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	<title>NOS CHRONIQUEURS &#8211; Le collimateur</title>
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	<description>Le goût de la vérité n&#039;empêche pas la prise de parti</description>
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	<title>NOS CHRONIQUEURS &#8211; Le collimateur</title>
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		<title>Freetown, ou le coup de grâce à l&#8217;illusion d&#8217;Alger</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 20 Jul 2026 12:46:04 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par: ALLAL KH</strong><strong>EIREDDINE</strong></p>
<p><img decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-216119" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/07/kheira-780x470-1.jpeg" alt="" width="780" height="470" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/07/kheira-780x470-1.jpeg 780w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/07/kheira-780x470-1-300x181.jpeg 300w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/07/kheira-780x470-1-768x463.jpeg 768w" sizes="(max-width: 780px) 100vw, 780px" /></p>
<p><strong>Il est des signatures qui valent des traités de géopolitique entiers. Celle apposée le 19 juillet 2026 à Freetown par les chefs d&rsquo;État de la CEDEAO, entérinant l&rsquo;Accord intergouvernemental du Gazoduc Africain Atlantique Nigeria-Maroc, est de celles-là. Près de 6 800 kilomètres d&rsquo;acier le long de la façade atlantique, treize pays traversés, trente milliards de mètres cubes de gaz par an, une société de projet à Casablanca, une autorité de gouvernance à Abuja : ce qui n&rsquo;était en 2016 qu&rsquo;une vision partagée entre le Roi Mohammed VI et le président Buhari devient aujourd&rsquo;hui un projet panafricain, porté collectivement par toute l&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest. Et ce gazoduc, faut-il le rappeler, longera les provinces du Sud du Royaume — ce Sahara marocain dont certains, à Alger, avaient fait le tombeau de leurs ambitions et qui devient, ironie de l&rsquo;Histoire, le corridor énergétique de tout un continent.</strong></p>
<p><strong>Pour mesurer la portée de Freetown, il faut revenir cinq ans en arrière. Le 31 octobre 2021, le pouvoir algérien décidait de ne pas renouveler le contrat du Gazoduc Maghreb-Europe, qui acheminait depuis 1996 le gaz algérien vers l&rsquo;Espagne à travers le territoire marocain. Le calcul était limpide : priver le Royaume de ses redevances de transit et de son approvisionnement, l&rsquo;asphyxier, le contraindre. On espérait, à Alger, mettre le Maroc à genoux. C&rsquo;était méconnaître une constante de l&rsquo;histoire marocaine : chaque tentative d&rsquo;étranglement y a toujours produit un sursaut. Cinq ans plus tard, le bilan est sans appel. Le GME, inversé, alimente désormais le Maroc en gaz depuis l&rsquo;Espagne ; et c&rsquo;est vers ce même GME que convergera demain le gaz nigérian, transformant le Royaume en plaque tournante énergétique entre l&rsquo;Afrique atlantique et l&rsquo;Europe. L&rsquo;arme que l&rsquo;on croyait braquée sur Rabat s&rsquo;est retournée contre son auteur.</strong></p>
<p><strong>Comment un État doté de telles ressources en est-il arrivé à cette succession d&rsquo;impasses ? La science politique offre ici une clé de lecture que la psychanalyse a léguée aux relations internationales : celle de la blessure narcissique. Elle remonte à octobre 1963, à cette guerre des Sables où la jeune armée algérienne, auréolée du prestige de la guerre de libération, se heurta aux Forces armées royales. De cette confrontation fondatrice, le régime algérien a tiré non pas une leçon, mais un traumatisme : la hantise d&rsquo;un voisin qui refuse de s&rsquo;effacer. Les spécialistes du Maghreb l&rsquo;ont abondamment documenté : la rivalité avec le Maroc n&rsquo;est pas, pour le système algérien, une politique étrangère parmi d&rsquo;autres ; elle est un principe de légitimation interne, un ciment idéologique qui soude un appareil militaro-politique en mal de projet. D&rsquo;où cette fuite en avant permanente : puisque l&rsquo;on ne peut égaler, on entrave ; puisque l&rsquo;on ne peut construire, on brûle.</strong></p>
<p><strong>Car c&rsquo;est bien une politique de la terre brûlée qui s&rsquo;est déployée depuis 2021, avec une constance qui confine à la méthode. Rupture unilatérale des relations diplomatiques en août 2021. Fermeture de l&rsquo;espace aérien aux appareils marocains. Sabordage du GME. Paralysie définitive de l&rsquo;Union du Maghreb Arabe, dont le coût pour les peuples de la région se chiffre en points de croissance perdus chaque année. Financement ininterrompu d&rsquo;un séparatisme que la communauté internationale abandonne résolution après résolution. Et, pour couronner l&rsquo;ensemble, la relance précipitée d&rsquo;un gazoduc transsaharien concurrent, censé relier le Nigeria à l&rsquo;Algérie à travers un Sahel dont Alger s&rsquo;est aliéné les capitales une à une ; projet dont chacun constate qu&rsquo;il demeure, des années après ses annonces tonitruantes, à l&rsquo;état de communiqué.</strong></p>
<p><strong>Pendant ce temps, la diplomatie marocaine engrangeait. Reconnaissance américaine de la souveraineté sur le Sahara en 2020, ralliement espagnol en 2022, français en 2024, britannique ensuite, jusqu&rsquo;à cette résolution du Conseil de sécurité consacrant le plan d&rsquo;autonomie comme base des négociations. L&rsquo;Initiative Royale Atlantique offrait aux États du Sahel un accès à l&rsquo;océan que leur voisin du nord leur avait toujours refusé en actes. Et voici que quinze chefs d&rsquo;État ouest-africains, réunis à Freetown, apposent leur signature au bas d&rsquo;un projet dont le tracé même — atlantique, marocain, sahraoui — constitue un verdict géopolitique. On n&rsquo;a pas seulement contourné l&rsquo;Algérie : on a cessé de la penser comme incontournable. C&rsquo;est là, sans doute, la blessure la plus profonde.</strong></p>
<p><strong>Que reste-t-il alors à ce pouvoir ? La question mérite d&rsquo;être posée avec gravité, et sans triomphalisme aucun, car elle engage la stabilité de toute une région. Un régime qui a fait de l&rsquo;hostilité au Maroc sa raison d&rsquo;être ne dispose plus, après tant d&rsquo;échecs, que de deux issues : la révision ou la surenchère. Et c&rsquo;est ici que l&rsquo;inquiétude doit tempérer la satisfaction. L&rsquo;Histoire enseigne que les systèmes acculés à des désillusions répétées ne se réforment pas toujours ; ils se radicalisent parfois, et les logiques de fuite en avant, poussées à leur terme, peuvent conduire à l&rsquo;irréparable. Une provocation de trop, un incident frontalier instrumentalisé, un geste désespéré pour ressouder l&rsquo;intérieur autour d&rsquo;un ennemi extérieur : voilà le scénario que nul, au Maroc comme ailleurs, ne souhaite voir advenir.</strong></p>
<p><strong>C&rsquo;est pourquoi il faut le dire clairement : le peuple algérien n&rsquo;est pas notre adversaire, il est la première victime de cette obsession. Ce grand peuple, frère par la langue, la foi, l&rsquo;histoire et le sang mêlé des frontières, mérite mieux que de voir sa rente gazière dilapidée en rivalités stériles pendant que sa jeunesse prend la mer. N&rsquo;existe-t-il pas, au sein des élites algériennes ; dans l&rsquo;université, l&rsquo;entreprise, la diplomatie, voire dans les rangs mêmes de l&rsquo;institution militaire — des personnalités lucides et pragmatiques, capables de mesurer le coût exorbitant de cette hémorragie morale et géopolitique ? Des voix qui oseraient dire que la grandeur de l&rsquo;Algérie ne se construira jamais contre le Maroc, mais avec lui ; que le Maghreb des peuples attend depuis un demi-siècle que ses dirigeants soient à sa hauteur ?</strong></p>
<p><strong>La main marocaine, elle, demeure tendue, les discours royaux l&rsquo;ont répété avec une constance que nul ne peut contester. Freetown n&rsquo;est pas une revanche : c&rsquo;est une démonstration. Celle qu&rsquo;il existe deux manières d&rsquo;habiter l&rsquo;Histoire : la construire ou la subir. Le gazoduc atlantique avancera, avec ou sans le consentement d&rsquo;Alger. La seule question qui vaille désormais est de savoir si l&rsquo;Algérie choisira, enfin, de monter dans le train du siècle, ou de rester sur le quai à maudire la locomotive.</strong></p>
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		<title>Rompre, encore : Alger et la diplomatie du geste unique</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/216118</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 19 Jul 2026 19:04:41 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[diplomatie du geste unique]]></category>
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					<description><![CDATA[Par: ALLAL KHEIREDDINE La nouvelle circule depuis ce dimanche dans la presse algérienne la plus proche des cercles de décision : Alger s&#8217;apprêterait à rompre ses relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis. Le quotidien El-Khabar, porte-parole officieux du pouvoir, invoque une campagne de désinformation que mèneraient les Émirats autour des incendies de forêt de &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par: ALLAL KH</strong><strong>EIREDDINE</strong></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-216119" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/07/kheira-780x470-1.jpeg" alt="" width="780" height="470" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/07/kheira-780x470-1.jpeg 780w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/07/kheira-780x470-1-300x181.jpeg 300w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/07/kheira-780x470-1-768x463.jpeg 768w" sizes="auto, (max-width: 780px) 100vw, 780px" /></p>
