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	<title>migrant &#8211; Le collimateur</title>
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	<description>Le goût de la vérité n&#039;empêche pas la prise de parti</description>
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		<title>Le poids des mots : du « migrant » à l&#8217;« expatrié »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 06 May 2026 09:58:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
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					<description><![CDATA[Par: Allal KHEIREDDINE Un médecin marocain qui exerce à Lille est un « immigré ». Un simple technicien français installé à Casablanca est un « expatrié ». Ils ont fait le même geste, traversé la même Méditerranée, quitté leur pays pour des raisons souvent identiques, le travail, l&#8217;opportunité, l&#8217;envie d&#8217;une autre vie. Pourtant, la langue les sépare radicalement. À &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Par: Allal KHEIREDDINE</p>
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<p>Un médecin marocain qui exerce à Lille est un « immigré ». Un simple technicien français installé à Casablanca est un « expatrié ». Ils ont fait le même geste, traversé la même Méditerranée, quitté leur pays pour des raisons souvent identiques, le travail, l&rsquo;opportunité, l&rsquo;envie d&rsquo;une autre vie. Pourtant, la langue les sépare radicalement. À l&rsquo;un, elle attribue une condition ; à l&rsquo;autre, un statut. À l&rsquo;un, un soupçon ; à l&rsquo;autre, un prestige. Cette asymétrie lexicale n&rsquo;est ni un hasard ni une nuance technique : c&rsquo;est l&rsquo;un des révélateurs les plus crus des hiérarchies symboliques héritées de la colonisation.</p>
<p>Trois mots, une même réalité</p>
<p>Étymologiquement, les termes sont synonymes. Émigré : celui qui quitte un pays. Immigré: celui qui entre dans un autre. Migrant : celui qui se déplace. Expatrié : celui qui vit hors de sa patrie. Quatre mots pour décrire un seul phénomène, le franchissement d&rsquo;une frontière en vue d&rsquo;une installation, durable ou temporaire. Aucun dictionnaire sérieux ne fait de l&rsquo;expatrié une catégorie distincte du migrant. Pourtant, dans l&rsquo;usage courant, médiatique et politique, les deux mots ne se croisent jamais. L&rsquo;un descend ; l&rsquo;autre monte.</p>
<p>Une cartographie hiérarchique</p>
<p>Le critère implicite de cette répartition n&rsquo;est ni la durée du séjour, ni la nature du contrat, ni le diplôme : c&rsquo;est la direction du flux. Du Sud vers le Nord, on est migrant. Du Nord vers le Sud, on est expatrié. Un ingénieur sénégalais à Toulouse demeure « issu de l&rsquo;immigration » au bout de vingt ans ; un cadre français à Dakar reste « expat » dès le premier jour. Les statistiques officielles entérinent cette grammaire : on parle de « Français de l&rsquo;étranger », jamais d&rsquo;émigrés français, alors même que le terme leur conviendrait à la lettre. Émigré, en français contemporain, ne s&rsquo;applique plus aux nationaux : il est réservé à ceux qui partent d&rsquo;ailleurs.</p>
<p>Des racines coloniales</p>
<p>Cette asymétrie n&rsquo;est pas un caprice sémantique. Elle prolonge un imaginaire forgé au XIXᵉ siècle, où les Européens « civilisaient » tandis que les autres « se déplaçaient ». Le colon et le missionnaire étaient des envoyés ; les autres, des indigènes mobiles, suspects par principe. Les indépendances ont aboli les empires sans dissoudre cette syntaxe mentale. La mondialisation l&rsquo;a recyclée : les flux de capitaux et de cadres occidentaux deviennent « mobilité internationale » ; les flux humains inverses deviennent « pression migratoire », « vague », « afflux ». Vocabulaire de la météorologie pour les uns, vocabulaire de la carrière pour les autres.</p>
<p>L&rsquo;absurdité logique</p>
<p>Soumis à l&rsquo;épreuve de la cohérence, le système se défait. Si le critère était la qualification, comment expliquer qu&rsquo;un chirurgien syrien soit un « réfugié » quand un consultant britannique sans diplôme est un « expat » ? Si c&rsquo;était la richesse du pays d&rsquo;accueil, pourquoi les Coréens à Paris ne sont-ils jamais des migrants ? Si c&rsquo;était le caractère temporaire du séjour, pourquoi un Marocain installé en France depuis quarante ans reste-t-il « immigré » quand un Français de troisième génération à Singapour reste « expatrié » ? Aucune définition ne résiste. Le tri est antérieur aux critères : il porte sur les corps avant de porter sur les trajectoires.</p>
<p>Une connotation raciste</p>
