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	<title>Edgar Morin &#8211; Le collimateur</title>
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	<description>Le goût de la vérité n&#039;empêche pas la prise de parti</description>
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	<title>Edgar Morin &#8211; Le collimateur</title>
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		<title>Les combats d’Edgar Morin : ce que les hommages ont dit (et ce qu’ils ont tu)</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/213359</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 05 Jun 2026 11:15:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[KALÉIDOSCOPE]]></category>
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					<description><![CDATA[Par: Mohamed KHOUKHCHANI Sous le Dôme des Invalides, la France a dit adieu à l’un de ses derniers grands penseurs. Mais derrière l’unanimité de façade, un silence présidentiel en dit long sur la mémoire sélective que l’on fait parfois aux « monstres sacrés ». Le 3 juin 2026, dans la cour du Dôme des Invalides, la République &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par: Mohamed KHOUKHCHANI</strong></p>
<p><img decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-212840" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/05/khoukhs-.jpeg" alt="" width="299" height="168" /></p>
<p><strong>Sous le Dôme des Invalides, la France a dit adieu à l’un de ses derniers grands penseurs. Mais derrière l’unanimité de façade, un silence présidentiel en dit long sur la mémoire sélective que l’on fait parfois aux « monstres sacrés ».</strong></p>
<p><strong>Le 3 juin 2026, dans la cour du Dôme des Invalides, la République rendait un hommage national à Edgar Morin, disparu cinq jours plus tôt à l’âge de 104 ans . Devant le cercueil surmonté du célèbre chapeau du sociologue, Emmanuel Macron a salué « un destin exceptionnel dans le siècle », « un humaniste planétaire » aux « combats de liberté, d’égalité, d’émancipation, de fraternité avec tous les peuples privés de leurs droits » .</strong></p>
<p><strong>Un discours sobre, solennel, à la hauteur du monument intellectuel que fut l’auteur de La Méthode. Mais pour ceux qui connaissaient l’homme dans toute sa complexité, un absent de taille a frappé les esprits : la cause palestinienne, combat viscéral d’Edgar Morin, fut curieusement omise par le chef de l’État.</strong></p>
<p><strong>L’intellectuel aux mille résistances</strong></p>
<p><strong>Les hommages, dans leur majorité, ont justement rappelé l’étendue des engagements moriniens. Il y eut d’abord le résistant : entré dans la clandestinité sous le pseudonyme de Morin en 1941, après avoir rejoint le Parti communiste. Puis le dissident : son exclusion du PCF et sa rupture avec le stalinisme, racontée dans Autocritique (1959), où il fit preuve d’une lucidité rare sur « ses propres aveuglements ». Il fut l’un des fondateurs du comité des intellectuels contre la guerre d’Algérie, apprenant à « penser contre les apparences, contre les écoles, parfois contre lui-même » .</strong></p>
<p><strong>Macron a longuement insisté sur cette capacité à ne jamais céder à « la vérité d’un seul camp ». L’écologie, l’idéal européen, la défense du droit international furent également salués par la présidence comme des marqueurs de son parcours .</strong></p>
<p><strong>Le cri silencieux pour la Palestine</strong></p>
<p><strong>Pourtant, un fil rouge traverse la vie tardive d’Edgar Morin, et tout particulièrement ses dernières années. L’Elysée a pourtant reconnu devant la presse qu’il fut « notamment un farouche défenseur de la cause palestinienne » . Mais dans l’éloge funèbre présidentiel aux Invalides, ce chapitre a été étrangement escamoté.</strong></p>
<p><strong>Ce silence contraste violemment avec l’intensité des actes du défunt. À peine deux mois avant sa disparition, alors que l’on fêtait ses 104 ans, Edgar Morin rédigeait un hommage vibrant à Leïla Shahid, la diplomate palestinienne décédée en mars 2026. Dans un texte déchirant lu à ses funérailles par Elias Sanbar, Morin écrivait : « Nous continuerons plus que jamais à témoigner, à souffrir, à lutter pour la Palestine, ta cause, qui est notre cause. […] Tu n’avais pas la haine des juifs » .</strong></p>
