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	<title>POLITOSCOPE &#8211; Le collimateur</title>
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	<description>Le goût de la vérité n&#039;empêche pas la prise de parti</description>
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	<title>POLITOSCOPE &#8211; Le collimateur</title>
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	<item>
		<title>La Colombie passe à droite, Alger et le « polisario » perdent leur dernier « bastion » en Amérique Latine</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/214462</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 22 Jun 2026 14:32:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[POLITOSCOPE]]></category>
		<category><![CDATA[Abelardo de la Espriella]]></category>
		<category><![CDATA[nouveau président de la Colombie]]></category>
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					<description><![CDATA[Abelardo de la Espriella, candidat pro-Trump, a remporté le second tour de l&#8217;élection présidentielle en Colombie dimanche, faisant basculer très à droite un pays frappé par la violence des groupes armés. Cet avocat millionnaire, 47 ans, a battu de peu (49,7% des voix contre 48,7%) le sénateur de gauche Ivan Cepeda, allié du président sortant &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Abelardo de la Espriella, candidat pro-Trump, a remporté le second tour de l&rsquo;élection présidentielle en Colombie dimanche, faisant basculer très à droite un pays frappé par la violence des groupes armés. Cet avocat millionnaire, 47 ans, a battu de peu (49,7% des voix contre 48,7%) le sénateur de gauche Ivan Cepeda, allié du président sortant Gustavo Petro.</strong></p>
<blockquote class="twitter-tweet">
<p dir="ltr" lang="es">¡Gracias Colombia! <img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/1fae1.png" alt="🫡" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /></p>
<p>(A.D.L.E) <img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/1f1e8-1f1f4.png" alt="🇨🇴" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/1f405.png" alt="🐅" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /> <a href="https://t.co/KTzXtJ9i5M">pic.twitter.com/KTzXtJ9i5M</a></p>
<p>— Abelardo De La Espriella (@ABDELAESPRIELLA) <a href="https://x.com/ABDELAESPRIELLA/status/2068840618638340394?ref_src=twsrc%5Etfw">June 21, 2026</a></p></blockquote>
<p><script async src="https://platform.x.com/widgets.js" charset="utf-8"></script></p>
<p><strong>L&rsquo;arrivée au pouvoir de la droite sonne la fin du gouvernement de gauche de Gustavo Petro (2022-2026), <span class="x3jgonx">pratiquement le dernier farouche allié de la milice terroriste séparatiste du « polisario » en Amérique latine. Cette évolution politique modifiera certainement la position de Bogotá sur la question du Sahara occidental marocain.</span></strong></p>
<p><strong>La Colombie devient le dernier pays latino-américain en date à passer à droite après l&rsquo;Argentine, le Chili ou l&rsquo;Équateur.</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le juge et le croisé (Par: Driss AJBALI)</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/214376</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 20 Jun 2026 22:50:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[NOS CHRONIQUEURS]]></category>
		<category><![CDATA[POLITOSCOPE]]></category>
		<category><![CDATA[Éric Tegnér]]></category>
		<category><![CDATA[Youssef Badr]]></category>
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					<description><![CDATA[Par: Driss AJBALI Youssef Badr est né en avril 1981, 25 jours avant l’élection de Mitterrand le 10 mai. Il a vu le jour à Levallois-Perret, la ville des Balkany. Il est l’enfant d’une mère femme de ménage et d’un père ouvrier dans le bâtiment. Ce sont des immigrés marocains arrivés, en France, dans les &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par: Driss AJBALI</strong></p>
<p><strong><img decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-214377" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/ajbalus.jpg" alt="" width="780" height="470" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/ajbalus.jpg 780w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/ajbalus-300x181.jpg 300w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/ajbalus-768x463.jpg 768w" sizes="(max-width: 780px) 100vw, 780px" /></strong></p>
<p><strong>Youssef Badr est né en avril 1981, 25 jours avant l’élection de Mitterrand le 10 mai. Il a vu le jour à Levallois-Perret, la ville des Balkany. Il est l’enfant d’une mère femme de ménage et d’un père ouvrier dans le bâtiment. Ce sont des immigrés marocains arrivés, en France, dans les années 1970. Des honnêtes gens, comme il y en a tellement. Eux ils sont à la tête d’une famille de cinq enfants dont Youssef Badr est l’avant-dernier. Il est aujourd’hui magistrat. Et il doit certainement être la fierté de ses parents, tant il incarne la méritocratie républicaine telle qu’on aime se la raconter.</strong></p>
<p><strong>Sorti en 2010 de l’École nationale de la magistrature, il a fait ses armes à Meaux (sous Jean-François Copé), puis à Bobigny, dont la maire était alors Catherine Peyge (PCF). En janvier 2016, il est nommé substitut près le tribunal de grande instance de Paris, avant de devenir porte-parole du ministère de la Justice de 2017 à 2019. En juillet 2022, il est nommé premier vice-président adjoint au tribunal judiciaire de Bobigny. Il est l’auteur d’un essai, « Pour une justice aux 1 000 visages ». Comme aurait dit Hassan II, « Voici devant vous », avec Youssef Badr, « un intégré 100 % ».</strong></p>
<p><strong>Éric Tegnér est fondateur et directeur du média identitaire Frontières, un trimestriel papier qui a succédé au Livre Noir, qu’il avait fondé en 2021. Ce média d’information et d’influence d’extrême droite qui n’était qu’un site en ligne mais qui a fait sa fortune réputationnelle. Ce n’est pas journaliste comme il l’affirme crânement. C’est un militant. Il avait axé son site sur une approche éditoriale identitaire et anti- immigration. Il s’était fait connaître pour ses vidéos sur YouTube, ses enquêtes polémiques (notamment sur l’extrême gauche) et la publication de numéros de presse hors-série ou ses entretiens avec Zemmour, Sarah Knafo ou Marion Maréchal. Frontière et surtout Tegnér sont soutenus par Bolloré et par Pierre- Édouard Stérin, via le plan Périclès (Patriotes, Enracinés, Résistants, Identitaires, Chrétiens, Libéraux, Européens, Souverainistes). Ce trublion de la toile est à l’origine de l’affaire Boualem Sansal, qui siège à son comité de rédaction comme le désormais banni Amine El Bahi, aujourd’hui en bisbille avec lui, tout particulièrement. En cinquante ans de vie en France, j’en ai vu, personnellement « des faux- culs », mais le Tegnér, comme disait Audiard « c’est la synthèse ».</strong></p>
<p><strong>Pour avoir publié, dans une enquête en 2025, et divulgué des données personnelles (nom, prénom, ville d’exercice) d’avocats spécialisés en droit des étrangers, Frontières, force est de l’admettre, est sorti des clous du journalisme pour fouler aux pieds les territoires interdits de la délation. En présentant ces avocats comme des « militants idéologiques » ou des « coupables cachés du chaos migratoire » tirant profit d’un « business juteux », ces avocats allaient ensuite et indubitablement être visés par des commentaires haineux sur les réseaux et par des menaces. Ils ont porté plainte. Jeudi 18 juin, Éric Tegnér a été condamné à six mois de prison avec sursis et 10 000 euros d’amende. La décision est prise par une formation collégiale — un juge et deux assesseurs — présidée par un magistrat. Il se trouve que celui-ci n’est autre que Youssef Badr.</strong></p>
<p><strong>À l’énoncé du jugement, le président de la chambre, Youssef Badr, avait souligné qu’Éric Tegnér « ne pouvait ignorer que la publication était susceptible de causer des comportements violents à l’égard des avocats », visés par une « rhétorique virulente » et « une liste accusatoire et stigmatisante ». Éric Tegnér, qui n’est jamais tendre avec la justice, a aussitôt dénoncé sa condamnation comme « une totale dinguerie ». Il a, dans la foulée, appelé ses troupes à la rescousse — il faut dire qu’il en compte 98 000 sur X — et, comme Jean Messiha avant lui, sollicité des dons pour financer son combat judiciaire. Toute la francosphère, figures de l’extrême droite en tête, s’est aussitôt indignée de la partialité du juge, présenté comme « un militant ouvertement anti- RN ».</strong></p>
<p><strong> Et puisque Youssef Badr est d’origine marocaine, son prétendu tropisme communautaire n’aurait pu que parasiter son jugement. Circonstance aggravante, Youssef Badr parraine des étudiants des différents IUT de Seine-Saint-Denis depuis 2018. Il a été le parrain d’honneur de l’association « La Grande famille » qui parraine chaque année plusieurs étudiants issus de ces IUT (Bobigny, Villetaneuse et Saint-Denis). Il a par ailleurs contribué, en juillet 2021, à la création de « La Courte Échelle », association de lutte contre le décrochage universitaire. Un dossier accablant, donc : voilà bien de quoi disqualifier, lui l’Arabe, pour juger M. Tegnér, qui se revendique d’origines vikings.</strong></p>
<p><strong>Du coup, celui qui n’a de cesse de se poser en victime a mis, lui, une vraie cible sur le dos du magistrat. Youssef Badr fait depuis l’objet de nombreux commentaires racistes et islamophobes, et même de menaces — au point que Gérald Darmanin a dû intervenir publiquement pour condamner « les attaques racistes et les menaces » dont il est depuis victime sur les réseaux sociaux. Youssef Badr a également reçu le soutien de la présidente du tribunal judiciaire de Bobigny, Anne Auclair- Rabinovitch qui a exprimé son « indignation », en réaction aux « attaques intolérables subies par les trois magistrats ayant rendu la décision ». « De telles attaques, outrageantes, violentes et haineuses visent à intimider les membres de l’autorité judiciaire et à déstabiliser gravement l’État de droit », a-t-elle ajouté.</strong></p>
