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	<title>mouches électroniques &#8211; Le collimateur</title>
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	<description>Le goût de la vérité n&#039;empêche pas la prise de parti</description>
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		<title>De Discord à Sebta : la fabrique d&#8217;Alger</title>
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		<pubDate>Sun, 25 Oct 2026 19:29:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
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					<description><![CDATA[Par : Hedi KENDIRE  Sur LCI, un spécialiste du renseignement a désigné les services algériens. Un an de faux comptes, de dépêches et de mots d&#8217;ordre lui donne raison ; le calendrier des prochaines semaines commande la vigilance. Un soir d&#8217;octobre, sur le plateau d&#8217;Yves Calvi, Vincent Crouzet a parlé du Maroc. L&#8217;écrivain, familier du &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par : Hedi KENDIRE </strong></p>
<p><strong>Sur LCI, un spécialiste du renseignement a désigné les services algériens. Un an de faux comptes, de dépêches et de mots d&rsquo;ordre lui donne raison ; le calendrier des prochaines semaines commande la vigilance.</strong></p>
<p><strong>Un soir d&rsquo;octobre, sur le plateau d&rsquo;Yves Calvi, Vincent Crouzet a parlé du Maroc. L&rsquo;écrivain, familier du renseignement, évoquait ces mouvements « Gen Z » qui essaiment d&rsquo;un continent à l&rsquo;autre ; puis, d&rsquo;une voix égale, il a dit que le mouvement marocain « a été énormément manipulé par les services de renseignement algériens ». La phrase est passée vite, comme passent les phrases à la télévision. À Rabat, à Oujda, à Tanger, on l&rsquo;a entendue.</strong></p>
<p><strong>Elle venait de Paris, d&rsquo;une chaîne nationale, d&rsquo;un homme sans dette envers le Royaume. Elle nommait ce que les Marocains avaient vu, des mois durant, défiler sur leurs écrans.</strong></p>
<p><strong>Des comptes nés la veille</strong></p>
<p><strong>Ils apparurent dans les premiers jours, par milliers : des profils sans visage, ouverts la veille, qui relançaient les consignes, les commentaient, leur prêtaient l&rsquo;autorité du nombre. Les spécialistes de cybersécurité cités par la presse marocaine en dressèrent le constat. Les rendez-vous changeaient de lieu à la dernière minute ; des cortèges partis vers une place débouchaient dans des rues où attendaient les casseurs. Le soir, les écrans montraient des voitures renversées, des vitrines étoilées, de la fumée.</strong></p>
<p><strong>Les mots suivirent. On releva , à partir du 25 septembre 2025, quelque 1 200 occurrences du terme « Makhzen », dont les pics épousaient ceux du hashtag #GenZ212. Les mêmes comptes parlaient de monarchie à abattre, ramenaient tout au Sahara, visaient le Souverain par son nom. Ce vocabulaire a une patrie. Il circule depuis cinquante ans dans les communiqués d&rsquo;Alger, avec ses tournures, ses épithètes, son ressentiment.</strong></p>
<p><strong>L&rsquo;agence et son miroir</strong></p>
<p><strong>L&rsquo;APS fit le reste. L&rsquo;agence officielle, dont plus de 60 % de la rubrique internationale porte sur le Maroc selon un décompte relayé par Atalayar, suivit chaque rassemblement avec application ; chaque interpellation y devenait un symptôme, chaque rumeur un présage.</strong></p>
<p><strong>Au début d&rsquo;octobre, des appels anonymes invitèrent à leur tour la jeunesse algérienne à descendre dans la rue le 3, sous le nom de « GenZ 213 ». L&rsquo;agence s&#8217;emporta aussitôt contre Rabat, sous ce titre : « malgré sa mort clinique, le Makhzen n&rsquo;oublie pas l&rsquo;Algérie ». Les carrefours d&rsquo;Alger se couvrirent de fourgons ; les dépêches célébrèrent un État social sans défaut. La colère, admirable chez le voisin, devenait chez soi une maladie importée.</strong></p>
