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	<title>analyse &#8211; Le collimateur</title>
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	<description>Le goût de la vérité n&#039;empêche pas la prise de parti</description>
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	<title>analyse &#8211; Le collimateur</title>
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		<title>Exclusif pour Lecollimateur.ma. « Manifest Destiny »: quand Trump invoque « le retour vers le futur » (Par: Marco BARATTO)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Jan 2025 11:43:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[MONDE]]></category>
		<category><![CDATA[NOS CHRONIQUEURS]]></category>
		<category><![CDATA[analyse]]></category>
		<category><![CDATA[DISCOURS D'INVESTITURE]]></category>
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					<description><![CDATA[Par: Marco BARATTO ★ Le discours d&#8217;investiture du président Trump offre de nombreux aperçus du symbolisme historique et politique des États-Unis. Parmi les passages les plus significatifs figurent la référence à la «Destinée Manifeste» (« Manifest Destiny ») et la vision ambitieuse d&#8217;une mission américaine sur Mars, avec la promesse de planter le drapeau étoilé sur la planète &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par: Marco BARATTO</strong> ★</p>
<p><img decoding="async" class="alignnone size-medium wp-image-171854" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2024/12/marco_barrato-e1646327835503-1-300x300.webp" alt="" width="300" height="300" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2024/12/marco_barrato-e1646327835503-1-300x300.webp 300w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2024/12/marco_barrato-e1646327835503-1-150x150.webp 150w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2024/12/marco_barrato-e1646327835503-1-125x125.webp 125w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>Le discours d&rsquo;investiture du président Trump offre de nombreux aperçus du symbolisme historique et politique des États-Unis. Parmi les passages les plus significatifs figurent la référence à la <strong>«Destinée Manifeste»</strong> (<strong>« Manifest Destiny »</strong>) et la vision ambitieuse d&rsquo;une mission américaine sur Mars, avec la promesse de planter le drapeau étoilé sur la planète rouge.</p>
<p>Ces éléments ne sont pas seulement l&rsquo;expression d&rsquo;une rhétorique patriotique, mais incarnent un lien profond avec l&rsquo;identité et le rôle historique des États-Unis, considérés comme une nation destinée à mener le monde vers un avenir de progrès et de liberté.</p>
<p>Ce concept reste cependant peu étudié en Europe, où la «Destinée Manifeste» n&rsquo;a jamais été pleinement comprise. L&rsquo;Europe elle-même, dans le contexte historique, peut être définie comme une «simple expression géographique». La formation des États-Unis d&rsquo;Amérique, née en grande partie des luttes entre la France et la Grande-Bretagne pour le contrôle des colonies, a été sous-estimée par les contemporains européens. Ils ont considéré la révolution américaine comme une continuation des rivalités européennes, sans réaliser que ces événements allaient changer le cours de l&rsquo;histoire.</p>
<p>Les pères fondateurs américains, au contraire, étaient parfaitement conscients de l&rsquo;importance historique de leur entreprise. Cette conscience, selon le discours de Trump, devrait continuer à inspirer la nation et à la guider dans son «glorieux dessein». Le lieu choisi pour la prestation de serment, la rotonde du Capitole, renforce encore ce point de vue. La fresque qui orne le dôme : L&rsquo;apothéose de Washington, peint avec une épée pointée vers le bas et vêtu de pourpre, couleur des généraux romains lors des triomphes, représente l&rsquo;autorité et la vertu républicaines. À ses côtés apparaissent des figures de la mythologie classique comme la Victoire et la Liberté, qui incarnent les idéaux fondamentaux des États-Unis. La Victoire est représentée avec un drapé vert et une corne, symbole d&rsquo;abondance et de triomphe, tandis que la Liberté porte un bonnet phrygien rouge, signe d&rsquo;émancipation. Ce dernier élément rappelle la tradition romaine, où les esclaves libérés recevaient un bonnet de feutre comme symbole de leur nouvelle condition. La Liberté tient un faisceau dans sa main droite, emblème de force et d&rsquo;unité, et un livre ouvert dans l&rsquo;autre main, vers lequel Washington fait un geste.</p>
<p>Trump, dans son discours, semble vouloir invoquer cette imagerie pour réaffirmer les valeurs originelles des États-Unis. La référence à la <strong>«Destinée Manifeste » </strong> et la promesse d&rsquo;un retour à l&rsquo;esprit fondateur de la nation suggèrent une volonté de redécouvrir et de valoriser l&rsquo;héritage historique de l&rsquo;Amérique. En ce sens, les États-Unis sont proposés comme une «nouvelle Rome», une civilisation capable d&rsquo;allier force militaire et vertu républicaine L&rsquo;idée de Trump de restaurer l&rsquo;intégrité, la compétence et la liberté du gouvernement reflète cette perspective. Il ne s&rsquo;agit pas seulement d&rsquo;un appel à la politique intérieure, mais d&rsquo;un appel à redécouvrir la grandeur originelle qui a fait des États-Unis une puissance mondiale. Le parallèle avec la Rome antique n&rsquo;est pas fortuit : de même que Rome était considérée comme le phare de la civilisation pour le monde antique, les États-Unis aspirent à être la référence pour le monde moderne.</p>
<p>Dans cette vision, l&rsquo;exploration spatiale et l&rsquo;ambition d&rsquo;atteindre Mars ne sont pas simplement des objectifs scientifiques ou technologiques, mais les symboles d&rsquo;une expansion de la mission américaine vers de nouvelles frontières. L&rsquo;image du drapeau étoilé planté sur une autre planète est un symbole puissant de cette vision, un message au monde que les États-Unis sont toujours une nation capable de repousser les limites du monde connu (après tout, l&rsquo;une des peintures de la rotonde du Capitole représente la découverte de l&rsquo;Amérique en même temps que celle du Mississippi).</p>
<p>En définitive, le discours d&rsquo;investiture du président Trump peut être interprété comme une invitation à redécouvrir les racines historiques et les valeurs fondatrices des États-Unis. Le choix de se placer sous l&rsquo;apothéose de Washington et de la symbolique classique souligne la volonté d&rsquo;inscrire la nation dans une tradition de grandeur et de vertu, en la projetant vers un avenir ambitieux, et non une simple motivation météréologique. Ces références symboliques, étrangères aux Européens, témoignent de la centralité de l&rsquo;identité historique et culturelle américaine.</p>
<p>★<strong>Politologue italien</strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Gladiator et Gladiator 2 : Une fracture entre philosophie universelle et cynisme contemporain (Par Salaheddine LALOUANI)</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/174108</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 18 Jan 2025 09:36:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[KALÉIDOSCOPE]]></category>
		<category><![CDATA[analyse]]></category>
		<category><![CDATA[FILM]]></category>
		<category><![CDATA[Gladiator II]]></category>
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					<description><![CDATA[Par Salaheddine LALOUANI: &#160; Lorsque Gladiator est sorti en 2000, il a marqué l&#8217;histoire du cinéma en proposant bien plus qu&#8217;une fresque épique : il était une leçon de vie. Maximus Decimus Meridius incarnait des idéaux intemporels, porteurs d&#8217;un message universel sur la résilience, le sacrifice et la quête de justice collective. Plus de vingt &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Salaheddine LALOUANI:</strong></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-medium wp-image-171170" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2024/12/elalouani-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2024/12/elalouani-300x300.jpg 300w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2024/12/elalouani-150x150.jpg 150w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2024/12/elalouani-125x125.jpg 125w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Lorsque Gladiator est sorti en 2000, il a marqué l&rsquo;histoire du cinéma en proposant bien plus qu&rsquo;une fresque épique : il était une leçon de vie. Maximus Decimus Meridius incarnait des idéaux intemporels, porteurs d&rsquo;un message universel sur la résilience, le sacrifice et la quête de justice collective. Plus de vingt ans plus tard, Gladiator 2 tente de reprendre le flambeau. Cependant, cette suite s’éloigne des valeurs profondes du premier opus, au profit d’une vision individualiste et esthétisante, reflétant davantage le cynisme de notre époque qu’une continuité thématique.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-174109" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/01/GLADIATOR-2.jpeg" alt="" width="184" height="273" /></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Les piliers philosophiques de Gladiator</strong></p>
<ol>
<li><strong><em> Le stoïcisme : Maîtrise de soi et résilience</em></strong></li>
</ol>
<p>Maximus personnifiait les idéaux stoïciens : la capacité à accepter le destin, à contrôler ses émotions, et à agir avec intégrité face à l&rsquo;adversité. Même après la perte de sa famille et son déshonneur, il trouvait la force de poursuivre un idéal supérieur, illustrant que la dignité humaine peut persister même dans les pires circonstances.</p>
<ol start="2">
<li><strong><em> Justice et espoir d’un monde meilleur</em></strong></li>
</ol>
<p>Plus qu’une quête de vengeance, le combat de Maximus était celui de la justice et de la liberté. Il incarnait l’idée que le pouvoir devait servir le peuple, s’opposant ainsi à la tyrannie de Commode. Ce combat transcendait l&rsquo;individu pour embrasser une vision collective : laisser un héritage moral et politique à Rome.</p>
<ol start="3">
<li><strong><em> Sacrifice et rédemption </em></strong></li>
</ol>
<p>Maximus, héros tragique, trouvait sa rédemption dans le sacrifice. Il ne luttait pas pour sa propre gloire, mais pour un bien commun, allant jusqu’à sacrifier sa vie pour restaurer l&rsquo;idéal républicain. Sa foi dans une transcendance spirituelle, représentée par les Champs Élysées, donnait à son destin une dimension universelle et éternelle.</p>
<p><strong>Une fracture avec Gladiator 2</strong></p>
<p>Gladiator 2, centré sur Lucius Verus, s’éloigne des thèmes universels de son prédécesseur pour adopter une approche plus individualiste et linéaire. Là où Maximus portait un idéal collectif, Lucius agit principalement pour des motivations personnelles, souvent liées à sa survie ou à sa quête de gloire.</p>
<ol>
<li><strong><em> Un récit individualiste et simplifié</em></strong></li>
</ol>
<p>Contrairement à Gladiator, qui explorait les répercussions des actions de Maximus sur Rome et le monde, Gladiator 2 se concentre sur une trajectoire individuelle. Lucius manque de l’altruisme et de la profondeur philosophique de Maximus. Ses actions, bien qu’héroïques, semblent déconnectées d’une quête universelle ou morale.</p>
