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	<title>argent &#8211; Le collimateur</title>
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	<description>Le goût de la vérité n&#039;empêche pas la prise de parti</description>
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	<title>argent &#8211; Le collimateur</title>
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	<item>
		<title>Éditorial – Argent, politique et transparence au Maroc : du financement discret à l’accès direct aux mandats.</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/213623</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Jun 2026 12:09:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[NOS CHRONIQUEURS]]></category>
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					<description><![CDATA[Par: Mohamed KHOUKHCHANI Quand la vie publique interroge l’éthique démocratique. L’évolution des pratiques politiques au Maroc soulève des questions légitimes sur l’avenir de la démocratie. Ce qui prenait autrefois la forme de soutiens financiers occultes aux campagnes électorales – souvent dénoncés sans être systématiquement prouvés – semble aujourd’hui se manifester sous un visage nouveau : &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par: Mohamed KHOUKHCHANI</strong></p>
<p><img decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-213402" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/khukhus-.jpeg" alt="" width="1080" height="608" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/khukhus-.jpeg 1080w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/khukhus--300x169.jpeg 300w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/khukhus--1024x576.jpeg 1024w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/khukhus--768x432.jpeg 768w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/khukhus--390x220.jpeg 390w" sizes="(max-width: 1080px) 100vw, 1080px" /></p>
<p><strong>Quand la vie publique interroge l’éthique démocratique.</strong></p>
<p><strong>L’évolution des pratiques politiques au Maroc soulève des questions légitimes sur l’avenir de la démocratie. Ce qui prenait autrefois la forme de soutiens financiers occultes aux campagnes électorales – souvent dénoncés sans être systématiquement prouvés – semble aujourd’hui se manifester sous un visage nouveau : des personnalités issues du monde des affaires, leurs proches ou leurs épouses, accèdent directement aux postes électifs. Cette tendance, observée par plusieurs analystes, interroge les garde-fous en matière de conflits d’intérêts.</strong></p>
<p><strong>Conflit d’intérêts : un risque identifié par les institutions.</strong></p>
<p><strong>Par définition, le conflit d’intérêts survient lorsqu’un élu possède un intérêt personnel, familial ou financier susceptible d’influencer ses décisions publiques. Au Maroc, plusieurs rapports institutionnels – dont ceux de l’Inspection générale de l’administration territoriale – ont signalé des dysfonctionnements dans la gestion des marchés locaux. Certaines collectivités auraient attribué des contrats à des sociétés liées à des élus, parfois via des démissions de façade ou l’entremise de proches. Ces pratiques, lorsqu’elles sont avérées, constituent des violations de la loi.</strong></p>
<p><strong>Des enquêtes administratives ont également évoqué l’existence de mécanismes croisés d’échange de marchés entre différentes communes, visant à contourner les règles. De tels agissements, s’ils étaient confirmés par la justice, porteraient atteinte à la bonne gestion des deniers publics.</strong></p>
<p><strong>Tentative avortée de commission d’enquête parlementaire.</strong></p>
<p><strong>À la Chambre des conseillers, une initiative visant à créer une commission d’enquête sur l’attribution de certaines subventions agricoles – notamment en faveur d’éleveurs ovins – n’a pas abouti. Selon des informations qui ont circulé dans certains médias, plusieurs conseillers se seraient opposés à cette mise en place. Ces allégations ont toutefois fait l’objet de démentis. Aucun vote formel contre la création d’une commission d’enquête n’a eu lieu, et l’initiative n’a pas franchi les étapes procédurales requises. L’épisode a néanmoins alimenté, dans l’opinion, des interrogations sur la transparence dans l’usage des fonds publics.</strong></p>
