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	<title>évasions &#8211; Le collimateur</title>
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	<description>Le goût de la vérité n&#039;empêche pas la prise de parti</description>
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	<title>évasions &#8211; Le collimateur</title>
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	<item>
		<title>Goulag de Tindouf: Une autre évasion spectaculaire de six prisonniers marocains déportés par le polisario en terre mauritanienne (Par Ali NAJAB, ex-pilote de chasse)</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/87056</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 14 Jul 2022 09:42:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[SÉCURITÉ & DÉFENSE]]></category>
		<category><![CDATA[évasions]]></category>
		<category><![CDATA[Prisonniers de guerre marocains]]></category>
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					<description><![CDATA[Dans ce nouvel épisode de cette série, Ali Najab, ex-pilote de chasse, évoque l’évasion pour la première fois depuis le territoire mauritanien de six prisonniers de guerre marocains. Une évasion épique… Certains prisonniers de guerre marocains avaient été effectivement emmenés à Oum Chiat à peu près 150 km à l’Est de Zouirat au nord de &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1"><b>Dans ce nouvel épisode de cette série, Ali Najab, ex-pilote de chasse, évoque l’évasion pour la première fois depuis le territoire mauritanien de six prisonniers de guerre marocains. Une évasion épique… </b></span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Certains prisonniers de guerre marocains avaient été effectivement emmenés à Oum Chiat à peu près 150 km à l’Est de Zouirat au nord de la Mauritanie.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Oum Chiat était l’endroit où se trouvait le plus grand cheptel de chameaux (1500 têtes environ) qui fut mis à la disposition de deux chefs Brahim Ghali et Mohammed Ould Lbouhali soi-disant ministres de la défense du polisario, fonction qu’ils avaient occupée l’un après l’autre.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Les prisonniers de guerre marocains étaient emmenés à Oum Chiat pour creuser des puits et tirer l’eau pour le cheptel. Il y avait aussi des troupeaux de chèvres.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">En 1993, six prisonniers marocains étaient emmenés de Tindouf à Oum Chiat. </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Leurs noms: Sergent Arzou Kaddour de Taza (dit Kouider) ; Rabei Lahcen de Séfrou ; Bennouna Mohammed de la région de Taza ; Jaafar Mohammed ; Hassan Tanji et Hassan Chrif. Ces braves militaires travaillaient sous les yeux vigilants de six gardiens militaires du polisario.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Ce jour du 25 mai 1993, les gardes leur avaient donné un travail à la tâche qui consistait à faire des briques (200 chacun). Une fois ce travail terminé, ils rejoignirent leur lieu d’habitation, une cave couverte. Après le petit déjeuner, le sergent Kouider sortit faire un état des lieux: il s’assura que le véhicule, un Mercédès type Unimog, était bien à sa place habituelle. Il passa à côté, pour vérifier discrètement que les deux kalachnikovs étaient toujours derrière le siège du conducteur. Il revint chez ses camarades. Sergent Arzou Kaddour dit Kouider raconte:</span></p>
<p class="p5"><span class="s1"><i>«Je rassurai mes cinq camarades que c’était le moment de partir ou jamais. Sitôt sortis de la cave, nous fonçâmes sur le véhicule pour nous emparer des deux fusils</i>. <i>Ensuite, nous surprimes les gardes dans leur chambre. Nous les fouillâmes et ligotâmes. Nous les fîmes monter tous les six dans le véhicule. Après cette opération, je chargeai l’un de mes camarades de faire le plein du véhicule. Un autre se chargea de ramener un bidon de 200 litres plein d’eau. Un troisième nous procura 20 litres de lait de chamelle en bidons de 5 litres. Nous ramassâmes tout ce que les gardes avaient en leur possession en date, thé et sucre.</i></span></p>
<p class="p5"><span class="s1"><i>Nous primes le départ à 16 heures 30. Cet horaire fut choisi de telle manière que si d’autres devaient être au courant de notre évasion et nous suivre, ils ne le feraient qu’à la tombée de la nuit et par conséquent la poursuite leur serait très difficile.</i></span></p>
<p class="p5"><span class="s1"><i>Nous roulâmes toute la nuit à une vitesse modérée car l’Unimog est un véhicule qui possède un châssis haut et par expérience facile à se renverser à de fortes vitesses.</i></span></p>
<p class="p5"><span class="s1"><i>Le lendemain, nous roulions toute la matinée et à midi nous traversâmes la ligne de chemin de fer reliant Nouadhibou à Zouerate. Nous décidâmes de laisser les 6 gardiens à cet endroit là au point 60 km de Zouerate pour leur donner une chance d’être sauvés au passage du train. Avant de les quitter, nous leur proposâmes de rentrer au Maroc avec nous. Ils s’excusèrent justifiant leur choix par le fait qu’eux aussi avaient leurs familles aux camps à Tindouf et sans eux leurs enfants et leurs épouses seraient sans ressources et connaitraient beaucoup de difficultés pour vivre. Nous n’y trouvâmes rien à dire. Mais avant de les quitter, nous leur avions laissé suffisamment d’eau, du lait, du thé, du sucre et des dattes. Nous déviâmes notre route vers le nord Ouest. Nous étions donc hors du territoire mauritanien et venions d’entrer au Sahara. Mais nous étions toujours en zone d’insécurité totale parce que nous étions dans une zone tampon laissée au polisario par le Maroc au moment du cessez-le-feu. Nous avions roulé tout l’après-midi en nous faufilant à travers les acacias pour ne pas soulever de poussière derrière nous pour éviter de nous faire repérer. Avant la tombée de la nuit, nous essayâmes de nous repérer. Nous primes la direction nord ouest que nous avions estimée facilement avec le coucher de soleil. Nous avions roulé quelques heures la nuit tout en étant vigilants. A minuit nous poussâmes un grand Ouf !!Nous étions devant les barbelais du mur de défense. Malheureusement notre véhicule sauta sur une mine à l’entrée du mur. Notre camarade Rabei Lahcen eut une fracture à la jambe. Jaafar et moi étions légèrement blessés. Nous fumes accueillis par le 3ème bataillon du 4ème RIM puis reçus par le colonel Sahli, commandant le régiment. Nous fumes évacués sur l’hôpital militaire de Dakhla où nous avions passé 7 jours. De là Rabei fut évacué directement sur l’hôpital militaire Mohammed V à Rabat. Moi et mes autres camarades fumes conduits à l’état-major zone sud. On nous donna 5.000 dh chacun et 45 jours de permission».