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	<title>Fête du mouton &#8211; Le collimateur</title>
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	<description>Le goût de la vérité n&#039;empêche pas la prise de parti</description>
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		<title>Les fêtes entre essence spirituelle et pressions économiques : comment préserver leur magie sans qu’elles deviennent un fardeau ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 May 2026 10:32:57 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Par: Mohamed KHOUKHCHANI La fête, une nécessité existentielle Comme le disait Albert Camus : « Au milieu de l’hiver, j’ai découvert en moi un été invincible. » Les fêtes, à travers les pays et les époques, incarnent cet « été intérieur » qui arrache la communauté humaine à la monotonie du quotidien. Elles sont des &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Par: Mohamed KHOUKHCHANI</p>
<p><img decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-212840" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/05/khoukhs-.jpeg" alt="" width="299" height="168" /></p>
<p>La fête, une nécessité existentielle</p>
<p>Comme le disait Albert Camus : « Au milieu de l’hiver, j’ai découvert en moi un été invincible. » Les fêtes, à travers les pays et les époques, incarnent cet « été intérieur » qui arrache la communauté humaine à la monotonie du quotidien. Elles sont des rituels cycliques répondant au besoin fondamental de l’homme de dépasser le réel pour accéder à un sens plus grand, de renforcer les liens sociaux par cette « effervescence collective » décrite par Émile Durkheim. Mais lorsque ces célébrations se transforment en fardeau financier et en lutte contre les prix, elles risquent de perdre leur âme, voire de devenir des « quasi-péchés » qui alourdissent les cœurs avant même les tables.</p>
<p>Le Maroc : un modèle vivant de richesse festive et de défis contemporains</p>
<p>La culture des fêtes au Maroc a toujours été le reflet d’une identité unique, mêlant authenticité amazighe, profondeur islamique et héritages arabo-andalous. De l’Aïd el-Fitr avec ses pâtisseries (« cornes de gazelle ») et ses rituels comme le « Haq el-melh » (droit du sel), à l’Aïd el-Kébir symbolisant le sacrifice et la solidarité familiale, en passant par les « moussems » traditionnels (Tan-Tan) et le Nouvel An amazigh devenu officiel. Ces occasions constituaient un pont vital pour réintégrer les familles nucléaires dans le tissu de la grande famille, source de sécurité psychologique et d’appartenance collective.</p>
<p>Pourtant, ce riche patrimoine se heurte désormais à des mutations contemporaines : vie chère, marchandisation du sacré, phénomène du « paraître social » sur les réseaux sociaux, et même « l’évasion sociale » face aux questions familiales pesantes. Malgré tout, la fête demeure, au Maroc comme ailleurs, un moment de pardon et d’entraide.</p>
<p>La crise de 2026 : quand l’écart entre les chiffres officiels et la réalité explose.</p>
<p>Cette année, le contraste a atteint son paroxysme. Alors que le ministère de l’Agriculture affirmait une abondance de moutons – l’offre nationale dépassant la demande d’un à deux millions de têtes – les Marocains ont subi un « choc des prix ». Le seuil minimal d’un mouton a atteint 2 200 dirhams, grimpant jusqu’à 8 000 dirhams dans certains marchés, soit une hausse exceptionnelle par rapport aux années précédentes. Les citoyens n’ont pas ressenti l’effet des aides gouvernementales dépassant les 11 milliards de dirhams.</p>
<p>Le mystère a été levé : les intermédiaires – les « chnaqa » – achètent les bêtes aux éleveurs à bas prix pour les revendre à prix d’or dans les villes, exploitant l’absence d’un contrôle efficace sur les chaînes de distribution. À cela s’ajoutent la hausse du coût des aliments pour bétail due à la sécheresse successive et à l’instabilité climatique, renchérissant la charge sur les petits éleveurs et les consommateurs. Des appels populaires au boycott de l’achat des moutons ont émergé sous le hashtag « Khalih ibaabae » (laissez-le bêler), tandis que les déclarations du ministre Ahmed El Bouari étaient qualifiées de « matière à sarcasme » tant elles semblaient déconnectées du vécu quotidien.</p>
<p>Enseignements : comment rester fidèles à l’esprit de la fête ?</p>
<p>Si nous voulons que les fêtes restent des fêtes et non des « quasi-péchés », l’expérience marocaine de 2026 nous impose de dégager des conditions objectives :</p>