<p><strong>Poursuites judiciaires à l’encontre d’élus.</strong></p>
<p><strong>Par ailleurs, plusieurs élus ont effectivement été poursuivis ou condamnés ces dernières années pour corruption ou détournement de fonds publics. Selon des données judiciaires rendues publiques, une trentaine de parlementaires seraient concernés, toutes tendances confondues. Des cas individuels, comme ceux de certains présidents de conseils communaux ou députés ayant écopé des peines de prison, ont marqué l’opinion. Ces affaires, aussi préoccupantes soient-elles, relèvent désormais de l’autorité judiciaire.</strong></p>
<p><strong>Une réponse judiciaire en développement, mais perfectible.</strong></p>
<p><strong>Le parquet général a récemment annoncé l’interpellation de plusieurs centaines de personnes dans le cadre de la lutte contre la corruption, grâce notamment à des dispositifs de signalement direct. Cette mobilisation est saluée comme un signe de réveil des institutions. Toutefois, certains observateurs estiment que l’effort reste inégal, épargnant apparemment des dossiers sensibles (attributions foncières, grands marchés publics, biens habous). Ces critiques appellent à une plus grande cohérence dans l’application de la loi.</strong></p>
<p><strong>Pistes de réforme pour restaurer la confiance.</strong></p>
<p><strong>Face à ces défis, plusieurs mesures sont régulièrement proposées par la société civile et des acteurs politiques :</strong></p>
<p><strong>● Créer une instance indépendante de contrôle du financement électoral, avec plafonnement des dépenses et interdiction des dons anonymes ;</strong><br />
<strong>● Rendre accessibles au public les déclarations de patrimoine des élus, avant et après mandat ;</strong><br />
<strong>● Renforcer les sanctions contre les conflits d’intérêts dans les lois organiques des collectivités territoriales ;</strong><br />
<strong>● Exiger des candidats issus du monde des affaires une déclaration préalable de leurs contrats avec l’État ;</strong><br />
<strong>● Protéger les lanceurs d’alerte et créer des sections judiciaires spécialisées dans les infractions financières ;</strong><br />
<strong>● Activer la saisie des avoirs issus de la corruption.</strong></p>
<p><strong>Sur le fond, une réforme électorale et un renforcement des partis politiques comme cadres d’action publique sont également nécessaires pour réduire l’influence de l’argent.</strong></p>
<p><strong>Conclusion : un défi pour les prochaines échéances.</strong></p>
<p><strong>À l’approche des scrutins de 2026 et 2027, la question de la confiance citoyenne est centrale. Si les perceptions de clientélisme ou d’impunité persistent, le risque d’abstention et de désenchantement démocratique est réel. Restaurer le lien de confiance entre gouvernants et gouvernés suppose une volonté politique claire, cohérente et visible – faute de quoi la corruption, même combattue ponctuellement, continuera d’éroder la légitimité des institutions.</strong></p>
<p><strong>L’argent est un moyen nécessaire de la vie politique, non sa finalité. La réforme ne se décrète pas seulement par des lois : elle exige une redéfinition des rapports entre pouvoir économique et responsabilité publique. C’est à ce prix que la démocratie marocaine peut éviter que le soupçon ne se transforme en fatalité.</strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Mariage incestueux entre le pouvoir et l&#8217;argent au Maroc : l’hémorragie des « opportunités perdues » et le coût de l’exception à la reddition des comptes</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/210477</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 30 Apr 2026 10:01:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[NOS CHRONIQUEURS]]></category>
		<category><![CDATA[argent]]></category>
		<category><![CDATA[maroc]]></category>
		<category><![CDATA[pouvoir]]></category>
