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	<title>Afrique du Nord &#8211; Le collimateur</title>
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		<title>[PLAIDOYER] Afrique du Nord : Une identité amazighe authentique qui n’a pas besoin d’être « tamazighisée ».</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 06 May 2026 10:40:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Par: Mohamed KHOUKHCHANI L’Afrique du Nord, ou « Tamazgha » comme l’appellent les Amazighs, n’est pas une simple région géographique, mais une entité civilisationnelle enracinée et ancrée au plus profond de l’histoire. Les Amazighs ne sont pas des habitants de passage ou des arrivants récents, ils sont les peuples autochtones de cette terre depuis l’aube &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Par: Mohamed KHOUKHCHANI</p>
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<p>L’Afrique du Nord, ou « Tamazgha » comme l’appellent les Amazighs, n’est pas une simple région géographique, mais une entité civilisationnelle enracinée et ancrée au plus profond de l’histoire. Les Amazighs ne sont pas des habitants de passage ou des arrivants récents, ils sont les peuples autochtones de cette terre depuis l’aube des temps. Parler de « tamazighisation » de l’Afrique du Nord par quelque partie étrangère que ce soit – qu’il s’agisse d’Israël ou d’un autre pays – n’est pas seulement inutile, c’est aussi une ignorance de la vérité historique et anthropologique solidement établie.</p>
<p>I. Les racines historiques des Amazighs en Afrique du Nord.</p>
<p>● Preuves archéologiques et anthropologiques.</p>
<p>Les découvertes archéologiques prouvent que la présence humaine en Afrique du Nord remonte à des milliers d’années avant notre ère. Des restes humains ont été trouvés dans la région d’Irhoud (Adrar Irhoud), près de la ville de Youssoufia (Région Marrakech-Safi) au Maroc, datant d’environ 300 000 ans, faisant des Amazighs un prolongement naturel de ces racines profondes. De même, les peintures rupestres des montagnes du Tassili (Algérie) et les anciennes civilisations amazighes (Numides, Maures, Gétules) montrent que l’Afrique du Nord était habitée par les Amazighs avant toute migration étrangère.</p>
<p>● Continuité linguistique et culturelle.</p>
<p>La langue amazighe, avec ses différents dialectes (Tarifit, Tachelhit, Taqbaylit, Tamazight, etc.), est une langue africaine authentique appartenant à la famille des langues afro-asiatiques. Des inscriptions en libyque ancien (Tifinagh) datant du premier millénaire avant notre ère ont été découvertes, ce qui prouve que les Amazighs possédaient un système d’écriture développé avant les Phéniciens et les Romains. Cela démontre qu’ils ne sont pas de simples « récepteurs » de civilisations, mais bien les porteurs d’une civilisation indépendante.</p>
<p>II. L’accueil des arrivants par les Amazighs : une hospitalité qui n’est pas une assimilation.</p>
<p>● Les Juifs en Afrique du Nord</p>
<p>Les Juifs sont venus en Afrique du Nord en provenance d’Égypte après la destruction du Premier Temple, et les Amazighs les ont accueillis comme des hôtes. Certains se sont intégrés au point que des tribus amazighes juives sont apparues, comme les « Ourtyion » et les « Ouchtit ». Mais cette intégration n’a pas fait perdre à la région son identité amazighe. Bien au contraire, les Juifs amazighs eux-mêmes sont devenus une composante du peuple amazigh.</p>
<p>● Les Arabes et l’Islam</p>
<p>Quand les Arabes sont venus avec l’Islam au VIIe siècle de notre ère, les Amazighs les ont également accueillis, mais ils n’ont pas perdu leur identité. Bien plus, les Amazighs ont joué un rôle de premier plan dans la diffusion de l’Islam et de la pensée – de Tariq ibn Ziyad à Ibn Battouta en passant par Sénoussi – et ils étaient souvent plus savants que de nombreux arrivants. Les Amazighs ont fondé de grands États islamiques tels que les Almoravides et les Almohades, et ils en étaient les leaders et les propagateurs.</p>
<p>● Les Phéniciens, les Romains, les Vandales et les Byzantins.</p>