<ol start="2">
<li><strong><em> Une esthétique privilégiée au détriment du sens</em></strong></li>
</ol>
<p>Les dilemmes moraux et les sacrifices héroïques laissent place à une narration linéaire, axée sur des séquences spectaculaires et une fin heureuse. Là où Gladiator trouvait sa puissance dans la tension entre tragédie et espoir, la suite semble calibrée pour plaire à une génération avide de récits rapides et visuellement impressionnants.</p>
<ol start="3">
<li><strong><em> Un reflet du cynisme contemporain</em></strong></li>
</ol>
<p>Gladiator 2 semble refléter les valeurs d’une époque marquée par l’individualisme et une recherche de gratification instantanée. Les héros y sont solitaires, la communauté est absente, et les idéaux de justice paraissent illusoires. Cette vision trahit l&rsquo;esprit même du premier film, qui célébrait la résilience collective et le dépassement de soi.</p>
<p><strong>Les décors : un miroir de l’échec</strong></p>
<p>La tentative de réutiliser des éléments visuels du premier film, comme le Colisée et les décors de Rome, couplée à des scènes tournées dans les studios du Maroc, renforce paradoxalement l’échec du film. Ces décors, qui rappellent la grandeur épique du premier Gladiator, semblent non seulement nostalgiques mais également incongrus dans le cadre d’un récit qui n’a plus la portée mythologique d’antan.</p>
<p>Loin de sublimer l’histoire, ces éléments visuels amplifient la sensation de vide narratif, rappelant la grandeur du premier opus tout en soulignant la superficialité du second. Ce qui aurait dû être un hommage à l’héritage de Gladiator apparaît plutôt comme un écho de sa propre bêtise, comme une tentative désespérée de capturer une gloire disparue.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-174111" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/01/denzel.jpeg" alt="" width="215" height="235" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong> </strong><strong>Une prestation impeccable, mais dénuée de singularité</strong></p>
<p>Denzel Washington, acteur reconnu pour sa capacité à insuffler profondeur et charisme à ses personnages, livre une performance techniquement irréprochable dans Gladiator 2.</p>
<p>Cependant, le rôle qui lui est attribué manque de relief et de substance, empêchant son talent de pleinement s&rsquo;exprimer. Coincé dans un cadre narratif limité et une caractérisation simpliste, son personnage sombre dans une forme de caricature répétitive.</p>
<p>Là où on aurait attendu une interprétation marquante, capable de rehausser le film, Denzel semble se contenter d’exécuter son « métier », sans apporter la singularité et l’intensité émotionnelle qui font sa marque de fabrique. Une opportunité gâchée, où même le talent de l’un des plus grands acteurs de sa génération ne suffit pas à compenser les lacunes scénaristiques.</p>
<p><strong>Une opportunité manquée</strong></p>
<p>En tentant de moderniser le récit, Ridley Scott a, paradoxalement, affaibli ce qui faisait la grandeur intemporelle de Gladiator. La profondeur émotionnelle et les valeurs universelles du premier opus ont été remplacées par une narration centrée sur le protagoniste et une esthétique tape-à-l’œil, trahissant l’essence même de l’œuvre originale.</p>
<p>Ridley Scott, autrefois maître dans l’art de combiner spectacle et réflexion, semble ici avoir rompu un mythe que l’on croyait éternel. Les choix narratifs, entre incohérences historiques et happy end pathétique, brisent l’aura quasi-sacrée du récit original.</p>
<p>Ce qui devait être une continuation épique s’est transformé en une opportunité manquée de prolonger un univers qui, dans sa première incarnation, semblait destiné à traverser les âges.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong> </strong><strong><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-174113" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/01/gladiator-1.jpeg" alt="" width="225" height="225" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/01/gladiator-1.jpeg 225w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/01/gladiator-1-150x150.jpeg 150w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2025/01/gladiator-1-125x125.jpeg 125w" sizes="auto, (max-width: 225px) 100vw, 225px" /></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong> </strong><strong>Conclusion : Une désillusion amère</strong></p>
<p>Pour les spectateurs marqués par la puissance intemporelle de Gladiator, sa suite s’apparente à une profonde désillusion. Là où Maximus incarnait des valeurs universelles de résilience, de sacrifice et d’espoir collectif, Lucius n’offre qu’un parcours individuel dépourvu de la même portée morale et philosophique.</p>
<p>En abandonnant les fondements qui avaient fait la grandeur du premier film, Gladiator 2 échoue à recréer sa magie. Le film apparaît comme le reflet d’un changement culturel : il délaisse l’exaltation des idéaux collectifs au profit de récits centrés sur l’individu, symptomatiques d’une époque plus égocentrée et désenchantée. Ce glissement, bien que révélateur de son époque, trahit l’héritage d’un chef-d’œuvre qui semblait voué à traverser les âges.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Cette Modernité dont on a tant parlé… ! (Par Dr. Abderrahim CHIHEB)</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/145602</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 23 Feb 2024 14:52:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[NOS CHRONIQUEURS]]></category>
		<category><![CDATA[analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Modernité]]></category>
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					<description><![CDATA[Par Dr. Abderrahim CHIHEB*  La Modernité ! Voilà un sujet bien délicat qui hante, jusqu’à l’obsession, beaucoup d’intellectuels et de penseurs, à travers le monde, qui ne cessent de s’interroger, particulièrement sur l’esprit du temps présent ; lequel est visiblement marqué au sceau de l’incertitude, de l’indétermination et de l’ambiguïté qui confinent au malaise. En &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Dr. Abderrahim CHIHEB*</strong></p>
<p><strong> </strong>La Modernité ! Voilà un sujet bien délicat qui hante, jusqu’à l’obsession, beaucoup d’intellectuels et de penseurs, à travers le monde, qui ne cessent de s’interroger, particulièrement sur l’esprit du temps présent ; lequel est visiblement marqué au sceau de l’incertitude, de l’indétermination et de l’ambiguïté qui confinent au malaise. En effet, cette thématique a fait couler beaucoup d’encre et continue de retenir l’attention et de nourrir les débats et les discussions car, la Modernité, dont il est question dans cet article,  est à l’image du contexte historique du monde d’aujourd’hui qui est de plus en plus volatile, changeant et éphémère sous l’effet des évolutions rapides qui l’affectent, des changements brusques, des turbulences et des convulsions qui ne cessent de le secouer et l’agiter en permanence et de toutes parts  ; à telle enseigne qu’il est devenu problématique et difficile pour les élites pensantes comme pour le commun des mortels de se situer par rapport à l’époque actuelle pour tenter de la qualifier par rapport au cours de l’histoire.</p>
<p>L’explication qui vient à l’esprit est que cette Modernité, qui remonte assurément à plusieurs siècles en arrière, est quelque chose de composite et de multiforme revêtant plusieurs visages du fait qu’elle s’est nourrie et développée des différents contextes historiques qu’elle a dû traverser depuis son éclosion. Pour donner quelques éléments de réponse à cette problématique, il convient d’examiner la notion de la Modernité en l’interrogeant de l’intérieur à travers les questions ci-après: En quoi consiste la Modernité en tant que fait historique, c’est-à-dire en tant que rupture ou nouveau paradigme qui a surgi à un moment donné sur la scène de l’histoire ? Aussi, quels sont les fondements qui ont conduit à son émergence et qui lui ont conféré la légitimité qu&rsquo;elle elle a fait sienne ? Enfin, quelle est la nature de cette Modernité ? Dit autrement, est-ce que cette Modernité, compte tenu de sa longévité dans le temps, est restée la même que celle qu’elle a été depuis le début ou que, chemin faisant, elle a changé pour devenir, aujourd’hui, autre chose ?</p>
<p><strong>Qu’est-ce que la Modernité en tant que fait historique ?</strong></p>
<p>La Modernité ou les Temps Modernes, comme on le dit parfois, est une période historique qui a commencé vers 1492 de notre ère, date à laquelle le Moyen-Âge a pris fin, et qui continue à courir jusqu’à nos jours. Selon les historiens, cette longue période peut être ménagée en trois phases essentielles. La première Modernité qui a débuté avec l’achèvement du Moyen-Âge et s’est prolongée, pratiquement, jusqu’à la fin du 18<sup>ème</sup>siècle. La deuxième qui a commencé à partir du 18<sup>ème</sup>siècle et s’est clôturée vers le milieu du 20<sup>ème</sup>siècle, en 1960 plus précisément ; date à laquelle a démarré la troisième Modernité qui se poursuit jusqu’à présent.</p>
<p>La première Modernité, située entre le milieu du 15<sup>ème </sup>siècle et la fin, presque, du 18<sup>ème </sup>siècle, est une vaste période qui va de la Renaissance aux Lumières. Elle a vu se mettre en place, tout au long de ces trois siècles, les éléments constitutifs de la Modernité qui ont donné lieu à des changements profonds au sein du monde occidental. Ainsi, sur le plan culturel, les arts, les sciences, la théologie, la philosophie et la pensée politique ont connu une avancée remarquable ; tandis que l’invention de l’imprimerie par Gutenberg en 1450 a eu un effet déterminant qui a contribué grandement à la diffusion du savoir, des connaissances et de la culture antique dont la Renaissance a fait son cheval de bataille.</p>
<p>Au niveau politique, le changement s’est traduit, en France notamment, par l’abolition du système féodal médiéval et l’émergence de la figure de l’État monarchique moderne, centralisé et bureaucratique. Sur le plan économique, une nouvelle classe sociale a vu le jour avec la bourgeoisie marchande qui s’est constituée consécutivement aux nouvelles découvertes géographiques et à l’extension mondiale du commerce. Cette même phase s’est distinguée, outre la prospérité économique, par une croissance démographique importante et une poussée d’urbanisation considérable ; lesquelles ont enclenché, à leur tour par la suite, un processus d’individualisation, qui a eu pour effet la réduction de la taille de la famille et l’évolution de celle-ci vers un schéma d’autonomie au sein des lignées et des groupes sociaux.</p>
<p>Avec cette première phase de la Modernité, notamment au cours de la Renaissance au 16<sup>ème </sup>siècle en Italie, s’annonce l’éclosion de quelque chose d’inédit, un esprit nouveau, et un rapport nouveau à la culture, à la religion, au savoir et à l’esthétique. A travers ce nouveau rapport se révèle une vision nouvelle de l’homme, du monde, de l’histoire et un humanisme qui valorise l’homme et croit en ses capacités et ses possibilités d’accès au savoir. Cet homme nouveau qui rejette le passé et conteste toutes les formes d’autorité et l’autorité religieuse en particulier, présente un nouveau profil dans lequel s’unissent universalisme, individualisme, en même temps qu’une exigence d’autonomisation.</p>
