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	<title>arts plastiques &#8211; Le collimateur</title>
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	<description>Le goût de la vérité n&#039;empêche pas la prise de parti</description>
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	<title>arts plastiques &#8211; Le collimateur</title>
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		<title>Ouverture des candidatures pour la deuxième édition du Prix national des arts plastiques</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/129452</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[le Collimateur MAP]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 08 Sep 2023 19:54:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[KALÉIDOSCOPE]]></category>
		<category><![CDATA[arts plastiques]]></category>
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					<description><![CDATA[Le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication – Département de la Culture – a annoncé l’ouverture des candidatures pour la deuxième édition du Prix national des arts plastiques au titre de l’année 2023 dans toutes les régions du Royaume. Cette manifestation vise à motiver les artistes en les encourageant à &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication – Département de la Culture – a annoncé l’ouverture des candidatures pour la deuxième édition du Prix national des arts plastiques au titre de l’année 2023 dans toutes les régions du Royaume.</p>
<p>Cette manifestation vise à motiver les artistes en les encourageant à faire preuve de créativité et d’initiative et à accompagner les jeunes talents nationaux tout en leur allouant un soutien financier et médiatique, souligne le ministère dans un communiqué, expliquant que les candidatures sont ouvertes du 8 septembre au 20 novembre 2023, et que la cérémonie de remise des prix est prévue pour décembre 2023.</p>
<p>Le “Prix national des arts plastiques” est divisé en trois catégories : le Prix national pour les jeunes artistes peintres, le Prix national de la photographie artistique et le Prix national de la sculpture, selon la même source.</p>
<p>Le Prix national des jeunes artistes peintres est ouvert aux jeunes âgés de 18 à 30 ans, faisant l’objet d’une première étape de compétition au sein des rencontres régionales organisées par le ministère dans chaque direction régionale, précise le communiqué, ajoutant que les lauréats des premières places dans ces rencontres régionales accèdent à une seconde étape de compétition au niveau de la rencontre nationale des jeunes artistes plasticiens où ils concourent pour le Prix national des artistes.</p>
<p>Les trois premiers lauréats des rencontres régionales pour jeunes artistes plasticiens recevront des prix d’une valeur de 30.000 dhs (1er prix), 20.000 dhs (2ème prix) et 10.000 dhs (3ème prix). Pour le Prix national des jeunes artistes peintres, les gagnants empocheront 100.000 dhs (prix national d’excellence), 60.000 dhs (prix national d’excellence) et 40.000 dhs (prix national d’encouragement).</p>
<p>Le Prix national de la photographie artistique et le Prix national de la sculpture sont ouverts aux candidats de plus de 18 ans, comportant chacun les prix suivants: un premier prix doté de 60.000 dhs, un deuxième prix doté de 50.000 dhs et un troisième prix de 40.000 dhs.</p>
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		<title>Nourdine Tabbai expose à la Fondation Mohammed VI en octobre 2022. D&#8217;une peinture allégorique de l&#8217;Apocalypse (Par Mustapha SAHA)</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/94217</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 Sep 2022 12:18:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[KALÉIDOSCOPE]]></category>
		<category><![CDATA[arts plastiques]]></category>
		<category><![CDATA[Nourdine Tabbai]]></category>
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					<description><![CDATA[Par Mustapha Saha* La peinture de Nourdine Tabbai  accomplit une transformation stylistique, une mutation esthétique, en résonance avec les bouleversements du monde. L’artiste m’offre, il y a une dizaine d’années, une toile cosmique, irisée de constellations lointaines, captées au sommet d’une montagne. D’autres tableaux de la même période évoquent les énergies telluriques des sites atlastiques. &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par</strong> <span class="s1"><b>Mustapha Saha*</b></span></p>
<p class="p1"><span class="s1">La peinture de Nourdine Tabbai<span class="Apple-converted-space">  </span>accomplit une transformation stylistique, une mutation esthétique, en résonance avec les bouleversements du monde. L’artiste m’offre, il y a une dizaine d’années, une toile cosmique, irisée de constellations lointaines, captées au sommet d’une montagne. D’autres tableaux de la même période évoquent les énergies telluriques des sites atlastiques. Je le vois tenté par une trajectoire mystique, une vie contemplative, loin des contingences académiques. Je le retrouve dans l’habit de professeur universitaire, promis à une jolie carrière mandarinale. La kasbah des artistes, au cœur de <i>la Vallée des roses</i>, victime de son succès, succombe aux sirènes touristiques. La planète bascule dans l’incertitude apocalyptique, l’épuisement sémantique, l’étiolement artistique. Les pinceaux se lamentent. Les œuvres se fragmentent.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Ce 8 septembre, jour de mon anniversaire, pendant mon séjour à Trouville-sur-Mer, Nourdine Tabbai m’envoie des images de sa prochaine exposition à la Fondation Mohammed VI. Je remonte et redescends chaque jour, en compagnie d’Elisabeth, la plage sauvage protégée par des falaises inviolables, parsemée de rochers sculptés par la mer depuis le Jurassique. Deux cents millions d’années nous contemplent. Le rivage conserve ses vitalités premières. Le corps s’insuffle instantanément d’intemporels<span class="Apple-converted-space">  </span>fluides marins. Nous ramassons des silex ciselés, limés, lustrés par les vagues, des figurines anthropomorphiques, expressives, suggestives, synesthésiques, synchroniques de notre quête.<span class="Apple-converted-space">  </span>Des correspondances, des superpositions de sens, avec Kelaa M’Gouna, le granit nu de l’Anti-Atlas, traversent ma pensée. La nature génère en permanence des motifs insoupçonnables. La main de l’artiste s’en imprègne.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Les tableaux de Nourdine Tabbai sont autant d’allégories de la désintégration du monde. Les bâtisses se pétrifient, se fossilisent, se métamorphosent en bunkers déboîtés. Les brasiers projettent leurs rubescences<span class="Apple-converted-space">  </span>destructrices. Un sorcier ectoplasmique jette ses proies dans la fournaise. Les atmosphères s’embrasent, s’éclaboussent de cendres. Le chiffre six s’immisce comme un symbole de malheur. Les fleurs du mal se disséminent au dessus d’un marécage. Des dragons hantent les paysages. Les ruines se désertent. La ville disparaît. Un vautour plane sur mer rougeoyante. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">La syntaxe plastique se fabrique une sémiotique inédite. La sémiose déroule ses ombres et ses lueurs. Les phénomènes s’estompent sous les noumènes. L’allusion supplée la figuration. Les abstractions disent l’invisible. Une peinture spasmodique, sismique, cataclysmique. Les touches se font tour à tour éraflures, craquelures, dentelures, écorchures, griffures, zébrures, mouchetures, déchirures, stigmates, cicatrices. Le sens se cherche dans la matrice. Les fondus-enchaînés se brisent, se fracassent, se dispersent, tantôt nuées ténébreuses, orageuses, tantôt figures sépulcrales, spleenétiques. Des empreintes brunes. Des taches importunes. Des présages d’infortune. Les papillons noirs se devinent. Surnagent des éclats d’architectures, des lambeaux de textures, des traces d’écritures, à peine repérables, des énigmes signalées d’une virgule. L’angoisse générale s’ausculte. Une peinture des abîmes, des précipices.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">La thématique de fin du monde est évidente, récurrente. La mode distopiacore s’étale dans les rues européennes. Personne ne sort sans masque protecteur. L’effondrement se vit par anticipation. Les esprits se familiarisent avec l’épouvante. Les tenues vestimentaires s’approprient la catastrophe, pantalons cargos, doudounes épaisses, combat boots, capuches et masques à gaz. La génération Z, perfusée de numérique, d’imaginaire Matrix, se cagoule, confie son devenir à l’intelligence artificielle. La styliste Marine Serre présente sa collection dans un décor de marée noire. Le désastre se sublime. Des villes ravagées. Des arborescences saccagées. Des projets naufragés. Des silhouettes décharnées. Des sirènes hurlantes jour et nuit. Des vigiles. Des automates.<span class="Apple-converted-space">  </span>Des morts-vivants dans les casemates. Le métavers sonne le glas du vieux monde. Les comportements se robotisent. Les mentalités s’accoutument au pire.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">La problématique de l’apocalypse est ancienne. Le substantif grec <i>apokalupsis </i>signifie <i>dévoilement</i>. Les sources bibliques avant l’ère chrétienne, <i>l’Exil de Babylone</i>,<span class="Apple-converted-space">  </span>les prédictions de Paul de Tarse, <i>l’Apocalypse de Jean</i> sont les références courantes. Le thème de la fin du monde et du Jugement dernier lancine les beaux-arts depuis le Moyen-Âge. Des peintures spectaculaires qui font toujours frémir. <i>Le Jugement dernier</i>, triptyque<span class="Apple-converted-space">  </span>de Hans Memling, 1473. Saint-Michel pèse les âmes des morts, décide de leur sort. Les damnés sont jetés dans les flammes par des créatures monstrueuses. <i>Les quatre cavaliers de l’apocalypse</i>, série de quinze gravures d’Albrecht Dürer, 1498. L’arrivée des quatre cavaliers annonce l’anéantissement. « <i>Le pouvoir leur fut donné sur<span class="Apple-converted-space">  </span>la terre pour faire périr les hommes par l’épée, par la famine, par la peste, par les bêtes sauvages » </i>(Apocalypse de Jean).<i> Le Jugement dernier </i>de Michel-Ange<i> </i>dans la Chapelle Sextine du Vatican, 1541. Le Christ, juge impitoyable, exécute une danse funèbre, trie parmi les morts les candidats au paradis et les condamnés à l’enfer. <i>Le Triomphe de la mort</i> de Pieter Bruegel, 1560. Un squelette muni d’une faux précipite des humains dans une trappe surmontée d’une croix. D’autres squelettes se livrent à une pêche macabre. <i>La Descente en enfer</i> de Peter Paul Rubens, 1620. Des réprouvés dégringolent des hauteurs célestes dans un gouffre peuplé de démons terrifiants. <i>Scène de déluge</i> de Théodore Géricault, 1818. Des survivants du déluge s’accrochent à un rocher minuscule sous nitescence terrorisante. <i>Veille d’apocalypse</i> de Samuel Colman, 1838. L’humanité s’effondre comme un château de cartes. L’être mortel, obsédé par sa finitude, rêve depuis toujours la fin de son espèce. L’humain sombre dans le syndrome du noyé naufrageur ou s’exorcise, se talismanise, se rachète par l’art. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Les réalités cauchemardesques, les menaces nucléaires, les dérèglements climatiques, les déforestations, l’érosion des sols, la fonte des glaciers, l’accumulation des produits toxiques, les manipulations génétiques, les virus incontrôlables, les pénuries des ressources naturelles rendent plausibles les mythologies antiques. Les tableaux de Nourdine Tabbai remuent, en définitive, des questions brûlantes.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>*Mustapha Saha</b></span></p>
<p class="p4"><em><span class="s1">Mustapha Saha,<b> </b>sociologue, poète, artiste peintre, cofondateur du Mouvement du 22 Mars et figure historique de Mai 68. Ancien sociologue-conseiller au Palais de l’Elysée. Livres récents : « Haïm Zafrani. Penseur de la diversité » (éditions Hémisphères/éditions Maisonneuve &amp; Larose, Paris, 2020), « Le Calligraphe des sables », (éditions Orion, Casablanca, 2021)</span></em></p>
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		<item>
		<title>Arts plastiques et visuels: subvention de 16 projets et acquisition de 106 oeuvres d&#8217;art pour un montant de plus de 3,4 MDH au titre de 2022 (ministère)</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/87286</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[le Collimateur MAP]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 Jul 2022 19:35:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[KALÉIDOSCOPE]]></category>
		<category><![CDATA[arts plastiques]]></category>
		<category><![CDATA[subventions]]></category>
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					<description><![CDATA[La commission de soutien aux projets culturels et artistiques dans le secteur des arts plastiques et visuels a décidé de subventionner 16 projets et d’acquérir 106 œuvres d’art, d’un montant total de 3.462.000 dhs, et ce dans la cadre du dispositif de soutien mis en place par le ministère de la Jeunesse, de la culture &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La commission de soutien aux projets culturels et artistiques dans le secteur des arts plastiques et visuels a décidé de subventionner 16 projets et d’acquérir 106 œuvres d’art, d’un montant total de 3.462.000 dhs, et ce dans la cadre du dispositif de soutien mis en place par le ministère de la Jeunesse, de la culture et de la communication, au titre de l’année 2022.</p>
<p>Le total des subventions octroyées est réparti comme suit: résidences d’artistes (03 projets pour un montant de 235.000 dhs), organisation d’expositions et de foires sur les arts plastiques et visuels (10 projets pour un montant de 517.000 dhs), participation aux expositions et foires des arts plastiques et visuels (03 projets pour un montant de 85.000 dhs) et acquisition d’œuvres d’art (106 œuvres d’art pour un montant de 625.000 dhs), indique le ministère sur son portail électronique.</p>
<p>Présidée par M. Mehdi Zouak, la commission qui s&rsquo;est réunie durant la période allant du 11 mai au 05 juillet, a été composée de Mmes Rim Laâbi et Rachida Lakhal, et MM. Bouchta El Hayani, Mustapha Boujemaoui, Abdelhak Afandi, Abdelaziz El Idrissi et Mohammed Benyaacoub.</p>
