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	<title>Les jeudis de Mohammed El Qandil &#8211; Le collimateur</title>
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	<description>Le goût de la vérité n&#039;empêche pas la prise de parti</description>
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	<title>Les jeudis de Mohammed El Qandil &#8211; Le collimateur</title>
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		<title>Les jeudis de Mohammed EL QANDIL. Cette patrie qui nomme… !</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 12 Mar 2026 13:27:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[KALÉIDOSCOPE]]></category>
		<category><![CDATA[NOS CHRONIQUEURS]]></category>
		<category><![CDATA[Les jeudis de Mohammed El Qandil]]></category>
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					<description><![CDATA[Par: Mohammed EL QANDIL * Je ne comprends pas les femmes ! Et c’est mieux ainsi, peut-être. Mettre à nu l’origine du monde est un sacrilège impardonnable : la beauté extrême est faite pour être admirée non pour être comprise. Ce que je cherche est toujours inséparable d’une femme : un rêve puéril, des mots &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par: Mohammed EL QANDIL *</strong></p>
<p><img decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-206863" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/03/qandilus-780x470-1.jpg" alt="" width="780" height="470" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/03/qandilus-780x470-1.jpg 780w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/03/qandilus-780x470-1-300x181.jpg 300w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/03/qandilus-780x470-1-768x463.jpg 768w" sizes="(max-width: 780px) 100vw, 780px" /></p>
<p>Je ne comprends pas les femmes ! Et c’est mieux ainsi, peut-être.</p>
<p>Mettre à nu l’origine du monde est un sacrilège impardonnable : la beauté extrême est faite pour être admirée non pour être comprise.</p>
<p>Ce que je cherche est toujours inséparable d’une femme : un rêve puéril, des mots souterrains, un secret au bord de la faillite, une présence qui ne croit qu’au mystère de l’être.</p>
<p>Elle était femme, celle qui comptait l’absence au bout des doigts. Qui ne voyait qu’avec les yeux d’un aveugle. Jamais, elle n’avait pensé prendre le large de l’amour. La catastrophe lui sied bien.</p>
<p>Grandir dans les yeux d’une femme : N’user de mots que pour mieux se taire.</p>
<p>Au bout de toute lecture, se tient toujours une femme, obscure : sculpte ton cœur ô voyageur, il n’est de feu que celui qui ravit l’âme qui erre !</p>
<p>Une des leçons de ma mère : apprend à fermer la porte, celle qui t’aime saura attendre derrière !</p>
<p>Apprend à pardonner. Cela rend léger. Très léger !</p>
<p>Etrange douleur apprise dans les yeux de nos mères : L’oubli grandit avec elles comme un lierre sur le mur.</p>
<p>Je l’ai rencontrée un jour. Je n’ai jamais fini de la rencontrer depuis. On ne se sépare pas de soi aisément.</p>
<p>Je l’ai rencontrée.</p>
<p>Beaucoup de lumières rentraient de partout après. Plus que n’en peut contenir des mains qui écrivent.</p>
<p>Emily Dickinson a écrit sans s’arrêt. Elle a troqué sa féminité contre des bouts de papiers. De petits poèmes laissés dans un coffret. Des émotions semées dans une chambre devenue, soudain, monde à part entière.</p>
<p>Toute femme est une poésie ambulante. La joie lui va à merveille.</p>
<p>Celle qui a les mains rêches, l’œil vif, le courage au bout de la semelle, ne m’est pas étrangère.</p>
<p>Elle est ce que je ne peux être, ne peux mesurer, que quand je passe de la lumière à l’ombre.</p>
<p>Que quand j’ouvre mes mains aux dés de haute nostalgie- Salut à toi Mallarmé en passant !</p>
<p>Rita de Darwich : Quand une femme se confond avec une patrie. Quand elle devient la patrie !</p>
<p>Ecrire pour rejoindre cette patrie… Une aubaine !</p>
<p>*Poète, chercheur en littérature et arts plastiques /Inspecteur pédagogique</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Les jeudis de Mohammed EL QANDIL. Aimer, Ecrire, Mourir…</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/205343</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 19 Feb 2026 11:01:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[KALÉIDOSCOPE]]></category>
		<category><![CDATA[Les jeudis de Mohammed El Qandil]]></category>