<p><strong>Le 30 juillet</strong></p>
<p><strong>Dix mois plus tard, la secousse revint par le nord, le jour de la Fête du Trône. </strong><strong>L&rsquo;analyste espagnol José María « Chema » Gil Garre en a reconstitué la mécanique, à la demande d&rsquo;institutions espagnoles, dans un rapport d&rsquo;environ soixante-dix pages : une campagne amorcée en juin, accélérée en juillet, plus de onze millions d&rsquo;impressions potentielles, et des groupes WhatsApp administrés depuis des numéros en +213. On y échangeait des horaires de car, des points de rendez-vous, le chemin de la digue de Tarajal, l&rsquo;état de la frontière heure par heure. Un groupe nommé « Hijma Kiraj Sebta » distribuait ses consignes dès le 28 juillet ; un autre, le 31, détournait les retardataires vers Melilla.</strong></p>
<p><strong>Sur les plages de Fnideq, des jeunes gens entraient dans l&rsquo;eau, de nuit, sur la foi de messages écrits ailleurs.</strong></p>
<p><strong>Les pages sans maître</strong></p>
<p><strong>En août, la machine reprit. Le 7, le collectif GenZ 212 démentit des convocations publiées sous son nom par des pages qu&rsquo;il ne contrôlait pas. La semaine dernière encore, une page anonyme à sa bannière exploitait les violences lycéennes en France pour pousser la jeunesse marocaine à l&rsquo;émeute, et la traitait de « plus faible des peuples ». Aucun Marocain n&rsquo;écrit cela de son peuple.</strong></p>
<p><strong>Le calendrier d&rsquo;Alger</strong></p>
<p><strong>Le 31 octobre 2025, la résolution 2797 a fait de l&rsquo;autonomie sous souveraineté marocaine la base des négociations, par onze voix et sans opposition ; l&rsquo;Algérie s&rsquo;est tenue à l&rsquo;écart du vote. Le 20 octobre 2026, le projet américain est allé plus loin : l&rsquo;autonomie, seule solution réaliste ; la Minurso délestée de son référendum et changée en mission politique ; le maintien de la paix clos au 30 avril 2027 ; l&rsquo;attaque du 5 mai contre Smara condamnée. Le Conseil votera dans quelques jours.</strong></p>
<p><strong>Dans le même temps, les F-16 Block 70/72 Viper rejoignent les bases, les Apache AH-64E entrent en service, Nouaceur accueille une unité de fabrication de structures de F-16, et les Forces armées royales ont fait du drone une doctrine. Les manœuvres aux frontières, les communiqués martiaux, les parades d&rsquo;Alger ont perdu leur public.</strong></p>
<p><strong>Reste l&rsquo;écran. Il coûte peu : quelques centaines de comptes, une poignée d&rsquo;administrateurs, des cartes SIM. Aucune défense aérienne ne l&rsquo;intercepte.</strong></p>
<p><strong>Les répliques</strong></p>
<p><strong>Elles viendront. Autour du vote de New York d&rsquo;abord, puis à chaque date symbolique, à chaque drame d&rsquo;hôpital ou d&rsquo;examen, à chaque rendez-vous où le Maroc se montre au monde. Elles prendront la forme d&rsquo;une page anonyme, d&rsquo;une convocation apocryphe, d&rsquo;une vidéo arrachée à son contexte, d&rsquo;un groupe de messagerie à l&rsquo;indicatif étranger.</strong></p>
<p><strong>Le Maroc a de quoi y répondre : une veille publique en sources ouvertes qui documente et publie, des rédactions qui vérifient avant de relayer, des citoyens qui savent lire l&rsquo;âge d&rsquo;un compte et l&rsquo;accent d&rsquo;un slogan. Il a surtout ce qu&rsquo;aucune ferme à trolls ne fabrique, une cohésion ancienne, éprouvée, que les écrans d&rsquo;Alger n&rsquo;ont jamais entamée.</strong></p>
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