</i></span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Arzou Kaddour et Rabei Lahcen étaient des caporaux le jour de l’évasion. Ils furent promus au grade de sergent. Les autres étaient de simples soldats, ils furent promus au grade de caporal chef. Nous fumes maintenus dans l’armée. En 2003, trois d’entre nous furent mis à la retraite : moi avec le grade de sergent chef, Bennouna Mohammed avec le grade de sergent et Jaafar Mohammed avec le grade de caporal chef. Les autres n’avaient pas encore atteint l’âge de la retraite ; ils furent maintenus dans l’armée.</span></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>GOULAG DE TINDOUF: ÉVASION DE DEUX SOLDATS MAROCAINS: UNE VRAIE ÉPOPÉE (PAR ALI NAJAB, EX-PILOTE DE CHASSE)</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/86869</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 Jul 2022 09:57:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[SÉCURITÉ & DÉFENSE]]></category>
		<category><![CDATA[évasions]]></category>
		<category><![CDATA[Prisonniers de guerre marocains]]></category>
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					<description><![CDATA[Dans ce nouvel épisode du livre « 25 ans dans les geôles de Tindouf: mes mémoires d’un prisonnier de guerre », Ali Najab, ex-pilote de chasse, raconte l’évasion réussie de deux soldats des FAR. Une vraie épopée…    Ben Kazza et K’Hila travaillaient en 1995 à Mhiriz à l’Est de Tifariti. Le polisario les avait ramenés de &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1"><b>Dans ce nouvel épisode du livre « 25 ans dans les geôles de Tindouf: mes mémoires d’un prisonnier de guerre », Ali Najab, ex-pilote de chasse, raconte l’évasion réussie de deux soldats des FAR. Une vraie épopée…<span class="Apple-converted-space">  </span> </b></span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Ben Kazza et K’Hila travaillaient en 1995 à Mhiriz à l’Est de Tifariti. Le polisario les avait ramenés de Tindouf au Sahara pour travailler dans des travaux de construction juste après le cessez-le-feu. A titre de rappel, le polisario voulait installer ses forces en grande pompe à Tifariti et à Mhiriz pour mettre le Maroc devant le fait accompli le jour de la signature du cessez-le-feu. On se rappelle de la sortie 48 heures avant des unités des forces armées royales qui avaient tout balayé autour de Tifariti et forcé le polisario à quitter les lieux. Une fois la paix signée, le polisario avait ramené à Tindouf l’ensemble des prisonniers de guerre marocains qu’il avait momentanément déplacés au Sahara. Mais il en avait gardé quelques-uns pour les travaux de servitude dont K’Hila qui faisait cuisinier du chef de région et Ben Kazza simple manœuvre.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Ces deux prisonniers que je rencontrais souvent au centre du 9 juin m’avait laissé une bonne impression de par leur force de caractère. Une fois à Mhiriz, ils se voyaient régulièrement. Ils travaillaient à 3 km l’un de l’autre. Mais ils avaient obtenu de leurs gardiens l’autorisation de se rendre visite mutuellement prétextant qu’il leur était insupportable de vivre tout le temps isolés l’un de l’autre. Ils devaient néanmoins chacun demander l’autorisation du chef de poste avant de sortir. Ils pratiquèrent cette tactique durant une année. Ils avaient donc eu le temps d’acquérir la confiance de leurs gardiens en s’absentant l’un ou l’autre de 13 heures à 17 heures.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Ils prirent la décision de s’évader le mois de septembre 1995. Chacun devait quitter son lieu de travail à 13 heures avec autorisation comme à l’accoutumée et de se retrouver à un endroit qu’ils avaient fixé d’avance. Le 20 septembre ils prirent le départ à 13 heures, heure où tout le monde faisait la sieste.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Dès le départ ils accélérèrent la marche pour se trouver loin à la tombée de la nuit. Il faisait nuit noir quand soudain ils virent au loin des lumières de voitures derrière eux. Ils n’eurent le moindre doute qu’il s’agissait du polisario qui était à leurs trousses. Ils se terrèrent le temps de laisser les lumières passer devant. Ils estimèrent les véhicules du polisario à trois. Ils reprirent leur marche parallèlement au déplacement des véhicules pour les avoir toujours à l’œil. J’ai été à la rencontre de Ben Kazza qui raconte:</span></p>
<p class="p5"><span class="s1"><i>«A minuit les lumières avaient disparu de notre vision. Nous décidâmes alors de nous séparer de peur d’être repris les deux par l’ennemi. Au petit matin de la journée du 21 septembre je faillis me trouver face à face avec une patrouille ennemie. Je décidai de me terrer, le terrain s’y prêtait d’autant plus que je venais d’atteindre les mouvements de terrain accidenté de Rghioua. J’avais passé cette journée à observer le relief et les environs pour déterminer la direction à prendre une fois la nuit tombée.</i></span></p>
<p class="p5"><span class="s1"><i>Au crépuscule je repris ma marche dans la direction du coucher de soleil. Smara en effet se trouvait à l’ouest. J’étais donc sûr en allant à l’ouest, j’allais tomber sur notre mur de défense. J’avais marché toute la nuit. A 3 heures et demie, je franchis le mur de défense.<span class="Apple-converted-space">  </span>Quelle fut ma joie au moment où je fus récupéré par des éléments du 6ième bataillon parachutiste !!! ».</i></span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Après avoir raconté son épopée aux gendarmes, Ben Kazza fut transféré à Smara où il retrouva avec une immense joie son camarade de fortune K’Hila qui était, lui, recueilli par une autre unité sur le mur. Les deux furent transférés à Agadir à l’état major de la zone sud. Ben Kazza termina son récit sur ceci :</span></p>
