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	<title>littérature &#8211; Le collimateur</title>
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	<description>Le goût de la vérité n&#039;empêche pas la prise de parti</description>
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	<title>littérature &#8211; Le collimateur</title>
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		<title>« J’écris pour durer » … le cri de notre consœur Aziza Hallak contre l&#8217;éphémère et l&#8217;oubli</title>
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		<pubDate>Tue, 31 Mar 2026 12:29:39 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Le livre « J’écris pour rester », de la journaliste Aziza Hallak, vient de paraître aux éditions « Nawras ». Cet ouvrage de 249 pages est illustré d’une peinture de l’artiste plasticienne Souad Byad. L’auteure explique que « J’écris pour rester » n’est pas qu’un simple titre, mais l’aboutissement d’un sentiment qui l’anime depuis longtemps. Elle confie &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span class="x3jgonx">Le livre « J’écris pour rester », de la journaliste Aziza Hallak, vient de paraître aux éditions « Nawras ». Cet ouvrage de 249 pages est illustré d’une peinture de l’artiste plasticienne Souad Byad.</span></p>
<p><span class="x3jgonx">L’auteure explique que « J’écris pour rester » n’est pas qu’un simple titre, mais l’aboutissement d’un sentiment qui l’anime depuis longtemps. Elle confie qu’à travers chaque texte, elle a l’impression de laisser une trace, une trace qui pourrait traverser le temps et atteindre un lecteur inconnu.</span></p>
<p><span class="x3jgonx">Dans son introduction au livre, la journaliste et écrivaine Fatiha Nouhou souligne qu&rsquo;Aziza Hallak a exploré les méandres de la réalité grâce à ce que lui permettait son métier pendant plus de trois décennies, et grâce à un langage qui lui offrait une expérience de l&rsquo;observation sur le terrain, saisissant avec précision et sans ambiguïté ce qui touche au quotidien, excluant ainsi le piège de la métaphore qui distingue les textes d&rsquo;opinion des textes littéraires, même lorsqu&rsquo;ils sont confinés entre parenthèses – c&rsquo;est-à-dire sur la couverture d&rsquo;un livre.</span></p>
<p><span class="x3jgonx">Bien que le « je » de l&rsquo;orateur constitue le principal seuil dans les articles de l&rsquo;auteur, il n&rsquo;est pas affecté par la présence du « je » de l&rsquo;écrivain dans l&rsquo;autobiographie, construction littéraire difficile à justifier et à expliquer. La différence réside dans le fait qu&rsquo;Aziza Hallak aborde des sujets qui exigent une prise de position claire et explicite, qu&rsquo;elle étaye tantôt par des arguments, tantôt par des preuves, afin d&rsquo;impliquer le lecteur dans l&rsquo;actualité, en fonction du contenu de son écrit. Elle s&rsquo;appuie sur la démonstration que ce qu&rsquo;elle présente relève d&rsquo;une conviction personnelle profonde et n&rsquo;est pas nécessairement partagé par elle-même, mais le terrain reste largement ouvert au débat.</span></p>
<p><span class="x3jgonx">Ce qui frappe l&rsquo;ouvrage, écrit le journaliste et écrivain Abdelaziz Gougas, c&rsquo;est qu&rsquo;il se révèle être un acte de résistance serein face à l&rsquo;éphémère et au transitoire. Ces pages, écrites avec une profonde douleur et une grande contemplation, dépassent le simple cadre d&rsquo;articles journalistiques s&rsquo;attachant à l&rsquo;actualité et aux détails du quotidien ; elles sont plutôt les fragments d&rsquo;un parcours intellectuel et humain, une écoute attentive du monde que l&rsquo;on réexamine avec un regard critique et une expérience façonnée par les mutations politiques, sociales et médiatiques du Maroc.</span></p>