<p>Avant le judaïsme et l’islam, l’Afrique du Nord a accueilli les Phéniciens qui fondèrent Carthage, puis les Romains qui restèrent des siècles, mais les Amazighs sont toujours restés la majorité démographique et culturelle. Ils se sont soulevés contre ces empires (comme la révolte de Takfarinas). Même lorsque certains Amazighs ont adopté le latin ou la langue punique, leur conscience amazighe est restée présente, comme elle l’est aujourd’hui.</p>
<p>III. Pourquoi l’Afrique du Nord n’a-t-elle pas besoin de « tamazighisation » ?</p>
<p>Premièrement : Parce qu’elle est originellement amazighe.</p>
<p>La tamazighisation signifie importer une identité de l’extérieur, mais l’Afrique du Nord est elle-même la source de l’identité amazighe. Des îles Canaries (Tikânarin) à l’oasis de Siwa en Égypte, toute cette région était culturellement et linguistiquement amazighe. Si certains ont besoin d’une tamazighisation, ce sont les Amazighs qui ont perdu la langue dans certaines régions, et non cette terre qui est la mère de la terre amazighe.</p>
<p>Deuxièmement : La tamazighisation par Israël ou d’autres est une mise en doute de la légitimité des Amazighs.</p>
<p>Le discours sur une tamazighisation de l’Afrique du Nord par Israël – qui prend parfois la forme d’un soutien aux « Juifs amazighs » comme groupe séparé – est une tentative de créer des identités antagonistes ou d’affaiblir les liens nationaux dans les pays du Maghreb. Mais la réalité est que l’amazighité n’est pas une identité religieuse mais culturelle, linguistique et historique. Un Juif amazigh est un Amazigh tout comme son cousin musulman ou chrétien.</p>
<p>Troisièmement : L’identité amazighe n’a pas besoin d’intermédiaire.</p>
<p>Les Amazighs d’aujourd’hui – au Maroc, en Algérie, en Tunisie, en Libye, en Mauritanie, au Mali, au Niger et dans les autres pays du Sahel et du Sahara – sont en train de raviver leur langue et leur culture par eux-mêmes. Ils écrivent, enseignent et revendiquent leurs droits sans avoir besoin d’être « tamazighisés » de l’extérieur. Cette renaissance est intrinsèque, elle émane de la terre amazighe elle-même.</p>
<p>Conclusion.</p>
<p>L’Afrique du Nord n’est pas une région vide qui aurait accueilli des peuples successifs pour façonner son identité. C’est la patrie des Amazighs qui étaient ici avant toutes les migrations. Les hôtes – quelle que soit la durée de leur séjour – restent des hôtes, et les Amazighs sont restés les maîtres de cette terre. Par conséquent, Tamazgha n’a besoin d’une tamazighisation ni par Israël, ni par aucun autre pays, car elle est elle-même la source de la tamazighisation pour des générations et des générations. Que celui qui veut vivre en Afrique du Nord respecte cette vérité historique : la terre est amazighe, l’identité est amazighe, l’histoire ne se falsifie pas, et les Amazighs n’ont pas besoin qu’on « leur donne » leur identité, car ils ne l’ont jamais perdue.</p>
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		<title>La malédiction des penseurs nord-africains</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 02 Mar 2023 09:41:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[NOS CHRONIQUEURS]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique du Nord]]></category>
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					<description><![CDATA[Par Mohammed FARISI* Depuis l&#8217;Antiquité jusqu&#8217;à nos jours, l&#8217;Afrique du Nord a été maintenue dans une position de subordination et de soumission sur les plans linguistique, identitaire, politique et économique. En cherchant les raisons de cet état anormal, on constate que la multi-colonisation a contribué à maintenir cette région et sa population dans une position &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><b>Par Mohammed FARISI*</b></p>