<p>1. Réformer les circuits de distribution et contrôler les marchés</p>
<p>Il ne suffit pas de fournir des moutons ou de subventionner les éleveurs si les intermédiaires dictent les prix. Il faut créer des marchés régionaux directs entre éleveurs et consommateurs, activer des mécanismes répressifs contre l’accaparement et les spéculations, et rendre obligatoire l’affichage du prix par tête.</p>
<p>2. Rationaliser la consommation et rejeter le paraître social</p>
<p>Médias, influenceurs et institutions religieuses doivent rappeler que l’essence de l’Aïd n’est ni la taille de la bête ni la somptuosité du caftan, mais la spiritualité, les liens de parenté et l’entraide. Une famille peut acheter un mouton plus jeune, ou partager une bête avec des voisins ou des proches, ranimant ainsi les valeurs de coopération.</p>
<p>3. Soutenir les petits éleveurs et sécuriser les aliments pour bétail</p>
<p>Investir dans les infrastructures du cheptel et fournir des aliments subventionnés aux petits éleveurs au moins six mois avant la saison garantit la stabilité des prix en amont.</p>
<p>4. Restaurer la dimension psychologique et spirituelle</p>
<p>La fête est une opportunité de pardon et d’apaisement des conflits, non de comparaisons sociales. Chaque famille doit établir un budget réaliste, sans céder aux pressions de la mode ou des vœux filmés. Il est essentiel de consacrer une partie des dépenses aux nécessiteux : si l’on ne peut acheter de mouton, nourrir un pauvre suffit.</p>
<p>5. Transparence gouvernementale, sans illusion</p>
<p>Les responsables ne doivent pas parler d’« abondance » que le citoyen ne ressent pas sur le terrain. Les statistiques seules trompent si elles ne s’accompagnent pas de mécanismes permettant d’accéder au consommateur final à des prix raisonnables.</p>
<p>Conclusion : l’homme est un être de fête, mais pas un être esclavagé par les prix</p>
<p>En définitive, les fêtes restent la preuve que l’homme, dans son essence, est un « être de célébration ». Mais la véritable célébration ne s’achète pas avec une fortune, ne se mesure pas au nombre de moutons, mais à la capacité d’une communauté à faire de l’événement un moment de rapprochement, de solidarité et de gratitude.</p>
<p>La crise de 2026 au Maroc n’est pas qu’une crise des prix ; c’est un appel retentissant à revoir notre rapport aux fêtes : sont-elles pour la consommation ou pour l’élévation ? Pour l’apparence ou pour la sincérité ? Il est temps de protéger notre joie contre les spéculations et les intentions mercantiles. Alors seulement, la fête restera une fête.</p>
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		<title>Le festin de l&#8217;hypocrisie&#8230;</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/186214</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 07 Jun 2025 10:48:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[NOS CHRONIQUEURS]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIÉTÉ]]></category>
		<category><![CDATA[Fête du mouton]]></category>
		<category><![CDATA[tragédie de Frankenstein]]></category>
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					<description><![CDATA[Par: Zakia Laaroussi Aïd, mais quel Aïd ? Vous avez dit « Aïd »? Tenez, une patte traînée ici, une tête là, une panse au milieu, tandis que le corps – ce corps noble de l’animal – a déjà été enseveli sous les sables du tarissement, de la cherté, et de la désolidarisation sociale. Cette année, ce &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par: Zakia Laaroussi</strong></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-186208" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/06/laaroussi.jpeg" alt="" width="1600" height="906" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/06/laaroussi.jpeg 1600w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/06/laaroussi-300x170.jpeg 300w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/06/laaroussi-1024x580.jpeg 1024w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/06/laaroussi-768x435.jpeg 768w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/06/laaroussi-1536x870.jpeg 1536w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/06/laaroussi-390x220.jpeg 390w" sizes="auto, (max-width: 1600px) 100vw, 1600px" /></p>
<p><em><strong>Aïd, mais quel Aïd ? Vous avez dit « Aïd »? Tenez, une patte traînée ici, une tête là, une panse au milieu, tandis que le corps – ce corps noble de l’animal – a déjà été enseveli sous les sables du tarissement, de la cherté, et de la désolidarisation sociale.</strong></em></p>