<p><strong>Reste une question, lancinante : que faire devant les indignations à géométrie variable. L’État de droit, visiblement, ne se déstabilise pas au même rythme selon qui en est la cible. Youssef Badr, lui, a au moins une certitude : on ne lui pardonnera jamais d’être « un intégré 100 % », c’est-à-dire le contre-exemple que déteste l’extrême droite qui, elle jubile devant une racaille ou un OQTE. Nous sommes dans un pays qui a eu déjà une ministre de la justice d’origine marocaine, Rachida Dati, une ministre d’origine guyanaise, Christine Taubira, un ministre d’origine italienne Éric Dupond- Moretti, dont la mère, faudra-t-il le rappeler, une femme de ménage. Youssef Badr a eu l’outrecuidance de juger, en droit, comme un magistrat, et non comme un Français d’origine Marocaine. Comme ce fut le cas d’Abdelkrim Grini, procureur d’Alès, lui aussi d’origine marocaine.</strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Nouvelle cabale médiatico- judiciaire contre Achraf Hakimi: la réaction du Lion de l&#8217;Atlas et du Club des avocats au Maroc</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/214326</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Jun 2026 18:47:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[POLITOSCOPE]]></category>
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					<description><![CDATA[La décision est tombée comme un cheveu sur la soupe. Alors qu&#8217;Acharaf Hakimi dispute, ce vendredi, le deuxième match de la sélection nationale à la Coupe du monde face à l’Écosse, la cour d’appel de Versailles a annoncé son renvoi en procès devant la cour criminelle départementale des Hauts-de-Seine, considérant qu’ »il existe des charges suffisantes » &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>La décision est tombée comme un cheveu sur la soupe. Alors qu&rsquo;Acharaf Hakimi dispute, ce vendredi, le deuxième match de la sélection nationale à la Coupe du monde face à l’Écosse, la cour d’appel de Versailles a annoncé son renvoi en procès devant la cour criminelle départementale des Hauts-de-Seine, considérant qu’ »il existe des charges suffisantes » à son encontre dans une prétendue affaire de « viol » remontant à 2023. Ce que le capitaine des Lions de l&rsquo;Atlas a toujours contesté, dénonçant de « fausses accusations ». « <em>Aujourd’hui, une histoire qui n’est pas la mienne est racontée au détriment de ma famille, de ma vie et surtout de la vérité. J’ai parfois le sentiment d’être devenu une cible facile</em>« , a-t-il protesté sur son compte X ».</strong></p>
<blockquote class="twitter-tweet">
<p dir="ltr" lang="fr">La justice m’a regardé dans les yeux et m’a dit : « Si vous n’étiez pas connu, il n’y aurait jamais eu d’affaire. »</p>
<p>J’ai choisi de me taire pendant des années. J’ai pensé que rester digne, être patient et faire confiance à la justice permettrait que les bonnes décisions soient…</p>
<p>— Achraf Hakimi (@AchrafHakimi) <a href="https://x.com/AchrafHakimi/status/2067868374042829027?ref_src=twsrc%5Etfw">June 19, 2026</a></p></blockquote>
<p><script async src="https://platform.x.com/widgets.js" charset="utf-8"></script></p>
<p><strong>Face à cette nouvelle cabale médiatico-judiciaire, dont le timing est suspect, le Club des avocats au Maroc a dénoncé des « tentatives d&rsquo;extorsion » et annoncé « la constitution immédiate d&rsquo;une Commission de suivi ». Voici in extenso le texte du communiqué. </strong></p>
<p><strong>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;</strong></p>
<p><strong>Afin de garantir le strict respect de la présomption d&rsquo;innocence et de prévenir toute tentative d&rsquo;instrumentalisation, extorsion ou déstabilisation. le Club des Avocats au Maroc annonce la constitution immédiate d&rsquo;une Commission de suivi. « </strong><strong>Nous refusons catégoriquement que l&rsquo;excellence marocaine soit cyniquement instrumentalisée (&#8230;) La réussite ne saurait être la rançon de l&rsquo;extorsion. </strong></p>
<p><strong>« La réussite ne saurait être la rançon de l&rsquo;extorsion. »</strong></p>
<blockquote class="twitter-tweet">
<p dir="ltr" lang="fr">Communiqué/Affaire Hakimi : Le Club des Avocats au Maroc appelle à la fin de l&rsquo;acharnement médiatique et déploie une commission de suivi contre les tentatives d&rsquo;extorsion.</p>
<p>« La réussite ne saurait être la rançon de l&rsquo;extorsion. » <a href="https://x.com/hashtag/Thread?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw">#Thread</a> <a href="https://t.co/RjBhsQdawU">pic.twitter.com/RjBhsQdawU</a></p>
<p>— Mourad Elajouti (@Elajouti) <a href="https://x.com/Elajouti/status/2067929215157051869?ref_src=twsrc%5Etfw">June 19, 2026</a></p></blockquote>
<p><script async src="https://platform.x.com/widgets.js" charset="utf-8"></script></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Les dimanches d&#8217;Aziz DAOUDA. Récompense ou réhabilitation ? Ban Ki‑moon reçoit à Alger l’honneur qui interroge&#8230;</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/214012</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 14 Jun 2026 11:31:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[NOS CHRONIQUEURS]]></category>
		<category><![CDATA[POLITOSCOPE]]></category>
		<category><![CDATA[alger]]></category>
		<category><![CDATA[Ban Ki‑moon]]></category>
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					<description><![CDATA[Par: Aziz DAOUDA Le geste est parlant autant que la médaille. Lorsque le président algérien Abdelmadjid Tebboune a remis une « prestigieuse médaille », l’une des plus hautes distinctions nationales à Ban Ki‑moon, ancien secrétaire général de l’ONU, ce n’était pas seulement une cérémonie protocolaire. C’était un message politique, voulu lourd de sens. Le tout est de &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Par: Aziz DAOUDA</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-213464" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/daoudos-1.jpg" alt="" width="660" height="330" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/daoudos-1.jpg 660w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/daoudos-1-300x150.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 660px) 100vw, 660px" /></p>
<p class="blu-article-first-paragraph"><strong><span class="blu-article-lead">Le geste est parlant autant que la médaille.</span> Lorsque le président algérien Abdelmadjid Tebboune a remis une « prestigieuse médaille », l’une des plus hautes distinctions nationales à Ban Ki‑moon, ancien secrétaire général de l’ONU, ce n’était pas seulement une cérémonie protocolaire. C’était un message politique, voulu lourd de sens. Le tout est de savoir à qui ce message était adressé, pourquoi et pourquoi maintenant.</strong></p>
<p class="blu-article-paragraph"><strong>Sur le fond, le geste interroge donc. Ban Ki‑moon, dont le mandat à l’ONU reste associé à des épisodes sensibles dans le dossier du Sahara, recevait les honneurs d’un pouvoir qui continue d’alimenter les tensions régionales et d’entretenir un conflit aux contours largement politisés. Plus que la remise de la médaille, elle‑même, c’est l’accueil médiatique, les accolades diplomatiques, les silences choisis qui révèlent la stratégie derrière. Celle d&rsquo;offrir une caution morale et internationale susceptible de blanchir une posture naguère contestée. S&rsquo;agit il d&rsquo;une reconnaissance, même tardive de services rendus?</strong></p>
<p class="blu-article-paragraph"><strong>L’intéressé n’a pas seulement accepté la distinction ; il a en outre multiplié les louanges pour le président Tebboune, saluant son « leadership » et son action pour « la paix mondiale ». Rien que cela « LA PAIX MONDIALE ».</strong></p>
<p class="blu-article-paragraph"><strong>Les médias locaux en jubilent.</strong></p>
<p class="blu-article-paragraph"><strong>Ces propos, au-delà de leur tonalité courtoise, soulèvent une question légitime : qu’est‑ce qui motive un ancien responsable international à se laisser associer ainsi à un régime engagé dans une diplomatie de confrontation en continu ?</strong></p>
<p class="blu-article-paragraph"><strong>Est-ce une acceptation de rôle symbolique, une ambiguïté politique ou une simple opportunité personnelle ?</strong></p>
<p class="blu-article-paragraph"><strong>La réponse mérite d’être interrogée.</strong></p>
<p class="blu-article-paragraph"><strong>Du côté algérien, l’opération apparaît expressément calculée. En politique internationale, rien n’est gratuit. Une décoration est un instrument d’image, une tentative de réhabilitation symbolique. Alger semble chercher à multiplier les appuis visibles: figures internationales, médias, cérémonies, pour contester l’isolation d’un discours diplomatique en perte de vitesse. Le choix de Ban Ki‑moon, compte tenu de son passé à l’ONU et des tensions passées avec Rabat, n’a donc rien d’innocent. Il alimente plutôt l’idée d’une proximité politique ou idéologique que certains observateurs murmuraient déjà.</strong></p>
<p class="blu-article-paragraph"><strong>Cette séquence éclaire surtout une faiblesse stratégique : une diplomatie davantage tournée vers la mise en scène que vers la résolution concrète des crises. Tandis que le Maroc consolide ses partenariats, développe ses provinces du Sud et engrange des reconnaissances internationales de sa souveraineté, Alger paraît investir dans les symboles et les opérations d’images, pratiques héritées d’une époque où l’influence se mesurait en protocoles et en grandes déclarations et peu dans les actes.</strong></p>
<p class="blu-article-paragraph"><strong>Or le monde a changé. Les opinions publiques et les gouvernements jugent désormais les États sur leur capacité à construire, stabiliser et produire de la prospérité, non sur leur aptitude à distribuer des décorations. La stratégie algérienne, fondée sur la recyclage d’anciens acteurs internationaux et la recherche d’un vernis diplomatique, paraît désuète face à des enjeux de développement concret et d’intégration régionale.</strong></p>
<p class="blu-article-paragraph"><strong>Reste la question la plus aiguë : pourquoi maintenant ? Pourquoi Tebboune honore‑ t‑il Ban Ki‑moon à cet instant précis: relance d’un narratif diplomatique, signal au Maroc, message à l’ONU, ou simple opération d’image domestique destinée à masquer des difficultés internes ?</strong></p>
<p class="blu-article-paragraph"><strong>L’hypothèse la plus probable est qu’il s’agit d’un mélange des trois, une tentative d’affichage international pour compenser un déficit d’influence réelle.</strong></p>
<p class="blu-article-paragraph"><strong>Quoi qu’il en soit, ces gestes symboliques ne favorisent ni la paix en Afrique du Nord, ni l’émergence d’un avenir commun dans la région. Pire, ils risquent d’entériner une polarisation stérile : une diplomatie de scène face à une diplomatie d’action. Et c’est peut‑être là, en définitive, ce qu’il y a de plus préoccupant. Alger ne semble pas évoluer quoiqu&rsquo;acculée à le faire compte tenu de la pression internationale. Elle reste fidèle à son attentisme et son manque d&rsquo;initiative et va se cacher derrière des symboles; ici une décoration qui a plutôt le goût de la récompense tardive, mais récompense quand même. Ban Ki Moon montre ici qu&rsquo;il n&rsquo;était pas neutre dans l&rsquo;affaire du Sahara&#8230;</strong></p>