<p><span class="x3jgonx">Aziza Hallak écrit car l&rsquo;écriture est pour elle une nécessité existentielle ; elle écrit pour perdurer, pour être immortalisée. Pour elle, l&rsquo;écriture devient l&rsquo;herbe de l&rsquo;immortalité de Gilgamesh, avant que le spirituel et l&rsquo;essentiel ne se perdent dans le tumulte du moment. Dans ses textes, mémoire et réflexion s&rsquo;entremêlent, sphères personnelle et publique, transformant l&rsquo;essai en un espace de contemplation de l&rsquo;humanité traversant le temps, avec toute sa fragilité et son espoir.</span></p>
<p><span class="x3jgonx">Dans son livre « J’écris pour perdurer », Aziza Hallak présente un recueil d’essais et de réflexions puisant dans une longue et riche expérience humaine et professionnelle, tant dans le journalisme que dans la vie publique. L’auteure ne se contente pas de relater des événements, mais les transforme en moments de contemplation sur les métamorphoses vécues par les individus et la société. Entremêlant souvenirs personnels et réalités sociales et politiques, elle livre des textes empreints de sincérité et d’honnêteté, invitant le lecteur à s’interroger sur les questions du quotidien, du pouvoir, de la mémoire et de l’humanité.</span></p>
<p><img decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-208296" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/03/aziza-hallak.jpeg" alt="" width="1600" height="1600" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/03/aziza-hallak.jpeg 1600w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/03/aziza-hallak-300x300.jpeg 300w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/03/aziza-hallak-1024x1024.jpeg 1024w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/03/aziza-hallak-150x150.jpeg 150w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/03/aziza-hallak-768x768.jpeg 768w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/03/aziza-hallak-1536x1536.jpeg 1536w" sizes="(max-width: 1600px) 100vw, 1600px" /></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-208298" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/03/aziza-hallak-.jpeg" alt="" width="1300" height="1300" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/03/aziza-hallak-.jpeg 1300w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/03/aziza-hallak--300x300.jpeg 300w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/03/aziza-hallak--1024x1024.jpeg 1024w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/03/aziza-hallak--150x150.jpeg 150w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/03/aziza-hallak--768x768.jpeg 768w" sizes="auto, (max-width: 1300px) 100vw, 1300px" /></p>
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		<title>La Chronique de Chakib HALLAK. Taha Hussein et Marcel Reich-Ranicki : «du doyen de la littérature arabe» au «pape de la littérature allemande.»</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 12 Oct 2025 11:03:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[KALÉIDOSCOPE]]></category>
		<category><![CDATA[NOS CHRONIQUEURS]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Marcel Reich-Ranicki]]></category>
		<category><![CDATA[Taha Hussein]]></category>
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					<description><![CDATA[Par: Chakib HALLAK * À première vue, la comparaison peut sembler improbable, presque fortuite. D’un côté, Marcel Reich-Ranicki, surnommé le « pape de la littérature allemande », imposait ses jugements sur les plateaux de télévision, figure médiatique redoutée pour son verbe tranchant et son autorité critique ; de l’autre, Taha Hussein, considéré comme «le doyen &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par: Chakib HALLAK *</strong></p>
<p><strong>À première vue, la comparaison peut sembler improbable, presque fortuite. D’un côté, Marcel Reich-Ranicki, surnommé le « pape de la littérature allemande », imposait ses jugements sur les plateaux de télévision, figure médiatique redoutée pour son verbe tranchant et son autorité critique ; de l’autre, Taha Hussein, considéré comme «le doyen de la littérature arabe», défendait la raison critique dans les cercles intellectuels du Caire, dans une posture plus académique. Deux univers, deux histoires, deux langues, deux contextes culturels que tout semble opposer. Et pourtant, une même vocation les rapproche : celle d’une critique littéraire exigeante, incarnée, fondée sur une autorité intellectuelle forgée par le savoir, la rigueur et une foi inébranlable dans le pouvoir de la littérature — non seulement comme art, mais comme outil de vérité, de liberté et d’émancipation.</strong></p>