<p><strong>La nouvelle circule depuis ce dimanche dans la presse algérienne la plus proche des cercles de décision : Alger s&rsquo;apprêterait à rompre ses relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis. Le quotidien El-Khabar, porte-parole officieux du pouvoir, invoque une campagne de désinformation que mèneraient les Émirats autour des incendies de forêt de cet été et du drame de Mohammadia. Certes rien n&rsquo;est confirmé à cette heure, mais l&rsquo;essentiel n&rsquo;est pas dans la confirmation. Il est dans le fait que personne, à Alger comme ailleurs, ne serait surpris.</strong></p>
<p><strong>Car la trajectoire est écrite depuis des mois. En février dernier, le président Tebboune, dans une entrevue télévisée, désignait sans le nommer un « mini-État qui gesticule », l&rsquo;accusant de s&rsquo;être immiscé « dans la première puis la deuxième élection » et de brandir la menace de l&rsquo;arbitrage international. Le même jour, l&rsquo;Algérie dénonçait l&rsquo;accord aérien bilatéral de 2013, geste sans portée militaire mais à forte charge symbolique : on commence par couper les lignes avant de couper les ponts. En mai, le retrait émirati de l&rsquo;OPEP était balayé d&rsquo;un « non-événement » présidentiel, assorti d&rsquo;un définitif « le livre est fermé ». Entre-temps, la presse d&rsquo;État et ses satellites avaient installé un lexique , « entités vassales », « ingérence », « déstabilisation » , qui ne relève plus de la diplomatie mais de la préparation d&rsquo;artillerie. Quand un chef d&rsquo;État qualifie publiquement un partenaire de « mini-État », le contentieux a déjà quitté le terrain des bons usages diplomatiques pour celui de l&rsquo;affect et de la sensiblerie. C&rsquo;est rarement le signe d&rsquo;une position de force.</strong></p>
<p><strong>Les griefs d&rsquo;Alger, eux, méritent d&rsquo;être pris au sérieux, précisément parce qu&rsquo;ils dessinent en creux la carte des échecs algériens. Le premier est marocain. Les Émirats ont été, en novembre 2020, le premier pays arabe à ouvrir un consulat général à Laâyoune ; et à Dakhla, financent des projets structurants dans les provinces du Sud et se classent parmi les tout premiers investisseurs étrangers au Maroc. Pour une diplomatie algérienne dont le Sahara demeure l&rsquo;obsession organisatrice, chaque grue émiratie à Dakhla est vécue comme un affront. Or ce que sanctionne Alger n&rsquo;est pas une anomalie : c&rsquo;est un mouvement de fond du monde arabe et, désormais, du Conseil de sécurité lui-même, qui a consacré le plan d&rsquo;autonomie comme cadre de solution. Rompre avec Abou Dhabi ne changera rien à cette dynamique ; cela reviendrait à excommunier le thermomètre.</strong></p>
<p><strong>Le second grief est sahélien et libyen. L&rsquo;Algérie voit l&rsquo;influence émiratie s&rsquo;étendre dans des espaces — Mali, Libye, et au-delà le Soudan — où elle revendiquait un magistère d&rsquo;arbitre hérité des années 1990. Mais là encore, le reproche adressé aux Émirats masque un constat plus douloureux : ce magistère s&rsquo;est effondré de lui-même. Bamako, Niamey et Ouagadougou ont tourné le dos à Alger en 2025, après l&rsquo;affaire du drone malien abattu et une série de crises où l&rsquo;Algérie a traité ses voisins du Sud avec la même hauteur que ses interlocuteurs européens. Les Émirats n&rsquo;ont pas chassé l&rsquo;Algérie du Sahel ; ils occupent un vide qu&rsquo;elle a créé. Quant au soutien présumé d&rsquo;Abou Dhabi au MAK, régulièrement avancé sans que des éléments vérifiables soient versés au débat public, il s&rsquo;inscrit dans une grammaire connue : celle qui requalifie toute contrariété extérieure en complot et toute dissidence intérieure en terrorisme.</strong></p>
<p><strong>C&rsquo;est ici que l&rsquo;épisode émirati cesse d&rsquo;être une crise bilatérale pour devenir un symptôme. Depuis cinq ans, la politique étrangère algérienne ne connaît qu&rsquo;un registre. Rupture unilatérale avec le Maroc en août 2021, sur un réquisitoire que même les alliés d&rsquo;Alger ont peiné à endosser. Gel brutal du traité d&rsquo;amitié avec l&rsquo;Espagne en 2022, pour punir Madrid d&rsquo;avoir soutenu le plan d&rsquo;autonomie (gel levé ensuite sans qu&rsquo;aucune des exigences algériennes ait été satisfaite, ce qui est la définition même d&rsquo;une défaite diplomatique.) Avec la France, un mouvement de yoyo permanent : ambassadeur rappelé en juillet 2024 après la reconnaissance par Paris de la souveraineté marocaine sur le Sahara, crises mémorielles, expulsions croisées, détention d&rsquo;un écrivain octogénaire devenue affaire d&rsquo;État. Avec les capitales sahéliennes, la même séquence, accélérée. À chaque fois, le scénario est identique : un partenaire prend une décision qui déplaît, Alger n&rsquo;a ni levier pour l&rsquo;en dissuader ni contre-proposition à formuler, et il ne reste que le geste — rappeler, geler, rompre. Une exception ! Les États-Unis. Les premiers à ouvrir ce prestigieux bal de reconnaissances. Alger n&rsquo;a pas bougé. Pétrifié et tétanisé. On ne rigole pas avec Trump. القوة الضاربة، ضربها حمار الليل. Intraduisible!</strong></p>
<p><strong>La rupture n&rsquo;est pas l&rsquo;instrument ultime d&rsquo;une diplomatie ; elle est devenue son unique vocabulaire.</strong></p>
<p><strong>Ce réflexe a une fonction, et elle est d&rsquo;abord intérieure. Chaque crise externe offre au pouvoir algérien un ennemi commode, un récit d&rsquo;encerclement qui soude l&rsquo;appareil et disqualifie toute critique. Mais le coût s&rsquo;accumule. Une diplomatie qui rompt avec le Maroc, se brouille avec l&rsquo;Espagne, s&rsquo;épuise contre la France, s&rsquo;aliène le Sahel et s&rsquo;apprête à claquer la porte du Golfe finit par ne plus avoir de porte à claquer. On mesure le paradoxe : le pays qui se rêvait médiateur régional, fort de sa doctrine de non-ingérence et de son passé de capitale des causes justes, n&rsquo;a plus aujourd&rsquo;hui un seul dossier régional où sa médiation soit sollicitée. L&rsquo;influence ne se décrète pas ; elle se construit par la constance, la prévisibilité et la capacité à offrir quelque chose. C&rsquo;est très exactement ce que fait Abou Dhabi — et, sur son propre théâtre, Rabat.</strong></p>
<p><strong>Si la rupture est consommée dans les jours qui viennent, elle sera présentée à Alger comme un acte de souveraineté. Elle se lira partout ailleurs comme un aveu : celui d&rsquo;un État qui, faute de pouvoir peser sur le cours des choses, ne sait plus que s&rsquo;en retirer. Et à force d&rsquo;en user et abuser, nul ne s&rsquo;en apercevrait.</strong></p>
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		<title>Les dimanches d&#8217;Aziz DAOUDA. Pegasus, l&#8217;éternel recyclage médiatique</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/216107</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 19 Jul 2026 11:01:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[NOS CHRONIQUEURS]]></category>
		<category><![CDATA[POLITOSCOPE]]></category>
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					<description><![CDATA[Par : Aziz DAOUDA La visite officielle du premier ministre français Sébastien Lecornu à Rabat s&#8217;inscrit dans une dynamique de rapprochement particulièrement forte entre le Royaume du Maroc et la République de France. Après plusieurs années de crispations diplomatiques, les deux capitales semblent avoir choisi de tourner la page pour reconstruire un partenariat fondé sur &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="blu-article-first-paragraph"><strong><span class="blu-article-lead">Par : Aziz DAOUDA</span></strong></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-215268" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/07/daoudos-1.jpg" alt="" width="660" height="330" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/07/daoudos-1.jpg 660w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/07/daoudos-1-300x150.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 660px) 100vw, 660px" /></p>
<p class="blu-article-paragraph"><strong>La visite officielle du premier ministre français Sébastien Lecornu à Rabat s&rsquo;inscrit dans une dynamique de rapprochement particulièrement forte entre le Royaume du Maroc et la République de France. Après plusieurs années de crispations diplomatiques, les deux capitales semblent avoir choisi de tourner la page pour reconstruire un partenariat fondé sur des intérêts stratégiques communs : sécurité, économie, investissements, énergie et coopération régionale.</strong></p>
<p class="blu-article-paragraph"><strong>Cette nouvelle donne ne fait cependant pas que des heureux ; les malheureux et mécontents étant toujours les mêmes. Cela va de soi.</strong></p>
<p class="blu-article-paragraph"><strong>Depuis plusieurs mois, une partie de la gauche radicale française, épaulée par certains médias qui lui sont proches, semble incapable d&rsquo;accepter cette normalisation des relations entre Paris et Rabat. À chaque avancée diplomatique majeure, les mêmes accusations reviennent, les mêmes sujets sont ressortis des archives, avec un calendrier qui interroge.</strong></p>
