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	<title>Mohamed Krich &#8211; Le collimateur</title>
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	<description>Le goût de la vérité n&#039;empêche pas la prise de parti</description>
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	<title>Mohamed Krich &#8211; Le collimateur</title>
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		<title>UN ARTISTE. UNE ŒUVRE.  MOHAMED KRICH. FIGURATION ET ABSTRACTION. ART DE LA SYNTHÈSE</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/43081</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Azdine Hachimi Idrissi]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Mar 2021 15:50:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[KALÉIDOSCOPE]]></category>
		<category><![CDATA[Mohamed Krich]]></category>
		<category><![CDATA[un artiste]]></category>
		<category><![CDATA[Une oeuvre]]></category>
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					<description><![CDATA[*** Exploration simultanée du figuratif et de l’abstrait Mohamed Krich est considéré comme peintre de la mémoire collective, du temps, du souvenir, des fragments du passé… en une lecture juste de son œuvre. Mais on peut aussi aller au-delà du fond pour en examiner la forme.  L’œuvre de Mohammed Krich établit une fine synthèse entre &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><strong><span class="s1">*** Exploration simultanée du figuratif et de l’abstrait</span></strong></p>
<p class="p1"><span class="s1">Mohamed Krich est considéré comme peintre de la mémoire collective, du temps, du souvenir, des fragments du passé… en une lecture juste de son œuvre. Mais on peut aussi aller au-delà du fond pour en examiner la forme. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">L’œuvre de Mohammed Krich établit une fine synthèse entre figuration et abstraction. Elle se déploie sur deux genres… en apparence antithétique. Ses œuvres figuratives comportent des éléments apparentés à l’abstraction… et inversement.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Krich n’est pas dans une démarche où il aurait opté pour l’abstraction après avoir épuisé la figuration. Il n’est pas dans la rupture entre catégories ou périodes. Figuration et abstraction participent chez lui d’un même mouvement, d’une même temporalité. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Bien souvent de grands artistes affirment avoir tourné la page d’une période pour en ouvrir une autre. Mais Krich est dans une synthèse qui lui est propre.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">A l’occasion de son exposition rétrospective à So Art Gallery en<span class="Apple-converted-space">  </span>mars 2016 à Casablanca,<span class="Apple-converted-space">  </span>sous le thème « Quand la figuration s’allie à la modernité », Mohamed Krich a publié dans le catalogue un texte intitulé « Essentiel et Diversité ».</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Il y évoque ses convictions esthétiques: « Les genres dans l’art pictural dans leurs aspects structurels et formels relèvent de l’éphémère dans le sens où tout style se voit, au fil du temps, voué au dépassement, à la désuétude et à l’abandon, dans le temps et l’espace ».</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Aucun genre ne saurait donc, selon Krich, qui est aussi critique d’art, se prévaloir de la permanence. Les synergies sont inéluctables. Aucun domaine d’expression plastique ne peut s’ériger<span class="Apple-converted-space">  </span>comme support exclusif. Chaque genre se nourrit de l’autre. Figer l’art dans des catégories verrouillées n’aurait aucun sens.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">La seule constante pour Krich est « la pratique de l’art en tant qu’activité existentielle… qui est permanente, immuable et intemporelle »… laissant ainsi comprendre que<span class="Apple-converted-space">  </span>les déclinaisons viennent en second lieu.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Un autre propos de Krich va dans le même sens : « Cette exposition est le fruit d&rsquo;un travail de quarante<span class="Apple-converted-space">  </span>années à travers laquelle j’explore le figuratif vers l’abstrait ».</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Lorsqu’il dit « explorer le figuratif vers l’abstrait », il ne faudrait pas entendre « abstrait » comme un but, une finalité. En fait, il<span class="Apple-converted-space">  « </span>explore » en une réciprocité entière l’abstraction… « DANS ET PAR »… la figuration. Et il explore aussi la figuration « DANS ET PAR » l’abstraction.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Fait marquant,<span class="Apple-converted-space">  </span>lors de sa rétrospective de 2016, ses œuvres… figuratives et abstraites… ont été accrochées amalgamées… côte à côte… et non confinées dans des espaces distincts dans la galerie.<span class="Apple-converted-space">  </span>Il a choisi<span class="Apple-converted-space">  </span>une « scénographie » remarquable par sa<span class="Apple-converted-space">  « </span>mixité plastique ».<span class="Apple-converted-space">     </span></span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><span class="Apple-converted-space">  </span></span></p>
<p class="p1"><strong><span class="s1">*** Au-delà de la figuration</span></strong></p>