<p class="blu-article-paragraph"><strong>Reste à savoir à qui la prochaine décoration?</strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>De la « namdaja » à la métacognition : remettre les points sur les « ذ » pour une refondation de l&#8217;acte d&#8217;apprendre</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/213934</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 12 Jun 2026 18:54:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[NOS CHRONIQUEURS]]></category>
		<category><![CDATA[POLITOSCOPE]]></category>
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					<description><![CDATA[Par: Allal KHEIREDDINE Il arrive qu&#8217;un discours emphatique en dise plus long qu&#8217;un rapport de mille pages. Sous la coupole du Parlement marocain, le ministre de l&#8217;Éducation nationale, voulant vanter une pédagogie qu&#8217;il croyait novatrice, s&#8217;est aventuré sur le terrain de la « نمذجة », la modélisation, et s&#8217;y est si bien embrouillé que sa &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par: Allal KHEIREDDINE</strong></p>
<p><strong><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-213398" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/kheira.jpeg" alt="" width="1080" height="607" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/kheira.jpeg 1080w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/kheira-300x169.jpeg 300w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/kheira-1024x576.jpeg 1024w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/kheira-768x432.jpeg 768w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/kheira-390x220.jpeg 390w" sizes="auto, (max-width: 1080px) 100vw, 1080px" /></strong></p>
<p><strong>Il arrive qu&rsquo;un discours emphatique en dise plus long qu&rsquo;un rapport de mille pages. Sous la coupole du Parlement marocain, le ministre de l&rsquo;Éducation nationale, voulant vanter une pédagogie qu&rsquo;il croyait novatrice, s&rsquo;est aventuré sur le terrain de la « نمذجة », la modélisation, et s&rsquo;y est si bien embrouillé que sa phrase, devenue inintelligible, a fait le tour des réseaux sociaux comme on se passe un objet de risée. Les plateformes se sont emparées du mot, prononcé et resservi comme un vocable barbare, « النمدجة », et la moquerie a fait le reste. On aurait tort, pourtant, d&rsquo;en rester au simples sarcasme. Car cette scène condense, mieux qu&rsquo;aucune démonstration, le mal qu&rsquo;elle ridiculise : un discours sur la pédagogie qui ne maîtrise pas ses propres instruments, une parole institutionnelle sur l&rsquo;apprentissage qui n&rsquo;a manifestement pas appris à se relire elle-même.</strong></p>
<p><strong>Le ministre voulait parler de modélisation ; il a involontairement administré la preuve qu&rsquo;il manquait à son propos précisément ce dont il sera question ici : cette faculté de la pensée à se surveiller, à se vérifier, à se corriger, que l&rsquo;on nomme la métacognition. Le présent texte voudrait donc être lu comme l’esquisse d’une réflexion qui ferait le contrepoint de cette séquence burlesque : non pour accabler un homme, mais pour suggérer quelques pistes aidant à cerner enfin le sujet qu&rsquo;il a effleuré sans le saisir. Car derrière le mot incriminé se cache la vraie question, celle que la polémique a recouverte de son vacarme : qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;enseigner à penser ?</strong></p>
<p><strong>I. Le dernier étage de l&rsquo;esprit</strong></p>
<p><strong>Il existe une hiérarchie discrète dans les opérations de l&rsquo;intelligence. Au premier degré, l&rsquo;esprit perçoit, mémorise, calcule, résout. Au second, il raisonne sur des abstractions, transfère, généralise. Mais il existe un troisième degré, plus rare et plus décisif que les deux premiers : celui où la pensée se prend elle-même pour objet. Penser sa propre pensée, savoir ce que l&rsquo;on sait, mesurer ce que l&rsquo;on ignore, observer ses propres stratégies à l&rsquo;œuvre et les corriger en cours de route ; voilà ce que la psychologie cognitive nomme, depuis les travaux fondateurs de John Flavell dans les années 1970, la métacognition.</strong></p>
<p><strong>Ce n&rsquo;est pas un raffinement de luxe. C&rsquo;est, à proprement parler, la déclinaison ultime de l&rsquo;intelligence, parce qu&rsquo;elle est la seule de ses opérations qui soit récursive : toutes les autres traitent du monde, celle-ci traite de l&rsquo;instrument lui-même. Un esprit qui calcule vite est un bon outil ; un esprit qui sait « quand » son calcul est fiable et « quand » il doit s&rsquo;en méfier est un outil qui s&rsquo;aiguise lui-même. La différence n&rsquo;est pas de degré mais de nature. Elle sépare l&rsquo;élève qui réussit un exercice de l&rsquo;élève qui comprend pourquoi il l&rsquo;a réussi, et qui, par conséquent, réussira le suivant, puis tous les autres, y compris ceux qu&rsquo;aucun maître ne lui aura jamais montrés.</strong></p>
<p><strong>La tradition philosophique l&rsquo;avait pressenti bien avant que la science cognitive ne lui donne un nom. Le connais- toi toi-même socratique n&rsquo;est pas une invitation à l&rsquo;introspection sentimentale : c&rsquo;est l&rsquo;exigence de connaître les limites et les ressorts de son propre entendement. Montaigne, qui se donnait lui-même pour matière de son livre, écrivait que « c&rsquo;est une absolue perfection, et comme divine, de savoir jouir loyalement de son être », jouissance qui suppose d&rsquo;abord une connaissance. Kant, en soumettant la raison au tribunal de la raison, accomplissait le geste métacognitif à l&rsquo;échelle d&rsquo;une civilisation entière : la Critique n&rsquo;est rien d&rsquo;autre qu&rsquo;une pensée qui instruit le procès de ses propres pouvoirs. Et lorsque Edgar Morin réclame, parmi les sept savoirs nécessaires à l&rsquo;éducation du futur, l&rsquo;enseignement des « cécités de la connaissance », l&rsquo;erreur et l&rsquo;illusion, il ne fait que traduire en programme pédagogique cette intuition millénaire : une connaissance qui ignore les conditions de sa propre production est une connaissance aveugle, donc fragile et dangereuse.</strong></p>
<p><strong>II. Ce que la recherche établit, ce que l&rsquo;école ignore</strong></p>
<p><strong>Or voici le paradoxe : rarement un consensus scientifique aura été aussi solide et aussi peu suivi d&rsquo;effets. Les synthèses de la recherche en éducation — des méta- analyses de John Hattie aux travaux de la Education Endowment Foundation britannique, placent régulièrement les stratégies métacognitives parmi les interventions pédagogiques au rendement le plus élevé, avec des gains d&rsquo;apprentissage équivalant à plusieurs mois de scolarité supplémentaires, pour un coût matériel à peu près nul. Les travaux de Stanislas Dehaene sur les piliers de l&rsquo;apprentissage convergent : le retour sur erreur, la consolidation, l&rsquo;attention dirigée vers ses propres processus comptent parmi les leviers les plus puissants dont dispose un cerveau qui apprend.</strong></p>
<p><strong>La raison en est simple et profonde à la fois. L&rsquo;élève métacognitif n&rsquo;est plus le destinataire passif d&rsquo;un enseignement : il devient le régulateur actif de son propre apprentissage. Il sait distinguer la familiarité de la maîtrise, cette illusion de savoir qui fait croire qu&rsquo;on a compris parce qu&rsquo;on a reconnu. Il sait qu&rsquo;une relecture passive ne vaut rien et qu&rsquo;une tentative de restitution vaut tout. Il sait identifier le moment précis où sa compréhension a déraillé, au lieu de conclure globalement « je suis nul en maths ». Vygotski l&rsquo;avait formulé autrement : l&rsquo;apprentissage véritable consiste à intérioriser le dialogue avec le maître, jusqu&rsquo;à devenir son propre maître. La métacognition est exactement cela, l&rsquo;enseignant intériorisé, la voix qui questionne, vérifie, exige, lorsque plus personne n&rsquo;est là pour le faire.</strong></p>
<p><strong>Et pourtant, l&rsquo;école, presque partout, mais singulièrement dans les systèmes éducatifs sous tension, continue d&rsquo;enseigner des contenus sans jamais enseigner l&rsquo;usage de l&rsquo;instrument qui les reçoit. On apprend aux élèves quoi penser, parfois comment résoudre, presque jamais comment ils pensent. On corrige leurs erreurs sans leur apprendre à les diagnostiquer. On évalue leurs réponses sans jamais évaluer leur capacité à évaluer leurs propres réponses. C&rsquo;est enseigner la navigation sans jamais parler du navire.</strong></p>
<p><strong>III. L&rsquo;argument décisif : les pays en développement</strong></p>
<p><strong>C&rsquo;est dans les pays qui peinent à assurer leur développement que cet angle mort devient une faute historique. L&rsquo;argument mérite d&rsquo;être construit avec rigueur, car il renverse une idée reçue tenace : celle selon laquelle la métacognition serait un luxe pédagogique, réservé aux systèmes riches qui ont déjà réglé les questions de base, les classes pléthoriques, le manque de manuels, la formation insuffisante des maîtres. C&rsquo;est exactement l&rsquo;inverse.</strong></p>
<p><strong>Premier argument : l&rsquo;économie de la rareté. Là où le temps d&rsquo;enseignement effectif est court, où les ressources documentaires sont pauvres, où l&rsquo;élève ne peut compter ni sur des cours particuliers ni sur un environnement familial lettré, la seule ressource véritablement disponible en abondance est l&rsquo;esprit de l&rsquo;élève lui-même.</strong></p>
<p><strong> Apprendre à cet élève à apprendre, à s&rsquo;auto- interroger, à planifier son travail, à vérifier sa compréhension, à tirer parti de ses erreurs, c&rsquo;est lui donner un capital qui ne dépend ni du budget de l&rsquo;État ni de la qualité inégale des maîtres qu&rsquo;il croisera. La métacognition est la pédagogie des pauvres au sens le plus noble : elle ne coûte rien et elle multiplie tout le reste.</strong></p>
<p><strong>Deuxième argument : la crise des apprentissages.</strong></p>
<p><strong>La Banque mondiale a popularisé la notion de « pauvreté des apprentissages » pour désigner cette réalité accablante : dans de nombreux pays à revenu faible ou intermédiaire, une majorité d&rsquo;enfants scolarisés ne savent pas lire et comprendre un texte simple à dix ans. La scolarisation a progressé ; l&rsquo;apprentissage, non. Ce divorce entre présence à l&rsquo;école et acquisition réelle signe précisément l&rsquo;échec d&rsquo;une pédagogie de la transmission pure, répétition, mémorisation, restitution, qui produit des élèves capables de réciter sans comprendre, c&rsquo;est-à-dire des élèves dépourvus du seul outil qui leur permettrait de détecter qu&rsquo;ils ne comprennent pas. La métacognition n&rsquo;est pas un supplément à cette crise : elle en est le remède structurel, car elle attaque le mal à sa racine, qui est l&rsquo;illusion de l&rsquo;apprentissage.</strong></p>