<p class="blu-article-paragraph"><strong>Cette fois encore, le scénario paraît identique.</strong></p>
<p class="blu-article-paragraph"><strong>En concomitance avec la visite de Sébastien Lecornu à Rabat, sa première visite à l&rsquo;étranger depuis sa nomination, faut-il le rappeler, voilà que ressurgit l&rsquo;affaire Pegasus. Une affaire pourtant abondamment commentée depuis plusieurs années et qui, malgré son immense retentissement médiatique initial, n&rsquo;a jamais permis d&rsquo;établir judiciairement les accusations les plus spectaculaires portées contre le Maroc.</strong><br />
<strong>Le procédé est désormais connu : annoncer de « nouvelles révélations », promettre des informations explosives, susciter le buzz médiatique&#8230; avant que le lecteur ne découvre finalement de longues pages reprenant essentiellement des éléments déjà publiés, sans véritable fait nouveau susceptible de modifier le dossier.</strong></p>
<p class="blu-article-paragraph"><strong>L&rsquo;effet d&rsquo;annonce prend alors le pas sur l&rsquo;information.</strong></p>
<p class="blu-article-paragraph"><strong>Cette stratégie intervient dans un contexte où le régime algérien traverse une période diplomatique particulièrement délicate. Les tensions avec plusieurs partenaires occidentaux se multiplient, tandis que certaines affaires judiciaires embarrassantes viennent ternir davantage son image.</strong></p>
<p class="blu-article-paragraph"><strong>Parmi elles figure notamment l&rsquo;arrestation en France de plusieurs ressortissants algériens, dont des fonctionnaires, soupçonnés dans une affaire de tentative d&rsquo;assassinat visant un influenceur algérien réfugié sur le territoire français. Une affaire qui a suscité un profond malaise et alimenté les interrogations sur certaines pratiques des services algériens.</strong></p>
<p class="blu-article-paragraph"><strong>Cette indignation sélective apparaît d&rsquo;autant plus frappante lorsqu&rsquo;on la compare aussi au silence observé autour de l&#8217;emprisonnement du journaliste sportif français Christophe Gleizes en Algérie. Alors que cette affaire soulève des interrogations sur la liberté de la presse et les conditions d&rsquo;exercice du métier de journaliste, elle n&rsquo;a pas suscité la même mobilisation de certains milieux politiques et médiatiques pourtant si prompts à dénoncer d&rsquo;autres États. Ce contraste alimente le sentiment d&rsquo;une indignation à géométrie variable, où les principes invoqués semblent parfois dépendre davantage de la cible désignée que de la défense constante des libertés fondamentales.</strong></p>
<p class="blu-article-paragraph"><strong>Dans ce contexte difficile pour Alger, chaque épisode susceptible d&rsquo;affaiblir le Maroc devient immédiatement un sujet de mobilisation pour les réseaux qui défendent les positions du régime algérien.</strong></p>
<p class="blu-article-paragraph"><strong>Mais cette fois encore, le calendrier médiatique semble avoir produit l&rsquo;effet inverse de celui recherché.</strong><br />
<strong>Au même moment, le gouvernement français annonçait sa volonté de délivrer jusqu&rsquo;à 250 000 visas aux ressortissants algériens. Cette décision a immédiatement provoqué de nombreuses réactions en France, où une partie importante de l&rsquo;opinion publique considère qu&rsquo;un tel geste est difficilement justifiable au regard des tensions diplomatiques récentes entre Paris et Alger ainsi que des difficultés rencontrées sur les questions migratoires.</strong></p>
<p class="blu-article-paragraph"><strong>Le débat public s&rsquo;est alors rapidement déplacé.</strong></p>
<p class="blu-article-paragraph"><strong>Au lieu de se focaliser sur une énième résurgence de Pegasus, de nombreux Français ont davantage exprimé leurs interrogations sur cette politique de visas et sur les concessions accordées à Alger.</strong><br />
<strong>Résultat : la tentative de replacer Pegasus au centre de l&rsquo;actualité est largement passée au second plan.</strong><br />
<strong>Comme lors des précédentes vagues médiatiques, l&rsquo;affaire a suscité quelques gros titres avant de s&rsquo;essouffler rapidement, faute d&rsquo;éléments réellement nouveaux.</strong></p>
<p class="blu-article-paragraph"><strong>En communication politique, on appelle cela un soufflé qui retombe. Ou, pour reprendre une expression désormais célèbre du regretté Jacques Chirac : cela a fait « pschitt ».</strong></p>
<p class="blu-article-paragraph"><strong>Les relations entre le Royaume du Maroc et la République Française semblent aujourd&rsquo;hui répondre à une logique géostratégique beaucoup plus profonde que les polémiques médiatiques cycliques. Les intérêts communs entre Rabat et Paris dépassent largement les campagnes de communication ponctuelles. Elles transcendent les caprices de telle ou telle capitale qui n&rsquo;arrive pas à se libérer des complexes de l&rsquo;histoire.</strong><br />
<strong>À force de recycler les mêmes accusations sans apporter de preuves nouvelles, ceux qui espèrent fragiliser ce rapprochement prennent le risque de banaliser leur propre discours. Car une polémique répétée sans faits nouveaux finit inévitablement par perdre de sa force.</strong></p>
<p class="blu-article-paragraph"><strong>Et cette nouvelle tentative autour de Pegasus semble, une fois encore, illustrer cette réalité.</strong><br />
<strong>N&rsquo;en déplaise à certains, un Royaume et une République peuvent très bien avoir d&rsquo;excellentes relations pourvu que soient respectés les fondements mêmes d’une relation saine entre deux Etats, à savoir : le respect réciproque, la confiance mutuelle et la reconnaissance des intérêts de l&rsquo;un et de l&rsquo;autre.</strong><br />
<strong>Et c&rsquo;est bien ici le cas.</strong></p>
<p class="blu-article-paragraph"><strong>Au fait, on s’attend bien à ce qu&rsquo;à la veille de la visite d&rsquo;Etat que Sa Majesté le Roi va effectuer bientôt en République Française, une ou d&rsquo;autres affaires de même acabit soient recyclées, par la même presse, pour parasiter et minimiser la portée de ce qui va alors être conclu : Un traité qui ne sera pas de nature à plaire à tout le monde.</strong></p>
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			</item>
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		<title>Israël, Liban, pétrole – Le nouveau triangle de tension</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/216018</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 17 Jul 2026 09:53:33 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Moye-Orient]]></category>
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					<description><![CDATA[Par : Mohamed KHOUKHCHANI Les jeux d&#8217;ombres et les équilibres fragiles d&#8217;une guerre régionale. Introduction : Pendant que les projecteurs sont braqués sur les missiles iraniens et les navires américains dans le Golfe, une guerre parallèle, tout aussi féroce, se déroule dans les coulisses diplomatiques et sur les fronts secondaires. Le conflit d&#8217;Ormuz n&#8217;est plus &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par : Mohamed KHOUKHCHANI</strong></p>
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<p><strong>Les jeux d&rsquo;ombres et les équilibres fragiles d&rsquo;une guerre régionale.</strong></p>
<p><strong>Introduction :</strong></p>
<p><strong>Pendant que les projecteurs sont braqués sur les missiles iraniens et les navires américains dans le Golfe, une guerre parallèle, tout aussi féroce, se déroule dans les coulisses diplomatiques et sur les fronts secondaires. Le conflit d&rsquo;Ormuz n&rsquo;est plus une simple confrontation bilatérale ; il est devenu une arène où se croisent les peurs existentielles d&rsquo;Israël, les ambitions iraniennes, l&#8217;embarras européen, la patience russe et les calculs chinois.</strong></p>
<p><strong>1. Israël : le silencieux qui tient les ficelles.</strong></p>
<p><strong>Contrairement aux cycles précédents, Israël adopte un silence stratégique bruyant. Il se cache derrière l&rsquo;escalade américaine pour éviter le feu des missiles iraniens, qui ciblent aujourd&rsquo;hui prioritairement les bases américaines. Mais en parallèle, il active la carte libanaise : ses frappes contre le Hezbollah ne visent pas seulement à repousser la menace, mais à forcer l&rsquo;Iran à ouvrir un front nord, et surtout à torpiller tout accord américano-iranien qui ne prévoirait pas le démantèlement de l&rsquo;arsenal du Hezbollah. Israël ne veut pas être le premier à entrer en guerre, mais il exige d&rsquo;être le dernier à signer la paix.</strong></p>
<p><strong>2. L&rsquo;Europe, la Russie et la Chine : des jeux d&rsquo;influences contradictoires.</strong></p>
<p><strong>Pour l&rsquo;Europe, chaque missile qui secoue le détroit se traduit par une flambée des prix du pétrole et une nouvelle vague d&rsquo;inflation, plaçant les Européens en porte-à-faux avec Washington. La Chine, premier importateur mondial de pétrole, voit ses approvisionnements menacés, et son dilemme s&rsquo;accroît : protéger ses intérêts sans s&rsquo;engager militairement. Quant à la Russie, elle voit dans cette confrontation une opportunité inespérée pour diluer l&rsquo;attention et les ressources américaines déjà éprouvées par le conflit ukrainien.</strong></p>
<p><strong>Conclusion :</strong></p>