<p><strong>Deux figures centrales de la critique</strong></p>
<p><strong>Taha Hussein (1889–1973), souvent surnommé « le doyen de la littérature arabe », demeure l’une des figures intellectuelles majeures du monde arabe au XXᵉ siècle. Devenu aveugle à l’âge de trois ans à la suite d’une maladie mal soignée, il ne se laisse jamais entraver par son handicap. Élève à Al-Azhar, haut lieu de l’islam sunnite, il y acquiert une solide formation religieuse avant de rejoindre la jeune Université égyptienne, où il découvre les idées modernes. En 1914, il part pour la France, étudie à Montpellier puis à la Sorbonne, et soutient une thèse d’État sur Ibn Khaldoun sous la direction d’Émile Durkheim.</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-195948" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/10/taha-husseien.jpg" alt="" width="640" height="340" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/10/taha-husseien.jpg 640w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/10/taha-husseien-300x159.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Ce séjour en Europe marque une rupture décisive dans son parcours. Taha Hussein y découvre la pensée cartésienne, la philosophie des Lumières et s’approprie les outils de la critique historique. De retour en Égypte, il devient l’un des artisans du renouveau intellectuel arabe. Défenseur de la raison critique, de l’ouverture culturelle et de l’émancipation par le savoir, il milite pour une éducation accessible à tous, refusant qu’elle soit le privilège des élites. Haut responsable au ministère de l’Éducation, il transforme les écoles coraniques en écoles primaires laïques, affirmant que l’instruction doit être aussi vitale que « l’eau et l’air ». Cette formule, tirée de son autobiographie <em>Le Livre des jours</em> (<em>Al-Ayyam</em>), résume à elle seule son combat : faire de la culture et du savoir les fondations d’une société libre et éclairée.</strong></p>
<p><strong>Dans <em>L’avenir de la culture en Égypte</em> (<em>Mustaqbal al-thaqafa fi Misr</em>, 1938), il affirme : « La liberté intellectuelle est la condition première du progrès. »</strong></p>
<p><strong>Et d’ajouter : « Et je ne connais rien qui pousse l’âme, en particulier les âmes naissantes, à la liberté et parfois à l’excès comme la littérature. »</strong></p>
<p><strong>Avant de conclure, avec lucidité : « La liberté impose un lourd fardeau aux hommes libres. »</strong></p>
<p><strong>Entre Le Caire et Berlin, entre l’Orient et l’Occident, un autre critique, tout aussi passionné et redouté, faisait de la littérature une affaire de vérité et d’émotion : Marcel Reich-Ranicki.</strong></p>
<p><strong>Né en 1920 en Pologne, d’un père juif polonais et d’une mère juive allemande, Reich-Ranicki passe son adolescence à Berlin, où il se découvre une passion pour la littérature et le théâtre. En 1937, l’Université de Berlin lui refuse l’inscription en raison de ses origines juives, et l’année suivante, il est expulsé vers la Pologne. Il connaîtra alors l’enfer du ghetto de Varsovie, dont il parvient à s’échapper en 1943 avec son épouse Teofila, échappant ainsi à la déportation vers les camps de la mort.</strong></p>
<p><strong>De 1948 à 1949, il est membre du corps diplomatique polonais à Londres — une période trouble de sa biographie, durant laquelle il reconnaîtra plus tard avoir travaillé comme espion pour la Pologne, grâce à ses talents linguistiques. Il participe également à la commission de censure polonaise. En 1958, il s’installe en Allemagne de l’Ouest et entame une carrière de critique littéraire. Collaborateur du prestigieux hebdomadaire <em>Die Zeit</em> (1960–1973), puis chef du service littéraire du <em>Frankfurter Allgemeine Zeitung</em> (1973–1998), il s’impose comme l’arbitre redouté du goût littéraire allemand.</strong></p>
