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	<title>KALÉIDOSCOPE &#8211; Le collimateur</title>
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	<description>Le goût de la vérité n&#039;empêche pas la prise de parti</description>
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	<title>KALÉIDOSCOPE &#8211; Le collimateur</title>
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		<title>Les légendes ne meurent jamais. L&#8217;hommage du BMDAV aux regrettés Abdelhadi Belkhayat et Abdelouhab Doukkali</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 22 Jun 2026 00:12:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[KALÉIDOSCOPE]]></category>
		<category><![CDATA[Abdelhadi Belkhayat]]></category>
		<category><![CDATA[Abdelouhab Doukkali]]></category>
		<category><![CDATA[BMDAV]]></category>
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					<description><![CDATA[La 45è Fête de la musique, célébrée chaque 21 juin, prend un air triste. En effet, deux icônes de la musique marocaine nous ont quittés cette année. Abdelhadi Belkhayat s&#8217;est éteint le vendredi 30 janvier 2026: Abdelouhab Doukkali, le vendredi 8 mai 2026. Mais les légendes ne meurent jamais. La voix de ces deux figures &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div>
<p><b>La 45è Fête de la musique, célébrée chaque 21 juin, prend un air triste. En effet, deux icônes de la musique marocaine nous ont quittés cette année. Abdelhadi Belkhayat s&rsquo;est éteint le vendredi 30 janvier 2026: Abdelouhab Doukkali, le vendredi 8 mai 2026. Mais les légendes ne meurent jamais. La voix de ces deux figures emblématiques de la</b> <b>scène lyrique nationale « <em>résonne encore en nous</em>« , certifie le Bureau Maroc des Droits d&rsquo;Auteur et des Droits Voisins « BMDAV », en leur rendant un vibrant hommage. VERBATIM.  </b></p>
<p><span style="font-weight: 400;"> </span><b>Abdelhadi BELKHAYAT:</b></p>
<p><em><b>« En cette Fête de la Musique, nous ne célébrons pas seulement la musique… Nous évoquons une voix d&rsquo;or, un héritage artistique immortel. La voix d&rsquo;Abdelhadi Belkhayat résonne encore en nous ; Elle voyage au plus profond de nos âmes, éveillant en nos cœurs les plus belles facettes de la musique marocaine : son authenticité, sa sincérité et sa grandeur ».</b></em></p>
</div>
<p><iframe style="border: none; overflow: hidden;" src="https://www.facebook.com/plugins/video.php?height=314&amp;href=https%3A%2F%2Fweb.facebook.com%2Freel%2F1329906035994576%2F&amp;show_text=false&amp;width=560&amp;t=0" width="560" height="314" frameborder="0" scrolling="no" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p><b>Abdelouhab DOUKKALI:</b></p>
<p><em><b>« En cette Fête de la Musique, nous rendons un vibrant hommage à un nom indissociable de l&rsquo;amour, du raffinement et de l&rsquo;immortalité artistique. Les mélodies d&rsquo;Abdelouhab Doukkali restent gravées dans la mémoire marocaine et arabe, comme d&rsquo;innombrables lettres d&rsquo;amour. »</b></em></p>
<p><iframe loading="lazy" style="border: none; overflow: hidden;" src="https://www.facebook.com/plugins/video.php?height=314&amp;href=https%3A%2F%2Fweb.facebook.com%2Freel%2F1329237285987157%2F&amp;show_text=false&amp;width=560&amp;t=0" width="560" height="314" frameborder="0" scrolling="no" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>C&rsquo;est une très belle pensée pour deux artistes qui ont gravé leur nom en lettres d&rsquo;or dans l&rsquo;histoire lyrique nationale et arabe. Leur voix reste une force invisible qui nous accompagne au quotidien, un souvenir impérissable qui défie l&rsquo;absence. </strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>La musique, cette mémoire qui respire</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/214394</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 21 Jun 2026 11:19:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[KALÉIDOSCOPE]]></category>
		<category><![CDATA[NOS CHRONIQUEURS]]></category>
		<category><![CDATA[Fête de la musique]]></category>
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					<description><![CDATA[Par: Mohamed KHOUKHCHANI Aujourd&#8217;hui, le monde fait silence pour mieux écouter. Partout, sur les pavés, sous les arbres, aux fenêtres ouvertes, des notes s&#8217;élèvent comme une rosée sonore. C&#8217;est la Fête de la Musique, et l&#8217;on pourrait croire qu&#8217;il s&#8217;agit seulement de fêter des artistes, des guitares, des foules heureuses. Mais célébrer vraiment la musique, &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par: Mohamed KHOUKHCHANI</strong></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-213402" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/khukhus-.jpeg" alt="" width="1080" height="608" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/khukhus-.jpeg 1080w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/khukhus--300x169.jpeg 300w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/khukhus--1024x576.jpeg 1024w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/khukhus--768x432.jpeg 768w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/khukhus--390x220.jpeg 390w" sizes="auto, (max-width: 1080px) 100vw, 1080px" /></p>
<p><strong>Aujourd&rsquo;hui, le monde fait silence pour mieux écouter. Partout, sur les pavés, sous les arbres, aux fenêtres ouvertes, des notes s&rsquo;élèvent comme une rosée sonore. C&rsquo;est la Fête de la Musique, et l&rsquo;on pourrait croire qu&rsquo;il s&rsquo;agit seulement de fêter des artistes, des guitares, des foules heureuses. Mais célébrer vraiment la musique, c&rsquo;est peut-être se taire un instant pour entendre battre, sous les mélanges d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, le pouls très ancien de l&rsquo;humanité.</strong></p>