<p><strong>Ce qui se joue à Ormuz dépasse largement le cadre d&rsquo;une guerre régionale. C&rsquo;est l&rsquo;annonce de la fin d&rsquo;une époque où les États-Unis étaient le seul garant de la sécurité énergétique mondiale. De nouvelles alliances se tissent, d&rsquo;anciennes se défont, et la question centrale demeure : le monde est-il prêt à payer le prix d&rsquo;un blocus prolongé de l&rsquo;artère vitale du commerce global, ou les acteurs trouveront- ils le chemin d&rsquo;une table de négociation fondamentalement différente de celle d&rsquo;avant-guerre ?</strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Les chroniques littéraires de Mohammed EL QANDIL: Ce que je crois, en écrivant…</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/216014</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 17 Jul 2026 09:37:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[NOS CHRONIQUEURS]]></category>
		<category><![CDATA[chroniques littéraires]]></category>
		<category><![CDATA[Mohammed El Qandil]]></category>
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					<description><![CDATA[Par: Mohammed EL QANDIL* Ceux qui écrivent savent que c’est une tâche ingrate ! Plonger la main dans le noir pour en sortir des morceaux de lumière, des étoiles qui rient ou des brins de souvenirs parés de nostalgie, n’est pas de tout repos. Il faut désobéir aux lois de la ressemblance pour réparer le &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par: Mohammed EL QANDIL*</strong></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-215700" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/07/elqandil.jpeg" alt="" width="738" height="414" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/07/elqandil.jpeg 738w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/07/elqandil-300x168.jpeg 300w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/07/elqandil-390x220.jpeg 390w" sizes="auto, (max-width: 738px) 100vw, 738px" /></p>
<p><strong>Ceux qui écrivent savent que c’est une tâche ingrate !</strong></p>
<p><strong>Plonger la main dans le noir pour en sortir des morceaux de lumière, des étoiles qui rient ou des brins de souvenirs parés de nostalgie, n’est pas de tout repos.</strong></p>
<p><strong>Il faut désobéir aux lois de la ressemblance pour réparer le tort fait aux mots de tous les jours.*</strong></p>
<p><strong>****</strong></p>
<p><strong>Il écrivait toujours pour ne rien dire. Pour mettre au clair un silence qui pèse trop sur les mots. Son credo : se faufiler dans les forêts, en tirer les chansons de l’aube, savoir recueillir les premiers jets d’un soleil frère.</strong></p>
<p><strong>Il écrivait pour laisser partir l’émotion, la mettre sous la lune, la pousser à rêver l’oubli comme une passerelle dense de sens.</strong></p>
<p><strong>Jamais il n’a pensé faire plaisir au lecteur d’une nuit. Jamais cru louer les branches de l’ombre qui sertissent son visage.</strong></p>
<p><strong>Seules ses mains à elle s’interposent entre l’insignifiance des mots et la valeur des images.</strong></p>
<p><strong>Elle sait toujours l’arracher au bord de la noyade.</strong></p>
<p><strong>****</strong></p>
<p><strong>A 20 ans, il a tout dit. Il a claqué la porte derrière lui. Et il est parti vaquer à ses besoins.</strong></p>
<p><strong>Rien ne justifiait cette perte incommensurable, celle d’une poésie passée par « L’enfer », ranimée par « Les illuminations » … parée d’une gloire révoltée, ayant porté l’Humain très haut, sans avoir à rougir de sa déchéance.</strong></p>
<p><strong>Qu’avait-il fait de cette beauté « assise sur les genoux et injuriée » ? De ce « je » qui ressemble à un « je » et qui est pourtant « un autre » ?</strong></p>
<p><strong>Je ne sais pas !</strong></p>
<p><strong>De ce jeu de miroir sournois et quelque peu orgueilleux, Rimbaud s’en est sorti indemne, laissant les poètes derrière récolter les fruits que seul le génie précoce peut offrir à la vie de tous les jours.</strong><br />
<strong>« &#8211; Il n’y a pas de mort. Il n’y a que moi qui meurt ! », dit-il à la fin de sa vie.</strong></p>
<p><strong>Seule la grandeur peut avancer de telle affirmation incorrigible.</strong></p>
<p><strong>****</strong></p>
<p><strong>« &#8211; J’écris pour ne plus avoir de visage. », dit Tahar Benjelloun.</strong></p>
<p><strong>Comme si écrire supposait un visage.</strong></p>
<p><strong>Comme si écrire supposait un effacement total.</strong></p>
<p><strong>****</strong></p>
<p><strong>J’écris pour comprendre pourquoi penche la fleur dans le vase, touchée par une rai de lumière.</strong><br />
<strong>Pour croire à l’aube le premier, avant que mes semblables ne fassent le pas dans le bruit du jour.</strong><br />
<strong>Pour ouvrir un livre et sentir qu’une personne me regarde depuis les lignes noires et m’invite à grandir avec les mots.</strong></p>
<p><strong>Pour traverser les mille routes qui convergent en moi, sans arrêter le nomade que j’ai couvé dès l’enfance.</strong></p>
<p><strong>Pour habiter mieux mon orphelinat dans les yeux de mes enfants.</strong></p>
<p><strong>Pour louer ceux à qui j’appartiens, sans territoire au bout des mains…</strong></p>
<p><strong>****</strong></p>
<p><strong>« &#8211; Car le beau n’est que le commencement du terrible », dit Rilke.</strong></p>
<p><strong>Tout écrivain digne de ce nom écrit pour conjurer ce « terrible », rendre ce « beau » plus vivable sous le soleil.</strong></p>
<p><strong>Le rendre humain, trop humain.</strong></p>
<p><strong>****</strong></p>
<p><strong>Ecrire, c’est héler ceux qui ont entrepris le voyage dans la solitude de l’être. Appelé à leur secours les nuits des temps, les cavernes profondes, les voix qui s’élèvent avec les premières gouttes de pluie. </strong><br />
<strong>Que naissent les prairies du sens majestueuses et loyales !</strong></p>
<p><strong>*Poète, chercheur en littérature et arts plastiques /Inspecteur pédagogique </strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Quand la rumeur s’invite à table : le Maroc face aux dangers de la désinformation nutritionnelle</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/215910</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 Jul 2026 09:01:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[NOS CHRONIQUEURS]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIÉTÉ]]></category>
		<category><![CDATA[désinformation nutritionnelle]]></category>
		<category><![CDATA[maroc]]></category>
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					<description><![CDATA[Par: ALLAL KHEIREDDINE Entre un régime venu du Proche-Orient qui bannit la volaille et réhabilite le Nutella, et des vidéos apocalyptiques sur la pastèque « interdite en Europe », l’assiette du Marocain est devenue un champ de bataille. Derrière le folklore numérique se cache un enjeu de santé publique, d’ordre économique et de souveraineté du &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par: ALLAL KH</strong><strong>EIREDDINE</strong></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-213398" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/kheira.jpeg" alt="" width="1080" height="607" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/kheira.jpeg 1080w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/kheira-300x169.jpeg 300w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/kheira-1024x576.jpeg 1024w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/kheira-768x432.jpeg 768w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/kheira-390x220.jpeg 390w" sizes="auto, (max-width: 1080px) 100vw, 1080px" /><br />
<strong>Entre un régime venu du Proche-Orient qui bannit la volaille et réhabilite le Nutella, et des vidéos apocalyptiques sur la pastèque « interdite en Europe », l’assiette du Marocain est devenue un champ de bataille. Derrière le folklore numérique se cache un enjeu de santé publique, d’ordre économique et de souveraineté du discours scientifique. Il est temps que l’État reprenne la parole.</strong></p>
<p><strong>Un phénomène venu d’ailleurs, enraciné chez nous</strong></p>
<p><strong>Depuis plusieurs mois, un nom sature les fils TikTok, Facebook et WhatsApp du Maroc et du monde arabe : celui du « régime Tayibat », attribué au médecin égyptien Diaa Al Awadi, décédé en avril 2026 à Dubaï, à 47 ans, d’un arrêt cardiaque — un détail que le Dr Tayeb Hamdi, médecin et chercheur en politiques de santé, juge médicalement parlant, au regard des graisses saturées que le protocole promouvait sans limite.</strong></p>
<p><strong>Le principe est d’une simplicité redoutable : le monde alimentaire serait divisé en deux camps. D’un côté les tayibat, les « bonnes choses » ( viande rouge, graisses animales, miel, certains fromag). De l’autre les khabaïth, les aliments « impurs » ( légumes crus, légumineuses, produits laitiers, volaille, certaines huiles végétales). À cette taxonomie binaire s’ajoute, plus grave encore, une méfiance systématique envers les médicaments, présentés comme des poisons dont il faudrait s’affranchir, y compris pour les malades chroniques.</strong></p>
<p><strong>Le vocabulaire n’est pas neutre. Tayibat et khabaïth sont des termes coraniques. En les détournant vers une classification nutritionnelle sans fondement, le discours s’achète une légitimité religieuse, une sacralisation qui court-circuite tout examen critique : contester le régime, c’est presque contester le texte. C’est là le ressort le plus pernicieux du phénomène et le plus efficace dans des sociétés où la foi est un capital de confiance immense.</strong></p>