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					<description><![CDATA[Par: Mohammed EL QANDIL * Aimer, Ecrire, Mourir… A D. HABRI J’ai toujours aimé, par-dessus tout, cette coïncidence extraordinaire entre Aimer, Ecrire et Mourir : Se perdre dans l’autre ; se perdre dans les mots ; se perdre dans la terre ; est un destin exceptionnel, ne touchant que les privilégiés qui appellent de leurs &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Par: Mohammed EL QANDIL *</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-205007" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/02/qandilo.jpg" alt="" width="780" height="470" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/02/qandilo.jpg 780w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/02/qandilo-300x181.jpg 300w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/02/qandilo-768x463.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 780px) 100vw, 780px" /></p>
<p>Aimer, Ecrire, Mourir…</p>
<p>A D. HABRI</p>
<p>J’ai toujours aimé, par-dessus tout, cette coïncidence extraordinaire entre Aimer, Ecrire et Mourir :</p>
<p>Se perdre dans l’autre ; se perdre dans les mots ; se perdre dans la terre ; est un destin exceptionnel, ne touchant que les privilégiés qui appellent de leurs vœux l’exceptionnel.</p>
<p>C’est une perte qui n’a d’égale que la résurrection qui vient après.</p>
<p>C’est une perte qui exige sens et démesure !</p>
<p>****</p>
<p>Voici qu’un homme frappe à la porte d’une femme. Voici qu’il lui tend un livre, lui fait une proposition presque indécente :</p>
<p>&#8211; « nous vivrons d’eau et de terre, de ciel ouvert sur le sens des jours. Nous ne serons pas de ceux qui feront la guerre, mais bien de ceux qui apporteront un brin d’herbe à la maison, afin que naisse la vie tranquillement et que nous puissions vaquer au besoin d’aimer. Acceptes-tu que je meure dans ton cœur ? ».</p>
<p>&#8211; « Meurs en moi ! et que le seuil de mes lèvres sanctifie ta présence. Meurs et sois paisible, tu vivras toujours au bord de mes mains, au bout de mes yeux, veillant au grain apporté la veille. Mon homme tu seras, ma valeur, quand le soleil brillera de mille feux d’absence et de nostalgie. Meurs heureux car c’est moi qui ferai vœu de toutes les femmes de la terre ! ».<br />
****</p>
<p>-Je n’ai pour me couvrir que les mots, me mettre à nu aussi. Ils sont tour à tour, je le sais, dangereux, mesquins, voraces, futiles, forts, malins… Ils sont, tout le temps, imprenables !</p>
<p>Longtemps, j’ai cherché à aller au-delà, à briser le sens dont ils seraient porteurs. Je n’ai pas réussi. La mer, il faut le dire, était plus forte. J’ai succombé aux appels des sirènes.</p>
<p>J’écris depuis.</p>
<p>Je m’immisce dans les interstices. Je valide les images. L’ombre est ma preuve la plus irréfutable. J’y livre mes dernières batailles.</p>
<p>-En silence, dit le poète. En silence.</p>
<p>****<br />
Je l’ai quittée au milieu du chemin…</p>
<p>Elle n’arrivait pas à comprendre qu’aimer c’est mourir, et que les cendres qui subsistent après le feu allumé, finissent par offrir un nid douillet au passeur des mots !</p>
<p>****</p>
<p>Que veulent les livres ? Que cherchent les scribes ? Que désirent les lecteurs ?</p>
<p>Rien, disent-ils.</p>
<p>Nous jouons au jeu d’exister ! Nous n’avons pas d’autre prétention !</p>
<p>*Poète, chercheur en littérature et arts plastiques/<br />
Inspecteur pédagogique</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Les Jeudis de Mohammed EL QANDIL. Au gré des vents !</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/198991</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 20 Nov 2025 10:40:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[KALÉIDOSCOPE]]></category>
		<category><![CDATA[Les jeudis de Mohammed El Qandil]]></category>
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					<description><![CDATA[Par: Mohammed El Qandil * Je viens de lire ceci : un poète nous invite à tendre l’oreille, à être attentifs aux rafales du vent, au bruit de la tempête : Ils nous apporteront sûrement des nouvelles de ceux que nous avons perdus, en les aimant trop ! ********** Virginia Wolf était malade. Elle allait souvent &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par: Mohammed El Qandil *</strong></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-198992" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/11/qandilus-780x470-1.jpg" alt="" width="780" height="470" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/11/qandilus-780x470-1.jpg 780w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/11/qandilus-780x470-1-300x181.jpg 300w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/11/qandilus-780x470-1-768x463.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 780px) 100vw, 780px" /></p>
