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	<title>Aziz Daouda &#8211; Le collimateur</title>
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	<description>Le goût de la vérité n&#039;empêche pas la prise de parti</description>
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	<title>Aziz Daouda &#8211; Le collimateur</title>
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		<title>Les dimanches d&#8217;Aziz DAOUDA. Consommer marocain : et si l’État faisait enfin de la préférence nationale un levier massif d’emploi ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 21 Jun 2026 10:53:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[ÉCONOMIE]]></category>
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					<description><![CDATA[Par: Aziz DAOUDA Depuis des décennies, le Maroc cherche la formule qui réduirait durablement le chômage, atténuerait les inégalités et renforcerait sa souveraineté économique. Plans et stratégies se succèdent ; pourtant une vérité économique demeure : l’emploi ne se décrète pas, il se crée par la demande. Aucune usine ne recrute si personne n’achète ses produits. &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par: Aziz DAOUDA</strong></p>
<p><img decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-213464" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/daoudos-1.jpg" alt="" width="660" height="330" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/daoudos-1.jpg 660w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/daoudos-1-300x150.jpg 300w" sizes="(max-width: 660px) 100vw, 660px" /></p>
<p class="blu-article-first-paragraph"><strong><span class="blu-article-lead">Depuis des décennies, le Maroc cherche la formule qui réduirait durablement le chômage, atténuerait les inégalités et renforcerait sa souveraineté économique.</span> Plans et stratégies se succèdent ; pourtant une vérité économique demeure : l’emploi ne se décrète pas, il se crée par la demande.</strong></p>
<p class="blu-article-paragraph"><strong>Aucune usine ne recrute si personne n’achète ses produits. Aucun artisan ne survit sans clients. Aucun secteur industriel ne prend de l’ampleur sans un marché solide. Les grandes puissances industrielles l’ont intégré depuis longtemps : pour créer des emplois, il faut d’abord orienter la consommation nationale vers la production nationale.</strong></p>
<p class="blu-article-paragraph"><strong>Le Maroc connaît déjà ce mécanisme. Le secteur du logement social en est un exemple probant : exonérations fiscales et dispositifs d’appui ont permis l’émergence d’un écosystème complet. Résultat : des centaines de milliers d’emplois directs et indirects dans le bâtiment, la menuiserie, les matériaux, le transport et d’autres métiers du second œuvre.</strong></p>
<p class="blu-article-paragraph"><strong>Pourquoi ne pas transposer cette logique à l’industrie automobile marocaine par exemple ? Là où le paradoxe est frappant. Le royaume est le premier constructeur automobile d’Afrique. Renault et Stellantis exportent des centaines de milliers de véhicules par an ; des modèles populaires sont assemblés localement et Neo Motors incarne l’ambition d’une marque nationale. Et pourtant, dans la sphère publique comme chez de nombreux particuliers, les achats de véhicules importés restent majoritaires. Quel signal envoie-t-on à nos industriels si l’État lui-même privilégie l’étranger ? Est-il acceptable que les administrations, grosses consommatrices de véhicules, s&rsquo;approvisionnent massivement en véhicules importés ? Cela devrait être simplement évité.</strong></p>
<p class="blu-article-paragraph"><strong>Qu’un particulier choisisse d’acheter un véhicule non fabriqué au Maroc pour se rendre au travail ou transporter sa famille, c’est son choix ; que l’État le fasse est une autre affaire.</strong></p>
<p class="blu-article-paragraph"><strong>C’est pourquoi une politique d’incitation à l’achat national paraît économiquement logique et facile à imaginer : primes pour l’achat de véhicules produits au Maroc (par exemple une ristourne de 30 000 dirhams pour certains véhicules électriques nationaux, 20 000 pour des modèles populaires fabriqués localement), exonérations fiscales ciblées et accès à des crédits préférentiels pour les voitures à fort contenu industriel national. Ces mesures peuvent sembler coûteuses à première vue. Mais il faut mesurer l’effet en chaîne : quand un véhicule fabriqué au Maroc est acheté, l’usine augmente sa production, les sous-traitants recrutent, les transporteurs créent de la valeur, l’État perçoit davantage de recettes fiscales et de cotisations sociales, et les salaires injectés relancent d’autres secteurs. Une voiture nationale n’est pas seulement un achat ; elle active toute une filière économique.</strong></p>
<p class="blu-article-paragraph"><strong>Les précédents ailleurs confortent cette approche. Le Buy American Act aux États Unis, la protection stratégique des filières en Chine, les bonus écologiques européens favorisant la production locale, ou encore les politiques industrielles allemandes montrent que privilégier la production nationale n’est pas un réflexe d’isolationnisme mais un instrument courant de politique industrielle. Pourquoi ce qui est jugé intelligent ailleurs deviendrait il du « protectionnisme excessif » appliqué au Maroc ?</strong></p>
<p class="blu-article-paragraph"><strong>Comment expliquer que des bureaux soient équipés de mobilier importé alors que de nombreux menuisiers se plaignent d’un manque de demande ? Comment se fait-il que les tapis utilisés dans certains espaces publics et bureaux ne viennent ni de Rabat, de Taznakht, ou de l’Atlas ? Des milliers d’emplois pourraient ainsi être créés.</strong></p>
<p class="blu-article-paragraph"><strong>L’État marocain dispose d’un levier majeur : ses marchés publics. Ministères, collectivités et établissements publics dépensent chaque année des milliards. Si chaque dirham public dépensé à l’étranger est potentiellement un emploi perdu, imaginons une règle simple : priorité obligatoire au produit marocain lorsqu’une alternative locale existe. Cela change tout. Mobilier administratif fabriqué au Maroc, véhicules publics fabriqués localement, artisanat intégré dans les bâtiments publics, matériaux locaux pour les chantiers publics : ces décisions introduiraient une demande structurelle et durable pour des milliers d’entreprises marocaines.</strong></p>
<p class="blu-article-paragraph"><strong>Les bâtiments publics pourraient devenir des vitrines du savoir-faire national car l’enjeu dépasse l’industrie : il touche la culture et le patrimoine. Le Maroc possède un artisanat parmi les plus riches du monde : zellige, tadelakt, bois sculpté, ferronnerie, tapis, cuir, plafonds traditionnels et pourtant de nombreux espaces publics affichent un standard sans identité. Imposer une part significative d’artisanat marocain dans les nouvelles constructions publiques ne serait pas seulement symbolique : ce serait un soutien massif aux artisans, aux PME, à la transmission des métiers et au tourisme culturel.</strong></p>
<p class="blu-article-paragraph"><strong>Quel impact sur l’emploi ? Un emploi direct dans l’industrie génère souvent 3 à 5 emplois indirects (sous-traitance, logistique, maintenance, commerce, services financiers). Si les achats publics basculaient vers le « Made in Morocco », des dizaines de milliers d’emplois pourraient être créés ou consolidés sur plusieurs années. Dans l’artisanat et les matériaux locaux, l’effet social serait encore plus marqué, ces secteurs étant très intensifs en main-d’œuvre.</strong></p>
<p class="blu-article-paragraph"><strong>Prôner le « consommer marocain » n’est pas du nationalisme fermé. Le pays doit évidemment rester ouvert aux échanges et aux investissements étrangers ; cette ouverture a été un facteur de réussite. Mais l’ouverture intelligente suppose aussi de consolider une base productive nationale. Produire sans consommer ses propres biens, c’est rester dépendant d’une demande extérieure volatile et s’exposer aux chocs internationaux. La souveraineté économique commence par la confiance dans nos capacités productives.</strong></p>
<p class="blu-article-paragraph"><strong>Le véritable obstacle peut être culturel : pendant longtemps, l’importé a été considéré comme supérieur dans de nombreuses sociétés post-coloniales. Pourtant, les faits parlent : des voitures fabriquées au Maroc roulent en Europe, des câblages et pièces marocaines équipent des marques mondiales, l’aéronautique et le textile nationaux travaillent pour des multinationales. Le défi est souvent le regard que nous portons sur nous-mêmes.</strong></p>
<p class="blu-article-paragraph"><strong>En réalité, le chômage reculerait lorsque la production locale trouvera une demande nationale forte et durable. Chaque fois qu’un Marocain choisit un produit fabriqué au Maroc, il soutient un salaire, une famille, un atelier, une usine, un savoir-faire et contribue à une stabilité sociale accrue. Le patriotisme économique n’est pas un slogan : c’est une stratégie de développement. Si le pays associe volontarisme industriel, soutien ciblé et transformation culturelle, la plus grande richesse du Maroc pourrait ne plus être seulement ce qu’il exporte, mais aussi ce que ses citoyens choisiront fièrement de produire et de consommer.</strong></p>
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		<title>Les dimanches d&#8217;Aziz Daouda. La guerre sans visage, le monde désorienté, le citoyen piégé</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/208103</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 29 Mar 2026 11:15:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[MONDE]]></category>
		<category><![CDATA[NOS CHRONIQUEURS]]></category>
		<category><![CDATA[Aziz Daouda]]></category>
		<category><![CDATA[Guerre au Moyen-Orient]]></category>
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					<description><![CDATA[Par: Aziz Daouda Il fut un temps où la guerre avait un sens, ou du moins une apparence de sens. Elle opposait des camps identifiables, produisait des vainqueurs et des vaincus, et se terminait parfois par une paix, même imparfaite, parfois signée dans un wagon de train. Avant cela, elle se déroulait en batailles pour lesquelles &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Par: Aziz Daouda</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-205112" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/02/daoudos.jpg" alt="" width="660" height="330" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/02/daoudos.jpg 660w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/02/daoudos-300x150.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 660px) 100vw, 660px" /></p>