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					<description><![CDATA[Par: Mohamed KHOUCHCHANI La dialectique de l’enrichissement illicite et des conflits d’intérêts dans le paysage politique marocain ne saurait être réduite à de simples « dysfonctionnements administratifs ». Elle constitue un obstacle structurel qui sape les fondements de l’État social et compromet toute perspective de développement durable. En l’absence d’un cadre légal répressif criminalisant l’enrichissement &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Par: Mohamed KHOUCHCHANI</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-210364" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/04/khkh-780x470-1.jpeg" alt="" width="780" height="470" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/04/khkh-780x470-1.jpeg 780w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/04/khkh-780x470-1-300x181.jpeg 300w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/04/khkh-780x470-1-768x463.jpeg 768w" sizes="auto, (max-width: 780px) 100vw, 780px" /></p>
<p>La dialectique de l’enrichissement illicite et des conflits d’intérêts dans le paysage politique marocain ne saurait être réduite à de simples « dysfonctionnements administratifs ». Elle constitue un obstacle structurel qui sape les fondements de l’État social et compromet toute perspective de développement durable. En l’absence d’un cadre légal répressif criminalisant l’enrichissement illicite, la gestion de la chose publique par certaines franges de l’élite s’est muée en un instrument d’accumulation de richesses, creusant un fossé béant entre le discours officiel sur le « modèle de développement » et les réalités vécues par la population.</p>
<p>1. La corruption financière : la systémique de l’impunité et l’absence de législation.</p>
<p>Le paradoxe marocain réside dans la contradiction flagrante entre une panoplie institutionnelle fournie (Cour des comptes, Instance nationale de l’intégrité et de la lutte contre la corruption) et l’absence de volonté législative pour criminaliser le mal à sa racine. Le retrait du projet de loi sur l’« enrichissement illicite » du Parlement n’a pas été un simple geste technique ; il a constitué, en pratique, un « laissez-passer » implicite pour ceux qui accumulent les fortunes grâce à leurs positions influentes.</p>
<p>Ce vide juridique permet à une « économie de rente » de prospérer, où les privilèges (licences, terrains issus du domaine privé de l’État, marchés de gré à gré) deviennent une monnaie d’échange entre les décideurs et leur entourage, consacrant ainsi un système parallèle qui échappe à la logique de l’efficacité et de la concurrence loyale.</p>
<p>2. Analyse du « manque à gagner » : le coût social et économique.</p>
<p>Le « manque à gagner » pour la société marocaine dû à la délinquance financière ne se limite pas aux sommes détournées ; il s’étend à une paralysie généralisée des secteurs vitaux.</p>
<p>L’hémorragie budgétaire : Des estimations d’organisations de défense des droits humains, nationales et internationales, indiquent que le Maroc perd chaque année une part significative de son PIB à cause de la corruption. Ces milliards perdus auraient pu suffire à combler les déficits accumulés dans les secteurs de la santé et de l’éducation, à construire des hôpitaux universitaires modernes et à équiper des écoles dans les régions reculées et défavorisées.</p>
<p>La fuite des investissements productifs : Lorsque la logique des conflits d’intérêts prévaut, les investisseurs vertueux (locaux comme étrangers) se retirent, craignant une concurrence déloyale avec les « sociétés d’influence ». Il en résulte un gaspillage de milliers d’emplois réels pour la jeunesse marocaine, remplacés par une économie de rente fragile qui ne crée pas de réelle valeur ajoutée.</p>
<p>Le creusement des inégalités sociales : L’enrichissement rapide des élites proches des centres de décision, conjugué à l’érosion du pouvoir d’achat des classes moyennes, engendre une véritable « asphyxie sociale ». L’argent qui aurait dû être recyclé dans le circuit économique national est souvent dissimulé à l’étranger ou investi dans des actifs improductifs (immobilier de luxe, biens ostentatoires), privant ainsi l’économie d’une liquidité vitale qui aurait pu alimenter des activités productives.</p>
<p>3. Conflits d’intérêts : quand « le commerçant légifère pour lui-même ».</p>
<p>La manifestation la plus dangereuse de cette délinquance financière est l’accession des grands capitaines d’industrie aux postes de décision politique. La législation devient alors un outil au service des « cartels » (comme on le constate dans les dossiers des carburants, de l’immobilier et de l’enseignement privé). Le coût ici n’est pas seulement matériel ; il prend la forme d’une « crise de confiance » aiguë. Le citoyen perd foi dans les institutions, ce qui pousse les compétences nationales vers l’émigration (l’hémorragie des cerveaux), qui est le plus grand « manque à gagner » pour l’avenir du pays.</p>