<p class="p5"><span class="s1"><i>« Après l’enquête, on nous avait donné 5.000 dh chacun et 45 jours de permission. J’étais simple soldat, je fus promu au grade de caporal. Mon ami K’Hila était caporal, il fut promu au grade de caporal- chef ».</i></span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Les deux furent maintenus dans l’armée jusqu’en 2005 date à laquelle ils furent mis à la retraite avec le grade de caporal chef. Autrement dit : en 25 années de carrière dont 15 ans en captivité, une évasion héroïque et 10 ans de service après l’évasion, ils n’ont été promus que de deux grades ! </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">À<i> méditer…</i></span></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>GOULAG DE TINDOUF: UNE AUTRE FABULEUSE ÉVASION DE PRISONNIERS DE GUERRE MAROCAINS (PAR ALI NAJAB, EX-PILOTE DE CHASSE)</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/86648</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 09 Jul 2022 10:21:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[SÉCURITÉ & DÉFENSE]]></category>
		<category><![CDATA[évasions]]></category>
		<category><![CDATA[Prisonniers de guerre marocains]]></category>
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					<description><![CDATA[Les récits d’évasion de prisonniers de guerre marocains du goulag tindoufien se poursuivent à travers les colonnes de lecollimateur.ma. Aujourd’hui, l’ex-pilote de chasse, Ali Najab, restitue la saga de 12 vaillants soldats qui ont réussi leur plan d&#8217;évasion. Un vrai coup de maître&#8230;   Une autre évasion spectaculaire (ses auteurs 12 soldats): Ils étaient 13 soldats &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1"><b>Les récits d’évasion de prisonniers de guerre marocains du goulag tindoufien se poursuivent à travers les colonnes de lecollimateur.ma. Aujourd’hui, l’ex-pilote de chasse, Ali Najab, restitue la saga de 12 vaillants soldats qui ont réussi leur plan d&rsquo;évasion. Un vrai coup de maître&#8230;  </b></span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>Une autre évasion spectaculaire (ses auteurs 12 soldats):</b></span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Ils étaient 13 soldats prisonniers de guerre marocains d’origine sahraouie à travailler dans une «K<i>oucha»</i> (sorte de four) où ils fabriquaient de la chaux. Leurs noms: Loujaj M’Barek (mokhazni), Ouadad Smail (mokhazni), Mohammed Ali Nouieb, Lamri Mohammed Salem, El Abed Bella ould Laaroussi, El Fels Lhoucine, El Haddaf Omar, Daday Bou Amoud, Mohamed ould Lfatar, Bou Tasbih Mae el anine, Omar ould Chine. En dehors des deux mokhaznis et un civil, les autres, des soldats des </span><span class="s2">FAR.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Ils étaient gardés et surveillés par six gardes de la milice du polisario.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Loujaj M’Barek raconte: </span></p>
<p class="p5"><span class="s3">« Nous</span><span class="s1"><i> avions planifié de nous évader ensemble une année à l’avance. Mais seuls six d’entre nous furent mis au courant par précaution. Nous avions mis à profit cette période d’attente pour observer les gardes. Nous avions remarqué que ceux-ci avaient comme habitude à l’aube de toujours prendre le thé ensemble en bas de la guérite où une sentinelle tenait la garde. Nous avions également constaté que cette sentinelle armée d’une kalachnikov descendait l’arme en bandoulière pour prendre son verre de thé quand ses camarades l’appelaient. Nous connaissions la région sur des kilomètres à la ronde. Nous allions souvent à un endroit boisé situé à 80 km au nord ouest de Tindouf d’où nous allions ramener du bois pour chauffer les fours de chaux. Un jour je me fis très mal suite à une chute d’un acacia. Le polisario me ramena au centre principal des prisonniers pour me soigner. Inutile de dire quelle fut ma tristesse de me voir abandonner mes camarades ».</i></span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Ils étaient donc restés douze. Je suis parti à la rencontre de Smail Ouadad (tribu azouafit). Je préfère vous fournir son propre récit:</span></p>
<p class="p5"><span class="s1"><i>« </i></span><span class="s3">Le</span><span class="s1"><i> 16 décembre 1983 les gardiens n’étaient que quatre. Deux étaient partis en permissions. Nous avions attendu que la sentinelle fut descendue de la guérite pour lui sauter dessus et la désarmer. Nous décidâmes de ligoter les quatre gardiens pendant que l’un de nous veillait au grain l’arme à la main (celle que nous avions enlevée à la sentinelle). Immédiatement après nous nous emparâmes de tous les kalachnikov qui étaient dans le râtelier (5 au total) et de 570 cartouches que nous distribuâmes aux camarades armés de fusils. Nous avions eu l’idée de monter la garde pour simuler la garde du polisario. Pour cela il fallait nous habiller en treillis que nous avions pris aux gardiens et nous leur avions donné les vêtements que nous portions.</i></span></p>
<p class="p5"><span class="s1"><i> Le véhicule qui avait l’habitude de nous rendre visite tous les jours tardait à venir et nous étions restés à l’attendre pendant quatre jours. Il y avait toujours un parmi nous debout dans la guérite pour annoncer son arrivée éventuelle.</i></span></p>
<p class="p5"><span class="s1"><i> Nous permettions néanmoins aux gardes de faire leurs prières et leurs besoins mais l’un après l’autre sous surveillance de l’un de nous armé d’un fusil baïonnette au canon. Nous les faisions manger aussi. Ces quatre jours furent très pénibles pour nous. Nous étions sous le stress parce que tout était imprévisible dans une situation pareille.</i></span></p>
<p class="p5"><span class="s1"><i>Le quatrième jour, c’était le 20 décembre 1983, une land rover arriva dare dare avec deux hommes à bord: le chauffeur et un administrateur. Tous les deux non armés. Ils furent surpris d’être reçus par des prisonniers armés. Sans tarder, ils furent ligotés comme les autres. Nous primes les dossiers qu’ils avaient apportés avec eux: dossiers des quatre gardiens retraités de l’armée espagnole à mettre à jour.</i></span></p>