<p>Les porteurs des projets subventionnés doivent signer les contrats de soutien dans un délai ne dépassant pas les deux semaines après leur notification, afin d&rsquo;éviter toute annulation de la subvention, précise le ministère, notant que les résultats détaillés sont disponibles sur le site « www.minculture.gov.ma ».</p>
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			</item>
		<item>
		<title>UN ARTISTE. UNE ŒUVRE. MILOUD LABIED.  SUBLIMATION ET ÉMOTION ESTHÉTIQUE</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/25255</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Azdine Hachimi Idrissi]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 06 Sep 2020 10:46:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[KALÉIDOSCOPE]]></category>
		<category><![CDATA[NOS CHRONIQUEURS]]></category>
		<category><![CDATA[analyse]]></category>
		<category><![CDATA[arts plastiques]]></category>
		<category><![CDATA[Miloud LABIED]]></category>
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					<description><![CDATA[Cinq ans avant son départ en 2008,  Miloud Labied a fait une étonnante confession en évoquant deux images fortes de son enfance pour  expliquer l’origine des courbes et des formes circulaires présentes dans son art. C’est comme s’il avait voulu « relativiser » les nombreuses études sur son œuvre pour  « orienter » les lectures vers le domaine de &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Cinq ans avant son départ en 2008,  Miloud Labied a fait une étonnante confession en évoquant deux images fortes de son enfance pour  expliquer l’origine des courbes et des formes circulaires présentes dans son art. C’est comme s’il avait voulu « relativiser » les nombreuses études sur son œuvre pour  « orienter » les lectures vers le domaine de  l’inconscient. Une sorte de  « correction » ou de « recadrage », par l’artiste lui-même, pour inviter à explorer la voie freudienne.  </em></p>
<p><em>Or nous estimons que les propos de Miloud Labied, au-delà de leur part de vérité, ne sont pas absolus. La relation que nous avons avec sa peinture &#8211; une des plus marquantes  de  l’histoire de la peinture marocaine &#8211; va au-delà de sa propre lecture ou de sa propre interprétation.</em></p>
<p><em>Devant cette belle œuvre, il faut bien  prospecter la voie de la psychanalyse  pour laquelle  Miloud Labied nous  a livré des indices forts… mais on ne peut en rester là.  La notion freudienne de  « sublimation », troisième « destin » possible de  la pulsion libidinale, (orientée vers la satisfaction esthétique, intellectuelle ou sociale) peut expliquer la démarche de l’artiste… mais on  n’aura pas tout dit.  </em></p>
<p><em>Pour qu’une opération complexe psychique de « sublimation »…  puisse « aboutir » à une œuvre artistique reconnue comme chef d’œuvre… cela demeure un « mystère ».  </em></p>
<p><em>Ils sont tellement nombreux les artistes qui ont voulu explorer les strates de leur inconscient…mais leur production n’a jamais été reconnue comme « chef d’œuvre ». C’est là où l&rsquo;idée de mystère prend tout son sens ? </em></p>
<p><em>Au-delà  des propos énigmatiques de Miloud Labied… ce sont plus les notions d’émotion esthétique, de mystère de la création &#8211; menant forcément vers des questions de spiritualité en relation avec le beau &#8211; qui peuvent « aider » à se rapprocher  de son oeuvre</em></p>
<p><strong>S/t. La fascination pour les formes circulaires</strong></p>
<p>Dans sa célèbre « confession » en 2003,   Miloud Labied a « expliqué » ou « justifié »  les courbes et les formes circulaires dans son œuvre par  deux images fortes de son enfance : la vision  fortuite de l’ »anatomie » de son père, trempé un jour de pluie, portant une djellaba et se réchauffant  au feu d’un brasero  et la vision de sa tante en période de menstruation.</p>
<p>Deux images incrustées dans sa mémoire.  « J’ai mis très longtemps à comprendre que ma fascination pour la touche circulaire vient précisément de ces deux souvenirs d’enfance. Et c’est pour cela aussi qu’il existe toujours dans tous mes tableaux circulaires une partie du corps humain ».   (« Miloud Labied, tout sur ma peinture ». Quotidien ALM. 14 février 2003)</p>
<p>Ainsi, cinq ans avant sa disparition en 2008, Miloud décide de  livrer  cette étonnante  confession qui invite à un essai de lecture psychanalytique. Rares sont les lectures qui ont exploré cette voie chez Miloud Labied.  Quelques lectures  évoquent brièvement  les  deux images d’enfance… mais se replient immédiatement vers des analyses propres au champ de  l’art et des théories esthétiques  : abstraction lyrique, symbolisme, compositions,  lumière, couleurs,  formes, mouvements, structures, volumes,…</p>
<p>La lecture psychanalytique appliquée au domaine de l’art a ses partisans comme elle a ses pourfendeurs. Tout en évoquant  les deux approches…nous verrons aussi comment la notion d’ « émotion esthétique » peut   transcender ce débat.</p>
<p><strong>S/t. L’ « image »: notion partagée entre la psychanalyse et la peinture</strong></p>
<p>Comment donc lier entre  deux domaines apparemment divergents : la   psychanalyse,   champ  de la « parole  et de  l’écoute »  et la  peinture  champ  du « regard, de la vision » ?</p>
<p>En fait, ces deux domaines se croisent  à travers une notion partagée : l’ « IMAGE ».  La  psychanalyse  étant fondée sur les notions d’image, de figure, de représentation. L’inconscient se laisse aborder  à travers le  rêve, le fantasme  qui sont  des   manifestations  d’images.</p>
<p>En langue allemande, Freud  utilisait le mot  « BILD »  signifiant image. Mais le mot désigne  également  tableau, portrait, figure, symbole. Globalement, le lien est  fait.</p>
<p>Mais puisque  la notion d’ « image » n’intéresse évidemment la psychanalyse que lorsqu’elle  est associée au  « mal-être »,  on ne peut, non plus,  considérer toute  « peinture »  comme « symptôme »  d’un mal.</p>
<p>Avec  Miloud Labied , nous somme face à un  artiste qui  explique son œuvre en établissant  lui-même &#8211;  peut  être sans en maitriser tous les enjeux et les incidences &#8211;    le  lien avec  son inconscient. Même s’il a reconnu avoir mis du temps avant de comprendre l’impact de ces deux images.</p>
<p>Une relation similaire  est faite par  Edward Munch, auteur du « Cri »: « En vérité, mon art est une confession que je fais de mon plein gré, une tentative de tirer au clair, pour moi-même, mon rapport avec la vie ». (Edward Munch. Journal.  Le 22 janvier 1892. Nice)</p>
<p>Il en est de même, mais  selon une autre  logique,  des surréalistes qui ont considéré les processus psychiques  inconscients  comme source de leur créativité.</p>
<p><strong>S/t. L’art terrain de compensatoire, de sublimation et de re-présentation</strong></p>
<p>Pour la psychanalyse,  l’art est un terrain  compensatoire et de sublimation … face aux questions de la sexualité, du  refoulé, de  l’innommable, de  l’interdit, du désir,  des pulsions archaïques,  de l’image de la scène primitive…</p>