<p><strong>Sa notoriété atteint son apogée avec l’émission télévisée <em>Das Literarische Quartett</em> (1988–2001), suivie par des millions de téléspectateurs. Ses jugements, tranchants et sans concession, faisaient trembler écrivains et éditeurs, dont il pouvait sceller le succès ou la chute. Dans son autobiographie <em>Mein Leben</em> (<em>Ma vie</em>, 1999), il résume avec force sa conception de la lecture : « Je ne demandais pas à un roman de me distraire, mais de me bouleverser. »</strong></p>
<p><strong>Littérature et responsabilité</strong></p>
<p><strong>Chez Reich-Ranicki comme chez Hussein, la critique est une forme d’engagement. Ni l’un ni l’autre ne croient à la neutralité du lecteur ou du commentateur. Le jugement fait partie intégrante de leur travail. Dans Meine Geschichte der deutschen Literatur (2001), Reich-Ranicki écrit : <em>« Le critique n’est pas un arbitre neutre. Il doit prendre parti — pour la qualité, contre la médiocrité. »</em></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-195946" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/10/Ranicki.jpg" alt="" width="1240" height="698" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/10/Ranicki.jpg 1240w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/10/Ranicki-300x169.jpg 300w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/10/Ranicki-1024x576.jpg 1024w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/10/Ranicki-768x432.jpg 768w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/10/Ranicki-390x220.jpg 390w" sizes="auto, (max-width: 1240px) 100vw, 1240px" /></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Il n’hésite pas à faire preuve de mordant, comme dans cette réflexion célèbre sur sa rencontre avec l’écrivaine Anna Seghers : <em>« Qu’ai-je appris de ma conversation avec Anna Seghers ? Que la plupart des écrivains ne comprennent pas plus à la littérature que les oiseaux à l’ornithologie. »</em></strong></p>
<p><strong>Le monde entier connaît Marcel Reich-Ranicki pour une image devenue emblématique : en 1995, il apparaît en Une du Spiegel, brandissant un livre déchiré, un morceau dans chaque main, le visage fermé. Ce photomontage célèbre – bien que fictif – illustre à merveille son rejet viscéral du roman<em> «Une si longue histoire»</em> (Ein weites Feld) de Günter Grass, qu’il accuse de brouiller et d’alourdir inutilement le récit de la réunification allemande. Le geste, spectaculaire, témoigne de la manière dont Reich-Ranicki savait faire de la critique un acte public, parfois théâtral, toujours engagé.</strong></p>
<p><strong>Taha Hussein, quant à lui, scandalise les milieux conservateurs arabes près de soixante-dix ans plus tôt, lorsqu’il publie en 1926 <em>De la poésie préislamique</em> (Fi al-shi‘r al-jahili). Dans cet ouvrage audacieux, il applique les méthodes de la critique historique aux textes traditionnels et conclut que nombre de poèmes attribués à l’époque antéislamique auraient en réalité été composés plus tard, à des fins idéologiques. Cette remise en cause des fondements littéraires – et, implicitement, religieux – déclenche une tempête, à la mesure de l’audace de sa pensée.</strong></p>
<p><strong>Comme Reich-Ranicki, Hussein place la critique sous le signe de la liberté intellectuelle, quitte à provoquer, choquer, ou déranger:</strong></p>
<p><strong><em>« Ce n’est pas parce qu’un texte est ancien qu’il est sacré. »</em></strong></p>
<p><strong>Et plus loin, il appelle à relire les textes avec l’esprit critique de son temps :</strong></p>
<p><strong><em>« Il faut lire notre patrimoine non pas avec les yeux du passé, mais avec l’intelligence du présent. »</em></strong></p>
