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	<title>lois “impunies” &#8211; Le collimateur</title>
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		<title>Après quinze années d’attente : le Maroc s’apprête-t-il enfin à tourner la page des lois “impunies” ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 13 Dec 2025 12:06:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[POLITOSCOPE]]></category>
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					<description><![CDATA[Par: Mohamed KHOUKHCHANI Après un silence institutionnel de plus de quinze ans et un dépassement manifeste du délai constitutionnel fixé à cinq ans, la question du contrôle a posteriori de constitutionnalité des lois refait surface avec une intensité inattendue. La récente intervention du Club des magistrats du Maroc, lors de la réunion de la Commission &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Par: Mohamed KHOUKHCHANI</p>
<p><img decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-200576" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/12/khoukh-A.jpg" alt="" width="1080" height="607" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/12/khoukh-A.jpg 1080w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/12/khoukh-A-300x169.jpg 300w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/12/khoukh-A-1024x576.jpg 1024w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/12/khoukh-A-768x432.jpg 768w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/12/khoukh-A-390x220.jpg 390w" sizes="(max-width: 1080px) 100vw, 1080px" /></p>
<p>Après un silence institutionnel de plus de quinze ans et un dépassement manifeste du délai constitutionnel fixé à cinq ans, la question du contrôle a posteriori de constitutionnalité des lois refait surface avec une intensité inattendue.</p>
<p>La récente intervention du Club des magistrats du Maroc, lors de la réunion de la Commission de justice et législation à la Chambre des représentants, a agi comme un électrochoc juridique.</p>
<p>Les magistrats n’ont pas seulement formulé des remarques techniques ; ils ont ouvert le débat sur l’un des chantiers les plus sensibles laissés en suspens depuis la Constitution de 2011.</p>
<p>Un retard de 15 ans… et un vide constitutionnel aux effets réels</p>
<p>Le premier grief des magistrats concerne le retard anormal dans l’adoption de la loi organique 35.24. Ce texte, indispensable pour permettre au citoyen de contester la constitutionnalité d’une loi portant atteinte à ses droits, aurait dû entrer en vigueur au plus tard en 2016.</p>
<p>Ce report interminable a créé un vide constitutionnel, privant les justiciables d’un mécanisme central de protection des libertés, mécanisme pourtant courant dans les démocraties avancées.</p>
<p>L’article 27 : l’élément qui a enflammé le débat.</p>
<p>Le point le plus controversé demeure l’article 27 du projet, qui vise de facto à exonérer l’État et le législateur de toute responsabilité en cas d’adoption d’une loi ultérieurement déclarée inconstitutionnelle.</p>
<p>Pour le Club des magistrats, cette disposition contredit frontalement le principe fondamental de la responsabilité accompagnant la reddition des comptes.</p>
<p>Les magistrats proposent une alternative : reconnaître au citoyen le droit à indemnisation pour “faute législative”. Autrement dit, si une loi inconstitutionnelle cause un préjudice, l’État doit en répondre.</p>
<p>Vers une extension du champ de contrôle</p>
<p>Le Club recommande également :</p>
<p>● l’inclusion des juridictions financières,<br />
● des juridictions militaires,<br />
●et de toute instance appliquant des lois susceptibles d’être contestées.</p>
<p>Objectif : empêcher qu’un pan entier de la législation échappe au contrôle constitutionnel.</p>
<p>Un dispositif protégé contre les abus</p>
<p>Les magistrats soulignent cependant la nécessité de :</p>
<p>● frais judiciaires raisonnables,<br />
● condamnation du perdant aux dépens et honoraires, afin de prévenir les recours abusifs et les stratégies destinées à ralentir les procédures.</p>
<p>Le Maroc au regard des standards démocratiques internationaux</p>
<p>Voici un aperçu comparatif utile au lectorat étranger :</p>
<p>France : La QPC (Question Prioritaire de Constitutionnalité).</p>
<p>En vigueur depuis 2010, elle permet à tout justiciable de contester une loi portant atteinte aux droits constitutionnels. Les décisions du Conseil constitutionnel entraînent l’annulation immédiate du texte.</p>
<p>Allemagne : Le modèle le plus abouti en Europe.</p>
<p>Le recours individuel est direct.</p>
<p>La responsabilité de l’État pour faute législative est admise dans plusieurs cas.</p>
<p>Espagne : Les juges peuvent saisir directement la Cour constitutionnelle lorsqu’ils doutent de la conformité d’une loi.</p>
<p>États-Unis : Tout juge, dans n’importe quelle juridiction, peut écarter une loi contraire à la Constitution.<br />
Les mécanismes d’indemnisation existent pour les préjudices causés par des lois illégales ou inconstitutionnelles.</p>
<p>Conclusion : un tournant constitutionnel attendu depuis 2011.</p>
<p>La prise de position du Club des magistrats du Maroc marque une rupture : elle affirme clairement que l’ère de l’“intouchabilité législative” doit prendre fin.</p>
<p>La véritable question aujourd’hui est la suivante : le Maroc saisira-t-il enfin cette occasion historique pour instaurer un contrôle effectif des lois et reconnaître la responsabilité législative ?</p>
<p>L’avenir du projet 35.24 dira si le Royaume franchira le pas vers une démocratie constitutionnelle pleinement assumée.</p>
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