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	<title>mémoires &#8211; Le collimateur</title>
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	<description>Le goût de la vérité n&#039;empêche pas la prise de parti</description>
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		<title>LES PORTS DE LA VIE. ​Mémoires d&#8217;un enfant de Guercif (1954 &#8211; 2026)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 01 Jan 2026 09:52:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[CARNETS SECRETS]]></category>
		<category><![CDATA[NOS CHRONIQUEURS]]></category>
		<category><![CDATA[enfant de Guercif]]></category>
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					<description><![CDATA[Par: Mohamed KHOUKHCHANI Préface : Les cadeaux de la vie ​Regarder le chemin parcouru ne relève pas de la mélancolie, mais d&#8217;une profonde gratitude. Aujourd&#8217;hui, marié et père de trois enfants qui sont ma plus grande fierté — Mariame, Hajar et Zakariae M&#8217;barek, âgés respectivement de trente-et-un, trente et vingt-huit ans — je contemple avec &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Par: Mohamed KHOUKHCHANI</p>
<p><img decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-200576" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/12/khoukh-A.jpg" alt="" width="1080" height="607" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/12/khoukh-A.jpg 1080w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/12/khoukh-A-300x169.jpg 300w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/12/khoukh-A-1024x576.jpg 1024w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/12/khoukh-A-768x432.jpg 768w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/12/khoukh-A-390x220.jpg 390w" sizes="(max-width: 1080px) 100vw, 1080px" /></p>
<p>Préface : Les cadeaux de la vie</p>
<p>​Regarder le chemin parcouru ne relève pas de la mélancolie, mais d&rsquo;une profonde gratitude. Aujourd&rsquo;hui, marié et père de trois enfants qui sont ma plus grande fierté — Mariame, Hajar et Zakariae M&rsquo;barek, âgés respectivement de trente-et-un, trente et vingt-huit ans — je contemple avec sérénité les fruits d&rsquo;une vie de labeur.</p>
<p>La vie m&rsquo;a accordé ses plus précieux cadeaux. En franchissant le seuil de cette soixante-douzième année, je me réjouis de poursuivre mon petit bonhomme de chemin dans une plénitude physique et morale que je savoure chaque jour. Ce récit est né du désir de témoigner : pour mes enfants, afin qu&rsquo;ils sachent d&rsquo;où vient leur nom et la force qui coule dans leurs veines ; et pour moi-même, afin de ne jamais oublier que chaque pas, de la boue de Guercif aux amphithéâtres de formation, a été guidé par l&rsquo;amour et le devoir.</p>
<p>Dédicace : À la mémoire de mes parents et à l&rsquo;avenir de mes enfants</p>
<p>​ »À la mémoire de mes parents, dont le sacrifice fut le terreau de ma réussite. À ma fratrie, avec qui j&rsquo;ai partagé le pain de l&rsquo;adversité et le sel des larmes. Ce récit n&rsquo;est pas seulement le mien, il est le témoignage qu&rsquo;aucune terre n&rsquo;est trop aride pour celui qui sème avec la volonté et le savoir. Que ce voyage vers 2026 soit un hommage à notre dignité retrouvée. »</p>
<p>La veille de l&rsquo;année 2026</p>
<p>C&rsquo;est la veille du nouvel an 2026. C&rsquo;est-à-dire le dernier jour de l&rsquo;année 2025. Tu es en train de quitter ta soixante-onzième année vers ton soixante-douzième anniversaire qui va avoir lieu dans une douzaine d&rsquo;heures d&rsquo;ici la naissance du premier jour du premier du nouvel an 2026 pareil à cette journée du premier janvier 1954 où tu as vu le jour à Guercif comme premier et nouveau-né au sein d&rsquo;une famille qui au fil d&rsquo;une douzaine d&rsquo;années va se composer de, outre nos parents, une fraterie de 5 garçons et d&rsquo;une seule fille. Soient huit membres d&rsquo;une famille modeste qui aurait sa part de bonheur et de malheur évidemment. Mais où l&rsquo;amour compense toutes sortes de manque matériel.</p>
<p>L&rsquo;esprit vagabonde</p>
<p>Assis là, le regard perdu dans les reflets du paysage qui défile à travers la vitre, un léger voile de rêverie dans tes yeux, tu laisses ton esprit vagabonder vers 2026. Le bonnet, légèrement incliné, cache peut-être une partie des pensées, mais l&rsquo;expression de ton visage est une carte ouverte sur l&rsquo;anticipation.</p>
