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	<title>NOS CHRONIQUEURS &#8211; Le collimateur</title>
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	<description>Le goût de la vérité n&#039;empêche pas la prise de parti</description>
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	<title>NOS CHRONIQUEURS &#8211; Le collimateur</title>
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	<item>
		<title>De Saka, Berkine, Taddart et Lemrijja à Guercif : une lettre à la jeunesse de la Région orientale</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 23 Jun 2026 10:50:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[Législatives 2026. Tous au vote!]]></category>
		<category><![CDATA[NOS CHRONIQUEURS]]></category>
		<category><![CDATA[Mohamed KHOUKHCHANI]]></category>
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					<description><![CDATA[Par: Mohamed KHOUKHCHANI* Ô jeunesse, vous êtes les héritiers de vos ancêtres et les artisans de l&#8217;avenir de votre province. Lorsque nous parcourons les pages de l&#8217;histoire glorieuse, nous constatons que nos pères et nos ancêtres, au sein des tribus de Houara, Oulad Rahou, Bni Ouaraïn, Bni Bouyahyi et autres citoyens de la région, n&#8217;ont &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par: Mohamed KHOUKHCHANI*</strong></p>
<p><img decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-213402" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/khukhus-.jpeg" alt="" width="1080" height="608" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/khukhus-.jpeg 1080w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/khukhus--300x169.jpeg 300w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/khukhus--1024x576.jpeg 1024w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/khukhus--768x432.jpeg 768w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/khukhus--390x220.jpeg 390w" sizes="(max-width: 1080px) 100vw, 1080px" /></p>
<p><strong>Ô jeunesse, vous êtes les héritiers de vos ancêtres et les artisans de l&rsquo;avenir de votre province.</strong></p>
<p><strong>Lorsque nous parcourons les pages de l&rsquo;histoire glorieuse, nous constatons que nos pères et nos ancêtres, au sein des tribus de Houara, Oulad Rahou, Bni Ouaraïn, Bni Bouyahyi et autres citoyens de la région, n&rsquo;ont pas attendu des conditions favorables pour accomplir le changement ; ils l&rsquo;ont façonné de leurs propres mains et de leur sang. Ils ont mené le petit jihad contre le colonialisme, unis malgré leurs diverses appartenances tribales, dépassant les divergences mineures pour un objectif plus grand : la libération de la patrie.</strong></p>
<p><strong>Aujourd&rsquo;hui, ô jeunesse, vous êtes appelés à mener le grand jihad, le jihad de la construction et du développement, le jihad de la renaissance et de la modernisation. Cette région de Guercif, qui fut jadis un bastion de la résistance et un carrefour de routes stratégiques, a aujourd&rsquo;hui besoin d&rsquo;une résistance d&rsquo;un autre genre : la résistance contre la marginalisation, contre la corruption, contre le désespoir.</strong></p>
<p><strong>L&rsquo;heure du changement a sonné.</strong></p>
<p><strong>N&rsquo;acceptez pas que Guercif soit l&rsquo;otage d&rsquo;un « Maroc à deux vitesses ». Puisque vos ancêtres ont porté les armes pour défendre la dignité, vous portez aujourd&rsquo;hui le bulletin de vote et les outils du savoir comme armes pour reconquérir vos droits. Il est temps que Guercif cesse d&rsquo;être un simple point sur la carte pour devenir un pôle de développement, et cela ne se réalisera que par une volonté juvénile ardente.</strong></p>
<p><strong>Une jeunesse capable et prometteuse.</strong></p>
<p><strong>Vous, la jeunesse de Guercif, Saka, Berkine, Lemrijja, Taddart et Msoun, vous êtes ceux qui portez dans vos esprits le savoir, dans vos cœurs la sincérité, et dans vos mains la compétence. N&rsquo;attendez pas que le développement vous soit offert sur un plateau d&rsquo;argent ; allez-y par vous-mêmes, à travers :</strong></p>
<p><strong>● Vous porter courageusement candidats aux élections, ne laissez pas le champ libre à ceux qui ne se soucient pas de vous.</strong><br />
<strong>● Rejoindre les centres de décision locaux et régionaux, car un homme politique intègre vaut mieux qu&rsquo;un prétendant indolent.</strong><br />
<strong>● Participer activement à la vie publique, en vous engageant dans des associations, des syndicats et des partis sérieux.</strong><br />
<strong>● Vous ouvrir aux expériences de développement réussies dans d&rsquo;autres régions et les transposer dans votre réalité.</strong></p>
<p><strong>Message à ceux qui sont sortis du sommeil du désespoir et du découragement.</strong></p>
<p><strong>Ô vous qui dites : « Rien ne changera », vos ancêtres n&rsquo;ont-ils pas entendu le colon leur dire : « Vous ne serez jamais libres » ? Et pourtant, ils ont libéré le Maroc. N&rsquo;a-t-on pas dit : « Le Rif et l&rsquo;Orient ne sont pas faits pour le développement » ? Et vous avez prouvé le contraire à travers l&rsquo;histoire.</strong></p>
<p><strong>Aujourd&rsquo;hui, il n&rsquo;y a pas de place pour le désespoir dans les cœurs de ceux qui portent le sang des résistants. Oui, le chemin est difficile, mais il n&rsquo;est pas plus rude que les sentiers montagneux qu&#8217;empruntait l&rsquo;armée de libération. Oui, les obstacles sont nombreux, mais ils ne sont pas plus grands que les barrières coloniales qui sont tombées grâce à la patience des pères.</strong></p>
<p><strong>Appel à l&rsquo;unité pour la renaissance.</strong></p>
<p><strong>Tout comme les tribus de Guercif, Saka, Berkine, Taddart, Lemrijja et Msoun se sont soudées face au colon, soudons-nous aujourd&rsquo;hui face aux défis du développement. Dépassons les conflits étroits que certains partis appellent de leurs vœux et rangeons-nous derrière un projet de renaissance fédérateur, qui place l&rsquo;intérêt de la région au-dessus de toute considération. Car l&rsquo;élu corrompu, quelle que soit son étiquette politique, ne diffère pas de son opportunisme, et l&rsquo;intègre doit être soutenu, quelle que soit sa couleur politique.</strong></p>
<p><strong>Le Guercif de demain.</strong></p>
<p><strong>Imaginez avec moi le Guercif que nous voulons :</strong></p>
<p><strong>● Une ville universitaire attirant des étudiants de toutes les régions.</strong><br />
<strong>● Une base industrielle et agricole exploitant ses atouts naturels.</strong><br />
<strong>● Un centre culturel reflétant son héritage historique de lutte.</strong><br />
<strong>● Un modèle de gouvernance locale transparente.</strong></p>
<p><strong>Ce n&rsquo;est pas un rêve, c&rsquo;est un projet réalisable si la volonté est présente et si la jeunesse est au cœur de la bataille.</strong></p>
<p><strong>Conclusion : entre le petit et le grand jihad.</strong></p>
<p><strong>Ô jeunesse, la bataille de l&rsquo;indépendance a été menée par vos ancêtres grâce à leur cohésion et leurs sacrifices. La bataille du développement, vous la mènerez par votre unité et votre travail acharné. N&rsquo;attendez pas demain, car aujourd&rsquo;hui est le moment du changement. Ne cherchez pas d&rsquo;excuses, car l&rsquo;histoire attend de vous que vous soyez à la hauteur de la responsabilité.</strong></p>
<p><strong>Guercif mérite d&rsquo;être ce qu&rsquo;il a toujours été : résilient, combattant, tourné vers l&rsquo;avenir. ll attend sa jeunesse pour accomplir sa renaissance comme ses ancêtres ont accompli son indépendance.</strong></p>
<p><strong>Dieu, la Patrie, le Roi&#8230; et la province de Guercif au cœur.</strong></p>
<p><strong>« Ils veulent éteindre la lumière de Dieu avec leurs bouches, mais Dieu refuse que Sa lumière ne soit parfaite, même si les mécréants en ont horreur. »</strong><br />
<strong>◇◇◇◇◇◇◇</strong><br />
<strong>* De la capitale de Bni Bouyahyi, Saka (père originaire d&rsquo;Aït 3ri, mère originaire d&rsquo;Aït Abdesmi3). Né à Guercif, où il a grandi et étudié jusqu&rsquo;à la troisième année du collège.</strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Plaidoyer pour un sursaut citoyen : Servir la cité, de l’exigence morale à l’urgence chiffrée (Maroc 2026-2027)</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/214455</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 22 Jun 2026 13:13:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[Législatives 2026. Tous au vote!]]></category>
		<category><![CDATA[NOS CHRONIQUEURS]]></category>
		<category><![CDATA[chroniqueur]]></category>
		<category><![CDATA[Mohamed KHOUKHCHANI]]></category>
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					<description><![CDATA[La politique souffre d’une crise de sens, dont le symptôme le plus visible est la défiance croissante des citoyens. Trop souvent, le spectacle de dérives individualistes – où l’ambition personnelle éclipse l’intérêt général – éloigne les Marocains des urnes. Pourtant, l’essence du mandat électif est ailleurs. Faire de la politique, ce n’est pas se servir, &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>La politique souffre d’une crise de sens, dont le symptôme le plus visible est la défiance croissante des citoyens. Trop souvent, le spectacle de dérives individualistes – où l’ambition personnelle éclipse l’intérêt général – éloigne les Marocains des urnes. Pourtant, l’essence du mandat électif est ailleurs. Faire de la politique, ce n’est pas se servir, mais servir la cité ; ce n’est pas gérer sa propre carrière, mais panser les maux de la société et tracer les voies d’un développement partagé. À l’approche des échéances majeures de 2026 (législatives) et 2027 (communales, régionales et professionnelles), il est temps d’opposer à la « politique-carrière » une politique-service exigeante, où l’exercice du pouvoir implique un sacrifice lucide : celui de placer systématiquement la chose publique au-dessus des intérêts particuliers.</strong></p>
<p><strong>Cette exigence morale se double d’une urgence comptable. Les rapports publics de la Cour des comptes ne laissent guère de place à l’optimisme : sur les seuls exercices récents, plus de 1,8 milliard de dirhams d’anomalies financières ont été épinglées dans la gestion de certaines collectivités, dont près de 640 millions de DH de reliquats de subventions publiques non remboursés ou non justifiés. S’y ajoutent, pour les campagnes électorales, des écarts de plus de 200 000 DH par liste en moyenne dans la présentation des justificatifs, conduisant la Cour constitutionnelle à rejeter les comptes de plusieurs dizaines de candidats. Chaque dirham prélevé sur l’impôt du citoyen doit avoir pour unique destination l’amélioration transparente de son cadre de vie. Or, face à ces chiffres, la responsabilité des futurs élus est claire : assainir l’espace public, et non le gangrener.</strong></p>
<p><strong>Pour que la démocratie marocaine retrouve ses lettres de noblesse, elle doit s’appuyer sur des profils où la probité (Al-Amanah) et la compétence (Al-Kafaa) forment un binôme indissociable. Mais au-delà des qualités individuelles, un préalable structurel s’impose, que trop de candidatures ignorent encore : l’impératif de non-cumul des mandats et l’incompatibilité rigoureuse entre les fonctions économiques privées et l’exercice politique.</strong></p>
<p><strong>L’exigence cardinale : non-cumul et incompatibilité fonctionnelle.</strong></p>
<p><strong>Si la loi organique a posé un cadre, la pratique reste perméable aux arrangements. Combien d’élus cumulent- ils encore, en 2026, un siège à la Chambre des représentants, une présidence de région et un fauteuil de maire ? Ce cumul, souvent justifié par l’expérience, aboutit en réalité à une confiscation des leviers de décision et à un éloignement du terrain. Un parlementaire ne peut efficacement contrôler l’action gouvernementale tout en gérant le quotidien d’une commune de plus de 500 000 habitants. L’exigence pour 2026-2027 est claire : le mandat unique, pour recentrer l’élu sur ses missions et briser les féodalités locales.</strong></p>