<p>Je viens de lire ceci : un poète nous invite à tendre l’oreille, à être attentifs aux rafales du vent, au bruit de la tempête : Ils nous apporteront sûrement des nouvelles de ceux que nous avons perdus, en les aimant trop !<br />
**********<br />
Virginia Wolf était malade. Elle allait souvent auprès de la mer. Pour lui confier les quelques pages qu’elle avait écrites la veille. Lui demander pardon d’avoir osé défier sa profondeur.<br />
Ce qui lui faisait mal, par-dessus tout, c’est de ne pas garantir à son mari autant de douceur, d’intimité que la mer.<br />
Ce qui lui faisait mal, c’est que le liquide est beaucoup présent que l’humain.<br />
**********<br />
Trop de sincérité affranchit l’œuvre d’art.<br />
Trop d’exercices l’élève au-delà d’elle-même.<br />
O Cézanne ! Salut à toi en passant.<br />
**********<br />
Il marchait les yeux par trop ouverts. A l’affût de l’Homme qui se cache derrière l’homme. Derrière la fragilité dont témoignent les millénaires silencieux et complices.<br />
Si les œuvres de Giacometti témoignent de cette précarité, c’est qu’elles sont restées au seuil du visible, nous demandant de saisir ce qui nous manque au bord de la faillite : la vie toute belle dans sa cruauté la plus tranchante.<br />
**********<br />
A la fin de sa vie – nous murmure Breton, Victor Hugo est tombé fou amoureux d’une actrice.<br />
Imaginez un vieillard, poète archi-connu, considéré, de surcroît, comme la conscience du peuple, et une jeune femme qui vient juste de goûter au plaisir de la vie.<br />
Imaginez, que pendant des années, la promenade habituelle en carrosse, arrivée devant les portes d’un château, ne connaissait qu’un échange de deux petites phrases, rien qu’elles :<br />
-Porte cochère madame.<br />
-Porte piétonne monsieur.<br />
Et puis le silence. Le silence qui fait le charme de la rencontre, de l’amour, des mots suspendus sur les lèvres, des mots qui ne perdent rien pour savourer les pas de la dame s’avançant vers le secret de l’Histoire.<br />
**********<br />
En art comme en amour, les femmes accusent une volatilité extraordinaire.<br />
Elles passent aisément de la poésie à la peinture.<br />
Gala : d’Eluard à Dali.<br />
**********<br />
Rudolf Kassner : « Rilke était poète même quand il se lavait les mains. ».<br />
J’adore par-dessus tout les poètes qui marient heureusement et l’écriture et la réalité. Qui, élevant les mots au rang d’un sacerdoce, dépassent l’amère présence d’être deux dans une seule personne.<br />
**********<br />
Il y a des œuvres qui s’adressent aux hommes.<br />
Et d’autres qui s’adressent au ciel.<br />
Les premières n’annulent pas les secondes. Elles les fortifient dans leur prière.<br />
**********<br />
J’aime à croire que l’œuvre continue d’habiter son récepteur, même en deuil !<br />
**********<br />
Elle s’est assise devant moi. Tête dressée, yeux fiers. Elle ne ressemblait en rien à la fragilité dont elle portait une trace ancienne sur ses lèvres. D’une voix grave, soudain, elle me dit : Pourquoi aime-t-on ?<br />
Je n’ai pas su répondre !</p>
<p>J’avais peur de briser le miroir où chacun essaye de se reconnaître, sans trop de dommages.</p>
<p><strong>*Poète, chercheur en littérature et arts plastiques /Inspecteur pédagogique </strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Les jeudis de Mohammed El QANDIL: Ce qui advient !</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/197917</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 06 Nov 2025 09:40:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[KALÉIDOSCOPE]]></category>
		<category><![CDATA[Les jeudis de Mohammed El Qandil]]></category>
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					<description><![CDATA[Par: Mohammed El Qandil * Ce qui advient ! Je ne cherche que ce qui se trouve en moi C’est ainsi que je partage le plaisir de l’absence C’est ainsi que je vis à l’affût de ce qui n’advient que trop tard. Fleur de la vie, je passe en te souriant Et sur le sol qui &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par: Mohammed El Qandil *</strong></p>
<p><strong>Ce qui advient !</strong></p>
<p><strong>Je ne cherche que ce qui se trouve en moi</strong><br />
<strong>C’est ainsi que je partage le plaisir de l’absence</strong><br />
<strong>C’est ainsi que je vis à l’affût de ce qui n’advient que trop tard.</strong></p>
<p><strong>Fleur de la vie, je passe en te souriant</strong><br />