<p class="p5"><span class="s1"><i>Il était quatre heures de l’après-midi. Nous primes la land rover dont notre chauffeur vérifia le plein d’essence. Le chef de poste possédait dans son tiroir des titres de permission vierges mais déjà signés par l’administration centrale. Nous décidâmes de prendre avec nous le chef de poste nommé Dich et un autre auxquels on fit remplir des titres de permission en cas de contrôle par les algériens. Il fallait donc simuler comme si ces deux polisariens nous accompagnaient pour aller chercher du bois comme d’habitude. Il ne fallait donc pas les garder ligotés. Plus que ça, nous avions pensé à donner un kalachnikov à l’un d’eux avec un chargeur vide bien sûr et nous les avions mis en garde qu’en cas de rencontre avec les algériens ils avaient intérêt à ne pas nous vendre sinon c’était leur fin. </i></span></p>
<p class="p5"><span class="s1"><i> Nous primes la route dans la direction de l’endroit d’où nous avions l’habitude de ramener du bois situé au nord Est de Tindouf.<span class="Apple-converted-space">  </span>C’était un repaire sûr que nous connaissions pour ne pas perdre de temps en cours de route. On roulait suffisamment vite. Au moment de traverser la route Tindouf-Bechar, nous rencontrâmes un truck venant sur notre droite. Nous poursuivîmes notre route très naturellement. Un peu plus loin, nous vîmes une unité algérienne sur notre droite. Nous poursuivîmes notre route sans changer de direction pour ne pas attirer les regards sur nous. Mais nous étions prêts à toute éventualité même engager le combat fût-il suicidaire. Tout se passa bien. Il commençait à faire nuit. La navigation devenait difficile. Il fallait maintenir la même direction pour être sûr d’arriver à la frontière algéro-marocaine. Nous roulâmes toute la nuit. Soudain nous nous trouvions face à une chaine de reliefs (crabs) impossible à franchir en jeep. Nous décidâmes d’abandonner la land rover sur place et de continuer à pied. Il faisait toujours nuit. Pour nous orienter nous faisions appel à notre instinct sans plus. Mais nous étions sûrs que nous nous dirigions toujours vers le nord. Au lever du jour nous constatâmes que nous avions déjà franchi la frontière et que nous avions laissé un poste frontière marocain derrière nous. Nous vîmes des soldats nous faire signe. Mais avant de les rejoindre, j’avais envoyé un d’entre nous s’assurer qu’il s’agit bien des nôtres. J’avais pris les précautions de lui demander de revenir vers nous et tout seul pour éviter toute méprise. Ce qu’il fit.<span class="Apple-converted-space">  </span>C’était le poste dit Ghazouia entre Foum Laachar et Tafagount .Nous fumes très bien reçus et avec beaucoup d’égards par un colonel nommé Ziani et un capitaine venus à notre rencontre en fin de matinée. </i></span></p>
<p class="p5"><span class="s1"><i> En arrivant à Agadir, nous fumes reçus par le général commandant la zone sud. Après 18 jours d’enquête, on nous accorda 45 jours de permission avec une somme d’argent. Moi je reçus 5.000 dh et mes camarades 2.500 dh chacun. Je fus promu au grade sergent en janvier 1984. Mes camarades deux ans après au grade de caporal chef. Je fus mis à la retraite en 2006 avec le grade d’adjudant».</i></span></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>PRISONNIERS DE GUERRE MAROCAINS ÉVADÉS DU GOULAG DE TINDOUF: LE CAS DU LIEUTENANT ASTATI MOHAMMED (PAR ALI NAJAB, EX-PILOTE DE CHASSE)</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/86451</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 07 Jul 2022 08:20:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[SÉCURITÉ & DÉFENSE]]></category>
		<category><![CDATA[évasions]]></category>
		<category><![CDATA[Prisonniers marocains à Tindouf]]></category>
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					<description><![CDATA[Lecollimateur.ma poursuit la publication des mémoires d’Ali Najab, ex-pilote de chasse, dédiés aux prisonniers de guerre marocains évadés du goulag de Tindouf. Dans cette quatrième partie, extraite de son livre « 25 ans dans les geôles de Tindouf: mes mémoires d’un prisonnier de guerre », il évoque le cas du Lieutenant Astati Mohammed.  Le cas du Lieutenant &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><em><span class="s2"><a href="http://lecollimateur.ma"><b>Lecollimateur.ma</b></a></span><span class="s1"><b> poursuit la publication des mémoires d’Ali Najab, ex-pilote de chasse, dédiés aux prisonniers de guerre marocains évadés du goulag de Tindouf. Dans cette quatrième partie, extraite de son livre « 25 ans dans les geôles de Tindouf: mes mémoires d’un prisonnier de guerre », il évoque le cas du Lieutenant Astati Mohammed. </b></span></em></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>Le cas du Lieutenant Astati Mohammed </b></span><span class="s1"><b>(un autre officier intrépide mais malchanceux) <span class="Apple-converted-space">                                                 </span></b></span></p>
<p class="p3"><span class="s1"> Pour rester fidèle à son texte, j’ai décidé de restituer intégralement son témoignage.<span class="Apple-converted-space">  </span>Je dois ajouter qu’il fut, même dans les moments difficiles, un officier digne.</span></p>