<p><strong>Troisième argument : la formation du citoyen et le développement lui-même. Une nation ne se développe pas seulement par l&rsquo;accumulation de capitaux et d&rsquo;infrastructures ; elle se développe par sa capacité collective à diagnostiquer ses propres erreurs, à réviser ses propres méthodes, à instruire le procès de ses propres institutions. Or cette capacité collective n&rsquo;est rien d&rsquo;autre que la métacognition portée à l&rsquo;échelle d&rsquo;une société, ce qu&rsquo;on appelle, en d&rsquo;autres termes, l&rsquo;esprit critique, la culture de l&rsquo;évaluation, la réflexivité institutionnelle. Un système scolaire qui forme des esprits dociles, habitués à recevoir sans interroger, prépare des sociétés incapables de se corriger. Inversement, chaque élève entraîné à se demander « comment est-ce que je sais ce que je crois savoir ? » est un futur citoyen vacciné contre la rumeur, le dogmatisme et la fatalité. Amartya Sen a montré que le développement est d&rsquo;abord un élargissement des capabilités ; il faut ajouter que la capabilité des capabilités, celle qui conditionne toutes les autres, est la capacité de l&rsquo;esprit à se gouverner lui-même.</strong></p>
<p><strong>IV. Que faire ? Une pédagogie de la réflexivité</strong></p>
<p><strong>Reste à dire comment, car un plaidoyer sans méthode n&rsquo;est qu&rsquo;une incantation. La bonne nouvelle est que la métacognition ne réclame ni réforme coûteuse ni révolution des programmes : elle réclame un déplacement du geste professionnel, à l&rsquo;intérieur même des disciplines existantes.</strong></p>
<p><strong>Cela commence par la verbalisation des stratégies : le maître qui pense à voix haute devant ses élèves, qui montre comment il aborde un texte, comment il hésite, comment il revient en arrière, rend visible l&rsquo;invisible et offre un modèle de pensée, non seulement un modèle de réponse. Cela se poursuit par le travail sur l&rsquo;erreur, traitée non comme une faute à sanctionner mais comme un document à analyser : d&rsquo;où vient-elle, quelle logique l&rsquo;a produite, comment la détecter la prochaine fois ? Cela passe par l&rsquo;auto-évaluation outillée, apprendre à l&rsquo;élève à prédire sa note avant de connaître la note, exercice d&rsquo;une redoutable efficacité pour calibrer la confiance en soi sur la compétence réelle. Cela culmine dans les rituels de retour réflexif : qu&rsquo;ai-je appris, comment l&rsquo;ai-je appris, qu&rsquo;est-ce qui a fonctionné, que ferai-je différemment ? Quelques minutes par séance suffisent, à condition d&rsquo;être tenues avec la même rigueur qu&rsquo;on exige d&rsquo;une leçon de grammaire.</strong></p>
<p><strong>Rien de tout cela ne suppose des classes de vingt élèves ni des tablettes numériques. Tout cela suppose, en revanche, des maîtres eux-mêmes formés à la réflexivité, car on ne transmet pas ce qu&rsquo;on ne pratique pas, et un enseignant qui n&rsquo;interroge jamais ses propres méthodes ne peut enseigner à ses élèves d&rsquo;interroger les leurs. C&rsquo;est ici que les politiques éducatives des pays en développement devraient porter leur effort : moins sur les contenus, dont les programmes regorgent déjà, que sur cette formation des formateurs à la pensée de la pensée.</strong></p>
<p><strong>V. Conclusion : l&rsquo;école comme miroir</strong></p>
<p><strong>On dira que tout cela est ancien, et c&rsquo;est vrai. Dewey réclamait déjà, il y a plus d&rsquo;un siècle, une éducation fondée sur l&rsquo;expérience réfléchie plutôt que sur la transmission inerte. Mais l&rsquo;ancienneté d&rsquo;une vérité n&rsquo;est pas une excuse pour continuer de l&rsquo;ignorer ; elle est une circonstance aggravante.</strong></p>
<p><strong>L&rsquo;intelligence qui ne se connaît pas elle-même reste une force brute, capable de prouesses locales et d&rsquo;aveuglements globaux. L&rsquo;intelligence qui se retourne sur elle-même devient une force qui s&rsquo;amplifie, se corrige et se transmet. Entre les deux passe la ligne de partage qui sépare les systèmes éducatifs qui instruisent de ceux qui émancipent, et, à terme, les sociétés qui subissent leur histoire de celles qui la pensent. Faire de la métacognition un pilier de l&rsquo;enseignement, ce n&rsquo;est donc pas ajouter une compétence au catalogue des compétences : c&rsquo;est rendre à l&rsquo;école sa fonction la plus haute, qui n&rsquo;est pas de remplir les esprits, mais de leur apprendre à se regarder penser. Là où les ressources manquent, c&rsquo;est même la seule richesse qu&rsquo;aucune pénurie ne peut confisquer.</strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
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		<title>Le Maroc, cet empire que l&#8217;Europe regardait en miroir. De la gouvernance transsaharienne à la révolution esthétique de Delacroix, en passant par Ibn Khaldoun et l&#8217;alliance anglaise.</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 11 Jun 2026 13:29:40 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Au XVIIIe siècle, Voltaire décrivait les souverains marocains comme des empereurs dont l&#8217;autorité traversait les déserts jusqu&#8217;au fleuve Sénégal. Mais cette fascination pour l&#8217;empire chérifien n&#8217;était pas née avec les Lumières. Depuis le Moyen Âge, l&#8217;Europe, encore fragmentée et sortant péniblement des guerres de religion, regardait le Maroc avec un mélange de respect, d&#8217;intérêt stratégique &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Au XVIIIe siècle, Voltaire décrivait les souverains marocains comme des empereurs dont l&rsquo;autorité traversait les déserts jusqu&rsquo;au fleuve Sénégal. Mais cette fascination pour l&#8217;empire chérifien n&rsquo;était pas née avec les Lumières. Depuis le Moyen Âge, l&rsquo;Europe, encore fragmentée et sortant péniblement des guerres de religion, regardait le Maroc avec un mélange de respect, d&rsquo;intérêt stratégique et d&rsquo;admiration esthétique. Retour sur quatre siècles de regards croisés, où le royaume marocain apparaît comme un miroir dans lequel l&rsquo;Ancien Monde espérait reconnaître sa propre grandeur perdue.</strong></p>
<p><strong>Par: Mohamed KHOUKHCHANI</strong></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-213402" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/khukhus-.jpeg" alt="" width="1080" height="608" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/khukhus-.jpeg 1080w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/khukhus--300x169.jpeg 300w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/khukhus--1024x576.jpeg 1024w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/khukhus--768x432.jpeg 768w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/khukhus--390x220.jpeg 390w" sizes="auto, (max-width: 1080px) 100vw, 1080px" /></p>
<p><strong>I. Un modèle de gouvernance impériale : l&rsquo;autorité qui traverse les déserts.</strong></p>
<p><strong>Lorsque Voltaire, dans son Essai sur les mœurs publié en 1756, évoque les « empereurs du Maroc », il ne cède pas à l&rsquo;exotisme de salon. Le philosophe des Lumières, pourtant peu enclin à l&rsquo;admiration sans condition, est frappé par une réalité géopolitique que l&rsquo;Europe de son temps peinait à égaler : la capacité d&rsquo;un empire musulman à exercer une autorité continue sur des espaces immenses, hétérogènes et souvent hostiles.</strong></p>
<p><strong>L&rsquo;autorité jusqu&rsquo;au fleuve Sénégal n&rsquo;est pas une métaphore. Au XVIIIe siècle, sous la dynastie alaouite et notamment sous le règne de Mohammed ben Abdallah (dit Mohammed III), l&rsquo;influence du sultan s&rsquo;étendait théoriquement et pratiquement sur une grande partie de la Mauritanie actuelle et sur les comptoirs de la vallée du Sénégal. Ces territoires n&rsquo;étaient pas vides : ils étaient traversés par des tribus maures, des oasis marchandes et des routes de commerce transsaharien où transitaient l&rsquo;or, le sel, la gomme arabique et les captifs. Le souverain marocain, en tant qu&rsquo;« Amir al-Mouminine » (Commandeur des croyants), y déléguait son autorité à des caïds, des tribus alliées ou des confréries religieuses.</strong></p>
<p><strong>Ce qui frappe Voltaire, c&rsquo;est la maîtrise d&rsquo;un environnement – le désert – que les Européens considéraient comme une barrière infranchissable. L&#8217;empereur du Maroc, lui, en fait un corridor. La leçon est claire : la gouvernance ne se mesure pas à la sédentarité des royaumes chrétiens, mais à la capacité d&rsquo;intégrer la mobilité et l&rsquo;adaptation aux climats extrêmes.</strong></p>
<p><strong>Un siècle et demi plus tôt, en 1250, un autre témoignage, plus insolite, attestait déjà de cette puissance. Le moine bénédictin anglais Matthieu Paris rapporte dans ses chroniques que le roi Jean d&rsquo;Angleterre, acculé par la révolte de ses barons, aurait envoyé des émissaires au « calife du Maroc » pour lui proposer de lui céder&#8230; tout simplement l&rsquo;Angleterre, et de devenir son vassal. Que l&rsquo;anecdote soit authentique ou légendaire importe moins que ce qu&rsquo;elle révèle : aux yeux d&rsquo;une cour anglaise du XIIIe siècle, le souverain marocain était perçu comme un arbitre suprême, une autorité capable de trancher les querelles des royaumes chrétiens. Le Maroc n&rsquo;était pas une périphérie ; il était, dans l&rsquo;imaginaire géopolitique européen, un centre possible.</strong></p>
<p><strong>Cette perception n&rsquo;a cessé de se renforcer aux siècles suivants. À la Renaissance, alors que l&rsquo;Europe se déchirait entre catholiques et protestants, le Maroc apparaissait comme une puissance stable, monolithique dans sa foi mais pragmatique dans ses alliances. Les souverains saadiens, puis alaouites, jouèrent habilement de cette image, se présentant comme des partenaires commerciaux et militaires fiables, capables de fermer ou d&rsquo;ouvrir l&rsquo;accès à l&rsquo;Atlantique et à la Méditerranée.</strong></p>
<p><strong>II. Un carrefour de savoir et de transmission intellectuelle : quand le Maroc éclairait l&rsquo;Europe.</strong></p>