<strong>Et sur le sol qui repose, voici que ma mort </strong><br />
<strong>Creuse les pas de tes racines </strong><br />
<strong>Et de mémoire tes pétales</strong><br />
<strong>Rayonnent sur ma fatigue d’hier.</strong></p>
<p><strong>Voici que de ces jours silencieux</strong><br />
<strong>Brille noble le souvenir de ma mère</strong><br />
<strong>La valeur des choses au bout des mots</strong><br />
<strong>Et la dignité de la misère.</strong></p>
<p><strong>De ce poignard sur le ventre </strong><br />
<strong>Je garde cette fenêtre qui rappelle le jour </strong><br />
<strong>Sans le vivre</strong><br />
<strong>Ce sourire éteint </strong><br />
<strong>Sur le miroir de la chambre</strong><br />
<strong>Là où la nostalgie fête l’Ouvert </strong><br />
<strong>Ô combien ! sur le sable.</strong></p>
<p><strong>Je garde les enfants des voisins</strong><br />
<strong>Qui croyaient à la blancheur des rêves</strong><br />
<strong>Faisaient du manque</strong><br />
<strong>Une rencontre</strong><br />
<strong>A louer </strong><br />
<strong>Sur les rais du destin.</strong></p>
<p><strong>Je garde dans ma poitrine</strong><br />
<strong>-Comme une médaille qui peine à briller-</strong><br />
<strong>Le visage du père.</strong></p>
<p><strong>Ô ce ventre qui regorge de légendes inédites !</strong></p>
<p><strong>*Poète, chercheur en littérature et arts plastiques /Inspecteur pédagogique </strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Les jeudis de Mohammed El Qandil. « LETTRES A MILENA »</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/187664</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 26 Jun 2025 09:28:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[KALÉIDOSCOPE]]></category>
		<category><![CDATA[Les jeudis de Mohammed El Qandil]]></category>
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					<description><![CDATA[Par: Mohammed El Qandil Toute lettre est une communication avec les ombres, affirme Kafka à Milena dans une de ses lettres. Et les ombres attirent autant qu’elles font peur ! Mais que se passe-t-il si ces ombres devenaient des personnes ? Si ces personnes finissaient par disparaitre derrière les mots ? Les images ? ou &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par: Mohammed El Qandil</strong></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-176939" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/02/qandilus-.jpg" alt="" width="1080" height="607" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/02/qandilus-.jpg 1080w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/02/qandilus--1024x576.jpg 1024w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/02/qandilus--768x432.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 1080px) 100vw, 1080px" /></p>
<p>Toute lettre est une communication avec les ombres, affirme Kafka à Milena dans une de ses lettres. Et les ombres attirent autant qu’elles font peur !</p>
<p>Mais que se passe-t-il si ces ombres devenaient des personnes ? Si ces personnes finissaient par disparaitre derrière les mots ? Les images ? ou même une absence blessante à force d’amour incurable ?</p>
<p>Que se passe -t-il si cet amour s’efforçait à vivre l’impossible, invoquant à la fois ce qui ne peut ni répondre à l’appel ni vaquer au besoin des départs définitifs ?</p>
<p>Au début, il y a un homme. Un écrivain d’une certaine notoriété. Malade. Lucide. Solitaire, de cette solitude qui nourrit plus qu’elle ne désespère. Un homme qui fuit le monde, se réfugie dans le langage. De l’autre côté, nous avons une femme, mariée, rebelle, intellectuelle raffinée, traductrice de textes divers. Passionnée de littérature. Belle par-dessus tout.</p>
<p>La rencontre est foudroyante. Un éclair qui traverse le ciel de celui qui croit au vide comme une prière oubliée. Un choc qui renvoie la vie à elle-même, la délaissant au bord des aveux qui naissent furtifs. Douloureux. Presque pitoyables à force de tendresse irréparable.</p>
<p>Prague, cette ville célèbre, rieuse, snob… est témoin. Comme d’autres villes d’ailleurs. Les espaces nous traversent souvent. Autant que nous les traversons. Les traces sont là. Des cicatrices qui ne demandent pas à guérir. Mais à vieillir devant un amour abrupt.</p>
<p>Kafka, dans cette foulée insidieuse, est un homme en proie au doute. Qui hésite plus qu’il n’avance. Qui appelle une destinée qui tarde aux portes de l’aveu.</p>
