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	<title>Islam &#8211; Le collimateur</title>
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	<description>Le goût de la vérité n&#039;empêche pas la prise de parti</description>
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	<title>Islam &#8211; Le collimateur</title>
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		<title>La chronique philo de Chakib Hallak. Relire l’islam : Firas Al-Sawwah face aux mythes fondateurs</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 15 Feb 2026 15:40:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[KALÉIDOSCOPE]]></category>
		<category><![CDATA[NOS CHRONIQUEURS]]></category>
		<category><![CDATA[Firas Al-Sawwah]]></category>
		<category><![CDATA[Islam]]></category>
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					<description><![CDATA[Par: CHAKIB HALLAK* Penser l’islam des origines impose de dépasser les récits apologétiques comme les certitudes dogmatiques pour l’aborder comme un fait historique, culturel et symbolique. C’est dans cette perspective que s’inscrit le travail de l’intellectuel syrien Firas Al-Sawwah, dont l’approche conjugue critique historique, philologie et anthropologie du sacré. Pour lui, toute religion est à &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Par: CHAKIB HALLAK<strong>*</strong></p>
<p><img decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-205127" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/02/hallak-1.jpeg" alt="" width="680" height="453" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/02/hallak-1.jpeg 680w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/02/hallak-1-300x200.jpeg 300w" sizes="(max-width: 680px) 100vw, 680px" /></p>
<p>Penser l’islam des origines impose de dépasser les récits apologétiques comme les certitudes dogmatiques pour l’aborder comme un fait historique, culturel et symbolique. C’est dans cette perspective que s’inscrit le travail de l’intellectuel syrien Firas Al-Sawwah, dont l’approche conjugue critique historique, philologie et anthropologie du sacré. Pour lui, toute religion est à la fois expérience spirituelle et construction humaine, façonnée par des contextes sociaux, politiques et symboliques précis.</p>
<p>Dans <em>La Révélation et le Texte</em>, Al-Sawwah invite à distinguer l’élan fondateur de la foi et les élaborations doctrinales qui se sont imposées plus tard. L’islam tel qu’il est pratiqué aujourd’hui, rappelle-t-il, s’est fixé plusieurs décennies après la mort du Prophète, à une époque où la consolidation du pouvoir et la définition de l’orthodoxie étaient devenues prioritaires. Comme il le confie dans un entretien accordé à Al-Ahram Hebdo :<br />
« Le Saint Coran est un grand texte que nous avons besoin de relire et de contempler. La version religieuse que nous adoptons aujourd’hui remonte au deuxième siècle de l’Hégire. »</p>
<p>Autrement dit, le texte sacré ne peut être dissocié du travail de mémoire collective qui l’a entouré, un travail traversé par des enjeux idéologiques et politiques.</p>
<p>Mémoire, tradition et construction de l’orthodoxie</p>
<p>L’une des thèses les plus discutées d’Al-Sawwah concerne la place de la tradition biographique dans la compréhension de l’islam. Selon lui, la sîra du Prophète s’est largement constituée à partir de récits tardifs, où l’histoire se mêle à la légende : « La sîra est pleine de légendes : 90 % est inventé. Si l’on veut connaître Muhammad, il faut seulement lire le Coran. »</p>
<p>Sans rejeter l’ensemble de la tradition, il souligne que celle-ci s’est élaborée dans un contexte de normalisation doctrinale sous les Omeyyades et les Abbassides. L’islam transmis par les premiers siècles apparaît ainsi comme un « islam orthodoxe », fruit d’un compromis entre foi, pouvoir et mémoire, plus que le reflet direct de l’expérience prophétique originelle.</p>
<p>La Mecque avant l’islam : un centre rituel, non une cité</p>
<p>Pour comprendre cette construction mémorielle, Al-Sawwah revient au contexte mecquois préislamique. Avant Muhammad, La Mecque n’était pas encore une véritable ville, mais un espace rituel structuré autour de la Kaaba. Il affirme : « La Mecque n’apparaît pas dans les récits des historiens ni sur les cartes anciennes, car elle n’existait pas environ un siècle avant la naissance du Prophète. Il n’y avait pas de population urbaine, seulement des tentes près de la Kaaba. »</p>
<p>Cette remarque ne remet pas en cause l’ancienneté du sanctuaire, mais souligne sa fonction première de centre religieux, comparable à Delphes dans la Grèce antique, avant sa transformation progressive en cité. La péninsule Arabique apparaît ainsi comme un espace ouvert, traversé par le judaïsme, le christianisme, le manichéisme et les traditions religieuses des royaumes arabes du Nord, loin de l’image d’un désert culturel isolé.</p>
<p>La Kaaba et l’intermédiation spirituelle</p>
<p>Dans ce paysage religieux pluriel, la Kaaba occupait une place centrale. Al-Sawwah décrit un paganisme fondé sur l’intermédiation plutôt que sur un polythéisme chaotique : « Le paganisme des Quraysh acceptait toutes les idoles et tous les autels (…) Le culte était celui d’intercesseurs représentés par statues, images et autels. »</p>
<p>La Kaaba n’était donc pas un simple réceptacle d’idoles, mais un lieu fédérateur, organisé par les Quraysh, où se jouaient à la fois le sacré, l’économie et la cohésion tribale.</p>
<p>Révélation et continuité monothéiste</p>
<p>C’est dans ce cadre symbolique et culturel que s’inscrit, selon Al-Sawwah, l’expérience prophétique. Pour lui, le wāḥy ne doit pas être compris comme une dictée céleste, mais comme une expérience intérieure profonde, ensuite formulée en langage humain : « La révélation n’est pas une voix audible mais une expérience intérieure, et le texte est l’expression humaine de cette expérience. »</p>
<p>Le Coran, bien que d’origine divine, est ainsi ancré dans un univers linguistique et symbolique précis. Cette approche permet de comprendre les divergences entre le « Muhammad du Coran » et celui de la sîra, notamment sur les récits guerriers ou certains épisodes absents du texte sacré.</p>
<p>Al-Sawwah inscrit par ailleurs l’islam dans la longue histoire du monothéisme proche-oriental. À l’instar du christianisme ou du zoroastrisme, l’islam apparaît comme une reformulation d’un héritage religieux ancien. Le récit abrahamique, tel que le propose le Coran, ne vise plus à fonder l’histoire d’un peuple, mais celle du monothéisme lui-même, dans une perspective résolument universaliste.</p>
<p>Islam, politique et liberté spirituelle</p>
<p>Sur le terrain politique, Al-Sawwah défend une thèse qui bouscule les lectures contemporaines de l’islam Muhammad n’aurait pas fondé un État théocratique, mais une communauté morale et politique fondée sur la justice et la coopération. La Constitution de Médine en serait l’illustration la plus claire : « Muhammad Ibn Abdullah a été le premier à séparer religion et politique. »</p>
<p>Dans cette perspective, le califat tel qu’il est invoqué aujourd’hui apparaît comme une construction historique. Al-Sawwah va jusqu’à affirmer que le premier État islamique au sens strict n’est apparu qu’en 1979, avec la République islamique d’Iran, qu’il décrit comme « le pire exemple de ce que peut être un État islamique ».</p>
<p>Si le califat a échoué comme modèle politique, cela n’a cependant pas entravé la vie spirituelle des musulmans. L’absence de clergé centralisé a permis une pluralité doctrinale exceptionnelle et une relation directe entre le croyant et le divin : « Nulle contrainte en religion. »</p>
<p>Cette liberté s’incarne dans l’ijtihad, l’effort personnel d’interprétation, que Al-Sawwah place au cœur de la foi islamique. Des mu‘tazilites aux soufis, la diversité des courants témoigne de cette vitalité intellectuelle.</p>
<p>Pratiques religieuses et modernité</p>
<p>C’est dans le champ des pratiques individuelles que les prises de position d’Al-Sawwah provoquent les controverses les plus virulentes. Sa lecture historico-critique du voile féminin — qu’il interprète comme une norme sociale héritée de l’époque abbasside plutôt que comme une obligation coranique — a suscité de vives réactions. Il affirme ainsi : « À l’époque, seules les femmes libres portaient le voile. (…) Cela montre qu’il s’agissait d’un marqueur social et non d’une injonction divine. »</p>
<p>Cette analyse s’accompagne de déclarations personnelles plus radicales, lorsqu’il ajoute : « Je n’accepte pas les demandes d’amitié émanant de femmes voilées. Le voile signifie le voile de l’esprit. »</p>
<p>Al-Sawwah souligne par ailleurs que le Coran ne prescrit nulle part explicitement le port du voile au sens où il est compris aujourd’hui. Les versets évoquant la pudeur et la décence s’adressent aussi bien aux hommes qu’aux femmes et relèvent d’un principe éthique général, non d’un code vestimentaire figé. Il dénonce ainsi une hiérarchisation paradoxale des priorités religieuses, où une pratique non mentionnée explicitement devient un marqueur central de la foi, tandis que des principes coraniques majeurs — justice sociale, liberté de conscience, responsabilité individuelle — sont relégués au second plan. Comme il l’écrit : « Le Coran contient des textes qui ont cessé d’être appliqués après l’époque du Prophète (…) Que dire alors d’une question qui n’est pas mentionnée dans le texte mais qui est aujourd’hui considérée comme une priorité religieuse ? »</p>