<p class="p5"><span class="s1"><i>« A plusieurs occasions, le capitaine Najab m’a demandé de lui envoyer un récit même d’une seule page sur ma tentative d’évasion en 1987. Ne pas le faire le pousserait à croire que je suis avare de lui faire part de mon expérience même en quelques lignes. La vérité c’est que je n’ai ni pu ni voulu remuer le couteau dans ma profonde blessure, surtout morale… Par quoi donc commencer ? Par le jour de l’évasion, ou par les préparatifs difficultueux dans un monde de délation. Le choix du jour ne se fit pas au hasard. Il devait d’être un jour choisi dans la fourchette des trois mois de l’année: Novembre, décembre ou janvier parce que les nuits sont plus longues. J’avais planifié de m’évader à pieds. Je devais donc parcourir une centaine de kilomètres pour retrouver ma liberté. J’avais évalué la distance à parcourir (avec les contournements de tout objet noir non identifié et les déviations pour éviter toute zone à risque à environ une centaine de kilomètres). Si l’occasion de m’évader durant la période de novembre à janvier ne m’était offerte, je devais attendre une année. C’est ce qui m’est arrivé: je me suis préparé pendant six mois en 1986, en faisant un peu de Jogging lorsque le polisario nous y autorisait. Ils nous avaient autorisés à faire un peu de sport de temps en temps. L’atmosphère s’était quelque peu détendue après les deux visites du Président algérien Chadli au Maroc. On avait également entendu parler de négociations entre le Maroc et le polisario sous les auspices de l’ONU.<span class="Apple-converted-space">  </span>Mais je n’avais pas pu trouver un moment propice pour exécuter mon plan, j’étais dans l’obligation d’attendre une année. </i></span></p>
<p class="p5"><span class="s1"><i>Combien il était difficile, d’abord de continuer de faire du sport et surtout d’avoir la patience d’attendre l’arrivée de l’hiver d’après durant lequel les nuits étaient plus longues et il faisait froid pour ne pas avoir besoin de beaucoup d’eau à boire. En plus des deux précédentes conditions, le jour devait être dans la deuxième moitié du mois arabe de l’Hégire. Il était donc facile en se servant de la lune de s’orienter. </i></span></p>
<p class="p5"><span class="s1"><i> Le jour « J »: le 17 novembre 1987, j’avais tenté de sortir comme prévu mais j’avais rencontré deux responsables du F.<span class="Apple-converted-space">  </span>Polisario sur mon chemin. Je retournai chez mes camarades qui n’étaient au courant de rien, reportant ainsi ma tentative au lendemain. J’avais décidé de partir travailler ce jour<span class="Apple-converted-space">  </span>à  « Nkheila » où je n’avais pas fourni beaucoup d’efforts, alors qu’une journée de travail à « El Hilal » là où je travaillais d’habitude, nous rendait complètement épuisés parce que nous passions la journée à charger et à<span class="Apple-converted-space">  </span>décharger les camions chargés d’aide alimentaire. Je repris le lendemain. Je réussis le soir à me faufiler à l’extérieur du centre sans être vu ni par la garde, ni par les nôtres…<span class="Apple-converted-space">  </span>Je n’avais trouvé aucune difficulté à m’orienter, de par ma formation d’officier et la durée de sept ans, depuis ma capture, durant lesquelles je m’exerçais à m’orienter en me servant des étoiles. Parmi mes calculs je me disais ceci: si j’arriverais à sortir du centre sans être pris, le polisario ne m’aurait plus entre ses mains. En effet, j’étais à dix kilomètres de la liberté, précisément à l’endroit où je fus pris par une patrouille algérienne, sept militaires avec un jeune sergent comme chef et un conducteur en train de prendre leur petit déjeuner dans le véhicule. Le chef de patrouille m’a demandé qui j’étais ? Je répondis que j’étais marocain, prisonnier de guerre évadé du « Rabouni ». Il ne m’avait pas cru car il connaissait la distance qui séparait ce lieu de Rabouni. Une fois arrêté, c’était la déception totale. Mes pieds s’étaient enflés juste quelques minutes après mon arrestation.<span class="Apple-converted-space">  </span>Je ne pouvais plus marcher. Le jeune chef de patrouille avait beau appeler le lieutenant, commandant de compagnie qui était un ancien officier issu des rangs pour venir, mais en vain. Il avait exigé pour venir qu’on lui communique la raison, chose qu’ils n’ont pas voulu faire car la communication pouvait être interceptée par les marocains.<span class="Apple-converted-space">  </span>Le message est transmis en clair:  « viens avec nous un marocain (marroc) . Je m’étais dit alors: les nôtres allaient intercepter le message et ils allaient se poser la question de qui il s’agissait ? C’était une naïveté de ma part de penser ainsi… Le lieutenant arriva enfin, me banda les yeux, me ligota les mains derrière le dos et je fus transféré à Tindouf. Là, ils me refirent l’enquête de nouveau comme si je venais d’être capturé. Pas de questions concernant la légitimité du conflit, ni de questions sur la guerre des sables de 1963. Juste après l’enquête, le colonel avec son « staff »’ et parmi eux un responsable du Polisario me posèrent une seule question: « pourquoi tu as pensé à t’évader ? ». Je répondis que je cherchais ma liberté. Le colonel répliqua: « il a raison, il ne cherche que sa liberté et c’est le devoir de tout prisonnier ». Le responsable du Polisario me ramena à RABOUNI. Nous avions trouvé les chefs réunis attendant mon retour. Un surnommé « jippou ou jibbou » me passa à tabac.<span class="Apple-converted-space">  </span>Il me lia les mains derrière le dos en me piétinant avec rage tout en proférant de gros mots obscènes qui dénotait qu’il n’avait pas reçu une éducation dans un milieu sahraoui. Etant dans cet état, je lui ai dit: « ce que tu me dis, ce ne sont pas des paroles d’homme, tue-moi si tu veux et ne prononce pas ces mots ».<span class="Apple-converted-space">  </span>Mes propos eurent l’effet d’une douche froide sur les responsables présents. Ils ont enfin intervenu en l’écartant. Ils désignèrent un autre nommé Chalmaddi ou Charmaddi pour s’occuper de moi, un homme plus calme et peu bavard. Il me ramena au « Centre ». Mon arrivée avait mis fin à la punition collective humiliante qu’avaient subie mes compatriotes officiers qui étaient punis sans épargner personne: ni les personnes âgées, ni les personnes malade ou infirmes. Pour les humilier, le responsable ordonna à la garde de les faire ramper en slip devant les soldats. Ils m’ont mis dans une cellule très étroite: 50 cm x 50 cm et 1 m de haut. Je ne pouvais ni m’asseoir ni me mettre debout. Un autre supplice venait de commencer et qui allait durer 3 mois et 17 jours ». </i></span></p>
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		<title>PRISONNIERS DE GUERRE MAROCAINS ÉVADÉS DU GOULAG DE TINDOUF: CAS DE DEUX OFFICIERS INTRÉPIDES MAIS MALCHANCEUX (PAR ALI NAJAB, EX-PILOTE DE CHASSE)</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/86370</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 06 Jul 2022 08:26:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[SÉCURITÉ & DÉFENSE]]></category>