<p>Pour Freud, « la sublimation  est une des sources de la production artistique et l’analyse du caractère d’individus, curieusement doués en tant qu’artistes, indiquera des rapports variables entre la création, la perversion et la névrose, selon que la sublimation aura été complète ou incomplète » (Trois essais sur la théorie sexuelle).</p>
<p>Pour l’analyse freudienne, les considérations purement esthétiques sont secondaires. L’œuvre est une porte d’accès  aux  nœuds de  l’inconscient. Elle reste centrée sur les  « symptômes »… car elle considère l’art lui-même comme un symptôme… un champ de compensation d’un mal être ou d’une névrose.</p>
<p>A travers ce travail de  « sublimation », l’artiste ne cesse de « re-présenter »  une  image qui le fascine ou le persécute, pour réguler et gérer ses pulsions. Le cas de Miloud Labied.</p>
<p>Il est évident que pour de nombreux artistes, les conflits intérieurs et les tensions doivent perdurer… Parfois, ils les entretiennent… comme moteur de création&#8230; L&rsquo; ’apaisement des conflits intérieurs n’est pas véritablement souhaité car ils ne veulent pas se priver de cette « énergie créatrice »… même si ce choix est accompagné de malaise et parfois souffrance.</p>
<p>Dans cette dynamique psychique liée à la sublimation…on peut aussi considérer la « PERIODE GEOMETRIQUE » de Miloud Labied &#8211; avec ses carrés   ses rectangles et ses cubes – comme une tentative d’échapper à cette image des formes circulaires…pour dépasser les deux images de son enfance.</p>
<p>La géométrie et ses angularités ont été explorés par l’artiste comme une tentative de prendre ses distances avec un état antérieur. Mais cette exploration été abandonnée ! D’ailleurs les œuvres géométriques de Miloud Labied n’offrent pas la richesse et  l’éblouissante complexité générées dans les autres œuvres par les formes circulaires.</p>
<p>Il est revenu à la figure initiale fondatrice de son art : la courbe. Il ne voulait probablement plus « tricher » avec lui-même en essayant d’échapper aux images magnétisantes de son enfance. Sacrifier ce style…le refouler…aurait été le sacrifice de sa créativité …donc le sacrifice d’une part de lui-même… !!</p>
<p>Mais le débat n’est pas clos…parce que Miloud Labied n’est plus là pour que la psychanalyse, puisse l’écouter&#8230;après l’avoir installé sur un divan. L’écoute du « patient »…quel qu’il soit… créateur ou pas… est au cœur de la démarche de la psychanalyse. La psychanalyse ne  prend son sens que lorsqu’elle en situation d’ »écoute »…</p>
<p><strong>S/t. Les réfractaires à la psychanalyse dans l’art </strong></p>
<p>De l’autre côté,  les pourfendeurs de la lecture psychanalytique de  l’art estiment que la peinture  n’est pas nécessairement  le symptôme d’une souffrance. Pour eux, la psychanalyse reste  fondamentalement  une « CURE » et le peintre n’est ni un patient,  ni un malade.</p>
<p>René Magritte fut l’un des plus célèbres pourfendeurs de cette approche…parce que pour lui, l’art n’est pas un « symptôme ».  Pour Magritte,  la peinture relève d’un « mystère » que les notions freudiennes ne peuvent pas cerner. « Personne de censé ne croit que la psychanalyse pourrait éclairer le mystère du monde ».</p>
<p>Il tenait la psychanalyse à distance, refusant catégoriquement qu’on parle de son enfance pour expliquer son œuvre. « L’art tel que je le conçois est réfractaire à la psychanalyse ». Pour lui, « l’art n’a pas besoin d’interprétation mais de commentaire ».</p>
<p>« L’art tel que je le conçois est réfractaire à la psychanalyse. Il évoque le mystère sans lequel le monde n’existerait pas, c’est-à-dire le mystère qu’il ne faut pas confondre avec une sorte de problème, aussi difficile qu’il soit. Je veille à ne peindre que des images qui évoquent le mystère du monde.  Pour que ce soit possible, je dois être bien éveillé, ce qui signifie cesser de m’identifier entièrement à des idées, des sentiments, des sensations. Le rêve et la folie sont, au contraire, propices à une identification absolue… La psychanalyse n’a rien à dire, non plus, des œuvres d’art qui évoquent le mystère du monde ». ( Bernard Merigaud. Entretien recomposé avec Magritte. )</p>
<p><strong> S/t. Le mystère de l’émotion esthétique </strong></p>
<p>La notion freudienne de « sublimation » reste opérationnelle… jusqu’à un certain seuil…parce qu&rsquo;elle n’explique pas « l’essence » du chef-d’œuvre.</p>
<p>Il faut aller plus loin que la « sublimation » et s’interroger: pourquoi telle production artistique est reconnue comme « chef-d’œuvre »… et pour quoi telle autre ne l’est  pas  La psychanalyse ne peut pas répondre…</p>
<p>C’est à ce titre que la notion de « mystère de l’art », défendu par Magritte, prend sens.</p>
<p>Cela nous amène à explorer une autre voie illustrée par  la célèbre métaphore de la fleur et de l’humus : « Peut-on expliquer la splendeur de l’orchidée et les parfums que dégage la rose par le terreau parfois insalubre sur lequel elles poussent ? ».</p>
<p>La splendeur et la beauté de « l’orchidée » ne peut être expliquée par l’humus … Comme « l’œuvre d’art » ne peut être expliquée par les nœuds complexes et parfois obscurs de l’inconscient&#8230; d’où elle peut surgir.</p>
<p>Il y a là un mystère relatif à la transmutation, à une alchimie complexe et mystérieuse qui fait que la beauté puisse surgir de l’humus ! C’est un processus comparable et l’œuvre d’art est similaire à la fleur.  La peinture de Miloud Labied peut plonger ses racines dans les profondeurs obscures  de l’inconscient… dans les tensions de la libido… mais le fait qu’elle aboutisse au chef-d’œuvre reste un mystère.</p>
<p>L’humain lui-même est issu, matériellement, d’un fondement organique, d’un processus biologique au prosaïsme en apparence confondant… mais qui est à l’origine du miracle de la vie et de sa magnificence.</p>
<p>C’est l’approche des philosophies orientales qui  rejettent  les conceptions freudiennes et refusent d’expliquer la psyché humaine &#8211; et de surcroît sa créativité &#8211; par des tensions liées à l’inconscient, au refoulement et à la névrose. Plus que l’humus, elles voient surtout  « la fleur »  et préfèrent s’en tenir au domaine de la spiritualité et du mystère…</p>
<p>La « sublimation »&#8230; ne peut donc expliquer le mystère de la création et celui de l’émotion esthétique. Cette intuition, ce don ou ce talent générant un objet  « identifié et reconnu par tous » comme étant  un  chef-d’œuvre. Et ce dans tous les domaines de la  création artistique.</p>
<p>La profondeur de l’œuvre de Miloud Labied gagne à être abordée à travers la notion d’ « émotion esthétique »… ce ressenti des récepteurs ou des spectateurs qui reconnaissent et légitiment l’apport remarquable d’un artiste. C’est là où se trouve le sens du grand art  de Miloud Labied.</p>
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		<title>UNE ŒUVRE. UNE ARTISTE. TOURIA LICER. TRACES ET SOUVENANCE</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/23019</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Azdine Hachimi Idrissi]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 Aug 2020 08:51:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[KALÉIDOSCOPE]]></category>
