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	<title>Kakistocratie &#8211; Le collimateur</title>
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	<description>Le goût de la vérité n&#039;empêche pas la prise de parti</description>
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		<title>Kakistocratie ou gouvernance par les nuls</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ziad Alami]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 30 Mar 2024 22:12:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[NOS CHRONIQUEURS]]></category>
		<category><![CDATA[gouvernance par les incompétents]]></category>
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					<description><![CDATA[Beaucoup d’entre nous s’interrogent comment notre société en est arrivée à valoriser et récompenser les gens en fonction de leur manque d’intelligence. Comment les compétences, la réussite, l&#8217;autodépassement, l’engagement, l’exigence, la performance et la responsabilité sont ravalés au rang de subalternes, quand ils ne sont pas bannis de toute responsabilité. Au parlement, à la télévision, &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Beaucoup d’entre nous s’interrogent comment notre société en est arrivée à valoriser et récompenser les gens en fonction de leur manque d’intelligence. Comment les compétences, la réussite, l&rsquo;autodépassement, l’engagement, l’exigence, la performance et la responsabilité sont ravalés au rang de subalternes, quand ils ne sont pas bannis de toute responsabilité.</p>
<p>Au parlement, à la télévision, dans les partis politiques, au gouvernement, dans la presse, le sport, l’art et la culture, la société civile, le leadership, <strong>toutes proportions gardées</strong>, est devenu l’apanage des nuls, des ratés de l’école, des incultes, des sous-instruits&#8230; Le règne de l’incompétence implique, par ricochet, un reflux de l’intelligence, du savoir, du savoir-faire, du talent et du mérite.</p>
<p><strong>Le pari sur le management par les pires est-il un « choix de société » ? </strong></p>
<p>Depuis que le monde est monde, cette pratique a toujours existé. Ce phénomène a un nom:<strong> kakistocratie</strong>, du <strong>grec <em>kakistos</em></strong>: le pire et <strong><em>kratos</em></strong>: le pouvoir. <strong>« On parle aussi d’idiocratie pour désigner une société qui valorise et récompense les gens en fonction de leur manque d’intelligence »</strong>, explique <a href="https://isabelle-barth.fr/la-kakistocratie-ou-le-management-par-lincompetence/">Isabelle Barthe, professeure et chercheuse en sciences du management à l&rsquo;Université de Strasbourg,</a> dans un article très édifiant sur ce phénomène.</p>
<p>Ce phénomène n&rsquo;est donc ni nouveau, ni fortuit, son but ultime étant de préserver un système de gouvernance. La compétence crée le changement et fait souvent peur, à l’opposé de l’incompétence qui maintient le statu quo. En privilégiant l’incompétence, on crée chez elle une forme de « dette », à l’opposé du compétent qui ne voit dans sa promotion qu’un simple retour des choses.</p>
<p>Seulement voilà, ce phénomène est en train de prendre chez nous des proportions inquiétantes et risque, qu’à Dieu ne plaise !, d’échapper à tout contrôle. Au parlement, ça sent -et c’est un euphémisme- très mauvais. 10% de nos « respectables » parlementaires sont écroués ou poursuivis en état de liberté pour dilapidation et détournement de deniers publics, trafic de drogue et d’êtres humains, j’en passe et des meilleurs.</p>
<p>Idem pour certains inamovibles « zaïms » qui ont transformé leurs partis en chasse gardée au service des copains et des coquins, pour ne pas dire leur progéniture.</p>
<p>Le même schéma s&rsquo;applique, <strong><em>mutatis mutandis</em></strong>, à la presse. Est-ce un hasard si la crétinisation du citoyen est élevée au rang de « ligne éditoriale » par le champ <em>« idio-visuel »</em>? Si la presse « jaune » gagne dangereusement du terrain? Si le sensationnel et le scandale sont <em>panthéonisés</em> au mépris de l&rsquo;information sérieuse, de l&rsquo;analyse et de la réflexion? Si la rumeur, l&rsquo;approximation et « l&rsquo;apeuprisme » se répandent comme un feu de pré sur la centrifugeuse des réseaux sociaux.</p>
<p>Il y a feu en la demeure.</p>
<p>D&rsquo;où l&rsquo;urgence d&rsquo;un sursaut des consciences pour sauver les meubles, ou ce qu&rsquo;il en reste.</p>
<p>&nbsp;</p>
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