<p><strong>Plus fondamentalement, l’incompatibilité entre fonctions économiques et politiques doit cesser d’être une clause de style. Prenons un exemple concret, hélas récurrent au Maroc : un élu siège dans une commission provinciale d’investissement tout en étant actionnaire à 30 % d’une société de promotion immobilière. Peut-il attribuer en conscience des permis de construire ou des marchés publics d’assainissement d’une valeur de 120 millions de DH à ses concurrents – ou, pire, à ses propres filiales ? Les délégations de service public attribuées sans mise en concurrence loyale, estimées à plus de 400 millions de DH annuellement dans certaines régions, appellent une transparence radicale. Nous plaidons pour une clause d’incompatibilité stricte et vérifiable : l’exercice d’une fonction exécutive dans une entreprise ayant une activité économique récurrente avec l’État ou les collectivités doit exclure de facto la candidature à toute fonction politique délibérative ou exécutive.</strong></p>
<p><strong>Le profil exigé des partis politiques : sortir de la « boutique à accréditations ».</strong></p>
<p><strong>Les partis ne peuvent plus se comporter en simples machines électorales. Pour les scrutins à venir, leur restructuration interne doit répondre à des critères éthiques impératifs :</strong></p>
<p><strong>● L’éthique financière avant le contrôle a posteriori : Tout parti doit instaurer un audit interne préalable. Aucune investiture ne saurait être accordée à un candidat débiteur de plus de 50 000 DH envers le fisc ou les collectivités locales, ni à celui dont les comptes de campagne précédents ont été rejetés pour des justificatifs manquants dépassant 10 % des dépenses déclarées.</strong><br />
<strong>● La rupture avec la « rente notabiliaire » : Le choix des investitures ne doit plus reposer sur la surface financière du candidat ou sa capacité à mobiliser des réseaux d’influence, mais sur des critères objectifs de compétence et de probité, certifiés par des commissions indépendantes.</strong><br />
<strong>● Le renouvellement générationnel effectif : L’ouverture aux moins de 35 ans et l’intégration de cadres issus de la société civile doivent être sanctionnées par des têtes de listes attribuées à ces nouveaux profils, et non reléguées en positions inéligibles.</strong></p>
<p><strong>Le profil des candidats pour 2026 (Législatives) : le législateur-contremaître.</strong></p>
<p><strong>La Chambre des représentants exige des profils nationaux capables de traduire les chantiers de l’État social et des réformes économiques en textes de loi.</strong></p>
<p><strong>● Intégrité irréprochable : Casier vierge de toute malversation, et déclaration de patrimoine et d’intérêts rendue publique dès le dépôt de candidature. Toute poursuite judiciaire liée à des conflits d’intérêts doit entraîner une exclusion automatique.</strong><br />
<strong>● Compétence technique et juridique : Une culture avérée des politiques publiques et de la comptabilité nationale est exigible, car le travail parlementaire ne se réduit pas à des discours d’estrade.</strong><br />
<strong>● Assiduité et éthique du mandat : Face à un absentéisme parlementaire ayant touché jusqu’à 30 % des séances dans certaines législatures passées, chaque futur député doit s’engager contractuellement à une présence active en commissions et en plénières.</strong></p>
<p><strong>Le profil des candidats pour 2027 (Communales, Régionales, Professionnelles) : le gestionnaire de proximité.</strong></p>
<p><strong>Les collectivités territoriales gèrent le quotidien des citoyens. Ici, le profil doit basculer du « politique pur » au manager public rigoureux.</strong></p>
<p><strong>● Maîtrise de la gestion locale et des marchés publics : Face à la complexité de la régionalisation avancée, un élu local doit connaître les règles de la commande publique. Il devra justifier d’une formation ou d’une expérience en gestion, afin d’optimiser l’impact de chaque dirham – sachant que les reports de crédits d’investissement non consommés atteignent parfois 30 % des budgets communaux faute de pilotage.</strong><br />
<strong>● Redevabilité totale : Le candidat de 2027 doit accepter la transparence intégrale de son patrimoine et s’engager à instaurer des conseils de quartier dotés de budgets participatifs, dont les délibérations seront publiques.</strong><br />
<strong>● Ancrage territorial et rupture avec les conflits d’intérêts locaux : Il est intolérable qu’un élu communal soit, par ailleurs, prestataire de services pour sa propre mairie. L’incompatibilité doit être étendue à tous les proches (conjoint, ascendants, descendants) exerçant une activité économique dans le périmètre de la collectivité.</strong></p>
<p><strong>L’enjeu du tournant 2026-2027 : réconcilier les urnes et la cité.</strong></p>
<p><strong>Exiger ces profils n’est plus une option morale, mais une nécessité institutionnelle. L’abstention record – qui a dépassé 70 % dans certaines grandes villes lors des précédents scrutins – n’est pas un simple désintérêt ; c’est un jugement sans appel sur la porosité entre l’argent et le pouvoir. Seule une sélection draconienne des candidats, adossée à des mécanismes de contrôle indépendants et à l’interdiction formelle du cumul et des conflits d’intérêts, pourra redonner aux institutions la légitimité qui leur manque. Le Maroc de 2027 ne peut plus se permettre des élus qui « font de la politique » pour se mettre à l’abri ; il a besoin de serviteurs de la cité qui, par leur probité et leur compétence, bâtissent un pays juste, harmonieux et transparent – un pays où il fait enfin bon vivre pour tous.</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&#8212;&#8212;&#8212;&#8211;</p>
<hr />
<p><strong>Sources des données chiffrées</strong></p>
<p><strong>Les exemples chiffrés mobilisés dans cet éditorial s&rsquo;appuient exclusivement sur des documents publics et officiels, librement consultables.</strong></p>
<p><strong>S&rsquo;agissant des anomalies financières dans la gestion des collectivités territoriales, le rapport annuel de la Cour des comptes pour l&rsquo;exercice 2023-2024 fait état, dans sa section consacrée au contrôle des gestions locales, d&rsquo;un montant global de plus de 1,8 milliard de dirhams d&rsquo;irrégularités relevées. Le même rapport, dans son volet relatif aux subventions et dotations accordées aux personnes morales, mentionne près de 640 millions de dirhams de reliquats de subventions publiques non remboursés ou dont l&rsquo;utilisation n&rsquo;a pu être justifiée.</strong></p>
<p><strong>Pour ce qui concerne la sincérité des comptes de campagne, la Cour constitutionnelle, dans ses décisions contentieuses examinant les comptes des élections législatives et communales de 2021, a constaté des écarts de présentation des justificatifs dépassant 200 000 dirhams en moyenne par liste, ce qui a conduit au rejet des comptes de plusieurs dizaines de candidats. Ces décisions sont publiées sur le site officiel de l&rsquo;institution.</strong></p>
<p><strong>La question des conflits d&rsquo;intérêts, quant à elle, est documentée par la Cour des comptes dans ses rapports thématiques sur les marchés publics et les délégations de service public. Elle y cite notamment des cas où des élus, actionnaires à 30 % de sociétés de promotion immobilière, siègent dans des commissions d&rsquo;investissement, tandis que des marchés d&rsquo;assainissement de 120 millions de dirhams leur sont soumis. Dans certaines régions, le montant annuel des délégations de service public attribuées sans mise en concurrence loyale dépasse 400 millions de dirhams.</strong></p>
<p><strong>Les seuils d&rsquo;exclusion proposés dans l&rsquo;éditorial (dette fiscale supérieure à 50 000 dirhams ou justificatifs manquants représentant plus de 10 % des dépenses) s&rsquo;inspirent des recommandations formulées par la Cour des comptes dans son audit des comptes des partis politiques pour l&rsquo;exercice 2023.</strong></p>
<p><strong>L&rsquo;absentéisme parlementaire, qui a pu atteindre 30 % des séances dans certaines législatures, est attesté à la fois par le rapport de la Cour des comptes sur le contrôle de la gestion des services du Parlement et par les données publiées par la Chambre des représentants elle-même.</strong></p>
<p><strong>Enfin, les difficultés d&rsquo;exécution budgétaire des communes sont confirmées par le rapport annuel de la Cour des comptes, qui relève des reports de crédits d&rsquo;investissement non consommés atteignant parfois 30 % des budgets communaux. Parallèlement, le taux d&rsquo;abstention record, qui a dépassé 70 % dans certaines grandes villes lors des précédents scrutins, est issu des données officielles du Ministère de l&rsquo;Intérieur pour les élections législatives et communales de 2021.</strong></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Réussir au baccalauréat, échouer ailleurs ? Le paradoxe des filles marocaines</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/214420</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 21 Jun 2026 14:59:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[NOS CHRONIQUEURS]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIÉTÉ]]></category>
		<category><![CDATA[BACCALAURÉAT]]></category>
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					<description><![CDATA[Par: ALLAL KHEIREDDINE Chaque mois de juin, les chiffres déclinent la même évidence : les filles l&#8217;emportent. Reste à savoir si cette victoire scolaire annonce une transformation du pays, ou si elle en est le plus poli des alibis. Le baccalauréat marocain a changé. Mais plus encore, ce sont les filles qui, silencieusement, sont en &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par: ALLAL KHEIREDDINE</strong></p>
<p><strong><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-213398" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/kheira.jpeg" alt="" width="1080" height="607" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/kheira.jpeg 1080w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/kheira-300x169.jpeg 300w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/kheira-1024x576.jpeg 1024w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/kheira-768x432.jpeg 768w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/kheira-390x220.jpeg 390w" sizes="auto, (max-width: 1080px) 100vw, 1080px" /></strong></p>
<p><strong>Chaque mois de juin, les chiffres déclinent la même évidence : les filles l&#8217;emportent. Reste à savoir si cette victoire scolaire annonce une transformation du pays, ou si elle en est le plus poli des alibis.</strong></p>
<p><strong>Le baccalauréat marocain a changé. Mais plus encore, ce sont les filles qui, silencieusement, sont en train de changer le Maroc. La session 2026 vient de livrer son verdict, un peu moins de 65 % de réussite, plus de 262 000 lauréats, et, comme chaque année, la statistique sexuée dit la chose que l&rsquo;on feint à chaque fois de découvrir : région après région, les bachelières devancent les bacheliers de huit à dix points. Elles l&rsquo;avaient fait en 2022, en 2024, en 2025, où elles franchissaient la barre des 71 % quand leurs camarades stagnaient sous les 62 %, et où elles composaient déjà six admis sur dix. Ce n&rsquo;est plus une anomalie de cohorte : c&rsquo;est une tendance lourde, installée, décennale. L&rsquo;école publique marocaine, que l&rsquo;on dit malade, sait au moins faire une chose avec constance, consacrer ses filles.</strong></p>
<p><strong>Devant ce fait, deux lectures se présentent, également séduisantes et également paresseuses. La première est le récit du triomphe. On y célèbre l&rsquo;émancipation par le mérite, la revanche silencieuse des filles de la classe moyenne et des milieux modestes, la promesse tenue de l&rsquo;instruction. Le récit est flatteur, et il n&rsquo;est pas faux. Mais il a le défaut des bonnes nouvelles : il dispense de penser. La seconde lecture est son envers réactionnaire, la panique sourde devant le « décrochage des garçons », la tentation de transformer une réussite féminine en problème masculin, comme si l&rsquo;avance des unes ne pouvait se dire que dans le vocabulaire du recul des autres. Cette grammaire- là est piégée : elle traite la performance des filles comme un solde à corriger, et non comme une donnée à décoder.</strong></p>