<p>D’autre part, cette même première Modernité est à mettre sous le signe de la modernité scientifique puisque les 16<sup>ème </sup>et 17<sup>ème</sup> siècles marqueront une rupture épistémologique dans l’histoire des sciences avec des figures telles que: Nicolas Copernic et sa nouvelle conception de l’univers (le passage du géocentrisme antique à l’héliocentrisme) ; Francis Bacon et sa conceptualisation de la méthode expérimentale, et Galilée qui a démontré la théorie de Copernic et posé les bases de la formulation mathématique de la nature. Ces découvertes scientifiques ont conduit à la rationalisation des phénomènes naturels et permis à l’homme d’avoir un accès élargi aux secrets de la nature et aux vérités universelles.</p>
<p>La deuxième Modernité, amorcée vers la fin du18<sup>ème </sup>siècle, a été un moment de grandes mutations économiques, sociales, politiques et culturelles qui ont entraîné de profonds changements au niveau des structures sociales du monde occidental. En effet, parmi les soulèvements survenus en Europe, la révolution française est, de loin, l’événement politique majeur et emblématique de cette époque qui a donné naissance à une nouvelle figure de la modernité. Il s’agit de l’avènement de la démocratie avec comme corolaires la liberté individuelle et les droits de l’homme.</p>
<p>Un autre événement historique de grande importance s’est produit, dans cette partie du monde, en Angleterre plus précisément, avec la révolution industrielle qui a été rendue possible grâce à la bourgeoisie industrielle. Ce nouveau bouleversement capital a eu pour conséquences la constitution d’une immense masse de travailleurs salariés, l’apparition de nouveaux modes de vie, l’accélération du processus d’urbanisation et une croissance démographique plus importante encore. La révolution industrielle ainsi que le développement remarquable de la technique auquel elle a donné lieu, a permis l’émergence de l’idée du progrès, chère aux Lumières, qui figure également parmi les paradigmes de la Modernité.</p>
<p>Enfin, la dernière vague de cette Modernité s’est ouverte vers la fin des années soixante du 20<sup>ème</sup> siècle. Certes, il n’y a pas eu, au cours de cette période, de révolutions, à caractère politique, comme ce fut le cas pendant La deuxième Modernité, mais la révolte survenue en France en 1968 a provoqué une grande crise sociale et politique qui a engendré, par la suite, de très importantes réformes juridiques et sociales, ainsi que le renforcement de l’État- providence. D’autre part, la fin de la seconde guerre mondiale a ouvert une nouvelle époque où le monde, divisé en deux blocs idéologiquement antagoniques, a été le théâtre d’une succession de situations politiques différentes comme la guerre froide, la coexistence pacifique et la détente. Cette période critique, avec l’irruption possible troisième d’un conflit mondial, s’est clôturée par un tournant historique majeur sur la scène politique internationale : la chute du mur de Berlin et l’effondrement de l’Union des républiques soviétiques.</p>
<p>Par ailleurs, et parallèlement à une progression galopante et rapide en matière d’urbanisation et de démographie, ce qui est nouveau dans ce dernier segment de modernité, sur le plan économique, est l’augmentation significative du niveau de vie des gens et l’éclosion d’une nouvelle société dite « société de consommation » et de services, grâce à une croissance soutenue, l’apparition de nouvelle classe sociale et de nouveaux modes de vie avec les jeunes et les étudiants. Le produit et le résultat de cette dernière Modernité en termes de conséquences, se sont révélés à travers l’émancipation des tutelles traditionnelles, une plus grande liberté, l’autonomie, l’explosion de l’individualisme et le développement de la culture de masse.</p>
<p><strong>Quels sont les fondements de la Modernité ?</strong></p>
<p><strong> </strong>A présent, il convient de poursuivre cette réflexion sur la Modernité, en essayant, cette fois-ci, de questionner cette notion sous un angle différent, avec l’objectif de mettre en lumière ce qui a servi de base à la légitimité et à la reconnaissance dont jouit cette Modernité au regard de la société occidentale.</p>
<p>Habituellement, l’imaginaire collectif de la plupart des sociétés opère une opposition frontale entre le monde de la Tradition et le monde de la Modernité en raison, pense-t-on, des modes de pensée, des attitudes et des comportements par lesquels ils se distinguent sur les plans culturel et social. En fait, la nature antinomique de l’opposition existant entre ces deux mondes fait qu’ils s’excluent mutuellement par plusieurs aspects. Ainsi, le monde de la modernité, né à la suite de celui de la Tradition, incarnée par le christianisme tout au long de l’ère médiévale, se présente et s’affirme comme une déconstruction des mythes et des valeurs sur lesquels s’est fondé ce dernier.</p>
<p>En effet, la société chrétienne médiévale, en tant que monde de la tradition, était organisée autour de trois principes fondamentaux qui assurent son fonctionnement et sa cohérence : <em>le sacré</em> et <em>le spirituel</em>, incarnés par le christianisme au niveau religieux ; <em>la communauté</em>, en tant qu’organisation du lien social et religieux tout à la fois qui unit les membres d’un même groupe ou d’un même ensemble qui forme société; et, <em>la hiérarchie</em>, qui ordonne et structure les classes sociales en fonction du rang, du rôle, du pouvoir et des rapports de force qu’entretiennent ces classes entre elles au sein de la société. Le christianisme médiéval était trop puissant si bien que tous les hommes et les femmes de la société de l’époque étaient soumis à Dieu et placés sous la tutelle, à tous les niveaux, du pouvoir de l’église catholique qui représente Dieu sur terre. Par voie de conséquence, nul ne pouvait échapper à la vérité divine ; y compris les rois et les princes d’Europe qui avaient besoin de la bénédiction du pape, l’autorité spirituelle suprême de tous les chrétiens, pour légitimer le pouvoir temporel dont ils étaient les dépositaires, et, afin de pouvoir régner sur les sujets qui dépendaient du ressort de leurs autorités.</p>
<p>C’est dans ce contexte qu’allait s’enclencher la dynamique de la Modernité, à partir du 15<sup>ème</sup> siècle avec l’humanisme de la Renaissance, depuis Florence en Italie où ont émergé un nouveau rapport au monde et une nouvelle vision de l’homme qui ambitionnaient de libérer celui-ci des mythes, du divin et de la fatalité. Ainsi, l’homme a cessé d’être un sujet de Dieu pour devenir lui-même un dieu, pour être le centre du monde et pour être le créateur de son propre monde. Sans nul doute, tout cela a constitué la première rupture qui a permis au pouvoir politique de délier le joug de la religion et de l’église catholique. La suite des mutations profondes, à tous les échelons, et des révolutions politiques majeures survenues en Europe occidentale, tout au long des 16<sup>ème</sup>, 17<sup>ème</sup> et 18<sup>ème</sup>siècles, ont œuvré à la consolidation et à l’aboutissement du processus de sécularisation et de laïcisation du pouvoir politique.</p>
<p>Quant aux changements opérés au niveau de la société, ils se sont manifestés par la remise en question de la communauté et sa vision du collectif, en même temps que l’émergence de ce qui va devenir la figure de l’individu. Et pour ce faire, celui-ci doit s’affranchir des appartenances et des dépendances collectives telle que la famille, le groupe et la religion qui le confine aux mythes et à l’obscurantisme. C’est à ce prix seulement que cet individu peut être un homme de liberté, totalement libre et autonome et, par-là même, capable, grâce à la raison et la volonté dont il est doué, d’agir et de transcender tous les déterminismes. Ainsi, est né l’État-nation comme une nouvelle expression de l’esprit moderne. C’est une nouvelle structure politique et une nouvelle organisation sociale pour régir de nouveaux rapports entre des individus libres sur la base d’une logique contractuelle.</p>
<p>Après avoir réhabilité et hissé l’homme à la dignité d’un individu libre, raisonnable, autonome, la Modernité lui a donné l’accès à l’universalité pour lui donner la possibilité de se libérer, en tant qu’un individu justement, de l’héritage de la société, des dépendances sociales et des préjugés dont il est porteur et ce, par la raison, par l’esprit critique, par la culture et par l’éducation. C’est par un arrachement à son enracinement social et à son conditionnement idiosyncratique que l’individu parvient à acquérir, tout en préservant son individualité, la possibilité de s’inscrire dans une dimension universelle. L’universalité est cette deuxième figure dont la Modernité a accouché pour éveiller en cet individu l’humanité qui gît au fond de son être, en vue le rendre conscient de ce qui est commun entre lui, en tant qu’homme, et tous les hommes.</p>
<p>Raison, liberté, autonomie, individualisme et universalisme, tels sont les constituants de la dynamique mise à l’œuvre par la Modernité pour le démantèlement des fondements de la société traditionnelle du Moyen-Âge, en Europe occidentale.</p>
<p><strong>Que devient aujourd’hui la Modernité ?</strong></p>
<p><strong> </strong>La question posée ci-dessus conduit à rappeler, tout d’abord, que sur le plan étymologique, le mot « Modernité » est dérivé de l’adjectif « moderne » qui est lui-même issu du latin « modernus » qui signifie « récent » ou « actuel » ; et de l’adverbe « modo » qui désigne « ce qui vient de se produire », « ce qui est à la mode », ou encore ce qui survient « à l’instant » ou « il y a peu ». Ce détour préliminaire par la langue vise à souligner que par l’origine de son contenu, la Modernité est un rapport au monde qui est fondé sur un renouvellement constant qui cherche, en permanence, à produire une rupture pour faire apparaître ce qui est nouveau, ce qui est récent, bref, ce qui est actuel.</p>
<p>Il ressort clairement, de ce qui vient d’être dit que la Modernité est quelque chose qui ne peut pas s’arrêter car, elle est mue par un mouvement perpétuel soumis et conforme à la logique même qui lui a donné naissance ; de manière que si, d’aventure, elle s’arrête, elle cesse d’être modernité. Au bout du compte, et rattrapée par la dialectique de sa propre raison, la Modernité a commencé, après en avoir terminé avec la tradition, à scier la branche sur laquelle elle est assise, c’est-à-dire à déconstruire les éléments constituant son propre fondement.</p>
<p>Car, s’il ne fait aucun doute que la raison occupait une position centrale dans l’édifice de la Modernité par le fait qu’il était l’instrument imparable qui lui permettait d’expliquer le monde, il ne fait pas non plus le moindre soupçon que c’est cette même Modernité qui a procédé au démantèlement et au discrédit de la raison. En effet, pendant trop longtemps, au cours cette modernité, on était convaincu que la science, qui prenait appui sur la raison pour produire la connaissance et le savoir, était une source fiable de vérité. Mais, cette certitude a volé en éclat, par la suite avec l’épistémologie contemporaine, notamment avec le philosophe et épistémologue, Karl Popper, qui a affirmé clairement que la science ne dit pas le vrai, et que les théories scientifiques n’expliquent pas le réel, mais qu’elles sont corroborées par lui. Preuve en est que l’histoire de la science est l’histoire des erreurs de la science, une histoire où les théories anciennes ont été infirmées par d’autres théories qui a leur tour risquent d’être réfutées et détrônées encore par d’autres théories, ainsi de suite…</p>
