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	<title>chroniques littéraires &#8211; Le collimateur</title>
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	<description>Le goût de la vérité n&#039;empêche pas la prise de parti</description>
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		<title>Les chroniques littéraires de Mohammed EL QANDIL: Ce que je crois, en écrivant…</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 17 Jul 2026 09:37:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[NOS CHRONIQUEURS]]></category>
		<category><![CDATA[chroniques littéraires]]></category>
		<category><![CDATA[Mohammed El Qandil]]></category>
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					<description><![CDATA[Par: Mohammed EL QANDIL* Ceux qui écrivent savent que c’est une tâche ingrate ! Plonger la main dans le noir pour en sortir des morceaux de lumière, des étoiles qui rient ou des brins de souvenirs parés de nostalgie, n’est pas de tout repos. Il faut désobéir aux lois de la ressemblance pour réparer le &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par: Mohammed EL QANDIL*</strong></p>
<p><img decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-215700" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/07/elqandil.jpeg" alt="" width="738" height="414" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/07/elqandil.jpeg 738w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/07/elqandil-300x168.jpeg 300w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/07/elqandil-390x220.jpeg 390w" sizes="(max-width: 738px) 100vw, 738px" /></p>
<p><strong>Ceux qui écrivent savent que c’est une tâche ingrate !</strong></p>
<p><strong>Plonger la main dans le noir pour en sortir des morceaux de lumière, des étoiles qui rient ou des brins de souvenirs parés de nostalgie, n’est pas de tout repos.</strong></p>
<p><strong>Il faut désobéir aux lois de la ressemblance pour réparer le tort fait aux mots de tous les jours.*</strong></p>
<p><strong>****</strong></p>
<p><strong>Il écrivait toujours pour ne rien dire. Pour mettre au clair un silence qui pèse trop sur les mots. Son credo : se faufiler dans les forêts, en tirer les chansons de l’aube, savoir recueillir les premiers jets d’un soleil frère.</strong></p>
<p><strong>Il écrivait pour laisser partir l’émotion, la mettre sous la lune, la pousser à rêver l’oubli comme une passerelle dense de sens.</strong></p>
<p><strong>Jamais il n’a pensé faire plaisir au lecteur d’une nuit. Jamais cru louer les branches de l’ombre qui sertissent son visage.</strong></p>
<p><strong>Seules ses mains à elle s’interposent entre l’insignifiance des mots et la valeur des images.</strong></p>
<p><strong>Elle sait toujours l’arracher au bord de la noyade.</strong></p>
<p><strong>****</strong></p>
<p><strong>A 20 ans, il a tout dit. Il a claqué la porte derrière lui. Et il est parti vaquer à ses besoins.</strong></p>
<p><strong>Rien ne justifiait cette perte incommensurable, celle d’une poésie passée par « L’enfer », ranimée par « Les illuminations » … parée d’une gloire révoltée, ayant porté l’Humain très haut, sans avoir à rougir de sa déchéance.</strong></p>
<p><strong>Qu’avait-il fait de cette beauté « assise sur les genoux et injuriée » ? De ce « je » qui ressemble à un « je » et qui est pourtant « un autre » ?</strong></p>
<p><strong>Je ne sais pas !</strong></p>
<p><strong>De ce jeu de miroir sournois et quelque peu orgueilleux, Rimbaud s’en est sorti indemne, laissant les poètes derrière récolter les fruits que seul le génie précoce peut offrir à la vie de tous les jours.</strong><br />
<strong>« &#8211; Il n’y a pas de mort. Il n’y a que moi qui meurt ! », dit-il à la fin de sa vie.</strong></p>
<p><strong>Seule la grandeur peut avancer de telle affirmation incorrigible.</strong></p>
<p><strong>****</strong></p>
<p><strong>« &#8211; J’écris pour ne plus avoir de visage. », dit Tahar Benjelloun.</strong></p>
<p><strong>Comme si écrire supposait un visage.</strong></p>
<p><strong>Comme si écrire supposait un effacement total.</strong></p>
<p><strong>****</strong></p>
<p><strong>J’écris pour comprendre pourquoi penche la fleur dans le vase, touchée par une rai de lumière.</strong><br />
<strong>Pour croire à l’aube le premier, avant que mes semblables ne fassent le pas dans le bruit du jour.</strong><br />
<strong>Pour ouvrir un livre et sentir qu’une personne me regarde depuis les lignes noires et m’invite à grandir avec les mots.</strong></p>
<p><strong>Pour traverser les mille routes qui convergent en moi, sans arrêter le nomade que j’ai couvé dès l’enfance.</strong></p>
<p><strong>Pour habiter mieux mon orphelinat dans les yeux de mes enfants.</strong></p>
<p><strong>Pour louer ceux à qui j’appartiens, sans territoire au bout des mains…</strong></p>
<p><strong>****</strong></p>
<p><strong>« &#8211; Car le beau n’est que le commencement du terrible », dit Rilke.</strong></p>
<p><strong>Tout écrivain digne de ce nom écrit pour conjurer ce « terrible », rendre ce « beau » plus vivable sous le soleil.</strong></p>
<p><strong>Le rendre humain, trop humain.</strong></p>
<p><strong>****</strong></p>
<p><strong>Ecrire, c’est héler ceux qui ont entrepris le voyage dans la solitude de l’être. Appelé à leur secours les nuits des temps, les cavernes profondes, les voix qui s’élèvent avec les premières gouttes de pluie. </strong><br />
<strong>Que naissent les prairies du sens majestueuses et loyales !</strong></p>