<p class="blu-article-first-paragraph"><span class="blu-article-lead">Il fut un temps où la guerre avait un sens, ou du moins une apparence de sens.</span> Elle opposait des camps identifiables, produisait des vainqueurs et des vaincus, et se terminait parfois par une paix, même imparfaite, parfois signée dans un wagon de train. Avant cela, elle se déroulait en batailles pour lesquelles on se fixait même rendez-vous, loin des civils. On s’observait, on se jaugait et on décidait ensemble de l’heure du début des joutes. Une vraie guerre des braves. Il y avait toujours des vainqueurs et des vaincus. Merci au cinéma de nous en faire revivre les répliques, plus ou moins romancées, mais des répliques tout de même…</p>
<p class="blu-article-paragraph">De la Première Guerre mondiale à la Guerre froide, plus proche de nous, les conflits, aussi tragiques fussent-ils, obéissaient à une certaine intelligibilité historique.</p>
<p class="blu-article-paragraph">Depuis, les manettes s’y sont engouffrées et les ordinateurs s’y sont imposés… Alors les choses ont changé ; osons dire: se sont se sont déshumanisées.</p>
<p class="blu-article-paragraph">La guerre contemporaine, telle qu’elle se dessine dans la confrontation triangulaire entre les États-Unis, Israël et l’Iran, semble avoir rompu avec cette logique d’antan. Elle n’est plus seulement complexe : elle est devenue insaisissable, inintelligible pour le commun des mortels que nous sommes. Elle ne se contente pas d’opposer des forces, elle dissout les repères mêmes qui permettaient autrefois de comprendre ce qu’est une guerre.</p>
<p class="blu-article-paragraph">Qui est vainqueur ? Qui est vaincu ? La question paraît presque déplacée. Car la guerre moderne, celle-là, ne produit plus de verdict clair, mais une succession de récits concurrents, saturés de propagande, de désinformation et de ce qu’on appelle désormais des « fakes ». La vérité elle-même devient un champ de bataille, fragmentée, manipulée, inaccessible. Le mensonge s’inscrit dans le système. La réalité vacille et se perd. Des vies sont pourtant perdues dans l’anonymat, des bâtiments certainement transformés en bouillie, des milliards de dollars volatilisés, sûrement brûlés aux millisecondes par des traders, explosés sans laisser de traces sinon en faisant des pauvres un peu partout.</p>
<p class="blu-article-paragraph">Dans cette guerre, les rôles semblent interchangeables. L’un de ceux qui ont déclenché les hostilités cherche à s’en extraire, comme s’il découvrait soudain le vertige de ce qu’il a initié. Le second ? On ne sait pas trop. Sa logique de guerre est depuis longtemps déjà impénétrable. Il se présente comme agressé, refuse toute négociation, ou feint de le faire, tout en élargissant le théâtre des opérations. Celui qui riposte, le troisième protagoniste, perd ses chefs, se fait matraquer tous les jours depuis plus d’un mois, mais semble animé d’une logique d’escalade sans fin également. Vers quel horizon ? Il frappe au-delà de ses adversaires déclarés, sans provoquer de réactions proportionnées. Une partie de sa guerre est faite à ceux qui n’en veulent pas et résistent de toutes leurs forces, sans riposte.</p>
<p class="blu-article-paragraph">Jusqu’à quand cela va-t-il durer ? Il faut bien poser la question : qu’est-ce que « gagner » dans une guerre qui n’a ni limites claires ni objectif final identifiable ?</p>
<p class="blu-article-paragraph">Nous sommes alors confrontés à une mutation profonde de la guerre : elle n’est plus un moyen au service d’une fin politique, comme on le pensait, mais un processus autonome, auto-entretenu, presque abstrait. Une guerre qui ne vise plus la paix, mais sa propre perpétuation.</p>
<p class="blu-article-paragraph">Et pourtant, cette guerre lointaine n’est pas si lointaine que cela. Au-delà des stratégies et des discours, ce sont les sociétés civiles qui en paient le prix.</p>
<p class="blu-article-paragraph">Ici, au Maroc, ailleurs dans le monde, les effets se font sentir avec une brutalité silencieuse. Le prix de l’énergie grimpe, menaçant d’atteindre des seuils psychologiques impensables il y a encore une quarantaine de jours : 20 dirhams le litre d’essence très bientôt. La tomate, le poisson, le poulet, les lentilles et le reste suivront&#8230; L’angoisse est bien réelle. L’économie devient le prolongement de la guerre par d’autres moyens. Le citoyen, lui, devient une variable d’ajustement. C’est à lui de payer la facture. Même quand il ne veut pas de guerre, il doit tout de même la payer, là où il est, même au fin fond de la terre.</p>
<p class="blu-article-paragraph">Face à cela, les gouvernements semblent démunis. Ils ressortent des solutions anciennes, déjà éprouvées et déjà inefficaces, comme si l’histoire économique elle-même était prisonnière d’un éternel recommencement. Cette impuissance politique renforce le sentiment d’injustice et d’abandon.</p>
<p class="blu-article-paragraph">Dès lors, la question surgit, presque métaphysique : qu’avons-nous fait pour mériter cela ?</p>
<p class="blu-article-paragraph">Cette question, si humaine soit-elle, est peut-être mal posée. Car elle suppose une justice immanente dans le cours du monde, une logique morale qui relierait nos actes à notre destin collectif. Or, le tragique de notre époque est précisément l’absence de cette cohérence. Le monde n’est pas juste : il est instable, chaotique, traversé par des forces qui nous dépassent. C’est peut-être le prix à payer pour se dire démocratiques, vivant dans ou sous des démocraties… ou pas.</p>
<p class="blu-article-paragraph">Peut-être faut-il alors reformuler la question. Non plus : pourquoi cela nous arrive-t-il ? Mais : comment continuer à vivre dans un monde où le sens se dérobe sous nos pieds qui tanguent ?</p>
<p class="blu-article-paragraph">C’est là que réside probablement le véritable défi philosophique de notre temps. Non pas comprendre la guerre, car elle échappe désormais à l’entendement classique, mais préserver, malgré tout, une capacité à penser, à résister à la confusion, à refuser que le mensonge devienne la norme.</p>
<p class="blu-article-paragraph">Si la guerre moderne est sans visage, sans fin et sans vérité, alors la seule victoire possible est intérieure à chacun de nous: maintenir, envers et contre tout, une exigence de lucidité, un brin d’humanisme, un espoir, un rêve.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
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		<title>Les dimanches d&#8217;Aziz Daouda. Inondations au Maroc : une urgence maîtrisée, des leçons à tirer</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/206005</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 01 Mar 2026 13:15:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
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		<category><![CDATA[inondations]]></category>
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					<description><![CDATA[Par: Aziz DAOUDA Les récentes inondations au Maroc ont une nouvelle fois mis à l’épreuve la résilience de l’État et de la société. Face à la montée brutale des eaux, la réaction des autorités a été d’une ampleur remarquable : plus de 180 000 citoyens ont été évacués rapidement des zones à risque, transportés vers des &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Par: Aziz DAOUDA</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-205108" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/02/AZIZO.png" alt="" width="200" height="200" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/02/AZIZO.png 200w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/02/AZIZO-150x150.png 150w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></p>
<p class="blu-article-first-paragraph"><span class="blu-article-lead">Les récentes inondations au Maroc ont une nouvelle fois mis à l’épreuve la résilience de l’État et de la société.</span> Face à la montée brutale des eaux, la réaction des autorités a été d’une ampleur remarquable : plus de 180 000 citoyens ont été évacués rapidement des zones à risque, transportés vers des lieux sûrs, hébergés, nourris et pris en charge médicalement dans des conditions qui ont suscité l’admiration au-delà de nos frontières.</p>
<p class="blu-article-paragraph">À Ksar El Kébir, comme dans de nombreux douars et hameaux environnants dans les provinces avoisinantes, les habitants ont aujourd’hui regagné leurs foyers. Durant leur absence, leurs maisons et leurs biens ont été très bien sécurisés. Cette phase d’urgence, marquée par la mobilisation des forces de sécurité, de la protection civile et des autorités locales, a démontré que lorsqu’il s’agit de protéger les vies humaines, l’État marocain sait agir avec une grande efficacité, une célérité remarquable et un humanisme à toute épreuve. Rares sont les pays au monde capables de rivaliser avec le Royaume en matière de traitement des catastrophes.</p>
<p class="blu-article-paragraph">Maintenant, une fois l’émotion retombée et les populations revenues chez elles, vient le temps des bilans, de la reddition des comptes. L’urgence ayant été parfaitement maîtrisée, le temps de la précision des responsabilités est venu.</p>
<p class="blu-article-paragraph">Personne ne peut défier la nature. Une évidence. Les phénomènes climatiques extrêmes, appelés à se multiplier sous l’effet du changement climatique, frappent désormais avec une intensité imprévisible. Les inondations, les crues soudaines, l’effondrement de routes ou de ponts ne sont pas des réalités propres au Maroc. Elles touchent les pays les plus développés, dotés des infrastructures les plus sophistiquées.</p>
<p class="blu-article-paragraph">Cependant, une question légitime s’impose : toutes les destructions observées relèvent-elles uniquement de la force de la nature ?</p>