		<category><![CDATA[évasions]]></category>
		<category><![CDATA[Prisonniers de guerre marocains]]></category>
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					<description><![CDATA[Dans cette troisième partie de la saga des prisonniers de guerre marocains évadés du goulag de Tindouf, l’ex-pilote de chasse Ali Najab, auteur du livre « 25 ans dans les geôles de Tindouf: mes mémoires d’un prisonnier de guerre », évoque le cas de deux Lieutenants (deux officiers intrépides mais malchanceux). Récit.   « Même s’ils étaient très &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><strong><span class="s1">Dans cette troisième partie de la saga des prisonniers de guerre marocains évadés du goulag de Tindouf, l’ex-pilote de chasse Ali Najab, auteur du livre « 25 ans dans les geôles de Tindouf: mes mémoires d’un prisonnier de guerre », évoque le cas de deux Lieutenants (deux officiers intrépides mais malchanceux). Récit. <span class="Apple-converted-space">  </span></span></strong></p>
<p class="p1"><span class="s1">« Même s’ils étaient très surveillés, les officiers n’étaient pas en reste pour ce qui était des évasions. </span><span class="s1">Deux Lieutenants Rahmouni Mohammadi du groupe blindé et Salah Mouharrir, un fantassin, avaient tenté de s’évader en 1982. Comme je n’étais pas au centre des officiers ce jour-là, pour des raisons que je vais mentionner ailleurs, je suis allé à la rencontre du Lieutenant Rahmouni pour me parler de leur évasion. Dans son récit, il dit n’en avoir jamais soufflé mot à personne.<span class="Apple-converted-space">  </span>Mais je lui rappelle cependant qu’une année avant, il m’en avait parlé dans ces termes:<i> « Je vais partir, as-tu quelque chose à dire à ta famille ? ». </i>Franchement, je n’ai pas le souvenir de ce que je lui avais dit. J’avais tout oublié sur place. Peut-être je ne lui avais rien dit du tout.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1"> Comme je me suis promis que ce livre ne sera pas mon livre tout seul, mais une tribune pour mes camardes d’infortune pour raconter des moments de leur captivité qui les ont le plus marqués, je laisse Lieutenant Rahmouni raconter son histoire:</span></p>
<p class="p4"><span class="s1">« <i>L’idée de chercher à se libérer des geôles de Tindouf</i> <i>imprégnait tous les Marocains prisonniers de guerre entre les mains du polisario. Les conditions d’incarcération étaient tellement inhumaines que penser même à s’évader, relevait de l’irréalisme.</i></span></p>
<p class="p4"><span class="s1"><i> A l’arrivée parmi nous du Lt.<span class="Apple-converted-space">  </span>Mohrir Salah, un camarade de promotion à l’Académie Royale Militaire et un compagnon d’arme en zone sud, l’idée d’organiser une évasion pour sortir de cet enfer commençait à prendre forme dans notre esprit tous les deux.</i></span></p>
<p class="p4"><span class="s1"><i> Tous les deux ou trois moi, le groupe d’officiers que nous formions, étaient soumis à des campagnes de travaux forcés, ce qui perturbait chaque fois notre projet.</i></span></p>
<p class="p4"><span class="s1"><i>Au début de 1982, il avait eu un moment de répit. Moi et Lt. Mohrir avions mis à profit ce répit pour préparer le départ. La provision était simple: du pain concassé mélangé avec du sucre et mis dans un sac en boudin et un bidon d’eau qu’on devait porter en bandoulière. Personne n’avait été mis au courant par crainte de représailles post-évasion.</i></span></p>
<p class="p4"><span class="s1"><i>Le départ du 22 mars 1982 ne fut arrêté que le 21.<span class="Apple-converted-space">  </span>A cette époque, le rassemblement du groupe des officiers se faisait à part. Un certain chef de poste avait l’habitude de ne pas prêter beaucoup attention au nombre existant sur les rangs. Nous avions donc profité du jour où il était de service pour tourner le dos à ce calvaire que nous vivions à l’insu du monde.</i></span></p>
<p class="p4"><span class="s1"><i>Avant l’heure du rassemblement, nous avions demandé au gardien de sortir faire nos besoins dans l’espace réservé à cette fin, un petit carré entouré de quatre murs. Nous sommes sortis l’un après l’autre, à intervalle assez long pour n’attirer l’attention de personne sur nous. Nous nous étions cachés dans de petits box pleins d’excréments et d’ordures. Nous nous sommes couverts de torchons souillés. Nous avions attendu un moment pour nous assurer que notre absence n’avait pas été remarquée. Ensuite nous prîmes les provisions que nous avions cachées le matin avec le bidon d’eau puis nous prîmes le large. Nous étions emportés par le plaisir de pouvoir retrouver la liberté même si nous venions à peine de quitter le centre. A un certain moment alors que nous avions déjà couvert une bonne distance, nous aperçûmes des feux clignoter au loin. Puis ces feux se rapprochaient de nous de plus en plus vite. Nous n’avions plus de doute, nous étions poursuivis. Nous jetâmes tout ce que nous portions sur nous comme moyens de survie et nous nous sommes assis. Deux ou trois voitures s’arrêtèrent juste devant nos pieds phares allumés. C’est alors que je sentis quelqu’un se rapprocher de moi par derrière et sans tarder me porta un coup violent à la nuque. Je perdis connaissance. Quand je m’étais réveillé plus tard, je me trouvai au milieu d’une horde de hors la loi. Ils me battaient en même temps qu’ils posaient leurs questions. J’avais reconnu le tortionnaire célèbre chez les prisonniers du nom de Khalil qui était chef de centre. Il se disait marxiste d’origine de Casablanca. Plus il maltraitait les prisonniers plus il croyait grandir dans les yeux des dirigeants du polisario.</i></span></p>