		<category><![CDATA[NOS CHRONIQUEURS]]></category>
		<category><![CDATA[arts plastiques]]></category>
		<category><![CDATA[Touria licer]]></category>
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					<description><![CDATA[Les ruelles sinueuses de la Medina de Rabat et leur imprégnation par le temps furent la première source d&#8217;inspiration de l’artiste plasticienne Touria Licer. Son univers pictural est imprégné par les notions de « trace », « souvenir » et « empreinte »… qui reviennent souvent dans son discours. Quand elle décida d’opter pour l&#8217;abstraction, cette imprégnation est restée. Au début, &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Les ruelles sinueuses de la Medina de Rabat et leur imprégnation par le temps furent la première source d&rsquo;inspiration de l’artiste plasticienne Touria Licer. Son univers pictural est imprégné par les notions de « trace », « souvenir » et « empreinte »… qui reviennent souvent dans son discours.</p>
<p>Quand elle décida d’opter pour l&rsquo;abstraction, cette imprégnation est restée. Au début, ses toiles abstraites furent marquées par une palette très colorée,  modulées en  des empâtements avec de forts contrastes ombre-lumière. Mais elle fit évoluer son travail  vers un allègement chromatique et un minimalisme des formes. Touria Licer expose depuis 2005 et cette démarche vers l’allègement fut progressivement  exprimée.</p>
<p>Tout en intégrant à son travail les techniques du coulis, du collage, les pigments et autres textures… elle a cherché à  réduire progressivement  le « surplus » de signes, de couleurs, de formes… Une quête vers une  « sobriété esthétique » pour donner à voir et à ressentir « l’essentiel ».</p>
<p>Elle s’est ainsi orientée vers des tonalités plus suggérées qu’affirmées… nuancées entre blanc et jaune… y compris l’ocre avec ses dégradés. Les formes et les lignes sont  devenues  atténuées et tout juste perceptibles. Des empreintes entre le noir et le gris rehaussent les différentes nuances.</p>
<p>Elle a  aussi conféré  une dimension plus « aérée » à ses compositions en laissant un espace vide&#8230; blanc&#8230;  autour de la toile. Les côtés dégagés ont accentué la  gestion minimaliste de l’espace.</p>
<p>Sa démarche semble s’inscrire dans une sorte de « réductionnisme  esthétique » qui,  bien que fondé sur une incontestable énergie créative,  reste marqué par la retenue  et la tempérance. Un minimalisme porteur de beaucoup de sens.</p>
<p>Ces formes évanescentes, vaporeuses&#8230; ces couleurs diluées parfois brumeuses… renvoient  évidemment aux notions du « souvenir » et de la « trace ». Le récit pictural de quelque chose qui était&#8230; et qui n&rsquo;est plus. Que le souvenir&#8230; le souvenir du souvenir !</p>
<p>Pour Touria Licer, ce rendu « mnésique »  n&rsquo;est guère possible avec la brosse ou le pinceau, qu&rsquo;elle utilise rarement. Elle préfère utiliser un morceau de tissu, une matière spongieuse, les doigts, la main… évitant une intermédiation rigide ente elle et la toile.</p>
<p>La main survole la toile,  librement, à travers l’effleurement,  la couverture, l’effacement, le tapotage… Un type de contact qui facilite l’émergence d&rsquo;un  ressenti  lié au temps… avec une part de « flou ».  La connexion avec le souvenir  en  devient meilleure. Jaillissement de formes et couleurs de la souvenance&#8230; suggestion de la trace et son ombre.</p>
<p>Elle a développé une  technique « patine du temps » cherchant à reproduire cet effet qui dénature les teintes premières&#8230; pour les muer parfois en quelque chose de plus beau.</p>
<p>Avec cette démarche symbolique  de « mimésis du temps »&#8230;l a  toile tend à devenir à la fois « espace et temps ». Le champ est ainsi ouvert à une exploration esthétique  infinie.</p>
<p>Son exposition  intitulée  « Mur-mures », en 2011, offre quelques clés. « Mur »&#8230; du latin « murus », enceinte d’une ville, fortifications, rempart. Ces murailles et ces remparts qui sont tellement présents dans l&rsquo;imaginaire des peintres marocains !</p>
<p>Touria Licer affirme avoir  toujours été fascinée  par les vieilles cités comme Essaouira et  Asilah. Elle dit rester longtemps méditative face aux vieux murs érodés, entretenant avec eux un lien émotionnel.</p>
<p>Mais elle ne tient pas à  les reproduire sur ses toiles&#8230; elle part à la recherche de  leurs couleurs patinées. Un imaginaire nourri de  l’ocre, du jaune, du marron, de ces teintes d’argile,…</p>
<p>Ses toiles  peuvent donc être perçues comme une « reconstitution » magnifiée du chromatisme d’un  vieux bâti. Des fragments  qu&rsquo;elle reconstitue symboliquement, sur sa toile,  avec de nombreuses matières dont  la poudre de marbre et des pigments,&#8230;</p>
<p>Sa recherche porte sur des états d’âme, des sensations, des émotions, des impressions, des retours… relevant de l’indicible que Touria Licer essaie de capturer, traduire et  partager. Lyrisme mémoriel et abstraction lyrique.</p>
<p>Au-delà de sa  quête intérieure et esthétique, le message de Touria Licer&#8230; c’est  l’art lui-même. L’art pour l’art, souligne-t-elle. Un travail abouti,  issu d’une passionnante  connexion  avec la dynamique mentale du souvenir et de la réminiscence des  lieux.</p>
<p><a href="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2020/08/WhatsApp-Image-2020-08-19-at-09.53.21.jpeg"><img decoding="async" class="aligncenter wp-image-23024 size-full" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2020/08/WhatsApp-Image-2020-08-19-at-09.53.21.jpeg" alt="" width="720" height="705" /></a> <a href="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2020/08/WhatsApp-Image-2020-08-19-at-09.53.08.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter wp-image-23026 size-full" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2020/08/WhatsApp-Image-2020-08-19-at-09.53.08.jpeg" alt="" width="720" height="750" /></a></p>
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		<title>UN ARTISTE. UNE ŒUVRE. RACHID BAKHOUZ. LES LETTRES QUI PENSENT…!</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/21888</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Azdine Hachimi Idrissi]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 09 Aug 2020 09:45:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[KALÉIDOSCOPE]]></category>
		<category><![CDATA[NOS CHRONIQUEURS]]></category>
		<category><![CDATA[arts plastiques]]></category>
		<category><![CDATA[Rachid Bakhouz]]></category>
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					<description><![CDATA[Artiste peintre, créateur contemporain et désigner graphique, Rachid Bakhouz fait partie de cette nouvelle génération d’artistes engagés dans une recherche intense en art moderne et en art contemporain. Menant un double parcours national et international,  il ne cesse de  questionner ses choix esthétiques et ses techniques. Ouvert sur l’échange et le débat, Rachid Bakhouz laisse &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Artiste peintre, créateur contemporain et désigner graphique, Rachid Bakhouz fait partie de cette nouvelle génération d’artistes engagés dans une recherche intense en art moderne et en art contemporain. Menant un double parcours national et international,  il ne cesse de  questionner ses choix esthétiques et ses techniques. Ouvert sur l’échange et le débat, Rachid Bakhouz laisse percevoir une pensée maîtrisée sur son art.</p>