<p>De même, si au départ, la Modernité a honoré l’individu en lui donnant des attributs et des qualités qui le valorisent dans son humanité et sa dignité d’homme, elle a œuvré, par la suite, à sa subversion et à sa perversion. Du coup, il a fini par le vider de sa substance, le réduire, avec la société de consommation, à son corps, à ses pulsions, à son image corporelle et à son bien-être physique. Il existe même, aujourd’hui, un autre discours idéologique, avec le mouvement LGBT ou celui du Wokisme, qui cherchent carrément à affranchir l’individu de son corps. Ils reprochent au mouvement féministe, lui-même issu de cette Modernité, d’avoir enfermé toutes les femmes dans le corps de la femme qui, en vérité, correspond uniquement à la réalité biologique de celle-ci.   Selon la vision de ces nouveaux mouvements, il y a confusion entre l’identité du genre et l’expression du genre car, l’identité de genre d’une personne peut coïncider ou ne pas coïncider avec le genre qui est associé au sexe attribué à cette personne à la naissance. L’identité du genre et l’orientation sexuelle de la personne sont deux choses totalement distinctes.</p>
<p>Reste, enfin, l’universalisme, dont la Modernité a été également porteuse, qui, en réalité, n’a jamais pu franchir et dépasser ses propres limites en tant qu’idéal, pour rester une idée abstraite, un vœu pieux qui n’a jamais trouvé concrètement de traduction dans la réalité. Il a été une coquille vide, un uniformisme creux de façade, délibérément aveugle aux différences et à la diversité qui sont inhérentes à la nature l’humaine. Il serait même juste de dire que, sur le plan historique, l’universalisme a trahi l’esprit des Lumières et les aspirations de la Révolution française. L’idéal universaliste &#8211; au même titre que les autres idéaux que sont la liberté, l’égalité et la fraternité, la démocratie, les droits de l’homme – a montré sinon son invalidité tout au moins ses limites face aux faits têtus de l’histoire, aux tragédies, aux malheurs et aux injustices qui étaient souvent commis au nom de la Modernité ou avec son silence, sa complaisance et sa complicité. Evidemment, ce ne sont pas les exemples, tirés des faits de l’histoire qui manquent pour étayer ce propos. Mais là n’est pas la question, car ce serait défoncer des portes ouvertes.</p>
<p>On entend parfois dire que la révolution est comme Saturne: elle dévore ses propres enfants. La Modernité, à l’image de la révolution, a fini par s’attaquer aux principes qu’elle a engendrés elle-même et sur lesquels repose son propre fondement. C’est la Modernité qui conteste la Modernité. C’est la Modernité qui se remet en question.</p>
<p><strong>Qu’est-ce que la Post-Modernité ?</strong></p>
<p><strong> </strong>Comme cela a été déjà dit, la Post-Modernité désigne cette ère nouvelle qui a commencé avec la crise de la modernité dans les années soixante du siècle dernier, et qui a suscité énormément de réactions au sein de tous les milieux du monde occidental, notamment les milieux intellectuels, littéraires, artistiques et politiques. Dans l’ensemble, ces réactions vont dans le sens de la critique et la remise en question de l’idéologie exacerbée de la modernité et les conséquences auxquelles elle a donné lieu. Les analyses, les conclusions et les avis des philosophes, des anthropologues et des sociologues de tous bords, divergent quant aux tenants et aboutissants de cet état de fait. Certains ont vu dans cette crise l’expression de l’échec du monde occidental à apporter les réponses appropriées aux grandes questions philosophiques, religieuses, politiques, sociales pour l’essentiel ; mais aussi en raison des tragédies, des horreurs et des déchirements qui ont eu lieu au 20<sup>ème</sup> siècle qui ont été à l’origine du pessimisme et du désespoir qui ont marqué les esprits de l’époque.</p>
<p>Tout cela a fini par discréditer et ternir l’image de marque de la Modernité et à nourrir à l’égard de certaines de sevaleurs un véritable scepticisme comme à l’égard de l’universalisme, le progrès scientifique et la technologique. Bref, la crise de la Modernité, ou la Post-Modernité, qui a pris sa suite, n’est autre chose que la perte de repères et le sentiment d’incertitude qui se sont emparés de la société occidentale face à la faillite des grandes idéologies, la perte de confiance dans les idéaux des Lumières et les mythes mobilisateurs de la Révolution française, la décrédibilisation du monde politique.</p>
<p>Quant aux manifestations de cette Post-Modernité, elles sont multiples et contradictoires surtout. Les plus significatives d’entre elles pourraient être regroupées autour de quelques axes.</p>
<p>Ce qui frappe, en premier lieu, avec l’avènement de la Post-Modernité, est l’affaissement de l’Etat-nation, l’affaiblissement de son autorité et sa réduction à l’Etat-providence qui laisse présager, à terme, le dépérissement de l’État lui-même. Cette évolution, dont le rythme était de plus en plus rapide, s’est poursuivie avec le déclin des démocraties, le relâchement et le discrédit du politique. A ces changements cruciaux s’ajoute la montée en puissance du pouvoir et de l’influence des organisations non gouvernementales, des associations, de la Société civile, des Entités secrètes, notamment sur les États et sur les Institutions internationales et les décisions que celles-ci prennent concernant un certain nombre de dossiers et de pays.</p>
<p>Sur le plan économique, le nouveau visage de la Post-Modernité est l’idéologie du néolibéralisme triomphant qui écrase tout sur son passage dans la société, à l’exception, toutefois, de l’individu qu’elle entoure de tous les soins et qui satisfait tous ses desideratas, mais en même temps, elle définit et détermine subrepticement sa conduite, ses valeurs, ses mœurs, et même sa façon de penser, son style de vie, et le rapport qu’il est censé avoir à son corps. Dans la société Postmoderne, tout tend vers la valorisation d’une logique qui relève de l’extrême: l’hyperconcentration du système financier, l’hyperrationalisation de la production, la surconsommation de biens matériels ou virtuels.</p>
<p>Pour le reste, tout se décline aussi avec le préfixe « hyper »: individualisme, relativisme, performance, adaptabilité, sexualité, narcissisme, exhibitionnisme, extravagance, démesure. La société hypermoderne a mis à la disposition de cet hyper-individu tous les moyens pour satisfaire son égo et réaliser ses buts, mais en même temps, elle l’a jeté dans une société d’hyperconsommation, de grande solitude où le lien social interindividuel et affectif s’est relâché et s’est distendu. En un mot, cet individu est désormais propulsé dans une société qui n’a plus de sens,  plus de finalité, plus d’ordre et plus de mémoire, mais juste une société éphémère sans passé ni futur et pour qui seuls l’instant, le présent et l’assouvissement des instincts et des pulsions comptent.</p>
<p>Il a été dit que les traits de cette Post-Modernité, ne sont pas seulement multiples mais contradictoires aussi pour certains d’entre eux. En effet, l’homme hypermoderne, tout en continuant à pousser son individualisme à l’extrême, appelle de tous ses vœux, au même moment, un retour à la culture, à la sagesse des anciens et à l’esprit de la communauté, comme cela a été le cas, à la fin des années 1960, après la crise de Mai 68. Aujourd’hui, les différents réseaux sociaux sur l’internet sont l’expression nostalgique de ce désir encore vivant, chez l’homme hypermoderne, de faire société et de ressusciter, même virtuellement, la collectivité qui lui manque tant et qui lui fait dramatiquement défaut. C’est ce même homme hypermoderne qui se plaint encore du vide spirituel et moral et du manque du religieux, qui refuse, au même moment, de renoncer aux dérives et aux perversités, de toutes sortes, au niveau éthique et moral, auxquelles il participe et contribue par son comportement et sa conduite. Ces deux exemples, entre plusieurs, suffisent pour attester que l’homme hypermoderne, parce que tiraillé et déchiré par les contradictions d’une société éclatée et fragmentée, est un homme malade qui a besoin du « psy », cette figure emblématique de la société néolibérale, pour le soigner et pour se pencher sur son mal-être auquel la Modernité l’a conduit.</p>
<p>Au final, que peut-on encore dire de la Modernité pour conclure sur une thématique difficile et aussi vaste que complexe ? Beaucoup de choses sans aucun doute et avec la certitude de ne pas pouvoir épuiser entièrement ce sujet. Mais pour ne pas passer à côté de ce qui semble être essentiel, deux remarques et une question :</p>
<p>Prenons garde à ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain comme on dit familièrement. En d’autres mots, cela veut dire que la crise de la Modernité, c’est-à-dire sa remise en question par la Post-Modernité, n’est pas une raison pour la rejeter en bloc et sans prendre en ligne de compte les autres éléments positifs auxquels elle a donné naissance comme la liberté, la démocratie, le progrès scientifique…etc., et qui ont contribué, sans aucun doute, au bien-être de beaucoup d’hommes et de femmes à travers le monde et dans beaucoup de pays.</p>
<p>D’autre part, il importe de souligner que cette crise doit être saisie comme une opportunité intéressante pour rebattre, de manière critique, les cartes de cette Modernité en vue d’identifier les aspects malsains ayant conduit à cette crise et proposer les alternatives qui pourraient la dénouer avant qu’il ne soit trop tard. Ce travail, pense-t-on, a été déjà accompli et la réflexion se poursuit toujours pour trouver des remèdes à cette situation. Mais, quoi qu’il en soit, on sait d’expérience que l’excès en tout est un défaut comme dit un ancien proverbe. Et la Modernité a péché par trop d’excès dans tout ce qu’elle a entrepris. Si elle ne se ravise pas, ce péché pourrait lui être fatal. En est-elle consciente ?</p>
<p><strong>*Universitaire et analyste politique </strong></p>
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		<title>Ce qu&#8217;il faut retenir du Discours du Trône (Edito)</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/126743</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ziad Alami]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 30 Jul 2023 19:49:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[NATION]]></category>
		<category><![CDATA[analyse]]></category>
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					<description><![CDATA[Le mot « SERIEUX » est revenu comme un leitmotiv dans le discours prononcé hier samedi par le Roi Mohammed VI, à l’occasion du 24ème anniversaire de son intronisation. Ce mot a été utilisé 15 (bien quinze) fois et l’usage de la répétition, figure de style d’insistance, résonne comme une mise en garde contre tout manquement au &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1">Le mot « SERIEUX » est revenu comme un leitmotiv dans le discours prononcé hier samedi par le Roi Mohammed VI, à l’occasion du 24ème anniversaire de son intronisation. Ce mot a été utilisé 15 (bien quinze) fois et l’usage de la répétition, figure de style d’insistance, résonne comme une mise en garde contre tout manquement au <strong>« DEVOIR »</strong> d’être sérieux (Cf: « le sérieux <strong>DOIT</strong> constamment définir notre ligne de conduite »; « il <strong>DOIT</strong> être de rigueur dans tous les secteurs d’activité ».</p>