<p><strong>Un témoignage d’autant plus fort qu’il émanait d’un intellectuel juif, ancien résistant, hanté par la mémoire de la Shoah mais refusant que celle-ci serve de justification à l’injustice faite à un autre peuple. Pour Morin, il n’y avait pas de contradiction entre son identité de « Français juif » et son soutien aux Palestiniens ; c’était la continuité d’un même combat contre l’oppression.</strong></p>
<p><strong>L’opération de « chirurgie mémorielle »</strong></p>
<p><strong>Cette amnésie officielle n’a pas échappé aux observateurs. Sur le média en ligne <a href="https://www.blast-info.fr/articles/2026/edgar-morin-le-refus-de-lamnesie-face-a-la-palestine-xOScBVOPRQi3dAvQcnffWw">Blast</a>, on a dénoncé une véritable « chirurgie » : « On prélève ce qui peut servir, on retire ce qui dérange, on recoud proprement. La France vient d’opérer Edgar Morin. Le Juste, pour le pouvoir, n’est tolérable qu’une fois transformé en archive inoffensive » .</strong></p>
<p><strong>D’autres voix, à gauche, ont souligné le contraste. Si Jean-Luc Mélenchon a salué « l’antifasciste, résistant » rappelant son « engagement récent contre les violences à Gaza », le discours présidentiel a préféré évoquer la « pensée complexe » plutôt que de prendre le risque politique de citer la Palestine dans la cour des Invalides.</strong></p>
<p><strong>Le combat continue-t-il sans lui ?</strong></p>
<p><strong>Au soir de sa vie, alors que l’actualité géopolitique ravivait les plaies du Proche-Orient, Edgar Morin refusait l’amnésie. Ses obsèques, plus discrètes que l’hommage national, ont eu lieu dans l’intimité familiale, loin des projecteurs. Mais le débat qu’il laisse est brûlant : peut-on honorer un « humaniste planétaire » en gommant les aspérités de son humanisme ?</strong></p>
<p><strong>Macron a conclu son discours par un « Merci Edgar » . Un merci sincère, sans doute. Mais un merci édulcoré, où l’on n’a pas reconnu l’intellectuel en colère qui, encore à 104 ans, signait des hommages pour une Palestine blessée. Son véritable héritage ne réside pas seulement dans sa « pensée complexe », mais dans son refus obstiné de choisir entre les douleurs.</strong></p>
<p><strong>Hier, on a célébré le penseur. Le combattant, lui, aurait peut-être préféré qu’on parle moins de sa gloire et plus des oubliés de l’histoire. C’est ce silence-là, assourdissant sous le Dôme, qui reste en travers de la gorge.</strong></p>
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		<title>Notre hommage à Edgar Morin : l’homme qui a fait de la complexité une sagesse de vie</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/212925</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 30 May 2026 12:55:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[KALÉIDOSCOPE]]></category>
		<category><![CDATA[Edgar Morin]]></category>
		<category><![CDATA[HOMMAGE]]></category>
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					<description><![CDATA[Par: Mohamed KHOUKHCHANI Le 29 mai 2026 s&#8217;est éteint à l&#8217;âge de 104 ans Edgar Morin, l&#8217;un des plus grands penseurs de notre temps. Sa disparition marque la fin d&#8217;une existence exceptionnellement longue, mais surtout la poursuite d&#8217;une œuvre intellectuelle qui continuera d&#8217;éclairer les générations futures. Chez Edgar Morin, la réflexion sur la mort n&#8217;était &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par: Mohamed KHOUKHCHANI</strong></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-212840" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/05/khoukhs-.jpeg" alt="" width="299" height="168" /></p>
<p><strong>Le 29 mai 2026 s&rsquo;est éteint à l&rsquo;âge de 104 ans Edgar Morin, l&rsquo;un des plus grands penseurs de notre temps. Sa disparition marque la fin d&rsquo;une existence exceptionnellement longue, mais surtout la poursuite d&rsquo;une œuvre intellectuelle qui continuera d&rsquo;éclairer les générations futures.</strong></p>
<p><strong>Chez Edgar Morin, la réflexion sur la mort n&rsquo;était pas un sujet marginal ; elle occupait une place centrale dans sa pensée. Dès son ouvrage majeur, L&rsquo;Homme et la Mort, il avait montré que la conscience de la mort constitue l&rsquo;une des caractéristiques fondamentales de l&rsquo;être humain. L&rsquo;homme est un être qui sait qu&rsquo;il est mortel, et c&rsquo;est précisément cette conscience qui donne naissance aux croyances, aux rites, aux mythes, aux religions et à la quête incessante de sens.</strong></p>