<p>Ce qu’il cherche, ce n’est pas la vérité. La vérité en amour comme dans la vie n’existe pas. C’est nos illusions qui prennent souvent le dessus ! Ce qu’il cherche, par-delà la traduction que propose Milena, c’est la possibilité de vivre dans un langage autre. Dans des métaphores autres. Dans une personne autre. Car un écrivain, le vrai, est toujours quelqu’un qui frappe aux portes de l’Histoire. Qui tente l’absolu via le viatique des mots. La lactescence de l’amour.</p>
<p>Tout véritable écrivain vit d’une altérité souveraine !</p>
<p>C’est pourquoi, passer de « chère Madame » qui ouvre les premières lettres de Kafka à Milena, à « Toi » qui marque les dernières, témoigne de cette ordalie du temps. Le temps qui manque à ceux qui se savent condamnés. Et Kafka avait la tuberculose !</p>
<p>Dois-je souligner, pour ne pas finir, que l’auteur de La Métamorphose, Le Château, Le Procès… fait montre, dans ces lettres, d’une fragilité extraordinaire, d’une sensibilité à couper le souffle, d’un amour presque juvénile à force d’une naïveté surprenante. Lui, l’existentialiste, qui interrogeait les cieux avec un courage inouï, qui sondait les arcanes de l’âme humaine avec une précision tranchante … n’a pas su tenir tête à une femme rencontrée deux ou trois fois :</p>
<p>C’est qu’au cœur des lettres d’amour, il y a une équivoque insoutenable !</p>
<p>Même les grands y succombent : celui qui écrit et celle à qui on écrit. Une présence et une absence. Une présence qui veut rendre présente l’absence.</p>
<p>Qui veut la saisir pour la rendre sienne à jamais !</p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Les jeudis de Mohammed EL Qandil. Genet, Ce captif qui ne cesse d’être amoureux</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/186478</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 12 Jun 2025 09:34:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[KALÉIDOSCOPE]]></category>
		<category><![CDATA[NOS CHRONIQUEURS]]></category>
		<category><![CDATA[Les jeudis de Mohammed El Qandil]]></category>
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					<description><![CDATA[Par: Mohammed El Qandil * La mer que je continue à voir ou à défier. Comme si les vagues allaient me prouver que ceux qui y partaient n’arrivaient pas à recoller les morceaux de l’exil. Moi qui cours, sans cesse, dans les rues. Croyant choisir entre les ombres qui passent et ta présence qui me fait &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par: Mohammed El Qandil </strong>*</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-176939" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/02/qandilus-.jpg" alt="" width="1080" height="607" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/02/qandilus-.jpg 1080w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/02/qandilus--1024x576.jpg 1024w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/02/qandilus--768x432.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 1080px) 100vw, 1080px" /></p>
<p>La mer que je continue à voir ou à défier. Comme si les vagues allaient me prouver que ceux qui y partaient n’arrivaient pas à recoller les morceaux de l’exil. Moi qui cours, sans cesse, dans les rues. Croyant choisir entre les ombres qui passent et ta présence qui me fait défaut.</p>
<p>J’ouvre toute grande cette nostalgie du vol, de l’enfermement, de la perte nichée dans une enfance qui estime lourde la marche du temps. Je me penche vers toi, ami du destin unique. Ami sans rencontre ni aveu. Ami qui joue de ma lecture comme d’une pierre d’achoppement.</p>
<p>Ami de rien sur les mains.</p>
<p>Vide, de cette vacuité qui me voue au récit sans fin, je promène encore ma curiosité. C’est à elle que je cède le choix de héler les noms qui conviennent à l’instant.</p>
<p>Voici que je conjugue ma vérité à la tienne Genet. Je suis tes pas sur les pavés de Paris. Là où toute brise de courage est restée loyale contre l’oubli des gens. Voici que je souffle ce courage même qui accompagne ta solitude. J’en garde les yeux farcis de tes pugilats incommensurables. Le temps a su nous apprendre : sur la marge de la douleur, naissent les livres qui marquent. Enseignent. Prolongent l’Histoire au cœur des enfants.<br />
Les enfants sont la mémoire infaillible du temps !</p>
<p>Est-il besoin de rappeler l’orphelinat qui, de toi et de tes livres, a pris valeur d’art et d’esthétique ? Est-il nécessaire de courir derrière toi dans les rayons de bibliothèques pour « emprunter-voler » des livres dont tu sentais, au creux de ta poitrine, l’urgence de lire et de feuilleter entre les aléas de la faim ? Dois-je imaginer ce regard d’enfant porté sur les barreaux d’une société qui ignore l’innocence de grandir, entre les idées et les lumières, et glorifie, a contrario, le clinquant de la doxa ?</p>