<p class="p1">Ce qui a été dit par le Roi est certainement basé sur des données factuelles. »Le sérieux que Nous exaltons n’est pas un terme vide de sens, de portée purement formelle. C’est, au contraire, un concept intégré qui recouvre un ensemble d’idéaux et de principes opératoires », a certifié le Souverain, en exaltant la « valeur travail » et le  « dévouement » des citoyens pour franchir « de nouveaux seuils sur la voie du progrès et pour échafauder des réformes, des projets de plus grande envergure, dignes des Marocains ».</p>
<p class="p1">« Aussi longtemps que le sérieux est le moteur de nos actions, nous réussirons à renverser les difficultés et à relever les défis », a assuré le Roi.</p>
<p class="p1"><strong>Une attention royale particulière à la jeunesse marocaine</strong></p>
<p class="p1">L&rsquo;un des passages les plus beaux du discours du Trône a été consacré à la jeunesse marocaine (citée cinq fois). <strong>« Chaque fois que la jeunesse marocaine a eu les moyens de donner la pleine mesure de son sérieux et de son patriotisme, elle a fasciné le monde par des performances d’un calibre inédit »</strong>, a fait valoir le Roi, qui en veut pour exemple et preuve « l’exploit accompli par la Sélection nationale à la dernière Coupe du monde de football ». « De l’aveu de tous, en interne comme à l’international, nos enfants ont offert les plus belles images de ferveur patriotique, d’unité et de cohésion familiale et populaire et ils Nous ont rendu particulièrement fier, ainsi que l’ensemble du peuple marocain », s&rsquo;est félicité le Souverain.</p>
<p class="p1">Le Roi a salué un autre exploit, tout aussi inédit que la performance historique du Onze national au Mondial Qatar 2022: la réalisation de la première voiture de fabrication locale, grâce à des compétences nationales et à un financement marocain et la présentation du premier prototype de voiture à hydrogène, développé par un jeune Marocain.</p>
<p class="p1">« Ces projets portent témoignage du génie marocain et attestent la confiance placée dans les capacités intrinsèques de nos jeunes, ainsi encouragés à redoubler d’inventivité et de créativité. Ils concourent aussi à la promotion du label « Made in Morocco » et confortent le positionnement du Maroc en tant que destination majeure pour les investissements productifs », a exhorté le Souverain.</p>
<p><strong>Gouvernance: le recadrage royal </strong></p>
<p class="p1">« Le sérieux doit constamment définir notre ligne de conduite, dans la vie de tous les jours comme au travail », a insisté le Souverain, relevant que cette vertu cardinale « doit être de rigueur dans tous les secteurs d’activité »:</p>
<p class="p1">-dans le domaine politique, administratif et judiciaire, il importe que prévale le dévouement au service du citoyen, par l’identification de profils qualifiés, par la primauté accordée aux intérêts supérieurs de la Nation et des citoyens, loin des surenchères et des calculs étroits.</p>
<p class="p1">-Dans le domaine social, il doit s’imposer notamment dans les secteurs de la santé, de l’éducation, de l’emploi, du logement.</p>
<p class="p1">De plus, le sérieux que Nous préconisons doit avoir cours parmi les opérateurs économiques, dans les domaines de l’investissement et de la production et au sein du monde des affaires.</p>
<p class="p1">En définitive, le sérieux est la clé de voûte d’une approche intégrée qui subordonne l’exercice de la responsabilité à l’exigence de reddition des comptes et fait prévaloir les règles de bonne gouvernance, la valeur travail, le mérite et l’égalité des chances ».</p>
<p>Acquis majeur de la Constitution de 2011, le principe corrélant responsabilité et reddition des comptes demeure en effet la clef de voûte d&rsquo;une administration plus transparente et plus ouverte.</p>
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			</item>
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		<title>Pour ne pas oublier, Algérie: comment les services secrets algériens ont manipulé les groupes islamistes pendant la « décennie noire » (Par Anna Mahjar-Barducci, chercheuse et écrivaine maroco-italienne)</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/123115</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 20 Jun 2023 10:57:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[CARNETS SECRETS]]></category>
		<category><![CDATA[algérie]]></category>
		<category><![CDATA[analyse]]></category>
		<category><![CDATA[guerre civile]]></category>
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					<description><![CDATA[Anna Mahjar-Barducci, chercheuse et écrivaine maroco-italienne, a adressé à lecollimateur.ma un éclairage édifiant et pertinent sur la tristement célèbre décennie noire (années 90) en Algérie, basée sur le témoignage accablant livré par Mohamed Sahraoui, ex-colonel de l’armée algérienne, en exil politique en Allemagne depuis 1996, dans son livre « Chronique des années de sang » (éditions Denoël). &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><strong>Anna Mahjar-Barducci, chercheuse et écrivaine maroco-italienne, a adressé à lecollimateur.ma un éclairage édifiant et pertinent sur la tristement célèbre décennie noire (années 90) en Algérie, basée sur le témoignage accablant livré par Mohamed Sahraoui, ex-colonel de l’armée algérienne, en exil politique en Allemagne depuis 1996, dans son livre « Chronique des années de sang » (éditions Denoël). Dans cet article, Mme Barducci jette la lumière sur l’implication des « émirs du DRS » (le défunt tout-puissant département du renseignement et de la sécurité) dans les horreurs commises durant la sinistre décennie des balles et&#8230; des larmes. Texte. </strong></p>
<p><strong>Par: Anna Mahjar-Barducci*</strong></p>
<p class="p1">On nous a toujours raconté que durant la « décennie noire », pour contrer des islamistes fanatiques, l&rsquo;armée algérienne s&rsquo;est mobilisée corps et âme, mais la vérité est autre. Mohammed Samraoui, ex-colonel de l&rsquo;armée algérienne qui a déserté en 1996, et il est depuis en asile politique en Allemagne, a vécu de l&rsquo;intérieur « l&rsquo;enchaînement diabolique » qui a plongé l&rsquo;Algérie dans l&rsquo;horreur, et a écrit le livre « Chronique des années de sang » (Éditions Denoël) pour démontrer comment une « poignée de généraux corrompus » ont mis leur pays à feu et à sang pour préserver leurs privilèges.</p>
<p class="p1">Dans son livre, Samraoui, que j&rsquo;ai rencontré dans un endroit secret en 2009, a précisé qu&rsquo;il n&rsquo;est nullement dans ses intentions de nier ou de justifier les crimes commis par les islamistes. Cependant, s&rsquo;il y a eu une guerre, c&rsquo;est qu&rsquo;il y avait forcément des protagonistes, et, à ses yeux, « les généraux et les dirigeants du FIS sont coresponsables du drame algérien ».</p>
<p class="p1"><b>La création des GIA par les services algériens</b></p>
<p class="p1">Après la victoire écrasante du Front islamique du salut (FIS) au premier tour des élections législatives en décembre 1991, l&rsquo;armée avait pressé le régime d&rsquo;annuler le second tour. En conséquence, le président avait dissous l&rsquo;Assemblée populaire nationale et, au printemps 1992, l&rsquo;armée algérienne avait été aussi chargée de gérer l&rsquo;état d&rsquo;urgence. Les chefs de l&rsquo;armée avaient décidé que le FIS menaçait leur propre pouvoir et devait être éliminé. Pourtant, la lutte contre les islamistes a été l&rsquo;occasion pour le régime algérien de se débarrasser d&rsquo;autres « ennemis » du régime, comme les militants des droits de l&rsquo;homme et les dirigeants amazighs de Kabylie.</p>
<p class="p1">Samraoui lui-même a raconté: « Tous les jours, nos chefs, Smaïl Lamari [alias Hadj Smaïn, général-major et patron de la Direction du contre-espionnage (DCE), l&rsquo;une des branches du Département du renseignement et de la sécurité (DRS), mort en 2007] et aussi [le général-major] Brahim Fodhil Cherif [mort en 2008] ressassaient le même discours: il fallait enrayer la « menace intégriste », qui signifiait la fin de l&rsquo;Armée nationale populaire (ANP) &#8230; Ils nous expliquaient aussi que des personnalités comme Hocine Aït Ahmed (le leader historique du Front des forces socialistes, FFS), les avocats Ali Yahia Abnennour (dirigeant de la Ligue algérienne de défense des droits de l&rsquo;homme) ou Mahmoud Khelili (mobilisé pour défendre toutes les victimes de la répression) étaient des « ennemis » de l&rsquo;Algérie ».</p>
<p class="p1">Pour avoir une idée du climat d&rsquo;hystérie sanguinaire dans lequel l&rsquo;Algérie sombrait, Samraoui a mentionné une déclaration de Smaïl Lamari, lors d&rsquo;une réunion en présence de nombre d&rsquo;officiers de la DCE, qui est restée gravée dans sa mémoire: « Je suis prêt et décidé à éliminer trois millions d&rsquo;Algériens s&rsquo;il le faut pour maintenir l&rsquo;ordre que les islamistes menacent ».</p>
<p class="p1">Dans ce contexte, il était difficile d&rsquo;être lucide sur la perversion organisée du système qui se mettait en place. Samraoui a compris que bien après, dans toute son ampleur, la responsabilité des chefs du DRS dans la création des Groupes islamistes armés (GIA), instruments des crimes les plus atroces dans la « décennie noire ».</p>
<p class="p1"><b>« Les émirs du DRS »</b></p>
<p class="p1">À partir de février 1992, la presse algérienne évoqua souvent le nom de Moh Leveilley, présenté comme l&rsquo;un des terroristes islamistes les plus dangereux. Samraoui, qu&rsquo;il l&rsquo;avait personnellement connu, a raconté: « Moh Leveilley était un agent des services, fabriqué pour en faire un épouvantail islamiste et pour lui faire commettre des attentats destinés à terroriser les citoyens. Il sera finalement abattu par les forces de sécurité à Tamesguida, le 31 août 1992. Il n&rsquo;était que le premier des nombreux « émirs du DRS » placés à la tête des GIA et qui seront régulièrement liquidés une fois leurs missions accomplies. Moh Laveilley n&rsquo;était évidemment pas un cas isolé. Son utilisation comme agent terroriste par le DRS s&rsquo;inscrivait dans une stratégie globale de manipulation par nos chefs »</p>
<p class="p1">Il convient de souligner qu&rsquo;en février-mars 1992, « il n&rsquo;était pas encore question de GIA, mais de <i>djamaates</i> (groupes islamiques ou groupes armés) ». Ce terreau, a expliqué Samraoui, donnera naissance aux Groupes islamistes armés (GIA) tel qu&rsquo;ils seront connus à partir l&rsquo;automne 1992: « une sorte de fédération de nombre de groupes existants qui rallieront progressivement le noyau initial constitué, à l&rsquo;initiative du DRS (c&rsquo;est pourquoi à partir de 1993, on évoquera de plus en plus souvent les GIA et non plus le GIA) ».</p>
<p class="p1"><b>La stratégie des services algériens</b></p>
