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	<title>dérives &#8211; Le collimateur</title>
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	<description>Le goût de la vérité n&#039;empêche pas la prise de parti</description>
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		<title>L’art de la diversion : Quand l’échec sportif devient une cause d’État</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 26 Mar 2026 19:09:58 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Par: Kheireddine Allal Il existe des revers que l&#8217;on intègre à l&#8217;expérience compétitive, et d&#8217;autres que l&#8217;on se refuse à objectiver. Dans ce second cas, le déni s&#8217;accompagne souvent d&#8217;une quête de causalités externes (le diable, c&#8217;est l&#8217;autre, disait Sartre) : on sature l&#8217;espace sonore, on judiciarise l&#8217;émotion, on dramatise l&#8217;enjeu;  » je gesticule, donc &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Par: Kheireddine Allal</p>
<p><img decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-206439" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/03/allalus-.jpeg" alt="" width="254" height="303" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/03/allalus-.jpeg 254w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/03/allalus--251x300.jpeg 251w" sizes="(max-width: 254px) 100vw, 254px" /></p>
<p>Il existe des revers que l&rsquo;on intègre à l&rsquo;expérience compétitive, et d&rsquo;autres que l&rsquo;on se refuse à objectiver. Dans ce second cas, le déni s&rsquo;accompagne souvent d&rsquo;une quête de causalités externes (le diable, c&rsquo;est l&rsquo;autre, disait Sartre) : on sature l&rsquo;espace sonore, on judiciarise l&rsquo;émotion, on dramatise l&rsquo;enjeu;  » je gesticule, donc je suis! ».</p>
<p>La récente offensive communicationnelle entourant le recours du Sénégal devant le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) semble relever davantage de cette mise en scène que d&rsquo;une stratégie de droit pure.</p>
<p>Au-delà des postures, une interrogation fondamentale demeure : pourquoi avoir choisi de s&rsquo;abstraire de la confrontation sportive, et c&rsquo;est là le péché originel. Et comment la narration politique a-t-elle fini par occulter la réalité des faits ?</p>
<p>I. La substitution du récit à la réalité des faits</p>
<p>À Dakar, la rhétorique s’est parée d’une gravité qui confine parfois à l’outrance. En invoquant les termes de «braquage» ou d’humiliation nationale, le discours officiel délaisse l&rsquo;analyse technique pour le champ sémantique de l&rsquo;indignation. Ce choix n&rsquo;est pas fortuit : il vise à saturer le terrain moral pour préempter toute critique. Une fois la posture de victime établie, toute velléité d’analyse contradictoire devient, par essence, suspecte.</p>
<p>Pourtant, cette construction narrative évite soigneusement l&rsquo;ancrage initial de la crise : le retrait de l&rsquo;équipe sénégalaise du terrain. Ce fait matériel, incontestable, constitue le pivot de l’affaire. Dans toute architecture réglementaire sportive, une telle décision induit des conséquences automatiques, connues de tous.</p>
<p>Discuter la proportionnalité de la sanction est une démarche légitime ; nier la causalité entre l&rsquo;acte et sa conséquence relève de l&rsquo;aveuglement volontaire.</p>
<p>II. Une médiatisation au service d&rsquo;un agenda politique</p>
<p>Le déploiement spectaculaire de la défense, en amont même de l&rsquo;instruction du dossier, interroge sur les intentions réelles des parties prenantes. Traditionnellement, la conviction des juges s&rsquo;établit sur l&rsquo;austérité des mémoires écrits et la rigueur du droit. Ici, la stratégie semble se déplacer vers le tribunal de l&rsquo;opinion publique.</p>
<p>Le défilé des conseils juridiques et la multiplication des effets de manche masquent une certaine vacuité sur le fond. Plus troublant encore est le glissement vers une personnalisation du conflit : en ciblant directement le Maroc plutôt que les instances de régulation, le litige change de nature. Il quitte le domaine du droit du sport pour s&rsquo;inscrire dans une logique d&rsquo;affrontement symbolique et géopolitique, transformant un différend technique en une querelle de prestige.</p>
<p>III. L&rsquo;angle mort de la responsabilité</p>
<p>Au milieu de ce tumulte médiatique, un silence assourdissant persiste sur le nœud du problème : la décision souveraine de quitter l&rsquo;aire de jeu. Si les désaccords arbitraux sont une composante inhérente à toute rencontre, le passage à l&rsquo;acte radical — la rupture du jeu — est un choix qui engage la responsabilité de ceux qui l&rsquo;ordonnent.</p>
<p>Cette dimension humaine, faite de décisions prises dans l&rsquo;urgence ou sous le coup de l&rsquo;émotion, est évacuée du débat au profit d&rsquo;une indignation collective. Reconnaître une part de responsabilité, même partielle, semble perçu comme une faiblesse insupportable, alors qu&rsquo;il s&rsquo;agirait là du premier pas vers une véritable résilience sportive.</p>
<p>IV. La porosité entre sport et diplomatie</p>
<p>Il serait illusoire d&rsquo;isoler cette affaire dans la seule sphère footballistique. Ce dossier agit comme un révélateur de tensions et de rivalités qui irriguent les relations régionales. Chaque péripétie devient le prétexte à un repositionnement stratégique, où le sport n&rsquo;est plus qu&rsquo;un véhicule pour des agendas exogènes.</p>
<p>Le risque pour l&rsquo;institution sportive sénégalaise est de voir sa cause instrumentalisée par des courants qui ne se soucient guère de l&rsquo;équité sur le terrain, mais cherchent uniquement à alimenter des clivages identitaires ou politiques.</p>
<p>V. La persistance du droit face au spectacle</p>
<p>In fine, la rationalité juridique devra reprendre ses droits. Saisir le TAS est une prérogative légitime, mais aucune mise en scène, aussi sophistiquée soit-elle, ne saurait se substituer à la solidité d&rsquo;un argumentaire factuel. Le droit n&rsquo;est pas sensible à l&rsquo;éloquence des plateaux de télévision ; il s&rsquo;appuie sur des preuves et des règlements préétablis.</p>
<p>Les faits possèdent cette caractéristique d&rsquo;être « têtus » : ils survivent aux interprétations passionnées et aux récits de circonstance.</p>
<p>Par ailleurs, cette même démarche, cet aveuglement, cette obstination et ce déni de la légalité me font penser à un État féru de telle ligne de conduite.</p>
<p>Conclusion</p>
<p>Ce dossier dépasse largement le cadre d&rsquo;un simple arbitrage litigieux. Il pose la question de la maturité des institutions face à l&rsquo;échec. La recherche systématique de boucs émissaires est une réaction humaine compréhensible, mais elle s&rsquo;avère stérile à long terme. Se confronter à la réalité, avec la nuance et la rigueur que cela impose, est un exercice difficile, mais c&rsquo;est le seul qui garantisse la dignité et le progrès d&rsquo;une nation sportive.</p>
<p>&nbsp;</p>
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