<p><strong>Là où le regard politique se heurtait à la rivalité ou à la méfiance, le regard savant était souvent une admiration discrète, parfois inavouée. L&rsquo;Europe médiévale, puis celle de la Renaissance, doit une part considérable de son réveil intellectuel aux traductions et aux commentaires des penseurs du Maghreb et d&rsquo;Al-Andalus. Et deux noms, parmi d&rsquo;autres, incarnent cette dette.</strong></p>
<p><strong>Ibn Khaldoun (1332-1406) est sans doute le plus grand historien et philosophe social que le monde médiéval ait produit, toutes civilisations confondues. Né à Tunis dans une famille andalouse d&rsquo;origine yéménite, formé à Fès sous la protection des Mérinides, il fut un homme de son temps : juge, diplomate, parfois exilé, toujours observateur. Son œuvre monumentale, le Kitab al-Ibar (« Livre des exemples »), est précédée d&rsquo;une longue introduction méthodologique : la Muqaddima (ou Prolégomènes).</strong></p>
<p><strong>Dans ce texte vertigineux, Ibn Khaldoun invente ce que nous appelons aujourd&rsquo;hui la sociologie, l&rsquo;économie politique et la philosophie de l&rsquo;histoire. Il y développe des concepts d&rsquo;une modernité stupéfiante :</strong></p>
<p><strong>● L&rsquo;assabiya (solidarité de groupe) : la force qui unit une tribu ou une dynastie, et qui, en se renforçant, permet la conquête puis la fondation d&rsquo;un État. Mais cette assabiya s&rsquo;use avec les générations : le pouvoir sédentarise, les liens du sang se distendent, et l&#8217;empire finit par s&rsquo;effondrer, remplacé par une nouvelle tribu porteuse d&rsquo;une solidarité fraîche. C&rsquo;est une théorie cyclique des civilisations qui précède de cinq siècles les spéculations de Vico, de Montesquieu ou de Spengler.</strong><br />
<strong>● L&rsquo;analyse des causes économiques de l&rsquo;histoire : Ibn Khaldoun s&rsquo;intéresse à l&rsquo;impôt, à la corruption, au rôle des marchés et des corporations. Il montre comment un État qui alourdit excessivement les prélèvements finit par tuer la production, donc sa propre assiette fiscale. Ce raisonnement, que les économistes appellent aujourd&rsquo;hui la « courbe de Laffer » (du nom d&rsquo;un conseiller de Ronald Reagan), est énoncé au XIVe siècle par un penseur marocain.</strong><br />
<strong>● La critique de la méthode historique : Ibn Khaldoun consacre de longs passages à dénoncer les chroniqueurs qui copient sans vérifier, qui cèdent à l&rsquo;exagération patriotique ou au merveilleux. Il pose les bases d&rsquo;une épistémologie de l&rsquo;histoire : il faut confronter les récits à la vraisemblance, à la cohérence interne, et aux lois connues des sociétés humaines.</strong></p>
<p><strong>L&rsquo;Europe a découvert la Muqaddima tardivement. Des fragments furent traduits en latin, puis en turc, et ce n&rsquo;est qu&rsquo;au XIXe siècle qu&rsquo;elle fut véritablement diffusée en français et en anglais. Mais des esprits comme Machiavel, Bodin, puis Montesquieu, avaient déjà pressenti certaines de ses intuitions – parfois par leurs propres moyens, parfois en puisant dans le réservoir commun des traductions de Tolède. Ce qui est certain, c&rsquo;est que lorsque les historiens du XXe siècle redécouvrirent Ibn Khaldoun, ils durent reconnaître en lui un précurseur : Arnold J. Toynbee l&rsquo;appela « le plus grand historien de tous les temps ».</strong></p>
<p><strong>Averroès (Ibn Rushd, 1126-1198) est l&rsquo;autre géant. Né à Cordoue, dans l&#8217;empire almohade dont le cœur politique était à Marrakech, il fut juge, médecin personnel du calife Abu Yaqub Yusuf, et surtout commentateur infatigable d&rsquo;Aristote. L&rsquo;Europe médiévale ne lisait pas le grec ; elle lisait Aristote en latin, à travers les traductions de ses commentaires arabes. Averroès fut si intimement associé au Philosophe (Aristote) que Dante, dans La Divine Comédie, le place dans le Limbe des grands esprits païens, aux côtés d&rsquo;Aristote, d&rsquo;Hippocrate et d&rsquo;Avicenne.</strong></p>
<p><strong>Mais Averroès n&rsquo;était pas qu&rsquo;un commentateur. Il fut aussi un penseur original, qui osa poser une thèse audacieuse : la théorie des « vérités jumelles ». Selon lui, la foi et la raison ne se contredisent pas ; elles mènent à une même vérité par des chemins différents. La philosophie et la théologie sont deux langages pour dire une seule réalité. Cette idée, exposée dans son Tahafut al-tahafut (« L&rsquo;Incohérence de l&rsquo;incohérence », réponse à la critique d&rsquo;Al-Ghazali), ouvrait la voie à une lecture rationaliste des textes sacrés.</strong></p>
<p><strong>Cette audace lui coûta. Vers la fin de sa vie, il fut exilé à Lucena, et ses livres furent brûlés. Mais l&rsquo;Europe latine, elle, le retint. Les traducteurs de Tolède – juifs, chrétiens et musulmans travaillant ensemble dans cette ville de Castille reconquise – firent passer ses commentaires en latin. Scolastiques comme Thomas d&rsquo;Aquin, puis penseurs de la Renaissance, s&rsquo;en nourrirent. Et lorsque les Lumières voulurent penser un rapport non conflictuel entre religion et raison, elles retrouvèrent, parfois sans le savoir, le chemin tracé par le Cordouan de l&#8217;empire almohade.</strong></p>
<p><strong>III. Une puissance militaire et diplomatique crainte et courtisée.</strong></p>
<p><strong>La fascination européenne pour le Maroc n&rsquo;était pas seulement celle des livres et des idées. Elle était aussi – et peut-être d&rsquo;abord – celle du rapport de force. L&rsquo;Europe chrétienne, divisée entre catholiques et protestants, menacée par l&rsquo;expansion ottomane à l&rsquo;est, ne pouvait pas se permettre d&rsquo;ignorer l&#8217;empire marocain. Elle devait compter avec lui, le craindre parfois, le courtiser souvent.</strong></p>
<p><strong>L&rsquo;alliance anglo-marocaine du XVIe siècle en est l&rsquo;illustration la plus frappante. Sous la dynastie saadienne, et notamment sous le règne d&rsquo;Ahmed al-Mansour (1578-1603), le Maroc venait de remporter la bataille de Wadi al-Makhazin contre le Portugal (bataille des Trois Rois, 1578). Il était à l&rsquo;apogée de sa puissance. L&rsquo;Angleterre d&rsquo;Élisabeth Ire, excommuniée par le pape, en guerre contre Philippe II d&rsquo;Espagne, cherchait des alliés là où Rome ne pouvait pas les atteindre.</strong></p>
<p><strong>Les lettres échangées entre la reine vierge et le sultan marocain sont d&rsquo;un pragmatisme confondant. Élisabeth propose une alliance « contre les idolâtres espagnols ». Ahmed al-Mansour, qui se rêve en conquérant de l&rsquo;or du Soudan et en rival des Ottomans, accepte de fournir à l&rsquo;Angleterre du salpêtre (indispensable à la fabrication de la poudre à canon) et du sucre marocain. En échange, l&rsquo;Angleterre livre des armes, du bois de construction navale et des artilleurs. Pendant près d&rsquo;un demi-siècle, les navires anglais et marocains sillonnent l&rsquo;Atlantique, s&rsquo;arrêtant à Tanger, Salé ou Agadir, échangeant ambassadeurs et présents.</strong></p>
<p><strong>Ce que les chroniqueurs de l&rsquo;époque ne cessent de souligner, c&rsquo;est l&rsquo;égalité de traitement. Contrairement aux traités signés avec l&rsquo;Empire ottoman (les « Capitulations », qui accordaient des privilèges aux Européens), les accords anglo-marocains sont des traités entre puissances souveraines, sans hiérarchie. L&rsquo;Angleterre n&rsquo;a pas de « quartier franc » dans les ports marocains ; elle doit se plier aux lois locales. Et les ambassadeurs marocains à Londres sont reçus avec tous les honneurs, défrayant la chronique par leurs turbans, leurs caftans et leurs manières considérées comme « nobles ».</strong></p>
<p><strong>L&rsquo;image du Maure dans le théâtre élisabéthain découle directement de ces contacts. Shakespeare écrit Othello (vers 1603) – le Maure de Venise, général victorieux, amoureux, jaloux, finalement tragique. Le personnage est fascinant parce qu&rsquo;il incarne à la fois l&rsquo;intégration possible (Othello est chrétien, il commande les armées de la Sérénissime) et l&rsquo;altérité irréductible (sa peau noire, son passé, sa foi originelle). C&rsquo;est le miroir de l&rsquo;ambivalence européenne : on admire la noblesse du Maure, on craint sa violence « naturelle », on ne sait jamais tout à fait s&rsquo;il est des nôtres ou s&rsquo;il reste un étranger.</strong></p>
<p><strong>Christopher Marlowe, dans Le Juif de Malte (vers 1590), va plus loin. Son personnage de Barabas, quoique juif, évoque constamment les Turcs et les Maures comme des puissances redoutables. Et sa pièce Tamburlaine met en scène un conquérant oriental (Timour Lang) dont l&rsquo;ombre portée ressemble à certains souverains marocains : ambitieux, cruel, magnifique, bâtissant un empire sur les ruines des royaumes sédentaires. L&rsquo;Europe de la Renaissance, qui inventait le théâtre moderne, le faisait en dialoguant avec ces figures venues du Sud.</strong></p>
<p><strong>IV. Une source d&rsquo;inspiration esthétique et un miroir de l&rsquo;antiquité perdue.</strong></p>
<p><strong>Au-delà du politique et du militaire, le Maroc offrait à l&rsquo;Europe quelque chose de plus intime, de plus sensoriel : un choc esthétique. Ce choc, c&rsquo;est Eugène Delacroix qui l&rsquo;éprouva avec la plus grande intensité, mais il fut préparé par des siècles d&rsquo;échanges architecturaux et décoratifs.</strong></p>
<p><strong>Eugène Delacroix (1798-1863) débarque à Tanger en janvier 1832, en tant que secrétaire d&rsquo;une mission diplomatique envoyée par le roi Louis-Philippe auprès du sultan Moulay Abderrahmane. Il doit rester quelques semaines ; il reste près de quatre mois. Ce qu&rsquo;il voit le bouleverse.</strong></p>
<p><strong>Il écrit à son ami Frédéric Villot : « À chaque pas, des tableaux tout faits, qui te raviraient et te feraient faire cent toiles. C&rsquo;est l&rsquo;antiquité, l&rsquo;antiquité réelle et vivante, qui passe sous tes yeux. » Ce qui frappe Delacroix, ce n&rsquo;est pas l&rsquo;exotisme des palmiers et des dromadaires. C&rsquo;est la noblesse des gestes, la simplicité des vêtements blancs, la lumière éclatante qui découpe les ombres. Il voit des « Romains » et des « catons » – c&rsquo;est-à-dire des figures de la République romaine, dignes et austères. L&rsquo;antiquité que l&rsquo;Europe cherchait dans les ruines de Pompéi ou les marbres du Parthénon, Delacroix la trouve vivante dans les rues de Tanger et de Meknès.</strong></p>
<p><strong>De retour en France, sa peinture change. Les couleurs deviennent plus chaudes, les ombres plus franches, les compositions plus audacieuses. Ses tableaux marocains (La Boda judía en Marruecos, Femmes d&rsquo;Alger dans leur appartement) font scandale : on trouve cela « sauvage », « barbare », « inachevé ». Mais c&rsquo;est ce scandale qui ouvre la voie à l&rsquo;impressionnisme. Les jeunes peintres que Delacroix influence – Manet, Renoir, Monet – viendront à leur tour chercher cette lumière, cette liberté. Le Maroc devient, dans l&rsquo;histoire de l&rsquo;art européen, un laboratoire de la modernité.</strong></p>