<p class="p1">En expliquant la stratégie du DRS pendant les années, Samaroui a écrit: « Désormais, il ne s&rsquo;agissait plus, comme on nous l&rsquo;avait expliqué au cours des mois précédents, de manipuler les groupes radicaux pour mieux les contrôler, mais au contraire de tout faire pour qu&rsquo;ils se multiplient et sèment partout la terreur. Cette stratégie (qui se poursuivra pour atteindre son paroxysme dans les années suivantes) s&rsquo;appuyait sur plusieurs méthodes:</p>
<p class="p1">&#8211; infiltrer les groupes armes véritablement autonomes, par l&rsquo;intermédiaire de militants islamistes retournés (pour la plupart arrêtés par les services puis remis en circulation après avoir accepté de collaborer, par le chantage ou par la compromission), ou grâce à des agents du DRS, comme les militaires se présentant comme déserteurs, qui on rejoint le maquis de Chréa, Zbarbar, Tablat, Beni Bouateb, Sidi Ali Bounab et de Kabylie avec armes et bagages (connus pour leur fréquentation assidue des mosquées, ils étaient acceptés sans méfiance, alors qu&rsquo;ils étaient bien en mission pour le compte du DRS) ;</p>
<p class="p1">&#8211; utiliser les groupes déjà manipulés qui sont passés à la lutte armée dans les premiers mois de 1992 pour attirer de nouvelles recrues ;</p>
<p class="p1">&#8211; favoriser la création de groupes par des militants sincères mais manipulés, dès le départ, à leur insu (comme le Mouvement pour l&rsquo;Etat islamique de Saïd Makhloufi, créé au printemps 1992) ;</p>
<p class="p1">&#8211; infiltrer, dans les camps de sûreté du sud et les centres pénitentiaires, de faux islamistes délinquants, lesquels, une fois élargis, constitueront, à partir de 1993, des groupes armés qui seront actifs dans les régions connues pour leur soutien au FIS (pour ne donner qu&rsquo;un exemple: à l&rsquo;initiative de Smaïl Lamari, le capitaine Ahmed Chaker, qui était mon adjoint à Chateuneuf, recruta un certain Mamou Boudouara, voyou et alcoolique notoire à Belcourt, devenu du jour au lendemain un fervent partisan de l&rsquo;État islamique) ;</p>
<p class="p1">&#8211; créer, de toutes pièces, des groupes armés dirigés par des émirs qui étaient en réalité des officiers du DRS.</p>
<p class="p1">Toutes ces techniques ont été utilisées, parfois conjointement. L&rsquo;idée générale de nos chefs était de fédérer tous ces groupes pour produire une violence contrôlée et maîtrisable. C&rsquo;est ce travail délicat qui n&rsquo;as pas bien fonctionné (on aboutira au contraire au chaos), car il exigeait une discrétion absolue, donc des officiers sûrs, et une parfaite coordination entre les différents services du DRS chargés de contrôler ces groupes: le CPO (Centre principal des opérations, ou Centre Antar) du commandant Amar Guettouchi, le CRI (Centre de recherche et d&rsquo;investigation) de Blida du commandant Mehenna Djebbar, le CPMI (Centre principal militaire d&rsquo;investigation) du commandant Athmane Tartag, dit Bachir, et bien sûr le chef de la DCE, Smaïl Lamari, et son compère de la DCSA (Direction centrale de la sécurité de l&rsquo;armée), Kamel Abderrahmane, qui chapeautaient ces opérations en liaison avec le généraux Toufik, Belkheir et Nezzar.</p>
<p class="p1">Dans les mois et les années qui suivront, ces manipulations tous azimuts déboucheront effectivement sur des GIA contrôlés par le DRS. Mais très vite, faute de coordination, elles déraperont, et la violence deviendra largement incontrôlable. Ce qui justifiera, à partir de l&rsquo;automne 1992, l&rsquo;engagement massif des forces spéciales de l&rsquo;ANP, conduites par le général Mohamed Lamari: disons simplement ici que la lutte sera menée avec une férocité et une abomination dépassant l&rsquo;entendement (bombardement au napalm, utilisation de l&rsquo;artillerie et des hélicoptères de combats, ordre de ne pas faire de prisonniers, usage massif de la torture&#8230;) ».</p>
<p class="p1"><b>Le GIA était une organisation de contre-guérilla</b></p>
<p class="p1">Dans son livre, Samraoui a aussi dénoncé l&rsquo;aveuglement de la majorité des médias internationaux sur la véritable nature de la « décennie noire », « car la simple observation du théâtre politique algérien et du comportement des groupes armés suffisait à invalider la thèse dominante d&rsquo;une démocratie fragile menacée par l&rsquo;intégrisme islamiste et défendue par de valeureux généraux républicains ».</p>
<p class="p1">En fait, la « violence intégriste » frappant les populations civiles n&rsquo;a jamais eu la moindre cohérence politique, même au regard de l&rsquo;idéologie islamiste supposée la justifier. « En fin de compte, à qui ont profité les actions de GIA ? Sûrement pas aux islamistes. Les GIA n&rsquo;avaient ni projet de société, ni programme politique. Ils ne proposaient aucune alternative pour le pays. Le comportement de leurs membres se caractérisait par les meurtres, les viols, l&rsquo;alcool, la drogue, le racket&#8230; Les GIA, faisant de la surenchère durant la présidence de Liamine Zeroual (1994-1998), iront jusqu&rsquo;à reprocher aux dirigeants du FIS leur volonté de recourir à des solutions politiques ou de rechercher des compromis avec le pouvoir. Ainsi, bien loin de s&rsquo;attaquer aux généraux et a leurs auxiliaires, les GIA se sont acharnés sur la population civile sans défense et ont mené une guerre sanglante contre les autres organisations islamiques. Bref, tout a été fait pour les isoler de la population et les priver de tout soutien. La simple lecture des tracts des GIA est éloquente et dénote que leurs objectifs convergent paradoxalement avec ceux des généraux algériens prédateurs puisqu&rsquo;on n&rsquo;y trouve que des diatribes extrémistes où abondent les formules du genre: pas de réconciliation, pas de trêve, pas de dialogue, pas de pitié&#8230;</p>
<p class="p1">Même quand on ignore le dessous des cartes, toutes ces contradictions apparentes ne peuvent avoir qu&rsquo;une seule explication: un mouvement qui jette le discrédit sur les organisations islamistes, qui décapite des femmes et des enfants et qui n&rsquo;as pas de commandement unifié ne peut être qu&rsquo;un mouvement de contre-guérilla, utilisé contre les véritables islamistes&#8230; Cela témoigne de la volonté des commanditaires ayant programmé la tragédie de l&rsquo;Algérie de ne reculer devant rien pour entretenir le chaos, opposer les Algériens entre eux dans une guerre fratricide et éradiquer toute opposition sérieuse qui menacerait leurs privilèges ».</p>
<p class="p1">Samraoui a enfin déclaré avoir écrit son livre dans l&rsquo;espoir de contribuer à faire connaître la vérité sur la « décennie noire ». « Un jour, j&rsquo;en suis sûr, l&rsquo;Histoire rendra son verdict et les criminels de l&rsquo;État algérien seront jugés », a conclu Samraoui.</p>
<p class="p1"><strong>*Chercheuse et écrivaine maroco-italienne</strong></p>
<p class="p1">
]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>« Pourquoi tout le monde déteste les Algériens? » (Le Matin d’Algérie)</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/69523</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 25 Jan 2022 14:32:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[MONDE]]></category>
		<category><![CDATA[algérie]]></category>
		<category><![CDATA[analyse]]></category>
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					<description><![CDATA[« Le Matin d’Algérie » vient de provoquer une question audacieuse sur le processus de fanatisation du peuple algérien par la junte au pouvoir. Il prend appui sur les réactions démesurées à la défaite des Fennecs à la CAN-2021 pour expliquer les ressorts d’une allergie de plus en plus inquiétante de l’opinion publique algérienne envers le monde &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><em><span class="s1">« Le Matin d’Algérie » vient de provoquer une question audacieuse sur le processus de fanatisation du peuple algérien par la junte au pouvoir. Il prend appui sur les réactions démesurées à la défaite des Fennecs à la CAN-2021 pour expliquer les ressorts d’une allergie de plus en plus inquiétante de l’opinion publique algérienne envers le monde extérieur. Le Collimateur reprend in extenso l’analyse édifiante de notre confrère « Le Matin d’Algérie », signé Hebib Khelil. </span></em></p>
<p class="p1"><span class="s1">« Les réactions ahurissantes, parfois grotesques, de beaucoup d’Algériens, au lendemain de l’élimination de l’équipe nationale de la Coupe d’Afrique des nations, montrent le degré de décomposition avancée du pays.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Pour expliquer l’échec, les télévisions abrutissantes, qui pullulent sous l’ombre de l’Algérie nouvelle, diffusaient des reportages, où l’on montrait, partout au pays, dans l’Algérie profonde comme sur sa croûte, des gens consternés et furieux criant au complot. Aucun doute, le pays est visé : la main étrangère a encore frappé !</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">On accuse tout le monde avec des termes blessants, à forts relents racistes, indistinctement, arrogamment, sans retenue, avec suffisance et prétention. On dénonce la Confédération africaine de football, le Maroc, le Cameroun, et les pays qui nous ont sportivement battus. Beaucoup ont vu, dans cette élimination précoce, la main du diable, les crampons des djinns, les balais des sorcières, le chamanisme des « Kahlouch » et les grigris des marabouts !</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Les morts et les vivants, le monde visible et invisible, l’Afrique et l’Europe, tous se seraient ligués contre nous ! Contre le plus grand pays d’Afrique, la Mecque des causes justes, l’avatar de la Palestine, le bras armé d’Allah sur cette terre ! Dans chaque Algérien se cacherait-il un Tebboune qui s’ignore ? Dans chaque supporter, un Chenegriha ou un Calife en devenir ? Le pouvoir et le peuple fanatisés parlent-ils enfin d’une même voix complotiste ? Marionnettes et ventriloques en totale fusion.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Pendant le tournoi, des chaînes islamistes ont diffusé des reportages surréalistes, où exorcistes et charlatans, dépêchés en urgence au Cameroun, avaient pour mission de briser le sortilège dont serait victime l’EN d’Algérie qui n’arrivait pas à marquer. Mais, ni le Coran, ni les fioles d’eau bénite de Zemzem n’ont empêché l’humiliation.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Les crises collectives hallucinogènes et schizophréniques se mêlèrent à la déception de l’élimination. C’en est trop : les Fennecs et le saint Coran défaits, le pays et ses croyances tremblent ! Un journaliste sportif, pour montrer son attachement envers l’EN, a jugé bon, en direct, de déclarer, dans une incroyable digression, sa disponibilité à aller faire le Djihad en Palestine ! Quel rapport, me diriez-vous ? Aucun, juste une preuve d’amour !</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Comment en est-on arrivé là, en 2022 ? À cette « tribu » de 45 millions d’habitants, outrageusement dévote, complètement sabordée par le sacré et le mythe ? À ces légions de nombrilistes, ces gens en marge du monde et qui se prennent pour son centre ? Au point de croire que matière et métaphysique feraient corps pour nous éliminer d’un simple tournoi sportif !