<p>Il faut nommer la chose. Lorsqu&rsquo;un mot s&rsquo;applique systématiquement à certaines populations en fonction de leur origine et de leur couleur, et qu&rsquo;un autre, plus valorisant, est réservé à d&rsquo;autres dans des conditions identiques, ce n&rsquo;est plus de la sémantique : c&rsquo;est de la racialisation. Migrant est devenu, dans le discours dominant, le marqueur d&rsquo;une étrangeté soupçonneuse, d&rsquo;un excédent à gérer, d&rsquo;un coût à contenir. Expatrié garde le parfum du voyage choisi, du talent qui s&rsquo;exporte, du mérite qui s&rsquo;épanouit. Que la même personne, selon la couleur de son passeport, bascule de l&rsquo;un à l&rsquo;autre suffit à montrer que la frontière n&rsquo;est pas linguistique : elle est raciale.</p>
<p>Les Marocains ont esquissé une  » réforme  » langagière en attribuant à leurs citoyens à l&rsquo;étranger, cette appellation assez poétique  » Marocains du monde, Marocains Résidant à l&rsquo;Étranger « , mais rien n&rsquo;y fait, ce sont des  » Zmagrias » !</p>
<p>Reprendre la langue</p>
<p>Les mots façonnent ce qu&rsquo;ils prétendent décrire. Continuer d&rsquo;opposer migrants et expatriés, c&rsquo;est entretenir une hiérarchie sans la dire. Il faudrait soit étendre expatrié à tous ceux qui vivent hors de leur pays — Marocain à Lille, Sénégalais à Marseille, Tunisien à Bordeaux — soit, plus honnêtement encore, parler simplement de migrants pour tout le monde, Français à Dakar comme Marocains à Lille. La symétrie du vocabulaire est la condition minimale d&rsquo;une symétrie du regard. Tant que la langue triera les humains à leur insu, le racisme aura un domicile lexical.</p>
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		<title>Vidéo. Mélilia: Les images choquantes de l’intervention policière espagnole contre les migrants</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/74441</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ziad Alami]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 06 Mar 2022 10:46:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[POLITOSCOPE]]></category>
		<category><![CDATA[Mélilia]]></category>
		<category><![CDATA[migrant]]></category>
		<category><![CDATA[violences policières]]></category>
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					<description><![CDATA[Sur les réseaux sociaux, la vidéo provoque choc et indignation. Et pour cause, la violence policière barbare avec laquelle de pauvres migrants subsahariens ont été affrontés mercredi et jeudi derniers, lors d’une tentative d’entrer dans le préside marocain occupé de Mélilia. &#160; &#160; Me pregunto ¿cómo está el chico que tras ser estampado contra el &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">Sur les réseaux sociaux, la vidéo provoque choc et indignation. Et pour cause, la violence policière barbare avec laquelle de pauvres migrants subsahariens ont été affrontés mercredi et jeudi derniers, lors d’une tentative d’entrer dans le préside marocain occupé de Mélilia.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<blockquote class="twitter-tweet">
<p dir="ltr" lang="es">Me pregunto ¿cómo está el chico que tras ser estampado contra el suelo sigue siendo golpeado?.<br />
Nadie le preguntará cuál es su historia. <a href="https://t.co/KY6rDrSAPZ">pic.twitter.com/KY6rDrSAPZ</a></p>
<p>— Helena Maleno Garzón (@HelenaMaleno) <a href="https://twitter.com/HelenaMaleno/status/1499824901187907589?ref_src=twsrc%5Etfw">March 4, 2022</a></p></blockquote>
<p><script async src="https://platform.twitter.com/widgets.js" charset="utf-8"></script></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="p1"><span class="s1">Les images montrent un migrant immobilisé sur le sol, face contre terre et, comble des combles, piétiné par un RoboCop de la Guardia civil. Pendant ce temps, un autre migrant est jeté par terre avant d’être roué de coups de pied par un autre policier. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">« Je me demande comment va le garçon qui après avoir été piétiné au sol continue d&rsquo;être battu ? </span><span class="s1">Personne ne vous demandera quelle est votre histoire », s’est indignée la militante espagnole des droits de l&rsquo;homme, Helena Maleno Garzón.</span></p>
<p>Des images qui doivent faire honte à l&rsquo;Espagne qui se gargarise d&rsquo;être « la 23ème démocratie du monde » et à l&rsquo;Europe qui se veut « le temps des libertés et des droits de l&rsquo;homme »!</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
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