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	<title>diplomatie du geste unique &#8211; Le collimateur</title>
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		<title>Rompre, encore : Alger et la diplomatie du geste unique</title>
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		<pubDate>Sun, 19 Jul 2026 19:04:41 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Par: ALLAL KHEIREDDINE La nouvelle circule depuis ce dimanche dans la presse algérienne la plus proche des cercles de décision : Alger s&#8217;apprêterait à rompre ses relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis. Le quotidien El-Khabar, porte-parole officieux du pouvoir, invoque une campagne de désinformation que mèneraient les Émirats autour des incendies de forêt de &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par: ALLAL KH</strong><strong>EIREDDINE</strong></p>
<p><img decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-216119" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/07/kheira-780x470-1.jpeg" alt="" width="780" height="470" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/07/kheira-780x470-1.jpeg 780w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/07/kheira-780x470-1-300x181.jpeg 300w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/07/kheira-780x470-1-768x463.jpeg 768w" sizes="(max-width: 780px) 100vw, 780px" /></p>
<p><strong>La nouvelle circule depuis ce dimanche dans la presse algérienne la plus proche des cercles de décision : Alger s&rsquo;apprêterait à rompre ses relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis. Le quotidien El-Khabar, porte-parole officieux du pouvoir, invoque une campagne de désinformation que mèneraient les Émirats autour des incendies de forêt de cet été et du drame de Mohammadia. Certes rien n&rsquo;est confirmé à cette heure, mais l&rsquo;essentiel n&rsquo;est pas dans la confirmation. Il est dans le fait que personne, à Alger comme ailleurs, ne serait surpris.</strong></p>
<p><strong>Car la trajectoire est écrite depuis des mois. En février dernier, le président Tebboune, dans une entrevue télévisée, désignait sans le nommer un « mini-État qui gesticule », l&rsquo;accusant de s&rsquo;être immiscé « dans la première puis la deuxième élection » et de brandir la menace de l&rsquo;arbitrage international. Le même jour, l&rsquo;Algérie dénonçait l&rsquo;accord aérien bilatéral de 2013, geste sans portée militaire mais à forte charge symbolique : on commence par couper les lignes avant de couper les ponts. En mai, le retrait émirati de l&rsquo;OPEP était balayé d&rsquo;un « non-événement » présidentiel, assorti d&rsquo;un définitif « le livre est fermé ». Entre-temps, la presse d&rsquo;État et ses satellites avaient installé un lexique , « entités vassales », « ingérence », « déstabilisation » , qui ne relève plus de la diplomatie mais de la préparation d&rsquo;artillerie. Quand un chef d&rsquo;État qualifie publiquement un partenaire de « mini-État », le contentieux a déjà quitté le terrain des bons usages diplomatiques pour celui de l&rsquo;affect et de la sensiblerie. C&rsquo;est rarement le signe d&rsquo;une position de force.</strong></p>
<p><strong>Les griefs d&rsquo;Alger, eux, méritent d&rsquo;être pris au sérieux, précisément parce qu&rsquo;ils dessinent en creux la carte des échecs algériens. Le premier est marocain. Les Émirats ont été, en novembre 2020, le premier pays arabe à ouvrir un consulat général à Laâyoune ; et à Dakhla, financent des projets structurants dans les provinces du Sud et se classent parmi les tout premiers investisseurs étrangers au Maroc. Pour une diplomatie algérienne dont le Sahara demeure l&rsquo;obsession organisatrice, chaque grue émiratie à Dakhla est vécue comme un affront. Or ce que sanctionne Alger n&rsquo;est pas une anomalie : c&rsquo;est un mouvement de fond du monde arabe et, désormais, du Conseil de sécurité lui-même, qui a consacré le plan d&rsquo;autonomie comme cadre de solution. Rompre avec Abou Dhabi ne changera rien à cette dynamique ; cela reviendrait à excommunier le thermomètre.</strong></p>