<p>Cette critique s’inscrit dans une réflexion plus large sur le rapport au temps et à la modernité. Pour Al-Sawwah, sacraliser des normes sociales anciennes au nom de la religion revient à figer la foi dans le passé et à la rendre incompatible avec l’évolution des sociétés humaines. Il avertit : « Le progrès a ses propres lois, et la nation qui ne comprend pas ces lois est vouée à disparaître, car elle voit son avenir dans son passé. »</p>
<p>La prière, autre pilier de la pratique religieuse, fait également l’objet d’une relecture audacieuse. Al-Sawwah ne remet pas en cause la prière rituelle, mais en interroge le sens lorsqu’elle devient purement mécanique. Pour lui, la salat perd sa substance lorsqu’elle se réduit à une suite de gestes dénués de présence intérieure. Il affirme : « La prière mentale est plus authentique dans la relation avec le sacré. Elle peut coexister avec la prière cinétique, mais sans elle, cette dernière perd sa substance. »</p>
<p>Cette distinction entre prière intérieure et prière formelle s’inscrit dans une tradition spirituelle ancienne, notamment soufie, qui met l’accent sur l’intention (niyya), la conscience et la méditation. Al-Sawwah rappelle que le Coran insiste davantage sur la qualité de la relation au divin que sur la conformité extérieure au rituel. La prière devient ainsi un espace de dialogue intérieur, de responsabilité personnelle et de transformation éthique.</p>
<p>Ces positions ont valu à Al-Sawwah de violentes critiques, certains de ses détracteurs allant jusqu’à le qualifier d’«ISIS laïque». Une accusation qu’il rejette, estimant que le dogmatisme ne tient pas à la défense ou au rejet d’une norme, mais à l’imposition d’une lecture unique. À l’inverse, il revendique une approche fondée sur la liberté de conscience et l’effort personnel d’interprétation, fidèle selon lui à l’esprit du texte coranique.</p>
<p>Une foi à réinventer</p>
<p>Pour Al-Sawwah, il ne s’agit pas de déconstruire la foi, mais de l’affranchir de ses rigidités dogmatiques afin de la rendre compatible avec la modernité. Il voit dans le monde arabe une crise de conscience historique, née de la sacralisation d’un héritage figé face aux transformations contemporaines. À la croisée des chemins, la culture arabe est ainsi appelée soit à demeurer en marge de son époque, soit à repenser ses références à partir de la modernité.</p>
<p>Par ses travaux et ses prises de position, Firas Al-Sawwah propose une relecture exigeante et dérangeante de l’islam des origines, qui continue de nourrir débats et controverses bien au-delà du champ académique.</p>
<p><strong>*Enseignant-chercheur à Paris</strong></p>
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		<title>Les dimanches d&#8217;Aziz Daouda. Touche pas à mon Dieu !</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/191804</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 17 Aug 2025 10:55:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[NOS CHRONIQUEURS]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIÉTÉ]]></category>
		<category><![CDATA[Ibtissam Lachgar]]></category>
		<category><![CDATA[Islam]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par: Aziz DAOUDA </strong></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-189681" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/07/azizdaouda.png" alt="" width="200" height="200" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/07/azizdaouda.png 200w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/07/azizdaouda-150x150.png 150w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></p>
<p><span class="uk-text-lead blu-article-lead">Récemment, Ibtissam Lachgar, qui se dit militante, a arboré un T-shirt d’une valeur nulle, si ce n’est qu&rsquo;elle a programmé ainsi de provoquer des millions de Marocains et sans doute beaucoup de croyants, musulmans ou non d’ailleurs</span>. Dieu est le créateur omniscient, quelle que soit la religion ou les rituels. Madame a jugé intelligent d&rsquo;exhiber un tee-shirt avec une inscription étrange, pas du tout amusante: une offense à la divinité.</p>
<p>Non, madame, Allah est Éternel sans commencement ni fin, au-delà du temps. Il est Tout-Puissant, et sa puissance est infinie et absolue. Il est Miséricordieux, plein de compassion et de bonté envers les êtres humains, vous comprise.</p>
<p>De quoi était fait votre petit déjeuner ce matin-là madame?</p>
<p>Par cet acte inutile, vous semblez avoir oublié que la foi est également un droit fondamental. Les Américains, dont on ne peut nier la modernité, le revendique au point de l’avoir gravé sur leur dollar. La croyance en Dieu, en Allah, est un pilier fondamental planétaire, universel, immuable. Dire ou insinuer des propos moqueurs, ou même simplement irrespectueux, envers ce qui est sacré dans la conscience collective, c’est blesser des sensibilités profondes. Il s’agit d’un affront à la spiritualité de milliards de personnes.</p>
<p>Oui, il est important de rappeler que chacun est libre de vivre sa vie et d’aimer qui il veut. Il est tout de même une condition à cela: ne pas heurter inutilement les autres. Inventer un qualificatif impromptu à Allah dépasse largement les débats personnels liés à l’orientation sexuelle: cela porte atteinte à la foi profonde de milliards de gens, dont les 36 millions de marocains. Cette provocation ne peut être considérée ni comme un simple trait d’esprit ni comme une revendication courageuse: c’est un dérapage qui menace l’harmonie et la cohésion sociale.</p>
<p>Effectivement, Dieu n&rsquo;a besoin de personne pour le défendre, encore moins de mon humble personne, mais avouez que Dieu est partout, et tout bonnement en chaque croyant qui se retrouve ici outré par votre propos bassement stylisé, qui n’est pas de la liberté d’expression, mais une insulte qualifiée. Ce sont des milliards de croyants que vous outragez par votre geste superflu.</p>
<p>Les Marocains qui œuvrent pour faire de leur pays un État de droit, veulent aussi que soit pleinement préservée la paix sociale ainsi que la cohésion, dans des limites nécessaires à la liberté d’expression. Celle-ci ne peut être ni absolue, ni sans lignes rouges et c&rsquo;est là une véritable protection. Ailleurs, là où l’État n’est pas aussi protecteur, une provocation comme la vôtre aurait entraîné des conséquences autrement plus graves pour vous.</p>
<p>Ma génération, et celles qui ont suivi, ont milité considérablement pour la liberté, notamment celle de s’exprimer, de développer des idées, et d’aider la société à évoluer, à s’émanciper dans un cadre citoyen. Mais madame, oui à la liberté, mais dans le respect des lois choisies librement par la majorité. C’est là le fondement de la démocratie: faire sienne la volonté de la majorité, même si très étroite. En 2011, elle était très large à se fixer des règles suprêmes et s’efforce de les respecter coûte que coûte.</p>
<p>Il faut bien comprendre que la liberté ne signifie pas une licence illimitée. La démocratie repose sur une constitution et des lois adoptées par le peuple lui-même. Ce sont ces lois qui définissent ce qui est acceptable dans l’espace public. Vos soutiens Mme Lachgar, souvent étrangers ou à la marge, doivent intégrer que ce sont les Marocains qui décident de leurs lois, selon leur histoire, leur culture et leurs valeurs. Ce n’est pas à des minorités, même revendicatrices, ni à des étrangers à ce contexte séculaire, de redéfinir les règles du vivre-ensemble dans un pays souverain.</p>
<p>Oui, le militantisme est salvateur et participe au progrès et au recul des lignes, mais pas la provocation stérile et contreproductive.</p>
<p>Il est aussi juste de reconnaître que le Maroc a su tolérer des avancées pacifiques en faveur des minorités sexuelles. Certaines de vos fréquentations le savent fort bien. Les débats, les revendications et la défense des droits individuels sont permis, dans le respect des cadres légaux et sociaux. Mais lorsqu&rsquo;une personnalité se disant publique et vous l’êtes avec votre MALI, fait le « pas de trop » avec un geste choquant contre l’essence même de la religion, cela constitue une bravade inutile, d’autant plus lourde de conséquences lorsqu’elle intervient en période sensible. Vous êtes une récidiviste déclarée qui à chaque fois s&rsquo;en est sortie. Cela témoigne d’une tolérance, relative certes, mais tolérance tout de même, envers des mouvements aussi marginaux que le vôtre. Les minorités ont toujours existé et seront toujours là mais vous devriez assimiler que la cohésion est une responsabilité lourde de l’État, et qu’il n’est pas acceptable de jouer avec une telle prérogative régalienne aux multiples facettes.</p>
<p>L’arrestation ou la mise à l’abri administrative dans votre cas ne doit pas être vue uniquement comme une sanction, mais censément comme une mesure de protection. Auriez-vous fait quelques pas dans l’espace public avec votre T-shirt sans devenir cible d&rsquo;un probable extrémiste violent, prêt à recourir à l’illégalité ? Le jour même de votre geste contreproductif, les services de police venaient de débusquer un énième adepte de la véhémence, prêt à rétablir selon son idéologie « le monde parfait » où des personnes comme vous n&rsquo;ont pas droit de cité. Il ne vous a pas échappé, que le Maroc lutte fermement contre toutes les formes d’extrémisme, qu’ils soient religieux ou idéologiques, et qu’il en est la cible idéale justement parce qu’il accepte les différences et les orientations diverses, parce qu’il fait de son mieux pour laisser une marge et un espace à chacun. La liberté de penser, de vivre, est justement aux antipodes de l’extrémisme, quel qu’il soit. Protéger la paix sociale, c’est aussi protéger ceux qui contribuent à la déstabiliser, parfois inconsciemment ou sciemment, comme c’est votre cas.</p>