<p><strong>*Poète, chercheur en littérature et arts plastiques /Inspecteur pédagogique </strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Les chroniques littéraires de Mohammed EL QANDIL*. Ce que je crois, en lisant…</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/215699</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Jul 2026 10:21:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[KALÉIDOSCOPE]]></category>
		<category><![CDATA[NOS CHRONIQUEURS]]></category>
		<category><![CDATA[chroniques littéraires]]></category>
		<category><![CDATA[Mohammed El Qandil]]></category>
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					<description><![CDATA[Par: Mohammed EL QANDIL* Il y a des livres qui nous traversent comme l’éclair. D’autres qui creusent profond dans les sillons du cœur. Les premiers peuplent la vie. Les seconds nous donnent une autre. **** Tout près d’un livre, les mains tremblent. Les lèvres prient, souvent, pour ne pas tomber sur un mot de trop. &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par: Mohammed EL QANDIL*</strong></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-215700" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/07/elqandil.jpeg" alt="" width="738" height="414" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/07/elqandil.jpeg 738w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/07/elqandil-300x168.jpeg 300w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/07/elqandil-390x220.jpeg 390w" sizes="auto, (max-width: 738px) 100vw, 738px" /></p>
<p><strong>Il y a des livres qui nous traversent comme l’éclair. D’autres qui creusent profond dans les sillons du cœur.</strong></p>
<p><strong>Les premiers peuplent la vie. Les seconds nous donnent une autre.</strong></p>
<p><strong>****</strong></p>
<p><strong>Tout près d’un livre, les mains tremblent. Les lèvres prient, souvent, pour ne pas tomber sur un mot de trop.</strong></p>
<p><strong>Un mot qui raconte l’oubli de soi dans l’autre.</strong></p>
<p><strong>****</strong></p>
<p><strong>Je regagne toujours ma chambre à l’heure précise. J’organise ce qui reste de la journée dans le silence des êtres : Quelques livres disséminés par la curiosité ; la table, au coin, qui attend la venue de l’encre sur le papier du mystère. Et puis ce petit morceau de rêve, d’où à l’imprévu, je tire la succulence de se trouver ailleurs. Ailleurs que dans cette chambre petite.</strong></p>
<p><strong>****</strong></p>
<p><strong>Il y a des livres qui crient. Leurs mots ne sont pas de ceux qu’on écrit facilement. Qu’on supporte facilement. Les blessures qu’ils portent viennent d’un réel nommé sur les visages de ceux dont ils parlent.</strong></p>
<p><strong>Ces livres crient : les images qu’ils brandissent figent les rêves sur des bouches muettes de trop d’amour.</strong></p>
<p><strong>****</strong></p>
<p><strong>D’autres livres vivent dans le silence. Les lire, c’est passer de l’autre côté de ce même silence, là où une clairière blanche se chargera de tisser les mots de celui qui parle et celui qui contemple l’arrivée de la douleur, avec un sourire presque imperceptible.</strong></p>
<p><strong>****</strong></p>
<p><strong>Un livre peut mener à la mort. Un autre peut autoriser, encore, la joie de vivre.</strong></p>
<p><strong>****</strong></p>
<p><strong>Elle avait toujours suscité mon attention. Elle regardait les livres comme un obstacle à la vie. A la vraie vie, dit-elle !</strong></p>
<p><strong>Elle disait que le nombre de pages, le style alambiqué, l’univers démesuré et mystérieux d’un auteur…peuvent résorber la sensation de beauté devant une fleur, un visage laminé par le temps, un arbre qui escalade le ciel, une étoile qui décrit l’enfance…</strong></p>
<p><strong>« -Rien ne remplace le cru, ce qui frappe de front, ce qui nous regagne dans un moment de surprise ou d’étonnement. La vie est faite pour être vécue non pour être transcrite ! », croit-elle sans sourciller.</strong></p>
<p><strong>Comment ne pas lui donner raison quelquefois ?</strong></p>
<p><strong>****</strong></p>
<p><strong>Près d’un livre, j’ai toujours l’impression de quelqu’un qui me parle sans mots, qui me touche sans main, qui m’épie sans yeux.</strong></p>
<p><strong>Une sorte de présence aérienne, forte, imposante, invisible à l’œil nu.</strong></p>
<p><strong>Quelquefois, en tournant les pages, profondément ému par la beauté des êtres et des choses, une sorte de lumière remonte des lignes, suit les veines de ma main et s’y incruste comme un battement de cœur.</strong><br />
<strong>Seule la bénédiction d’une larme me rappelle au présent de l’instant.</strong></p>
<p><strong>****</strong></p>
<p><strong>Cette scène :</strong></p>
<p><strong>Dans l’Enfer de DANTE, Paolo et Francesca sont condamnés. Pour adultère. Au milieu des cercles concentriques, côte à côte, entourés de feu, ils sont en train de lire un livre. De savourer la beauté du voyage que les mots permettent, que les images rapprochent des yeux et des mains. Comme si l’insouciance était une offrande unique à ne pas rater. Comme si la passion interdite et l’amour de la lecture avaient trouvé l’expression la plus accomplie.</strong></p>
<p><strong>Rien dans l’allure du poème ne semble hésiter. Marquer une surprise.</strong></p>
<p><strong>Paolo et Francesca ont trouvé leur rédemption. Pour eux, l’Enfer est ailleurs.</strong></p>
<p><strong>*Poète, chercheur en littérature et arts plastiques /Inspecteur pédagogique </strong></p>
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