<p class="blu-article-paragraph">Lorsque des routes récemment construites cèdent, lorsque des ouvrages d’art s’effondrent après quelques années ou seulement quelques mois d’exploitation, lorsque des systèmes d’assainissement se révèlent manifestement sous-dimensionnés, il devient indispensable d’interroger la qualité des études techniques, la rigueur des cahiers des charges, le contrôle des chantiers et la conformité des matériaux utilisés. L&rsquo;incompétence des uns, les malfaçons d’autres ou la corruption de certains, trois hypothèses qui doivent être examinées sans tabou.</p>
<p class="blu-article-paragraph">Les études techniques peuvent très bien être insuffisantes ou obsolètes. Les données climatiques ont évolué. Si les infrastructures sont conçues sur la base de modèles anciens, elles deviennent mécaniquement vulnérables. Les crues dites « exceptionnelles » d’hier sont peut-être les crues normales de demain.</p>
<p class="blu-article-paragraph">Des fois, ce sont les malfaçons dans l’exécution des travaux qui posent problème. Un pont, une digue ou une route ne cèdent pas uniquement sous la pression de l’eau ; ils cèdent aussi lorsque les normes ne sont pas respectées, lorsque les contrôles sont laxistes ou lorsque la supervision technique est déficiente.</p>
<p class="blu-article-paragraph">On ne peut également pas balayer d’un revers de main les malversations et les pratiques corruptives possibles. C’est l’hypothèse la plus grave. Lorsque des budgets publics sont alloués à des infrastructures censées désenclaver, fluidifier les communications ou protéger les populations, chaque dirham détourné devient un facteur de vulnérabilité. Dans un pays aux ressources limitées, la dilapidation des fonds publics n’est pas seulement une faute morale ; elle devient une menace directe pour la sécurité des citoyens. S&rsquo;impose donc la nécessité d’enquêtes transparentes.</p>
<p class="blu-article-paragraph">Il ne s’agit pas d’alimenter la suspicion généralisée ni de jeter l’opprobre sur l’ensemble des acteurs publics ou privés. La mobilisation récente prouve au contraire que l’appareil d’État est capable d’excellence et qu’il a une véritable capacité à s’engager pleinement et à solutionner efficacement des problèmes gravissimes.</p>
<p class="blu-article-paragraph">Mais c’est précisément pour préserver cette crédibilité que des enquêtes sérieuses, indépendantes et transparentes doivent être menées sur les infrastructures endommagées.</p>
<p class="blu-article-paragraph">Nul doute que l&rsquo;administration va identifier les ouvrages ayant subi des dégradations anormalement rapides ; examiner les processus d’attribution des marchés et vérifier la conformité des travaux aux normes en vigueur. Reste tout de même à s&rsquo;assurer de la publication des conclusions et, le cas échéant, de sanctionner les fautes s&rsquo;il y en a et si les responsabilités sont bien identifiées. L’impunité serait un message désastreux. À l’inverse, la reddition des comptes renforcerait la confiance des citoyens dans les institutions et Dieu sait qu&rsquo;on en a bien besoin par les temps qui courent. Car pour l&rsquo;avenir, vaut mieux prévenir que guérir.</p>
<p class="blu-article-paragraph">Les inondations, il y en aura toujours ; les dégâts matériels, aussi. Mais ce qui n’est pas acceptable, c’est que des infrastructures supposées résister à des crues prévisibles de certains oueds s’effondrent par négligence ou par cupidité.</p>
<p class="blu-article-paragraph">Chaque dirham investi dans la prévention doit produire un maximum de sécurité. Dans un contexte budgétaire contraint, l’efficacité de la dépense publique devient un impératif stratégique. Investir dans des infrastructures durables, parfaitement bien étudiées, adaptées aux nouvelles réalités climatiques, rigoureusement contrôlées et protégées de toute corruption, est moins coûteux que reconstruire indéfiniment après chaque catastrophe. C&rsquo;est une responsabilité collective pleine et entière.</p>
<p class="blu-article-paragraph">L’épisode des inondations, comme auparavant les tremblements de terre d&rsquo;Al Hoceïma et du Haouz, a montré le meilleur du Maroc : solidarité, mobilisation, efficacité opérationnelle. Le défi maintenant est d’en tirer les leçons structurelles de rigueur.</p>
<p class="blu-article-paragraph">La protection des citoyens ne s’arrête pas à l’évacuation d’urgence. Elle commence bien avant, dans les bureaux d’études, dans les commissions d’appels d’offres, dans les laboratoires de contrôle, dans la traçabilité et le contrôle d&rsquo;exécution des marchés publics.</p>
<p class="blu-article-paragraph">Le véritable hommage aux 180 000 citoyens évacués ne consiste pas seulement à saluer leur résilience, mais à garantir que les infrastructures reconstruites le seront selon les standards les plus exigeants.</p>
<p class="blu-article-paragraph">La nature est puissante, mais la négligence et la corruption sont aussi des catastrophes que l’on peut, et que l’on doit, prévenir.</p>
<p class="blu-article-paragraph">Une chose est déjà certaine : ne plus construire dans des zones inondables.</p>
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		<title>Les dimanches d&#8217;Aziz DAOUDA. La CAN Maroc 2025, reflet d’une transformation migratoire et sociale majeure</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/199693</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 30 Nov 2025 12:02:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[NOS CHRONIQUEURS]]></category>
		<category><![CDATA[SPORT]]></category>
		<category><![CDATA[Aziz Daouda]]></category>
		<category><![CDATA[CAN MAROC-2025]]></category>
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					<description><![CDATA[Par: Aziz DAOUDA À trois semaines de la Coupe d&#8217;Afrique des Nations au Maroc, il me semble opportun de revenir sur quelques enseignements du Recensement Général de la Population et de l’Habitat de 2024 (RGPH 2024). Cet événement aura sans doute un impact puissant sur la perception du pays, par les images positives qu&#8217;il commence &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Par: Aziz DAOUDA</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-199223" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/11/azizo.png" alt="" width="1080" height="747" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/11/azizo.png 1080w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/11/azizo-300x208.png 300w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/11/azizo-1024x708.png 1024w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/11/azizo-768x531.png 768w" sizes="auto, (max-width: 1080px) 100vw, 1080px" /></p>
<p class="blu-article-first-paragraph"><span class="blu-article-lead">À trois semaines de la Coupe d&rsquo;Afrique des Nations au Maroc, il me semble opportun de revenir sur quelques enseignements du Recensement Général de la Population et de l’Habitat de 2024 (RGPH 2024).</span> Cet événement aura sans doute un impact puissant sur la perception du pays, par les images positives qu&rsquo;il commence déjà à diffuser et partant sur quelques données démographiques futures.</p>
<p class="blu-article-paragraph">Le recensement montre que, sur 36,8 millions d’habitants recensés, 148 152 personnes sont de nationalité étrangère, soit près de 0,4% de la population totale, en hausse de plus de 76% par rapport à 2014. Derrière ce poids relatif modeste se dessine une transformation structurelle : montée en puissance des migrants d’Afrique subsaharienne, féminisation partielle des flux, forte concentration urbaine et profils de plus en plus qualifiés.</p>
<p class="blu-article-paragraph">La situation géographique et l&rsquo;évolution économique du Maroc l&rsquo;ont fait passer, en relativement peu de temps, de pays d’émigration à un espace d’installation et de transit pour des migrants aux profils variés. La Stratégie nationale d’immigration et d’asile (SNIA), adoptée en 2013, ainsi que les campagnes de régularisation de 2014 et 2017, ont installé au Maroc une approche plus inclusive et une meilleure connaissance statistique des populations concernées.</p>
<p class="blu-article-paragraph">Les ressortissants d’Afrique subsaharienne représentent désormais près de 60% des migrants, contre environ 27% en 2014. La part des Européens recule à un peu plus de 20%. Celle des ressortissants de la région MENA n’est que de 7%. L’ancrage continental du Maroc est ainsi confirmé.</p>
<p class="blu-article-paragraph">Au niveau des nationalités, le Sénégal et la Côte d’Ivoire totalisent plus d’un tiers des étrangers, devant la France, qui demeure la principale nationalité européenne avec près de 14% des résidents étrangers. D’autres pays comme la Guinée, le Mali, le Congo-Brazzaville, le Cameroun ou la Syrie complètent ce panorama. Les résidents étrangers au Maroc sont, pour l’essentiel, des arrivants récents : plus de la moitié déclarent être arrivés depuis 2021, et plus d’un tiers entre 2011 et 2020, ce qui témoigne d’une accélération très récente des arrivées. Une majorité de cette population ira garnir les tribunes lors de la CAN.</p>
<p class="blu-article-paragraph">Les motifs économiques dominent largement : plus de 53% des migrants évoquent le travail comme raison principale, confirmant le rôle du Maroc comme pôle d’attraction régional dans les secteurs du bâtiment, des services, de l’agriculture et de l’économie informelle. Viennent ensuite les raisons familiales (un peu plus de 20%), traduisant le poids croissant du regroupement familial et des projets d’installation à moyen ou long terme, puis les études et la fin d’études (environ 14%), signe de l’attractivité académique du pays auprès des étudiants subsahariens.</p>
<p class="blu-article-paragraph">Les motifs humanitaires — fuite de conflits, insécurité, racisme ou effets des changements climatiques — restent numériquement minoritaires. Le Maroc apparaît ainsi comme un espace hybride où coexistent migrations de travail, mobilités étudiantes, regroupements familiaux et besoins de protection internationale.</p>
<p class="blu-article-paragraph">L’immense majorité des résidents étrangers vit en ville : près de 95% sont installés en milieu urbain, ce qui confirme le rôle des grandes agglomérations comme portes d’entrée et espaces d’intégration. Deux régions dominent nettement : Casablanca–Settat, qui accueille plus de 43% des étrangers, et Rabat–Salé–Kénitra avec un peu plus de 19%, même si cette dernière voit sa part reculer par rapport à 2014 au profit de Casablanca.</p>