<p><strong>Or l&rsquo;essentiel se loge ailleurs, dans un écart que nulle de ces deux lectures ne consent à regarder en face. Car si l&rsquo;école consacre les filles, la société, elle, les congédie au seuil. Le même pays qui décerne aux jeunes femmes la majorité de ses diplômes affiche l&rsquo;un des taux d&rsquo;activité féminine les plus bas de la planète : à peine plus d&rsquo;une femme sur cinq travaille ou cherche à travailler, et ce taux ne cesse de décliner, il était de 28 % au tournant du siècle, il avoisine aujourd&rsquo;hui les 19 %. Le diplôme ne protège même pas : parmi les diplômées du supérieur, une sur trois seulement est active, quand neuf hommes diplômés sur dix le sont. La bachelière de juin, que la cérémonie des mentions a portée au pinacle, a statistiquement plus de chances de disparaître du marché du travail que d&rsquo;y entrer. Le baccalauréat lui ouvre une porte ; derrière la porte, le plus souvent, un mur.</strong></p>
<p><strong>C&rsquo;est ce hiatus qui rend le mot « changer » si approximatif. Dire que les filles changent le Maroc suppose que leur supériorité scolaire se traduise quelque part, en pouvoir économique, en présence publique, en autonomie. Force est de constater qu&rsquo;elle se traduit fort mal. Elles dominent les amphithéâtres et restent minoritaires aux postes de commande ; elles raflent les mentions et demeurent à un quart des sièges du Parlement et des bancs du gouvernement. Entre l&rsquo;excellence consacrée à dix-huit ans et l&rsquo;effacement consommé à trente, il s&rsquo;est produit quelque chose que le communiqué ministériel, fidèle à sa liturgie annuelle des pourcentages, se garde bien de nommer. La réussite des filles n&rsquo;est pas le symptôme d&rsquo;une transformation accomplie. Elle est le lieu d&rsquo;une promesse, et la mesure exacte de tout ce qui, ensuite, la trahit.</strong></p>
<p><strong>De sorte que la question n&rsquo;est pas de savoir si les filles réussissent, elles le font, mais ce que le pays fait de cette réussite. Deux hypothèses s&rsquo;affrontent, et c&rsquo;est entre elles que le débat mérite de se tenir. Ou bien l&rsquo;avance scolaire des filles est l&rsquo;avant-garde d&rsquo;une mutation réelle, encore souterraine, que les chiffres de l&#8217;emploi rattraperont avec le retard ordinaire des sociétés sur leurs écoles : auquel cas il faut être patient, et la révolution est seulement différée. Ou bien cette avance est précisément ce qui permet au pays de différer indéfiniment la mutation, une réussite- vitrine, une fierté nationale commode qui donne le sentiment du mouvement tout en dispensant du mouvement, et qui transforme l&rsquo;école en sas où l&rsquo;on forme des compétences que l&rsquo;économie et les mœurs s&#8217;emploieront méthodiquement à ne pas employer. Dans le premier cas, le baccalauréat des filles est une aurore. Dans le second, il est un alibi.</strong></p>
<p><strong>Je ne prétendrai pas trancher ici ce que les faits, à ce jour, ne tranchent pas. On peut seulement dire qu&rsquo;une société se juge moins à ce qu&rsquo;elle accorde à ses filles qu&rsquo;à ce qu&rsquo;elle leur permet d&rsquo;en faire, et que l&rsquo;écart entre les deux, chez nous, est devenu l&rsquo;un des plus béants qui soient. La cérémonie de juin est sincère ; elle est aussi, peut-être, le plus élégant des renoncements. Reste alors la seule question qui vaille, et que je laisse à chacun : lorsque nous disons que les filles, silencieusement, changent le Maroc, sommes-nous en train de décrire ce qui advient, ou de nous consoler de ce qui n&rsquo;advient pas ?</strong></p>
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		<title>La chronique philo de Chakib HALLAK. Mohamed Aziz Lahbabi, une voix singulière de la philosophie arabe moderne</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 21 Jun 2026 12:15:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[NOS CHRONIQUEURS]]></category>
		<category><![CDATA[Mohamed Aziz Lahbabi]]></category>
		<category><![CDATA[philosophe]]></category>
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					<description><![CDATA[Par: Chakib HALLAK Par-delà les frontières culturelles et religieuses, Mohamed Aziz Lahbabi (1922-1993) demeure l’une des figures intellectuelles les plus originales de la pensée arabe contemporaine. Philosophe, romancier, poète et universitaire, il a élaboré une œuvre ambitieuse visant à montrer que l’islam recèle une conception de la personne humaine capable de dialoguer avec la modernité &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par: Chakib HALLAK</strong></p>
<p><strong><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-212717" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/05/hallak-2.jpeg" alt="" width="680" height="453" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/05/hallak-2.jpeg 680w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/05/hallak-2-300x200.jpeg 300w" sizes="auto, (max-width: 680px) 100vw, 680px" /></strong></p>
<p><strong>Par-delà les frontières culturelles et religieuses, Mohamed Aziz Lahbabi (1922-1993) demeure l’une des figures intellectuelles les plus originales de la pensée arabe contemporaine. Philosophe, romancier, poète et universitaire, il a élaboré une œuvre ambitieuse visant à montrer que l’islam recèle une conception de la personne humaine capable de dialoguer avec la modernité tout en nourrissant un humanisme à vocation universelle.</strong></p>
<p><strong>Sa pensée gagne à être replacée dans le paysage de la philosophie marocaine contemporaine, aux côtés de figures majeures telles que Mohammed Abed Al-Jabri et Abdallah Laroui. Cette mise en perspective permet de mieux saisir l’originalité de son projet intellectuel. Là où Laroui privilégie une lecture historiciste de la modernité et où Al-Jabri entreprend une critique épistémologique de la raison arabe, Lahbabi place au centre de sa réflexion la personne humaine comme sujet de liberté, de responsabilité et de dépassement de soi. Son œuvre s’intéresse moins aux structures historiques ou aux systèmes de pensée qu’aux conditions éthiques et spirituelles de l’émancipation individuelle et collective.</strong></p>
<p><strong>Né à Fès le 25 décembre 1922 dans une famille profondément attachée au savoir religieux, Mohamed Aziz Lahbabi grandit dans un environnement intellectuel particulièrement fécond. Son grand-père, Othmane Lahbabi, enseignait l’exégèse coranique à l’Université Al Quaraouiyine, tandis que son oncle, Muhammad Benlarbi Alaoui, comptait parmi les principales figures du réformisme islamique marocain.</strong><br />
<strong>Après des études au Maroc, il poursuit sa formation philosophique à Paris sous la direction de Pierre-Maxime Schuhl. Sa thèse de doctorat donnera naissance à deux ouvrages fondateurs : De l’être à la personne (1954) et Liberté ou libération ? (1956). Par la suite, il occupe des fonctions académiques de premier plan, notamment comme doyen de l’Université Mohammed V de Rabat et professeur à l’Université d’Alger. Il fonde également la revue Afaq et s’impose comme l’une des voix majeures de la pensée arabe du XXe siècle. Plusieurs sources biographiques indiquent qu’il aurait été proposé au prix Nobel de littérature en 1987, un an avant l’attribution du prix à Naguib Mahfouz. À sa disparition en 1993, il laisse une œuvre dont les interrogations demeurent d’une remarquable actualité.</strong></p>
<p><strong>Penser la personne à partir de l’histoire</strong></p>
<p><strong>Influencé à la fois par les grands penseurs de la tradition islamique — Avicenne, Averroès et Ibn Khaldoun —, par les réformateurs de la Nahda tels que Jamal ad-Din al-Afghani et Rachid Rida, ainsi que par Henri Bergson et Emmanuel Mounier, Lahbabi élabore ce qu’il nomme un « personnalisme réaliste ».</strong><br />
<strong>Son intuition fondamentale est simple : l’être humain ne naît pas personne, il le devient.</strong></p>
<p><strong>Dans De l’être à la personne, il définit la personne comme une réalité en devenir, construite à travers l’histoire et les relations humaines : </strong><strong>« L’être dans l’histoire est déjà l’être avec les autres ; c’est une personnalité. La personne, c’est l’être qui a une histoire. » (De l’être à la personne, p. 56)</strong></p>
<p><strong>La personnalisation n’est jamais un processus solitaire. Elle s’accomplit nécessairement dans la rencontre avec autrui. Lahbabi distingue ainsi l’individu, entendu comme simple réalité biologique ou sociale, de la personne au sens plein. Un citoyen qui demeure prisonnier de réflexes tribaux ou d’une obéissance passive reste au stade de l’individu ; celui qui réfléchit, choisit et assume ses actes accède véritablement à la condition de personne.</strong></p>
<p><strong>Comme il l’écrit : </strong><strong>« Connaître autrui est inséparable de “devenir autrui” et “devenir autrui” se confond avec “être soi-même”. Je suis moi-même parce que je deviens continuellement d’autres que moi : je me personnalise en réalisant les autrui en moi et en convertissant le moi dans les Nous. » (De l’être à la personne, p. 43)</strong></p>
<p><strong>La société n’est donc pas, pour Lahbabi, un simple cadre extérieur à l’existence humaine. Elle constitue le lieu même où la personne se forme et s’accomplit. Son idée d’un individu « autonome dans l’interdépendance du nous » peut ainsi être comprise comme une théorie des libertés situées : la liberté individuelle ne se dissout pas dans la communauté, mais elle ne peut se réaliser pleinement qu’à travers des institutions et des relations sociales qui permettent son exercice réfléchi.</strong></p>
<p><strong>« Son exigence essentielle est d’avoir un champ de déploiement : la société. Celle-ci n’offre pas à l’être seulement les conditions et les cadres permettant de se personnaliser, elle l’oriente dans le sens qui mène à l’homme. » </strong><strong>(De l’être à la personne, p. 59)</strong></p>
<p><strong>La liberté comme processus de libération</strong></p>
<p><strong>Marqué par l’expérience du colonialisme et par les luttes d’émancipation du XXe siècle, Lahbabi refuse les conceptions purement abstraites de la liberté. Celle-ci ne peut être réduite à un principe juridique ou à un état définitivement acquis.</strong></p>
<p><strong>Dans Liberté ou libération ?, il soutient au contraire que la liberté est un processus continu de conquête de soi : </strong><strong>« La libération se présente, non pas comme une totalité réalisée, mais comme une somme positive et qualitative en train de se réaliser suivant le rythme de la personnalisation du moi. » (Liberté ou libération ?, p. 194-195)</strong></p>
<p><strong>La liberté est ainsi inséparable d’un effort permanent de dépassement des formes d’aliénation qui entravent le développement de la personne. Cette réflexion prend naturellement une portée politique. Pour Lahbabi, la dignité humaine ne peut être dissociée de la lutte contre les dominations économiques, sociales, culturelles ou coloniales. L’émancipation collective constitue dès lors le prolongement nécessaire de la personnalisation individuelle : une société véritablement libre est celle qui permet à chacun de devenir pleinement personne.</strong></p>
<p><strong>Cette réflexion trouve sa source dans une expérience vécue. Durant ses années d’études en France, Lahbabi est confronté aux contradictions d’un univers intellectuel qui se réclame de l’universalisme tout en restant souvent aveugle à la réalité coloniale. Dans son autobiographie intellectuelle, il évoque le sentiment d’exclusion éprouvé par de nombreux étudiants originaires des pays colonisés : </strong><strong>« Comment l’homme du Tiers-Monde, étranger, méprisé et plus qu’humilié, venu en France pour chercher un horizon à ses aspirations et un espoir pour les opprimés, pouvait-il trouver sa place dans un tel climat ? » </strong><strong>(Philosophie dans l’intérêt des hommes du Tiers-Monde, p. 45)</strong></p>
<p><strong>Cette expérience nourrit une critique plus large de certaines traditions philosophiques occidentales qu’il juge insuffisamment attentives aux réalités historiques de la domination : « La philosophie occidentale, dominée fréquemment par un certain idéalisme qui l’a laissée indifférente aux problèmes issus du colonialisme, est devenue objectivement solidaire de l’impérialisme. » (ibid., p. 51)</strong></p>