<p>Vous ne le savez peut-être pas, mais en France, un maire a dû suspendre la projection du film « Barbie » faisant l’apologie de l’homosexualité, sous la pression de quelques habitants de sa mairie. C’est dire que plus au nord aussi, malgré tout, il y a encore des réactions hostiles à vos orientations.</p>
<p>Le Maroc est une nation ancrée dans des valeurs historiques, culturelles et religieuses fortes, avec sans doute aucun quelques hypocrisies. Ce n’est pas une tare, mais possiblement un atout véritable. La liberté individuelle doit s’exercer dans le cadre du respect de valeurs et de lois démocratiquement définies. Votre erreur a été de dépasser ces bornes, bousculant ainsi l’un des fondements incontestables de l’identité marocaine.</p>
<p>Il appartient à chacun, marocains et résidents, de respecter la quiétude du pays et de laisser à tous la liberté de vivre en paix, sans provoquer ni diviser.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
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		<title>La lettre d&#8217;Italie. « Aucun Premier ministre au cours des vingt dernières années n&#8217;a présenté ses voeux pour les fêtes juives ou musulmanes » (Marco Baratto)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 Mar 2025 17:03:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[NOS CHRONIQUEURS]]></category>
		<category><![CDATA[Islam]]></category>
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					<description><![CDATA[Dans un article paru sur le site « glistati generali », Marco Baratto, auteur du livre «Le défi de l’Islam en Italie», s’interroge sur la place des minorités religieuses en Italie. « Aucun Premier ministre au cours des vingt dernières années n’a exprimé un souhait pour les fêtes juives ou musulmanes», a-t-il déploré, relevant toutefois que le président &#8230;]]></description>
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<div class="ydpf12d61d8css-175oi2r"><strong>Dans un article paru sur le site <a href="https://www.glistatigenerali.com/attualita/italia/italia-e-il-pluralismo-religioso-grazie-presidente-mattarella/" target="_blank" rel="nofollow noopener">« glistati generali »</a>, Marco Baratto, auteur du livre <em>«Le défi de l’Islam en Italie»</em>, s’interroge sur la place des minorités religieuses en Italie. <em>« A</em><span class="ydpf12d61d8css-1jxf684 ydpf12d61d8r-bcqeeo ydpf12d61d8r-1ttztb7 ydpf12d61d8r-qvutc0 ydpf12d61d8r-poiln3"><em>ucun Premier ministre au cours des vingt dernières années n’a exprimé un souhait pour les fêtes juives ou musulmanes», a-t-il déploré, relevant toutefois que le président de la République, Sergio Mattarella, a coutume de le faire. Texte. </em></span></strong></div>
<div></div>
<div class="ydpf12d61d8css-175oi2r"></div>
<div><strong>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;</strong></div>
<div><strong>Par: Marco Baratto</strong></div>
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<div></div>
<div>« Depuis plusieurs années, le président de la République italienne s&rsquo;adresse aux citoyens musulmans à l&rsquo;occasion de la fin du Ramadan, un geste qui fait partie de la norme dans les démocraties occidentales. En Italie, cependant, cela prend le ton d&rsquo;une exception, car aucun Premier ministre au cours des vingt dernières années n&rsquo;a exprimé un souhait similaire pour les fêtes juives ou musulmanes, comme le font régulièrement les dirigeants européens. Cette absence n’est pas seulement une particularité de la droite, souvent retranchée dans des positions identitaires rigides, mais aussi de la gauche, qui devrait être plus ouverte au dialogue.</div>
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<div class="ydpf12d61d8css-146c3p1 ydpf12d61d8r-bcqeeo ydpf12d61d8r-qvutc0 ydpf12d61d8r-37j5jr ydpf12d61d8r-a023e6 ydpf12d61d8r-rjixqe ydpf12d61d8r-16dba41 ydpf12d61d8r-bnwqim ydpf12d61d8r-1udh08x ydpf12d61d8r-1rozpwm ydpf12d61d8r-fdjqy7" data-testid="tweetText"><span class="ydpf12d61d8css-1jxf684 ydpf12d61d8r-bcqeeo ydpf12d61d8r-1ttztb7 ydpf12d61d8r-qvutc0 ydpf12d61d8r-poiln3">Ce changement doit partir des institutions, mais aussi impliquer l’école, les médias et la société civile. Pour surmonter l’héritage d’un modèle ethnico-nationaliste, il est nécessaire d’introduire dans les programmes scolaires un récit plus inclusif de l’histoire italienne, qui valorise la contribution de toutes les communautés religieuses. Il est également nécessaire de promouvoir des politiques qui encouragent le dialogue interreligieux et la reconnaissance des fêtes des différentes confessions. Dans un monde de plus en plus globalisé, l’Italie ne peut pas se permettre de rester ancrée dans une idée de nation qui ne reflète plus la réalité. Reconnaître et valoriser la diversité religieuse n’est pas seulement une question de justice, mais aussi une nécessité pour construire une société plus cohésive et inclusive. La première étape consiste à briser le silence : la politique doit prendre la responsabilité de donner de la visibilité à toutes les communautés religieuses, non seulement par des mots, mais par des actions concrètes. C’est seulement de cette manière que l’Italie pourra véritablement se définir comme un pays démocratique et pluraliste ».</span></div>
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		<title>Tombé sous le charme du Maroc, il se convertit à l’Islam. La fabuleuse aventure de Mr. Humble, influenceur britannique [Vidéo-Diapo]</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/174618</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Siham Naciri]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 24 Jan 2025 15:41:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIÉTÉ]]></category>
		<category><![CDATA[Islam]]></category>
		<category><![CDATA[maroc]]></category>
		<category><![CDATA[Mr. Humble]]></category>
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					<description><![CDATA[James Humble, youTubeur et créateur de contenu britannique connu et reconnu, vient d’embrasser l’Islam. Sur une vidéo postée il y a tout juste un jour sur son compte Instagram (340. 000 abonnés), on le voit prononcer la Chahada et accomplir sa première prière dans une mosquée européenne. ALLAHU AKBAR!!! Mr James Humble reverted to Islam—I’m &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>James Humble, youTubeur et créateur de contenu britannique connu et reconnu, vient d’embrasser l’Islam. Sur une <a href="https://www.instagram.com/reel/DFJY-amoOh3/?utm_source=ig_embed&amp;utm_campaign=loading">vidéo</a> postée il y a tout juste un jour sur son compte Instagram (340. 000 abonnés), on le voit prononcer la Chahada et accomplir sa première prière dans une mosquée européenne.</p>
<blockquote class="twitter-tweet" data-media-max-width="560">
<p lang="en" dir="ltr">ALLAHU AKBAR!!! </p>
<p>Mr James Humble reverted to Islam—I’m sure all Moroccans know about him, but if you don’t know who he is; this is a guy who LOVES Morocco and its culture, and alhamdulillah the hospitality of our people may be one of the reasons why he looked into Islam, and he… <a href="https://t.co/3b9nvi2nU4">pic.twitter.com/3b9nvi2nU4</a></p>
<p>&mdash; Nabil <img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/1f977-1f3fb.png" alt="🥷🏻" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /> | نَبِيلٌ (@azghari_nabil) <a href="https://twitter.com/azghari_nabil/status/1882175118694142237?ref_src=twsrc%5Etfw">January 22, 2025</a></p></blockquote>
<p> <script async src="https://platform.twitter.com/widgets.js" charset="utf-8"></script></p>
<p>Mr. Humble a découvert les bienfaits de l’Islam au Maroc, précisément Agadir, où il est venu pour la première fois – et comme «par hasard» &#8211; en 2023, en provenance de l’Espagne. <strong>«Je suis venu uniquement parce qu’il y avait un vol à bas prix vers le Maroc. Je l’ai réservé et j’ai décidé d’entreprendre le voyage»</strong>, avait-t-il confié à notre confrère <a href="https://www.yabiladi.com/articles/details/153377/humble-l-influenceur-anglais-immersion-culinaire.html">«yabiladi»</a>.</p>
<p>&nbsp;</p>

<a href='https://lecollimateur.ma/174618/mr-humble-2'><img loading="lazy" decoding="async" width="150" height="150" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/01/Mr.Humble--150x150.webp" class="attachment-thumbnail size-thumbnail" alt="" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/01/Mr.Humble--150x150.webp 150w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/01/Mr.Humble--300x300.webp 300w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/01/Mr.Humble--125x125.webp 125w" sizes="auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px" /></a>
<a href='https://lecollimateur.ma/174618/mr-humble-3'><img loading="lazy" decoding="async" width="150" height="150" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/01/MR.-Humble-1-150x150.png" class="attachment-thumbnail size-thumbnail" alt="" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/01/MR.-Humble-1-150x150.png 150w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/01/MR.-Humble-1-300x300.png 300w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/01/MR.-Humble-1-125x125.png 125w" sizes="auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px" /></a>