<p><strong>Pour Morin, les sociétés humaines ont toujours tenté de dépasser l&rsquo;angoisse de la finitude par l&rsquo;idée de la survie, de la renaissance ou de l&rsquo;immortalité. Mais il ne cherchait ni à imposer une certitude métaphysique ni à enfermer l&rsquo;homme dans un matérialisme désespéré. Il invitait plutôt à accepter l&rsquo;incertitude comme une dimension constitutive de l&rsquo;existence humaine. Vivre pleinement, aimer, créer, transmettre et participer à l&rsquo;aventure collective de l&rsquo;humanité constituaient, selon lui, les réponses les plus authentiques à l&rsquo;inéluctabilité de la mort.</strong></p>
<p><strong>Cette vision s&rsquo;inscrivait dans ce qu&rsquo;il appelait la « pensée complexe », l&rsquo;idée selon laquelle les réalités humaines ne peuvent être comprises à travers des oppositions simplistes. La vie et la mort ne s&rsquo;excluent pas ; elles se complètent. La vie porte déjà en elle la mort, tandis que la mort participe au renouvellement de la vie. Comprendre cette relation intime entre les contraires était, pour Morin, une condition essentielle de la sagesse.</strong></p>
<p><strong>La disparition d&rsquo;Edgar Morin invite ainsi à méditer sur un paradoxe qu&rsquo;il aurait lui-même apprécié : certains hommes meurent, mais leur pensée continue de vivre. Certains traversent leur époque ; d&rsquo;autres traversent plusieurs époques. Morin appartient incontestablement à cette seconde catégorie. Né dans les bouleversements du XXe siècle, résistant pendant la Seconde Guerre mondiale, témoin des grandes mutations du monde contemporain, il aura consacré plus de sept décennies à interroger la condition humaine, les crises de civilisation, le devenir de la planète et le destin commun des peuples.</strong></p>
<p><strong>Pour le Maroc, sa disparition revêt une signification particulière. Marocain par alliance, mais surtout ami sincère du Royaume, il entretenait avec le Maroc une relation intellectuelle et affective profonde. Il voyait dans ce pays un carrefour singulier entre l&rsquo;Afrique, le monde arabe, la Méditerranée et l&rsquo;Europe. Cette pluralité culturelle et historique incarnait à ses yeux l&rsquo;une des expressions les plus vivantes de la complexité humaine qu&rsquo;il n&rsquo;a cessé d&rsquo;explorer.</strong></p>
<p><strong>Le Maroc qu&rsquo;il aimait était précisément ce lieu où se rencontrent plusieurs héritages : amazigh, arabe, africain, méditerranéen, musulman et universel. Une telle diversité n&rsquo;était pas, selon son approche, un facteur de division mais une richesse à cultiver. À l&rsquo;heure où tant de sociétés sont tentées par le repli identitaire ou les simplifications idéologiques, sa leçon demeure d&rsquo;une actualité saisissante : relier plutôt que séparer, comprendre plutôt que condamner, dialoguer plutôt qu&rsquo;exclure.</strong></p>
<p><strong>Sa mort nous rappelle également que la transmission constitue peut-être la forme la plus humaine de résistance à l&rsquo;oubli. Lui qui a tant réfléchi à la disparition savait que les êtres humains survivent à travers leurs œuvres, leurs idées, leurs engagements et les liens qu&rsquo;ils tissent avec les autres.</strong></p>
<p><strong>Au fond, l&rsquo;héritage d&rsquo;Edgar Morin pourrait se résumer dans cette conviction profonde : l&rsquo;incertitude n&rsquo;est pas une faiblesse de la condition humaine, mais sa grandeur. Accepter la complexité du monde, reconnaître la fragilité de toute certitude, préserver la fraternité entre les peuples et demeurer ouvert à la diversité des cultures constituent autant de chemins vers une humanité plus consciente d&rsquo;elle-même.</strong></p>
<p><strong>Aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;homme s&rsquo;en est allé. Mais les questions qu&rsquo;il a posées au monde demeurent intactes. Et tant que ces questions continueront d&rsquo;habiter les consciences, Edgar Morin restera vivant parmi nous.</strong><br />
<strong>Car un homme cesse de vivre lorsqu&rsquo;il cesse de respirer ; un penseur ne disparaît véritablement que lorsque cessent de résonner les idées qu&rsquo;il a léguées à l&rsquo;humanité.</strong></p>
<p><strong>Adieu, Edgar Morin. Le Maroc, que vous avez tant aimé, s&rsquo;incline avec respect devant votre mémoire. Votre vie fut un pont entre les cultures, votre pensée un appel à la compréhension mutuelle, et votre œuvre l&rsquo;une des plus belles invitations à penser l&rsquo;humanité dans toute sa richesse, sa diversité et sa complexité.</strong></p>