<p><strong>La mécanique de la séduction</strong></p>
<p><strong>Pourquoi cela fonctionne-t-il ? Parce que ce discours promet ce que la médecine honnête ne promet jamais : une solution simple à des problèmes complexes. Fatigue, surpoids, diabète, inflammation — tout s’expliquerait par quelques aliments coupables, tout se guérirait par leur éviction. Face à un système de santé perçu comme distant, coûteux, parfois défaillant, la promesse d’une guérison naturelle, « pure », à portée de caddie, est irrésistible.</strong></p>
<p><strong>Les plateformes font le reste. Leurs algorithmes ne sont pas neutres : ils récompensent ce qui choque et indigne. Le Dr Hamdi le résume d’une formule cinglante : « Un médecin qui dit ‘le poulet vous tue’ est plus viral qu’un nutritionniste qui explique l’équilibre alimentaire ». Les témoignages de transformations spectaculaires circulent à grande vitesse ; les complications, elles, restent invisibles. L’internaute ne voit qu’une moitié du réel, la moitié miraculeuse.</strong></p>
<p><strong>Et dans ce théâtre, les pseudo- spécialistes prospèrent. Certains sont de bonne foi, convertis sincères d’une doctrine qu’ils croient salvatrice. D’autres ont compris qu’il y avait là un marché : compléments, consultations, programmes payants, monétisation de l’audience. La nature a horreur du vide ; là où le discours sanitaire officiel est absent, inaudible ou soporifique, les moralisateurs de l’assiette s’engouffrent, Coran en bandoulière et lien d’affiliation en description.</strong></p>
<p><strong>Des dégâts sanitaires déjà documentés</strong></p>
<p><strong>Le corps médical marocain ne parle plus au conditionnel. Aucune étude scientifique, aucun essai clinique, aucune publication ne vient étayer le « Nidam Tayyibat » : il s’agit de propositions personnelles de son promoteur, rappelle le Dr Adahchour, qui témoigne avoir reçu en consultation des patients revenus du régime avec prise de poids, résistance à l’insuline et retour des symptômes qu’ils croyaient vaincus.</strong></p>
<p><strong>Les nutritionnistes pointent des risques convergents : carences liées à l’éviction durable de groupes alimentaires entiers, les produits laitiers, sources majeures de calcium et de vitamine D dans une population exposée à l’ostéoporose, surcharge cardiovasculaire liée à la place centrale accordée aux viandes rouges et graisses animales. Mais le danger le plus immédiat reste ailleurs : le discours anti-médicaments. Qu’un diabétique ou un hypertendu abandonne son traitement sur la foi d’une vidéo, et c’est une vie qui bascule. Le Dr Hamdi décrit sans détour un système de désinformation à la fois lucratif et idéologique, qui instrumentalise le langage médical contre les consensus scientifiques les plus solides.</strong></p>
<p><strong>Le signal le plus fort est venu du Caire : le 3 mai 2026, l’Égypte elle-même a imposé un black-out médiatique sur l’ensemble des contenus d’Al Awadi, jugés préjudiciables à la santé publique. Quand le pays d’origine du phénomène en vient à couper le son, les pays d’écho, le Maroc au premier chef — devraient entendre l’avertissement.</strong></p>
<p><strong>Le précédent de la pastèque : quand la rumeur détruit une filière</strong></p>
<p><strong>On aurait tort de croire le phénomène nouveau. Le Maroc a déjà payé, au sens propre, le prix de la rumeur alimentaire. Souvenons-nous de la campagne contre la pastèque marocaine : semences prétendument génétiquement modifiées, hormones injectées, empoisonnements imaginaires, photos recyclées de pages Facebook étrangères datant de 2018 et 2020. L’ONSSA a démenti, analyses de laboratoire à l’appui — absence de résidus de pesticides, de métaux lourds, de salmonelles — et rappelé que l’Union européenne, censée « interdire » ce fruit, en importait des centaines de milliers de tonnes sans jamais signaler la moindre non-conformité.</strong></p>
<p><strong>Rien n’y a fait. La conviction était forgée, le mal était fait : la pastèque s’est bradée à un dirham le kilo, ruinant des agriculteurs qui n’avaient commis d’autre crime que de produire selon les normes. Le directeur de la FIFEL, Ahmed Mouflih, avait alors réclamé que les colporteurs de cette rumeur en répondent devant la justice. Cinq ans plus tard, l’histoire bégaie : ces derniers jours encore, le ministère de l’Intérieur a dû publier un démenti officiel face à de nouvelles allégations d’intoxications, qualifiant ces rumeurs d’atteintes délibérées à l’économie nationale et à la sécurité alimentaire.</strong></p>
<p><strong>La leçon est claire : la désinformation nutritionnelle n’est pas un bruit de fond inoffensif. Elle tue des filières, appauvrit des familles rurales, mine la confiance dans les institutions de contrôle — et prépare le terrain au prochain gourou.</strong></p>
<p><strong>Le vide que l’État doit combler</strong></p>
<p><strong>Que faire ? D’abord, cesser de répondre à la viralité par le communiqué. Un démenti administratif publié en PDF ne pèse rien face à une vidéo dramatisée vue deux millions de fois. La riposte doit se jouer sur le même terrain, avec les mêmes armes narratives : des médecins formés à la prise de parole numérique, des formats courts, incarnés, en darija, diffusés là où la rumeur prospère.</strong></p>
<p><strong>Ensuite, structurer la réponse institutionnelle. Une instance dédiée, associant ministère de la Santé, ONSSA, Conseil national de l’Ordre des médecins, oulémas et autorité judiciaire devrait assurer trois missions : une veille des contenus sanitaires viraux, une capacité de réaction rapide et pédagogique, et un volet répressif pour les cas caractérisés d’exercice illégal de la médecine, de mise en danger d’autrui ou de diffusion de fausses informations portant atteinte à la santé et à l’économie publiques. La loi existe ; c’est la volonté d’articulation qui manque.</strong></p>
<p><strong>L’école, enfin, est le front le plus stratégique. L’éducation nationale forme les consommateurs et les internautes de demain : l’éducation nutritionnelle et l’esprit critique numérique, —  apprendre à identifier une source, à repérer un conflit d’intérêts, à se méfier des promesses miraculeuses — doivent entrer dans les programmes avec le même sérieux que la grammaire ou les mathématiques. Et parce que le détournement du religieux est au cœur du dispositif de manipulation, les instances religieuses ont un rôle à jouer : rappeler que le Coran n’est pas un livre de diététique, et que l’islam a toujours fait de la préservation de la vie, hifz an-nafs, une finalité supérieure, incompatible avec l’abandon d’un traitement vital.</strong></p>
<p><strong>Conclusion</strong></p>
<p><strong>Le régime Tayibat passera, comme passent toutes les modes numériques. Mais le terrain qui l’a rendu possible, défiance envers les institutions, illettrisme sanitaire, algorithmes affamés de scandale, silence des autorités, demeurera, et portera d’autres fruits, plus toxiques encore. La question n’est donc pas de savoir comment éteindre cette rumeur- ci, mais comment rendre la société marocaine inflammable à la prochaine. Cela s’appelle une politique publique de l’information sanitaire. Elle n’existe pas encore. Chaque jour de retard se compte en patients qui jettent leurs médicaments et en agriculteurs qui jettent leurs pastèques.</strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le défi des degrés : quand une civilisation vacille à la chaleur</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/215763</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Jul 2026 16:04:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[MONDE]]></category>
		<category><![CDATA[NOS CHRONIQUEURS]]></category>
		<category><![CDATA[CANICULE]]></category>
		<category><![CDATA[france]]></category>
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					<description><![CDATA[Par: ALLAL KHEIREDDINE Quelques degrés de plus, régulièrement, et c&#8217;est toute une civilisation qui bascule. La formule peut sembler excessive. Elle ne l&#8217;est plus. Depuis le mois de mai, la France traverse quelque chose qui n&#8217;a plus rien d&#8217;un aléa météorologique : trois canicules en moins de trois mois, dont une, en juin, la plus &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par: ALLAL KH</strong><strong>EIREDDINE</strong></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-213398" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/kheira.jpeg" alt="" width="1080" height="607" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/kheira.jpeg 1080w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/kheira-300x169.jpeg 300w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/kheira-1024x576.jpeg 1024w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/kheira-768x432.jpeg 768w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/kheira-390x220.jpeg 390w" sizes="auto, (max-width: 1080px) 100vw, 1080px" /></p>
<p><strong>Quelques degrés de plus, régulièrement, et c&rsquo;est toute une civilisation qui bascule. La formule peut sembler excessive. Elle ne l&rsquo;est plus. Depuis le mois de mai, la France traverse quelque chose qui n&rsquo;a plus rien d&rsquo;un aléa météorologique : trois canicules en moins de trois mois, dont une, en juin, la plus intense jamais mesurée dans le pays. Le 23 juin 2026 restera la journée la plus chaude de l&rsquo;histoire climatologique française. Juin 2026 a détrôné juin 2003, ce mois que l&rsquo;on croyait indépassable. Et juillet enchaîne : 72 départements en vigilance orange, 43 °C dans l&rsquo;Hérault, des nuits qui ne descendent plus sous les 25 degrés dans les Bouches-du-Rhône. Ce ne sont plus des records que l&rsquo;on bat ; c&rsquo;est une norme que l&rsquo;on installe.</strong></p>