<p><strong>L&rsquo;architecture « mauresque » avait anticipé ce goût. Dès la Reconquista, les rois chrétiens d&rsquo;Espagne n&rsquo;avaient pas détruit les palais et les mosquées d&rsquo;Al-Andalus. Ils les avaient adaptés, transformés, intégrés. Le style Mudéjar (de l&rsquo;arabe mudajjan, « celui qui reste ») désigne cette hybridation : arcs en fer à cheval, plafonds de bois ouvragé, carreaux de céramique géométriques (azulejos), cours intérieures avec fontaine et jardin. Au XIXe siècle, le goût « néo-mauresque » envahit toute l&rsquo;Europe : des synagogues à Budapest, des salles de bal à Vienne, des gares ferroviaires à Paris, des casinos à Nice. L&rsquo;Alhambra de Grenade, redécouvert par les voyageurs romantiques (dont Washington Irving, auteur des Contes de l&rsquo;Alhambra), devient un modèle universel. On copie ses stucs, ses arcs outrepassés, ses jeux d&rsquo;eau. Derrière cette mode, c&rsquo;est tout l&rsquo;héritage andalou – et donc marocain – qui refait surface.</strong></p>
<p><strong>Mariano Fortuny (1838-1874) incarne un rapport différent, plus authentique. Ce peintre catalan, envoyé en 1860 en mission officielle pour documenter la guerre d&rsquo;Afrique, tombe amoureux de Tanger et y retourne sans cesse. Contrairement à Delacroix, qui « orientalise » parfois ses tableaux (ajoutant des narguilés turcs ou des danses égyptiennes par souci de « couleur locale »), Fortuny cherche le vrai. Il peint les soldats marocains (La bataille de Tétouan), les vendeurs de tapis, les enfants jouant dans les ruelles. Il accumule les dessins, les croquis, les photographies (il fut l&rsquo;un des premiers à utiliser l&rsquo;appareil photo comme outil de travail). Et surtout, il collectionne les objets : armes, bijoux, poteries, tissus. Son atelier à Paris puis à Venise est un véritable musée du Maroc populaire.</strong></p>
<p><strong>Ce qui fascine Fortuny, c&rsquo;est l&rsquo;artisanat : la finesse des cuirs de Fès, la précision des zelliges, la délicatesse des broderies. Il n&rsquo;y voit pas un art « primitif », mais un art aussi accompli que la Renaissance italienne, simplement différent. Il contribue ainsi, silencieusement, à défaire les hiérarchies esthétiques de son temps. Pour lui, le Maroc n&rsquo;est pas une carte postale exotique ; c&rsquo;est une civilisation visuelle à part entière, riche et sophistiquée.</strong></p>
<p><strong>Conclusion : Une fascination ambivalente mais fondatrice.</strong></p>
<p><strong>Reconstruire ce regard européen sur le Maroc, du XIIIe au XIXe siècle, ce n&rsquo;est pas céder à une nostalgie impériale. C&rsquo;est prendre la mesure d&rsquo;un échange complexe, parfois inavoué, souvent déformé, mais toujours réel.</strong></p>
<p><strong>Ce regard est ambivalent. Il mêle l&rsquo;admiration sincère pour une puissance politique, pour une tradition intellectuelle, pour une beauté plastique – et la peur, le préjugé, le désir de domination. L&rsquo;orientalisme que critique Edward Saïd a bien existé : l&rsquo;Europe a souvent « fabriqué » un Orient imaginaire, harem et despotique, pour mieux se rassurer sur sa propre modernité. Et il ne faut pas idéaliser les souverains marocains de l&rsquo;époque : ils furent aussi des acteurs impériaux, parfois brutaux, et leur société n&rsquo;était pas un âge d&rsquo;or sans taches.</strong></p>
<p><strong>Mais la fascination, elle, fut authentique. Voltaire ne feignait pas son étonnement devant l&rsquo;autorité traversant les déserts. Les traducteurs de Tolède ne feignaient pas leur soif des commentaires d&rsquo;Averroès. Delacroix ne feignait pas son émotion devant les rues de Tanger. Et Fortuny ne feignait pas son respect pour l&rsquo;artisanat de Fès.</strong></p>
<p><strong>C&rsquo;est cette mémoire d&rsquo;un empire regardé, fascinant par ses gouvernants, ses savants, ses soldats et ses artisans, que cet éditorial a voulu raviver. Parce qu&rsquo;elle nous rappelle une vérité simple : les civilisations ne se construisent jamais seules. Elles se regardent, s&rsquo;admirent, se craignent, s&#8217;empruntent – et parfois, bien plus tard, reconnaissent ce qu&rsquo;elles se doivent.</strong></p>
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		<item>
		<title>Sur le tarmac américain, les Lions de la Teranga abdiquent</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/213620</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Jun 2026 11:39:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[NOS CHRONIQUEURS]]></category>
		<category><![CDATA[POLITOSCOPE]]></category>
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					<description><![CDATA[Par: Allal KHEIREDDINE San Antonio, Texas. Le soleil d&#8217;Amérique tape sur le bitume. Des hommes en uniforme ordonnent. Des joueurs obéissent. Chaussures retirées, bagages retournés, corps fouillés à même le tarmac, sous les yeux des caméras, sous les yeux du monde, non comme des invités, non même comme des suspects ordinaires, mais comme des corps &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par: Allal KHEIREDDINE</strong></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-213398" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/kheira.jpeg" alt="" width="1080" height="607" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/kheira.jpeg 1080w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/kheira-300x169.jpeg 300w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/kheira-1024x576.jpeg 1024w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/kheira-768x432.jpeg 768w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/kheira-390x220.jpeg 390w" sizes="auto, (max-width: 1080px) 100vw, 1080px" /></p>
<p><strong>San Antonio, Texas. Le soleil d&rsquo;Amérique tape sur le bitume. Des hommes en uniforme ordonnent. Des joueurs obéissent. Chaussures retirées, bagages retournés, corps fouillés à même le tarmac, sous les yeux des caméras, sous les yeux du monde, non comme des invités, non même comme des suspects ordinaires, mais comme des corps à inspecter, des présences à tolérer, des risques à évaluer. Ce sont les Lions de la Teranga, finalistes de la dernière CAN, ambassadeurs d&rsquo;une nation dont la fierté, dit-on, ne se marchande pas.</strong></p>
<blockquote class="twitter-tweet" data-media-max-width="560">
<p dir="ltr" lang="fr"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/1f1fa-1f1f8.png" alt="🇺🇸" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/26a1.png" alt="⚡" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /> Des contrôles très poussés des douanes américaines font polémique, c&rsquo;est notamment le cas du Sénégal, mais aussi de l »Ouzbékistan.</p>
<p><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/1f914.png" alt="🤔" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /> Ici, les Lions de la Teranga, futurs adversaires des Bleus, ont été contrôlés à leur sortie de l&rsquo;avion par le Bureau des douanes et de la… <a href="https://t.co/lGOk2yQ7nD">pic.twitter.com/lGOk2yQ7nD</a></p>
<p>— RMC Sport (@RMCsport) <a href="https://x.com/RMCsport/status/2064284780586205645?ref_src=twsrc%5Etfw">June 9, 2026</a></p></blockquote>
<p><script async src="https://platform.x.com/widgets.js" charset="utf-8"></script></p>
<p><strong>Personne n&rsquo;a bougé. Personne n&rsquo;a protesté. Tête baissée, exécution silencieuse. Ce sol texan n&rsquo;est pas neutre, il garde en mémoire ce que les manuels tentent d&rsquo;édulcorer. C&rsquo;est dans ces mêmes ports du Sud, Galveston, La Nouvelle-Orléans, Charleston, que débarquaient enchaînés des hommes arrachés précisément à ce Sénégal dont les descendants foulent aujourd&rsquo;hui le bitume en vice champions. La cale du négrier a laissé place au tarmac douanier, le maître des plantations a revêtu un uniforme fédéral, mais la grammaire du corps, elle, n&rsquo;a pas changé : se soumettre, ne pas regarder dans les yeux, attendre que l&rsquo;on décide de vous. </strong><strong>Ce n&rsquo;est pas une métaphore. C&rsquo;est une continuité. </strong></p>
<p><strong>Et pourtant, voilà où la pensée ne peut plus faire semblant ; ces mêmes joueurs, ces mêmes dirigeants n&rsquo;avaient pas cette retenue quelques semaines plus tôt. Quand le Maroc les accueillait pour la finale de la CAN 2025, la machine à indignation tournait à plein régime : communiqués officiels, refus d&rsquo;entraîner au Complexe Mohammed VI, accusations de manque d&rsquo;équité, appels à la CAF, politiques en furie. La CAF a tranché en sanctionnant la FSF à hauteur de 615 000 dollars d&rsquo;amendes pour comportements antisportifs et atteintes à l&rsquo;image du football. Mais à San Antonio, rien. Pas un communiqué. Pas une sommation à la FIFA, co-organisatrice de ce Mondial américain dont les dérives s&rsquo;accumulent, un arbitre somalien refoulé à la frontière, un attaquant irakien retenu sept heures à O&rsquo;Hare, des délégations traitées comme des convois suspects. </strong></p>
<p><strong>Fabio Cannavaro, sélectionneur d&rsquo;Ouzbékistan, lui aussi fouillé, a au moins eu la franchise de trouver la chose curieuse : « Ils m&rsquo;ont dit que c&rsquo;était le règlement, mais finalement, le contrôle n&rsquo;a concerné que nous. » Du côté sénégalais : le vide. Un silence parfait, absolu, et dans sa perfection même, révélateur. Aimé Césaire appelait cela la domestication de l&rsquo;âme, ce moment où la violence du dominant est si profondément intégrée qu&rsquo;elle n&rsquo;est plus ressentie comme violence, mais comme ordre naturel des choses. On ne crie pas contre celui dont on a appris, génération après génération, à ne pas croiser le regard. On crie contre le voisin, l&rsquo;égal, celui dont la réussite dérange précisément parce qu&rsquo;elle prouve que l&rsquo;on pouvait se tenir droit.</strong></p>
<p><strong> Le Maroc dérange parce qu&rsquo;il refuse l&rsquo;ordre symbolique établi : pays africain qui accueille des Coupes du Monde, trace des gazoducs continentaux, gagne et ose le faire savoir sans demander de permission. Face à lui, on s&rsquo;autorise l&rsquo;insolence, parce que l&rsquo;insolence fraternelle ne coûte rien, parce que l&rsquo;Afrique ne gèle pas les avoirs ni ne bloque les visas. Face à Washington, on se tait, parce que Washington, lui, peut retenir un attaquant sept heures dans un couloir d&rsquo;aéroport, refouler un arbitre accrédité par la FIFA, conditionner une participation à un Mondial à la bonne humeur d&rsquo;un agent des douanes. </strong></p>