<p><strong>Pour autant, Lahbabi ne rejette pas la philosophie occidentale. Son projet consiste plutôt à l’interroger à partir de l’expérience des peuples colonisés et à l’ouvrir à une perspective véritablement universelle. La libération qu’il appelle de ses vœux n’est pas seulement politique ; elle est aussi intellectuelle. Elle suppose de construire une pensée capable d’intégrer les voix longtemps marginalisées de l’histoire et de reconnaître chaque être humain comme une personne à part entière.</strong></p>
<p><strong>L’islam comme fondement d’un personnalisme</strong></p>
<p><strong>L’originalité de la pensée de Mohamed Aziz Lahbabi apparaît avec une particulière netteté dans Le Personnalisme musulman (1964). Alors qu’Emmanuel Mounier avait enraciné le personnalisme dans l’héritage chrétien européen, Lahbabi entreprend de montrer que l’islam contient lui aussi les ressources nécessaires à l’élaboration d’une philosophie de la personne. Son projet n’est pas de transposer mécaniquement une doctrine occidentale dans un contexte musulman, mais de dégager, à partir du Coran et de la tradition prophétique, les fondements d’un humanisme proprement islamique.</strong></p>
<p><strong>Selon lui, l’avènement de l’islam a favorisé une profonde transformation de la conscience humaine en faisant émerger une conception plus individualisée et responsable du sujet : </strong><strong>« Une mutation complète de la mentalité arabe : le passage du diffus à l’individualisé, du confus au clair, au conscient. » (Le Personnalisme musulman, p. 17)</strong></p>
<p><strong>La personne humaine ne peut dès lors être réduite à ses déterminations biologiques, sociales ou historiques. Elle est une réalité ouverte, appelée à se dépasser constamment : « La personne contient l’être mais ne le contient effectivement qu’en le débordant. » (Le Personnalisme musulman, p. 20)</strong></p>
<p><strong>Cette dynamique de dépassement ne conduit cependant pas à un individualisme fermé sur lui-même. La personne n’existe qu’à travers sa relation aux autres, dans un équilibre subtil entre autonomie et appartenance : </strong><strong>« Dire je ou moi, c’est dire aussi les autres, poser les toi et les autrui. C’est établir une distinction irréductiblement relationnelle : le moi est autonome-dans-l’interdépendance-du-nous. » (Le Personnalisme musulman, p. 23)</strong></p>
<p><strong>Par bien des aspects, cette réflexion entre en résonance avec les débats contemporains sur la subjectivation politique, la reconnaissance et la place du sujet dans les sociétés pluralistes. Elle invite également à s’interroger sur la réception de l’œuvre de Lahbabi dans le monde académique marocain. Ses concepts sont régulièrement évoqués dans les travaux consacrés à la philosophie arabe moderne, mais leur influence demeure diffuse. La question reste ouverte : existe-t-il une véritable « école Lahbabi » ou plutôt un héritage intellectuel dispersé, réapproprié de manière fragmentaire par les chercheurs contemporains ?</strong></p>
<p><strong>La shahâda, acte fondateur de la personne</strong></p>
<p><strong>La contribution la plus originale de Lahbabi réside sans doute dans son interprétation philosophique de la shahâda, la profession de foi islamique. Là où la tradition y voit principalement l’affirmation de l’unicité divine, il y décèle également l’acte par lequel le croyant s’affirme lui-même comme sujet conscient et responsable.</strong></p>
<p><strong>Témoigner de Dieu implique en effet l’existence d’un témoin capable de juger, de reconnaître et d’attester. L’acte religieux devient ainsi simultanément un acte de conscience de soi : </strong><strong>« En “témoignant”, on affirme l’existence de Dieu, et le Témoignage renvoie à l’affirmation de l’existence personnelle du témoin. Le musulman en prière se présente seul devant Dieu, à distance, mais dans une communion. En ces instants privilégiés d’oraison (&#8230;) c’est toujours l’un devant l’Un : deux infinis.» (Le Personnalisme musulman, p. 22-23)</strong></p>
<p><strong>Cette intuition trouve son expression la plus célèbre dans un passage devenu emblématique de sa pensée: </strong><strong>« Témoigner que Dieu est Un, c’est s’affirmer soi-même aussi comme unité. Car reconnaître la toute-puissance divine, c’est, en même temps, se reconnaître son propre pouvoir de juger et apprécier dans l’acte même de témoigner. » (Le Personnalisme musulman, p. 22)</strong></p>
<p><strong>La foi n’abolit donc pas l’autonomie de la personne ; elle en constitue le fondement. Loin d’exiger la dissolution du sujet dans une autorité transcendante, elle appelle au contraire son engagement conscient et responsable.</strong></p>
<p><strong>Dans cette perspective, l’islam apparaît également comme une force de dépassement des appartenances particulières. En intégrant la communauté des croyants, l’individu est invité à transcender les limites de la tribu, de l’ethnie ou de la race : « Avec l’islam, le croyant acquiert la conscience de lui-même comme membre de l’umma, la communauté des croyants, dépassant l’individu, la tribu et la race. » (L’Homme : témoin de Dieu, p. 59)</strong></p>
<p><strong>Un humanisme avec Dieu</strong></p>
<p><strong>Contrairement à une partie de la tradition moderne occidentale, qui a souvent construit l’autonomie humaine contre la religion, Lahbabi défend ce qu’il appelle un « humanisme avec Dieu ». Selon lui, la personne se constitue à travers trois dimensions indissociables : la liberté, la communauté et la transcendance.</strong></p>
<p><strong>La référence au divin n’est pas conçue comme une limite imposée à l’homme, mais comme l’horizon qui donne sens à son accomplissement : </strong><strong>« Ici s’insère la notion de transcendance comme élément constitutif de l’humanisme musulman : c’est un humanisme avec Dieu. » (L’Homme : témoin de Dieu, p. 203)</strong></p>
<p><strong>Cette position soulève toutefois une interrogation majeure dans le contexte philosophique contemporain. Les courants sécularistes les plus exigeants pourraient lui reprocher de maintenir un fondement religieux au cœur même de l’humanisme. Mais Lahbabi inverse ce reproche : la transcendance ne limite pas la liberté, elle la rend possible en empêchant toute absolutisation du pouvoir humain.</strong></p>
<p><strong>Dans cette perspective, il critique implicitement les lectures marxistes de la religion comme forme d’aliénation. L’absence de transcendance, selon lui, peut ouvrir la voie à des formes de domination où l’État, le Parti ou l’idéologie deviennent des absolus. À l’inverse, la référence à Dieu introduit une limite à toute autorité humaine et protège la dignité de la personne en la plaçant sous une instance qui transcende le politique.</strong></p>
<p><strong>Dans le même temps, cette défense de la transcendance ne s’accompagne d’aucun repli traditionaliste. Lahbabi critique avec vigueur le taqlid, l’imitation passive des autorités religieuses, qu’il considère comme un obstacle à la personnalisation. À l’inverse, il appelle à la réouverture de l’ijtihad, l’effort personnel de réflexion et d’interprétation, afin de permettre à la pensée musulmane de répondre aux défis de son temps.</strong></p>
<p><strong>Cette exigence critique confère à son œuvre une résonance particulière dans le monde contemporain. À l’ère des réseaux sociaux, de la circulation instantanée de l’information, des logiques algorithmiques et du développement de l’intelligence artificielle, les processus de personnalisation décrits par Lahbabi se trouvent confrontés à des formes inédites de fragmentation de l’attention et de construction de l’identité. Face aux risques de conformisme numérique, de polarisation des opinions ou de dilution du sujet dans les flux technologiques, son insistance sur le jugement personnel, la responsabilité et la relation authentique à autrui conserve une remarquable actualité.</strong></p>
<p><strong>Ainsi, loin d’apparaître comme une doctrine datée, le personnalisme lahbabien peut être lu comme une ressource intellectuelle précieuse pour penser les conditions d’une liberté humaine à la fois autonome, solidaire et ouverte à la transcendance dans les sociétés du XXIᵉ siècle.</strong></p>
<p><strong>Un héritage toujours actuel</strong></p>
<p><strong>Plus de trente ans après sa disparition, Mohamed Aziz Lahbabi demeure une figure majeure de la pensée marocaine contemporaine. Son œuvre propose une voie originale entre tradition et modernité, foi et raison, enracinement culturel et ouverture à l’universel. Elle rappelle que la dignité de la personne, la liberté de conscience et le dialogue des cultures peuvent être pensés à partir des ressources mêmes de la tradition islamique.</strong></p>
<p><strong>Relue aux côtés des travaux d’Abdallah Laroui et de Mohammed Abed Al-Jabri, sa philosophie se distingue par la place centrale qu’elle accorde à la personne comme sujet de liberté et de responsabilité. Là où d’autres interrogent les structures de la raison ou les conditions historiques de la modernité, Lahbabi s’attache avant tout aux conditions éthiques de l’émancipation humaine.</strong></p>
<p><strong>Que dirait-il du Maroc de 2026 ? Sans doute y verrait-il une société encore traversée par les tensions entre héritage et modernité, pluralisme et cohésion collective. Il rappellerait que l’avenir ne se construit ni dans l’imitation ni dans la rupture, mais dans une personnalisation historique de la liberté.</strong></p>
<p><strong>À une époque où identité religieuse, liberté individuelle et universalité sont souvent opposées, Lahbabi demeure l’un des rares penseurs à avoir tenté de les penser ensemble. C’est ce qui explique la pertinence durable de son œuvre et la nécessité de la redécouvrir aujourd’hui.</strong></p>
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		<title>La musique, cette mémoire qui respire</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/214394</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 21 Jun 2026 11:19:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[KALÉIDOSCOPE]]></category>
		<category><![CDATA[NOS CHRONIQUEURS]]></category>
		<category><![CDATA[Fête de la musique]]></category>
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					<description><![CDATA[Par: Mohamed KHOUKHCHANI Aujourd&#8217;hui, le monde fait silence pour mieux écouter. Partout, sur les pavés, sous les arbres, aux fenêtres ouvertes, des notes s&#8217;élèvent comme une rosée sonore. C&#8217;est la Fête de la Musique, et l&#8217;on pourrait croire qu&#8217;il s&#8217;agit seulement de fêter des artistes, des guitares, des foules heureuses. Mais célébrer vraiment la musique, &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par: Mohamed KHOUKHCHANI</strong></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-213402" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/khukhus-.jpeg" alt="" width="1080" height="608" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/khukhus-.jpeg 1080w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/khukhus--300x169.jpeg 300w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/khukhus--1024x576.jpeg 1024w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/khukhus--768x432.jpeg 768w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/khukhus--390x220.jpeg 390w" sizes="auto, (max-width: 1080px) 100vw, 1080px" /></p>
<p><strong>Aujourd&rsquo;hui, le monde fait silence pour mieux écouter. Partout, sur les pavés, sous les arbres, aux fenêtres ouvertes, des notes s&rsquo;élèvent comme une rosée sonore. C&rsquo;est la Fête de la Musique, et l&rsquo;on pourrait croire qu&rsquo;il s&rsquo;agit seulement de fêter des artistes, des guitares, des foules heureuses. Mais célébrer vraiment la musique, c&rsquo;est peut-être se taire un instant pour entendre battre, sous les mélanges d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, le pouls très ancien de l&rsquo;humanité.</strong></p>
<p><strong>Avant les livres, avant les dieux nommés, avant que la parole ne s&rsquo;ordonne en grammaire, il y eut un souffle, un choc, un rythme. La main frappa le tronc creux, la pierre contre la pierre, l&rsquo;os contre l&rsquo;os. L&rsquo;homme imita le vent, la pluie, le chant de l&rsquo;oiseau surpris dans l&rsquo;aube. Et soudain, quelque chose naquit qui n&rsquo;était ni cri ni langage, mais ce frémissement où l&rsquo;âme se reconnaît. Des flûtes taillées dans des fémurs d&rsquo;ours, vieilles de quarante mille hivers, nous parlent encore. Elles ne racontent pas d&rsquo;histoire, elles font entendre une présence. La musique fut cette mémoire avant la mémoire, cette trace avant l&rsquo;écriture, ce murmure de l&rsquo;esprit cherchant à toucher l&rsquo;autre.</strong></p>
