, Orion Productions, le Club de lecture d’Anfa et le Complexe culturel Anfa, les premières journées littéraires de Casablanca, qui se sont déroulées du 1er au 11 juin 2023, ont réuni une belle palette d’auteurs marocains pour mettre sur pied un rendez-vous annuel dédié au livre et à la littérature dans toutes ses variétés et variations au Maroc.</p>
<p>Casablanca a grand besoin, non seulement de ces journées littéraires initiées par les Éditions Orion et le Complexe culturel Anfa, mais de dizaines d’initiatives de ce type pour offrir aux Casablancais un peu de culture, un peu de rêve et des escapades littéraires. Car la ville en manque cruellement aujourd’hui. Mieux encore, plus ces rendez-vous se multiplient, plus les Marocains désireux de lire et de sortir pour changer d’air et se ressourcer trouveront des plateformes dédiées à la culture, dans un espace social de plus en plus stérile en arts et en culture.</p>
<p>C’est dans cet esprit que les premières Journées littéraires de Casablanca, organisées sur dix jours, au Complexe culturel Anfa, sont une belle vitrine pour rencontrer des auteurs, pour donner la parole aux aficionados et surtout pour faire vivre le livre et la lecture dans un Maroc où, dit-on, on ne lit presque plus: « C’est exactement cela l’esprit de ces journées littéraires de Casablanca. Aller à la rencontre des amoureux du livre et de la littérature, rencontrer des écrivains, partager avec eux, donner son point de vue, prendre la parole, échanger pour mieux vivre dans une société qui a grand besoin de dialogue et de communication », comme le souligne Docteur Imane Kendili, initiatrice du projet en collaboration avec l’écrivain et journaliste, Abdelhak Najib, ainsi que Nawal Sekkoury, Directrice du Complexe culturel Anfa, qui offre aux Casablancais un bel espace de rencontres et d’échanges autour des Arts et de la Culture, dans leur grande variété.</p>
<p>De fait, cette ouverture a été lancée par un hommage vibrant au grand journaliste et écrivain, le regretté Abdallah Al Amrani à qui tout le monde a rendu hommage en présence d’amis de longue date du défunt, tel que le professeur Mekki Touhami, lui-même un digne fils de cette magnifique ville d’Ouezzane. Cet hommage a également été l’occasion de présenter le roman à succès de Feu Abdallah El Amrani: « L’homme qui tua la lune ».</p>
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<p>Nous l’avons vérifié, le samedi 3 juin 2023, lors de l’Ouverture officielle de ces Journées, en présence de centaines d’amoureux du livre qui ont fait le déplacement pour rencontrer leurs auteurs favoris autour de figures incontournables comme le grand écrivain marocain, auteur de plus de 18 romans, Mamoun Lahbabi, ainsi que l’artiste plasticien et romancier Omar Berrada qu’on ne présente plus, auteur qui jouit d’une belle notoriété au Maroc et surtout en Espagne où il est invité plusieurs fois par an pour exposer et signer ses ouvrages. « Ces journées sont une belle occasion pour nous réunir entre auteurs et public et parler de ce qui nous anime, de nos passions, de nos expériences multiples, de notre amour pour les Arts et la littérature. Durant cette journée de lancement officiel, le public a répondu présent, avec une belle variété, hommes, femmes et surtout une belle jeunesse assoiffée de création et de créativité.</p>
<p>Comme vous l’avez suivi, nous avons présenté nos ouvrages, nous avons parlé de nos expériences en tant qu’écrivains et surtout nous avons dialogué avec l’assistance autour de préoccupations communes sur la société, sur le monde où l’on vit aujourd’hui, sur la nécessité de préserver la littérature et de la promouvoir, sur le rôle du livre au cœur de toute société qui se respecte, sans oublier la lecture qui est une question cruciale pour le Maroc aujourd’hui surtout face à l’invasion des nouvelles technologies et des réseaux sociaux qui peuvent détourner plus d’un du livre et de sa valeur incontournable », comme le précise ici Mamoun Lahbabi, qui a présenté ces deux derniers romans : « La rencontre », dans sa deuxième édition et « De peine et de cendre ».</p>