<p>Il n’accepte pas d’être classé définitivement dans un genre. Les frontières entre écoles, courants ou tendances n’entravent pas son inspiration. Doté d’une forte intuition esthétique, il a montré talent et inventivité depuis sa première exposition en 1995: figuration, abstraction pure, abstraction lyrique, lyrisme lettriste, amplitude gestuelle,  installations, performances… Son œuvre est plurielle et s’inscrit dans une post-modernité incontestable.</p>
<p>Son travail est marqué par une recherche soutenue  sur « Al Harf » et son « mystère ». Certes, il est dans la lignée du mouvement « Houroufi » (le lettrisme)… mais cette classification ne peut  résumer l’esprit de sa démarche. Il fait sortir la lettre  du « tableau », de la « toile »… pour la représenter et la travailler autrement.</p>
<p>Sa polyvalence  le différencie  de ses prédécesseurs « lettristes ». Sa vision est autre. Le contexte qui a vu l’émergence de ses devanciers a disparu.</p>
<p>Dans un monde bouleversé… les artistes s’interrogent sur le sens à donner à leur art. Pour un grand nombre, la  peinture sur toile tend à devenir un vecteur insuffisant… Elle ne semble plus répondre aux besoins d’expression de leurs préoccupations et plus généralement de leur imaginaire. D’où la nécessité de prospecter l’art contemporain.</p>
<p>Cependant, il ne s’agit pas chez  Rachid Bakhouz d’une rupture car la peinture continue… mais elle n’empêche pas l’exploration. Il y a chez lui un ressenti qui s’extériorise mieux  dans la créativité contemporaine.</p>
<p>Dans son  exposition   « Entre visible et invisible »  il montre plusieurs catégories d’œuvres réalisées sur différents supports et avec  différentes techniques: peinture sur toile,  installations, performance réelle, performance vidéo, bâches peintes… Lettres en bois neutre, lettres peintes, lettres métalliques découpées au laser, lettres forgées, pliées, ondoyantes, en spirale…</p>
<p>L’exposition est hybride…  mais il ne s’agit en aucun cas de dispersion. Les signes de l’alphabet sont partout.  Rachid Bakhouz ne cesse d’exprimer son amour pour la lettre arabe. Mais dans ses  œuvres contemporaines, il ne s’inscrit pas dans l’hommage classique au « Harf » en une célébration esthétique répétitive et … parfois usée !!</p>
<p>Il innove en proposant une installation (Réfection 2) composée de cinq bassines de lavage emplies de « lettres » (découpées dans le bois) issues des alphabets  « arabe »&#8230; « latin »&#8230; et « hébraïque ».</p>
<p>Les bassines sont pourvues de savon et d’une planche traditionnelle… pour « laver les lettres ». Il y a aussi des fils de séchage pour étendre le « linge ».  Une autre performance sur vidéo (Réfection 1)  montre explicitement un personnage féminin en train de laver ces lettres au bord d’un plan d’eau.</p>
<p>Une autre  installation (Transcendance) donne à voir des lettres géantes métalliques.  Les  lettre sont forgées, pliées, ondoyantes, sinueuses&#8230; Leur enchevêtrement rappelle aussi  la configuration des  circonvolutions cérébrales.</p>
<p>Dans sa conceptualisation, il est évident que  Rachid Bakhouz utilise la lettre (arabe, latine et hébraïque) comme symbole de trois champs linguistiques… afin de pointer la « crise de communication »… ou même « l’échec du dialogue » entre les cultures et aussi entre les individus.</p>
<p>Rachid Bakhouz n’invite pas à laver  la « LANGUE » (اللغة) qui reste un système linguistique propre à une communauté. Ce qui est en jeu&#8230; et « métaphoriquement » lavé&#8230; ce sont les mots… le langage… le  discours (الخطاب)… la parole (الكلام)… la manière de penser… de réfléchir… C&rsquo;est-à-dire l’usage personnel que font les individus de la langue.</p>
<p>L’artiste invite à  « nettoyer » le discours et les mots … des préjugés, des stéréotypes, des clichés, des malentendus, des confusions, des ambiguïtés, de l&rsquo;imprécision, de la langue de bois,  des expressions de haine et d’exclusion, etc&#8230;</p>
<p>Le concept de Rachid Bakhouz porte sur la « restauration » ou la « réfection »  du langage… Une réparation symbolique de la communication et du dialogue. Il aspire à rétablir les  ponts entre trois visions du monde… trois sphères linguistiques et culturelles… qui sont souvent à la une de l’actualité tragique du monde.</p>
<p>Cette vision illustre un nouveau type d’engagement induit par une époque mondialisée. Le jeune artiste plasticien qui travaille aujourd’hui sur la « lettre arabe » s’interroge sur sa  démarche.</p>
<p>Il ne peut plus en rester à cette célébration esthétique et parfois auto-satisfaite  du signe (même si c’est fait avec talent)… comme si le monde n’avait pas changé. L’atmosphère relativement sereine dans laquelle travaillaient ses prédécesseurs lettristes dans les années 60 et 70 n’existe plus.</p>
<p>Un autre aspect intéressant à évoquer dans la démarche de Rachid Bakhouz&#8230; il a choisi de ne pas intégrer l’alphabet Tifinagh dans ses œuvres contemporaines. Il a préféré questionner les trois alphabets des sphères socio-culturelles traversées aujourd’hui par des antagonismes.</p>
<p>C’est comme si avec son recul culturel  d’Amazigh, il souhaitait interpeler les consciences… en portant aussi un regard d’apaisement, de médiation et de conciliation. Pour lui, rien ne justifie cette absurde conflictualité.</p>
<p>Rappelons aussi que toutes les œuvres présentées dans l’exposition « Entre visible et invisible » ont été créées loin du tumulte urbain (cela a beaucoup de sens !) dans son atelier à Lalla Takerkoust au pied des montagnes de l’Atlas…</p>
<p>Rachid Bakhouz est un « artiste de synthèse » qui conduit un projet artistique novateur. Tout en proposant une vision « néo- lettriste »,  il a réussi à combiner entre créativité moderne et contemporaine, à travers une recherche maîtrisée où les deux champs se complètent et s’éclairent mutuellement.</p>
<p><a href="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2020/08/WhatsApp-Image-2020-08-09-at-10.46.48.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter wp-image-21907 size-large" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2020/08/WhatsApp-Image-2020-08-09-at-10.46.48-850x1024.jpeg" alt="" width="850" height="1024" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2020/08/WhatsApp-Image-2020-08-09-at-10.46.48-850x1024.jpeg 850w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2020/08/WhatsApp-Image-2020-08-09-at-10.46.48-768x926.jpeg 768w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2020/08/WhatsApp-Image-2020-08-09-at-10.46.48.jpeg 1062w" sizes="auto, (max-width: 850px) 100vw, 850px" /></a></p>