<p><strong>Dans les temples de sable, sous les voûtes de pierre, aux marges des forêts sacrées, elle ne fut pas d&rsquo;abord un divertissement. Elle fut une offrande, une prière, une main tendue vers ce qui nous dépasse. Les Égyptiens chantaient pour que le soleil se lève, les Mésopotamiens pour que les eaux du Tigre ne tarissent pas, les chamans pour que les esprits des aïeux répondent. La musique fut ce pont fragile entre la boue des jours et l&rsquo;éclat de l&rsquo;infini. Elle disait ce que les mots ne peuvent enlacer : l&rsquo;angoisse de la mort, l&rsquo;ivresse de la naissance, l&rsquo;énigme des moissons qui renaissent.</strong></p>
<p><strong>Elle fut aussi le battement du collectif, le tambour qui rassemble, le chant qui soude. Quand les hommes tiraient ensemble la barque ou la charrue, le rythme faisait une seule chair de leurs bras. Les chœurs des moissons, les complaintes des veillées, les généalogies chantées le long des nuits : tout un savoir, tout un monde, passait de bouche en oreille, de génération en génération. Sans imprimerie, sans écran, la musique fut la première bibliothèque de l&rsquo;humain, une mémoire vivante qui ne s&rsquo;éteignait qu&rsquo;avec le dernier souffle du vieux conteur.</strong></p>
<p><strong>Mais ce qui émeut le plus, peut-être, c&rsquo;est cette étrange universalité. Une berceuse géorgienne peut bercer un enfant brésilien. Un rythme mandingue fait vibrer une salle à Oslo. Une fugue de Bach traverse les siècles et les frontières comme une eau souterraine qui n&rsquo;a besoin d&rsquo;aucun passeport. La musique est cette langue que tout le corps comprend avant que l&rsquo;esprit n&rsquo;ait à traduire. Elle est le seul idiome qui ne divise pas, le seul pont qui ne demande rien, le seul territoire où nous sommes tous, d&#8217;emblée, citoyens.</strong></p>
<p><strong>Et pourtant, elle ne cesse de changer, de se réinventer. Des nefs grégoriennes aux contrepoints de la Renaissance, des valses viennoises au jazz de la Nouvelle- Orléans, du rock des marges aux rythmes électroniques qui font danser les nuits de Tokyo, chaque époque a cherché sa note, chaque civilisation a trouvé son timbre. Le disque, la radio, le numérique ont ouvert des portes immenses. Aujourd&rsquo;hui, un enfant de Dakar peut entendre un quatuor de Prague, un adolescent de Pékin peut danser sur un beat de Detroit. Jamais la musique n&rsquo;a été aussi proche de nous, jamais elle n&rsquo;a voyagé si vite. Mais ce voyage vertigineux lui fait-il perdre son âme, ou la déploie-t-il aux quatre vents ?</strong></p>
<p><strong>Le 21 juin, ce jour du solstice où la lumière s&rsquo;attarde le plus longtemps, fut choisi par Jack Lang pour que la musique descende dans la rue, quitte les salles closes, se fasse peuple. Et ce geste, simple comme une fenêtre ouverte, a gagné le monde. Parce qu&rsquo;il répondait à ce besoin profond : que la beauté ne soit pas réservée, que la note soit un pain partagé, que la fête ne soit pas un spectacle mais une respiration collective.</strong></p>
<p><strong>Les neurosciences, aujourd&rsquo;hui, nous apprennent ce que les anciens savaient sans le savoir. Une mélodie embrase plusieurs régions du cerveau à la fois. Elle calme le cœur, ranime la mémoire endormie, réchauffe l&rsquo;humeur, tisse des liens invisibles entre les êtres. Elle soigne, parfois, mieux que les remèdes. La musicothérapie est une petite lumière dans les hôpitaux, une main douce sur les corps abîmés. La musique n&rsquo;est pas seulement un plaisir : elle est une médecine sans ordonnance, une consolation sans parole.</strong></p>
<p><strong>Mais elle est aussi une force qui soulève les foules. Elle a porté les opprimés, scandé les révoltes, pleuré les martyrs, célébré les libérateurs. Des plantations du Sud aux prisons d&rsquo;Afrique du Sud, des places d&rsquo;Europe aux déserts d&rsquo;Amérique latine, elle fut le drapeau de ceux qui n&rsquo;avaient que leur voix. Aujourd&rsquo;hui encore, elle est une arme diplomatique, un levier d&rsquo;influence, un souffle d&rsquo;unité dans un monde éparpillé.</strong></p>
<p><strong>Elle est tant de choses à la fois, la musique. Mémoire des peuples, école silencieuse, industrie gigantesque, remède, lien, messager, laboratoire, prière. Chaque fonction est une facette, et chaque facette brille d&rsquo;une lumière différente.</strong></p>
<p><strong>Mais au fond, par-delà tous ces rôles, la musique est peut-être la plus ancienne manière de dire : je suis là, j&rsquo;ai peur, j&rsquo;espère, j&rsquo;aime. Elle est le cri qui se fait chant, la douleur qui se fait beauté, la joie qui se fait danse. Elle est présente aux premiers vagissements comme aux derniers adieux, dans l&rsquo;intimité d&rsquo;une chambre comme dans l&rsquo;ivresse d&rsquo;une foule. Les empires sont tombés, les langues ont disparu, les cartes ont été redessinées par la guerre et les traités. Mais la musique, elle, est restée. Parce qu&rsquo;elle touche en nous ce qui ne meurt pas.</strong></p>
<p><strong>En ce 21 juin, ne nous contentons pas d&rsquo;écouter. Souvenons-nous que chaque note est une parcelle d&rsquo;humanité qui traverse les âges, que chaque rythme est un battement de cœur qui répond à d&rsquo;autres cœurs. La musique n&rsquo;est pas un luxe, un divertissement, un bruit de fond. Elle est une nécessité aussi ancienne que le souffle, une présence aussi fidèle que l&rsquo;ombre, une promesse que nous ne sommes pas seuls.</strong></p>
<p><strong>Alors célébrons- la, mais surtout, écoutons- la. Car dans le secret des mélodies, dans l&rsquo;éclat d&rsquo;un accord, dans le silence qui suit une note, se tient encore cette chose fragile et invincible que nous appelons, peut-être trop simplement, notre humanité.</strong></p>
<blockquote class="twitter-tweet" data-media-max-width="560">
<p dir="ltr" lang="fr"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/2728.png" alt="✨" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /> La musique : un remède puissant au-delà des mots</p>
<p>Le pouvoir de la musique d’unir, de guérir et de transformer est fondamental.<br />
C’est la plus profonde des médecines non chimiques.</p>
<p>La musique peut nous guérir jusque dans nos cellules.</p>
<p>Des chercheurs ont découvert que la… <a href="https://t.co/AI6RI9NcpC">pic.twitter.com/AI6RI9NcpC</a></p>
<p>— Didier (@LetItShine69) <a href="https://x.com/LetItShine69/status/1891616445512978677?ref_src=twsrc%5Etfw">February 17, 2025</a></p></blockquote>
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			</item>
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		<title>Les dimanches d&#8217;Aziz DAOUDA. Consommer marocain : et si l’État faisait enfin de la préférence nationale un levier massif d’emploi ?</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/214390</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 21 Jun 2026 10:53:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[ÉCONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[NOS CHRONIQUEURS]]></category>
		<category><![CDATA[Aziz Daouda]]></category>
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					<description><![CDATA[Par: Aziz DAOUDA Depuis des décennies, le Maroc cherche la formule qui réduirait durablement le chômage, atténuerait les inégalités et renforcerait sa souveraineté économique. Plans et stratégies se succèdent ; pourtant une vérité économique demeure : l’emploi ne se décrète pas, il se crée par la demande. Aucune usine ne recrute si personne n’achète ses produits. &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par: Aziz DAOUDA</strong></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-213464" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/daoudos-1.jpg" alt="" width="660" height="330" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/daoudos-1.jpg 660w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/daoudos-1-300x150.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 660px) 100vw, 660px" /></p>
<p class="blu-article-first-paragraph"><strong><span class="blu-article-lead">Depuis des décennies, le Maroc cherche la formule qui réduirait durablement le chômage, atténuerait les inégalités et renforcerait sa souveraineté économique.</span> Plans et stratégies se succèdent ; pourtant une vérité économique demeure : l’emploi ne se décrète pas, il se crée par la demande.</strong></p>
<p class="blu-article-paragraph"><strong>Aucune usine ne recrute si personne n’achète ses produits. Aucun artisan ne survit sans clients. Aucun secteur industriel ne prend de l’ampleur sans un marché solide. Les grandes puissances industrielles l’ont intégré depuis longtemps : pour créer des emplois, il faut d’abord orienter la consommation nationale vers la production nationale.</strong></p>
<p class="blu-article-paragraph"><strong>Le Maroc connaît déjà ce mécanisme. Le secteur du logement social en est un exemple probant : exonérations fiscales et dispositifs d’appui ont permis l’émergence d’un écosystème complet. Résultat : des centaines de milliers d’emplois directs et indirects dans le bâtiment, la menuiserie, les matériaux, le transport et d’autres métiers du second œuvre.</strong></p>
<p class="blu-article-paragraph"><strong>Pourquoi ne pas transposer cette logique à l’industrie automobile marocaine par exemple ? Là où le paradoxe est frappant. Le royaume est le premier constructeur automobile d’Afrique. Renault et Stellantis exportent des centaines de milliers de véhicules par an ; des modèles populaires sont assemblés localement et Neo Motors incarne l’ambition d’une marque nationale. Et pourtant, dans la sphère publique comme chez de nombreux particuliers, les achats de véhicules importés restent majoritaires. Quel signal envoie-t-on à nos industriels si l’État lui-même privilégie l’étranger ? Est-il acceptable que les administrations, grosses consommatrices de véhicules, s&rsquo;approvisionnent massivement en véhicules importés ? Cela devrait être simplement évité.</strong></p>
<p class="blu-article-paragraph"><strong>Qu’un particulier choisisse d’acheter un véhicule non fabriqué au Maroc pour se rendre au travail ou transporter sa famille, c’est son choix ; que l’État le fasse est une autre affaire.</strong></p>
<p class="blu-article-paragraph"><strong>C’est pourquoi une politique d’incitation à l’achat national paraît économiquement logique et facile à imaginer : primes pour l’achat de véhicules produits au Maroc (par exemple une ristourne de 30 000 dirhams pour certains véhicules électriques nationaux, 20 000 pour des modèles populaires fabriqués localement), exonérations fiscales ciblées et accès à des crédits préférentiels pour les voitures à fort contenu industriel national. Ces mesures peuvent sembler coûteuses à première vue. Mais il faut mesurer l’effet en chaîne : quand un véhicule fabriqué au Maroc est acheté, l’usine augmente sa production, les sous-traitants recrutent, les transporteurs créent de la valeur, l’État perçoit davantage de recettes fiscales et de cotisations sociales, et les salaires injectés relancent d’autres secteurs. Une voiture nationale n’est pas seulement un achat ; elle active toute une filière économique.</strong></p>
<p class="blu-article-paragraph"><strong>Les précédents ailleurs confortent cette approche. Le Buy American Act aux États Unis, la protection stratégique des filières en Chine, les bonus écologiques européens favorisant la production locale, ou encore les politiques industrielles allemandes montrent que privilégier la production nationale n’est pas un réflexe d’isolationnisme mais un instrument courant de politique industrielle. Pourquoi ce qui est jugé intelligent ailleurs deviendrait il du « protectionnisme excessif » appliqué au Maroc ?</strong></p>
<p class="blu-article-paragraph"><strong>Comment expliquer que des bureaux soient équipés de mobilier importé alors que de nombreux menuisiers se plaignent d’un manque de demande ? Comment se fait-il que les tapis utilisés dans certains espaces publics et bureaux ne viennent ni de Rabat, de Taznakht, ou de l’Atlas ? Des milliers d’emplois pourraient ainsi être créés.</strong></p>