<p>4. Exemples frappants de ce déséquilibre.</p>
<p>Les rapports successifs confirment que les dossiers de corruption qui parviennent jusqu’à la justice ne représentent que la partie émergée de l’iceberg. Le caractère sélectif des poursuites consacre en effet le principe d’une « immunité pour ceux qui n’appartiennent pas aux réseaux d’influence », tandis que les « gros poissons » restent à l’abri de toute accountability concernant l’origine de leurs fortunes, qui ont pourtant crû de manière obscène en l’espace de quelques années seulement passées dans l’arène politique.</p>
<p>Conclusion : Récupérer les « opportunités perdues ».</p>
<p>La lutte contre l’enrichissement illicite n’est pas un luxe d’ordre humaniste, mais une nécessité économique existentielle. La récupération des fonds détournés ou gaspillés et leur réorientation vers l’investissement public, conjuguée à l’adoption d’une loi stricte mettant fin aux conflits d’intérêts, constituent la seule voie pour réduire ce « manque à gagner ».</p>
<p>Tant que la responsabilité ne sera pas effectivement et équitablement liée à la reddition des comptes, le « modèle de développement », nouveau soit-il ou ancien, restera un simple document théorique, tandis que les richesses nationales demeureront prisonnières d’une caste qui profite de la rente politique au détriment des aspirations légitimes d’un peuple assoiffé de justice et de dignité.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Les lundis de Mohamed Khoukhchani. Quand le football, l’argent et les élections remplacent la politique</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/203708</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 26 Jan 2026 09:43:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[NOS CHRONIQUEURS]]></category>
		<category><![CDATA[argent]]></category>
		<category><![CDATA[élections]]></category>
		<category><![CDATA[Football]]></category>
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					<description><![CDATA[Par: Mohamed KHOUKHCHANI De nos jours, tout est devenu politique. Non seulement ce qui relève classiquement de la gestion du pouvoir, mais aussi ce qui prétend encore s’en tenir à distance. Le sport, l’économie, la religion, les élections et même la protection sociale ont été intégrés à une même mécanique : celle de la gouvernance &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Par: Mohamed KHOUKHCHANI</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-200576" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/12/khoukh-A.jpg" alt="" width="1080" height="607" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/12/khoukh-A.jpg 1080w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/12/khoukh-A-300x169.jpg 300w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/12/khoukh-A-1024x576.jpg 1024w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/12/khoukh-A-768x432.jpg 768w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/12/khoukh-A-390x220.jpg 390w" sizes="auto, (max-width: 1080px) 100vw, 1080px" /></p>
<p>De nos jours, tout est devenu politique. Non seulement ce qui relève classiquement de la gestion du pouvoir, mais aussi ce qui prétend encore s’en tenir à distance. Le sport, l’économie, la religion, les élections et même la protection sociale ont été intégrés à une même mécanique : celle de la gouvernance par la neutralisation du conflit social et la fabrication artificielle du consensus.</p>
<p>Le football, longtemps présenté comme un simple divertissement populaire, a cessé d’être innocent. Il est devenu un instrument central de mobilisation massive, de légitimation symbolique et de canalisation des frustrations collectives. À ce titre, il remplit aujourd’hui une fonction que la religion occupait autrefois : celle d’un opium moderne, mondialisé, politiquement rentable et socialement toléré.</p>