<p><strong>Cette économie de la révolte, dépensée là où elle est sans risque, épargnée là où elle est nécessaire, n&rsquo;est pas de la diplomatie. C&rsquo;est de la peur déguisée en sagesse. Qu&rsquo;on entende bien ce que ces lignes disent, et ce qu&rsquo;elles ne disent pas. Elles ne disent pas que le peuple sénégalais manque de fierté, Senghor, Cheikh Anta Diop, Sembène Ousmane ont été des géants pour qui la dignité était une exigence existentielle, pas un mot de tribune. Elles ne disent pas non plus que le Maroc est au-dessus de la critique, il a ses propres chantiers, ses propres contradictions. Elles disent simplement ceci : la souveraineté n&rsquo;est pas un vêtement que l&rsquo;on enfile et retire selon l&rsquo;interlocuteur. Une nation qui réserve son courage aux batailles sans risque ne construit pas sa dignité, elle la rejoue. Et l&rsquo;Afrique, si elle veut un jour parler d&rsquo;une voix qui porte vraiment, devra apprendre à exiger la même chose de Washington qu&rsquo;elle exige de Rabat. Les ancêtres sénégalais qui ont traversé l&rsquo;Atlantique dans les cales n&rsquo;avaient pas le choix de se taire. Leurs descendants, eux, ont ce luxe. Et ils l&rsquo;ont exercé à l&rsquo;envers.</strong></p>
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		<title>Le « Scénario El Ouali » : Comment Brahim Ghali aurait éliminé son successeur</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/213557</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 08 Jun 2026 15:53:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[POLITOSCOPE]]></category>
		<category><![CDATA[Lahbib Mohamed Abdelaziz]]></category>
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					<description><![CDATA[Par: Abdelhakim YAMANI* Le 9 juin 1976, El Ouali Moustapha Sayed — fondateur du Front Polisario, né à Tan Tan, Maroc — mourait lors du raid de Nouakchott. Version officielle : tué au combat. Version que le renseignement algérien n’a jamais démentie avec conviction : liquidé sur ordre d’Alger, car il cherchait une sortie négociée avec Rabat. &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par: Abdelhakim YAMANI* </strong></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-213562" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/yamaniaa.jpeg" alt="" width="225" height="225" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/yamaniaa.jpeg 225w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/yamaniaa-150x150.jpeg 150w" sizes="auto, (max-width: 225px) 100vw, 225px" /></p>
<p><strong>Le 9 juin 1976, El Ouali Moustapha Sayed — fondateur du Front Polisario, né à Tan Tan, Maroc — mourait lors du raid de Nouakchott. Version officielle : tué au combat. Version que le renseignement algérien n’a jamais démentie avec conviction : liquidé sur ordre d’Alger, car il cherchait une sortie négociée avec Rabat. Cinquante ans plus tard, en juin 2026, Lahbib Mohamed Abdelaziz — fils du secrétaire général historique du Polisario — meurt en opération dans la zone tampon du Sahara occidental marocain. Selon des sources de haut niveau proches de la direction du mouvement, dont l’IGH a recueilli les témoignages : la vraie version, c’est le scénario Ouali.</strong></p>
<h2><strong>I.  1976 : La mort d’El Ouali, le premier précédent</strong></h2>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Le 7 juin 1976, les milices du Front Polisario lancent un raid audacieux contre Nouakchott, capitale de la Mauritanie. El Ouali Moustapha Sayed, 28 ans, fondateur du mouvement le 10 mai 1973 à Zouerate, en est l’âme. Le 9 juin, sur le chemin du retour, il est tué. Version officielle : abattu lors des combats par des forces mauritaniennes. La propagande algérienne parlera d’un avion Jaguar français. Ces versions n’ont jamais été établies de manière convaincante.</strong></p>
<p><strong>Une thèse alternative, documentée et jamais officiellement réfutée, émerge des archives et des témoignages du renseignement : El Ouali aurait été liquidé sur décision algérienne. La réunion décisive se serait tenue au palais El Mouradia à Alger. Présents : le président Houari Boumédiène, son conseiller Slimane Hoffman, Abdelaziz Bouteflika, alors ministre des Affaires étrangères, Kasdi Merbah, patron des renseignements, et Mohamed Messaadia.</strong></p>
<p><strong>Le mobile est précis : El Ouali cherchait une solution conciliatrice. Il se déplaçait entre Marrakech, Taroudant et Rabat. Pour Alger, c’était une trahison. Sa mort permit d’imposer Mohamed Abdelaziz à la tête du Polisario — marquant l’emprise algérienne définitive sur le mouvement.</strong></p>
<h2><strong>II.  Le Polisario en 2026 : un mouvement à bout de souffle</strong></h2>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Cinquante ans après la mort d’El Ouali, le Front Polisario qu’il a fondé n’est plus que l’ombre d’un projet politique. Brahim Ghali, 77 ans, dirige un appareil structurellement affaibli, sous perfusion algérienne, incapable d’offrir une perspective stratégique crédible à ses bases. Sa santé est déclinante. Sa légitimité, contestée en interne.</strong></p>
<p><strong>La résolution 2797 du Conseil de sécurité, adoptée le 31 octobre 2025, constitue un tournant diplomatique majeur en faveur du Maroc. Elle réaffirme le cadre des tables rondes et fragilise la posture maximaliste du Polisario. Le processus conduit par l’Envoyé personnel Staffan de Mistura, appuyé par les rounds de Washington de février 2026, repose la question de la représentativité réelle du mouvement et de son devenir institutionnel.</strong></p>
<p><strong>Dans ce contexte de pression externe maximale, la question de la succession à Ghali n’est pas seulement interne. Elle est existentielle pour l’ensemble du système algéro-polisarien.</strong></p>
<h2><strong>III.  Lahbib Mohamed Abdelaziz : l’héritier encombrant</strong></h2>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Lahbib Mohamed Abdelaziz portait le nom le plus lourd du Polisario. Son père, Mohamed Abdelaziz, avait dirigé le Front de 1976 à son décès en mai 2016, d’un cancer du poumon à 68 ans. Quarante ans à la tête d’un mouvement. Une légitimité dynastique sans équivalent au sein d’un appareil qui n’en possède aucune autre.</strong></p>
<p><strong>Lahbib avait hérité de la ligne dure de son père. Intransigeant sur les principes, présent dans les réseaux internes du mouvement, il incarnait une continuité symbolique que personne d’autre ne pouvait revendiquer. Selon des sources proches des services de sécurité algériens ayant communiqué à l’IGH, il était clairement identifié comme le favori à la succession de Brahim Ghali.</strong></p>
<p><strong>Cette position en faisait à la fois un atout pour la continuité du mouvement — et une menace pour Ghali. Un successeur légitime, porteur d’un capital symbolique propre, est par définition un concurrent. Dans un système sans institutionnalisation réelle, sans mécanisme de transmission pacifique du pouvoir, cette équation ne souffre qu’une résolution.</strong></p>
<h2><strong>IV.  La mort : version officielle, version renseignement</strong></h2>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Vers le 7 juin 2026, un message publié sur les réseaux sociaux par Ahmto Mohmed Lamin annonce la mort de Lahbib Mohamed Abdelaziz. Le texte parle d’« استهاد » — le martyre — dans les « champs d’honneur et de dignité ». La formulation est celle du sacrifice héroïque. L’annonce officielle du Polisario reprend les mêmes codes.</strong></p>
<p><strong>La version renseignement est radicalement différente. Des sources de premier cercle, proches de la direction du Polisario, ont communiqué à l’IGH leur lecture des événements. Leur formulation est sans ambiguïté : <em>« C’est la dissertation du Polisario… la vraie, c’est qu’il a été ‘limogé’ — éliminé — par les soins de Ghali. Scénario Ouali. »</em></strong></p>
<p><strong>Selon ces sources, Ghali aurait délibérément orienté Lahbib Mohamed Abdelaziz vers une opération dans la zone tampon du Sahara occidental marocain — en pleine connaissance du niveau de risque. Non un engagement ennemi ordinaire. Une désignation.</strong></p>
<h2><strong>V.  La mécanique du « scénario Ouali » décryptée</strong></h2>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>La structure des deux événements — 1976 et 2026 — est frappante dans sa symétrie opérationnelle. Dans les deux cas : un leader concurrent jugé dangereux, une opération militaire choisie comme vecteur d’élimination, un appareil de communication qui transforme immédiatement la mort en martyre.</strong></p>
<p><strong>La différence structurelle est révélatrice. En 1976, c’est Alger — le DRS, Boumédiène, Kasdi Merbah — qui pilote l’élimination d’El Ouali depuis l’extérieur du mouvement. En 2026, selon les sources IGH, c’est Ghali lui-même qui reproduit le schéma. Le Polisario a intégré, au fil de cinquante ans de tutelle algérienne, la méthode de liquidation interne comme réflexe institutionnel. L’élève a assimilé la leçon du maître.</strong></p>
<p><strong>Ce que révèle ce schéma, au-delà du cas Lahbib, c’est l’absence totale de mécanisme institutionnel de régulation du pouvoir au sein du Polisario. Lorsqu’une succession menace, il n’existe ni procédure, ni instance arbitrale, ni cadre juridique interne. Il existe des opérations militaires soigneusement orientées.</strong></p>
<h2><strong>VI.  Ce que cela révèle du Polisario en 2026</strong></h2>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>La mort de Lahbib Mohamed Abdelaziz est un signal systémique. Elle révèle un mouvement incapable de se reproduire politiquement par des voies pacifiques. Dans un contexte de pression diplomatique sans précédent — résolution 2797, processus Mistura, rounds de Washington — le Polisario ne dispose d’aucune ressource institutionnelle pour traverser une transition ordonnée.</strong></p>
<p><strong>Le message envoyé aux cadres internes est d’une clarté absolue : la dissidence, même symbolique, se paie. L’héritage dynastique ne protège pas. Le champ de bataille reste l’instrument de régulation ultime d’un appareil qui n’a jamais développé d’autre grammaire du pouvoir.</strong></p>
<p><strong>Le Polisario sort de cet épisode sans successeur légitime identifiable, sans perspective de transition, et avec une crise de représentativité aggravée face aux instances onusiennes qui cherchent un interlocuteur sahraoui crédible.</strong></p>