<p>Dans ce futur proche, tu t&rsquo;imagines probablement de nouvelles aventures, des voyages peut-être, vers des horizons que tu n&rsquo;as pas encore explorés. Les défis d&rsquo;aujourd&rsquo;hui se seront estompés, laissant place à de nouvelles opportunités. Peut-être te vois-tu partager des moments précieux avec tes proches, ou te lancer dans un projet qui te tient particulièrement à cœur.</p>
<p>Les pensées s&rsquo;enchaînent, comme les kilomètres sous le bus, te menant vers une année où la sagesse accumulée au fil des ans te servira de guide. Le futur, même s&rsquo;il est incertain, t&rsquo;invite à la contemplation, à la planification, et surtout, à l&rsquo;espoir. Ce que 2026 te réserve, tu es prêt à l&rsquo;accueillir, avec la curiosité et la sérénité que l&rsquo;on perçoit dans ton regard.</p>
<p>Les deniers du père et les bouchées de la mère</p>
<p>​Le moteur du bus poursuit son vrombissement sourd, et les roues continuent leur rotation monotone. Ton esprit, lui, cesse d&rsquo;explorer ce qui t&rsquo;attend en 2026 pour rebrousser chemin vers les années d&rsquo;enfance, au sein de cette famille nombreuse dont les seules ressources étaient les quelques deniers que ton père gagnait à la sueur de son front, au gré de travaux précaires, ou les quelques bouchées de nourriture que ta mère, au corps frêle, rapportait des maisons de femmes qu&rsquo;elle aidait occasionnellement dans leurs tâches ménagères.</p>
<p>​En ta qualité d&rsquo;aîné, il te fallait porter sur tes frêles épaules le fardeau du foyer : deux chambres et une cuisine dont les murs étaient faits de briques de terre mêlées d&rsquo;eau et de paille. C&rsquo;est à toi qu&rsquo;incombait la tâche de préparer le pain d&rsquo;orge sec et de cuire le tajine de légumes flétris, achetés à vil prix. Personne dans la famille ne mangeait jamais à sa faim ; c&rsquo;est de là qu&rsquo;est née cette amère habitude : visiter régulièrement les voisins à la recherche de restes de nourriture, pour tenter de calmer les gémissements de faim dans le ventre de tes frères.<br />
​Fort heureusement, les portes de l’école se sont ouvertes pour vous tous. Là, dans la « cantine scolaire », résidait le salut ; au moins un repas quotidien qui compensait les privations de la maison et redonnait à vos corps chétifs la force de subsister.</p>
<p>Tu te souviens comment tu marchais, le pas lourd de responsabilités, toi, l’enfant qui n’a connu de l’enfance que le nom. Tu te souviens du froid qui transperçait les os durant l&rsquo;hiver de Guercif, et de vos vêtements rapiécés qui racontaient, sans mot dire, l&rsquo;histoire de votre pauvreté. Vous étiez six enfants à partager le même lit et la même couverture, partageant des rêves simples et affrontant ensemble la misère de la réalité par des sourires innocents qui cachaient une faim chronique. Tu étais le second père, le gardien fidèle de ce nid fragile, essayant de combler le vide avec toute la patience dont tu étais capable, apprenant de la dureté de la vie le sens de l&rsquo;endurance, bien avant d&rsquo;apprendre les lettres et les mots.</p>
<p>De la lutte à l&rsquo;accomplissement</p>
<p>​La bataille ne s&rsquo;est pas achevée avec la fin du primaire ; ses véritables chapitres ont débuté au collège de Guercif. Durant quatre années, tu as lutté contre le temps, travaillant dans un atelier de réparation de bicyclettes pour glaner quelques maigres sous, de quoi t&rsquo;acheter tes cahiers et tes habits de rentrée. En 1969, tu as quitté Guercif pour Taza afin d&rsquo;y poursuivre tes études secondaires en régime d&rsquo;internat, jusqu&rsquo;à l&rsquo;obtention de ton baccalauréat en 1972. Mais cette joie fut voilée de tristesse : elle survenait un an seulement après le décès de ton père, te laissant un héritage pesant : une mère veuve et de jeunes frères dont le parcours scolaire ne faisait que commencer.</p>