<p>La différence de traitement est révélatrice. Les expressions religieuses autonomes, notamment lorsqu’elles se réfèrent à l’islam, sont combattues, surveillées et parfois criminalisées au nom de la lutte contre l’extrémisme. Non pour ce qu’elles disent, mais pour ce qu’elles peuvent produire : du sens, de l’organisation et une loyauté concurrente à celle de l’État. À l’inverse, le football bénéficie d’une indulgence totale. Il mobilise sans structurer, passionne sans politiser, fédère sans jamais contester.</p>
<p>Ce choix n’est ni culturel ni moral. Il est profondément politique</p>
<p>Parallèlement, un autre phénomène structurel s’impose : la fusion progressive entre le pouvoir politique et le pouvoir économique. Dans les démocraties comme dans les régimes autoritaires, les responsables politiques ne peuvent accéder aux centres de décision sans l’appui explicite ou implicite des détenteurs du capital. En retour, ces derniers exigent des politiques publiques favorables à leurs intérêts. La relation est devenue inéluctable, mais elle est foncièrement asymétrique.</p>
<p>Au Maroc, cette dynamique est particulièrement visible. À l’époque de Karim Lamrani, le patronat participait à la gestion de l’État dans une logique de stabilisation. Aujourd’hui, avec Aziz Akhannouch à la tête du gouvernement, un seuil supplémentaire a été franchi : le capital n’influence plus seulement la politique, il la dirige. Le chef du gouvernement reste un acteur économique majeur, à la tête d’intérêts étendus dans des secteurs stratégiques du pays.</p>
<p>Cette confusion atteint un degré inédit au sein du même exécutif. Car dans ce gouvernement, le pouvoir économique ne se contente pas de contrôler l’agenda politique, il se double d’un pouvoir sportif institutionnalisé. Fouzi Lekjaa, ministre chargé du Budget — donc responsable direct des finances publiques — est simultanément président de la Fédération Royale Marocaine de Football et vice-président de la Confédération Africaine de Football (CAF). Autrement dit, dans un même gouvernement, l’économie est pilotée par le patronat et le sport, devenu industrie politique à part entière, est dirigé depuis le cœur de l’État. Qui dit mieux ? Cette accumulation de fonctions n’est pas anecdotique : elle révèle une architecture du pouvoir où argent public, influence sportive et décision politique se superposent sans cloison claire, au détriment de la transparence démocratique.</p>
<p>Ce modèle n’est pas propre au Maroc. Il s’inscrit dans une tendance mondiale où le capital délègue l’un des siens au sommet de l’État pour préserver ses intérêts. De Berlusconi à Trump, de Babiš à Akhannouch, le schéma se répète. Le cas algérien, et la situation de Mme Saïda Neghza, relèvent de la même logique. Son éventuelle ambition politique ne serait ni exceptionnelle ni illégitime au regard des standards internationaux. Mais à la différence du Maroc, l’Algérie tolère difficilement l’autonomie politique du patronat. Là où le capital tente de franchir la ligne rouge du pouvoir exécutif, la rupture devient inévitable.</p>
<p>À l’échelle régionale, la comparaison est éclairante. Dans les pays du Golfe, l’usage du sport comme outil politique est assumé et revendiqué : clubs rachetés, compétitions mondiales, stars internationales. Le contrat est clair : prospérité et spectacle contre neutralisation du politique. Au Maghreb, et particulièrement au Maroc, la méthode est plus feutrée. Le football ne remplace pas la politique, il l’enrobe. Il accompagne un discours de stabilité, de réussite maîtrisée et de réforme graduelle, tout en réduisant l’espace du débat social réel.</p>
<p>C’est dans ce contexte que s’inscrivent les élections et le discours sur la protection sociale. Lorsque l’argent structure l’accès au pouvoir, les élections cessent d’être un moment de choix démocratique pour devenir un mécanisme de reproduction des mêmes élites économiques. Quant à la protection sociale, brandie comme un acquis historique, elle fonctionne souvent comme un outil de gestion du calme social plutôt que comme un droit fondamental. Elle apaise sans redistribuer, communique plus qu’elle ne transforme.</p>
<p>La question centrale devient alors inévitable : qui paie le prix de cette confusion entre argent, football et pouvoir politique ?</p>
<p>La réponse est connue. Les classes populaires, confrontées à la précarité. Les classes moyennes, pressurisées fiscalement et socialement déclassées. Les petits entrepreneurs, marginalisés par une économie façonnée pour les grands groupes.</p>