<p class="blu-article-paragraph">Près de 56% de cette population sont des hommes, mais la féminisation progresse, notamment chez certaines nationalités comme les Ivoiriennes et les Philippins, très présentes dans les services à la personne et le travail domestique. Plus de 80% des résidents étrangers ont entre 15 et 64 ans, ce qui en fait un groupe essentiellement en âge d’activité, avec une présence non négligeable d’enfants et une minorité de personnes âgées.</p>
<p class="blu-article-paragraph">Près de la moitié des personnes de 15 ans et plus sont célibataires, tandis qu’un peu plus de 45% sont mariées, ce qui montre la coexistence de trajectoires individuelles de mobilité et de projets familiaux stabilisés. Le niveau d’instruction apparaît globalement élevé : près de 39% disposent d’un diplôme supérieur et 28% ont atteint le secondaire.</p>
<p class="blu-article-paragraph">Les actifs occupés sont majoritairement salariés du secteur privé, tandis qu’une minorité exerce comme indépendants, employeurs ou salariés du secteur public, ce qui souligne la diversité des modes d’insertion professionnelle. La part relativement limitée des chômeurs peut masquer des formes de sous-emploi ou de précarité dans l’informel.</p>
<p class="blu-article-paragraph">En 2024, plus de 71 000 ménages comptent au moins un résident étranger. Environ 31% sont exclusivement composés d’étrangers, tandis qu’environ 69% sont des ménages mixtes associant Marocains et étrangers, une proportion en forte hausse par rapport à 2014. Cette montée des ménages mixtes traduit un approfondissement de l’intégration résidentielle et sociale, via les mariages mixtes, l’accueil de proches ou des cohabitations partagées liées au travail et aux études.</p>
<p class="blu-article-paragraph">Sur le plan résidentiel, la majorité des ménages étrangers vit en appartement, suivie par les maisons marocaines modernes, ce qui reflète une intégration dans le tissu urbain ordinaire plutôt que dans des formes d’habitat ségrégué. Les ménages exclusivement étrangers sont massivement locataires, alors que les ménages mixtes sont plus souvent propriétaires ou copropriétaires, ce qui met en évidence des trajectoires d’installation différenciées selon la composition du ménage.</p>
<p class="blu-article-paragraph">Les résultats du RGPH 2024 confirment que la présence étrangère au Maroc, bien que numériquement limitée, constitue désormais un fait structurel et durable de la société. La jeunesse, la forte proportion d’actifs, la montée des ménages familiaux et mixtes ainsi que la diversification des profils scolaires appellent à une articulation plus poussée entre politiques migratoires, politiques urbaines, sociales et éducatives.</p>
<p class="blu-article-paragraph">Les enjeux majeurs concernent la valorisation du potentiel économique et démographique de cette population, l’accès à l&rsquo;éducation, la santé, le logement et un travail décent et la lutte contre les discriminations dans un contexte de pluralisation culturelle. Les dispositifs de la SNIA pour répondre aux engagements régionaux et internationaux du Maroc en matière de gouvernance des migrations doivent aussi évoluer.</p>
<p class="blu-article-paragraph">Cependant, ces chiffres et données vont probablement connaître une véritable évolution dans les années à venir : le focus médiatique africain sur la CAN, puis plus tard sur la Coupe du monde au Maroc, va faire découvrir les atouts du pays et augmenter son attractivité. Ces deux événements, par leur poids médiatique conjugué aux impressions rapportées par les milliers de spectateurs attendus, devraient jouer un rôle de promotion pour le pays. L’Afrique profonde va découvrir le Maroc et les multiples opportunités qu&rsquo;il offre, tant sur le plan économique que pour les études.</p>
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		<title>Les dimanches d&#8217;Aziz Daouda. Quand le plus grand match du Maroc devient son pire miroir&#8230;</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/197642</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 02 Nov 2025 12:09:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[NOS CHRONIQUEURS]]></category>
		<category><![CDATA[SPORT]]></category>
		<category><![CDATA[Aziz Daouda]]></category>
		<category><![CDATA[Derby Casablancais]]></category>
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					<description><![CDATA[Par: Aziz Daouda Le derby casablancais, fête suprême du football marocain, censé avoir lieu au moins deux fois par saison, s’est mué en un triste miroir de nos défaillances collectives. Ce qui devait être un hymne à la passion du football est devenu une procession vers la honte, celle de ne pas respecter l&#8217;abécédaire primaire du &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par: Aziz Daouda</strong></p>
<p><strong><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-197648" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/11/daoda-1.jpg" alt="" width="370" height="260" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/11/daoda-1.jpg 370w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/11/daoda-1-300x211.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 370px) 100vw, 370px" /></strong></p>
<p><strong><span class="uk-text-lead blu-article-lead">Le <em>derby casablancais</em>, fête suprême du football marocain, censé avoir lieu au moins deux fois par saison, s’est mué en un triste miroir de nos défaillances collectives</span>. Ce qui devait être un hymne à la passion du football est devenu une procession vers la honte, celle de ne pas respecter l&rsquo;abécédaire primaire du jeu, du civisme, du respect d&rsquo;autrui et des règles de la Fédération et de la FIFA. La toute dernière édition en particulier nous a démontré un scénario devenu familier et répétitif hélas : fumigènes, affrontements, jets d&rsquo;éléments inflammables, dégradations de biens publics et privés et match interrompu à de nombreuses reprises. Le rectangle vert, jadis sanctuaire du jeu et de la performance sportive des joueurs, est aujourd’hui pris en otage par la pyromanie des tribunes et la complaisance<em> forcée</em> vis-à-vis de comportements plus que dérangeants.</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<blockquote class="twitter-tweet" data-media-max-width="560">
<p dir="ltr" lang="en">Fans lit flares that created a blaze on the stadium track during Wednesday’s Casablanca derby between rivals Raja and Wydad in Morocco <img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/1f1f2-1f1e6.png" alt="🇲🇦" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /> <a href="https://t.co/p9CUsr9HKD">pic.twitter.com/p9CUsr9HKD</a></p>
<p>— Africa View Facts (@AfricaViewFacts) <a href="https://twitter.com/AfricaViewFacts/status/1983653543837102223?ref_src=twsrc%5Etfw">October 29, 2025</a></p></blockquote>
<p><script async src="https://platform.twitter.com/widgets.js" charset="utf-8"></script></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Cette fois-ci, la quantité de fumigènes était tellement impressionnante qu&rsquo;elle pousse à se poser moult questions : qui les vend, qui les fait exploser et comment ils sont régulièrement introduits dans les stades ?</strong></p>
<p><strong>Qui a intérêt à ce que le derby casablancais devienne un champ de ruines footballistique ?</strong></p>
<p><strong>Ce n’est plus un match de football, c’est une atmosphère de guerre, une scène impressionnante d&rsquo;effets spéciaux de film, importés vers les gradins. Au nom du drapeau du club, le bon sens est supplanté. Le <em>Raja</em> et le <em>Wydad</em>, deux monuments de notre sport, se voient instrumentalisés, dépassés, doublés, prisonniers, squattés, exploités par des foules qui confondent ferveur et fureur, et qui croient défendre des couleurs, alors qu’elles piétinent l’honneur du ballon rond. Au nom de <em>« l&rsquo;amour supposé du club »</em>, on se retrouve à défendre des causes obscures très loin de la cause même des clubs s&rsquo;il y en avait. Une sorte <em>d&rsquo;ultra-nationalisme des gradins</em>. Certains groupes se sont érigés en milices des stades. Ils contrôlent les tribunes, dictent leurs lois, imposent leur violence. Maintenant ils dictent même le rythme des matchs. On joue quand ils le désirent et on arrête quand ils le décident. On glorifie leurs tifos sans jamais oser nommer clairement leurs dérives. Pourtant, derrière les chorégraphies des fois splendides, parfois de mauvais goût, se cachent souvent des préparatifs dignes d’un champ de bataille : objets tranchants, pierres et autres, fumigènes et explosifs importés illégalement dans les stades, codes de mobilisation et appels à la confrontation avec tout ce qui représente l&rsquo;ordre. Insultes des institutions, colportage de fausses informations, infox, slogans subversifs, tout s&rsquo;entremêle sans ménagement ni gêne: un cocktail de revendications sociales et de militantisme politique à peine voilé. Même la politique étrangère et les positionnements du pays n&rsquo;y échappent point. Tant pis pour les intérêts communs, ceux de toute une nation.</strong></p>
<p><strong>Les responsables de clubs, eux, feignent la surprise ou se terrent en attendant que passe la tempête. Comme si les bus ou voitures caillassés, les grilles tordues et les fumées toxiques étaient des accidents du hasard ou tombés du ciel. Les autorités élaborent des stratégies et prennent des dispositions mais subissent des débordements des fois dangereux. Leur comportement est plus que paternaliste: C&rsquo;est qu&rsquo;en face il n&rsquo;y a que des gamins. Les patrons et encadrants sont toujours à l&rsquo;abri, loin des scènes. Pourtant certains sont visibles et descendent même sur le terrain pour haranguer les foules déchaînées et les chauffer. Quant à la Fédération, elle réagit par des amendes et des huis clos, répétant le même rituel administratif qui n’effraie plus personne. Le football est-il pris en otage ?</strong></p>
<p><strong>Les conséquences sont désastreuses : matches interrompus, sanctions financières, image ternie à l’international. Le Maroc, pourtant salué pour sa ferveur populaire, offre le spectacle d’un football malade, où la passion se confond avec la déraison. Ces violences tuent le jeu, étouffent les talents, refroidissent les familles qui osaient encore venir au stade.</strong></p>