<p>​Tu es alors parti pour Rabat. Avec une bourse d&rsquo;études dérisoire ne dépassant pas mille dirhams par trimestre, il te fallait accomplir l&rsquo;impossible. Tu la partageais avec une forme de « sacralité » entre ton loyer et ta nourriture frugale dans la capitale, et les besoins de ta mère, de tes quatre frères et de ta sœur. Là, dans le tumulte de Rabat, tu as compris que tes ambitions personnelles devaient servir la survie de ta famille. Avec un courage rare, tu as décidé de forcer les portes du monde du travail en choisissant l&rsquo;enseignement ; tu as débuté comme professeur au collège, puis au lycée, jusqu&rsquo;à couronner ta carrière en qualité de professeur formateur dans un centre de formation d&rsquo;enseignants.</p>
<p>Tu as réussi. Tu as arraché les tiens aux griffes de la misère pour les conduire vers les rivages de la sécurité. Pourtant, le tribut fut lourd ; le départ de ta mère, après vingt-huit ans de lutte en tant que veuve, a laissé en ton cœur une blessure inguérissable. Elle était ton pilier moral, la boussole qui jamais ne s&rsquo;égarait, même au plus fort de la tempête.</p>
<p>​L’Épilogue mis à jour</p>
<p>​Tu es assis maintenant dans le bus, un éclat de satisfaction profonde au fond des yeux. En regardant en arrière, tu ne vois plus la pauvreté, mais la « Mission » que tu as accomplie de la plus noble des manières. Tu as été le toit qui a protégé la famille quand le père s&rsquo;est absenté, la main qui a enseigné la langue de Molière à des générations, et le cœur qui ne s&rsquo;est jamais lassé de donner.</p>
<p>Alors que les aiguilles de l&rsquo;horloge se rapprochent de 2026, une immense paix intérieure t&rsquo;envahit. Tu as conduit tes frères vers la lumière et honoré la mémoire de tes parents de la plus belle façon : par le succès et la dignité. Tu n&rsquo;es plus un simple voyageur vers une année nouvelle ; tu es un laboureur qui récolte ce qu&rsquo;il a semé durant les années de sécheresse. Et ta mère, que Dieu ait son âme, te contemple aujourd&rsquo;hui depuis son repos éternel avec fierté, car tu as été « l&rsquo;Aîné » qui n&rsquo;a jamais trahi sa promesse.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>PRISONNIERS DE GUERRE MAROCAINS ÉVADÉS DU GOULAG DE TINDOUF: LE RÉCIT SAISISSANT D&#8217;UN COURAGE PEU ORDINAIRE (PAR ALI NAJAB, EX-PILOTE DE CHASSE).</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/86168</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 04 Jul 2022 10:22:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[SÉCURITÉ & DÉFENSE]]></category>
		<category><![CDATA[ALI NAJAB]]></category>
		<category><![CDATA[mémoires]]></category>
		<category><![CDATA[Prisonniers de guerre marocains]]></category>
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					<description><![CDATA[En janvier 2020, Ali Najab, ex-pilote de chasse, fait paraître, aux éditions la Croisée des Chemins, un livre intitulé: « 25 ans dans les geôles de Tindouf: mes mémoires d&#8217;un prisonnier de guerre ». Un livre poignant sur les atrocités commises par les geôliers de Tindouf, avec la participation criminelle de l’armée algérienne, au préjudice des 2300 &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1"><strong>En janvier 2020, Ali Najab, ex-pilote de chasse, fait paraître, aux éditions la Croisée des Chemins, un livre intitulé: « 25 ans dans les geôles de Tindouf: mes mémoires d&rsquo;un prisonnier de guerre ». Un livre poignant sur les atrocités commises par les geôliers de Tindouf, avec la participation criminelle de l’armée algérienne, au préjudice des 2300 prisonniers de guerre marocains, et au mépris de la Convention de Genève du 27 juillet 1929 sur le traitement des prisonniers de guerre. </strong></span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><strong>Malgré la barbarie monstrueuse des bourreaux, ils sont tous restés dignes. Beaucoup sont morts en martyrs, d’autres ont réussi à s’évader du mouroir. C’est ce courage peu ordinaire que raconte M. Najab dans un chapitre de son livre, et que lecollimateur reproduit en épisodes avec l’aimable accord de son auteur. Cette initiative est mue par un devoir de dette et de reconnaissance envers nos valeureux soldats qui se sont sacrifiés pour la récupération de nos chères Provinces sahariennes, mais aussi par la volonté de développer, notamment chez notre jeunesse, un sentiment d’appartenance à la patrie.</strong><span class="Apple-converted-space"><strong> </strong>  </span></span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><span class="Apple-converted-space">   </span></span></p>