</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Dans le pays où l’échappatoire principale est le foot, la défaite est synonyme de retour à la réalité et au quotidien désenchanté. Ce que ne veut surtout pas le régime au pouvoir. Il lui est, en effet, très préjudiciable de revenir aux pénuries du lait et d’huile, à la pauvreté, au Covid-22, à l’effondrement du système de santé, aux manques de farine et de médicaments, à l’inflation, à la laideur des cités et douars, aux violences du quotidien, aux déchèteries sauvages, au rationnement de l’eau, au chômage, à l’ennui, l’arbitraire, aux détenus d’opinions, aux harragas… à l’enfer !</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">En France, où la communauté algérienne est forte, nombreux sont ceux qui souhaitaient la défaite des Fennecs. Par jalousie, envie, ou autre conspiration incongrue ? Non, mais simplement pour la tranquillité. La défaite épargne au pays des nuits d’agitation, des heurts, ou des voitures vandalisées.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">L’image que renvoie l’Algérien à l’étranger est peu reluisante. Imaginons l’inverse, imaginons, qu’une forte communauté étrangère d’Algérie, marocaine par exemple, fête violemment les victoires de son équipe nationale. Quelle serait la réaction des Algériens ? Que feraient-ils ? Il est plus qu’évident que cela ne serait pas toléré, violemment réprimé et dégénèrerait probablement en affrontements ethniques.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">La fabrique de l’ennemi, l’isolement, l’hyperreligiosité, et l’enfermement que vivent les Algériens, ont fait d’eux des êtres méfiants qui croient détenir et protéger le secret de la pierre philosophale et la fontaine de jouvence. 90 % des Algériens n’ont jamais voyagé, jamais vu une Suédoise ou une Suisse, et une Australienne est, pour eux, aussi exotique qu’un kangourou qui saute sur National Geografic Channel.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">L’Algérie de 2022 s’enfonce, chaque jour un peu plus, dans son moyen-âge. L’islamisme la ronge et lui fait racler du front, cinq fois par jour, le fond du tapis de prière sur lequel on l’a assise depuis l’indépendance.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Les prières sont ce qui reste de mieux aux peuples qui attendent la mort, lorsqu’ils ont épuisé possible et espoir. Lorsque le sort d’un match est plus important que celui de 300 détenus d’opinion. Lorsqu’on ne respecte ni les vivants, ni les morts, ni les femmes, ni les croyances d’autrui, pour un pays si jeune, cela s’apparente à un infanticide. L’espoir, est-il encore permis ? Non, à moins d’un improbable miracle, car ce n’est pas l’espoir qui sauve, mais les actes qui le rendent possible ».</span></p>
<p class="p1"><strong><span class="s1">Hebib Khelil</span></strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>« La colline verte », l’écriture et la mémoire</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/67943</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Brahim Zarkani]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 08 Jan 2022 17:17:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[Le K de le dire]]></category>
		<category><![CDATA[analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Colline verte]]></category>
		<category><![CDATA[récit]]></category>
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					<description><![CDATA[Il faut de temps en temps sortir pour pointer le nez ailleurs. Quitter ces chemins bien tracés car la surprise peut être au rendez-vous. Nous avons l’habitude de suivre l’actualité, ce qui nous cantonne dans un contexte bien précis favorisant le conditionnement de notre regard. Ce n’est qu’une fenêtre alors que le monde est très &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p2"><span class="s1">Il faut de temps en temps sortir pour pointer le nez ailleurs. Quitter ces chemins bien tracés car la surprise peut être au rendez-vous. Nous avons l’habitude de suivre l’actualité, ce qui nous cantonne dans un contexte bien précis favorisant le conditionnement de notre regard. Ce n’est qu’une fenêtre alors que le monde est très vaste à le cadrer ainsi. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Ce préambule n’est qu’un prétexte pour aborder un livre qui sort du circuit préétabli des livres au Maroc. Nous oublions toujours que le monde des livres ne doit pas être exclusivement appréhendé sous l’angle de la doxa de l’édition. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Certes, les maisons d’édition assurent un marché de livres qui jouissent d’une approbation d’une haute autorité intellectuelle. Cependant,<span class="Apple-converted-space">  </span>il y un autre circuit des livres animé par ce qu’on appelle « les mordus » de l’écriture. Un autre marché où on peut dénicher quelques livres pouvant nous convaincre à passer un moment de lecture exceptionnelle. C’est le cas de « <b>La colline verte »</b>, </span><span class="s2"><b><i>Info-Print 2021</i></b></span><span class="s1">, un recueil d’histoires courtes d’Abdeslam Laaouine. Un fervent lecteur et cinéphile, qui a choisi après avoir eu sa retraite dans le domaine de la médecine en France, de rejoindre la terre des ses aïeuls. Bâtir une maison en plein cœur du désert de la région de Draa. Dans ce lieu de silence et de solitude, là où le vent est libre de circuler sans entrave, l’écriture est venue frapper à sa porte. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Dès la première page, il est clair qu’il y a une forte présence d’un lecteur bien précis dans la tête de l’écrivain. C’est pour cela qu’il a fait recours à un avertissement, qui consiste à préciser le genre littéraire, que l’auteur a voulu mettre en place comme un contrat à signer avec le lecteur. Comme il le dit: « <i>Dans ce recueil de récits courts, je raconte des histoires ou des faits inspirés d’une certaine réalité et des faits imaginaires »</i>.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">A la lecture de ces récits, on est devant un roman avorté et fragmenté. Car il y a un fil conducteur qui relie tout ces récits et qui échappe à l’auteur. L’écriture est espiègle et peut nous jouer des tours. Ce lien est le narrateur par excellence qui a porté jusqu’à la fin le fardeau du tissage de ces histoires. Il est devenu ce personnage témoin de la vie des autres et cet observateur de la nature. Il a su installer un rythme et amener le lecteur à passer d’un état à un autre, d’un récit-chapitre à l’autre entre expérience naturelle et humaine. Il y a des récits-chapitres qui ont instauré un moment de respiration, comme le « plan de coupe » dans le montage cinématographique. Sauf que le « plan de coupe » dans le cinéma est très court alors que les récits relatifs à la description prennent plus de temps. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1">« La colline verte » est le titre de cet ouvrage mais il est aussi le socle d’une<span class="Apple-converted-space">  </span>poésie verte dans un monde désertique. C’est un havre de vie qui devient « <i>une drogue dure, et la nature est un aphrodisiaque »</i>, page 51. C’est l’histoire d’un voyage qui traverse le temps de plusieurs générations qui ont vécu dans ce Maroc du siècle dernier. L’histoire de ces gens qui ont marqué par leur singularité qui peut échapper à notre regard. Mais l’écrivain est là pour retenir l’éphémère et lui faire barrage.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">Le livre d’Abdeslam Laouine nous rappelle à quel point l’oubli est dévastateur. C’est pour cela que cet engagement dans l’aventure de l’écriture est un combat incessant et un acte majeur pour graver les noms des êtres &#8211; avec qui on a partagé une tranche de vie-dans le marbre de la mémoire.</span></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Maroc: Les fondements de la phase nouvelle (Par Abdellah Boussouf, historien)</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/60209</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 10 Oct 2021 10:34:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[NATION]]></category>
		<category><![CDATA[Abdellaf Boussouf]]></category>
		<category><![CDATA[analyse]]></category>
		<category><![CDATA[DISCOURS DU ROI]]></category>
		<category><![CDATA[parlement]]></category>
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					<description><![CDATA[Par Abdellah Boussouf Nous pouvons dire avec confiance, que le Maroc a réuni tous les ingrédients de sa réussite. En témoignent la maturité démocratique, la profondeur de la pratique politique et l’alternance au pouvoir… En témoignent aussi la capacité de notre pays à dresser les bons diagnostics et sa capacité de projection à travers des &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><strong>Par Abdellah Boussouf</strong></p>
<p class="p1"><span class="s1">Nous pouvons dire avec confiance, que le Maroc a réuni tous les ingrédients de sa réussite. En témoignent la maturité démocratique, la profondeur de la pratique politique et l’alternance au pouvoir… En témoignent aussi la capacité de notre pays à dresser les bons diagnostics et sa capacité de projection à travers des programmes de développement et la définition des objectifs stratégiques -le nouveau modèle de développement et le Pacte national du développement.. En témoignent aussi les grandes percées réalisées dans le dossier de notre intégrité territoriale, &#8211; la reconnaissance par les États-Unis de la marocanité du Sahara et l’ouverture des consulats à Laâyoune et Dakhla dans le Sahara marocain… le tout couronné par la participation massive et forte des habitants des provinces sahariennes marocaines au scrutin du 8 septembre 2021… </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Certes, nous ne sommes pas au bout du chemin… mais nous sommes à une phase charnière et prometteuse pour le développement et la prospérité du Maroc… Cela ne veut pas dire que le chemin était jonché de fleurs… ll aura fallu consentir beaucoup de sacrifices, de travail acharné et de réflexion sérieuse… pour poursuivre le processus de développement et affronter les défis extérieurs… </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Le discours adressé par Sa Majesté le Roi Mohammed VI vendredi 8 octobre, à l’occasion de l’ouverture de la première session de la première 1ère année législative de la 11ème législature, a décliné une approche réaliste de la phase nouvelle en cernant ses différentes dimensions et en définissant les trois priorités de l’action gouvernementale prochaine. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">L’approche réaliste du discours royal s’est traduite à travers la dualité diagnostic/solutions en se basant sur le langage des chiffres et des statistiques… partant du mode de gestion de la crise sanitaire due au coronavirus (Fonds Covid pour venir en aide aux couches nécessiteuses, gratuité du vaccin malgré son coût exorbitant, approvisionnement des marchés en produits de première nécessité… pour arriver à la nécessité de créer une réserve stratégique des produits alimentaires, sanitaires et énergétiques… </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Puisque les chiffres n’expriment pas un pointe de vue.. ils sont plutôt le reflet d’une réalité… Sa Majesté le Roi a présenté un discours chiffré… Taux de croissance à 5,5% en 2021, le secteur agricole a atteint une croissance de 17%, les investissements étrangers ont crû de 16%, les transferts des MRE ont augmenté de 46% à fin août et le taux d’inflation a été maîtrisé autour de 1%. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Ces chiffres reflètent l’esprit d’initiative et la confiance de l’acteur économique et des investisseurs étrangers. Ces chiffres sont porteurs d’espoir et d’optimisme, s&rsquo;inscrivent à rebours de la rhétorique négationniste et des discours pessimistes ambiants. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Le discours de la rentrée parlementaire n’a pas apporté seulement une bouffée d’espoir et d’optimisme, il a défini clairement l’essence du nouveau modèle de développement… il ne s’agit nullement d’un plan de développement au sens classique et figé du terme, il s’agit d’un cadre général ouvert, avec de nouveaux critères et de nouvelles perspectives bénéfiques pour toutes et tous. Le pacte national de développement constitue un mécanisme pour la mise en oeuvre de ce nouveau modèle de développement.. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Le discours réaliste de Sa Majesté le Roi élargira le périmètre d’action du gouvernement et du parlement, majorité et opposition confondues, il met le gouvernement devant ses responsabilités dans la définition des priorités stratégiques et des projets et leur réalisation à travers la recherche des moyens de financement en perspective de la mise en oeuvre du NMD, la poursuite des chantiers majeurs… la généralisation de la couverture sanitaire… la mise à niveau du système de santé… la réforme des entreprises publiques et la réforme fiscale.. et une nouvelle charte pour booster les investissements… </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Pour optimiser l’efficacité, la vigilance et pour assurer davantage de cohésion, le discours royal a appelé à une refonte profonde du Haut commissariat au Plan pour servir de mécanisme de soutien et d’accompagnement du processus de mise en oeuvre du nouveau modèle de développement sur la base de critères précis et de moyens modernes de suivi, ce qui constitue en soi une avancée majeure dans l’action du HCP… </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Nous entrons de plain pied dans une phase nouvelle… avec un nouveau gouvernement et un nouveau parlement… le discours royal nous a rendus tous responsables, gouvernement, parlement, entre autres institutions constitutionnelles, de la réussite de cette phase nouvelle avec ce que cela implique en termes d’esprit d’initiative, de citoyenneté et d’engagement responsable.. de ce processus volontariste et ambitieux incarné par l’intelligence collective des Marocains et porté par leur forte volonté de consolider la place du Maroc et préserver ses intérêts supérieurs à l’extérieur tout en poursuivant le processus de développement à l’intérieur…</span></p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Scène politique. Le jeu des ombres (XII). De la « sanction électorale »</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/55229</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Abdelhadi Gadi]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 16 Aug 2021 16:20:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[ÉLECTIONS 2021]]></category>
		<category><![CDATA[analyse]]></category>
		<category><![CDATA[élections]]></category>
		<category><![CDATA[PJD]]></category>
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					<description><![CDATA[Des fois, tu as juste envie de ne pas piper mot face à certaines bêtises politiques. On en voit depuis belle lurette et, benoîtement, on se dit que ceux qui les commettent vont finir par se rendre compte qu&#8217;ils ont suffisamment louvoyé comme ça. Eh ben, non ! Ils persistent et signent. Ce dimanche 15 &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Des fois, tu as juste envie de ne pas piper mot face à certaines bêtises politiques. On en voit depuis belle lurette et, benoîtement, on se dit que ceux qui les commettent vont finir par se rendre compte qu&rsquo;ils ont suffisamment louvoyé comme ça. Eh ben, non ! Ils persistent et signent. Ce dimanche 15 août, l&rsquo;homme du fameux sachet de sucre qui avait fait son entrée solennelle sous la coupole nous a rappelé à l&rsquo;ordre.</p>
<p>L&rsquo;ancien deux fois ministre, habitué des travées de la Chambre des députés depuis pratiquement deux décennies et non moins figure « incontournable » des Lampistes, était sur le plateau de Medi1TV.</p>
<p>Personnellement, ses sorties me manquaient. Ses approximations aussi et surtout. Si je ne devais retenir qu&rsquo;une petite phrase, c&rsquo;est celle-ci: les résultats du 8 septembre ne seront pas un indicateur quant à la popularité de sa chapelle ! Sic et re-sic, d&rsquo;un seul coup. « Parce que les règles du jeu ont changé, il va y avoir un impact certain sur les résultats mais sans réelle signification politique », a-t-il avancé en substance.</p>
<p>Lahcen Daoudi, parce que c&rsquo;est de lui qu&rsquo;il s&rsquo;agit, est sans appel lorsqu&rsquo;il en appelle à la « logique ». La sienne bien sûr et celle des siens, soit dit en passant ! Bien entendu, il fera le petit clin d&rsquo;œil au <strong>quotidien électoral</strong>, alors qu&rsquo;il s&rsquo;agirait, peut-être, de repenser le <strong>quotient intellectuel</strong> de certains politiciens. Surtout quand ils se mettent à faire feu de tout bois, pourvu qu&rsquo;il serve de « fonds argumentaire ».</p>
<p>Maintenant, quand on suit l&rsquo;hémorragie des démissions au sein de sa formation, on se dit que le navire chavire, alors que ceux qui sont à son gouvernail regardent ailleurs !</p>
<p>Poussant son analyse plus loin plus bas, le responsable minimise tout au passage. Un exemple ? Pour lui, la débâcle des élections des Chambres professionnelles serait, elle aussi, insignifiante. Tout comme le revers de l&rsquo;autre échéance où l&rsquo;UNMT a subi la dégringolade ne semble échauder la direction de la Lampe. Tout au moins, c&rsquo;est ce qu&rsquo;elle essaie de faire passer comme message.</p>
<p>Pour une formation, qui revendique 45.000 encartés, une telle appréciation relève de la non-considération des centaines de milliers de personnes qui n&rsquo;ont pas voté pour ses candidats. Serait-ce la représentation qu&rsquo;ils se font de la politique ? Sans être tranchant, il semblerait que c&rsquo;est effectivement le cas.</p>
<p>Surprenant ? Pas vraiment. Et le discours qu&rsquo;ils vendent en livre la démonstration. La question est de savoir s&rsquo;il ne s&rsquo;agirait de la préparation psychologique d&rsquo;une extinction en vue !</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Scène politique, le jeu des ombres (V) (Par Abdelhadi Gadi)</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/54186</link>
		
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		<pubDate>Thu, 05 Aug 2021 11:30:44 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[analyse]]></category>
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					<description><![CDATA[Par Abdelhadi Gadi De la campagne électorale: Théoriquement, tout un chacun sait, plus ou moins, ce à quoi renvoie le mot campagne. Ou, plutôt, ce moment politique auquel fait allusion le terme. Résumons sans fioritures théorisantes: Il s’agit de promouvoir auprès du grand  public, l&#8217;électorat en premier lieu, un candidat aux échéances, ainsi que le &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Abdelhadi Gadi</strong></p>
<p class="p1"><strong><span class="s1">De la campagne électorale:</span></strong></p>
<p class="p1"><span class="s1">Théoriquement, tout un chacun sait, plus ou moins, ce à quoi renvoie le mot campagne. Ou, plutôt, ce moment politique auquel fait allusion le terme. Résumons sans fioritures théorisantes: Il s’agit de promouvoir auprès du grand<span class="Apple-converted-space">  </span>public, l&rsquo;électorat en premier lieu, un candidat aux échéances, ainsi que le programme, normalement celui du parti, dont il est porteur. Ou dont il est censé être porteur. Les détails sont dans les manuels !</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Plantons le topo&#8230;</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Alors qu&rsquo;on avance à grands pas vers l&rsquo;échéance du 8 septembre, on vit déjà au rythme du deuxième tempo du temps électoral: les élections des Chambres professionnelles. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">C&rsquo;est certes important dans ce long processus d&rsquo;échéances tissé, mais ça ne semble « émouvoir » outre mesure ni le grand public et a fortiori certains partis politiques. Le nombre des candidatures en livre une démonstration, mais pas que ! À enjeu limité, (selon une vision étriquée), mobilisation limitée. Ce sont<span class="Apple-converted-space">  </span>juste les grosses écuries partisanes qui sont sur les starting-blocks et le chef de file de la « majorité » sortante ne semble pas avoir suffisamment de fantassins pour les envoyer au front. Ou, encore, du fait que ses ténors préféreraient la visibilité parlementaire, et ce qu&rsquo;elle induit. On pense et on rêve de l&rsquo;enceinte parlementaire, prioritairement, et, à moindre mesure, les grandes villes et les Régions. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Maintenant, compte tenu de la situation pandémique, le « moussem » électoral pour les Chambres professionnelles, notamment, manque d' »animation ». Tout au moins sur la place publique.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Du coup, certains candidats, animés par la tendance du « distanciel », se sont rabattus sur les réseaux sociaux. En l&rsquo;absence d&rsquo;affiches en papier, on s&rsquo;affiche sur les murs FB.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Qu&rsquo;à cela ne tienne ! Il est vrai qu&rsquo;on fait ce qu&rsquo;on peut, mais il y a la manière, disait l&rsquo;autre. </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Et la manière manque cruellement à certains. Notamment, à la formation qui « mène » la majorité sortante. Une formation qui semble avoir développé des addictions du fait que ses membres ont pris certaines habitudes depuis environ deux décennies. Au point qu&rsquo;ils avancent un discours pour le moins mal-placé à l&rsquo;endroit d&rsquo;on-ne-sait-qui qu&rsquo;ils auraient été mieux inspirés de préciser ! Mais, tel leur ancien chef, ils optent pour l&rsquo;insinuation. Ils suivent en ceci une « méthode de victimisation », alors que les urnes n&rsquo;ont pas encore « parlé ». </span></p>
<p class="p1"><span class="s1">D&rsquo;ailleurs, leur chef actuel ne cesse de répéter la même litanie: « L&rsquo;instauration du quotient électoral a été mise en œuvre pour plafonner notre représentativé » ! Serait-ce une façon de préparer les troupes pour une éventuelle débâcle électorale que les Lampistes anticipent comme inéluctable ? Peut-être ! Même si personne ne serait en mesure, valeur aujourd&rsquo;hui, de se substituer aux électeurs.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Toujours est-il qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une drôle de campagne !</span></p>
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