<p><strong>Dans un pays où le football est presque une religion, il est consternant de voir les temples du sport transformés en zones de non-droit. Les enfants qui rêvaient du derby comme d’un mythe fondateur n’y voient plus qu’un désordre ritualisé, un folklore de casse. Certains y adhèrent probablement parce qu&rsquo;ils n&rsquo;ont pas de palliatifs pensant que ce qui se passe est juste normal.</strong></p>
<p><strong>Pour autant, devrions-nous baisser les bras et admettre une certaine faillite du courage ?</strong></p>
<p><strong>Ce n’est pas la rivalité entre les clubs qui est coupable, mais notre incapacité collective à la civiliser. Ce fut encore le cas il n&rsquo;y a pas si longtemps. Le problème n’est pas dans les chants, mais dans ce qu’on tolère au nom de la passion. La violence des stades est d’abord le fruit d’un silence : celui des clubs qui ne veulent pas perdre leurs tribunes, celui des médias qui préfèrent glorifier l’ambiance plutôt que de dénoncer la dérive, celui des autorités obligées de maintenir l’ordre seules face à un public qu&rsquo;ils n&rsquo;ont fondamentalement pas à gérer, comme c&rsquo;est le cas ailleurs.</strong></p>
<p><strong>À force de ne pas choisir et de ne sévir qu&rsquo;après coup, nous avons laissé le charhabe s’installer comme une sous-culture tolérée, une norme, une identité dévoyée. Le derby ne devrait pas être une épreuve de force, mais une célébration de la ville, du talent et du dépassement de soi par les joueurs sur le terrain.</strong></p>
<p><strong>Le mythe du derby doit tout de même survivre, car derrière la rage, il y a une vérité : la rivalité Wydad–Raja est une des plus belles histoires du football africain et peut être mondial. Elle a nourri des générations, forgé des carrières, inspiré des chants et des rêves.</strong></p>
<p><strong>Cette tradition ne survivra pas malheureusement si elle continue à s’enliser dans la haine et l&rsquo;absurdité.</strong></p>
<p><strong>Le derby mérite mieux. Casablanca mérite mieux. Le Maroc mérite un football où la passion ne se confond pas avec la déraison, où la couleur d’un maillot n’autorise pas la brutalité et les violences. Si rien ne change, le plus grand match du royaume finira par devenir son plus grand scandale : le Derby de la fumée.</strong></p>
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		<title>Les dimanches d&#8217;Aziz Daouda. GenZ 212 ou l&#8217;impératif d&#8217;un nouveau pacte politique et social</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/195394</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 05 Oct 2025 10:22:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[POLITOSCOPE]]></category>
		<category><![CDATA[Aziz Daouda]]></category>
		<category><![CDATA[GenZ 212]]></category>
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					<description><![CDATA[Par: Aziz Daouda Dans ce Maroc qui vibre au rythme des changements, un souffle inédit traverse ses rues et ses places. Imaginons un instant le regard d’un jeune qui arpente les avenues de Rabat, le cœur gonflé d’une conviction inébranlable : celui d’un pays qui doit impérativement réécrire son destin, redéfinir sa gouvernance et surtout, &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par: Aziz Daouda</strong></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-195395" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/10/daoda-1.jpg" alt="" width="370" height="260" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/10/daoda-1.jpg 370w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/10/daoda-1-300x211.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 370px) 100vw, 370px" /></p>
<p><strong><span class="uk-text-lead blu-article-lead">Dans ce Maroc qui vibre au rythme des changements, un souffle inédit traverse ses rues et ses places</span>. Imaginons un instant le regard d’un jeune qui arpente les avenues de Rabat, le cœur gonflé d’une conviction inébranlable : celui d’un pays qui doit impérativement réécrire son destin, redéfinir sa gouvernance et surtout, offrir à sa jeunesse la place qui lui revient, celle de bâtisseurs à la hauteur de leurs rêves.</strong></p>
<p><strong>Ce Maroc, jadis fier de sa Constitution de 2011, fruit d’un élan contestataire et porteur d’espoir, semble aujourd’hui enlisé dans des pratiques étouffantes, celles qui nourrissent frustration et blocages. Que de promesses inscrites dans ce texte n&rsquo;ont pas été respectées, que de dispositions ont été sciemment oubliées. La jeunesse exigeante, assoiffée de justice et d’inclusion l&rsquo;a ressenti et l&rsquo;exprime aujourd&rsquo;hui. Ils le vivent comme une fracture douloureuse.</strong></p>
<p><strong>Le monde accélère d’un battement de cœur effréné, implacable, et cette fracture est partout palpable : alors que près de 30% des Marocains ont moins de 30 ans, les décisions importantes naissent dans l’ombre, loin de leurs aspirations, entre les mains de vieilles élites qui s’accrochent au pouvoir. Des élites qui manquent d&rsquo;humilité et qui vivent mal que des leçons viennent des plus jeunes.</strong></p>
<p><strong>La fracture est aussi au sein de la jeunesse même. Que de jeunes militants passionnés, empreints d’innovations, expriment sans détour leur rejet des récents débordements. « Nous ne voulons pas être représentés par des incapables, pas par des fauteurs de troubles ni par ceux qui salissent la cause », affirment-ils avec force. Mais le sentiment d’exclusion brûle dans leurs paroles : « Nous sommes l’avenir, le Maroc de demain, mais on nous relègue aux marges, nos voix restent inaudibles ». Le Parlement, les conseils régionaux, les partis politiques, autant de forteresses impénétrables, verrouillent les clés du changement. Comment alors espérer une réforme sincère ?</strong></p>
<p><strong>Face à cette réalité, le rêve d’une révision profonde s’élève, bien au-delà d’un simple réajustement formel. Il s’agit d’un véritable saut institutionnel, pensé pour inclure pleinement la jeunesse et les territoires délaissés. Parmi leurs propositions : la réintroduction de quotas générationnels au sein des assemblées pour garantir une représentativité tangible, l’abaissement des âges d’éligibilité pour faire souffler un vent neuf dans la sphère politique, la création d’instances consultatives où la voix des jeunes ne serait pas un simple bruit de fond, mais un levier d’action concret. Ironie du sort, le Conseil de la Jeunesse, prévu par la constitution, espace censé les fédérer, espace où il devait s&rsquo;exprimer, est resté lettre morte sous trois gouvernements successifs.</strong></p>
<p><strong>En fait, les thèmes de la santé et de l&rsquo;enseignement n&rsquo;ont fait que servir de détonateur. La discussion s’est vite élargie à un autre combat : celui contre l’étouffement régional. La centralisation, vestige obstiné, asphyxie le potentiel des territoires. La régionalisation promise en 2011 n’a jamais offert l’autonomie politique et financière nécessaire pour que chaque région devienne un moteur autonome de développement. Il est probablement temps que les régions commencent véritablement à décider d&rsquo;elles-mêmes de leurs chemins, gèrent leurs richesses, portent leurs projets. Que chacune s&rsquo;occupe de sa santé et de son enseignement. Cela n&rsquo;enlèvera rien à la grande nation marocaine, au contraire.</strong></p>
<p><strong>Au cœur de ces débats, la souveraineté nationale s’impose comme une exigence fondamentale. Dans ce monde fragile, traversé de crises économiques, climatiques et géopolitiques, le Maroc se doit de renforcer une légitimité forgée dans l’inclusion et la confiance. N’est-ce pas Mahdi Elmandjra qui affirmait qu&rsquo;« un pays qui ignore le potentiel de sa jeunesse n’a pas d’avenir » ? Aujourd’hui, plus que jamais, c’est un nouveau pacte social qui doit naître : fondé sur la justice, la responsabilité partagée et une participation réelle.</strong></p>
<p><strong>Cette jeunesse, animée d’une énergie inédite, a retrouvé le goût du courage. Ancrée dans son histoire, fidèle à sa monarchie, elle ose envisager un Maroc tourné vers demain. La démocratie n’y est plus un luxe abstrait, mais bien la condition sine qua non pour un développement durable et une société harmonieuse, la clé pour briser à jamais le mur d’un Maroc à deux vitesses.</strong></p>
<p><strong>Ce Maroc qui s’éveille appelle une révision de ses mécanismes politiques, une opportunité cruciale pour bâtir un pays plus juste, inclusif, et surtout, un pays où les jeunes deviennent maîtres de leur destin. Ils ne se reconnaissent plus dans les modèles classiques. Ils ne vivent pas simplement sur internet, ils y fondent leurs métiers, leur monde, leur culture, leur vie. Leur monde s&rsquo;appelle Discord, Tiktok, Instagram. Il est temps pour tous d’en prendre conscience : ce mouvement est irréversible. Il est tourné vers un monde en perpétuelle mutation, à une vitesse exponentielle. Il faudra s&rsquo;y faire et bien intégrer ce changement profond et comprendre que Gen Z212 est tout simplement une demande d&rsquo;un nouveau pacte politique et social.</strong></p>
<p><strong>Cependant, cette même GenZ 212 ne doit pas ignorer qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui on vit beaucoup mieux qu&rsquo;ont vécu nos parents et encore moins nos grands parents et que tous les indices de développement du pays sont au vert, avec un repli spectaculaire de tous les indices de pauvreté. Le pays est en plein surproduction des élites et il faut des investissements, des réformes et de la dynamique économique pour les absorber. C&rsquo;est ce qui se fait et c&rsquo;est le rôle des politiques de l&rsquo;expliquer.</strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Les dimanches d&#8217;Aziz Daouda. Rapport des Marocains à la loi, le grand malentendu</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/193691</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 14 Sep 2025 12:42:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[NOS CHRONIQUEURS]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIÉTÉ]]></category>
		<category><![CDATA[Aziz Daouda]]></category>
		<category><![CDATA[Rapport des Marocains à la loi]]></category>
