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	<title>Abdellah Elatrach &#8211; Le collimateur</title>
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	<description>Le goût de la vérité n&#039;empêche pas la prise de parti</description>
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	<title>Abdellah Elatrach &#8211; Le collimateur</title>
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		<title>UN ARTISTE. UNE ŒUVRE. ABDELLAH ELATRACH. ENTRE « SURRÉALISME » ET « SURNATUREL »… ESSAOUIRA DANS L&#8217;ÂME ET DANS LES  YEUX !    </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Azdine Hachimi Idrissi]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Jul 2020 15:33:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
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		<category><![CDATA[NOS CHRONIQUEURS]]></category>
		<category><![CDATA[Abdellah Elatrach]]></category>
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					<description><![CDATA[Écrire aujourd&#8217;hui sur un artiste de premier plan faisant partie des « peintres d’Essaouira » est une gageure. Que dire de plus? Plusieurs angles de lectures et notions ont déjà été mobilisés : peinture de la transe&#8230; peinture singulière&#8230;peinture ethnologique&#8230;peinture du fantastique… De plus, le poids culturel de cette ville constitue un référentiel ayant valeur de « &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Écrire aujourd&rsquo;hui sur un artiste de premier plan faisant partie des « peintres d’Essaouira » est une gageure. Que dire de plus? Plusieurs angles de lectures et notions ont déjà été mobilisés : peinture de la transe&#8230; peinture singulière&#8230;peinture ethnologique&#8230;peinture du fantastique…</p>
<p>De plus, le poids culturel de cette ville constitue un référentiel ayant valeur de « quasi école »  dans le champ plastique. Il est rare qu&rsquo;on dise les « peintres de Casablanca »&#8230; les « peintres de Rabat »&#8230; les « peintres de Marrakech »&#8230; ou de Fès. Par contre,  la ville d&rsquo;Essaouira et son aire culturelle sont  étroitement liées à cette singulière expérience plastique !</p>
<p>L&rsquo;imprégnation des peintres d&rsquo;Essaouira  par les  traditions locales, la spiritualité ambiante, les rituels,…  nous  appelle à évoquer nécessairement ce background.</p>
<p>Malgré les dérives folklorisantes et la superficialité des  artistes plagiaires « revendiquant » l’appartenance aux « peintres d’Essaouira »… la notoriété des authentiques créateurs… dont Abdellah Elatrach… est restée intacte.</p>
<p>L’œuvre d&rsquo; Abdellah Elatrach – qui mène une carrière nationale et internationale &#8211;  porte l&#8217;empreinte d&rsquo;une recherche profonde et originale. Elle  donne à voir un imaginaire qui renvoie aux profondes strates de la psyché humaine.</p>
<p>Elatrach est  né en 1972  à El Hanchan, localité dans les environs d’Essaouira.  Il est passé par divers métiers demandant une grande dextérité manuelle et un travail fin sur la matière: ébéniste, marqueteur, sculpteur&#8230; et même pâtissier!! Et rien ne se perd ! La peinture a finalement constitué pour lui le champ d&rsquo;expression de ses passions, ses préoccupations&#8230; et aussi ses hantises.</p>
<p>Un fait remarquable n&rsquo;a pas été suffisamment relevé. Le nom de la localité El Hanchan vient d&rsquo;une légende populaire locale associant une dame à des serpents. La légende a fortement imprégné l&rsquo;imaginaire des populations. Ce rapport symbolique ou fantasmé entre le monde des humains et le monde animal va avoir un effet démultiplié sur la créativité d&rsquo;Abdellah Elatrach.</p>
<p>L’accointance entre humain et animal marque fortement ses œuvres. Il laisse percevoir un référentiel  présent dans la pensée mythique et les mythologies. Ces constructions de l&rsquo;esprit qui  rejettent les frontières entre le règne humain, animal ou végétal&#8230;</p>
<p>Dans ses œuvres, on observe immédiatement des entités hybrides mixant figure humaine et museau animal. Les célèbres figures de la mythologie de l&rsquo;Égypte antique ne sont pas trop éloignées.</p>