<p><strong>Le second grief est sahélien et libyen. L&rsquo;Algérie voit l&rsquo;influence émiratie s&rsquo;étendre dans des espaces — Mali, Libye, et au-delà le Soudan — où elle revendiquait un magistère d&rsquo;arbitre hérité des années 1990. Mais là encore, le reproche adressé aux Émirats masque un constat plus douloureux : ce magistère s&rsquo;est effondré de lui-même. Bamako, Niamey et Ouagadougou ont tourné le dos à Alger en 2025, après l&rsquo;affaire du drone malien abattu et une série de crises où l&rsquo;Algérie a traité ses voisins du Sud avec la même hauteur que ses interlocuteurs européens. Les Émirats n&rsquo;ont pas chassé l&rsquo;Algérie du Sahel ; ils occupent un vide qu&rsquo;elle a créé. Quant au soutien présumé d&rsquo;Abou Dhabi au MAK, régulièrement avancé sans que des éléments vérifiables soient versés au débat public, il s&rsquo;inscrit dans une grammaire connue : celle qui requalifie toute contrariété extérieure en complot et toute dissidence intérieure en terrorisme.</strong></p>
<p><strong>C&rsquo;est ici que l&rsquo;épisode émirati cesse d&rsquo;être une crise bilatérale pour devenir un symptôme. Depuis cinq ans, la politique étrangère algérienne ne connaît qu&rsquo;un registre. Rupture unilatérale avec le Maroc en août 2021, sur un réquisitoire que même les alliés d&rsquo;Alger ont peiné à endosser. Gel brutal du traité d&rsquo;amitié avec l&rsquo;Espagne en 2022, pour punir Madrid d&rsquo;avoir soutenu le plan d&rsquo;autonomie (gel levé ensuite sans qu&rsquo;aucune des exigences algériennes ait été satisfaite, ce qui est la définition même d&rsquo;une défaite diplomatique.) Avec la France, un mouvement de yoyo permanent : ambassadeur rappelé en juillet 2024 après la reconnaissance par Paris de la souveraineté marocaine sur le Sahara, crises mémorielles, expulsions croisées, détention d&rsquo;un écrivain octogénaire devenue affaire d&rsquo;État. Avec les capitales sahéliennes, la même séquence, accélérée. À chaque fois, le scénario est identique : un partenaire prend une décision qui déplaît, Alger n&rsquo;a ni levier pour l&rsquo;en dissuader ni contre-proposition à formuler, et il ne reste que le geste — rappeler, geler, rompre. Une exception ! Les États-Unis. Les premiers à ouvrir ce prestigieux bal de reconnaissances. Alger n&rsquo;a pas bougé. Pétrifié et tétanisé. On ne rigole pas avec Trump. القوة الضاربة، ضربها حمار الليل. Intraduisible!</strong></p>
<p><strong>La rupture n&rsquo;est pas l&rsquo;instrument ultime d&rsquo;une diplomatie ; elle est devenue son unique vocabulaire.</strong></p>
<p><strong>Ce réflexe a une fonction, et elle est d&rsquo;abord intérieure. Chaque crise externe offre au pouvoir algérien un ennemi commode, un récit d&rsquo;encerclement qui soude l&rsquo;appareil et disqualifie toute critique. Mais le coût s&rsquo;accumule. Une diplomatie qui rompt avec le Maroc, se brouille avec l&rsquo;Espagne, s&rsquo;épuise contre la France, s&rsquo;aliène le Sahel et s&rsquo;apprête à claquer la porte du Golfe finit par ne plus avoir de porte à claquer. On mesure le paradoxe : le pays qui se rêvait médiateur régional, fort de sa doctrine de non-ingérence et de son passé de capitale des causes justes, n&rsquo;a plus aujourd&rsquo;hui un seul dossier régional où sa médiation soit sollicitée. L&rsquo;influence ne se décrète pas ; elle se construit par la constance, la prévisibilité et la capacité à offrir quelque chose. C&rsquo;est très exactement ce que fait Abou Dhabi — et, sur son propre théâtre, Rabat.</strong></p>
<p><strong>Si la rupture est consommée dans les jours qui viennent, elle sera présentée à Alger comme un acte de souveraineté. Elle se lira partout ailleurs comme un aveu : celui d&rsquo;un État qui, faute de pouvoir peser sur le cours des choses, ne sait plus que s&rsquo;en retirer. Et à force d&rsquo;en user et abuser, nul ne s&rsquo;en apercevrait.</strong></p>
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