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	<title>Fatima Ezzahra El Masouri &#8211; Le collimateur</title>
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	<description>Le goût de la vérité n&#039;empêche pas la prise de parti</description>
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		<title>Un hadith comme paravent à l&#8217;ignorance</title>
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		<pubDate>Thu, 01 Oct 2026 18:33:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[POLITOSCOPE]]></category>
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		<category><![CDATA[Fatima Ezzahra El Masouri]]></category>
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					<description><![CDATA[Par : Hedi KENDIRE  La nomination de Mme El Mansouri n&#8217;était pas encore commentée sur le fond que, déjà, des voix s&#8217;élevaient pour exhumer un hadith : « Ne prospérera jamais un peuple qui confie ses affaires à une femme. » Ce vieux réflexe d&#8217;un autre âge refait surface au moment où le Maroc prétend &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par : Hedi KENDIRE </strong></p>
<p><strong>La nomination de Mme El Mansouri n&rsquo;était pas encore commentée sur le fond que, déjà, des voix s&rsquo;élevaient pour exhumer un hadith : « Ne prospérera jamais un peuple qui confie ses affaires à une femme. » Ce vieux réflexe d&rsquo;un autre âge refait surface au moment où le Maroc prétend regarder devant lui. Pourquoi maintenant ? Parce que l&rsquo;argument de fond manque, et qu&rsquo;on en cherche un ailleurs.</strong></p>
<p><strong>Rappelons d&rsquo;abord de quoi il s&rsquo;agit. Ce hadith, rapporté par Abou Bakra et recueilli par Al-Boukhari, est un hadith isolé (ahad), non une prescription coranique. Il aurait été prononcé par le Prophète en apprenant que les Perses avaient placé sur le trône la fille de Chosroès. Il s&rsquo;agit donc d&rsquo;un commentaire sur une situation politique précise, celle d&rsquo;un empire dynastique en déclin, et non d&rsquo;une règle universelle sur la gestion des affaires publiques. Les juristes eux-mêmes ont débattu de sa portée : beaucoup l&rsquo;ont limité à la souveraineté suprême, le califat, et n&rsquo;en ont jamais déduit l&rsquo;exclusion des femmes de toute responsabilité. </strong></p>
<p><strong>Certains ont admis qu&rsquo;elles puissent juger, d&rsquo;autres administrer. Même la tradition rapporte que ce récit n&rsquo;est ressorti que bien plus tard, lors de la crise qui a suivi la bataille du Chameau, ce qui invite à la prudence plutôt qu&rsquo;à l&rsquo;usage militant.</strong></p>
<p><strong>Surtout, l&rsquo;islam ne se résume pas à un seul hadith brandi hors de son contexte. Le Coran cite avec admiration la reine de Saba, qui gouvernait avec sagesse et consultation (choura) là où ses conseillers hommes ne songeaient qu&rsquo;à la force. Khadija était une commerçante prospère. Aïcha transmettait la science à des générations de savants. Oumm Salama offrit au Prophète le conseil qui dénoua la crise de Houdaybiya.</strong></p>
<p><strong>Quant à notre propre histoire, elle dément l&rsquo;argument sans effort. Fatima al-Fihri a fondé à Fès, au IXᵉ siècle, la Quaraouiyine, l&rsquo;une des plus anciennes universités du monde. Sayyida al-Hurra a gouverné Tétouan pendant des années et traité d&rsquo;égal à égal avec les puissances de la Méditerranée. Khnata bent Bakkar fut la conseillère écoutée du sultan Moulay Ismaïl et de son fils. Ce pays n&rsquo;a pas attendu qu&rsquo;on lui explique que les femmes savent diriger.</strong></p>
<p><strong>Partout dans le monde, des femmes ont conduit des gouvernements et marqué l&rsquo;histoire de leurs pays, en démocratie comme en temps de crise. Elles ne sont plus une exception qu&rsquo;on s&rsquo;étonne de rencontrer. Ce que les peuples jugent, c&rsquo;est un bilan, pas un sexe.</strong></p>
<p><strong>Et au Maroc ? Honnêtement, le critère du genre n&rsquo;a jamais été le bon baromètre de la compétence. Les hommes qui ont dirigé les gouvernements successifs ont-ils tous constitué des références d&rsquo;efficacité ? Chacun connaît la réponse et ne manque pas de souvenirs. Si l&rsquo;on voulait vraiment une exigence de compétence, on l&rsquo;appliquerait à tous, hommes et femmes, sur pièces et sur résultats.</strong></p>
<p><strong>Enfin, notre cadre est clair. La Constitution de 2011 pose le principe d&rsquo;égalité entre les hommes et les femmes dans la jouissance des droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels. Elle prévoit la parité comme objectif. Le chef du gouvernement est nommé en fonction des résultats électoraux, non d&rsquo;une lecture sélective des textes anciens. Prétendre dire à la place des urnes et des institutions qui peut ou non gouverner est une dérive que ce pays ne peut pas accepter.</strong></p>
<p><strong>La régression ne serait pas qu&rsquo;une femme dirige, mais que l&rsquo;on accepte de rejuger une nomination légitime avec les arguments d&rsquo;un autre siècle. Jugeons Mme El Mansouri sur son programme, sa méthode et ses résultats. C&rsquo;est ce qu&rsquo;on doit à toute personne qui exerce le pouvoir, et c&rsquo;est tout ce qu&rsquo;on doit au débat public.</strong></p>
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