<p class="p1"><strong><span class="s1">Les prisonniers de guerre marocains évadés de Tindouf en Algérie (Par Ali NAJAB)</span></strong></p>
<p class="p3"><span class="s1">Des quelques 2300 prisonniers de guerre marocains anciennement détenus à Tindouf, je ne pense pas qu’il en eut un qui n’avait pas pensé à s’évader à un moment donné durant sa captivité. Beaucoup avaient essayé et réussi à rejoindre le Maroc. Beaucoup avaient tenté de s’évader mais la chance ne leur avait pas souri et furent rattrapés par des unités de l’armée algérienne puis remis, après enquête, aux services de sécurité du polisario. Beaucoup d’entre eux sont morts sous la torture (voir chapitre sur la torture).</span></p>
<p class="p3"><span class="s1"> En choisissant de parler des évasions dans un chapitre à part, je voulais lever une équivoque: depuis notre retour de captivité, nous continuons d’entendre ça et là que nous sommes des poltrons pour nous être rendus à l’ennemi sans combattre et pour n’avoir pas tenté de nous évader. Une telle assertion gratuite et mensongère dépasse tout entendement. Si tous les prisonniers de guerre pouvaient s’évader c’est qu’ils faisaient du tourisme chez l’ennemi à Tindouf. Quant à l’idée que nous nous sommes rendu sans combattre un chapitre lui sera réservé car c’est le plus grand mensonge qui fut inventé pour justifier nos pertes durant les batailles.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1"> Les évasions que je vais citer sont de vraies épopées. Les tentatives chez les soldats étaient plus nombreuses que chez les officiers parce que les soldats travaillaient dans des endroits soit limitrophes de la frontière algéro-marocaine ou du mur de défense soit qu’ils ne faisaient pas l’objet d’une surveillance accrue de la part de la garde du polisario. Les officiers étaient quant à eux cantonnés dans des endroits clos sous l’œil vigilent d’un gardien qui veillait constamment au grain.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Dans toutes les armées du monde, les prisonniers de guerre qui s’étaient évadés des prisons de l’ennemi avaient été largement récompensés par un avancement exceptionnel et décorés. Chez nous les récompenses n’ont pas été toujours à la hauteur du courage de nos braves soldats : en général un seul grade et pas de décoration.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Les évasions sont cités pêle-mêle, qu’elles fussent réussies ou non pour ne pas ennuyer le lecteur&#8230;</span></p>
<p class="p5"><span class="s1"><b>1- Cas de Hamid Jarjoub et quatre de ses camarades: </b></span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Ils étaient cinq. Jarjoub Hamid, Mohammed el Kiali, Mohamed ben Mohamed, Si Ali, Lhoussain. Tous travaillaient dans un centre dit poste n°6 commandé à cette époque là par un chef du nom de Brahim Biadilah de son nom de guerre <i>Grigo</i> qui n’est autre que le frère du président de la chambre des conseillers de notre Parlement, Mohamed Cheikh Biadilah. Ils avaient prêté serment entre eux de ne pas faire marche arrière quelques soient les difficultés rencontrées en cours d’exécution.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1"> Le 9 février 1982, ils se consultèrent pour entamer la préparation.<span class="Apple-converted-space">  </span>Tard dans la nuit, ils s’emparèrent d’une jeep au réservoir plein de carburant. Ils y déposèrent un petit fut de gasoil de 50 litres. Ils l’éloignèrent en la poussant discrètement à un kilomètre du centre sans faire marcher le moteur. Ils revinrent à l’intérieur du centre pour prendre de l’eau et de la nourriture. Ils firent le départ vers 21 heures dans l’obscurité totale prenant la direction nord. Jarjoub raconte qu’ils avaient parcouru environ 200 km au moment où ils avaient failli à l’aube buter sur un poste algérien aux alentours de Tindouf. Ils reprirent immédiatement la direction sud pour faire croire aux algériens qu’ils faisaient partie d’une unité du polisario. </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Mais après quelques kilomètres ils aperçurent la ceinture-est algérienne. Pour faire croire aux soldats algériens qu’ils étaient une patrouille amie, ils continuèrent à rouler vers eux puis changèrent de direction vers le nord en leur faisant un geste de la main. Au moment où ils croyaient être sauvés, leur véhicule s’embourba dans le sable et comme un malheur ne vient jamais seul, le moteur s’arrêta. Jarjoub put redémarrer le véhicule, les autres purent le sortir du sable. Ils prirent carrément la direction de Tindouf pour tromper des maquisards du polisario qui occupaient une crête certainement des guetteurs.