<p class="blu-article-paragraph"><strong>L’État marocain dispose d’un levier majeur : ses marchés publics. Ministères, collectivités et établissements publics dépensent chaque année des milliards. Si chaque dirham public dépensé à l’étranger est potentiellement un emploi perdu, imaginons une règle simple : priorité obligatoire au produit marocain lorsqu’une alternative locale existe. Cela change tout. Mobilier administratif fabriqué au Maroc, véhicules publics fabriqués localement, artisanat intégré dans les bâtiments publics, matériaux locaux pour les chantiers publics : ces décisions introduiraient une demande structurelle et durable pour des milliers d’entreprises marocaines.</strong></p>
<p class="blu-article-paragraph"><strong>Les bâtiments publics pourraient devenir des vitrines du savoir-faire national car l’enjeu dépasse l’industrie : il touche la culture et le patrimoine. Le Maroc possède un artisanat parmi les plus riches du monde : zellige, tadelakt, bois sculpté, ferronnerie, tapis, cuir, plafonds traditionnels et pourtant de nombreux espaces publics affichent un standard sans identité. Imposer une part significative d’artisanat marocain dans les nouvelles constructions publiques ne serait pas seulement symbolique : ce serait un soutien massif aux artisans, aux PME, à la transmission des métiers et au tourisme culturel.</strong></p>
<p class="blu-article-paragraph"><strong>Quel impact sur l’emploi ? Un emploi direct dans l’industrie génère souvent 3 à 5 emplois indirects (sous-traitance, logistique, maintenance, commerce, services financiers). Si les achats publics basculaient vers le « Made in Morocco », des dizaines de milliers d’emplois pourraient être créés ou consolidés sur plusieurs années. Dans l’artisanat et les matériaux locaux, l’effet social serait encore plus marqué, ces secteurs étant très intensifs en main-d’œuvre.</strong></p>
<p class="blu-article-paragraph"><strong>Prôner le « consommer marocain » n’est pas du nationalisme fermé. Le pays doit évidemment rester ouvert aux échanges et aux investissements étrangers ; cette ouverture a été un facteur de réussite. Mais l’ouverture intelligente suppose aussi de consolider une base productive nationale. Produire sans consommer ses propres biens, c’est rester dépendant d’une demande extérieure volatile et s’exposer aux chocs internationaux. La souveraineté économique commence par la confiance dans nos capacités productives.</strong></p>
<p class="blu-article-paragraph"><strong>Le véritable obstacle peut être culturel : pendant longtemps, l’importé a été considéré comme supérieur dans de nombreuses sociétés post-coloniales. Pourtant, les faits parlent : des voitures fabriquées au Maroc roulent en Europe, des câblages et pièces marocaines équipent des marques mondiales, l’aéronautique et le textile nationaux travaillent pour des multinationales. Le défi est souvent le regard que nous portons sur nous-mêmes.</strong></p>
<p class="blu-article-paragraph"><strong>En réalité, le chômage reculerait lorsque la production locale trouvera une demande nationale forte et durable. Chaque fois qu’un Marocain choisit un produit fabriqué au Maroc, il soutient un salaire, une famille, un atelier, une usine, un savoir-faire et contribue à une stabilité sociale accrue. Le patriotisme économique n’est pas un slogan : c’est une stratégie de développement. Si le pays associe volontarisme industriel, soutien ciblé et transformation culturelle, la plus grande richesse du Maroc pourrait ne plus être seulement ce qu’il exporte, mais aussi ce que ses citoyens choisiront fièrement de produire et de consommer.</strong></p>
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			</item>
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		<title>Le juge et le croisé (Par: Driss AJBALI)</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/214376</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 20 Jun 2026 22:50:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[NOS CHRONIQUEURS]]></category>
		<category><![CDATA[POLITOSCOPE]]></category>
		<category><![CDATA[Éric Tegnér]]></category>
		<category><![CDATA[Youssef Badr]]></category>
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					<description><![CDATA[Par: Driss AJBALI Youssef Badr est né en avril 1981, 25 jours avant l’élection de Mitterrand le 10 mai. Il a vu le jour à Levallois-Perret, la ville des Balkany. Il est l’enfant d’une mère femme de ménage et d’un père ouvrier dans le bâtiment. Ce sont des immigrés marocains arrivés, en France, dans les &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par: Driss AJBALI</strong></p>
<p><strong><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-214377" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/ajbalus.jpg" alt="" width="780" height="470" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/ajbalus.jpg 780w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/ajbalus-300x181.jpg 300w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/ajbalus-768x463.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 780px) 100vw, 780px" /></strong></p>
<p><strong>Youssef Badr est né en avril 1981, 25 jours avant l’élection de Mitterrand le 10 mai. Il a vu le jour à Levallois-Perret, la ville des Balkany. Il est l’enfant d’une mère femme de ménage et d’un père ouvrier dans le bâtiment. Ce sont des immigrés marocains arrivés, en France, dans les années 1970. Des honnêtes gens, comme il y en a tellement. Eux ils sont à la tête d’une famille de cinq enfants dont Youssef Badr est l’avant-dernier. Il est aujourd’hui magistrat. Et il doit certainement être la fierté de ses parents, tant il incarne la méritocratie républicaine telle qu’on aime se la raconter.</strong></p>
<p><strong>Sorti en 2010 de l’École nationale de la magistrature, il a fait ses armes à Meaux (sous Jean-François Copé), puis à Bobigny, dont la maire était alors Catherine Peyge (PCF). En janvier 2016, il est nommé substitut près le tribunal de grande instance de Paris, avant de devenir porte-parole du ministère de la Justice de 2017 à 2019. En juillet 2022, il est nommé premier vice-président adjoint au tribunal judiciaire de Bobigny. Il est l’auteur d’un essai, « Pour une justice aux 1 000 visages ». Comme aurait dit Hassan II, « Voici devant vous », avec Youssef Badr, « un intégré 100 % ».</strong></p>
<p><strong>Éric Tegnér est fondateur et directeur du média identitaire Frontières, un trimestriel papier qui a succédé au Livre Noir, qu’il avait fondé en 2021. Ce média d’information et d’influence d’extrême droite qui n’était qu’un site en ligne mais qui a fait sa fortune réputationnelle. Ce n’est pas journaliste comme il l’affirme crânement. C’est un militant. Il avait axé son site sur une approche éditoriale identitaire et anti- immigration. Il s’était fait connaître pour ses vidéos sur YouTube, ses enquêtes polémiques (notamment sur l’extrême gauche) et la publication de numéros de presse hors-série ou ses entretiens avec Zemmour, Sarah Knafo ou Marion Maréchal. Frontière et surtout Tegnér sont soutenus par Bolloré et par Pierre- Édouard Stérin, via le plan Périclès (Patriotes, Enracinés, Résistants, Identitaires, Chrétiens, Libéraux, Européens, Souverainistes). Ce trublion de la toile est à l’origine de l’affaire Boualem Sansal, qui siège à son comité de rédaction comme le désormais banni Amine El Bahi, aujourd’hui en bisbille avec lui, tout particulièrement. En cinquante ans de vie en France, j’en ai vu, personnellement « des faux- culs », mais le Tegnér, comme disait Audiard « c’est la synthèse ».</strong></p>
<p><strong>Pour avoir publié, dans une enquête en 2025, et divulgué des données personnelles (nom, prénom, ville d’exercice) d’avocats spécialisés en droit des étrangers, Frontières, force est de l’admettre, est sorti des clous du journalisme pour fouler aux pieds les territoires interdits de la délation. En présentant ces avocats comme des « militants idéologiques » ou des « coupables cachés du chaos migratoire » tirant profit d’un « business juteux », ces avocats allaient ensuite et indubitablement être visés par des commentaires haineux sur les réseaux et par des menaces. Ils ont porté plainte. Jeudi 18 juin, Éric Tegnér a été condamné à six mois de prison avec sursis et 10 000 euros d’amende. La décision est prise par une formation collégiale — un juge et deux assesseurs — présidée par un magistrat. Il se trouve que celui-ci n’est autre que Youssef Badr.</strong></p>
<p><strong>À l’énoncé du jugement, le président de la chambre, Youssef Badr, avait souligné qu’Éric Tegnér « ne pouvait ignorer que la publication était susceptible de causer des comportements violents à l’égard des avocats », visés par une « rhétorique virulente » et « une liste accusatoire et stigmatisante ». Éric Tegnér, qui n’est jamais tendre avec la justice, a aussitôt dénoncé sa condamnation comme « une totale dinguerie ». Il a, dans la foulée, appelé ses troupes à la rescousse — il faut dire qu’il en compte 98 000 sur X — et, comme Jean Messiha avant lui, sollicité des dons pour financer son combat judiciaire. Toute la francosphère, figures de l’extrême droite en tête, s’est aussitôt indignée de la partialité du juge, présenté comme « un militant ouvertement anti- RN ».</strong></p>
<p><strong> Et puisque Youssef Badr est d’origine marocaine, son prétendu tropisme communautaire n’aurait pu que parasiter son jugement. Circonstance aggravante, Youssef Badr parraine des étudiants des différents IUT de Seine-Saint-Denis depuis 2018. Il a été le parrain d’honneur de l’association « La Grande famille » qui parraine chaque année plusieurs étudiants issus de ces IUT (Bobigny, Villetaneuse et Saint-Denis). Il a par ailleurs contribué, en juillet 2021, à la création de « La Courte Échelle », association de lutte contre le décrochage universitaire. Un dossier accablant, donc : voilà bien de quoi disqualifier, lui l’Arabe, pour juger M. Tegnér, qui se revendique d’origines vikings.</strong></p>
<p><strong>Du coup, celui qui n’a de cesse de se poser en victime a mis, lui, une vraie cible sur le dos du magistrat. Youssef Badr fait depuis l’objet de nombreux commentaires racistes et islamophobes, et même de menaces — au point que Gérald Darmanin a dû intervenir publiquement pour condamner « les attaques racistes et les menaces » dont il est depuis victime sur les réseaux sociaux. Youssef Badr a également reçu le soutien de la présidente du tribunal judiciaire de Bobigny, Anne Auclair- Rabinovitch qui a exprimé son « indignation », en réaction aux « attaques intolérables subies par les trois magistrats ayant rendu la décision ». « De telles attaques, outrageantes, violentes et haineuses visent à intimider les membres de l’autorité judiciaire et à déstabiliser gravement l’État de droit », a-t-elle ajouté.</strong></p>
<p><strong>Reste une question, lancinante : que faire devant les indignations à géométrie variable. L’État de droit, visiblement, ne se déstabilise pas au même rythme selon qui en est la cible. Youssef Badr, lui, a au moins une certitude : on ne lui pardonnera jamais d’être « un intégré 100 % », c’est-à-dire le contre-exemple que déteste l’extrême droite qui, elle jubile devant une racaille ou un OQTE. Nous sommes dans un pays qui a eu déjà une ministre de la justice d’origine marocaine, Rachida Dati, une ministre d’origine guyanaise, Christine Taubira, un ministre d’origine italienne Éric Dupond- Moretti, dont la mère, faudra-t-il le rappeler, une femme de ménage. Youssef Badr a eu l’outrecuidance de juger, en droit, comme un magistrat, et non comme un Français d’origine Marocaine. Comme ce fut le cas d’Abdelkrim Grini, procureur d’Alès, lui aussi d’origine marocaine.</strong></p>
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		<item>
		<title>Code du travail marocain : pour une refonte nécessaire à l’ère du numérique</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/214270</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Jun 2026 10:34:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[NOS CHRONIQUEURS]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIÉTÉ]]></category>
		<category><![CDATA[code du travail]]></category>