<p><strong>L’ouvrage de Taha Hussein marque un tournant décisif dans la vie intellectuelle arabe. Non seulement il ouvre la voie à une lecture critique et historique des textes traditionnels, mais il introduit aussi des méthodes d’analyse inspirées des sciences humaines européennes, rompant avec les approches purement philologiques ou apologétiques. Comme le rappelle le numéro 167 du magazine Daawat Al-Haq, « il devint sans aucun doute une référence dans les études littéraires modernes, au point de constituer une nouvelle étape dans la recherche sur la littérature arabe. C’était un ouvrage qui consacrait une approche orientaliste moderne dans l’étude de la littérature et de la critique. »</strong></p>
<p><strong>Par son audace intellectuelle, ce livre ne fit pas que susciter la polémique : il redéfinit durablement les cadres de la critique littéraire dans le monde arabe.</strong></p>
<p><strong>Deux styles, une même rigueur</strong></p>
<p><strong>Le style de Reich-Ranicki est percutant, frontal, fait pour la joute télévisée. Il revendique une posture sans concession, comme il le déclare dans une interview au Frankfurter Allgemeine Zeitung : <em>« Je suis un critique redouté parce que je n’ai jamais su faire de compromis. »</em></strong></p>
<p><strong>Et encore, dans une formule qui résume son credo : <em>« La littérature doit être jugée, pas seulement discutée. »</em></strong></p>
<p><strong>Le style de Taha Hussein est plus didactique, mais tout aussi ferme.</strong></p>
<p><strong>Dans <em>Le Livre des Jours </em>(<em>«Al-Ayyam»</em>), son autobiographie, il explique : <em>« J’écris pour libérer les esprits, pas pour les flatter. » </em><em>«Écrire, c’est aussi agir; chaque écrivain, chaque artiste ne peut avancer qu’avec honnêteté» dit-il.</em></strong></p>
<p><strong>Contexte politique et expérience vécue</strong></p>
<p><strong>Ces deux voix critiques sont nées dans des contextes tragiques. Reich-Ranicki, dont la famille a été exterminée pendant la Shoah, voit dans la littérature un refuge vital. Dans Mein Leben, il confie : <em>« J’ai appris à lire dans le ghetto. À lire et à survivre. La littérature m’a sauvé. »</em></strong></p>
<p><strong>Taha Hussein, quant à lui, fait de la lecture une arme contre l’obscurantisme : <em>« Une nation qui ne lit pas, qui ne pense pas, est une nation qui se laisse mourir lentement. »</em></strong></p>
<p><strong>Deux héritages, une même passion</strong></p>
<p><strong>Tous deux ont laissé un héritage immense. Reich-Ranicki a modelé le goût littéraire allemand d’après-guerre, défendant une tradition allant de Goethe à Thomas Mann. Hussein a modernisé la pensée littéraire arabe, ouvrant la voie à une critique rationnelle.</strong></p>
<p><strong>Dans Meine Geschichte der deutschen Literatur, Reich-Ranicki rappelle : <em>« Ce qui compte, ce n’est pas ce que l’auteur a voulu dire, mais ce que le texte est réellement. »</em></strong></p>
<p><strong>Et Hussein de conclure dans «L<em>’avenir de la culture en Égypte»</em> : <em>« La culture ne vaut que si elle éclaire le peuple. »</em></strong></p>
<p><strong>Conclusion </strong></p>
<p><strong>La comparaison entre Marcel Reich-Ranicki et Taha Hussein n’a, en réalité, rien de fortuit. Tous deux s’inscrivent dans une même conception de la critique comme acte intellectuel et civique, fondé sur la raison, la rigueur et la responsabilité du savoir. Au-delà des différences de langues, de contextes et d’époques, ils partagent la conviction que la littérature ne relève pas du seul domaine esthétique : elle participe d’un projet éthique et social. En donnant à la parole critique une visibilité publique — à travers les débats télévisés en Allemagne ou les réformes éducatives en Égypte —, Reich-Ranicki et Hussein ont redéfini la fonction de l’intellectuel dans la cité. Leur héritage, profondément convergent, rappelle que la littérature n’est pas une simple forme de divertissement, mais un instrument de vérité, un vecteur de liberté et un espace de construction de l’humanité.</strong></p>
<p><strong>*Enseignant-chercheur à Paris</strong></p>