<p class="p4"><span class="s1"><i>Ensuite on me jeta dans une chambre dallée, les mains et les pieds attachés derrière le dos. A un moment je ne pouvais plus supporter la douleur à cause de la corde qui me serrait atrocement. Je commençai à hurler malgré moi.. Le fameux Khalil revint et me demanda pourquoi je criais… il me piqua à plusieurs reprises avec la cigarette qu’il venait d’allumer tout en me lançant des gros mots et des injures. Avant de s’en aller, il ordonna aux deux geôliers qui se tenaient debout à côté de lui de me serrer davantage. Cette forme de torture extrême avait duré trois jours. J’étais attaché de jour comme de nuit. On me sortait rarement faire mes besoins. Il m’était arrivé de les faire dans les torchons que je portais. Pendant cette période personne n’était venu me demander quoi que ce soit. Cela me rendait la vie encore plus difficile. Le quatrième jour, on m’enleva la corde et on m’emmena dans une chambre où m’attendait un certain Khandoud, un sahraoui algérien de Tindouf. Aidé de plusieurs autres tortionnaires, il me passa un interrogatoire très musclé. J’étais fouetté au câble électrique pendant toute la durée de l’interrogatoire. Ils alternaient entre le fouet et les coups de pied et les gifles. Quand ils avaient voulu me sortir de là, je ne pouvais plus me tenir sur mes jambes. Deux gardiens me prirent à deux et me jetèrent dans la chambre. J’avais passé dix jours dans cette situation, toujours les mains et les pieds liés derrière le dos. Je n’étais libéré que pour manger un morceau de pain sec, un peu d’eau sans plus. Mes mains étaient enflées avec des traces profondes de la corde de nylon avec laquelle ils m’attachaient.</i></span></p>
<p class="p4"><span class="s1"><i> Le onzième jour on m’emmena là où les prisonniers fabriquaient des briques à partir de la terre ou de l’argile. C’est là aussi que je trouvai mon ami Mohrir avec un visage délabré et tellement enflé que ses yeux étaient à peine perceptibles.<span class="Apple-converted-space">  </span>Il m’apprit que quelqu’un lui avait cassé la mâchoire d’un coup de crosse le jour et à l’endroit même où j’avais la première fois perdu connaissance. Il ne pouvait ni manger ni parler. Ils nous avaient assigné un gardien des plus farouches du nom d’Abdellahi, un tortionnaire réputé chez les prisonniers. C’était lui qui avait tué les deux camarades de Hamid Laban en 1980. Il nous dota d’une pioche et d’une pelle chacun, d’un seau et d’un sac qu’on appelait « charia’ »pour transporter la terre. Nous travaillions pieds nus et sous le fouet à longueur de journée. Cette punition pour ne pas dire torture, avait duré six mois durant laquelle nos camarades officiers étaient aussi punis à faire des briques.</i></span></p>
<p class="p4"><span class="s1"><i>Quoi qu’on écrive ou qu’on dise pour décrire le calvaire que les braves prisonniers marocains dans leur ensemble avaient enduré durant 25 longues années, c&rsquo;est-à-dire un quart de siècle, je suis convaincu que personne ne parviendra à donner l’image réelle de leurs souffrances ».</i></span></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>PRISONNIERS DE GUERRE MAROCAINS ÉVADÉS DU GOULAG DE TINDOUF: CAS D’EL BAZ ET SES TROIS CAMARADES (PAR ALI NAJAB, EX-PILOTE DE CHASSE)</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/86267</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 Jul 2022 08:01:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[SÉCURITÉ & DÉFENSE]]></category>
		<category><![CDATA[évasions]]></category>
		<category><![CDATA[Pirsonniers de guerre marocains]]></category>
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					<description><![CDATA[Après le cas de Hamid Jarjoub et quatre de ses camarades, avec lequel nous avons entamé lundi 4 juillet cette série dédiée par Ali Najab, ex-pilote de chasse, à la saga des prisonniers de guerre marocains évadés de Tindouf en Algérie, nous enchaînons aujourd’hui avec l&#8217;histoire d’El Baz et ses trois camarades.          &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1"><b>Après le cas de Hamid Jarjoub et quatre de ses camarades, avec lequel nous avons entamé lundi 4 juillet cette série dédiée par Ali Najab, ex-pilote de chasse, à la saga des prisonniers de guerre marocains évadés de Tindouf en Algérie, nous enchaînons aujourd’hui avec l&rsquo;histoire d’El Baz et ses trois camarades.   <span class="Apple-converted-space">      </span></b></span></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>Cas d’El Baz et ses trois camarades : (un drame)</b></span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Ils étaient quatre. Ils avaient été capturés durant l’attaque de Gueltat Zemmour en octobre 1981. Le polisario les avait emmenés à Haouza et mis dans un groupe de 32 prisonniers consignés par le polisario dans cette localité pour les travaux de construction ou tout autre travail de servitude. Il s’agit de M’hammed El Baz, de Lhboub, de Lharrass Mohamed et de Bouzid Lahcen. Je pensais faire un récit de leur histoire après avoir longuement écouté El Baz, mais je me suis rendu compte qu’il peut la raconter mieux que moi:</span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><span class="Apple-converted-space">« </span></span><span class="s1"><i>Le 25 février 1982, un an après notre capture, nous nous étions mis d’accord pour nous évader la nuit juste après l’extinction des feux. Nous étions 36 prisonniers à dormir dans une fosse couverte de feuilles de zinc que nous avions nous-mêmes fixées avec de grosses pierres et de la terre. Nous avions choisi de nous mettre tous les quatre dans le même coin où se trouvait une grosse pierre en haut dans l’angle de la fosse. C’est cette pierre une fois enlevée qui nous avait permis de creuser un trou pour sortir. Nous sortîmes tous les quatre vers minuit. Nous avions rampé sur environ 50 mètres pour échapper à la garde. Nous étions pieds nus parce qu’on nous avait enlevé nos chaussures dès notre arrivé à Haouza. Nous primes la direction de Smara mais nous avions un problème dès que nous avions commencé à marcher. Je découvris personnellement que l’un de nos camarades ne voyait pas de nuit. Nous étions obligés de lui attacher une corde à chaque main puis deux d’entre nous prenait chacun l’autre bout pour le guider afin de ne pas le perdre. Nous avions franchi environ 10 kilomètres lorsque nous vîmes au loin des lumières derrière nous. Ces lumières se rapprochaient de plus en plus de nous. Nous avions compris un moment que les gardes étaient à nos trousses. Puis ces lumières avaient disparu de notre champ de vision. Nous accélérâmes la marche afin d’atteindre une montagne qui se pointait devant nous. Il venait à peine de faire jour. Nous arrivâmes au pied de la montagne vers 9 heures. Soudain les balles commencèrent à pleuvoir de tous les côtés. C’était donc fini. Un homme nommé Abdellahi chef d’une katiba, un autre nommé Cheikh ould Allal adjoint de Ayoub Lahbib commandant la 3</i></span><span class="s3"><i><sup>ième</sup></i></span><span class="s1"><i> région et enfin un tortionnaire connu des prisonniers nommé Abdelmonim chef de la sécurité, ancien adjudant sahraoui de la gendarmerie marocaine qui s’était évadé de Boucraa pour rejoindre le polisario, nous atteignîrent les premiers.