<h2><strong>VII.  Implications pour le processus de négociation</strong></h2>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>À court terme — horizon trois mois — la mort de Lahbib neutralise temporairement la question ouverte de la succession, mais aggrave structurellement la crise de légitimité du Polisario face à la table de négociation. Staffan de Mistura et les interlocuteurs américains ont besoin d’un partenaire sahraoui disposant d’une base politique réelle. Un Ghali affaibli, sans successeur visible, ne constitue pas cet interlocuteur.</strong></p>
<p><strong>Pour Rabat, la séquence est analytiquement favorable. Elle renforce la thèse de l’absence de représentativité réelle du Polisario. Un mouvement qui élimine son propre héritier légitime ne peut prétendre représenter une cause.</strong></p>
<p><strong>À moyen terme — horizon six mois — deux scénarios s’ouvrent. Premier scénario : Alger intervient pour désigner un successeur contrôlable à Ghali et tente de stabiliser le mouvement avant un éventuel gel du processus onusien. Second scénario : le vide successoral s’installe, fragilisant davantage la posture du Polisario et accélérant l’obsolescence diplomatique d’un interlocuteur que la communauté internationale soutient de moins en moins.</strong></p>
<p>*<strong> Président fondateur de l&rsquo;Institut Géopolitique Horizons</strong></p>
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		<title>La Légende de Boualem Sansal : un livre qui dérange, interroge et oblige à penser</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/213538</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 08 Jun 2026 10:38:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[KALÉIDOSCOPE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITOSCOPE]]></category>
		<category><![CDATA[Boualem Sansal]]></category>
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					<description><![CDATA[Par: Mohamed KHOUKHCHANI La publication de La Légende de Boualem Sansal n’est pas seulement un événement littéraire. C’est aussi un événement politique, moral et humain. Dès les premières pages, l’auteur annonce la couleur : ce livre est à la fois un témoignage, un acte d’accusation et un manifeste pour la liberté. Il raconte son emprisonnement, &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par: Mohamed KHOUKHCHANI</strong></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-213402" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/khukhus-.jpeg" alt="" width="1080" height="608" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/khukhus-.jpeg 1080w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/khukhus--300x169.jpeg 300w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/khukhus--1024x576.jpeg 1024w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/khukhus--768x432.jpeg 768w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/khukhus--390x220.jpeg 390w" sizes="auto, (max-width: 1080px) 100vw, 1080px" /></p>
<p><strong>La publication de La Légende de Boualem Sansal n’est pas seulement un événement littéraire. C’est aussi un événement politique, moral et humain. Dès les premières pages, l’auteur annonce la couleur : ce livre est à la fois un témoignage, un acte d’accusation et un manifeste pour la liberté. Il raconte son emprisonnement, mais cherche surtout à montrer ce que devient une société lorsque le pouvoir s’arroge le monopole de la vérité.</strong></p>
<p><strong>Un récit entre mémoire personnelle et réflexion universelle.</strong></p>
<p><strong>La première force du livre réside dans sa capacité à dépasser le simple récit autobiographique. Certes, Sansal raconte son arrestation, son procès expéditif et son incarcération. Mais très vite, son expérience personnelle devient le point de départ d’une réflexion plus vaste sur la peur, le langage, la justice et la liberté. Il écrit que les régimes autoritaires ne brisent pas les individus d’un seul coup ; ils les habituent progressivement à accepter l’inacceptable.</strong></p>
<p><strong>Cette idée constitue sans doute le cœur philosophique de l’ouvrage. La prison n’est pas seulement un lieu d’enfermement physique ; elle devient la métaphore d’un système où les mots perdent leur sens et où le citoyen finit par douter de ses propres certitudes.</strong></p>
<p><strong>Une écriture puissante, parfois lyrique.</strong></p>
<p><strong>L’une des qualités majeures de La Légende est son écriture. Sansal alterne constamment entre le témoignage brut, l’essai politique, la méditation philosophique et le récit littéraire. Les références à la Bible, à Orwell, à la littérature française ou aux mythes antiques donnent au texte une profondeur particulière.</strong></p>
<p><strong>Cette richesse stylistique fait la singularité du livre. On n’y trouve pas seulement la chronique d’une injustice ; on y découvre une réflexion sur la condition humaine, la solitude, le temps et la résistance intérieure.</strong></p>
<p><strong>Une œuvre engagée qui ne laissera personne indifférent.</strong></p>
<p><strong>Le livre est aussi un réquisitoire contre les dérives autoritaires du pouvoir algérien. Sansal y dénonce une justice soumise au politique et un système où la raison d’État l’emporte sur les droits individuels.</strong></p>
<p><strong>Cette dimension engagée constitue à la fois sa force et sa limite. Sa force, parce qu’elle donne au récit une intensité rare. Sa limite, parce que certains lecteurs pourront considérer que l’émotion personnelle conduit parfois à des jugements très tranchés. L’auteur ne cache jamais son point de vue ; il assume pleinement sa subjectivité.</strong></p>
<p><strong>Mais c’est précisément ce qui rend l’ouvrage intéressant : il ne prétend pas être un rapport administratif ou un document judiciaire. Il revendique son statut de témoignage d’un homme confronté à ce qu’il estime être une injustice majeure.</strong></p>
<p><strong>La prison comme laboratoire de l’âme humaine.</strong></p>
<p><strong>Les pages consacrées à la prison de Koléa figurent parmi les plus réussies. Sansal décrit un univers où le temps semble disparaître, où les détenus développent leurs propres codes, leurs mythologies et leurs stratégies de survie.</strong></p>
<p><strong>Loin du sensationnalisme, il montre comment l’enfermement transforme le rapport au monde. Ce ne sont pas tant les murs qui emprisonnent que la dépossession progressive du temps, de l’avenir et parfois de soi-même.</strong></p>
<p><strong>Pourquoi faut-il lire ce livre ?</strong></p>
<p><strong>Parce qu’il pose une question essentielle : que devient un homme lorsque sa liberté lui est retirée ?</strong><br />
<strong>Mais aussi parce qu’il oblige le lecteur à réfléchir à des enjeux qui dépassent largement le cas de Boualem Sansal : le rôle de la justice, la place de l’écrivain dans la cité, la fragilité des libertés publiques et la responsabilité des citoyens face aux abus du pouvoir.</strong></p>
<p><strong>Que l’on partage ou non toutes les analyses de l’auteur, La Légende est un livre qui suscite le débat, nourrit la réflexion et rappelle que la littérature demeure l’un des derniers espaces où il est encore possible de nommer les choses telles qu’elles sont.</strong></p>
<p><strong>Une lecture nécessaire.</strong></p>
<p><strong>La Légende n’est ni un roman traditionnel ni un simple récit carcéral. C’est le témoignage d’un écrivain qui transforme son épreuve personnelle en interrogation universelle sur la liberté. On referme ce livre avec davantage de questions que de réponses, ce qui est souvent la marque des œuvres importantes.</strong></p>
<p><strong>Pour le lecteur maghrébin, français ou simplement attaché aux valeurs de liberté et de dignité humaine, ce texte constitue une lecture stimulante, parfois dérangeante, mais assurément marquante. C’est un livre qui ne cherche pas à plaire ; il cherche à éveiller. Et c’est précisément pour cette raison qu’il mérite d’être lu.</strong></p>
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		<title>Quand le régime algérien confond arganier et chêne vert&#8230; et se ridiculise</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/213431</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ziad Alami]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 06 Jun 2026 16:58:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[POLITOSCOPE]]></category>
		<category><![CDATA[algérie]]></category>
		<category><![CDATA[Arganier]]></category>
		<category><![CDATA[maroc]]></category>
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					<description><![CDATA[« La plantation d’arganiers, cet arbre à l’huile d’or, gagne du terrain en Algérie, et suscite des inquiétudes au Maroc », a &#8211; bouchons- nous le nez! &#8211; lâché « TSA » (« Tout sur l&#8217;Algérie »), qu&#8217;on ne vous présente plus tellement il est à la botte du régime des caporaux finissant. La plantation d’arganiers, cet arbre à l’huile d’or, &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>« La plantation d’arganiers, cet arbre à l’huile d’or, gagne du terrain en Algérie, et suscite des inquiétudes au Maroc », a &#8211; bouchons- nous le nez! &#8211; lâché « TSA » (« Tout sur l&rsquo;Algérie »), qu&rsquo;on ne vous présente plus tellement il est à la botte du régime des caporaux finissant.</strong></p>
<blockquote class="twitter-tweet">
<p dir="ltr" lang="fr">La plantation d’arganiers, cet arbre à l’huile d’or, gagne du terrain en Algérie, et suscite des inquiétudes au Maroc. <a href="https://t.co/NMnO0CvmYh">https://t.co/NMnO0CvmYh</a> <a href="https://t.co/7tsECyzR7R">pic.twitter.com/7tsECyzR7R</a></p>
<p>— TSA Algérie (@TSAlgerie) <a href="https://x.com/TSAlgerie/status/2062827943403864455?ref_src=twsrc%5Etfw">June 5, 2026</a></p></blockquote>
<p><script async src="https://platform.x.com/widgets.js" charset="utf-8"></script></p>
<p><strong>On peut défendre son régime et ne pas tomber dans le ridicule. « <a href="https://www.tsa-algerie.dz/algerie-lessor-de-larganier-larbre-a-lhuile-dor-inquiete-au-maroc/">TSA</a>« , ou ce qu&rsquo;il en reste, en a franchi les bornes. Il a péché par une confusion scandaleuse entre l&rsquo;arganier, trésor du sud marocain, inscrit au réseau mondial des Réserves de biosphère de l&rsquo;UNESCO, et le chêne vert (voir la photo avec laquelle il a illustré sa fanfaronnade à deux balles). </strong></p>
<p><strong>Quant aux prétendues « inquiétudes suscitées au Maroc » par la non moins prétendue « plantation d’arganiers (&#8230;) en Algérie », nous invitons notre confrère à revoir ses « connaissances » botaniques avant de se hasarder à des rodomontades stupides et ridicules. </strong></p>
<p><strong>Le gland ne tombe jamais loin du chêne. </strong></p>
<p>&nbsp;</p>
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