<a href='https://lecollimateur.ma/174618/mr-humble-5'><img loading="lazy" decoding="async" width="150" height="150" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/01/Mr-Humble--150x150.jpeg" class="attachment-thumbnail size-thumbnail" alt="" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/01/Mr-Humble--150x150.jpeg 150w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/01/Mr-Humble--125x125.jpeg 125w" sizes="auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px" /></a>
<a href='https://lecollimateur.ma/174618/mr-humble-6'><img loading="lazy" decoding="async" width="150" height="150" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/01/Mr-Humble--150x150.jpg" class="attachment-thumbnail size-thumbnail" alt="" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/01/Mr-Humble--150x150.jpg 150w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/01/Mr-Humble--300x300.jpg 300w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/01/Mr-Humble--125x125.jpg 125w" sizes="auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px" /></a>
<a href='https://lecollimateur.ma/174618/humblo'><img loading="lazy" decoding="async" width="150" height="150" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/01/HUMBLO-150x150.png" class="attachment-thumbnail size-thumbnail" alt="" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/01/HUMBLO-150x150.png 150w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/01/HUMBLO-300x300.png 300w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/01/HUMBLO-125x125.png 125w" sizes="auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px" /></a>

<p>&nbsp;</p>
<p>Depuis, Mr. Humble enchaîne les voyages au Maroc (environ treize fois), mais aussi les succès d’audience sur la centrifugeuse des réseaux sociaux où il continue de faire découvrir les merveilles du Maroc: des paysages à couper le souffle, une culture à cheval entre Orient et Occident, des arts et un artisanat d’exception, un accueil de choix et une gastronomie et des festivités très réputées qui en font aujourd&rsquo;hui le pays le plus couru d&rsquo;Afrique, voire au-delà.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>En Italie, la fermeture d&#8217;une école pour l&#8217;Aid El Fitr suscite la polémique (l&#8217;éclairage du politologue Marco Baratto)</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/149663</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Apr 2024 13:07:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIÉTÉ]]></category>
		<category><![CDATA[Islam]]></category>
		<category><![CDATA[italie]]></category>
		<category><![CDATA[Marco Baratto]]></category>
		<category><![CDATA[ramadan]]></category>
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					<description><![CDATA[Pour permettre à ses élèves, à 40% musulmans, de fêter la fin du ramadan, une école près de Milan décrète un jour de congé, le 10 avril. Ce geste d&#8217;empathie fait pourtant polémique dans une Italie généralement tolérante. Pour expliquer les ressorts de cette polémique aux relents d&#8217;extrême droite, le politologue Marco Baratto a publié &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Pour permettre à ses élèves, à 40% musulmans, de fêter la fin du ramadan, une école près de Milan décrète un jour de congé, le 10 avril. Ce geste d&#8217;empathie fait pourtant polémique dans une Italie généralement tolérante. Pour expliquer les ressorts de cette polémique aux relents d&rsquo;extrême droite, le politologue Marco Baratto a publié un édifiant article dans le média « focumediterraneo.it ». Le Collimateur le reproduit avec l&rsquo;aimable accord de l&rsquo;auteur. </strong></p>
<p><strong>Par Marco Baratto*</strong></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-medium wp-image-149666" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2024/04/marco_barrato-e1646327835503-300x300.webp" alt="" width="300" height="300" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2024/04/marco_barrato-e1646327835503-300x300.webp 300w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2024/04/marco_barrato-e1646327835503-150x150.webp 150w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2024/04/marco_barrato-e1646327835503-125x125.webp 125w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p><strong>Comprendre l&rsquo;Islam: un moyen d&rsquo;éviter les controverses et les problèmes pour les élèves musulmans en Italie</strong></p>
<p>La récente controverse politique a donné lieu à l&rsquo;affaire dite « Pioltello ». Elle est devenue, pour utiliser un terme moderne, « virale ». La question a été soulevée par la décision du conseil scolaire « Iqbal Masih » de Pioltello (Milan) de fermer l&rsquo;école le 10 avril pour marquer le congé de fin de Ramadan. La décision de la commission scolaire a été prise à l&rsquo;unanimité après avoir examiné la résolution de suspension des cours, déclarée irrégulière par le bureau régional des écoles.</p>
<p>Ce fait a déclenché la controverse politique, la tempête habituelle, utilisée par les deux parties à des fins purement électorales et sans aller au fond du problème. Les deux parties ont adopté une position purement politique, alimentant un débat pendant quelques jours, mais sans apporter de solutions. Pourtant, le problème serait à portée de main et des situations comme celle de Pioltello seraient surmontées. Le seul obstacle est le manque de compréhension de l&rsquo;islam en Italie. Pourquoi dis-je qu&rsquo;une compréhension permettrait d&rsquo;éviter des situations comme celle de Pioltello ? La réponse se trouve dans les accords déjà conclus avec des confessions autres que le catholicisme. À titre d&rsquo;exemple, je citerai le dernier accord conclu, par ordre chronologique, à savoir celui conclu avec l&rsquo;Église d&rsquo;Angleterre en Italie. L&rsquo;article 8 de cet accord prévoit que: « Les fidèles de l&rsquo;Église d&rsquo;Angleterre en Italie qui sont employés par des organismes publics ou privés, ou qui sont indépendants, se voient garantir le droit de s&rsquo;abstenir de travailler, dans le cadre de la flexibilité de l&rsquo;organisation du travail, le vendredi saint, avec l&rsquo;obligation de rattraper les heures de travail correspondantes et sans avoir droit à une quelconque compensation pour les heures supplémentaires. Le vendredi saint, l&rsquo;absence de l&rsquo;école des élèves appartenant à l&rsquo;Église d&rsquo;Angleterre sera considérée comme justifiée à la demande des élèves eux-mêmes s&rsquo;ils sont majeurs ou des titulaires de la responsabilité parentale ».</p>
<p>Cet article, pour muté qu&rsquo;il soit, est également présent dans d&rsquo;autres accords entre l&rsquo;Etat et les confessions religieuses. A titre d&rsquo;exemple, je cite l&rsquo;accord avec les orthodoxes (Patriarcat œcuménique de Constantinople), dont les fidèles se voient accorder « le droit de s&rsquo;abstenir de travailler lors des grandes fêtes religieuses suivantes: la Circoncision du Seigneur, la Sainte Théophanie, le Samedi Saint, le Dimanche de Pâques, le Dimanche de Pentecôte, la Dormition de la Mère de Dieu, le Noël du Seigneur et la Synaxe de la Mère de Dieu, avec l&rsquo;obligation de rattraper les heures de travail correspondantes et sans aucun droit à la compensation des heures supplémentaires ».</p>
<p>On pourrait m&rsquo;objecter que l&rsquo;Islam en Italie ne « parle pas d&rsquo;une seule voix ». Je pense qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une thèse et d&rsquo;une approche erronées. En effet, personne n&rsquo;a demandé aux confessions chrétiennes autres que le catholicisme d&rsquo;avoir un représentant unique, et malgré cette absence de sujet unifié, elles ont procédé à des accords individuels avec des relais chrétiens individuels. Qu&rsquo;est-ce qui empêcherait la signature d&rsquo;accords individuels avec les nombreuses voix de l&rsquo;islam en Italie ? Les seuls enjeux que le législateur pourrait mettre en place sont peu nombreux mais simples: le premier est que les associations islamiques, avec lesquelles conclure des accords individuels, s&rsquo;engagent à respecter les valeurs de la Constitution, en particulier l&rsquo;article 7, dans la partie qui stipule qu&rsquo;elles « n&rsquo;entrent pas en conflit avec l&rsquo;ordre juridique italien ». Que la personne qui dirige la prière soit une personne dûment formée. Et c&rsquo;est précisément sur ce point que je voudrais rappeler, à titre d&rsquo;exemple, ce qui est stipulé dans l&rsquo;accord avec les luthériens, où il est précisé que l&rsquo;Église (luthérienne) « délivre une certification appropriée de la qualification de pasteur, de diacre ou de presbytre ». Ce serait un pas important que de demander aux associations islamiques sincères qui veulent s&rsquo;entendre avec l&rsquo;État une certification de la qualification d&rsquo;imam, de prédicateur ou de prédicatrice, revalidée par des instituts garantis par les États-nations, je ne pense qu&rsquo;à titre d&rsquo;exemple à l&rsquo;institut Mohammed VI, dont la fonction est précisément de former ceux qui peuvent diriger les prières, y compris d&rsquo;un point de vue juridique. Cette reconnaissance, y compris juridique, éviterait l&rsquo;instrumentalisation de la « question islamique » par les deux factions politiques. Une instrumentalisation qui n&rsquo;est pas bonne pour la nation, ni pour les Italiens de confession musulmane, ni pour le fait que l&rsquo;islam est depuis toujours un élément constitutif de la culture italienne.</p>