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					<description><![CDATA[Par: Aziz Daouda La relation entre les Marocains et la loi révèle une grande ambiguïté, nourrie par une accumulation de paradoxes et de contradictions historiques, culturelles et politiques. Elle ne s’explique pas seulement par un déficit de communication ou de pédagogie, mais par une perception profondément ancrée où la loi est vue non comme un &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par: Aziz Daouda</strong></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-193692" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/09/Aziz_daouda_JPG-300x300-1.jpg" alt="" width="300" height="300" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/09/Aziz_daouda_JPG-300x300-1.jpg 300w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/09/Aziz_daouda_JPG-300x300-1-150x150.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>La relation entre les Marocains et la loi révèle une grande ambiguïté, nourrie par une accumulation de paradoxes et de contradictions historiques, culturelles et politiques. Elle ne s’explique pas seulement par un déficit de communication ou de pédagogie, mais par une perception profondément ancrée où la loi est vue non comme un cadre collectif à respecter par conviction, mais comme une contrainte extérieure, souvent imposée et rarement intériorisée.</p>
<p>D’abord, il faut souligner l’ignorance, parfois volontaire, de l’existence même de nombreuses lois. Dans bien des cas, le citoyen marocain ne découvre un texte qu’au moment où celui-ci lui est opposé dans une situation conflictuelle. Ce rapport réactif, et non proactif, à la loi engendre des comportements paradoxaux : l’acceptation résignée lorsqu’elle s’impose avec force, mais aussi le recours aux excuses, aux justifications ou à l’ignorance feinte dès que son application devient contraignante.</p>
<p>À ce déficit de connaissance s’ajoute un rapport ambivalent : la loi est respectée, non par adhésion morale, mais par crainte de la sanction. La circulation routière en est l’illustration la plus éloquente : la présence d’un agent entraîne le respect scrupuleux du code, tandis que son absence libère un comportement marqué par l’anarchie. Autrement dit, l’autorité supplée à la conviction citoyenne.</p>
<p>Mais le problème ne réside pas seulement dans le comportement individuel. Le cadre légal lui-même souffre d’un manque d’actualisation et d’adaptation. Nombre de lois marocaines sont héritées d’une époque révolue, conçues dans un autre contexte social, et peinent à répondre aux réalités d’aujourd’hui. Le processus législatif, trop long et souvent opaque, accentue le décalage entre les textes et les aspirations citoyennes. Les débats publics sur les projets de loi sont rares, voire inexistants, et la société civile n’y trouve qu’un espace marginal. Cette carence démocratique est aggravée par la passivité chronique des partis politiques et le déclin de l’adhésion syndicale, ce qui prive la scène publique d’un véritable débat contradictoire. La situation est aussi conséquence de la langue utilisée quand débat il y a. Les projets de loi sont écrits, débattus, publiés et appliqués dans une langue qui n&rsquo;est pas celle du quotidien des Marocains.</p>
<p>À cela s’ajoute le sentiment de l&rsquo;inefficacité institutionnelle : un parlement marqué par un déficit de compétence et de sérieux, une élite politique parfois déconnectée, et des collectivités locales incapables de traduire les besoins des citoyens en textes et décisions efficaces. C&rsquo;est ainsi que certaines lois apparaissent comme déconnectées, voire étrangères, aux réalités sociales. Elles criminalisent parfois des comportements anodins, qui ne nuisent ni à l’individu ni à la collectivité, mais qui traduisent l’imposition d’une morale conservatrice au détriment de la liberté individuelle. La morale religieuse n&rsquo;est jamais trop loin. D’où la question cruciale : où s’arrête la loi et où commence la morale ? Et surtout, quelle place donner à l’éthique dans la gouvernance d’un pays en pleine mutation, un pays qui aspire au développement et à la modernité et qui fait des efforts colossaux dans ce sens.</p>
<p>Face à ces décalages, les citoyens développent des stratégies d’adaptation, parfois de survie. La loi devient modulable, respectée ou non selon la situation, selon l’œil de l’autorité. Le respect n’est plus une conviction, mais un calcul. Mais peut-on exiger le respect d’une loi perçue comme illégitime, inutile ou injuste ? Peut-on maintenir en vigueur des textes que la majorité des citoyens contournent systématiquement, et que même les agents chargés de les appliquer transgressent à titre individuel ?</p>
<p>Ce rapport ambigu se construit dès l’enfance, dans la transmission des normes sociales. L’enfant apprend à l’école l’interdiction de l’alcool en respect de la religion et de la loi, mais voit chez lui ou dans son entourage une consommation banalisée. On lui enseigne le respect du code de la route, mais son père brûle les feux rouges hors du regard de la police. Cette éducation contradictoire crée une confusion durable entre les valeurs proclamées et les pratiques vécues, renforçant l’idée que la loi n’est pas une règle universelle mais une contrainte contextuelle. Il y a donc ici un sentiment de peur et non de respect des lois, un sentiment qu&rsquo;elles sont pour les autres et pas pour soi; une perception que la loi est imposée et n&rsquo;est pas là pour la protection des droits de chacun et de tous.</p>
<p>Les réseaux sociaux et certaines voix publiques, comme vient de le faire la youtubeuse Maysa, contribuent à révéler ces incohérences. Elle a montré dans une vidéo les multiples lois marocaines qui, bien qu’encore en vigueur, ne sont presque jamais appliquées. Ce constat illustre une permissivité implicite qui mine la crédibilité de l’État de droit. Une loi qui existe sans être appliquée devient un simple symbole, voire un instrument de sélectivité arbitraire. Elle doit être à la limite révisée.</p>
<p>La loi n’a pas vocation à être un simple outil de contrôle, encore moins une fin en soi. Elle doit permettre l’harmonie sociale, protéger les libertés et réguler la vie collective. Elle doit évoluer avec son temps, refléter les aspirations de la société et éviter d’imposer des schémas de pensée dépassés. Aujourd’hui, les Marocains ont changé, leurs modes de vie ont évolué, mais le cadre légal et la mentalité collective restent figés dans des représentations anciennes. Beaucoup parlent ouvertement d’« hypocrisie sociale», dénonçant ce double langage entre parole et comportement en public, discours officiel et pratiques réelles.</p>
<p>Sortir de cette ambiguïté exige une double révision des choses : d’un côté, une réforme juridique audacieuse, qui adapte les lois aux réalités sociales et aux valeurs contemporaines ; de l’autre, un travail de sensibilisation et d’éducation pour réconcilier le citoyen avec le droit. Cette transformation ne peut réussir que si les Marocains acceptent de rompre avec l’ambivalence sociale et le dédoublement de personnalité qui gangrènent les comportements quotidiens.</p>
<p>La réflexion sur la relation entre le citoyen marocain et la loi ouvre ainsi un champ plus large : celui de l’éthique, de l’évolution sociale et de la modernisation du cadre légal. Un État de droit ne peut prospérer sans adhésion collective, et une société ne peut se construire sur des règles que tous s’emploient à contourner. Redonner à la loi sa légitimité et sa crédibilité, c’est poser les bases d’un vivre-ensemble plus cohérent, plus juste et plus respecté.</p>
<p>A suivre les joutes autour de la moudawana et autres projets de lois, entre le ministre de la justice et certains parlementaires d&rsquo;une certaine tendance politique qui se pense gardienne du temple, il s&rsquo;avère difficile d&rsquo;avancer à la vitesse nécessaire par les temps qui courent&#8230;</p>
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			</item>
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		<title>Tribune. Pourquoi je soutiens ElGrande Toto (Aziz Daouda)</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/188712</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[colmanager]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Jul 2025 10:21:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[KALÉIDOSCOPE]]></category>
		<category><![CDATA[NOS CHRONIQUEURS]]></category>
		<category><![CDATA[Aziz Daouda]]></category>
		<category><![CDATA[Maroc pluriel]]></category>
		<category><![CDATA[musique]]></category>
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					<description><![CDATA[Par: Aziz Daouda  L’édition récente de Mawazine n’est pas passée inaperçue et fera date. Il y a eu, bien évidemment, ces dizaines de milliers de citoyens venus du Maroc entier et d&#8217;ailleurs profiter des différentes scènes, avec le record de Boutchart qui les a tout simplement fait chanter, ainsi que cette grande diva chantant en &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="blu-article-body">
<p><strong>Par: Aziz Daouda </strong></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-188713" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/07/Aziz_daouda_JPG.jpg" alt="" width="738" height="520" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/07/Aziz_daouda_JPG.jpg 738w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/07/Aziz_daouda_JPG-300x211.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 738px) 100vw, 738px" /></p>
<p><span class="uk-text-lead blu-article-lead">L’édition récente de Mawazine n’est pas passée inaperçue et fera date</span>. Il y a eu, bien évidemment, ces dizaines de milliers de citoyens venus du Maroc entier et d&rsquo;ailleurs profiter des différentes scènes, avec le record de Boutchart qui les a tout simplement fait chanter, ainsi que cette grande diva chantant en playback, provoquant la colère de celles et ceux ayant crié à l’arnaque. Mais il y a eu surtout ElGrande Toto. Cette grande star de la musique urbaine marocaine et mondiale que beaucoup n’aiment pas, ou pas du tout.</p>
<p>ElGrande Toto a fait le plein en spectateurs, mais aussi en nombre d’articles et de réactions, pas du tout favorables, à quelques exceptions près. La majorité de ces réactions étaient plutôt critiques, certaines presque assassines.</p>
<p><em>Je le dis tout de suite : je ne suis pas amateur d’El Grande Toto ni de son style de musique. À mon âge, ce serait une insulte à mes goûts musicaux, moi qui ne peux être bercé dans ma version arabe que par Doukkali, Abdelhalim, Belkhayat, Samih, Farid, Oum Kaltoum et Abdelwahab ; dans ma version française par Brel, Reggiani, Piaf, Barbara ; et dans ma version anglaise par Dylan, Clapton, BB King, James Brown, et j’en passe.</em></p>