<p class="p2">Depuis l&rsquo;Antiquité jusqu&rsquo;à nos jours, l&rsquo;Afrique du Nord a été maintenue dans une position de subordination et de soumission sur les plans linguistique, identitaire, politique et économique. En cherchant les raisons de cet état anormal, on constate que la multi-colonisation a contribué à maintenir cette région et sa population dans une position de faiblesse. Cette raison est particulièrement valable lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;évoquer les facteurs politiques et économiques qui ont influencé la société. Cependant, lorsqu&rsquo;il est question de la pensée, d&rsquo;autres éléments peuvent entrer en jeu.</p>
<p class="p2">En abordant la question de la pensée nord-africaine, on considère souvent qu&rsquo;elle est composée d&rsquo;un ensemble de composants culturels et civilisationnels produits par des philosophes et écrivains berbères dans d&rsquo;autres langues étrangères telles que le latin, le grec, le français, et l’arabe etc. Autrement dit, cette pensée a été mise au service d&rsquo;autres civilisations. En réalité, la confusion linguistique qui accompagne l&rsquo;intellectuel berbère persiste encore aujourd&rsquo;hui. Les raisons de cette confusion ne sont pas souvent liées à des facteurs politiques et économiques, mais plutôt au soi berbère elle-même. Ce soi peut être marquée par une complexe de l&rsquo;autre ou de la supériorité de l&rsquo;autre, qui résulte en une forme de <i>haine de soi</i> (Banhakeia : 2016).</p>
<p class="p2">Le complexe de supériorité de l&rsquo;autre chez les Berbères ne concerne pas uniquement la supériorité économique et politique de l&rsquo;autre, même si ces éléments jouent un rôle important. On croit également que la supériorité religieuse de l&rsquo;autre a eu un impact primordial dans la construction de cette complexité. En examinant les débuts du mouvement intellectuel en Afrique du Nord, on constate que la production littéraire et philosophique était souvent liée aux mouvements religieux ou aux nouvelles religions de chaque époque, à savoir :</p>
<p class="p2"><strong>La période païenne:</strong> Juba II de Cyrène, Théodore de Cyrène, Hégésias de Cyrène, Arété, mère de Cyrène, Artissipe le jeune, Annicécis, Carnéade, Eratosthène, Lycides de Cyrène: Philosophe Platonicien, Clitomaque de Carthage. <strong>La période chrétienne:</strong> Jules l’africaine, Arnobe : le chrétien racheté, Cyprien : premier martyr d’Afrique, Lactance : mi-philosophe et mi-théologien, Sant-augustin. (Ibid.) On peut ajouter à cela <strong>la période islamique</strong>, qui se caractérise par un changement de pensée en faveur de l&rsquo;Islam, et qui a contribué à améliorer tous les champs cognitifs tels que la littérature, la philosophie et la religion islamique. Cette période a laissé des traces qui perdurent jusqu&rsquo;à nos jours.</p>
<p class="p2">Finalement, on constate que la pensée nord-africaine est souvent associée à l&rsquo;autre, que ce soit sur le plan religieux, économique ou politique. En d&rsquo;autres termes, elle est considérée comme un outil au service de l&rsquo;autre sans condition. Cette caractéristique est perçue, d&rsquo;une part, de manière positive, car elle témoigne de la capacité d&rsquo;interaction avec l&rsquo;autre, mais d&rsquo;autre part, elle a des impacts négatifs sur l&rsquo;identité et la langue maternelle, qui n&rsquo;ont pas de place dans ce parcours intellectuel. Ainsi, le principal problème de cet espace géographique demeure la lacune qui nécessite des efforts pour occuper une position centrale plutôt que périphérique. Comme l&rsquo;a dit Banhakeia : « <i>Entre l&rsquo;Orient et l&rsquo;Occident, il n&rsquo;y a pas de place spécifique pour l&rsquo;Afrique du Nord. Pour exister, elle doit se rapprocher ou s&rsquo;éloigner d&rsquo;un pôle ou de l&rsquo;autre</i> » (Ibid.).</p>
<p class="p2"><strong>Références bibliographique:</strong></p>
<p class="p2">Banhakeia, H. (2016). Histoire de la pensée nord-africaine, L’Harmattan, France</p>
<p><strong>*Mohammed FARISI (Doctorant) </strong></p>
<p class="p1">Université Sultan Moulay Slimane Maroc</p>
<p class="p1">Faculté des lettres et des sciences humaines</p>
<p class="p1">Université Sorbonne Nouvelle France</p>
<p class="p1">Ecole supérieure des interprètes et traducteurs</p>
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