<p>Que dire d’une intelligence qui aurait pu sombrer !</p>
<p>La liste est assez longue et je n’ai plus de patience à visiter les musées d’un silence qui bouleverse plus qu’il n’instruit. D’un silence qui enveloppe les rais d’une partie de ton existence passée entre les camps des opprimés- les palestiniens en l’occurrence- à vouloir dire les choses. Décrire des réalités. Fissurer des histoires. Sertir les rêves de vies marginales. Vivre de cette nonchalance dont vivent ceux ou celles qui se parent de mythes ou de légendes à portée de regard. A crier des vérités plates pour avoir été banalisées par la misère, la souffrance, la torture, les voyages dans les couloirs de l’oubli souterrain ou la déception fracassante…</p>
<p>Ce blanc dont Khatibi a fait l’apologie dans figures de l’étranger te sied à merveille ! Il sied tout autant à ton ami Alberto Giacometti. Les œuvres d’art, disiez-vous, « s’adressent aux morts », elles cristallisent une beauté qui n’a «d’autre origine que la blessure».</p>
<p>Belle leçon de créateurs à repenser !</p>
<p><strong>*Poète, chercheur en littérature et arts plastiques /Inspecteur pédagogique </strong></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Les jeudis de Mohammed EL Qandil. Le Pari</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/186091</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 05 Jun 2025 16:29:03 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[KALÉIDOSCOPE]]></category>
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					<description><![CDATA[Par: Mohammed El Qandil * Je ne comprends que ce qui me touche ! Ce qui me renvoie à la lueur de l’aube. A l’obscurité de ce qui m’enveloppe depuis longtemps. Je n’ai pas le choix. J’ai parié, un jour, sur ton absence comme un joueur de dés parie sur la face cachée de son gain &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par: Mohammed El Qandil </strong>*</p>
<p><strong>Je ne comprends que ce qui me touche ! </strong></p>
<p>Ce qui me renvoie à la lueur de l’aube. A l’obscurité de ce qui m’enveloppe depuis longtemps. Je n’ai pas le choix. J’ai parié, un jour, sur ton absence comme un joueur de dés parie sur la face cachée de son gain à venir. Je n’ai pas gagné. J’ai juste crié sur les toits, encore plus, ma perte des mots. Dédiés à toi. Sur le pavé de nos rencontres clandestines.</p>
<p>J’ai crié ta perte pour ne pas brimer le souvenir !</p>
<p>Tu lisais. Je lisais. Pas les mêmes livres il me semble maintenant. Pas les mêmes contes servis d’oubli ou d’incandescence intenable. Les lignes séparaient les chemins dits. Nous invitaient à mourir à nous-mêmes. Rien que pour sertir nos yeux d’une nostalgie invivable. Rien que pour nous vouer à une présence incertaine. Les livres se sont vengés de nos silences mutuels.</p>
<p><strong>Je ne comprends que ce qui me fait vaciller !</strong></p>
<p>Händel creusant encore la blessure ; le visage de ma mère ; Les poèmes d’Emily Dickinson ; Les Sagas islandais ; la lumière tiède dans les toiles de Vermeer ; le demi sourire de mon sosie, parti enterrer l’orphelinat ailleurs ; les répétitions insatisfaites de Borges ; tes pas qui affermissent le rêve ; la brise qui effleure le pétale terni ; cet enfant, en moi, qui joue à l’équilibriste anonyme…</p>
<p><strong>Je ne comprends que ce qui voyage sans promesse de retour !</strong></p>
<p>Je me garantis certainement une mendicité sans pareille. Me vouant aux chemins de traverse qui me dépouillent et me complètent en même temps. Je me garantis, au seuil de ton œil clément, une blancheur qui rivalise avec celle de Pessoa dans le gardeur de troupeaux. Je ne poserai plus les questions d’amour souhaitable. Encore moins les gestes qui sauront ravir la verdeur sur le pas de ta porte.</p>
<p>Il me suffirait, juste, une page d’innocence, où des vers maritimes reviendraient à embrasser toutes les plages désertes des livres. Ceux que nous aurions pu lire si le pari n’était pas plus vaste que nos simples songes juvéniles.</p>
<p><strong>*Poète, chercheur en littérature et arts plastiques /Inspecteur pédagogique </strong></p>
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		<title>Les jeudis de Mohammed EL Qandil. La dette de l’enfance « Confession d’un ami déloyal »</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/185514</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 29 May 2025 10:24:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[KALÉIDOSCOPE]]></category>