<p><strong>Un pays pensé et bâti pour le froid</strong></p>
<p><strong>Il faut mesurer ce que cela signifie pour un pays comme la France. Depuis des siècles, tout y a été conçu contre le froid. L&rsquo;urbanisme, l&rsquo;architecture, le calendrier scolaire, les rythmes de travail, les infrastructures : tout repose sur l&rsquo;alternance rassurante d&rsquo;hivers rigoureux et d&rsquo;étés tempérés. Chaque logement possède son chauffage — c&rsquo;est une évidence, presque un droit. Mais la climatisation ? Elle n&rsquo;était nulle part, parce qu&rsquo;elle n&rsquo;était nécessaire nulle part. Ni dans les appartements haussmanniens aux toits de zinc, ni dans les écoles où l&rsquo;on renvoie désormais les élèves chez eux, ni dans les usines, ni sur les chantiers où des hommes coulent du béton à 40 degrés.</strong></p>
<p><strong>Ce n&rsquo;est pas un détail technique. C&rsquo;est le révélateur d&rsquo;un modèle de civilisation calibré pour un climat qui n&rsquo;existe plus. Le zinc parisien, si pittoresque sur les cartes postales, transforme les chambres de bonne en fours. Les EHPAD, les hôpitaux, les transports en commun, les prisons : autant de lieux pensés pour retenir la chaleur, jamais pour l&rsquo;évacuer.</strong></p>
<p><strong>Les morts que l&rsquo;on ne veut pas compter</strong></p>
<p><strong>Il y avait eu l&rsquo;avertissement de 2003 et ses quelque 15 000 morts. On a créé un plan canicule, des registres communaux, une pièce rafraîchie par EHPAD. Puis on est passé à autre chose, comme si l&rsquo;événement relevait de l&rsquo;accident et non de l&rsquo;annonce.</strong></p>
<p><strong>L&rsquo;histoire retiendra pourtant, au passage, une ironie savoureuse. Après 2003, physiologistes et spécialistes du confort thermique n&rsquo;ont cessé de rappeler une évidence millénaire : contre la chaleur extrême, rien ne vaut le vêtement ample, léger et couvrant ; celui-là même que portent depuis des siècles les peuples du Maghreb et du désert. Une étude célèbre publiée dans la revue Nature dès 1980 l&rsquo;avait démontré à propos des robes bédouines : le tissu flottant crée un effet de convection qui rafraîchit le corps bien mieux que n&rsquo;importe quel habit moulant. Djellaba, gandoura, abaya, serwal : ce que certains toisent comme les oripeaux d&rsquo;un autre monde constitue, très exactement, la technologie vestimentaire la mieux adaptée au climat qui vient. Quelle ironie du sort, alors, que d&rsquo;imaginer telle électrice nourrie aux paniques identitaires contrainte, pour survivre à l&rsquo;été, d&rsquo;enfiler une gandoura marocaine. Le réel a de ces revanches : il finit toujours par habiller les idéologies aux couleurs de ce qu&rsquo;elles exècrent. </strong></p>
<p><strong>Vingt-trois ans plus tard, le réveil est brutal : durant la seule semaine du 22 au 28 juin, Santé publique France a recensé plus de 2 000 décès supplémentaires par rapport à la semaine précédente, une hausse de près de 30 %. Plus glaçant encore, si l&rsquo;on ose le mot : les décès à domicile ont bondi de 91 %. Des personnes âgées, seules, mortes chez elles, découvertes parfois plusieurs jours plus tard, quand l&rsquo;aide à domicile ne parvenait plus à les joindre.</strong></p>
<p><strong>Ces chiffres, provisoires, augmenteront. Ils disent une chose simple : dans une société où les plus de 65 ans concentrent 85 % de la surmortalité caniculaire, et où cette classe d&rsquo;âge ne cesse de croître, la chaleur est devenue un risque sanitaire structurel. La France vieillit dans un pays qui chauffe. C&rsquo;est l&rsquo;équation la plus dangereuse du siècle, et presque personne n&rsquo;en parle.</strong></p>
<p><strong>L&rsquo;économie à l&rsquo;épreuve du thermomètre</strong></p>
<p><strong>Car au-delà des corps, c&rsquo;est la machine économique qui grippe. Comment travailler dehors quand l&rsquo;organisme humain atteint ses limites physiologiques ? Le BTP, l&rsquo;agriculture, la restauration, la logistique : des pans entiers de l&rsquo;économie reposent sur des travailleurs exposés, pour lesquels le droit du travail n&rsquo;a longtemps prévu que le froid comme circonstance extrême. La productivité chute, les chantiers ralentissent, les récoltes grillent sur pied, les sols connaissent une sécheresse record qui hypothèque déjà l&rsquo;année agricole. Et pendant ce temps, la demande de climatisation explose — avec son paradoxe cruel : plus on climatise, plus on rejette de chaleur dans la rue et de carbone dans l&rsquo;atmosphère, plus on aggrave le mal que l&rsquo;on fuit. Sans compter la facture énergétique, insoutenable pour les ménages modestes qui sont précisément ceux qui vivent sous les toits, dans les passoires thermiques, au dernier étage sans ascenseur.</strong></p>
<p><strong>Pour une économie climatique</strong></p>
<p><strong>C&rsquo;est pourquoi il faut nommer ce qui doit advenir : une véritable économie climatique, on décrète plus aisément une économie de guerre, la canicule qui fauche des milliers de morts, en est une ! </strong><strong>Non pas une collection de gestes symboliques ni un énième plan communiqué en conférence de presse, mais une réorganisation méthodique de la société autour du paramètre thermique, comme on l&rsquo;a fait jadis autour du charbon ou de l&rsquo;électricité.</strong></p>
<p><strong>Cela signifie repenser l&rsquo;urbanisme : végétaliser massivement, désimperméabiliser les sols, imposer des normes de confort d&rsquo;été aussi contraignantes que les normes d&rsquo;isolation hivernale. Cela signifie adapter le travail : horaires décalés, trêve caniculaire pour les métiers exposés, obligation de protection thermique au même titre que le casque de chantier. Cela signifie réinventer l&rsquo;école : un calendrier scolaire hérité du XIXe siècle agricole n&rsquo;a plus de sens quand juin devient invivable dans des classes sans volets. Cela signifie surtout organiser la protection des vulnérables : un maillage territorial de lieux refuges climatisés, des visites systématiques aux personnes isolées, une médecine de la chaleur comme il existe une médecine du froid. Et cela signifie, enfin, assumer le coût de cette transition, qui sera toujours inférieur au coût de l&rsquo;inaction, chiffrable en milliers de vies et en points de PIB évaporés.</strong></p>
<p><strong>Sortir des débats fantasmés</strong></p>
<p><strong>Reste la question qui fâche : pourquoi ce sujet, qui tue davantage que la plupart des périls agités quotidiennement dans le débat public, occupe-t-il si peu l&rsquo;espace politique ? On aura passé des mois à disserter sur des menaces largement fantasmées, à s&rsquo;écharper sur des paniques identitaires savamment entretenues, pendant que le pays enregistrait, dans un silence relatif, la journée la plus chaude de son histoire et des centaines de morts à domicile. Le catastrophisme a curieusement choisi ses catastrophes : il s&#8217;emballe pour l&rsquo;imaginaire et détourne les yeux du thermomètre.</strong></p>
<p><strong>Il n&rsquo;y a pourtant rien de plus concret, de plus transpartisan, de plus vital que le défi des degrés. Il ne demande ni bouc émissaire ni grand récit apocalyptique : il demande des toits blancs, des arbres, des horaires aménagés, des visites aux aînés, des investissements planifiés. Il demande, en somme, que la politique redevienne ce qu&rsquo;elle devrait être, l&rsquo;art d&rsquo;organiser la survie et la dignité d&rsquo;une société face au réel.</strong></p>
<p><strong>Car le réel, désormais, se mesure en degrés Celsius. Et il ne négocie pas.</strong></p>
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		<title>Merci les Lions de l&#8217;Atlas. Vous avez fait rêver tout un pays</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/215740</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Jul 2026 15:09:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[Mondial 2026. Dima Maghrib]]></category>
		<category><![CDATA[NOS CHRONIQUEURS]]></category>
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					<description><![CDATA[Par: Bouchra MAZIH* Si vous souffrez d&#8217;un « défaut » appelé loyauté, vous serez d&#8217;accord avec moi et vous m&#8217;excuserez ; « la diversité d&#8217;opinion au sein de la communauté est une bénédiction », suis-je tenté de répéter. La Coupe du Monde continue sans nous, et nous entamons le chemin du soutien à une autre équipe, un choix fait &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par: Bouchra MAZIH*</strong></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-215734" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/07/mazeh.jpg" alt="" width="607" height="400" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/07/mazeh.jpg 607w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/07/mazeh-300x198.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 607px) 100vw, 607px" /></p>
<p><strong><span class="x3jgonx">Si vous souffrez d&rsquo;un « défaut » appelé loyauté, vous serez d&rsquo;accord avec moi et vous m&rsquo;excuserez ; <b>« la diversité d&rsquo;opinion au sein de la communauté est une bénédiction », suis-je tenté de répéter.</b></span></strong></p>