<p><strong>*Politologue italien</strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>L’Islam et la Modernité (Par Dr. Abderrahim CHIHEB)</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/141751</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 18 Jan 2024 18:27:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[NOS CHRONIQUEURS]]></category>
		<category><![CDATA[Islam]]></category>
		<category><![CDATA[Modernité]]></category>
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					<description><![CDATA[Par Dr. Abderrahim CHIHEB L’intérêt porté à la question sur l’Islam dans son rapport à la modernité ne date pas d’aujourd’hui. Il remonte au 19ème siècle et continue toujours d’être un sujet d’actualité sur lequel, d’ailleurs, les avis sont loin d’être unanimes. Mais, le propos de cet article n’est pas celui de dresser un panorama &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong><b>Par Dr. Abderrahim CHIHEB</b> </strong></p>
<p>L’intérêt porté à la question sur l’Islam dans son rapport à la modernité ne date pas d’aujourd’hui. Il remonte au 19<sup>ème</sup> siècle et continue toujours d’être un sujet d’actualité sur lequel, d’ailleurs, les avis sont loin d’être unanimes. Mais, le propos de cet article n’est pas celui de dresser un panorama des positions des uns et des autres, mais d’interroger, de manière critique, ces deux notions pour tenter d’y déceler ce qui aurait empêché le projet de leur union d’aboutir. Car, depuis deux siècles à peu près, le monde arabo-musulman n’a cessé de se débattre et de multiplier les tentatives pour embrasser cette modernité sans vraiment y parvenir. Pourquoi alors cet insuccès et quelles en sont les raisons ?</p>
<p><strong><em>Où en est ce débat aujourd’hui ?</em></strong></p>
<p>Sans nul doute, le débat sur l’Islam et la Modernité, fille de l’Occident, est un sujet clivant qui tourne le plus souvent à la controverse, voire à la polémique. Le souci de ceux qui s’y intéressent n’est pas tant la recherche de la vérité que le désir, conscient ou inconscient, de se conformer à l’imaginaire et aux représentations propres aux types anthropologiques, aux cultures et aux civilisations dont ils sont, eux-mêmes, non seulement les représentants et pour lesquels ils prennent fait et cause, mais le produit et le résultat tout à la fois.</p>
<p>De même, il ne fait aucun doute que les penseurs, les élites intellectuelles et les élites politiques ont joué et jouent encore un rôle déterminant quant au processus de métamorphose et de transformation de ces représentations en des faits avérés qui, en principe, finissent par acquérir un statut de vérité. Une vérité qui est, dans bien de cas et de situations, à l’origine des confusions, des amalgames, des contrevérités, des idées reçues, des a priori, des préjugés que l’on retrouve aussi bien du côté du monde occidental que de celui du monde arabo-musulman. Ce qui ne manque pas de générer des tensions et des frictions, et de conduire à toutes sortes de malentendus, de discordes, d’hostilités, de conflits et de guerres entre les peuples et les nations. Les annales de l’Histoire regorgent d’exemples, de cas et de récits qui illustrent parfaitement ce genre de situations.</p>
<p>Aujourd’hui, les débats, entre les occidentaux et les arabo-musulmans, sur l’Islam et la Modernité, notamment concernant l’échec de l’Islam à intégrer la modernité, semblent se poursuivre en faisant du sur place, en quelque sorte ; en ce sens que l’on retrouve les mêmes leitmotivs qui reviennent à travers des questions, dont les contenus sont les mêmes ou presque, mais présentées sous des formulations diverses. Cet état de choses est dû au fait que chacune des parties concernées avance des arguments, dont les fondements lui sont propres, pour expliquer et justifier ce qui s’est passé, sans être pour autant disposée à en assumer la responsabilité et les conséquences qui en découlent.</p>
<p>Du coup, il devient plus facile de faire porter « le chapeau » à l’autre et de prétendre que c’est cet autre qui est responsable de tout ce qui nous est arrivé et tous les malheurs qui nous ont touché. De même, il devient plus aisé de se soustraire à la reddition des comptes et plus accommodant encore de se livrer au jeu de la victimisation ou/et de la diabolisation de l’autre comme étant la seule et unique cause des échecs, des revers et des déconvenues qui ont pu être les nôtres durant notre existence. Malheureusement, force est de constater que ce jeu pervers, a bien fini par conduire à l’impasse et au statu quo puisque chacune des deux parties continue, par obstination et mauvaise foi, de camper sur ses positions ; en refusant de faire tout effort de compréhension et en rejetant toute idée de concession, de compromis ou de consensus pour faire avancer le débat un tant soit peu.</p>
<p>C’est pour cette raison même qu’il importe de souligner, semble-t-il, qu’il n’y a jamais eu véritablement de débats entre les occidentaux et les arabo-musulmans autour de la problématique de l’Islam et la Modernité, mais tout juste des polémiques, des discours accusateurs, des procès, des pugilats, des joute oratoires, des critiques infondées, des réquisitoires sans appel…, etc. Cette situation, qui traîne depuis fort longtemps, risque de perdurer pas mal de temps encore tant que les parties intéressées n’ont pas jugé nécessaire de mettre un terme à ce dialogue de sourds qui au, bout de compte, ne mène nulle part. C’est pourquoi il devient nécessaire d’opérer une rupture avec cette pratique préjudiciable et de prendre le parti de renouveler le regard sur cette question de l’Islam et la Modernité en vue de la repenser à nouveau et de la questionner autrement et sur de nouvelles bases.</p>
<p>Les chances de réussite d’une telle démarche seront tributaires, pense-t-on, de la mise en place des conditions propices à l’instauration d’un débat sérieux avec l’engagement ferme de l’inscrire dans un nouvel espace où il sera possible de promouvoir des valeurs universelles : La diversité, l’ouverture sur l’autre, l’acceptation de la différence sont, entre autres valeurs, les ingrédients d’une nouvelle vision partagée par tous et susceptible de jeter les ponts d’un dialogue authentique et conciliateur entre les civilisations et entre tous les hommes, d’une manière plus globale. Si, par bonheur, cela venait à se produire, il contribuerait à changer l’état d’esprit des uns et des autres en les rendant plus attentifs et plus responsables vis-à-vis d’eux-mêmes et des autres. Les esprits malveillants verront dans ce propos un angélisme béat et naïf, mais cela n’est pas impossible, après tout. Il suffit d’y croire, d’y travailler surtout et que chacun mette du sien pour que nous puissions, tous et ensemble, faire en sorte que ce qui paraissait comme un rêve impossible devienne une réalité.</p>
<p><strong><em>Qu’est-ce que la modernité a apporté à l’Occident ?</em></strong></p>
<p>Il convient tout d’abord de dire ce qu’est la modernité elle-même en précisant tout de suite qu’elle est un concept qui revêt plusieurs sens et définitions. Cette pluralité est, à non point douter, due à la diversité et aux différences qui caractérisent les multiples champs de la connaissance, en général et ceux se rapportant aux sciences humaines et à la philosophie, en particulier. Ceci étant dit, une synthèse des sens et des définitions que proposent ces disciplines convergent vers le fait que la modernité se présente comme « un rite de passage », c’est-à-dire un processus de transformation qui consiste à passer d’un état à un autre état différent. C’est exactement ce qui s’est passé avec l’avènement de la modernité en Occident, laquelle a inauguré, vers la fin du XVème siècle et le début de la Renaissance, une nouvelle ère au sein de cet espace en y induisant des changements profonds et des effets de grande ampleur qui ont affecté l’ensemble des structures de la société occidentale.</p>
<p>Par changements profonds et effets de grande ampleur, il faudrait entendre une rupture historique nette mettant en évidence un avant et un après qui s’est opéré par la transition d’un moment à un autre moment différent, d’une époque à une époque nouvelle. Sur le plan religieux, cela s’est produit, avec le basculement de la société occidentale du catholicisme au protestantisme ; un changement qui s’est soldé par le retrait de la religion de l’espace public et qui a conduit, par la même occasion, à considérer la foi, dorénavant,  comme relevant du domaine privé.</p>
<p>Dans le même ordre d’idées, la modernité a infligé le même sort à la tradition, corollaire de la religion, dans la mesure où sa raison d’être est justement d’assurer la permanence et la conservation de la révélation divine. Car, cette modernité, dont le regard est tourné vers l’avenir, s’oppose frontalement à la tradition, non seulement en raison de la propension de cette dernière à l’immobilisme et à la stagnation, mais également pour son conservatisme qui se manifeste clairement par son attachement au passé.</p>
<p>Ainsi, après tant de faits et de péripéties qui ont jalonné cette longue lutte entre le pouvoir temporel et le pouvoir spirituel, incarnés respectivement par l’État Républicain et l’Eglise Catholique, ce bras de fer s’est achevé par la promulgation, en France, d’une loi en vertu de laquelle ces deux pouvoirs ont été séparés. Il s’agit de la loi sur la laïcité de 1905 qui a été élaborée conformément à l’article 10 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Son principe fondamental est non seulement la séparation de l’État et des organisations religieuses, mais, aussi et surtout, la garantie de la liberté de conscience et de culte et ce, dans les limites du respect de l’ordre public.</p>