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		<title>Edgar Morin, la sagesse d’un jeune homme</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/51575</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Brahim Zarkani]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 10 Jul 2021 08:37:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[Le K de le dire]]></category>
		<category><![CDATA[100 ans]]></category>
		<category><![CDATA[Edgar Morin]]></category>
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					<description><![CDATA[Edgar Morin, le sociologue et le philosophe français, fête ses 100 ans avec la fraîcheur d’un jeune de vingt ans. L’esprit vif et l’énergie ne manque pas de souffle. C’est très rare de vivre un tel événement avec une légende vivante comme Edgar Morin. Tout le monde célèbre cette longévité exceptionnelle car au-delà de l’accumulation &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Edgar Morin, le sociologue et le philosophe français, fête ses 100 ans avec la fraîcheur d’un jeune de vingt ans. L’esprit vif et l’énergie ne manque pas de souffle. C’est très rare de vivre un tel événement avec une légende vivante comme Edgar Morin. Tout le monde célèbre cette longévité exceptionnelle car au-delà de l’accumulation des années, le paradigme de la dégradation n’a aucune raison d’être car ce grand géant de la pensée contemporaine a su échapper aux lois du temps et de la nature. Son enseignement n’est pas considéré sous l’auspice d’un gourou, mais il se place dans cette interaction inexorable qui n’a jamais cédé à l’envie d’enterrer la hache, réclamant ainsi une guerre sans fin à ce monde qui veut nous assujettir et nous rendre obsolète.</p>
<p>Un homme qui se mesure à un siècle où beaucoup de certitudes ont chuté et que d’autres ont pris leurs places. Plusieurs guerres ont ponctué des moments douloureux pleins de souffrances et de questionnements. « La chute des idoles » &#8211; ce titre majeur du livre de Nietzsche – est à l’image de ce que l’humanité a vécu.</p>
<p>Mais Edgar Morin avait la méthode pour comprendre « la complexité » de ce qui nous entoure. C’est pour cela qu’il s’est engagé dans un travail colossal autour de « La Méthode », <strong><em>Edition Seuil</em></strong>. Un ouvrage de six volumes, une invitation à penser autrement et confirmer la véracité du propos de Gaston Bachelard qui disait: « Il n&rsquo;y a rien de simple, il n&rsquo;y a que du simplifié ».</p>
<p>Simplifier l’équation du monde, n’est pas une tâche facile. Il faut être un encyclopédiste au vrai sens étymologique afin d’assumer une approche systémique de la complexité du cosmos. Ce livre « nous invite &#8211; comme il a été présenté par son éditeur &#8211; à jeter un regard nouveau sur les notions de causalité, d&rsquo;ordre, de désordre, de système, d&rsquo;organisation, d&rsquo;autonomie, de sujet, d&rsquo;objet, ouvrant un vaste horizon du savoir nous permettant de repenser la connaissance, afin de pouvoir repenser une humanité renouvelée et régénérée (ce à quoi nous conduit l&rsquo;Éthique, ultime et dernier tome de La Méthode) ».</p>
<p>Ce chiffre 100 ans, nous rappelle « 100 ans de solitude » de Gabriel Garcia Marquez. Mais Edgar Morin est un fervent défenseur du mouvement et un grand amoureux de la vie qu’il affronte avec une clarté « edgarienne » d’esprit sans sombrer dans la lutte passive. S’il y a un message à retenir de cette sagesse en perpétuel mouvement, c’est de choisir entre survivre et vivre que Edgar Morin a adressé aux jeunes : « entre survivre et vivre. Survivre, je me planque, je me mets à l’abri. Vivre, à ce moment-là il faut risquer sa vie, mais risquer sa vie, ça permet de participer à quelque chose qui est une communauté de tous les jeunes de tous les pays qui se battent pour la liberté » (<strong><em>Emission France Culture Edgar Morin, ses conseils aux jeunes : « Il faut risquer sa vie » (juillet 2021)</em></strong></p>
<p>Nous devons désormais penser le monde avec Edgar Morin.</p>
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		<title>À l&#8217;UM6P de Benguérir, Edgar Morin aborde la notion de la « complexité » dans tous ses états</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/45269</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[le Collimateur MAP]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Apr 2021 20:18:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[KALÉIDOSCOPE]]></category>
		<category><![CDATA[Edgar Morin]]></category>