<p class="p1"><span class="s1">Ses œuvres figuratives peuvent apparaître comme une représentation de la réalité visible. Or, il n’y a pas une franche volonté de reproduire le réel avec les techniques picturales classiques, avec leur toucher lissé, régulier, glissant et sans aspérité. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Par exemple, aucun visage, aucun aspect anatomique n’est franchement souligné. Tout n’est que suggéré. Le corps est pris dans sa globalité en tant qu’entité avec un minimum de différenciation.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Krich se détache du motif,<span class="Apple-converted-space">  </span>même si celui-ci reste reconnaissable. Il suggère des lignes, des angles, des masses, en une sorte de « figuration partielle ». La réalité est « reconvertie »<span class="Apple-converted-space">  </span>par la technique. Elle est ensuite « retravaillée » par la subjectivité de l’artiste. Une forte intervention de son « monde intérieur ». </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">C’est au niveau de cette frontière&#8230; l&rsquo;interstice entre la réalité et sa représentation&#8230; que s’épanouit l’art de Mohammed Krich. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Certes, la figuration est… « déclenchée »… mais elle est comme « suspendue ». Et nous verrons aussi qu’il en est de même pour ses créations<span class="Apple-converted-space">  </span>abstraites, qui se trouvent elles aussi « retenues », car elles intègrent des éléments de figuration.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">L’ »abstraction partielle », on la retrouve chez les post-impressionnistes (Gauguin, Van Gogh, Cézanne…).<span class="Apple-converted-space">  </span>Ainsi que dans le fauvisme et le cubisme qui ont « irréalisé » la « réalité ». Le premier a modifié l’équation « lumière/couleur/réel » et le second a fractionné les formes et les lignes. Ces écoles ont questionné<span class="Apple-converted-space">  </span>à l’extrême la notion de figuration et depuis, l’art moderne ne cesse de s’interroger sur les bornes et les démarcations.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Le travail de Krich s’inscrit dans ces questionnements. On peut distinguer trois facteurs qui participent, chez lui, à cette « retenue » de la figuration qui ne se manifeste pas<span class="Apple-converted-space">  « </span>pleinement ».</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">D’abord, des techniques picturales qui engendrent une sorte de<span class="Apple-converted-space">  « </span>trompe-l’œil »… Un « effet optique » engendré par des touches rapides et nerveuses employant des mélanges de pigments qu’il fabrique lui-même.<span class="Apple-converted-space">  </span>Cela aboutit à une pâte singulière qui permet des effets dont il a le secret oscillant entre « réalisme » et « impressionnisme ». </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Ensuite, le degré d&rsquo; « éloignement et de proximité » qui modifie la perception de l’œuvre… De près, la toile de Krich laisse voir une matière colorée, éparpillée, éclatée… Quelques pas en arrière, tout se ramasse, se regroupe, s’agglomère. Les œuvres « pleinement » figuratives ne donnent pas cet effet.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Enfin, le sujet<span class="Apple-converted-space">  « </span>ombre/fumée », présent dans la majeure partie de ses toiles participe à l’ »irréalisation » de la figuration. Les ombres systématiques des silhouettes et les volutes de fumée imprègnent la toile d’un voile d’étrangeté.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">L’œuvre qui est déjà partiellement figurative en devient insaisissable. La forte intervention du<span class="Apple-converted-space">  « </span>traitement du réel » par l’imaginaire transcende<span class="Apple-converted-space">  </span>la réalité qu’il est supposé représenter.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Cela rappelle une célèbre formule: « Le figuratif se voit avec les « yeux » et l’abstrait se voit avec les « neurones » ».</span></p>
<p class="p1"><strong><span class="s1">*** Au-delà de l’abstraction</span></strong></p>
<p class="p1"><span class="s1">Dans l’autre sens, ses « compositions abstraites » comportent des traces de la réalité visible, même si elle n’est pas immédiate.<span class="Apple-converted-space">  </span>La composition laisse deviner un semblant de « référence issue du réel ».</span></p>
<p class="p1"><span class="s1"> Le fond de la composition semble constitué de silhouettes vaporeuses et éthérées. Fragment d’une « scène de foule » (un de ses thèmes récurrents) qui serait extrait d’une de ses œuvres. Scène amplifiée saturant la totalité de l’espace de la toile.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1"> Il retravaille librement les formes, la lumière, les couleurs, les tons, les nuances, les contrastes, les empreintes, les matières… restituant ainsi la démarche et le perçu de tout artiste engagé dans une « création abstraite ».<span class="Apple-converted-space">   </span></span></p>
<p class="p1"><span class="s1">La formule « art de la synthèse » s’applique incontestablement à cette démarche et lui confère intensité esthétique et profondeur de sens. L’œuvre de Krich l’inscrit dans le débat actuel de la modernité plastique. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Le<span class="Apple-converted-space">  </span>peintre Yvo Jacquier résume ainsi<span class="Apple-converted-space">  </span>ce débat:</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">« La peinture doit être considérée comme l’art d’agencer les formes plus que l’art de raconter une histoire (…) La peinture ne saurait être envisagée comme purement figurative ni purement abstraite. La peinture n’est pas dans le choix d’un camp figuratif ou abstrait (…) Tout simplement parce que le terrain qui sépare les deux camps n’est pas un champ de bataille, mais un jardin à cultiver. »</span></p>
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