		<category><![CDATA[NOS CHRONIQUEURS]]></category>
		<category><![CDATA[Les jeudis de Mohammed El Qandil]]></category>
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					<description><![CDATA[Par: Mohammed El Qandil * « De l’enfance, je ne retiens que le nom. Un immense silence. Une nostalgie qui ne se dira jamais. Je ne retiens que l’ombre où je suis né. L’orphelinat qui a grandi derrière mes yeux. La passion de vivre du beau comme un moine vit de contemplation pure et désintéressée. Je &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par: Mohammed El Qandil </strong>*</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-176939" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/02/qandilus-.jpg" alt="" width="1080" height="607" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/02/qandilus-.jpg 1080w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/02/qandilus--1024x576.jpg 1024w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/02/qandilus--768x432.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 1080px) 100vw, 1080px" /></p>
<p>« De l’enfance, je ne retiens que le nom. Un immense silence. Une nostalgie qui ne se dira jamais.<br />
Je ne retiens que l’ombre où je suis né. L’orphelinat qui a grandi derrière mes yeux. La passion de vivre du beau comme un moine vit de contemplation pure et désintéressée.</p>
<p>Je tourne vers le visage de ma mère. Pieds nus, front découvert. Je demande pardon. Ses mains peuvent raconter l’histoire, ses rides une part de la vie que nous n’avons jamais attendue. En bas de la porte, nous n’étions pas destinés à voir les rayons de soleil de sitôt, à rendre la chanson de la vie beaucoup plus sacrée et hautaine.</p>
<p>En bas de la porte, nous avons pris de l’attente sa couleur d’hiver, seuls, mutiques, fragiles telles des étoiles qui manquent à la nuit.</p>
<p>En bas de ses pieds, je hèle ce paradis qui me manque. Perdu que je suis entre l’aveu des choses et l’insuffisance d’une certaine pudeur qui me retient. Je tisse une prière, adressée à toi, dans la foulée des noms qui m’assaillent, espérant avoir une belle raison à embrasser ton front, à courir les rues devant tes yeux pleins de douceur et de reproches très maternels.</p>
<p>Je joue trop avec les mots, ma mère !</p>
<p>Je joue avec ce qui me trahit et m’emmène au-delà de moi-même. Je joue à trancher la soif du corps, à soustraire cette tristesse qui habite, depuis, mes doigts écrivant. Je n’ai pas l’habitude de chercher la destination, encore moins le point de départ qui déclenche l’exil. Et je demande encore pardon. Dans le donjon du cœur, voici que je traverse la chambre de l’amour, relevant ce que juste tes empreintes ont voulu laisser sur le chemin du retour, toi, celle qui a toujours couru les jours d’oubli avec une vitesse incroyable.</p>
<p>Je joue maintenant !</p>
<p>Une vieille fatigue crie à mes oreilles ce que nul autre ne peut formuler ni dire. Une cloche ancienne, très petite, avec laquelle tu nous faisais dormir, moi et Youssef, vient frapper à la porte de la mémoire. Elle aussi refuse de déclarer faillite, de résorber la lueur. Celle que nous avons gardée au fond de nous, intacte. Solitaire. Noble à l’instar d’une stèle d’un soldat inconnu.</p>
<p>Grand-père, depuis sa tombe, veille sur le dernier mot de la bataille !</p>
<p>Sur la marge d’une blancheur qui ne se lit pas, je joue maintenant. Je continuerai à jouer devant l’infini de ton sourire. Je m’abrite dedans. Les mots, à loisir, m’inviteront sur ce promontoire où résident celles qui ont concurrencé la nature sans la brimer.</p>
<p>Celles qui ont su défier les rêves avec les lambeaux du jour.</p>
<p>De l’enfance, je ne garde que ma douleur Sauve. Ce n’est pas elle qui me fait mal. C’est sa déception. Une déception qui m’attend toujours au tournant. Qui grandit avec moi pareil à un arbre solide et intransigeant. A un sourire éteint dès sa naissance, sur les lèvres d’une matinée heureuse.</p>
<p>Ma mère, je te retiens ! Au bord du secret, je suis resté fidèle à l’ombre de ce qui me convient. Au bord de ta retenue, la dette de l’enfance est chère à payer. ».</p>
<p><strong>*Poète, chercheur en littérature et arts plastiques /Inspecteur pédagogique </strong></p>
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		<title>Les jeudis de Mohammed El Qandil. SONATE A HALINA</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/184886</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 22 May 2025 08:48:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[KALÉIDOSCOPE]]></category>