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		<title>Prix Orion Maroc de la littérature: Mamoun Lahbabi rafle le Grand Prix 2023</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 16 Jun 2023 10:44:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[KALÉIDOSCOPE]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Prix Orion Maroc]]></category>
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					<description><![CDATA[Par Abdelhak Najib* La cérémonie de la remise des prix littéraires Orion Maroc a eu lieu le 8 juin 2023, au Complexe Culturel Anfa, en présence d’une belle brochette d’auteurs marocains, arabes et africains dont les œuvres ont fait partie de la liste des concurrents pour la première édition de ce prix lancé par Les &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Abdelhak Najib*</strong></p>
<p>La cérémonie de la remise des prix littéraires Orion Maroc a eu lieu le 8 juin 2023, au Complexe Culturel Anfa, en présence d’une belle brochette d’auteurs marocains, arabes et africains dont les œuvres ont fait partie de la liste des concurrents pour la première édition de ce prix lancé par Les Éditions Orion, AGH et Orion Productions.</p>
<p>L’ambiance est digne des grandes messes dédiées à au livre et à la littérature, avec une assistance de choix, des aficionados en grand nombre (Plus de 3000 personnes ont assisté à ces premières journées littéraires de Casablanca) et plus de 30 auteurs du Maroc, d’Afrique, du Moyen-Orient et d’Europe. Roman, philosophie, poésie, essais, sciences, en arabe, en français et en anglais, plusieurs œuvres ont fait partie de la liste finale validée par un jury de 10 connaisseurs issus du monde du livre, des universitaires, des réalisateurs de cinéma, des artistes plasticiens et des professeurs de médecins et chercheurs qui se sont penchés sur 50 ouvrages en lice pour le prix final.</p>
<p>&nbsp;</p>

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<p>Cette première édition a été marquée par un grand hommage rendu à Feu Abdallah El Amrani, grand journaliste et grand romancier, qui nous a quittés en mars 2023. Les Éditions Orion et leurs partenaires ont tenu à placer ces prix sous le signe de la reconnaissance en rappelant l’excellent parcours d’un homme de lettres et d’une des plus grandes figures des médias au Maroc. Un homme de culture, un homme encyclopédique, d’une grande ouverture d’esprit et de cœur qui nous a laissé sa trajectoire en héritage pour nous et pour les générations futures. Le Prix de l’hommage à Feu Abdellah El Amrani a été reçu par son ami et son collaborateur de plus de 20 ans, Taoufik Bennani, qui a témoigné de toute la générosité du défunt qui a laissé derrière lui un journal nommé La Vérité, comme un signe de la quête infinie de ce grand homme.</p>
<p>Au niveau des prix littéraires de cette soirée, sans grande surprise, C’est le grand écrivain marocain, Mamoun Lahbabi qui a été sacré romancier de l’année en recevant le Grand Prix Orion Maroc pour ces deux romans publiés en 2022-2023 : «La rencontre» (Deux éditions déjà) et « De peine et de cendre ».</p>
<p>L’auteur qui compte à son actif pas moins de vingt romans a aussi publié de nombreux ouvrages scientifiques en tant qu’universitaire. Sa constance, son travail assidu, la qualité de ses romans ont mené le jury, à l’unanimité, à voir en lui, sans conteste, le porte-flambeau de la littérature francophone marocaine actuelle.</p>
<p>Pour le prix de la science, il est naturellement revenu à Docteur Imane Kendili, auteur de plusieurs ouvrages scientifiques d’une grande actualité : « Cannabis, ce qu’en dit la science » qui est déjà à sa troisième édition en l’espace d’une année ; « Les drogues expliqués à mes enfants» en arabe et en français, un best-seller de belle facture, sans oublier « Covid-19: le livre blanc » en deux éditions aussi, « Coronavirus, la fin d’un monde », « Réduction des risques: le manifeste » en deux éditions et en trois langue, français, arabe et anglais, «Haute autorité de la santé» également en français et en anglais et préface par le ministre de la Santé et de la Protection sociale Khalid Aït Taleb. Une œuvre scientifique qui se démarque par sa rigueur et par sa variété impliquant également plusieurs collaborateurs marocains et étrangers des quatre coins de la planète.</p>