<p><strong><span class="x3jgonx">La Coupe du Monde continue sans nous, et nous entamons le chemin du soutien à une autre équipe, un choix fait avec le cœur, ou peut-être aussi avec la raison.</span></strong></p>
<p><strong><span class="x3jgonx">Merci à l&rsquo;équipe nationale marocaine de football pour tous les moments forts qu&rsquo;elle nous a offerts.</span></strong></p>
<p><strong><span class="x3jgonx">Nous avons passé un mois à attendre chaque match avec impatience.</span></strong></p>
<p><strong><span class="x3jgonx">À chaque fois, nous poussions un soupir de soulagement pour deux raisons :</span></strong></p>
<p><strong><span class="x3jgonx">* Premièrement, notre désir de continuer à concourir et de savourer l’adrénaline de la progression vers les échelons supérieurs.</span></strong></p>
<p><strong><span class="x3jgonx">* Deuxièmement, nous avions commencé à surcharger le football, et une armée d’experts avait surgi à chaque coin de rue, au Maroc comme à l’étranger. De ce fait, le soutien arabe et africain quasi unanime qui avait accompagné l’équipe nationale lors de la Coupe du monde 2022 au Qatar a commencé à s’estomper, pour des raisons politiques et partisanes…</span></strong></p>
<p><strong><span class="x3jgonx">Malheureusement, l&rsquo;équipe nationale est éliminée de la compétition, mais nous pouvons être fiers de notre parcours. Ce que les jeunes joueurs ont accompli est une véritable source de fierté et d&rsquo;honneur. Leur seul défaut est de nous avoir insufflé cet esprit de compétition et la capacité d&rsquo;atteindre des sommets que beaucoup avant eux n&rsquo;osaient même pas imaginer.</span></strong></p>
<p><strong><span class="x3jgonx">Comme le dit un vieux proverbe marocain : « Qui dit que la bouillie est froide devrait y plonger la main.»</span></strong></p>
<p><strong>*Journaliste télé</strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>FICTION. La Chaise Vidée&#8230; De ce qui vous fut le plus cher au monde</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/215705</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[colmanager]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Jul 2026 10:36:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[NOS CHRONIQUEURS]]></category>
		<category><![CDATA[chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Mohamed KHOUKHCHANI]]></category>
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					<description><![CDATA[Par: Mohamed KHOUKHCHANI Vous avez atteint vos soixante et onze ans. Le bus du soir vous a déposé devant la maison, comme il le fait chaque jour depuis que vous avez cessé de conduire. La rambarde de fer, les trois marches usées, la porte qui grince un peu vers la droite. Rien n&#8217;a changé. Rien, &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par: Mohamed KHOUKHCHANI</strong></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-213402" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/khukhus-.jpeg" alt="" width="1080" height="608" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/khukhus-.jpeg 1080w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/khukhus--300x169.jpeg 300w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/khukhus--1024x576.jpeg 1024w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/khukhus--768x432.jpeg 768w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/khukhus--390x220.jpeg 390w" sizes="auto, (max-width: 1080px) 100vw, 1080px" /></p>
<p><strong>Vous avez atteint vos soixante et onze ans. Le bus du soir vous a déposé devant la maison, comme il le fait chaque jour depuis que vous avez cessé de conduire. La rambarde de fer, les trois marches usées, la porte qui grince un peu vers la droite. Rien n&rsquo;a changé. Rien, sinon cette chose que vous ressentez avant même d&rsquo;entrer, cette chose qui pèse sur votre poitrine tandis que vous posez votre clé sur la table de l&rsquo;entrée.</strong></p>
<p><strong>Vous appelez, par habitude : « Je suis rentré. » Le silence vous répond. Et c&rsquo;est dans l&rsquo;absence de réponse que vous mesurez le gouffre.</strong></p>
<p><strong>La cuisine est comme ce matin. La tasse de thé, à peine touchée, est toujours sur la table. Le journal, ouvert à la page des faits divers, froissé en un endroit, comme si une main l&rsquo;avait feuilleté puis abandonné. Vous vous asseyez. Vous regardez la chaise, en face de vous.</strong></p>
<p><strong>Cette chaise. Vous vous souvenez du jour où vous l&rsquo;avez achetée chez le menuisier de Taza, au début des années quatre-vingt-dix. Vos moyens étaient modestes, et les enfants encore petits — vous et vos quatre frères et votre sœur, tous rassemblés dans la maison de Guercif où votre mère régnait sur son royaume de bois poussiéreux. Un dossier bien droit, des accoudoirs usés par vingt-huit années de veuvage. Vingt-huit ans. Près de trois décennies durant lesquelles elle s&rsquo;est assise là, chaque matin et chaque soir, au même endroit, face à la fenêtre qui donnait sur la rue.</strong></p>
<p><strong>Votre père est parti tôt. Trop tôt. Quel âge aviez-vous ? Seize ans ? Dix-sept ? Vos frères et votre sœur étaient encore enfants. Et votre mère, cette femme que vous n&rsquo;avez vue pleurer qu&rsquo;une seule fois — le jour de l&rsquo;enterrement — a pris la chaise vide de votre père et en a fait la sienne. Non par défi. Non par oubli. Par nécessité. Parce que quelqu&rsquo;un devait occuper cette place, surveiller la porte, attendre le retour des six enfants — de l&rsquo;école, du travail, de la vie.</strong></p>
<p><strong>Elle s&rsquo;asseyait là, votre mère. Le corps droit, les mains sur les genoux, le regard fixé sur la rue poussiéreuse de Guercif. Elle ne disait rien. Elle attendait. Elle attendait votre retour du champ, celui de vos frères revenant de l&rsquo;atelier, celui de votre sœur quittant ses cahiers sur la table de la cuisine. Elle attendait, et sa présence silencieuse valait plus que tous les discours du monde.</strong></p>
<p><strong>Vous revoyez ses mains. Ces mains qui ont pétri le pain, cousu les vêtements, essuyé les larmes, et parfois frappé — mais toujours à bon escient. Ces mains qui se sont posées, vingt-huit années durant, sur les accoudoirs de cette chaise comme sur un trône de patience. Vingt-huit ans de veuvage. Vingt-huit ans à tenir une maison sans homme, à élever six enfants dans un pays qui n&rsquo;assistait pas les veuves, à dire « oui » quand tout disait « non ». Et elle ne s&rsquo;est jamais plainte. Pas une fois. Pas un mot.</strong></p>
<p><strong>La chaise était son royaume. Le matin, elle y buvait son thé à la menthe, longuement, comme si le temps était une denrée qu&rsquo;elle savait mesurer. Le soir, elle s&rsquo;y asseyait après le dîner, les mains croisées sur le ventre, regardant la nuit tomber sur Guercif. Et parfois elle tournait la tête vers vous, et ses yeux disaient ce que sa bouche ne prononçait pas : « Tout va bien. Je suis là. »</strong></p>
<p><strong>Vous vous rappelez ces nuits où vous rentriez tard, adolescent rebelle, et trouviez la lumière allumée. Elle était là, sur sa chaise. Elle ne vous grondait pas. Elle vous regardait, simplement, et son regard pesait plus lourd que toutes les punitions du monde. Alors vous vous asseyiez face à elle, à la table, et vous vous taisiez, vous aussi. Ce silence à deux voix était votre langue. La seule que vous ayez vraiment parlée ensemble.</strong></p>
<p><strong>Les années ont passé. Vos frères sont partis l&rsquo;un après l&rsquo;autre. Votre sœur s&rsquo;est mariée. Et vous-même, vous avez fondé une famille, une autre vie, ailleurs. Mais chaque fois que vous reveniez à Guercif, vous la retrouviez là. Sur sa chaise. Comme si le temps s&rsquo;était arrêté, comme si les décennies n&rsquo;avaient sur elle aucune prise. Elle vieillissait, bien sûr. Les mains tremblaient un peu. Le dos se voûtait. Mais la chaise, elle, restait la même. Dossier droit, accoudoirs usés, présence inébranlable.</strong></p>
<p><strong>Il y a deux ans, elle est partie. Pas soudainement. Les jours ont ralenti, comme un vieux moteur rendant son dernier souffle. Ce dernier matin, vous étiez là. Vous vous êtes assis face à elle, à cette même table, et vous avez pris sa main. Elle a ouvert les yeux. Elle a souri. Et elle a dit, d&rsquo;une voix que vous n&rsquo;aviez plus entendue depuis votre enfance : « La chaise&#8230; ne la jette pas. » Puis elle est partie, comme elle avait vécu — sans bruit, sans drame, sans plainte.</strong></p>
<p><strong>La maison est devenue immense, tout à coup. Les murs se sont éloignés. Les photos sur la desserte — les mariages des enfants, les diplômes, les naissances des petits-enfants — semblent appartenir à une autre vie. La fenêtre laisse entrer la lumière du crépuscule, cette même lumière qui entrait quand elle était là, mais qui n&rsquo;habite plus personne. Elle glisse sur la chaise vidée, dessinant une ombre qui n&rsquo;a plus de maître.</strong></p>
<p><strong>Vous regardez cette chaise. Celle où elle s&rsquo;est assise vingt-huit ans, attendant le retour de ses enfants. Celle où elle a pleuré en silence la mort de votre père, où elle a prié pour qu&rsquo;il ne vous manque rien, où elle a compté les jours, les mois, les années. Vingt-huit ans de veuvage. Plus qu&rsquo;elle n&rsquo;en avait passé mariée. Vingt-huit ans à être à la fois mère et père, à être le roc qui ne vacille pas quand tout s&rsquo;effondre autour de lui.</strong></p>