<p>En effet, cette journée des signatures a également réuni d’autres auteurs dont Abdelhak Najib, qui a présenté, en avant-première, son dernier roman: « La mort n’est pas un nouveau soleil », Omar Berrada qui a signé son roman, dans sa deuxième édition, « Richard, cœur de loup », Mustapha Guiliz et « Les hommes de la nuit », Karima Alaoui Soulaimani et son « Mots et lumière », Jean Zaganiaris avec son roman : « Dieu nous a créés éternels », Hanae Mikou et son recueil de poésie, « Le seuil de l’âme », Med Hicham Charif d’Ouazzane et son premier né, intitulé: « Le pied ». Sans oublier Docteur Imane Kendili qui a pu dédicacer plusieurs ouvrages scientifiques de belle facture, tels que « Harm Reduction: The Manifesto », « Réductions des risques: le manifeste », « HAH, le livre blanc », présenté par le Ministre de la Santé, Khalid Aït Taleb, « Cannabis, ce qu’en dit la science », dans sa troisième édition, « Covid-19, le livre blanc », « Coronavirus, la fin d’un monde », « Derrière un écran de fumée » et son Best-seller « Les drogues expliquées à mes enfants ». Ce qui fait dire à Omar Berrada que « Ces rencontres littéraires marquent le début d’une belle aventure littéraire qui va réunir, non seulement des écrivains marocains de tous bords, mais aussi des auteurs venus d’Afrique, du Moyen Orient, d’Amérique Latine et d’Asie, dans un réel échange Sud-Sud pour s’ouvrir sur les grandes littératures du monde et pour exporter notre littérature dans sa grande variété. Car, aujourd’hui, plus que jamais, nous avons besoin de nous ouvrir sur toutes les cultures du monde au-delà des frontières défiant tous types de clivages, dans une grande tolérance et avec une belle curiosité née du désir d’aller vers l’autre, vers tous les autres ».</p>
<p>Justement, selon les initiateurs de ce beau projet culturel, cette première édition sert à poser les jalons de ce qui se veut un rendez-vous continental, à la fois africain et arabe, ouvert sur toutes les littératures du Sud, de l’Asie à l’Amérique Latine pour célébrer l’émergence d’une nouvelle vision du monde, d’une approche différente des lettres et des hommes, dans un désir franc de célébrer l’humain aujourd’hui, à un moment où l’humanité semble de en plus en prise avec la médiocratie, avec les populismes et cette inclination pour les clivages de tous poils. C’est dans ce sens que cette édition a présenté les oeuvres de la grande poétesse syrienne qui vit en Turquie, Aïcha Al Khedr Luna Amer, ainsi que d’autres noms comme Amahdou Mahater Ba, Mark Dougal, Peter Harper, David Gruson, David Khayat, Martin de Duve, Gabriel Malka, Zeina Al Moukarzel, Fares Mili et autres Fabien Brisard, pour ne citer que ces noms auxquels on peut ajouter ceux de Jean-François Clément et de Abdelaziz Alaoui, qui ont enrichi la collection des éditions Orion avec leurs participation et leur collaboration.</p>
<p>Les organisateurs, qui ont tenu à remercier tous les médias marocains, toutes presses confondues, pour leur soutien et leur accompagnement, annoncent également la création du Grand Prix Orion Maroc qui va récompenser sept auteurs en sept disciplines, chaque année. Ce nouveau prix littéraire est bien entendu ouvert à tous les auteurs et à toutes les nationalités. Une autre bonne nouvelle pour le livre et pour les écrivains, qui ont tous souligné ce climat de pauvreté de la culture au Maroc et de marginalisation des forces vives et actives de la bonne littérature, loin des folklores de bas étage et autres écritures de gare et pour salles d’attente.</p>
<p><strong>*Écrivain et universitaire </strong></p>
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