<p>Par ailleurs, d’autres transitions se sont opérées au sein de la société occidentale sur les plans intellectuel, culturel et social. Elles se sont manifestées, dans cet ordre, par le passage de cette même société de la tutelle de la <em>tradition</em> à la <em>raison</em>, comme principe universel, ensuite, celui des particularismes et des différences culturelles propres aux différents peuples et communautés à une conception universelle de la civilisation ; et enfin, le passage de la collectivité, avec son autorité et ses contraintes, à une société où les hommes sont des individus libres et égaux.</p>
<p>Enfin, et suite aux évolutions majeures qui ont marqué le 18<sup>ème</sup> et le 19<sup>ème</sup> siècles, notamment la révolution française et la révolution industrielle, la société occidentale a connu une autre transformation au niveau de ses structures politique et économique. Cette transformation s’est illustrée respectivement par le passage de l’État autoritaire à l’État de droit, et de l’économie domestique et agricole au capitalisme industriel.</p>
<p>Tels sont les principaux traits qui ont concouru à l’invention par l’Occident de la modernité que d’aucuns considèrent comme étant l’événement majeur, voire le plus grand de l’Histoire de l’Occident. Dans cette singularité civilisationnelle, par laquelle cette aire culturelle se distingue du reste de l’Humanité, figurent des éléments de cette modernité, dont l’efficience et la performance ont été confirmées à l’aune de l’évolution positive et des résultats probants réalisés, à partir de la fin du Moyen-Âge et le début de la Renaissance, qui ont permis à l’Occident d’atteindre le niveau de développement et de croissance, qu’on lui connaît et reconnaît aujourd’hui, dans tous les domaines ou presque.</p>
<p>Voilà pourquoi, il ne suffit pas, aujourd’hui, de se rendre à l’évidence et de reconnaître à l’Occident cet exploit comme une réalité historique indiscutable, mais il faudrait, en plus, se résoudre à changer d’attitude mentale et intellectuelle en orientant le regard, cette fois-ci, vers  le côté positif des choses, et, en se disant que si cela a été possible pour la société occidentale, il n’y a pas de raison pour que ceci ne le soit pas  pour les autres sociétés, la société arabo-musulmane comprise. Cela étant dit, La modernité n’est pas et ne peut pas être exempte de reproches et de critiques ; raison pour laquelle il faudrait, pense-t-on, considérer cette modernité non comme un modèle à imiter ou copier à la lettre mais tout juste comme une source d’inspiration en gardant toujours à son égard une attitude critique et en observant les précautions requises pour la situation.</p>
<p><strong><em>Pour une autocritique sincère et constructive </em></strong></p>
<p>Dans ce qui a précédé, il a été dit qu’il était temps d’en finir avec les faux débats et les polémiques qui ne font plus sens, aujourd’hui, entre les occidentaux et les arabo-musulmans pour engager un dialogue véritable et authentique sur l’Islam et la Modernité. Mais, il y a un préalable dont on n’a pas encore parlé et par lequel il faudrait commencer avant d’envisager ce dialogue avec cet autre. C’est, avant tout, un dialogue franc et sincère avec soi-même, d’abord.</p>
<p>En effet, il s’agit pour le monde arabo-musulman de remettre  de l’ordre, avant toute chose, dans sa propre demeure, de faire preuve, ensuite, d’esprit critique, de discernement et de questionnement lucide sur ce qui s’est passé chez les autres, sur l’évolution du monde, sur ce qui s’y est produit et s’y produit encore aujourd’hui, sur l’incidence de tout cela sur ce monde arabo-musulman, en tant que religion, aire culturelle et civilisation, sur l’attitude qui doit être la sienne et surtout sur ce qu’il faudrait entreprendre aujourd’hui pour ne plus continuer à subir les effets ravageurs de cette crise endémique et structurelle dont il fait l’objet, depuis plusieurs siècles maintenant.</p>
<p>Le monde arabo-musulman a entériné sa défaite et sa reddition lorsqu’il a fini par souscrire et intérioriser la thèse, de ceux qui ne lui veulent pas forcément du bien, selon laquelle si le monde arabo-musulman a échoué à intégrer la modernité, la démocratie et d’autres choses de ce genre, sa culture, et sa propre culture seulement, qui en est la cause. Et à force d’avoir trop laissé dire et d’avoir trop écouté cela, il a abdiqué et renoncé à se battre vraiment pour laisser s’installer au fond de lui le sentiment, voire le complexe de l’échec et de « l’acte manqué », qui continuent, aujourd’hui, à le poursuivre dramatiquement. Mais quoi qu’il en soit, il ne faut pas croire que cette situation est le produit de la malédiction, la fatalité ou de la mauvaise fortune comme certains ont tendance à le répéter, le plus souvent à des desseins inavoués et pas toujours pour des motifs clairs et justifiés.</p>
<p>En réalité, ce n’est pas parce qu’on a échoué une fois, ou même plusieurs fois, que l’on est condamné à l’échec pour l’éternité. En effet, derrière un tout échec, comme toute réussite d’ailleurs, il y a des facteurs qu’il suffit d’identifier et d’analyser pour pouvoir expliquer et comprendre les raisons ayant conduit à ce résultat. Il s’agit donc de procéder à une analyse critique de ce qui pose problème.</p>
<p>C’est ce qui peut être proposé pour sortir de cette crise arabo-musulmane, sachant, pourrait-on rétorquer, que le diagnostic et l’analyse ont été déjà faits, plusieurs fois même et à différents moments de l’Histoire du monde arabo-musulman. Mais cela n’a pas abouti au résultat escompté faute des blocages multiples qui ont, à chaque fois, torpillé les efforts et tentatives effectuées pour dénouer cette situation. La chute de l’empire ottoman &#8211; qui a jeté  le monde arabo-musulman, en pâture, aux puissances européennes-, le colonialisme, le néocolonialisme, la guerre froide, sont peut-être des réalités historiques qui peuvent illustrer et étayer cette affirmation.</p>
<p>Mais tout cela, c’est de l’Histoire ancienne à présent car, le monde d’aujourd’hui a beaucoup changé, et ce changement a apporté avec lui de nouveaux éléments à cette analyse critique ou autocritique que le monde arabo-musulman est appelé à reprendre, avec, en perspective, la possibilité d’intégrer la modernité qui continue à lui échapper jusqu’à présent. Car, la question fatidique dont on ne peut plus faire, aujourd’hui, l’économie est celle de savoir pourquoi l’Islam a échoué là où d’autres pays musulmans, en Asie par exemple, ont pu se moderniser et se démocratiser. C’est pour dire, tout simplement, que si cela a été possible pour des non occidentaux, en l’occurrence des pays orientaux, relevant d’une aire géographique et culturelle proche de celle des pays arabo-musulmans, alors cela est également possible pour ces derniers.</p>
<p><strong><em>Pour une réformation authentique et réelle </em></strong></p>
<p>Si le principe d’une réformation authentique et réelle est acté comme étant une nécessité que l’on ne peut plus ajourner et une condition sine quo non au changement pour sortir de la crise, la question cruciale, à présent, pour le monde arabo-musulman, est de désigner clairement les domaines qui doivent être prioritairement réformés. Il s’agit probablement des domaines qui ont été déjà évoqués précédemment et qui constituent, pense-t-on, le cœur de la modernité que l’on considère, aujourd’hui, comme la panacée pour rompre avec toutes les formes de sous-développement et pour rattraper le temps perdu.</p>
<p>La religion, eu égard à l’intérêt capital qu’elle représente, particulièrement avec le contexte de la crise spirituelle qui sévit actuellement à travers le monde, se trouve à la tête des priorités des domaines qui appellent à être réformés de toute urgence. Cette réforme doit se pencher, tout d&rsquo;abord, sur deux éléments fondamentaux pour l’Islam et son histoire qui sont <em>la raison</em>, notamment son statut et sa place dans et par rapport à cette religion ; et <em>la jurisprudence</em>,<em> AI- ijtihad</em>, et sa réactivation. Ces deux concepts, suite à la mauvaise fortune qui a été la leur et à toutes les conséquences qui en ont découlé, méritent, à présent, d’être repensés et réhabilités et ce, dans le cadre d’un projet global visant l’examen des fondements mêmes de l’Islam ainsi que le renouvellement de la lecture du saint Coran.</p>
<p>Au terme de ce travail, il sera possible de redéfinir les rapports entre le <em>religieux</em> et les autres domaines, notamment <em>le politique</em>, sur des bases qui prennent en considération l’impératif d’adapter et d’harmoniser <em>le texte</em> avec <em>contexte</em>. Précisons tout de suite qu’il n’est nul besoin, par ailleurs, d’imiter ou tout faire comme l’Occident ; et là où ce dernier a choisi la rupture et l’exclusion de de la religion ; l’Islam pourrait donner une réponse créative en optant pour la continuité, plutôt que la discontinuité, entre lui, en tant que dimension spirituelle, et les autres dimensions de la société, mais sur la base d’une nouvelle synthèse conciliatrice.</p>