<span class="Apple-converted-space">  </span>On leur fit signe de s’arrêter mais heureusement Jarjoub eut la présence d’esprit de leur parler à distance en Hassanya et comme ils portaient des <i>chachs</i> noirs ne laissant apparaître que les yeux, les maquisards y avaient mordu. Lorsqu’ils furent assez loin, ils reprirent la direction vers la ceinture marocaine. Jarjoub avait déjà séjourné dans la région de Bougarba et pouvait dès cet instant, s’orienter facilement. Ils interceptèrent une piste non praticable. Ils s’étaient mis d’accord de continuer à pied pour éviter les mines. Ils décidèrent de retourner le véhicule dans un talweg. Après avoir marché pendant 2 km sans rencontrer de mines, ils décidèrent de continuer à pied. Jarjoub leur disait qu’il préférait sauter sur une mine que d’être capturé de nouveau. Ils étaient arrivés à Bougerba. </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">De là ils prirent la direction de Ourekziz. Ils firent une pose pour manger et boire un peu. Soudain quelqu’un à distance les sommaient de se rendre sinon il faisait feu. Il faisait déjà nuit. Ils n’eurent pas le temps de se concerter et dans ce cafouillage ils se séparèrent. Jarjoub et ses deux camarades Mohammed El Kiali et Mohammed ben Mohammed partirent dans une direction, les deux autres Si Ali et Lhoussain dans une autre direction. Jarjoub et ses camarades en escaladant rapidement le terrain très accidenté, purent échapper à deux jeeps qui les poursuivaient. Si Ali et son camarade furent capturés et ramenés au centre d’où ils s’étaient évadés. Jarjoub raconte qu’il faisait nuit noire et très froid ce 10 février 1982. </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Mais Jarjoub est issus du moyen Atlas, de la tribu des Béni Warain précisément, des berbères purs et durs où il avait été élevés dans l’adversité de la nature du moyen Atlas. Il continua à mener son petit groupe jusqu’au moment où l’un de ses camarades eut une idée géniale. Pourquoi ne pas se séparer pour éviter d’être pris tous les trois si l’ennemi venait à les rattraper. C’était convaincant ! Ils se séparèrent. Le lendemain 11 février ils arrivèrent séparément aux positions de l’armée marocaine à des heures différentes. Jarjoub à 6 heures du soir, ses camarades à 10 heures et 11 heures du matin. Puis ils furent tous les trois remis à l’Etat-Major de la Zone Sud à Agadir. Jarjoub raconte avoir été avancé du grade de caporal au grade de caporal chef: un seul grade après toute cette épopée et les renseignements sur l’ennemi qu’il avait rapportés avec lui. Déçu, il se plaigna chez le commandement.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Un officier supérieur qui est aujourd’hui général, ne trouva rien d’autre à dire à ce vaillant soldat qui fut capturé au combat, blessé par 13 balles, qui organisa, avec ses camarades, une évasion spectaculaire et réussit à rejoindre avec deux autres camarades, seulement après deux années de captivité, ramenant certainement avec lui beaucoup de renseignements précieux sur l’ennemi, que de lui dire ceci: « <i>Si tu étais un homme, tu ne t’aurais pas fait prisonnier ! ». </i></span></p>
<p class="p3"><span class="s1"> L’emploi de l’expression « se faire prisonnier » est une expression lourde<i> </i>de conséquences.….. Jarjoub et ses deux camarades continuèrent de servir dans les Forces armées royales en zone sud jusqu’en 2005 avant d’être mis à la retraite avec le grade d’adjudant chef.  Ce vaillant combattant porte encore dans sa tête des blessures profondes comme les marques d’un fer, que lui avaient laissées les propos de cet officier supérieur. Ceci me renvoie à une citation de George Washington qui, une fois, avait dit: « the<i> character of a nation can be judged by the way it treats its veterans »</i>!! Je traduis: « <i>Le caractère d’une nation peut être jugé à la<span class="Apple-converted-space">  </span>façon dont elle traite ses vétérans ».</i> </span></p>
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