<p>Quand le capital gouverne sans contre-pouvoirs solides, l’État cesse d’arbitrer. Il choisit son camp. La démocratie ne disparaît pas, mais elle se vide de sa substance. Elle devient un rituel électoral sans véritable alternative, un décor institutionnel qui légitime des choix déjà verrouillés.</p>
<p>Le danger n’est ni dans le football, ni dans l’investissement, ni même dans les élections. Le danger réside dans leur combinaison, lorsqu’ils servent à remplacer la politique par la gestion, le débat par la ferveur, et la justice sociale par le spectacle.</p>
<p>On peut alors gagner des matchs, organiser des compétitions, remporter des scrutins.<br />
Mais on risque de perdre l’essentiel : le citoyen, le sens et la promesse démocratique.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>ARGENT ET POLITIQUE, LES LIAISONS DANGEREUSES</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/171190</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 Dec 2024 16:53:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[POINT DE MIRE]]></category>
		<category><![CDATA[argent]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>
		<category><![CDATA[rapports incestueux]]></category>
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					<description><![CDATA[Par Othmane WARDI * Depuis plusieurs mois, la scène politique marocaine semble s’enliser dans une dynamique où le pouvoir et la gouvernance vacillent sous le poids d&#8217;une nécropolitique, où les mécanismes de contrôle et d’exclusion sociale se multiplient, intensifiant les inégalités et l’injustice, comme si la survie des masses n&#8217;était plus qu&#8217;une simple variable d&#8217;ajustement dans &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Othmane WARDI *</strong></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-medium wp-image-171193" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2024/12/wardi--300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2024/12/wardi--300x300.jpg 300w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2024/12/wardi--150x150.jpg 150w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2024/12/wardi--125x125.jpg 125w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2024/12/wardi-.jpg 576w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>Depuis plusieurs mois, la scène politique marocaine semble s’enliser dans une dynamique où le pouvoir et la gouvernance vacillent sous le poids d&rsquo;une nécropolitique, où les mécanismes de contrôle et d’exclusion sociale se multiplient, intensifiant les inégalités et l’injustice, comme si la survie des masses n&rsquo;était plus qu&rsquo;une simple variable d&rsquo;ajustement dans un système politique dévoyé, où l’urgence du pouvoir se mesure non pas à l’amélioration des conditions de vie, mais à la perpétuation de l’ordre établi, quoi qu&rsquo;il en coûte. Entre la crise économique persistante et l’opacité des partis politiques gouvernants, une question s’impose : qui contrôle vraiment la trajectoire du Maroc ?</p>
<p>La coalition tripartite actuelle, composée du Rassemblement national des indépendants (RNI), du Parti authenticité et modernité (PAM) et du Parti de l’Istiqlal (PI), peine à convaincre. Les promesses électorales de réforme et de justice sociale semblent s’évaporer face à une réalité marquée par l’immobilisme, la censure et la déconnexion des élites. Le Chef du gouvernement Aziz Akhannouch, souvent critiqué pour son profil d’homme d’affaires avant tout, symbolise cette alliance controversée entre l’argent et le pouvoir. Une situation que certains qualifient de <em>modernité fragilisée</em>, où la biopolitique cède progressivement la place à un thanatopouvoir pernicieux. Cette dynamique est également exacerbée par l&rsquo;approche idiosyncrasique de l&rsquo;homme (a)politique, dont les choix et décisions semblent davantage animés par des logiques de la déraison que par un véritable projet collectif.</p>