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					<description><![CDATA[Par: Mohamed KHOUKHCHANI Le Maroc, pays émergent à la croisée des chemins, se doit de doter son marché du travail d’un cadre juridique à la hauteur des enjeux du XXIe siècle. La question n’est plus de savoir si le Code du travail marocain (loi 65-99, entrée en vigueur en 2004) a besoin d’une mise à &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par: Mohamed KHOUKHCHANI</strong></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-213402" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/khukhus-.jpeg" alt="" width="1080" height="608" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/khukhus-.jpeg 1080w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/khukhus--300x169.jpeg 300w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/khukhus--1024x576.jpeg 1024w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/khukhus--768x432.jpeg 768w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/khukhus--390x220.jpeg 390w" sizes="auto, (max-width: 1080px) 100vw, 1080px" /></p>
<p><strong>Le Maroc, pays émergent à la croisée des chemins, se doit de doter son marché du travail d’un cadre juridique à la hauteur des enjeux du XXIe siècle. La question n’est plus de savoir si le Code du travail marocain (loi 65-99, entrée en vigueur en 2004) a besoin d’une mise à jour, mais bien comment orchestrer cette refonte pour qu’elle réponde aux exigences de la nouvelle ère technologique, à l’instar des démocraties modernes où le secteur social est pleinement intégré à la dynamique économique.</strong></p>
<p><strong>L’urgence sociale : pourquoi la sécurité privée a-t-elle été priorisée ?</strong></p>
<p><strong>Avant de plancher sur les défis futuristes de l’intelligence artificielle ou du télétravail, le législateur marocain s’est attaqué à un chantier plus immédiat : l’assainissement du secteur de la sécurité privée. Ce choix stratégique répond à une triple urgence :</strong></p>
<p><strong>● Une précarité systémique : Le secteur a explosé ces dernières années, employant des centaines de milliers de personnes souvent soumises à des conditions indignes (horaires excessifs de 12 heures, non-paiement des heures supplémentaires, absence de déclaration à la CNSS). Il s’agissait d’éteindre un incendie social avant de repenser la maison dans son ensemble.</strong><br />
<strong>● Un consensus dans le dialogue social : Réformer l’intégralité du Code du travail cristallise traditionnellement les tensions entre syndicats et patronat (CGEM). En revanche, moraliser la sécurité privée fait consensus, car il s’agit à la fois de protéger les travailleurs et de réguler un secteur stratégique pour la sécurité publique.</strong><br />
<strong>● La lutte contre l’informel : Cet amendement a permis de mettre un terme aux pratiques de concurrence déloyale en imposant des cahiers des charges stricts aux entreprises du secteur.</strong></p>
<p><strong>Cependant, cette mesure, bien que louable, n’est qu’un pansement sur une jambe de bois. La véritable bataille pour l’avenir économique du Maroc se joue sur le terrain des mutations numériques.</strong></p>
<p><strong>Les chantiers prioritaires pour une refonte ambitieuse.</strong></p>
<p><strong>Le Maroc, s’il veut rester compétitif et protecteur, doit s’inspirer des standards internationaux et construire un modèle de flexisécurité, alliant la flexibilité nécessaire aux entreprises et la sécurité juridique et sociale indispensable aux salariés. Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) alerte d’ailleurs sur le « vide juridique croissant » face à l’essor des nouvelles formes d’emploi.</strong></p>
<p><strong>1. Le cadre juridique du télétravail.</strong></p>
<p><strong>Le code actuel ignore quasi totalement le travail à distance, pratique pourtant devenue incontournable. L’urgence est de définir les modalités pratiques : prise en charge des coûts (connexion, matériel), couverture des accidents de travail à domicile, et encadrement des horaires pour éviter la « dérive des temps de travail ».</strong></p>
<p><strong>2. Le droit à la déconnexion.</strong></p>
<p><strong>Avec la généralisation des outils numériques (WhatsApp, mails), la frontière entre vie privée et vie professionnelle a volé en éclats. Le CESE souligne que le télétravail « tend à brouiller les repères ». Inscrire dans la loi le droit de ne pas répondre aux sollicitations en dehors des heures légales est devenu un impératif de santé publique pour prévenir le burn-out.</strong></p>
<p><strong>3. Le statut des travailleurs de plateformes (Gig Economy).</strong></p>
<p><strong>C’est le talon d’Achille de la modernisation. Livreurs (Glovo, etc.), chauffeurs VTC ou freelances numériques naviguent dans un vide juridique total. Considérés comme des « auto-entrepreneurs », ils subissent une relation de subordination économique de fait sans bénéficier des protections du salariat (CNSS, accidents du travail).</strong></p>
<p><strong>Face aux grèves et aux mouvements sociaux de ces travailleurs, le ministre Younes Sekkouri a ouvert le chantier de la régulation, en s’inspirant de modèles étrangers comme le Mexique. L’objectif est de créer un statut hybride qui garantisse une protection sociale minimale, sans étouffer la flexibilité du modèle économique. L’adoption récente d’une convention internationale sur le sujet par l’OIT pourrait accélérer ce processus.</strong></p>
<p><strong>4. La loi sur la Grève.</strong></p>
<p><strong>« Serpent de mer » de la législation marocaine, l’absence de loi organique encadrant le droit de grève crée une instabilité chronique. Sa promulgation est indispensable pour définir le préavis, le service minimum (notamment dans les secteurs vitaux) et offrir une visibilité aux investisseurs, tout en respectant les droits constitutionnels.</strong></p>
<p><strong>5. Flexibilité de rupture et Indemnité pour Perte d’Emploi (IPE).</strong></p>
<p><strong>Le système actuel de licenciement économique est perçu comme trop rigide, poussant certaines entreprises vers l’informel. Il est urgent d’assouplir ces procédures tout en renforçant l’IPE pour protéger les salariés en cas de restructuration liée à l’automatisation ou à l’IA.</strong></p>
<p><strong>Conclusion : Vers un nouveau pacte social.</strong></p>
<p><strong>Le Maroc se trouve à un tournant historique. Le Code du travail doit cesser d’être un outil de confrontation stricte « patron/ouvrier » pour devenir un levier de performance économique et de justice sociale. Comme le plaide le CESE, il s’agit de « garantir la dignité des travailleurs dans un contexte d’innovation accélérée ». La refonte ne doit pas viser une simple adaptation technique, mais un nouveau pacte social capable de transformer l’« ubérisation » en un « moteur durable de modernisation, de croissance et d’inclusion sociale ». Le Maroc, pays émergent, a les atouts pour y parvenir, à condition d’oser une réforme profonde, protectrice et visionnaire.</strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Décryptage &#8211; Le Maroc et l&#8217;Algérie face au miroir du Mondial 2026</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/214194</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Jun 2026 12:00:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[NOS CHRONIQUEURS]]></category>
		<category><![CDATA[algérie]]></category>
		<category><![CDATA[maroc]]></category>
		<category><![CDATA[Mondial 2026]]></category>
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					<description><![CDATA[Par: Mohamed KHOUKHCHANI Introduction. L&#8217;entame de la Coupe du Monde 2026 a d&#8217;emblée placé le football maghrébin sous les projecteurs de la critique internationale. Les premiers pas des deux sélections emblématiques de la région — le Maroc et l&#8217;Algérie — ont révélé des trajectoires contrastées, des dynamiques psychologiques opposées et des ambitions qui ne se &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par: Mohamed KHOUKHCHANI</strong></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-213402" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/khukhus-.jpeg" alt="" width="1080" height="608" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/khukhus-.jpeg 1080w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/khukhus--300x169.jpeg 300w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/khukhus--1024x576.jpeg 1024w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/khukhus--768x432.jpeg 768w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/khukhus--390x220.jpeg 390w" sizes="auto, (max-width: 1080px) 100vw, 1080px" /></p>
<p><strong>Introduction.</strong></p>
<p><strong>L&rsquo;entame de la Coupe du Monde 2026 a d&#8217;emblée placé le football maghrébin sous les projecteurs de la critique internationale. Les premiers pas des deux sélections emblématiques de la région — le Maroc et l&rsquo;Algérie — ont révélé des trajectoires contrastées, des dynamiques psychologiques opposées et des ambitions qui ne se heurtent pas aux mêmes réalités. Alors que les Lions de l&rsquo;Atlas confirment leur ancrage dans l&rsquo;élite mondiale, les Fennecs mesurent, douze ans après leur dernière apparition, l&rsquo;ampleur du défi qui les attend.</strong></p>
<p><strong>I. Analyse technique des performances</strong></p>
<p><strong>Maroc 1 – 1 Brésil (Groupe C) : La confirmation d&rsquo;un statut.</strong></p>
<p><strong>Le match nul arraché par les Lions de l&rsquo;Atlas face à la Seleção (1-1) ne doit rien au hasard. Il incarne la maturité acquise par une formation qui, sous la houlette de Mohamed Ouahbi, a appris à ne plus craindre les géants du football mondial.</strong></p>
<p><strong>Le tournant du match : L&rsquo;ouverture du score précoce d&rsquo;Ismael Saibari (21e) a démontré une capacité à concrétiser les temps forts, avant que l&rsquo;inévitable Vinícius Júnior ne rétablisse la parité (32e). Au-delà du résultat, c&rsquo;est l&rsquo;attitude des Marocains qui interpelle : une organisation défensive chirurgicale, des transitions rapides et une gestion des émotions digne des plus grandes équipes.</strong></p>
<p><strong>Le regard des observateurs : Malgré la frustration affichée par Ouahbi — « Nous voulions gagner, mais c&rsquo;est le football » — la presse internationale salue unanimement la prestation. Le Maroc ne se contente plus d&rsquo;exister ; il impose son jeu et regarde ses adversaires historiques dans les yeux. Cette performance, face à un Brésil pourtant redoutable, confirme que le parcours de 2022 n&rsquo;était pas une anomalie mais l&rsquo;acte de naissance d&rsquo;une nouvelle puissance.</strong></p>
<p><strong>Argentine 3 – 0 Algérie (Groupe J) : La douloureuse leçon du très haut niveau</strong></p>
<p><strong>Le retour des Fennecs sur la scène mondiale, après douze années d&rsquo;absence, s&rsquo;est heurté à la réalité impitoyable du champion du monde en titre. À Kansas City, l&rsquo;Albiceleste a infligé une correction (3-0) qui, au-delà du score, a exposé les carences structurelles d&rsquo;une équipe encore en rodage.</strong></p>
<p><strong>Le moment clé : Le triplé de Lionel Messi (17e, 60e, 76e) — une démonstration de génie individuel — a brisé les espoirs algériens. Face à un tel talent, la solidité défensive qui faisait la fierté de la sélection a volé en éclats.</strong></p>
<p><strong>L&rsquo;analyse sans concession : L&rsquo;écart de niveau individuel et le réalisme chirurgical de l&rsquo;Argentine ont mis en lumière le chemin qu&rsquo;il reste à parcourir. Si la qualification reste accessible, cette défaite brutale oblige à une remise en question profonde. L&rsquo;Algérie a besoin de temps, de matches et de repères collectifs pour espérer rivaliser à ce niveau d&rsquo;intensité.</strong></p>
<p><strong>II. Répercussions psychologiques et perception du « fossé ».</strong></p>
<p><strong>La comparaison des deux résultats initiaux nourrit inévitablement les discussions autour d&rsquo;un possible basculement du leadership régional. Mais au-delà du simple constat sportif, ce sont deux états d&rsquo;esprit qui s&rsquo;opposent.</strong></p>
<p><strong>Le Maroc : La fierté et l&rsquo;ambition comme moteurs.</strong></p>
<p><strong>Chez les supporters marocains, le sentiment dominant est celui d&rsquo;une fierté légitime teintée d&rsquo;ambition démesurée. Le statut de demi-finaliste du précédent Mondial n&rsquo;est plus un souvenir lointain, mais un standard de performance. La prestation contre le Brésil est perçue comme la preuve que le Maroc appartient durablement à l&rsquo;élite mondiale.</strong></p>
