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	<title>eau et forêts &#8211; Le collimateur</title>
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		<title>Tribune. Protéger l’eau et les forêts exige aussi de protéger l’intégrité publique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 28 Sep 2026 13:27:28 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Alors que le Maroc fait face à des défis écologiques sans précédent, la durabilité de ses ressources dépend de la transparence des décisions administratives. En écho à la résolution 11/9 de l’ONU adoptée à Doha, cette tribune propose cinq leviers concrets pour lier définitivement gouvernance environnementale et exigence d’intégrité. Par : Samir Bouzid * Au &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><b>Alors que le Maroc fait face à des défis écologiques sans précédent, la durabilité de ses ressources dépend de la transparence des décisions administratives. En écho à la résolution 11/9 de l’ONU adoptée à Doha, cette tribune propose cinq leviers concrets pour lier définitivement gouvernance environnementale et exigence d’intégrité.</b></p>
<p><b>Par : Samir Bouzid *</b></p>
<p><img decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-219594" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/09/bouzida-780x470-2.jpeg" alt="" width="780" height="470" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/09/bouzida-780x470-2.jpeg 780w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/09/bouzida-780x470-2-300x181.jpeg 300w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/09/bouzida-780x470-2-768x463.jpeg 768w" sizes="(max-width: 780px) 100vw, 780px" /></p>
<p><b>Au Maroc, sanctuariser l’eau, les forêts ou le littoral ne relève plus de la simple urgence écologique. C’est un défi de gouvernance brute. Alors que nos territoires étouffent sous des pressions sans précédent — marquées par un stress hydrique historique et une spéculation croissante sur le foncier littoral —, une question vitale doit être posée : l’arsenal réglementaire censé protéger nos ressources est-il assez transparent et contrôlable pour résister aux risques de corruption ? Cette question doit aujourd’hui occuper une place centrale dans le débat public.</b></p>
<p><b>En décembre 2025, la résolution 11/9 de la Convention des Nations unies contre la corruption, adoptée à Doha, a consacré le lien direct entre la criminalité environnementale et les réseaux de corruption. Pour le Royaume, l’enjeu n’est plus d’allonger la liste des traités internationaux ratifiés pour la forme, mais de traduire ce cap en une lutte structurée et implacable à l’échelle nationale. Une réglementation environnementale, aussi ambitieuse soit-elle, devient une coquille vide dès lors que les procédures d’autorisation, les contrôles sur le terrain, la gestion des déchets ou l’application des sanctions naviguent dans l’opacité. Protéger notre écosystème, c’est d’abord verrouiller l’intégrité de la décision publique.</b></p>
<p><b>Pour donner une portée réelle à cette ambition, le Maroc doit s’engager autour de cinq mesures concrètes :</b></p>
<p><b>&#8211; Établir une cartographie nationale des risques : Identifier et cibler prioritairement les procédures et les secteurs les plus exposés au clientélisme — de l’octroi des licences de forage d’eau à l’exploitation des carrières, en passant par les grands marchés publics d’infrastructures territoriales.</b></p>
<p><b>&#8211; Imposer une transparence vérifiable : Rendre les autorisations, les infractions constatées, les sanctions et les marchés publics pleinement accessibles au public. Permettre de savoir qui décide, sur quelle base et avec quelles conséquences est le seul moyen de dissiper les soupçons.</b></p>
<p><b>&#8211; Sécuriser les mécanismes de signalement : Bâtir un cadre crédible et protégé pour les citoyens, les associations, les journalistes et les chercheurs qui dénoncent les atteintes à l’environnement, en leur garantissant la confidentialité et une protection effective contre les représailles.</b></p>
<p><b>&#8211; Traquer la criminalité financière sous-jacente : Face à une infraction environnementale majeure, l’enjeu ne doit pas se limiter au constat du dommage physique. L’enquête doit remonter la chaîne administrative, identifier les bénéficiaires effectifs et auditer les flux financiers en décloisonnant la justice et les organes de contrôle.</b></p>
<p><b>&#8211; Publier un bilan national annuel : Instaurer des indicateurs publics mesurant le nombre de signalements, de contrôles effectués et de condamnations prononcées. Ce baromètre permettra au Parlement, aux médias et à la société civile de mesurer les progrès et de repérer les failles du système.</b></p>
<p><b>Ces cinq engagements forment une véritable chaîne de responsabilité. Pour le Maroc, où la rareté des ressources et la gestion des grands projets territoriaux brassent de lourds financements, les règles du jeu doivent être d’une lisibilité absolue. Plus les enjeux sont stratégiques, plus le contrôle doit être rigoureux.</b></p>
<p><b>L’enjeu est aussi géostratégique. À l’échelle de l’Afrique, les réseaux de trafic de ressources naturelles ignorent les frontières. En blindant ses propres mécanismes et en favorisant le partage de renseignements, le Maroc a l’opportunité de s’imposer comme le fer de lance de la coopération africaine face aux flux illicites. Il appartient désormais au gouvernement, de concert avec les institutions de contrôle, le Parlement et la société civile, de donner à cette démarche un calendrier contraignant et des responsabilités clairement identifiées.</b></p>
<p><b>Protéger l’avenir vert du Maroc ne se fera pas à coups de slogans, mais en garantissant, par la force de la loi, l’intégrité absolue de ceux qui en ont la charge.</b></p>
<p><strong>*Membre fondateur de l’Instance nationale de protection des biens publics au Maroc, Vice-président de 2006 à 2014, Secrétaire général du Centre Justice des droits de l’homme (CJDH). </strong></p>
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