		<category><![CDATA[invité]]></category>
		<category><![CDATA[UM6P]]></category>
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					<description><![CDATA[Invité ce mercredi par l&#8217;Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) de Benguérir, Edgar Morin, tour à tour philosophe, sociologue et essayiste français, a abordé en long et en large la notion de la « complexité ». Quasi-centenaire, l&#8217;auteur de l&#8217;ouvrage à succès « les souvenirs viennent à ma rencontre » a, de prime abord, opposé la notion de complication à &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Invité ce mercredi par l&rsquo;Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) de Benguérir, Edgar Morin, tour à tour philosophe, sociologue et essayiste français, a abordé en long et en large la notion de la « complexité ».</p>
<p>Quasi-centenaire, l&rsquo;auteur de l&rsquo;ouvrage à succès « <em>les souvenirs viennent à ma rencontre</em> » a, de prime abord, opposé la notion de complication à celle de complexité. Selon lui, cette dernière « <em>n&rsquo;a au départ aucune valeur explicative et l&rsquo;on n&rsquo;en retient qu&rsquo;incertitude et choses mêlées</em>« .</p>
<p>L&rsquo;inventeur de la sociologie du présent, qui intervenait dans le cadre d&rsquo;une conférence en format hybride sur la thématique des « <em>défis de la pensée dans un monde complexe</em>« , a expliqué qu&rsquo;une chose peut être compliquée mais en même temps très simple.</p>
<p>En revanche, le véritable ennemi de la complexité est, selon lui, « <em>la simplification à laquelle on peut arriver progressivement</em>« .</p>
<p>L&rsquo;auteur de plus de 100 livres (traduits en 28 langues) va plus loin dans l&rsquo;analyse et précise que la complexité est dans tout système, lequel est « <em>un ensemble d&rsquo;éléments associés aux uns et aux autres dans une organisation qui produit</em> » ce qu&rsquo;il a finement qualifié de « <em>tout organisé</em>« .</p>
<p>« <em>Le monstre sacré de la philosophie</em>« , comme le décrivent les médias français, rembobine et décrit ce « tout organisé » comme un système producteur de qualité, relevant que « <em>l&rsquo;être vivant, grâce à la complexité de sa structure, est capable de s&rsquo;auto-organiser</em>« .</p>
<p>Cette auto-organisation est, d&rsquo;après M. Morin, postérieure à « <em>la dégradation de l&rsquo;énergie, non seulement par notre activité physique, mais aussi par nos besoins récurrents (ex: alimentation)</em>« , car « <em>nous dépendons intégralement du lieu où nous sommes »</em>.</p>
<p>Effleurant le phénomène de « <em>complexité vivante</em>« , le philosophe vulgarise et compare le mode de vie des bactéries par rapport à celui des individus. « <em>Les premières se nourrissent et se défendent selon un principe égocentrique et, en même temps, communiquent avec leurs semblables et quand elles sont en mauvaise situation, elles se rassemblent et font front ensemble »</em>.</p>
<p>Ce mode de vie est à une exception près identique à celui de l&rsquo;Homme, car au delà de l&rsquo;égocentrisme, l&rsquo;être humain a aussi besoin de l&rsquo;amour, de la tendresse et de l&rsquo;amitié, soit « <em>des besoins complémentaires</em>« .</p>
<p>« <em>La société n&rsquo;existe que par des interactions entre individus, un tout qui a des qualités propres à lui même et que l&rsquo;individu n&rsquo;a pas</em>« , a-t-il explicité, ajoutant que « <em>les individus sont aussi produits par la société, car ont besoin d&rsquo;éducation, de culture et de langage</em>« .</p>
<p>Somme toute, tout être complexe dépend de son environnement, avance l&rsquo;essayiste prolifique, donnant comme exemple le « mot qui ne prend son sens que dans le contexte de la phrase ».</p>
<p>Saisissant cette occasion, M. Morin a jugé utile d&rsquo;enseigner les concepts fondamentaux de la complexité pour améliorer « nos décisions et actions dans le monde ».</p>
<p>Interrogé in fine par la salle sur « <em>ses attentes de l&rsquo;humanité en 2021</em> » , Edgar Morin répond que « <em>la crise que nous subissons est une occasion de susciter une volonté de changer de voie. Aujourd&rsquo;hui cette volonté est minoritaire (&#8230;) mais la possibilité de changer cette voie s&rsquo;oriente vers l&rsquo;intégration de l&rsquo;alimentation, de la pollution, de la qualité de la vie, etc</em> » dans la prise de décision.</p>
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