<p>Cela dit, je ne peux pas non plus me permettre de juger ceux qui n’aiment pas, ni celles et ceux qui aiment le genre musical d’El Grande Toto, c’est-à-dire toute cette jeunesse qui se retrouve dans ce style, qui vibre à ses intonations et jubile en absorbant ses paroles. C’est leur temps et leur musique.</p>
<p>Cela me rappelle qu’il y a une trentaine d’années, on ne pouvait écouter Najat Aatabou que par accident, en longeant l’échoppe d’un vendeur de cassettes dans un souk ou en cachette dans sa voiture. Sa musique paraissait agaçante et ses paroles vulgaires. Elle mit longtemps avant d’être finalement admise, puis plus tard adulée.</p>
<p>Ce qui m’amène à ce sujet, c’est qu’il y a dans les trajectoires artistiques de Najat Aatabou et d’ElGrande Toto quelque chose qui ressemble à un miroir brisé : les éclats s’opposent, se dispersent, et pourtant, à y regarder de près, ils reflètent une même réalité. Celle d’un Maroc multiple, insoumis, tiraillé entre ses traditions et ses désirs de modernité. Un Maroc qui pense être ce qu&rsquo;il n&rsquo;est que peu ou pas vraiment. Ce qu&rsquo;il n&rsquo;a jamais été sinon dans un imaginaire faussement construit.</p>
<p>Najat Aatabou, c’est la voix éraillée des Zemmours, celle qui a surgi à Khémisset, portée par les vents du Moyen Atlas et les murmures d’une société encore corsetée par l’honneur, le regard des autres et l’intransigeance des convenances. Dans les années 80, alors que le Royaume faisait ses premiers pas vers l’ouverture sociale, Najat osa chanter ce que tant de femmes murmurent en silence : les amours contrariés, la trahison, l’émancipation, la fierté blessée, le désir, et tout cela dans un langage plutôt cru.</p>
<p>Son « Hadi Kedba Bayna » : « C’est un mensonge évident » résonne comme un cri, doux mais ferme, dans les mariages populaires, les taxis collectifs et les salons feutrés de la diaspora marocaine en Europe. Avec elle, le chaâbi, musique du peuple par excellence, devient un vecteur d’affirmation. Najat ne s’excuse pas d’être femme, artiste, amazighe, rebelle. Elle dérange, elle choque parfois, mais elle s’impose. Sa musique est même reprise dans une publicité mondiale.</p>
<p>Quarante ans plus tard, c’est un autre Marocain qui fait trembler les murs des certitudes : ElGrande Toto, enfant des faubourgs casablancais, cheveux teintés, visage et bras tatoués et verbe acéré, s’impose comme le chantre d’une jeunesse marocaine décomplexée. Avec lui, les mots claquent en darija, s’entrelacent au français et à l’anglais, flirtent sans retenue avec les interdits : drogue, argent, sexe, et bousculent les hypocrisies sociales. Là où Najat Aatabou dénonçait à demi-mot, Toto affiche, revendique, provoque.</p>
<p>Certes, les formes divergent : Najat puise dans le répertoire ancestral, ses mélodies rappellent les noces villageoises et les youyous d’antan. Toto, lui, s’abreuve aux sources du rap mondial, de la trap et des réseaux sociaux, où les punchlines valent plus que les silences. Mais derrière ces différences, une même sève irrigue leurs œuvres : la soif de dire, coûte que coûte, sans se sentir coupable de quoi que ce soit.</p>
<p>Najat Aatabou a payé le prix fort pour avoir brisé les tabous. On se souvient encore des critiques acerbes, des regards lourds de jugement, des pères de familles outrés. Mais le temps lui a donné raison : elle est aujourd’hui respectée, adulée même, perçue comme l’une des grandes voix du Maroc populaire.</p>
<p>El Grande Toto, lui, est encore en pleine tempête. Il lui faudra beaucoup de temps avant d’être enfin toléré et admis. Polémiques à répétition, convocations judiciaires, accusations d’indécence… Pourtant, son succès ne faiblit pas. Les chiffres parlent : des millions d’écoutes sur les plateformes, une influence internationale grandissante, une jeunesse marocaine qui se reconnaît dans ses colères et ses rêves. Ils chantent leur réalité et ils se retrouvent en lui, qu’on le veuille ou pas.</p>
<p>Finalement, des années 80 à aujourd’hui, comme à travers les siècles, le Maroc n’a cessé de se raconter à travers ses artistes les plus dérangeants. Il y eut d&rsquo;autres auparavant : Zahra Elfassia, Fatna Bent El Houcine, et tant de Chikhates connues ou pas, des voix féminines des frustrations et des espoirs d’une génération muselée.</p>
<p>El Grande Toto, le porte-voix insolent d’une jeunesse urbaine en quête de reconnaissance, d’espace, de liberté, incarne aujourd’hui cet esprit. Il ne faut pas oublier qu’il y eut d&rsquo;autres avant lui : Faddoul, Nass El Ghiwane, Ach Kayne, Rebel Moon et Lbig, entre autres. Il y avait aussi une tradition de rébellion et de langage osé dans le malhoun avec des qassidas qu&rsquo;on n&rsquo;oserait plus chanter de nos jours, même dans les cercles les plus intimistes.</p>
<p><span id="post-body-span-post-246507000-1372" class="">Entre eux tous, des décennies et des univers, mais aussi ce fil invisible qui relie ceux qui osent dire tout haut ce que d’autres taisent encore. Peut-être est-ce cela, être artiste au Maroc : bousculer l’ordre établi, tendre un miroir à la société, et accepter d’en payer le prix, même s&rsquo;il est trop fort&#8230;</span></p>
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		<item>
		<title>Sahara marocain: Un article de lecollimateur.ma sur des déclarations inappropriées du porte-parole du gouvernement mauritanien fait réagir la presse nouakchottoise (Notre réponse)</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/188029</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 Jul 2025 11:33:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[POLITOSCOPE]]></category>
		<category><![CDATA[Aziz Daouda]]></category>
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					<description><![CDATA[Un article publié dimanche 29 juin 2025 par notre confrère Aziz Daouda sur le Collimateur, sous l&#8217;intitulé « Le Sahara marocain : le faux pas du porte-parole du gouvernement mauritanien El Houssein Ould Meddou», a suscité des réactions dans les médias nouakchottois. Parmi ces réactions figurait un article publié par le site « Tahdith » &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><em><strong>Un <a href="https://lecollimateur.ma/187895">article</a> publié dimanche 29 juin 2025 par notre confrère Aziz Daouda sur le Collimateur, sous l&rsquo;intitulé « Le Sahara marocain : le faux pas du porte-parole du gouvernement mauritanien El Houssein Ould Meddou», a suscité des réactions dans les médias nouakchottois. Parmi ces réactions figurait un article publié par le site « <a href="https://tahdithrim.com/2025/06/29/%D9%83%D8%A7%D8%AA%D8%A8-%D9%85%D8%BA%D8%B1%D8%A8%D9%8A-%D9%8A%D9%87%D8%A7%D8%AC%D9%85-%D8%A7%D9%84%D9%86%D8%A7%D8%B7%D9%82-%D8%A8%D8%A7%D8%B3%D9%85-%D8%A7%D9%84%D8%AD%D9%83%D9%88%D9%85%D8%A9-%D8%A7/">Tahdith</a> » intitulé: « Un écrivain marocain attaque le porte-parole du gouvernement mauritanien ».</strong></em></p>
<p><em><strong>Tout en remerciant notre confrère mauritanien pour son interaction constructive avec le contenu de notre article, nous tenons à préciser que l&rsquo;utilisation du terme « attaque » était inappropriée. Afin de lever toute ambiguïté, il convient de clarifier que l&rsquo;article de M. Daouda ne constituait pas tant une attaque contre le porte-parole du gouvernement mauritanien qu&rsquo;une critique de son parti pris flagrant et inacceptable en faveur de l&rsquo;entité fictive et son parrain algérien, au détriment de la cause nationale première du peuple marocain.</strong></em></p>
<p><em><strong>Cette « sortie » n&rsquo;était hélas pas « neutre », comme l&rsquo;affirmait le ministre. Elle contredisait plutôt la position officielle mauritanienne, sans parler de l&rsquo;élan international suscité par le Plan d&rsquo;autonomie sous souveraineté marocaine.</strong></em></p>
<p><em><strong>Tout en souhaitant instaurer un débat serein et sérieux avec nos collègues et frères mauritaniens, nous republions in extenso la traduction de l&rsquo;article du site « <a href="https://tahdithrim.com/2025/06/29/%D9%83%D8%A7%D8%AA%D8%A8-%D9%85%D8%BA%D8%B1%D8%A8%D9%8A-%D9%8A%D9%87%D8%A7%D8%AC%D9%85-%D8%A7%D9%84%D9%86%D8%A7%D8%B7%D9%82-%D8%A8%D8%A7%D8%B3%D9%85-%D8%A7%D9%84%D8%AD%D9%83%D9%88%D9%85%D8%A9-%D8%A7/">Tahdith</a>». </strong></em></p>
<p><strong>« Un écrivain marocain attaque le porte-parole du gouvernement mauritanien »</strong></p>
<p>« L&rsquo;écrivain marocain Aziz Daouda a attaqué le porte-parole du gouvernement mauritanien El Houssein Ould Meddou pour ses déclarations à la chaîne France 24 concernant la position du gouvernement mauritanien sur le conflit du Sahara occidental. Dans un article publié sur le site Le Collimateur, M. Daouda a dit: « Visiblement mal à l’aise, au point de donner l’impression d’être surpris par la question du journaliste, M. Ould Meddou semblait balbutier en affirmant que la Mauritanie adopte une politique de neutralité, tout en avançant un concept nouveau : celui de « neutralité positive et active » dans ce dossier.</p>
<p>M. Daouda a critiqué les propos de M. Ould Meddou considérant le problème du Sahara occidental comme une affaire entre le Maroc et le Sahara sans préciser l&rsquo;identité de la partie qu&rsquo;il a appelée le Sahara.</p>
<p>Il a souligné que ce qui compliquait encore davantage la déclaration de M. Ould Madou était son affirmation selon laquelle la Mauritanie ne restait pas figée dans sa position négative, mais s&rsquo;engageait à contribuer à une solution politique juste qui serve les intérêts des parties concernées. Il a ajouté qu&rsquo;il n&rsquo;avait pas précisé qui étaient ces parties et a demandé si son pays était inclus ou non.</p>
<p>Il a souligné que M. Ould Meddou semblait ne pas avoir lu les résolutions du Conseil de sécurité depuis 2007, un fait évident dans sa déclaration concernant « la volonté de la Mauritanie de jouer un rôle central dans la facilitation du dialogue entre les parties au conflit, en créant un climat de confiance et en surmontant l&rsquo;impasse politique. »</p>