<p>En ce qui se réfère au prix de la poésie, c’est la poétesse syrienne Aïcha Al Khedr Luna Amer, qui a eu le grand prix pour son dernier recueil: « Pluie : une lecture horizontale », un très beau recueil en arabe qui consacré le travail de longue haleine de cette dame de lettres très connue en Orient et en Turquie où elle a élu domicile après la guerre en Syrie. Ce prix est aussi un hommage au combat d’une femme hors du commun qui lutte avec acharnement contre la barbarie humaine quelles que puissent être ses origines et ses manifestations.</p>
<p>Pour le prix du roman, c’est une récompense ex-aequo qui a distingué les travaux de l’écrivain et plasticien Omar Berrada pour son roman: « Richard, cœur de loup », déjà à sa deuxième édition en huit mois. C’est dire le grand succès de cette œuvre à la fois actuelle et profonde. L’autre gagnant est l’écrivain et enseignant, Mustapha Guiliz, pour son dernier roman: « Les hommes de la nuit », qui vient concrétiser la qualité de son autre roman « Le monde d’Ibrahim ». Le jury a salué ici la qualité de l’œuvre et sa pertinence littéraire au niveau de la construction, de la narration et de la langue utilisée pour nous offrir une histoire poignante.<br />
Au niveau de l’essai, c’est l’écrivain et universitaire Mounir Serhani qui a reçu le prix de l’essai pour son ouvrage intitulé : « Averroès ».</p>
<p>Cette cérémonie n’a pas consacré que des écrivains et des penseurs mais également des artistes avec le Prix de l’artiste de l’année décerné à la grande violoniste marocaine, Monia Rizkallah, cheffe d’attaque de l&rsquo;Opéra de Berlin, un grand nom de la musique classique mondiale, fondatrice du grand événement Al Akademiya qui met en lumière tout le potentiel des jeunes marocains en termes de musique classique, avec l’organisation de plusieurs concerts à Fès et à Dakhla, pour mettre sur pied une autre façon de promouvoir les arts et la culture dont ce qu’ils ont de beau et de noble. Un Grand prix qui salue également l’engagement sans faille de l’une des plus grandes ambassadrices des Arts marocains, à travers le monde.</p>
<p>Dans le même esprit, ces Premières journées littéraires de Casablanca ont honoré l’artiste et créatrice de mode, Nadia Chellaoui, sacrée, meilleure créatrice de l’année pour l’ensemble de ses réalisations marquées par un rayonnement mondial grâce à la série Netflix : Emily In Paris où figure l’une des créations de l’artiste marocaine.</p>
<p>Ceci sans oublier une série d’hommages rendus à plusieurs figures de la littérature marocaine telle que Professeur Mekki Touhami, auteur de l’excellent: « Intifado Dakira » aux Éditions Afrique-Orient ; Jean-François Clément et son essai critique: « Dessinateurs et peintres de chevalets au Maroc au XVIe et XVIIe siècles », aux Éditions Les Infréquentables. Hanae Mikou et son recueil: « 3la 3tabati Arrou7», Karima Alaoui Soulaïmani et son livre: « Mots et lumière », Jean Zaganiaris et son excellent roman: « Dieu nous a créés éternels », Mohsin Berrada et son essai: « La corruption expliquée aux jeunes » et Mohamed Charif d’Ouazzane pour sa première œuvre: « Le pied ». Sans oublier le dernier roman de Allaoui Bensad Baaya, intitulé « Jarima ».</p>
<p>Un clap de fin pour marquer la clôture de cette première édition des prix littéraires Orion Maroc dont la journée de clôture a été marquée par un hommage à Jean-Pierre Millecam, grand ami du Maroc et auteur de « Sous dix couches de ténèbres », aux Éditions Ovadia, « Années roses pour l’hiver » aux Éditions Pierre-Guillaume de Roux ou encore « Un vol de chimère » aux Éditions Gallimard.</p>
<p><strong>*Ecrivain-journaliste </strong></p>
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