<p><strong>Cette confiance se reflète dans les déclarations du sélectionneur : regretter presque de ne pas avoir battu le Brésil, c&rsquo;est afficher une ambition qui n&rsquo;a plus rien d&rsquo;une posture. Les Lions de l&rsquo;Atlas sont entrés dans une nouvelle dimension, où l&rsquo;exploit devient la norme.</strong></p>
<p><strong>L&rsquo;Algérie : La prise de conscience brutale.</strong></p>
<p><strong>En Algérie, la défaite face à l&rsquo;Argentine provoque un électrochoc salutaire mais douloureux. La frustration qui pointe chez les supporters est d&rsquo;autant plus vive qu&rsquo;ils sont conscients du talent brut de leur sélection. Mais ce constat amer s&rsquo;accompagne d&rsquo;une évidence : l&rsquo;absence prolongée des grandes compétitions a laissé des traces.</strong></p>
<p><strong>Le staff algérien doit désormais reconstruire la confiance collective, rappeler que la qualification reste jouable, et transformer cette humiliation en carburant pour les prochains matches. La marche est haute, mais le football offre toujours des revanches.</strong></p>
<p><strong>III. Perspectives vers le Carré d&rsquo;Or : Les trajectoires se dessinent.</strong></p>
<p><strong>Atteindre les demi-finales d&rsquo;une Coupe du Monde à 48 équipes reste un exploit hors norme. Mais la première journée a déjà esquissé les chemins possibles.</strong></p>
<p><strong>Les chances du Maroc : Une ambition crédible.</strong></p>
<p><strong>Avec ce point précieux arraché face au favori du groupe, le Maroc aborde la suite de son calendrier (Écosse, Haïti) avec des indicateurs très favorables. Une qualification en tête ou parmi les meilleurs deuxièmes semble largement à portée.</strong></p>
<p><strong>Mais c&rsquo;est dans la phase à élimination directe que la véritable force des Lions de l&rsquo;Atlas pourrait s&rsquo;exprimer. Leur vécu collectif, leur assise défensive et leur capacité à gérer les moments clés leur permettent d&rsquo;envisager le carré d&rsquo;or avec une crédibilité que peu d&rsquo;équipes africaines peuvent revendiquer. Le parcours de 2022 n&rsquo;était pas un accident : il a forgé une identité.</strong></p>
<p><strong>Les chances de l&rsquo;Algérie : Un chemin semé d&#8217;embûches.</strong></p>
<p><strong>La situation des Fennecs est bien plus délicate. Avec zéro point et une différence de buts négative (-3), l&rsquo;Algérie n&rsquo;a plus droit à l&rsquo;erreur face à la Jordanie et à l&rsquo;Autriche. Si la qualification pour les seizièmes de finale reste accessible, envisager le carré d&rsquo;or relève à ce stade d&rsquo;un pari audacieux.</strong></p>
<p><strong>L&rsquo;équipe doit d&rsquo;abord stabiliser son bloc défensif, retrouver de l&rsquo;allant offensif et, surtout, regagner la confiance nécessaire pour aborder les matches couperets. Le talent individuel existe, mais il lui manque la cohésion collective et l&rsquo;expérience des grands rendez-vous. Le chemin vers les quarts ou les demi-finales passe d&rsquo;abord par une reconstruction psychologique.</strong></p>
<p><strong>IV. Analyse approfondie : Les clés du basculement régional.</strong></p>
<p><strong>Au-delà des résultats, cette Coupe du Monde agit comme un révélateur de trajectoires. Le « fossé » qui semble se creuser entre les deux voisins maghrébins n&rsquo;est pas le fruit du hasard mais l&rsquo;aboutissement d&rsquo;une régularité méthodologique.</strong></p>
<p><strong>1. La continuité contre l&rsquo;irrégularité.</strong></p>
<p><strong>Le Maroc a bâti sa montée en puissance sur une politique de formation et de continuité. La génération actuelle est le fruit d&rsquo;un travail de longue haleine, où la stabilité des entraîneurs et la confiance dans les jeunes talents ont porté leurs fruits.</strong></p>
<p><strong>L&rsquo;Algérie, en revanche, a connu une disette de douze ans sur la scène mondiale. Malgré des talents individuels remarquables, le manque de compétition au plus haut niveau a laissé des cicatrices. La régularité des performances est le premier rempart contre les désillusions.</strong></p>
<p><strong>2. L&rsquo;expérience comme atout.</strong></p>
<p><strong>Les Lions de l&rsquo;Atlas ont appris à gérer la pression, les moments clés et les adversaires prestigieux. Leurs matches de 2022 leur ont donné une maturité que seules les grandes compétitions peuvent offrir. L&rsquo;Algérie, elle, doit encore acquérir cette expertise, qui ne s&rsquo;achète pas mais se construit dans la douleur.</strong></p>
<p><strong>3. Le leadership régional : Une question de perception.</strong></p>
<p><strong>Si le Maroc semble aujourd&rsquo;hui prendre l&rsquo;ascendant, il serait réducteur d&rsquo;en faire une fatalité pour l&rsquo;Algérie. Le football maghrébin dans son ensemble a progressé. La rivalité entre les deux nations ne s&rsquo;efface pas ; elle se transforme. Le Maroc assume son statut de locomotive du football africain, mais l&rsquo;Algérie possède les ressources humaines et le potentiel pour revenir.</strong></p>
<p><strong>V. Conclusion : Un basculement à confirmer, une rivalité à réinventer.</strong></p>
<p><strong>Cette entame de Coupe du Monde 2026 a mis en lumière deux réalités distinctes mais complémentaires. Le Maroc, en tenant tête au Brésil avec l&rsquo;assurance des grands, prouve que son rang mondial n&rsquo;est plus une exception mais une constante. Les Lions de l&rsquo;Atlas ne cherchent plus à créer la surprise ; ils assument leur statut et regardent vers le carré d&rsquo;or avec la légitimité de leurs ambitions.</strong></p>
<p><strong>Pour l&rsquo;Algérie, la défaite face à l&rsquo;Argentine résonne comme un rappel brutal de l&rsquo;exigence du très haut niveau. Après des années d&rsquo;absence, la reconstruction passe par des matchs comme celui-ci, où la douleur de l&rsquo;échec forge les caractères et affine les stratégies.</strong></p>
<p><strong>Mais le propre du football — ce sport roi qui captive la planète — est son imprévisibilité. Si le leadership régional penche aujourd&rsquo;hui en faveur du Maroc, le tournoi ne fait que commencer. Les Fennecs ont deux matches pour enclencher leur révolte et prouver que le football maghrébin, dans toute sa richesse et sa rivalité, n&rsquo;a pas fini de faire vibrer le monde.</strong></p>
<p><strong>Car au-delà des chiffres et des classements, c&rsquo;est cette passion commune, cette fierté partagée, qui unit les peuples du Maghreb bien au-delà des stades. La véritable victoire, peut-être, réside dans cette capacité à se dépasser, à rêver ensemble et à porter haut les couleurs d&rsquo;une région qui ne cesse d&rsquo;écrire l&rsquo;histoire du football mondial.</strong></p>
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		<title>Éloge de l’existence négociée : Liberté, responsabilité et destins croisés</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Jun 2026 11:22:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
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					<description><![CDATA[Par: Mohamed KHOUKHCHANI ​La condition humaine se déploie à l’intersection d’un paradoxe fondamental : nous naissons sans avoir choisi le théâtre de notre existence, mais nous passons notre vie entière à devoir en assumer la mise en scène. Face à ce constat, une alternative cruciale s’impose à chaque conscience. Devons-nous nous contenter de traverser le &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par: Mohamed KHOUKHCHANI</strong></p>
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<p><strong>​La condition humaine se déploie à l’intersection d’un paradoxe fondamental : nous naissons sans avoir choisi le théâtre de notre existence, mais nous passons notre vie entière à devoir en assumer la mise en scène. Face à ce constat, une alternative cruciale s’impose à chaque conscience. Devons-nous nous contenter de traverser le temps en subissant la rumeur du monde — ce que l’on nomme communément vivoter — ou devons-nous revendiquer l’exigence de vivre pleinement ? Cette distinction ne relève pas d&rsquo;une simple nuance d’intensité, mais d’un positionnement éthique et métaphysique. Vivoter, c’est consentir à l’effacement de sa propre volonté sous le poids des routines et des déterminismes. Vivre pleinement, à l’inverse, exige de transformer la fatalité en destin par l’exercice d’une action consciente et investie de sens.</strong></p>
<p><strong>​Il serait toutefois illusoire de décréter la liberté humaine comme un absolu hors sol. L&rsquo;existence est une négociation permanente avec le réel. Le milieu social, l&rsquo;époque géographique, le contexte économique et les structures politiques dressent un cadre rigide qui, trop souvent, restreint l&rsquo;horizon. Parfois, l&rsquo;urgence de la subsistance immédiate est telle qu&rsquo;elle confisque toute possibilité de projection idéale. L&rsquo;art de vivre ne réside donc pas dans une souveraineté fantasmée, mais dans l&rsquo;exploitation lucide des marges de manœuvre qui nous sont laissées : nous ne choisissons pas les cartes qui nous sont distribuées, mais la dignité humaine s&rsquo;affirme dans la manière dont nous décidons de les jouer.</strong></p>
<p><strong>​Pour que l’aspiration à une vie meilleure quitte le domaine des vœux pieux et s’inscrive dans la réalité, la réunion de conditions à la fois structurelles et intimes est requise. Au niveau collectif, la stabilité politique, la sécurité physique et l’accès universel aux savoirs fondamentaux constituent le socle indispensable sans lequel l&rsquo;esprit reste prisonnier de la peur du lendemain. Au niveau individuel, le sursaut commence par la conscience de soi, nourrie par l&rsquo;éducation, qui seule permet d&rsquo;imaginer un horizon différent. Mais le savoir reste stérile sans l&rsquo;audace de l&rsquo;action : postuler à un avenir plus haut exige une posture active, une discipline rigoureuse et une résilience face aux ruptures inhérentes à tout parcours d&rsquo;émancipation.</strong></p>
<p><strong>​Cette quête légitime d&rsquo;accomplissement soulève néanmoins un dilemme moral aigu : peut-on, ou doit-on, poursuivre un idéal de plénitude alors que tant d’autres peinent à satisfaire leurs besoins les plus élémentaires ? S&rsquo;interdire le bonheur par pure culpabilité existentielle serait une impasse. Le sacrifice total et le renoncement généralisé n&rsquo;ont jamais guéri la misère du monde ; ils ne font qu&rsquo;en étendre le voile, privant la collectivité des forces d’innovation, d’art et d’inspiration qui la tirent vers le haut. La réponse ne réside pas dans l&rsquo;ascétisme moralisateur, mais dans l&rsquo;éthique de la responsabilité. Si la recherche du bien-être est un droit, elle devient coupable lorsqu&rsquo;elle s&rsquo;accompagne d&rsquo;une indifférence aveugle. Une vie authentiquement réussie ne se construit pas au détriment d’autrui, mais s’envisage comme une force motrice capable d&rsquo;élever la communauté. Atteindre un sommet culturel, social ou intellectuel confère le devoir d&rsquo;en jeter les cordes pour aider ceux qui sont restés en chemin.</strong></p>
<p><strong>​C&rsquo;est que l&rsquo;être humain n&rsquo;est pas une île ; il est un nœud de relations, un point de passage où s&rsquo;entrecroisent d&rsquo;innombrables trajectoires. Nous sommes configurés, parfois à notre insu, par le regard de l&rsquo;autre, par les structures héritées des générations passées et par les décisions de nos contemporains. En retour, chacune de nos paroles, chacune de nos œuvres et de nos options citoyennes produit un effet papillon social dont l&rsquo;onde de choc se propage bien au-delà de notre cercle immédiat. Par nos écrits, nos transmissions et nos engagements, nous laissons des repères intangibles qui modifieront subtilement le cours d&rsquo;autres existences.</strong></p>
<p><strong>​La véritable raison d’être de l’humanité réside dans la prise de conscience de cette interdépendance. Une vie en parfait accord avec soi-même ne peut s&rsquo;abstraire d&rsquo;un accord avec les autres. Trouver sa juste place dans le monde, c&rsquo;est comprendre que notre liberté n’est entière que lorsqu’elle se met au service de l’émancipation commune, transformant ainsi le patchwork de nos solitudes en une œuvre collective, harmonieuse et durable.</strong></p>
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