<p>Un univers pictural donnant l&rsquo;impression que tout possède une âme. L&rsquo;âme n&rsquo;est plus une caractéristique  de l&rsquo;humain. Tout est vivant&#8230; tout se rejoint&#8230; sans distinction&#8230; ni différenciation !  Y compris ces objets qui saturent ses toiles … dont notamment les fascinants instruments de musique.</p>
<p>Les œuvres d’Abdellah Elatrach suggèrent souvent des scènes de quasi « farandoles surnaturelles » marquées par de savants assemblages et liaisons entre personnages, animaux et objets.</p>
<p>Rien n&rsquo;est autonome. Aucune entité n&rsquo;est indépendante de l&rsquo;autre. Les entrecroisements sont partout.  Une « entité » ou une  « chose » tient à une autre: personnages, animaux, mains, jambes, anneaux, objet fantasmagoriques, instruments de musiques, excroissances végétales,… Les liaisons sont partout et cela est encore plus visible dans ses œuvres en noir et blanc.</p>
<p>Pour faciliter les jonctions, Abdellah Elatrach accorde une grande place aux « passages » qui prennent la forme de brèches, fentes, interstices, afin de laisser passer l&rsquo;élément ou le fil du lien.</p>
<p>On dirait que tout est « cousu ». Et forcément cet univers ne peut accepter la « rigidité ». Elle est quasiment absente dans les compositions, Tout semble souple,  flasque, mou, presque élastique pour que, bien évidemment, les connexions puissent s&rsquo;établir.</p>
<p>C&rsquo;est comme s&rsquo;il y avait  chez Abdellah Elatrach une quête permanente pour une « matrice initiale »… Cet état premier, primitif où toutes les entités étaient regroupées en une seule « unité » sans différenciation.</p>
<p>Ce désir de jonction est également traduit, dans toutes ses œuvres, par la singulière phosphorescence blanche des « ongles des humanoïdes » et des « griffes animales ». Ils font l’objet d’un même traitement chromatique: une étrange blancheur étincelante qui illumine aussi les toiles.</p>
<p>Si les surréalistes, en peinture ou en littérature,  puisaient dans leur « inconscient » les procédés de leur création&#8230; ici nous sommes au-delà de l&rsquo;équation « individuelle » freudienne.</p>
<p>Elatrach nous mène vers des éléments plus profonds enracinés dans le fond anthropologique « collectif » de l&rsquo;humanité. On comprend dès lors pourquoi les « états  de conscience modifiée » issus de la transe gnaouie&#8230; des rituels vaudou&#8230; ou des rites chamaniques&#8230; peuvent expliquer la genèse des œuvres de Elatrach.</p>
<p>Le rétablissement de « l&rsquo;harmonie intérieure »  demeure l&rsquo;objectif fondamental de ces rituels qui cherchent une « médiation » entre  humains, esprits de la nature et autres entités.</p>
<p>Au-delà du surréalisme, Abdellah Elatrach est beaucoup plus inscrit dans une « esthétique du surnaturel ». Il y accède par des « rêves éveillés », dit-il !</p>
<p>Avant de peindre, il se prépare mentalement et spirituellement &#8211; une étape nécessaire de médiation &#8211;   afin de déboucher sur cette « porte de créativité » menant au fantastique et au merveilleux qui distinguent son univers.</p>
<p>Il y a évidemment une grande part d&rsquo; « étrangeté » dans son monde, mais elle est métamorphosée en beauté… Elle est porteuse d&rsquo;une féérie chromatique exceptionnelle&#8230; parce que Abdellah Elatrach maîtrise aussi parfaitement son art.</p>
<p>Parce qu&rsquo;il faut aussi que l&rsquo;artiste ait le talent et l&rsquo;intuition de traduire en  œuvre &#8211;  avec sa propre grammaire plastique &#8211; des éléments profondément enfouis dans la psyché humaine. Et qu&rsquo;il arrive à les faire parler et à les partager.</p>
<p>Abdellah Elatrach a réussi à relever ce défi et il est, quelque part, comme il le rappelle lui-même, dans la lignée de Abbès Saladi et de Boujemaa Lakhdar avec qui il partage certaines visions.</p>
<p>Abdellah Elatrach donne à voir  une éblouissante œuvre  mettant en scène un « rêve éveillé »… qui ravit nos yeux en interpellant fortement les strates profondes de notre psyché.</p>
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