<p>M. Daouda a affirmé que le ministre avait montré davantage d’agacement lorsque le journaliste l’a interrogé sur la fermeture de Lebriga, poste-frontière entre la Mauritanie et l’Algérie. « Il donna l’impression de ne pas être au courant de cette fermeture, ce qui est étonnant, alors que cette décision avait suscité une grande controverse et des réactions virulentes des séparatistes à l’égard de son propre pays et de son gouvernement », a-t-il indiqué.</p>
<p>M. Daouda a critiqué la réduction du conflit par le ministre à une simple affaire entre le Maroc et ce qu&rsquo;il a appelé « le Sahara », et s&rsquo;est demandé s&rsquo;il avait réalisé les ramifications politiques sensibles que cela entraînerait.</p>
<p>L&rsquo;écrivain marocain a affirmé que cette déclaration avait été perçue comme un soutien indirect au discours algérien, ajoutant que l&rsquo;Algérie « a rapidement adressé une invitation officielle au ministre et lui a décerné de nombreuses médailles. Cette réponse algérienne immédiate ne peut être interprétée que comme une récompense pour la prise de position hasardeuse du ministre.</p>
<p>Il a expliqué : « Cette situation a mis mal à l’aise le gouvernement mauritanien et la présidence, qui n’ont pas officiellement soutenu les propos du ministre. Plusieurs membres du gouvernement ont exprimé leur gêne face à cette déclaration, soulignant qu’elle ne reflète pas la position officielle de la Mauritanie.</p>
<p>Il a ajouté que la déclaration a créé une tension diplomatique implicite, suscité des divergences internes au sein de la Mauritanie et mis en évidence les complexités régionales entourant le soi-disant conflit du Sahara occidental ».</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
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		<item>
		<title>Les dimanches d&#8217;Aziz Daouda. Les maladies rares ne sont pas si rares que cela</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/177193</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 23 Feb 2025 10:44:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[NOS CHRONIQUEURS]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIÉTÉ]]></category>
		<category><![CDATA[Aziz Daouda]]></category>
		<category><![CDATA[chronique]]></category>
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					<description><![CDATA[Par: Aziz Daouda  J’ai eu le privilège samedi d’assister à la 6ème journée des maladies rares. Docteur Khadija Moussayer, présidente de l&#8217;Alliance Maladies Rares du Maroc, m’a fait l’honneur, et je l’en remercie, de me faire assoir à la table de grands professeurs de médecine qui allaient débattre de problématiques médicales pointues, requérant expertise et &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="blu-article-body">
<p><strong>Par: Aziz Daouda </strong></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-medium wp-image-176007" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/02/aziz-dawda-1624715241-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/02/aziz-dawda-1624715241-300x300.jpg 300w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/02/aziz-dawda-1624715241-150x150.jpg 150w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/02/aziz-dawda-1624715241-125x125.jpg 125w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p><span class="uk-text-lead blu-article-lead">J’ai eu le privilège samedi d’assister à la 6ème journée des maladies rares</span>. Docteur Khadija Moussayer, présidente de l&rsquo;Alliance Maladies Rares du Maroc, m’a fait l’honneur, et je l’en remercie, de me faire assoir à la table de grands professeurs de médecine qui allaient débattre de problématiques médicales pointues, requérant expertise et maîtrise de sujets divers et requérant aussi un humanisme profond et un amour certain du pays et de sa population.</p>
<p>Je n’ai pu malheureusement assister qu’à la moitié des travaux et j’en suis navré.</p>
<p>Les maladies dites rares ne sont pas en fait si rares que cela. Si elles le sont peut-être par le nombre, elles sont si fréquentes qu’elles s’imposent au quotidien en milieu médical. Elles sont rares parce que souvent invisibilisées dans un milieu social qui ne les comprend pas encore ou pas assez. Elles sont d’un impact lourd sur la vie affective, sociologique et économique des familles et énormément sur la vie des personnes touchées. Elles ne sont pas encore traitées convenablement dans le cursus universitaire et peu maîtrisées par les généralistes, voire par bon nombre de pédiatres. L’accès à la médicalisation de plus en plus facilité, les révèle au grand jour et les fait découvrir dans leur complexité et leur diversité, tant au milieu médical lui-même qu’aux familles et à la société.</p>
<p>Leur impact psychologique est énorme sur les familles, les déboussolant, les déchiquetant, les appauvrissant. Par leur aspect génétique, elles installent les familles et personnes concernés dans le doute, les plongent dans l’anxiété, le dégoût et la haine de soi. Les raisonnements émotionnels négatifs et le sentiment de responsabilité ne sont jamais très loin. C&rsquo;est là souvent le moteur de préjugés sociaux lourds. Les traditions, le manque d’instruction font le reste. Elles peuvent aller jusqu’à briser une famille et font souvent de la femme la responsable. J’ai rencontré moi-même une jeune femme répudiée, rejetée simplement parce qu’elle a donné naissance à un enfant Marfan. Son mari et sa famille l’on rendu responsable de la naissance problématique et l’on mise à la rue. Elle élève seule son enfant aujourd’hui et se bat pour le nourrir, le soigner, l’éduquer, faire comprendre et admettre sa différence à l’école.</p>
<p>Les maladies rares sont davantage problématiques, quand on sait qu’un médecin ne les rencontre pas tous les jours dans sa consultation et peut aller jusqu’à en ignorer l’existence. Leurs diagnostics sont si complexes des fois qu’elles nécessitent l’intervention de multiples spécialités hautement qualifiés pour en définir l’existence et les protocoles à suivre. Plus que dans n’importe quelle autre situation, la personne diagnostiquée doit être suivie par plus d&rsquo;un spécialiste en même temps. Est-ce toujours le cas ?</p>
<p>Il faut ici rendre un hommage tout particulier aux professeurs Asmaa Quessar et Amine Benmoussa ayant traité la question du point de vue hématologique, expliquant la complexité des manifestations de certaines de ces maladies et l’impact de certains traitements. Le Pr FZ El Fatoiki s’est particulièrement penchée sur les manifestations cutanées qui dans les faits cachent bien des choses en dedans et donc sont capitales dans les diagnostics.</p>
<p>Une mention spéciale au professeur Imane Chahid pour son intervention sur les Neurofibromatoses de type 1, au-delà des taches café au lait. Elle recommanda la constitution de pôles de travail avec toutes les spécialités concernées afin de limiter l’errance médicale des malades, gagner en temps, en efficacité et en économie. On doit expliquer aux mamans que les taches café au lait sur la peau d&rsquo;un bébé, ne sont pas des «touhimates». Cette ignorance peut retarder la prise en charge d’un enfant atteint avec les conséquences que cela peut induire.</p>
<p>Effectivement.</p>
<p>L’une des problématiques à laquelle font face les familles est l’errance médicale. Le malade peut passer longtemps à consulter et traiter des symptômes: ophtalmologiques, gastriques, dermatologiques etc, avant que ne soit diagnostiqué une maladie rare. L’errance est extrêmement lourde de conséquence.</p>
<p>Le témoignage dans ce sens d’un papa ayant perdu deux enfants était particulièrement poignant. Un moment de grande émotion. La dignité et le courage dont il a fait montre en font un personnage admirable.</p>
<p>J&rsquo;ai été rassuré par la jeunesse et l’engagement de plus d’un intervenant. L’assistance par le nombre et la qualité et les questions posées par les professionnels et les parents, montrent qu’il y a un intérêt et de la compétence en construction. Les éclaircissements et l’engagement exprimé au nom des généticiens marocains du Pr Karim Ouldim laisse augurer des jours meilleurs et une approche probablement innovante dans le diagnostic rapide et précoce et partant dans la prise en charge. Il répondait un peu à l’appel du Pr Chahid pour le travail en pôle.</p>
<p>S’intéresser à la génétique nous ramène à la question des data et de la puissance de nos calculateurs. Dans les questions génétiques, l’IA va jouer un rôle capital et pour ne pas subir les biais des autres, le Maroc se doit de compiler et de traiter ses propres data et entraîner des machines capables de saisir les spécificités génétiques du marocain car il y en a et c’est normal. Tout retard dans ce domaine aura pour conséquence un manque de maîtrise, une dilapidation de compétences, du gaspillage et un défaut d’efficacité à répondre aux besoins réels des citoyens.</p>
<p>Une question fondamentale a plané sur la salle juste avant la pause déjeuner, pourquoi les travaux réalisés par les éminences marocaines, les résultats des recherches sur le territoire national et autres découvertes ne sont-elles pas considérées dans l’établissement des politiques publiques de santé. L&rsquo;espace entre la recherche marocaine et les sphères de décision politique est simplement anormal. Un pays ne progresse que de l’intérieur par la recherche scientifique et le travail. Les politiques publiques se doivent de reposer sur les innovations et les recherches sur le terrain marocain. Le benchmarking est bien mais la recherche au niveau national c’est encore mieux. J’ai eu l’impression, étais-je le seul, que les politiques vont jusqu’à ignorer pour ne pas dire mépriser les compétences nationales, préférant faire confiance à des bureaux d’études étrangers souvent mal inspirés et ignorant les réalités et le particularisme marocain. C’est là l’une des raisons qui entravent et impactent notre système de santé et autres.</p>
<p>Il est tout de même malheureux de se poser ce genre de questions en 2025.</p>
<p>La journée a été une réussite incommensurable et mérite une grande médiatisation, car le but en était la sensibilisation. Lalla Khadija Moussayer et son équipe ont réussi le pari. On ne les remerciera jamais assez pour cela.</p>
<p>Merci aussi de m’avoir permis de retrouver le professeur Mohammed Itri, éminent pédiatre parti de Rabat enseigner au CHU Ibn Rochd mais n’ayant jamais oublié son quartier et ses voisins d’enfance…</p>
<p>&nbsp;</p>
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