<p>Le même vent de réforme doit souffler  sur le domaine intellectuel, notamment en ce qui concerne la<em> tradition</em>, en tant que foi et croyances, dans son rapport à<em> la </em>raison, comme principe universel qui permet à l’homme de faire la différence entre le vrai et le faux, le bien et le mal. Cette réforme doit veiller à définir strictement la place et les limites de ces deux composantes dont chacune est aussi essentielle que l’autre pour l’islam en tant que système de pensées.</p>
<p>Les volets social et culturel ne peuvent pas se soustraire à cet élan réformiste, et doivent, par conséquent, faire l’objet d’un réexamen, en profondeur. Le but visé est de rendre possible, pour le premier, la mise en branle d’une dynamique capable de rendre les hommes, un tant soit peu, face à la communauté, des individus égaux et libres. Tandis que l’objectif, pour le second, est de soutenir l’effort visant à relativiser les particularismes inhérents aux civilisations et aux cultures des différents peuples à travers la planète (mais sans pour autant renoncer au droit à la différence), en vue de promouvoir et de cultiver une conception plus universaliste et cosmopolite de la civilisation ; mais sans non plus tomber dans les excès auxquels l’Occident a été conduit au nom de la liberté et de l’individualisme qui de plus en plus critiqués au sein de la société occidentale elle-même.</p>
<p>Quant à la réforme du domaine politique, elle est de loin celle qui doit requérir le plus grand intérêt et une attention toute particulière, attendu que du domaine politique, en tant que pouvoir incarnant l’autorité de l’État, dépendent tout le reste de la société en tant que tout. La réforme, pour être en phase avec l’air du temps, avec cette composante de la modernité qui est la <em>liberté</em>, doit orienter le domaine politique vers davantage d’ouverture en vue d’en finir, à terme, avec l’État autoritaire et d’instaurer un État de droit et la démocratie. Il ne s’agit pas, une fois encore, pour le monde arabo-musulman de faire un copier-coller de la démocratie à l’occidentale, mais d’être suffisamment perspicace et imaginatif pour inventer une formule démocratique qui soit en harmonie avec les multiples et divers paramètres qui déterminent ce monde. Ailleurs, des pays, de confession musulmane, ont réussi le pari de la démocratie. Pourquoi la même chose ne serait pas possible pour le monde arabo-musulman. Est-ce que c’est trop demandé ?</p>
<p>Enfin, le volet économique, dont l’importance n’est pas moins égale que celle du volet politique, requiert une réforme qui soit en mesure de mettre en place un système économique débarrassé de certains archaïsmes- l’économie de rente &#8211; qui relèvent d’un autre âge. Un système économique qui puisse s’inspirer des valeurs fondatrices de l’Islam et la démocratie occidentale toute à la fois. Ces valeurs qui sont, pour l’essentiel, la liberté d’entreprendre, l’égalité des chances, l’équité et la justesse, sont de nature à rejaillir positivement sur la société en y consacrant les principes de la justice et de la cohésion sociales. Ces deux principes sont les deux vertus qui font défaut au monde d’aujourd’hui en raison des dérives graves et dangereuses du néolibéralisme et dont les conséquences seront, à non point douter, désastreuses pour l’humanité entière.</p>
<p>En dernier ressort, le temps est venu pour le monde arabo-musulman de se libérer du joug du conditionnement intellectuel et idéologique dans lequel il s’est fourvoyé en croyant dur comme fer que l’islam serait incompatible avec la modernité et que, par conséquent, le pari sur cette modernité serait immanquablement voué à l’échec. Les discours qui ont essaimé et rivalisé autour de la question de l’islam et la modernité ont fait plus de mal qu’autre chose et ont fini par installer au sein de l’imaginaire arabo-musulman une grande fébrilité pour ne pas dire un complexe d’infériorité, exactement comme le raconte la parabole du guerrier qui se voit déjà vaincu avant même d’avoir livrer bataille.</p>
<p>Cependant, la vraie bataille que le monde arabo-musulman est sommé d’engager est d’ordre psychologique puisque c’est contre lui-même qu’il doit la livrer : se regarder lucidement en face tel qu’il est, regarder ses forces et ses faiblesses, ses atouts et les risques et les dangers qui le guettent et qui peuvent causer sa perte. Cette lucidité sur soi-même est le préalable, le premier pas vers la guérison de cette paralysie et cette torpeur qui l’empêchent d’agir, d’aller jusqu’au bout de ce qu’il fait, pour lui permettre de se redresser et se remettre debout, pour ne pas rester par terre et se faire piétiner. Cela est, sans doute, plus difficile à dire qu’à faire, mais cela n’est pas impossible. Et il faudrait vraiment le vouloir pour pouvoir le faire par la suite.</p>
<p>En règle générale, la vie ici-bas se présente comme une multitude de possibilités et de choix ; et tout choix est par définition un renoncement mais, en même temps, l’acceptation des sacrifices que l’on doit être disposé à consentir pour pouvoir l’assumer pleinement. En termes plus clairs, si le monde arabo-musulman opte pour cette invention occidentale singulière qu’est la modernité, il faudrait aussi qu’il puisse être en mesure de porter ce choix, et, surtout, de savoir ce que cela implique exactement pour avoir la possibilité d’agir en conséquence.</p>
<p>Certes, l’Occident n’est ni un ange ni un enfant de cœur ; mais il n’est pas non plus le diable, dans tout ce qu’il a d’horrible et de maléfique. En Occident, il n’y a pas que les mauvaises choses, il y a aussi les bonnes choses. C’est sur la partie pleine du verre qu’il faudrait, à présent, porter le regard plutôt que sur la partie vide. C’est peut-être ainsi et de cette façon seulement qu’il serait possible de sélectionner et prendre ce qui est positif et utile et qui peut aider à résoudre les problèmes consécutifs à la crise à quelle le monde arabo-musulman est confronté, depuis fort longtemps. Cela est et reste de l’ordre du possible et du faisable, malgré tout ce que disent, par ailleurs, les mauvaises langues et les esprits défaitistes et malveillants.</p>
<p>Finalement, il ne s’agit, pour une possible alliance entre l’Islam et la Modernité, ni de vendre son âme, ni pactiser avec le diable, et encore moins de se délester de sa culture et de son identité. L’expérience de l’intégration de la modernité par le Japon, l’Inde, la Chine et d’autres pays de l’Asie, n’est ni un fantasme ni une simple extravagance, mais bien une réalité concrète et en même temps une bonne source d’inspiration pour le monde arabo-musulman.</p>
<p><strong>*Universitaire et Analyste Politique</strong></p>
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		<title>Vidéo. Campagne présidentielle en France: Tous les candidats tirent sur l’Islam et les musulmans sauf la gauche et particulièrement Jean-Luc Mélenchon</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/65494</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ahmed Hamdaoui]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Dec 2021 12:15:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[MONDE]]></category>
		<category><![CDATA[campagne présidentielle]]></category>
		<category><![CDATA[france]]></category>
		<category><![CDATA[Islam]]></category>
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					<description><![CDATA[La campagne pour l’élection présidentielle bat son plein en France où les candidats se livrent une rude concurrence pour occuper la première place sur l’échelle de … l’islamophobie. Depuis plusieurs mois, tout ce qui se rapporte à l’Islam et aux musulmans est devenu un excellent argument électoral. Dans cet exercice, c’est le journaliste Éric Zemmour &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La campagne pour l’élection présidentielle bat son plein en France où les candidats se livrent une rude concurrence pour occuper la première place sur l’échelle de … l’islamophobie. Depuis plusieurs mois, tout ce qui se rapporte à l’Islam et aux musulmans est devenu un excellent argument électoral.</p>
<p>Dans cet exercice, c’est le journaliste Éric Zemmour qui a pris les devants en ressassant, tous les jours, ce sujet et celui de l’immigration sur la très conservatrice chaîne d’info en continu, Cnews. Personne ne savait, alors, que celui qui se définit comme juif berbère menait une précampagne électorale pour devenir par la suite candidat à l’élection présidentielle.</p>
<p>Zemmour qui n’aime pas les femmes, l’Islam, les musulmans et les migrants tout en défendant le régime de Vichy qui a déporté les juifs, a fini par faire des émules aux sein des extrêmes, des nationalistes, voire chez la droite républicaine. Tout ce petit monde s’est mis d’accord sur un seul programme qui consiste à mettre dehors les musulmans et les migrants pour éviter un supposé grand remplacement.</p>
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[c5ab_video c5_helper_title= » » c5_title= » » url= »https://youtu.be/_PmpvpPqWm8&Prime; width= »800&Prime; height= »450&Prime; ]
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<p>Le candidat Éric Zemmour n’hésite pas, en effet, à déclarer que si la France ne se barricade pas, elle risque d’être dirigée par des Musulmans dans les prochaines décennies. Les dirigeants du LR (Les Républicains) qui étaient connus par leur modération sur ces sujets sont tombés dans le piège de Zemmour lors de la tenue de la primaire qui a désigné Valerie Pécresse comme candidate pour la présidentielle.</p>