<p><strong>Vous vous souvenez de cette nuit où elle vous a enfin parlé de ce qu&rsquo;elle n&rsquo;avait jamais dit. Vous aviez quarante ans, elle soixante-quatre. C&rsquo;était une nuit d&rsquo;hiver. Le feu crépitait dans l&rsquo;âtre. Elle sur sa chaise, vous en face. Et elle vous a raconté les premières années, l&rsquo;immense solitude, les nuits où elle entendait le vent et se demandait comment nourrir six bouches le lendemain. Elle n&rsquo;a pas pleuré en racontant. Mais sa main, sur l&rsquo;accoudoir, tremblait. Une main qui avait porté le poids du monde, appuyée sur un morceau de bois.</strong></p>
<p><strong>Ce soir, devant cette chaise vide — vidée —, vous êtes l&rsquo;enfant de Guercif. L&rsquo;enfant né dans la poussière et le soleil, qui a traversé guerres et exils, qui a connu la faim et la peur. Mais devant cette chaise, tous les âges se mêlent. Vous n&rsquo;êtes plus l&rsquo;homme d&rsquo;affaires, ni le chef de famille, ni le frère, ni le survivant. Vous n&rsquo;êtes qu&rsquo;un fils qui regarde le vide et comprend, enfin, ce que signifie l&rsquo;absence d&rsquo;une mère.</strong></p>
<p><strong>Dehors, la nuit tombe sur la ville. Les premiers lampadaires s&rsquo;allument. Des voix d&rsquo;enfants montent de la rue. La vie continue. Elle continuera sans elle, comme elle a continué sans votre père, comme elle a continué sans tant d&rsquo;autres. Mais ce soir, pour vous, la vie a un goût de cendre.</strong></p>
<p><strong>Vous vous levez lentement. Vous vous approchez de la chaise. Vous posez la main sur l&rsquo;accoudoir, à l&rsquo;endroit précis où elle posait la sienne. Le bois est froid. Mais vous sentez quelque chose — une trace, un souvenir, une présence qui n&rsquo;a pas tout à fait quitté les lieux. Vous fermez les yeux. Et dans l&rsquo;obscurité, vous la voyez. Pas son visage — vous avez dépassé l&rsquo;âge des visages précis. Mais sa silhouette droite, ses mains croisées, son regard fixé sur la rue poussiéreuse de Guercif. Sa présence. Cette présence qui a tenu vingt-huit ans sans faiblir.</strong></p>
<p><strong>Vous ne déplacez pas la chaise. Vous ne le pouvez pas. Car déplacer la chaise, ce serait admettre qu&rsquo;elle ne reviendra pas. Et vous n&rsquo;êtes pas prêt.</strong></p>
<p><strong>Alors vous restez debout devant elle, les yeux fixés sur ce vide qui vous regarde. Et dans ce vide, vous entendez tout ce qu&rsquo;elle a dit sans un mot : le matin, le soir, le quotidien, ce rien qui était tout. Les vingt-huit années de veuvage. Les six enfants qu&rsquo;elle a élevés seule. Les nuits sans sommeil. Les jours sans pain. Et cette phrase, la seule qu&rsquo;elle ait demandée : « La chaise&#8230; ne la jette pas. »</strong></p>
<p><strong>Vous ne la jetterez pas. Vous la laisserez là, à sa place, face à la fenêtre. Car elle est devenue un témoin. Témoin de ce que fut la vie d&rsquo;une mère. Témoin silencieux qu&rsquo;une femme s&rsquo;est assise là, un jour, et qu&rsquo;elle a été, tout simplement, tout ce qui a fait de vous des hommes et une femme.</strong></p>
<p><strong>La chaise reste vidée.</strong></p>
<p><strong>Mais elle n&rsquo;est pas vide de sens.</strong></p>
<p><strong>Vous revenez vous asseoir à votre place. Face à elle. Comme quand vous étiez enfant. Comme quand vous rentriez tard. Comme avant d&rsquo;avoir compris que l&rsquo;amour d&rsquo;une mère ne se mesure pas aux mots, mais au silence partagé sur une chaise, face à une fenêtre, dans l&rsquo;attente du retour de la vie.</strong></p>
<p><strong>Ce soir, la vie est revenue. Mais elle s&rsquo;assied là où nul ne peut la voir.</strong></p>
<p><strong>Vous posez votre front sur la table. Et pour la première fois depuis deux ans, vous pleurez. Pas en silence, comme elle vous l&rsquo;a appris. Non. Vous pleurez comme un enfant, comme celui que vous étiez quand elle était là, sur sa chaise, veillant sur vous.</strong></p>
<p><strong>Et dans vos larmes, vous l&rsquo;entendez. Sa voix. La dernière. « La chaise&#8230; ne la jette pas. »</strong></p>
<p><strong>Vous ne la jetterez pas.</strong></p>
<p><strong>Jamais.</strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Les chroniques littéraires de Mohammed EL QANDIL*. Ce que je crois, en lisant…</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/215699</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Jul 2026 10:21:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[KALÉIDOSCOPE]]></category>
		<category><![CDATA[NOS CHRONIQUEURS]]></category>
		<category><![CDATA[chroniques littéraires]]></category>
		<category><![CDATA[Mohammed El Qandil]]></category>
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					<description><![CDATA[Par: Mohammed EL QANDIL* Il y a des livres qui nous traversent comme l’éclair. D’autres qui creusent profond dans les sillons du cœur. Les premiers peuplent la vie. Les seconds nous donnent une autre. **** Tout près d’un livre, les mains tremblent. Les lèvres prient, souvent, pour ne pas tomber sur un mot de trop. &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par: Mohammed EL QANDIL*</strong></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-215700" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/07/elqandil.jpeg" alt="" width="738" height="414" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/07/elqandil.jpeg 738w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/07/elqandil-300x168.jpeg 300w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/07/elqandil-390x220.jpeg 390w" sizes="auto, (max-width: 738px) 100vw, 738px" /></p>
<p><strong>Il y a des livres qui nous traversent comme l’éclair. D’autres qui creusent profond dans les sillons du cœur.</strong></p>
<p><strong>Les premiers peuplent la vie. Les seconds nous donnent une autre.</strong></p>
<p><strong>****</strong></p>
<p><strong>Tout près d’un livre, les mains tremblent. Les lèvres prient, souvent, pour ne pas tomber sur un mot de trop.</strong></p>
<p><strong>Un mot qui raconte l’oubli de soi dans l’autre.</strong></p>
<p><strong>****</strong></p>
<p><strong>Je regagne toujours ma chambre à l’heure précise. J’organise ce qui reste de la journée dans le silence des êtres : Quelques livres disséminés par la curiosité ; la table, au coin, qui attend la venue de l’encre sur le papier du mystère. Et puis ce petit morceau de rêve, d’où à l’imprévu, je tire la succulence de se trouver ailleurs. Ailleurs que dans cette chambre petite.</strong></p>
<p><strong>****</strong></p>
<p><strong>Il y a des livres qui crient. Leurs mots ne sont pas de ceux qu’on écrit facilement. Qu’on supporte facilement. Les blessures qu’ils portent viennent d’un réel nommé sur les visages de ceux dont ils parlent.</strong></p>
<p><strong>Ces livres crient : les images qu’ils brandissent figent les rêves sur des bouches muettes de trop d’amour.</strong></p>
<p><strong>****</strong></p>
<p><strong>D’autres livres vivent dans le silence. Les lire, c’est passer de l’autre côté de ce même silence, là où une clairière blanche se chargera de tisser les mots de celui qui parle et celui qui contemple l’arrivée de la douleur, avec un sourire presque imperceptible.</strong></p>
<p><strong>****</strong></p>
<p><strong>Un livre peut mener à la mort. Un autre peut autoriser, encore, la joie de vivre.</strong></p>
<p><strong>****</strong></p>
<p><strong>Elle avait toujours suscité mon attention. Elle regardait les livres comme un obstacle à la vie. A la vraie vie, dit-elle !</strong></p>
<p><strong>Elle disait que le nombre de pages, le style alambiqué, l’univers démesuré et mystérieux d’un auteur…peuvent résorber la sensation de beauté devant une fleur, un visage laminé par le temps, un arbre qui escalade le ciel, une étoile qui décrit l’enfance…</strong></p>
<p><strong>« -Rien ne remplace le cru, ce qui frappe de front, ce qui nous regagne dans un moment de surprise ou d’étonnement. La vie est faite pour être vécue non pour être transcrite ! », croit-elle sans sourciller.</strong></p>
<p><strong>Comment ne pas lui donner raison quelquefois ?</strong></p>
<p><strong>****</strong></p>
<p><strong>Près d’un livre, j’ai toujours l’impression de quelqu’un qui me parle sans mots, qui me touche sans main, qui m’épie sans yeux.</strong></p>
<p><strong>Une sorte de présence aérienne, forte, imposante, invisible à l’œil nu.</strong></p>
<p><strong>Quelquefois, en tournant les pages, profondément ému par la beauté des êtres et des choses, une sorte de lumière remonte des lignes, suit les veines de ma main et s’y incruste comme un battement de cœur.</strong><br />
<strong>Seule la bénédiction d’une larme me rappelle au présent de l’instant.</strong></p>
<p><strong>****</strong></p>
<p><strong>Cette scène :</strong></p>
<p><strong>Dans l’Enfer de DANTE, Paolo et Francesca sont condamnés. Pour adultère. Au milieu des cercles concentriques, côte à côte, entourés de feu, ils sont en train de lire un livre. De savourer la beauté du voyage que les mots permettent, que les images rapprochent des yeux et des mains. Comme si l’insouciance était une offrande unique à ne pas rater. Comme si la passion interdite et l’amour de la lecture avaient trouvé l’expression la plus accomplie.</strong></p>
<p><strong>Rien dans l’allure du poème ne semble hésiter. Marquer une surprise.</strong></p>
<p><strong>Paolo et Francesca ont trouvé leur rédemption. Pour eux, l’Enfer est ailleurs.</strong></p>
<p><strong>*Poète, chercheur en littérature et arts plastiques /Inspecteur pédagogique </strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
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