<p><a href="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2020/08/WhatsApp-Image-2020-08-09-at-10.46.57.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter wp-image-21905 size-large" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2020/08/WhatsApp-Image-2020-08-09-at-10.46.57-688x1024.jpeg" alt="" width="688" height="1024" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2020/08/WhatsApp-Image-2020-08-09-at-10.46.57-688x1024.jpeg 688w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2020/08/WhatsApp-Image-2020-08-09-at-10.46.57-768x1143.jpeg 768w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2020/08/WhatsApp-Image-2020-08-09-at-10.46.57.jpeg 860w" sizes="auto, (max-width: 688px) 100vw, 688px" /></a></p>
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			</item>
		<item>
		<title>UNE ARTISTE. UNE ŒUVRE. LES VIES PARALLÈLES DE LATIFA TIJANI</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/16939</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Azdine Hachimi Idrissi]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 22 Jun 2020 09:05:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[KALÉIDOSCOPE]]></category>
		<category><![CDATA[NOS CHRONIQUEURS]]></category>
		<category><![CDATA[arts plastiques]]></category>
		<category><![CDATA[Latifa tijani]]></category>
		<category><![CDATA[parcours]]></category>
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					<description><![CDATA[S/t. « Cumul de vies » ou « vies parallèles » Latifa Tijani est à la fois « personnalité » et « personnage » (les deux termes la décrivent !!)  de marque dans le monde de la culture et des arts. Elle est connue pour sa passion pour l’histoire de l’art et des civilisations, pour son travail artistique et pour son action militante &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>S/t. « Cumul de vies » ou « vies parallèles »</strong></p>
<p>Latifa Tijani est à la fois « personnalité » et « personnage » (les deux termes la décrivent !!)  de marque dans le monde de la culture et des arts. Elle est connue pour sa passion pour l’histoire de l’art et des civilisations, pour son travail artistique et pour son action militante et associative.</p>
<p>Ses champs d’intérêt culturel sont multiples. Elle les a menés de front sans  en sacrifier aucun… du moment que le coup de cœur y est ! Évoquant son curriculum vitæ,  elle le qualifie de  « Parcours fleuve ! Pas tranquille ! J’ai essayé de le résumer, dit-elle, sans y parvenir  car plusieurs vies y sont cumulées ! ».</p>
<p>C’est comme si elle semblait, elle-même, « submergée ou étonnée » par ce parcours qu’elle métaphorise  par l’expression « cumul de vies ». Personnellement,  je préfère l’expression  « vies parallèles »… Elle  fait partie de cette catégorie de créateurs qui interpellent aussi bien par  le « vécu » que  par l’ »œuvre » !</p>
<p>Contrairement aux artistes qui sont dans la réserve et la discrétion et dont on  ne connaît que le travail… d’autres ont une personnalité tellement « flamboyante » qu’elle en arrive à « faire de l’ombre »  à l’œuvre!</p>
<p>Les exemples ne manquent pas ! Il faut trouver la juste mesure pour parler aussi bien de la personne, du caractère, des passions,… que des choix esthétiques.</p>
<p>Native de Fès, Latifa Tijani est née Idrissi Kacimi du côté de son Père… et Idrissi Loukili du côté de sa Mère. Son nom de famille Toujani… modulé en Tijani… fait référence au chemin spirituel paternel.</p>
<p>Elle rend hommage à sa mère de lui avoir donné le goût de la liberté. Sa mère était une femme moderniste, très active proche du  Parti de l’Istiqlal. Dès son jeune âge, elle l’a orientée vers le sport, la musique, le chant,  la lecture, les arts…</p>
<p><strong>S/t. De la « luminosité de  l’égo » et du « franc-parler » </strong></p>
<p>Latifa Tijani assume la notion d’ « égo fort » qui  lui a permis de s’émanciper et de se libérer des pesanteurs sociales.  Mais elle tient à apporter des précisions.</p>
<p>L’ »égo à fonction libératrice » &#8211; qui  permet de  retrouver la réalité de son « être », de son  « bien-être » &#8211; ne peut être que lumineux !  Il est différent de « l’égo éteint, aliéné » au service du paraître et du mensonge! Latifa Tijani ne mange pas de ce pain-là !</p>
<p>On avait voulu lui tracer un autre  « projet de vie » cousu dans des traditions qui&#8230; décolorent les jours et les rendent ternes. Elle n’en a pas voulu.  Rebelle et sincère… elle est partie jeune à la rencontre de son « Moi »… de son  « Destin »… Un appel intérieur puissant !</p>
<p>Latifa est aussi  connue  par  son « franc-parler » et son sens de la répartie. Elle est parfois « cash » dans ses avis. Du « lieu » à partir  duquel elle parle, elle peut se le  permettre ! Rien à voir avec les jugements et opinions, bricolés, de ceux ou celles, qui sont dans l’inauthenticité et le simulacre !</p>
<p><strong>S/t. Muséologue et gestionnaire culturelle</strong></p>
<p>A une époque où il était difficile pour une femme de s’imposer dans  la « haute fonction publique »… Latifa Tijani releva  le défi et exerça  de hautes responsabilités. Feu Hadj Ahmed Bahnini, ministre d’Etat, chargé des Affaires Culturelles, impressionné par l’énergie et le dynamisme de la jeune Latifa, fut un des premiers à lui faire confiance. Il disait d’elle qu’elle était  « née dans un Musée à ciel ouvert…Fès » !!</p>
<p>Entre 1980-1987, elle fut nommée conservateur-directeur des Musées de la Kasbah de Tanger. En 1985,  déléguée régionale du ministère de la Culture dans la Région Nord (Tétouan-Tanger- Larache &#8211; Chefchaouen). En 1990, conseillère artistique chargée d’études  au  ministère de la Culture.  En 2003, muséologue chargée du projet de création du Musée Ibn Battûta à Tanger.</p>
<p>Une de ses grandes fiertés est d’avoir créé en 1985, le  Musée Ethnographique de Chefchaouen et la Galerie d’Expositions  « Sayyida Al Hurra », située au sein de la Kasbah historique de la médina. Son regret est que le Musée  n’existe plus aujourd’hui !</p>
<p>« Sayyida Al Hurra »  (1485-1542) est une appellation voulue par Latifa Tijani,  pour rendre hommage à cette femme politique et résistante contre l’invasion portugaise et  dont le père Ali Ibn Rashid fonda la ville de  Chefchaouen.</p>
<p>Fatima Mernissi, qui était son amie la plus proche, avait un surnom pour Latifa « Shéhérazade Al-Horra » !</p>
<p><strong>S/t. Multiplicité créative</strong></p>
<p>Après avoir suivi ses études secondaires à Fès et supérieures à Lille, Latifa reçut une formation artistique  à l’Académie Internationale des Beaux-Arts de Salzburg Autriche. Elle participa à de nombreux ateliers: peinture à Lille…  gravure à Londres et Lisbonne…  photographie à  Washington.</p>
<p>En plus de la peinture, elle s’est passionnée pour le graphisme, le dessin, la calligraphie, la  lithographie, la poésie… Mais elle se revendique avant tout muséologue et artiste plasticienne.</p>
<p>Elle organisa sa première exposition personnelle de peinture en 1973 à la Galerie Nationale Bab Rouah. Suivie par des expositions  de lithographie, gravure, sérigraphie, photo,… à Damas, Barcelone, le Caire, Bologne, Baghdad, Rabat, Marrakech…. Authentique artiste-globe-trotter, elle a sillonné le monde avec ses créations.</p>
<p>C’est une des premières à explorer l’art contemporain au Maroc. Elle organisa  de nombreuses  performances:</p>