<p><em><strong>Cette année, ce n’est pas l’Aïd el-Kébir… c&rsquo;est l’Aïd du dépeçage : À défaut d’un mouton entier, le citoyen réinvente une créature hybride, une « Tragédie de Frankenstein », reconstituée dans les marchés comme un puzzle grotesque : un demi-crâne, une patte arrière, un lambeau de gras… Et tout cela, béatement offert sur l’autel de la tradition dévoyée.</strong></em></p>
<p><em><strong>Mais quel rite est-ce là ?! Quelle offrande désincarnée ?! Avons-nous tant perdu la boussole que l’on puisse désormais sacraliser les restes, célébrer des « quarts de mouton » comme on vénère des reliques ?! Le vrai scandale n’est pas dans l’absence du mouton, mais dans la farce collective de ceux qui achètent des membres à prix d’or, croyant sauver les apparences.</strong></em></p>
<p><em><strong>Le Roi, Commandeur des Croyants, l’a dit : cette année, point de sacrifice nécessaire. C’est là une parole de sagesse, d’humanité, de lucidité écologique et sociale. C’est une parole d’État et de cœur. Mais voilà que certains la rejettent, la contournent, ou pire : la profanent par des simulacres de piété découpée en tranches !</strong></em></p>
<p><em><strong>Où sont les campagnes de sensibilisation qui expliquent ce choix comme un geste pour la nature, pour la santé publique, pour le vivre-ensemble ? Où est la voix des imams, des penseurs, des éducateurs, pour rappeler que la foi n’est pas dans l’assiette, mais dans l’intention, la modération et le respect de l’autre ?</strong></em></p>
<p><em><strong>Il n’est pas anodin de rappeler ici les sages paroles de nos aînés. Le calife Omar Ibn al-Khattab disait : « J’ai horreur de voir un homme dont la seule préoccupation est son ventre.» L’imam Al-Chafi’i avouait : « Je n’ai jamais mangé à satiété depuis seize ans, car la satiété alourdit le corps, endurcit le cœur, engourdit l’esprit et affaiblit l’âme. »</strong></em></p>
<p><em><strong>Mais nous ? Nous avons fait du gras un dogme, de la viande une religion, et du marché une Kaaba de l’estomac. Nous mangeons au-delà du besoin, jusqu’à la maladie. Nos assiettes débordent, nos artères implosent, et nos âmes… dépérissent.</strong></em></p>
<p><em><strong>Et pourtant, malgré une consommation excessive de viande tout au long de l’année, nous persistons à vouloir en acheter davantage pour une seule journée, quitte à vendre la dignité pour un os rôti.</strong></em></p>
<p><em><strong>Les scènes dans les souks flirtent avec le burlesque et le tragique : Une patte de mouton se négocie plus cher qu’un mouton entier l’année précédente. Le crâne devient un trophée, la panse un luxe, le gras une monnaie.</strong></em></p>
<p><em><strong>Mais derrière cette frénésie carnivore se cache une misère plus grande : celle de la peur du regard social.</strong></em><br />
<em><strong>Ce n’est pas Dieu que l’on honore par ces achats absurdes, c’est l’ego, le qu’en-dira-t-on, l’illusion d’appartenance à une norme qu’on ne comprend même plus. Ceux qui ne peuvent pas se permettre une bête entière sont aujourd’hui condamnés à l’humiliation muette ou à l’achat d’ersatz, pour ne pas être exclus du banquet collectif. Mais n’est-ce pas justement le moment de rompre avec ce cercle vicieux ?</strong></em></p>
<p><em><strong>À défaut de sacrifier un mouton, sacrifions notre hypocrisie, notre gloutonnerie sociale, notre adoration malsaine du paraître. Car le véritable Aïd n’est pas un festin. C’est un acte intérieur. Un moment d’élévation, de purification, de solidarité. Un Aïd sans mouton est possible. Mais un Aïd sans cœur ? Voilà le vrai drame.</strong></em></p>
<p><em><strong>Alors que dirons-nous à nos enfants dans vingt ans ? Que nous avons mangé des « raclures de mouton » pendant que nos voisins crevaient de faim ? Que nous avons sacrifié l’esprit pour sauver l’emballage ? Non. Il est temps de dire : Assez.</strong></em></p>
<p><em><strong>Cet Aïd n’est pas une fête. C’est un symptôme. Un symptôme de notre confusion, de notre décadence silencieuse, de notre abdication collective devant le consumérisme.</strong></em></p>
<p><em><strong>Et pourtant, il suffit de peu : manger moins, penser plus. Partager plus, s’exhiber moins.</strong></em><br />
<em><strong>Car l’Aïd ne se mesure pas à la quantité de viande grillée. </strong><strong>Mais à la qualité de notre compassion, à la justesse de notre modération, et à la sincérité de notre foi.</strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
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