<span class="Apple-converted-space">  </span>Ces trois chefs donnèrent l’ordre devant nous à leurs soldats de ne pas nous tuer. Mais nous fumes quand même bastonnés jusqu’à perdre connaissance. On nous jeta dans une land rover et on nous ramena à Haouza d’où nous étions partis. A l’arrivée, tout un bataillon de maquisards nous attendait. Cinquante de nos camarades dont 14 furent ramenés d’un autre endroit, étaient en train d’être fouettés..</i></span></p>
<p class="p4"><span class="s1"><i>On nous jeta à terre, au milieu d’un terrain rocailleux. Leurs soldats nous battaient à tour de rôle. Puis on nous jeta dans un large puits (6m sur 6m). L’eau nous arrivait aux genoux. </i></span></p>
<p class="p4"><span class="s1"><i>On ordonna à nos camarades prisonniers de nous frapper avec des « dlous » sortes d’outres façonnées à partir des chambres à air des pneus de véhicules. Quand nous étions devenus incapables de tenir debout, on ordonna à nos camarades de nous sortir de là. Nous étions tellement malmenés et complètement épuisés qu’ils nous abandonnèrent presque nus (en slip seulement), étendus à même le sol rocheux et sous le soleil. Heureusement nous étions au mois de février ! Après trois heures vers el Aassar, les tortionnaires nous emmenèrent au milieu de nos camarades qui travaillaient sous le fouet juste à côté. On leur demanda de nous frapper. La grande majorité refusa de le faire. Seuls quelques-uns qui n’avaient pas supporté les coups faisaient semblant de nous frapper. Deux d’entre eux, Mohammed Tahtahi (de Séfrou) et Abdeslam (de Had Kourt) tentèrent de le faire avec des pelles. Un tortionnaire donna l’ordre à un soldat prisonnier, un vrai poltron, de nous verser du gasoil sur les têtes, puis de nous les induire de sable et de nous frotter de toutes ses forces. Il ne s’était arrêté qu’après avoir reçu l’ordre des gardes. Ce comportement humiliant dura jusqu’au coucher du soleil.</i></span></p>
<p class="p4"><span class="s1"><i> Soudain arriva Abdelmounim chef de la sécurité, cet ancien gendarme, originaire des Ait Baamrane, qui avait déserté de Bou Craa et rejoint le polisario en 1978.</i></span></p>
<p class="p4"><span class="s1"><i> Il commença à nous frapper avec des coups de pied. Il commença par Lahboub qui reçut beaucoup de coups au visage qui étaient tellement forts qu’il eut la mâchoire cassée. Le tortionnaire continua à le frapper au thorax et au ventre tellement fort avec la pointe du pied qu’il lui ouvrit le ventre. Je vis ses tripes tomber par terre. Notre ami Lahbib (al habib aussi) rendit l’âme sur place. Cette image ne me quitta jamais et j’en souffre encore aujourd’hui. La garde exhiba son sadisme en ordonnant à deux prisonniers de l’éloigner de là. Le deuxième évadé Lharrass eut le même traitement. Il creva sur place lui aussi. Vint le tour de notre camarade Bouzid qui était étendu par terre. Le même tortionnaire lui administra plusieurs coups de pied à la tête, puis au visage. Il s’acharna sur lui jusqu’au moment où il crut qu’il était mort. Puis il vint vers moi. Toujours à coup de pied il tenta de m’atteindre au visage. Mais je parvins à chaque fois de lui échapper en tournant le visage d’un côté puis de l’autre. Comme il était lui-même épuisé, il ordonna à un garde de poursuivre sa sale besogne en me frappant cette fois-ci avec un câble de frein de camion. Je ne vis pas le fameux tortionnaire revenir. Il me prit au dépourvu et me flanqua un coup de pied au visage et me cassa toutes dents de devant de la mâchoire inférieure. J’en garde de nos jours une cicatrice. Au même moment je reçus un coup avec le canon d’un fusil kalachnikov de la part d’un autre garde. Puis je ne me souvins de rien. Je perdis connaissance. Quand je retrouvai mes esprits, je me trouvai allongé à côté de mes trois camarades. Ils croyaient que nous étions certainement tous les trois morts. Au moment où ils s’apprêtaient à nous charger dans une land rover, j’entendis un garde du nom de Mohammed Omar discuter avec un chauffeur polisarien nommé Hammadi disant que l’ordre de ne pas tuer les évadés, était venu de la direction de Rabouni (Tindouf). Ils n’avaient pas fini leur discussion lorsque le chef de poste les rejoignit. Il répliqua: « <strong>I</strong></i><b><i>ls se sont évadés, c’est de leur faute… et puis Abdelmounim les a tués, il a pris ses responsabilités ».</i></b></span></p>
<p class="p4"><span class="s1"><i> Puis il vint vers nous pour vérifier. Il découvrit que deux d’entre nous étaient morts. Il ordonna qu’on les enterrât non loin de là. Nous fumes Bouzid et moi évacués sur Tindouf. Arrivés à Rabouni, on nous jeta dans un coin sans soins. Par la suite, nous fumes, les deux, soumis aux travaux forcés pour une période de trois mois durant laquelle nous dormions les mains et les pieds attachés derrière le dos. Nous continuions à subir de temps en temps, des enquêtes musclées pendant deux ans. De jour, nous travaillions dans les travaux forcés à l’instar des autres prisonniers de guerre. Bouzid mourut dans un accident. Le véhicule qui emmenait les prisonniers au travail était conduit par un chauffeur polisarien, un fou, qui rata son virage. Le véhicule se renversa faisant un mort et quelques blessés légers.. Quant à moi, je continuais à vivoter comme je pouvais jusqu’à ma libération en 2004&Prime;.</i></span></p>
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