<p>« Saïda-Al Horra » avec Fatima Mernissi et Fatima Chebchoub à Fès en 1990… »Haïk Salam » à Houairo en Chine et  Happening Art  sur la   Grande Muraille en 1995… « Alphabesque »  Women 2000 United Nations à New York … « Soleil de l’Alphabet Arabe » lors de  l’hommage qui lui a été rendu par la Fondation Boukili à Kénitra en 2014&#8230;</p>
<p>Dans les années 2000 elle s’intéressa beaucoup aux installations. Une de ses plus célèbres « Maqamat Latifa » fut montée la première fois en 1999 à Bab Rouah. Elle la déplaça  avec quelques  variantes à Nancy (1999) …à Sousse en Tunisie (2002)… à la   Villa Piccolomini à Rome ( 2002) &#8230; à Alexandrie Bibliothéca Alexandrina Égypte ( 2004)&#8230;</p>
<p><strong>S/t. La symbolique colorée de « Hizam Lalla Fatima Azzahra » </strong></p>
<p>Les installations de Latifa sont souvent élaborées  sur la base d’étoffes et de tissus  colorés qu’elle agence en des compositions aériennes et fluides. Plusieurs de ses installations comportent ce qu’elle appelle le « Hizam  Lalla Fatima Azzahra », une  représentation symbolique  de l’arc-en-ciel  en voiles colorées.</p>
<p>« Hizam  Lalla Fatima Azzahra », c’est l’appellation qu’a donnée sa mère à  « l’arc en ciel » en le montrant du doigt à Latifa, encore enfant, par une belle matinée pluvieuse à  Fès. Une superbe image amalgamant les couleurs à un référentiel spirituel et religieux ! Le goût de Latifa pour les couleurs du spectre accrochées au ciel&#8230; ou dans les hauteurs scénographiques a dû certainement commencer par cette vision d&rsquo;enfance  !!</p>
<p>Son imaginaire accorde une forte place à la représentation des voiles gonflées par le vent. Cela est aussi notable dans un grand nombre de ses  photos où elle déploie de grands châles ou foulards&#8230; sur l’étendue de ses bras  tels des ailes … exprimant un secret désir d&rsquo;envol. L&rsquo;image de l&rsquo;enfance est toujours là&#8230; y compris sur un grand nombre de ses photos où elle tend souvent son index vers le haut,&#8230;!</p>
<p>L’installation de Latifa peut aussi être une « Khayma du savoir » sillonnée par des rayons dorés et incrustée de  motifs calligraphiques et de fibules.  Ou un « dôme »,  orné des 28 lettres de l’alphabet arabe et  cerclé de 28 bougies. Avec aussi une forte symbolique des chiffres.</p>
<p>Elle peut aussi jouer sur des représentations  des différentes phases de la lune. Un perceptible souffle de spiritualité traverse ses installations. Un éclairage recherché nourrit l’œuvre d&rsquo;un semblant de lumière cosmique.</p>
<p>Passionnée de soufisme, Latifa  aime rappeler ces propos du poète mystique Ibn Arabi: « La religion que je professe Est celle de l&rsquo;Amour. Partout où ses montures se tournent L&rsquo;amour est ma religion et ma foi. »<br />
Elle est la maman de Amina Alaoui, cantatrice de chant arabo-andalou et de gharnati.  Sa fille qui vit à Grenade  chante  aussi en persan, en  espagnol, en portugais et déclame dans ses concerts les odes et poèmes d’Ibn Arbabi.</p>
<p><strong>S/t. Son combat de toujours … les droits de la Femme</strong></p>
<p>Un de ses plus forts engagements est  la lutte pour les droits de la Femme. Incontestablement une des premières au Maroc à plaider, avec vigueur, cette cause. Celle qui l’accompagna dans ce chemin fut Fatima Mernissi, sociologue et féministe, sa compagne  et complice. Son rappel à Dieu en 2015 fut douloureux  pour Latifa.</p>
<p>L’intuition ou habileté de Latifa Tijani est qu’elle utilisa la culture et les arts comme « puissant  levier » pour faire la promotion des droits de la Femme. Elle fusionna adroitement le « message artistique » au « message social ». Elle initia ou participa à de nombreuses manifestations culturelles sur la création féminine..</p>
<p>Elle a réussi à s’imposer dans des milieux masculins « verrouillés » et fit beaucoup pour le changement des mentalités. Elle fut parfois combattue… mais elle résista et finit toujours par se relever.</p>
<p>Pour compléter l&rsquo;image, il faut rappeler que Latifa exprime ses vives réserves, même si le ton est drôle, face à ces célébrations épisodiques, éphémères et commerciales comme la « Saint Valentin », qui l’irrite au plus haut point. Il en est de même pour la Journée Mondiale des Droits de la Femme qui lui semble une célébration insipide et insuffisante au regard des injustices et des inégalités qui persistent.</p>
<p>Elle mena aussi une intense action associative et participa à la création de plusieurs instances de marque.</p>
<p>Elle fut membre fondateur de l’Organisation Marocaine des Droits de l’Homme (O.M.D.H)… de l’Association Marocaine des Arts Plastiques (AMAP)… du Syndicat Marocain des Arts Plastiques… du Syndicat Marocain des Artistes Plasticiens Professionnels ( SMAPP) … de l’Organisation FEM’ART dont elle fut la présidente fondatrice… Elle fut aussi membre de International Council of Museums-UNESCO-ICOM-Maroc</p>
<p><strong>S/t. Un niet  au….. « Repos de la guerrière » !</strong></p>
<p>Latifa Tijani  ne donne pas l’impression d’adhérer à  formule « repos du guerrier ou de la guerrière » ! Une formule piège, source de grisaille de vie. Un artiste ne prend jamais sa retraite.</p>
<p>Latifa est toujours active. Elle suit attentivement l’actualité culturelle. Elle assiste à des colloques, conférences  ainsi qu’aux vernissages quand elle a un coup de cœur pour un travail. Elle a son aura et ne passe pas inaperçue. Singularisée aussi avec son look smart et ses célèbres coiffes et chapeaux,  label du panache « tijanien » !</p>
<p>Esprit vif et alerte, elle a rebondi sur les nouvelles technologies. Son compte Facebook, est très actif, plaisant.  Elle le nourrit chaque jour par des partages  de photos, de vidéos, de réflexions, et des points de vue sur des questions culturelles, sociales, économiques,&#8230;</p>
<p>Et gare à ceux qui mettent des  « émoticônes », au lieu des mots, pour commenter ses posts. Ce pseudo langage à travers ces minuscules icônes virtuelles représente pour elle une intolérable dégradation de la communication. Elle veut des mots et du texte. Sacrée Latifa !!</p>
<p>Elle nourrit son présent par une substance historique où elle a été, elle-même, très agissante. Elle a de savoureuses anecdotes sur toutes les personnes et célébrités qu’elle a connues, marocaines ou étrangères.</p>
<p>Elle a un grand sens de l’humour. Elle est toujours prête à faire un bon mot ou lancer une jolie formule qui la font éclater de rire, elle la première !! Ses  réparties et parfois  ses caricatures sont acerbes mais toujours drôles.</p>
<p>Elle habite à Rabat à quelques pas de la Porte des Ambassadeurs du Palais Royal&#8230; de la Galerie Bab Rouah et du Musée Mohammed VI. C&rsquo;est son Triangle d&rsquo;Or! Un environnement chargé de symboles qui lui convient parfaitement,  du  « sur mesure urbain » pour elle … et qui fait son bonheur.</p>
<p>Parmi ses jolies formules :  « Je ne roule pas sur l’or mais je suis au-delà des biens matériels ! ».  «Je vis de lumière et c’est cela qui nourrit mon âme ! »… « La lumière qui me fait vivre n’a pas de prix ! ».</p>
<p>Tout le bonheur du monde à la Grande Lady Latifa Tijani !</p>
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