<p>La tentation du contrôle « ou gouverner via le contrôle », une idée récemment mise en avant par Abdel-Ilah Benkiran, leader du Parti de la justice et du développement (PJD), bien que bon nombre de ses idées suscitent le désaccord, révèle une réalité qui met en lumière une rupture profonde dans le contrat social. Ce n&rsquo;est pas seulement le peuple qui endure la pauvreté et la hausse des prix des matières premières ; c&rsquo;est l&rsquo;État de droit lui-même qui vacille, miné par l&rsquo;inefficacité et l&rsquo;absence de volonté politique. Pris entre le détournement des ressources publiques et l&rsquo;accumulation du capital, l&rsquo;exercice du pouvoir semble de plus en plus éloigné des préoccupations populaires.</p>
<p>Sous un vent de défaite, les Marocains se heurtent à une censure sévère et à des mécanismes de domination et de pouvoir autocratique déchaîné, tandis que créateurs de contenu et activistes sont réduits au silence, muselés par un système totalitaire en quête de contrôle absolu. Dans ce contexte, l’autorité disciplinaire, au cœur de ce système, articule des pratiques de contrôle, de surveillance et de punition qui ne se contentent pas de construire des sujets assujettis, mais produisent, de manière encore plus profonde, des normes constitutives du social. Ce système vise à redéfinir non seulement la gouvernance, mais aussi les valeurs et les pratiques qui sous-tendent la société, imposant une uniformité qui asphyxie la diversité des voix et des aspirations.</p>
<p>Abdellatif Ouahbi, ministre de la Justice et des Libertés, incarne quant à lui une ligne politique controversée. Ses déclarations polémiques et ses critiques à peine voilées contre les symboles de l’unité nationale alimentent une ambiance de tensions sociales et politiques. Les insultes publiques qu’il a proférées envers certains citoyens marocains révèlent une fracture entre les gouvernants et le peuple.</p>
<p>Cette impasse appelle une intervention corrective urgente. Sa Majesté le Roi Mohammed VI, Commandeur des croyants, est le garant de l’unité et de la stabilité du Royaume, pourrait s’imposer comme l’arbitre ultime dans une conjoncture où l’ambiguïté politique menace de faire dérailler le projet national. La dialectique de la corruption au Maroc s&rsquo;oppose aux principes de la bonne gouvernance, qui se présente comme une nouvelle approche, vision et philosophie du développement adoptée par les institutions étatiques pour instaurer la responsabilité, la transparence, ainsi que l&rsquo;efficacité et l&rsquo;efficience. Des mesures telles que la responsabilisation effective des élus, la lutte résolue contre la corruption et la réforme des institutions politiques sont indispensables pour éviter une dérive irréversible.</p>
<p>Pour l’heure, la question reste ouverte : le Maroc peut-il sortir de cette crise de contrôle sans une remise en cause profonde des liens incestueux entre argent, pouvoir et politique ? L’avenir du Royaume, dans une modernité plus inclusive et transparente, dépendra largement de la volonté des élites de repenser leur rapport au peuple et à l’héritage national.</p>
<p><strong>*Chercheur en Sociologie et philosophie politique</strong></p>
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		<title>Hajj 2020: Al Barid Bank restituera les frais du pèlerinage encaissés</title>
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		<pubDate>Tue, 23 Jun 2020 14:43:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
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					<description><![CDATA[La Commission royale chargée du pèlerinage a décidé de récupérer tous les frais du pèlerinage préalablement versés auprès d&#8217;Al Barid Bank, a annoncé, mardi, le ministère des Habous et des Affaires islamiques. Cette opération, qui débutera à partir du 1er juillet 2020, devra se poursuivre jusqu’au 24 du même mois, a ajouté la même source. &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">La Commission royale chargée du pèlerinage a décidé de récupérer tous les frais du pèlerinage préalablement versés auprès d&rsquo;Al Barid Bank, a annoncé, mardi, le ministère des Habous et des Affaires islamiques.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Cette opération, qui débutera à partir du 1er juillet 2020, devra se poursuivre jusqu’au 24 du même mois, a ajouté la même source. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Cette annonce intervient au lendemain de la décision des autorités saoudiennes d&rsquo;autoriser le pèlerinage au titre de cette année, uniquement aux personnes se trouvant sur son sol.  </span></p>
<p>&nbsp;</p>
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