<p>Les cinq prétendants ont rivalisé dans les mesures draconiennes à prendre pour juguler l’avancée de l’Islam et la ruée des migrants. Le député Éric Ciotti a été le plus radical parmi tous ses adversaires en appelant à créer un Guantanamo à la française pour y enfermer les terroristes et les islamistes radicalisés.</p>
<p>Il faut avouer que le président français Emmanuel Macron les avait devancés dans cette radicalité en faisant adopter la loi dite de lutte contre le séparatisme qui cible directement les français de confession musulmane. Face à cette islamophobie ambiante, seule la gauche et notamment le dirigeant de la « France insoumise » Jean-Luc Mélenchon s’est opposé à cette dérive raciste et xénophobe (voir vidéo ci-dessus).</p>
<p>Invité par la chaine BFMTV, le dirigeant politique, natif de Tanger, a encore une fois dénoncé ces attaques infâmes contre les musulmans en rappelant que ce sont les musulmans qui ont défendu la France à Monte Cassino et lors du débarquement de Provence contre l’occupant allemand.</p>
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		<title>Vidéo. Quand le prêtre Henri Boulad accusait l’Islam d’être pire que le nazisme. Cela relève-t-il aussi de la liberté d’expression à la française?</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/31208</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ahmed Hamdaoui]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 02 Nov 2020 11:22:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[MONDE]]></category>
		<category><![CDATA[Islam]]></category>
		<category><![CDATA[nazisme]]></category>
		<category><![CDATA[Prêtre]]></category>
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					<description><![CDATA[Dans une vidéo virale (datée de 2017) reprise par plusieurs sites chrétiens, ces dernières heures, le prêtre Henri Boulad n’y est pas allé avec le dos de la cuillère en accusant l’Islam d’être pire que le nazisme ( lire la vidéo à partir de la 11e minute) . Ennemi juré de l’Islam, ce père du &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans une vidéo virale (datée de 2017) reprise par plusieurs sites chrétiens, ces dernières heures, le prêtre Henri Boulad n’y est pas allé avec le dos de la cuillère en accusant l’Islam d’être pire que le nazisme ( lire la vidéo à partir de la 11e minute) .</p>
<p>Ennemi juré de l’Islam, ce père du catholicisme oriental à usé de tous les mots guerriers pour taxer la religion musulmane de tous les maux et inciter les Européens à s’armer pour la combattre: « L’Europe est en train de sombrer dans l’abîme! Et la France avec! On va assister à ça? À ce cataclysme, à ce désastre, comme ça. Nous sommes en 44 aujourd’hui (occupation nazie ndlr), c’est la même gravité de situation! Ce n’est pas les nazis, c’est pire. Un autre fascisme, qui a décidé de conquérir l’Europe. En fait, il y a deux fascismes: le fascisme de l’argent et le fascisme islamique ».</p>
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[c5ab_video c5_helper_title= » » c5_title= » » url= »https://youtu.be/N2FtyDMw1I0&Prime; width= »800&Prime; height= »450&Prime; ]
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<p>Et le belliqueux religieux de tenter d’enfoncer, davantage, le clou de la haine en essayant de semer la panique au sein de son auditoire: « La France sera musulmane demain. Ces petits seront invités à embrasser l’Islam. Le prénom le plus donné à Bruxelles, c’est Mohammed, à tous les nouveau-nés. Plus de 50% des nouveaux bébés sont appelés Mohammed à Bruxelles».</p>
<p>Se sentant investi d’une mission spirituelle et militaire Henri Boulad s’adresse à son auditoire comme un colonel appelle ses troupes à la guerre en leur révélant qu’il a déjà un plan pour combattre cette religion fasciste qu’est l’islam.</p>
<p>Dans le lexique des droits de l’homme dans l’Hexagone le prêtre n’appelle pas à la haine il jouit tout simplement de son droit à la liberté d’expression à la française.</p>
<p>Car, depuis, l’homme n’a jamais été inquiété pour ses propos fascistes qui sont pourtant bannis par la loi française à moins que le délit de haine contre l’islam n’y soit exclu. Le monde à l’envers.</p>
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		<title>UNE OPINION DU PHILOSOPHE CANADIEN PIERRE DESJARDINS: « QUAND LA LIBERTÉ DE PENSER DEVIENT UN VASTE FOUTOIR »</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/30949</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 30 Oct 2020 14:37:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[MONDE]]></category>
		<category><![CDATA[france]]></category>
		<category><![CDATA[Islam]]></category>
		<category><![CDATA[philosophe PIERRE DESJARDINS]]></category>
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					<description><![CDATA[Notre confrère canadien lapresse.ca a publié, hier, dans sa rubrique « Opinions » un texte du philosophe canadien Pierre Desjardins. Il montre sous un autre angle la complexité des événements tragiques qui ont secoué dernièrement la France. Nous estimons que cette opinion est une contribution utile au débat. « Enfant de notre insatiable curiosité, la merveilleuse liberté de &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Notre confrère canadien lapresse.ca a publié, hier, dans sa rubrique « Opinions » un texte du philosophe canadien Pierre Desjardins. Il montre sous un autre angle la complexité des événements tragiques qui ont secoué dernièrement la France. Nous estimons que cette opinion est une contribution utile au débat.</p>
<p><strong>« Enfant de notre insatiable curiosité, la merveilleuse liberté de penser est un privilège que chacun s’octroie intelligemment, c’est-à-dire dans le respect élémentaire de l’autre. Mais avec tout ce qui se passe présentement en France avec le meurtre de Samuel Paty, on peut se demander s’il en est toujours ainsi.</strong></p>
<p><strong>D’abord, posons la question: lorsque la liberté de penser se fait provocation envers l’immigrant, mérite-t-elle encore cette appellation ? Ne s’agit-il pas plutôt alors d’invectiver l’autre afin de le marginaliser par le ridicule?</strong></p>
<p><strong>Disons-le, la liberté de penser présentement proposée au peuple français par Emmanuel Macron est aussi nue que le sont les caricatures de Mahomet. Cette liberté ne procède pas de la connaissance ou de la curiosité vis-à-vis de l’autre, mais de la fermeture d’esprit et de l’intolérance à l’égard des difficultés que vivent depuis toujours les musulmans de France.</strong></p>
<p><strong>Depuis l’assassinat de Samuel Paty, le musulman s’est vu transformé en France en bouc émissaire d’une liberté de penser qui, sous l’égide d’Emmanuel Macron, se drape odieusement des oripeaux de la République.</strong></p>
<p><strong>Or, cette liberté se fait tout à fait insensible au racisme que subissent depuis des années les communautés musulmanes en France.</strong></p>
<p><strong>Pourtant, la liberté de penser ne devrait jamais se transformer en un pouvoir étatique défini par un chef d’État, surtout si celui-ci profite de la situation pour refaire son image auprès de son électorat. Elle ne doit pas non plus être la caution de politiques d’immigration.</strong></p>
<p><strong>Ne nous le cachons pas: il s’agit présentement pour l’État français de marginaliser une communauté spirituelle au profit d’une collectivité nationale, collectivité qui se dit libre, égalitaire et fraternelle, mais qui, dans les faits et sous ce masque, ne veut que sacraliser encore davantage son ascendance judéo-chrétienne.</strong></p>
<p><strong>Le jour où ce pays se débarrassera de ces trois artifices mondains, peut-être saura-t-il se débarrasser également de son orgueil légendaire qui mine son développement social depuis la guerre d’Algérie.</strong></p>
<p><strong>Aussi, osons la question: en s’accordant aveuglément cette soi-disant liberté de penser endossée par l’État, le peuple français participe-t-il d’un racisme collectif?</strong></p>
<p><strong>Car il est pour le moins étonnant qu’un peuple qui passe habituellement ses journées à râler contre son chef d’État participe soudainement et aussi facilement à ses vues.</strong></p>
<p><strong>Entendons-nous: il ne s’agit pas ici de défendre un ignoble assassinat, mais de mettre en lumière le sort actuel d’une communauté qui, depuis des années en France, ne cesse de se faire insulter et qui, malheureusement, se radicalise d’autant plus.</strong></p>
<p><strong>D’ailleurs, soyons réalistes: pas un citoyen français ne sera vraiment libre et en sécurité en France tant que les musulmans ne jouiront pas de la plénitude de leurs droits.</strong></p>
<p><strong>Dans un tel contexte, il importerait que l’État français, plutôt que de s’adonner à du profilage, se penche sur ce problème social et crée d’abord des lois qui condamnent tout propos anti-musulman.</strong></p>
<p><strong>Notons-le en terminant, ce n’est pas en tant que ressortissants d’un pays étranger que les musulmans souhaitent leur intégration à la nation française, mais bien en tant que musulmans. Après tout, la liberté religieuse ne fait-elle pas aussi partie des valeurs de la République?</strong></p>
<p><strong>Et normalement, toute personne qui, par son travail, participe à la grandeur de la France mérite le statut de citoyen français avec tous les privilèges que cela comporte notamment celui de pouvoir pratiquer sa religion dans le respect des autres. »</strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
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