		<category><![CDATA[NOS CHRONIQUEURS]]></category>
		<category><![CDATA[HALINA POSWIATOWSKA]]></category>
		<category><![CDATA[Les jeudis de Mohammed El Qandil]]></category>
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					<description><![CDATA[Par: Mohammed EL Qandil C’est sur les traces de ton passage que je brode maintenant. Toi qui, du soleil, a pris acte et mesure, louant par-dessus ton épaule les herbes folles de l’oubli. Je tisse les filiations et je n’ai cure du bruit qui me parvient de la fenêtre, étant muni de tes pas altiers, &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par: Mohammed EL Qandil</strong></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-176939" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/02/qandilus-.jpg" alt="" width="1080" height="607" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/02/qandilus-.jpg 1080w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/02/qandilus--1024x576.jpg 1024w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/02/qandilus--768x432.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 1080px) 100vw, 1080px" /></p>
<p>C’est sur les traces de ton passage que je brode maintenant. Toi qui, du soleil, a pris acte et mesure, louant par-dessus ton épaule les herbes folles de l’oubli. Je tisse les filiations et je n’ai cure du bruit qui me parvient de la fenêtre, étant muni de tes pas altiers, de ton sourire serein, de tes gestes qui ne voulaient du monde que repos et sérénité du cœur.</p>
<p>Dehors, il fait beau. Les arbres vacillent d’une brise langoureuse. Le soleil rigole sur les visages des enfants insouciants. L’ombre passe en saluant les recoins des maisons vieilles et lancinantes.</p>
<p><strong>L’ombre est ce qui nous cache des choses et de nous-mêmes !</strong></p>
<p>Du haut des terrasses, des jeunes filles jettent des regards impudiques aux garçons. Un ciel bleu, très bleu, étend sa bonté sur le quartier, réveille le rêve au bord des dentelles flagrantes et par trop sensuelles.</p>
<p>Le temps courtise le temps sans le presser !</p>
<p>Voici que je te revois marchant sur le pavé. Une nuit de cheveux déambulait le long de ton dos. Ravissante comme toujours, tu distribuais les gestes, les mots, les caresses avec une générosité démesurée. Tu rayonnais, et avec toi mon orgueil aussi. Car l’amour grandissait au bord de mes cils, laissant fleurir et ma valeur et ton soin d’aller contre les aléas du vide environnant.</p>
<p>Me hèle <a href="https://www.best-poems.net/halina-poswiatowska/poems.html#google_vignette">HALINA POSWIATOWSKA</a>, cette poétesse du cœur qui appelait son cœur à la rescousse en vain : sur les lignes de la mort, elle a, un moment, survécu à ses vœux, la laissant parler à ses étoiles préférées, à son herbe qui parsemait les chemins déserts, à ses sourires qu’elle déposait sur les lèvres et les joues de ceux qu’elle ne cessait d’aimer que par pudeur. On dirait presque que ses battements ne renvoyaient pas le sang mais la vie, voulant que le monde s’éloigne petit à petit, afin qu’elle puisse cueillir les dernières effluves d’une nostalgie à tout prendre.</p>
<p>Cette jeune fille, décédée très jeune, méconnue par beaucoup, m’a convaincu de la justesse de la poésie, celle qui étalait les mots pour guérir non pour blesser, savait habiter l’exil pour le rendre familier et supportable, qui rentrait à l’intérieur des yeux pour y changer la couleur des êtres et les réenflammer de nouveau.</p>
<p>Sur les traces de son cœur qui a failli après deux opérations, après avoir, vainement, repoussé les soubresauts d’un destin exceptionnel, elle a su, de ce savoir inné chez les éclaireurs de ce monde, que <strong>« les mots peuvent tout quand ils ne sont pas seulement un assemblage de lettres mais la chair d’une existence » (M. Gray).</strong></p>
<p><strong>Je reviens vers toi</strong></p>
<p>Je reviens vers cette main qui ne se départit jamais de ma poche. Vers cette blancheur qui maquilla mes yeux un jour de fête. Pieds nus, je cours depuis ce temps les livres à la recherche d’une présence, d’un battement de cœur que HALINA espérait, afin de s’approprier la lumière qu’une étoile envoyait à l’autre, dans un réveil sans fin à la vie.</p>
<p>Je reviens vers toi. Je ne compare que ce qui m’échappe. Que ce qui sort de l’ordinaire. Ainsi, peut-être, vivent ceux qu’on aime, malgré nous, parés d’une aura que le souvenir leur procure à loisir.</p>
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