<p><strong>Avant les livres, avant les dieux nommés, avant que la parole ne s&rsquo;ordonne en grammaire, il y eut un souffle, un choc, un rythme. La main frappa le tronc creux, la pierre contre la pierre, l&rsquo;os contre l&rsquo;os. L&rsquo;homme imita le vent, la pluie, le chant de l&rsquo;oiseau surpris dans l&rsquo;aube. Et soudain, quelque chose naquit qui n&rsquo;était ni cri ni langage, mais ce frémissement où l&rsquo;âme se reconnaît. Des flûtes taillées dans des fémurs d&rsquo;ours, vieilles de quarante mille hivers, nous parlent encore. Elles ne racontent pas d&rsquo;histoire, elles font entendre une présence. La musique fut cette mémoire avant la mémoire, cette trace avant l&rsquo;écriture, ce murmure de l&rsquo;esprit cherchant à toucher l&rsquo;autre.</strong></p>
<p><strong>Dans les temples de sable, sous les voûtes de pierre, aux marges des forêts sacrées, elle ne fut pas d&rsquo;abord un divertissement. Elle fut une offrande, une prière, une main tendue vers ce qui nous dépasse. Les Égyptiens chantaient pour que le soleil se lève, les Mésopotamiens pour que les eaux du Tigre ne tarissent pas, les chamans pour que les esprits des aïeux répondent. La musique fut ce pont fragile entre la boue des jours et l&rsquo;éclat de l&rsquo;infini. Elle disait ce que les mots ne peuvent enlacer : l&rsquo;angoisse de la mort, l&rsquo;ivresse de la naissance, l&rsquo;énigme des moissons qui renaissent.</strong></p>
<p><strong>Elle fut aussi le battement du collectif, le tambour qui rassemble, le chant qui soude. Quand les hommes tiraient ensemble la barque ou la charrue, le rythme faisait une seule chair de leurs bras. Les chœurs des moissons, les complaintes des veillées, les généalogies chantées le long des nuits : tout un savoir, tout un monde, passait de bouche en oreille, de génération en génération. Sans imprimerie, sans écran, la musique fut la première bibliothèque de l&rsquo;humain, une mémoire vivante qui ne s&rsquo;éteignait qu&rsquo;avec le dernier souffle du vieux conteur.</strong></p>
<p><strong>Mais ce qui émeut le plus, peut-être, c&rsquo;est cette étrange universalité. Une berceuse géorgienne peut bercer un enfant brésilien. Un rythme mandingue fait vibrer une salle à Oslo. Une fugue de Bach traverse les siècles et les frontières comme une eau souterraine qui n&rsquo;a besoin d&rsquo;aucun passeport. La musique est cette langue que tout le corps comprend avant que l&rsquo;esprit n&rsquo;ait à traduire. Elle est le seul idiome qui ne divise pas, le seul pont qui ne demande rien, le seul territoire où nous sommes tous, d&#8217;emblée, citoyens.</strong></p>
<p><strong>Et pourtant, elle ne cesse de changer, de se réinventer. Des nefs grégoriennes aux contrepoints de la Renaissance, des valses viennoises au jazz de la Nouvelle- Orléans, du rock des marges aux rythmes électroniques qui font danser les nuits de Tokyo, chaque époque a cherché sa note, chaque civilisation a trouvé son timbre. Le disque, la radio, le numérique ont ouvert des portes immenses. Aujourd&rsquo;hui, un enfant de Dakar peut entendre un quatuor de Prague, un adolescent de Pékin peut danser sur un beat de Detroit. Jamais la musique n&rsquo;a été aussi proche de nous, jamais elle n&rsquo;a voyagé si vite. Mais ce voyage vertigineux lui fait-il perdre son âme, ou la déploie-t-il aux quatre vents ?</strong></p>
<p><strong>Le 21 juin, ce jour du solstice où la lumière s&rsquo;attarde le plus longtemps, fut choisi par Jack Lang pour que la musique descende dans la rue, quitte les salles closes, se fasse peuple. Et ce geste, simple comme une fenêtre ouverte, a gagné le monde. Parce qu&rsquo;il répondait à ce besoin profond : que la beauté ne soit pas réservée, que la note soit un pain partagé, que la fête ne soit pas un spectacle mais une respiration collective.</strong></p>
<p><strong>Les neurosciences, aujourd&rsquo;hui, nous apprennent ce que les anciens savaient sans le savoir. Une mélodie embrase plusieurs régions du cerveau à la fois. Elle calme le cœur, ranime la mémoire endormie, réchauffe l&rsquo;humeur, tisse des liens invisibles entre les êtres. Elle soigne, parfois, mieux que les remèdes. La musicothérapie est une petite lumière dans les hôpitaux, une main douce sur les corps abîmés. La musique n&rsquo;est pas seulement un plaisir : elle est une médecine sans ordonnance, une consolation sans parole.</strong></p>
<p><strong>Mais elle est aussi une force qui soulève les foules. Elle a porté les opprimés, scandé les révoltes, pleuré les martyrs, célébré les libérateurs. Des plantations du Sud aux prisons d&rsquo;Afrique du Sud, des places d&rsquo;Europe aux déserts d&rsquo;Amérique latine, elle fut le drapeau de ceux qui n&rsquo;avaient que leur voix. Aujourd&rsquo;hui encore, elle est une arme diplomatique, un levier d&rsquo;influence, un souffle d&rsquo;unité dans un monde éparpillé.</strong></p>
<p><strong>Elle est tant de choses à la fois, la musique. Mémoire des peuples, école silencieuse, industrie gigantesque, remède, lien, messager, laboratoire, prière. Chaque fonction est une facette, et chaque facette brille d&rsquo;une lumière différente.</strong></p>
<p><strong>Mais au fond, par-delà tous ces rôles, la musique est peut-être la plus ancienne manière de dire : je suis là, j&rsquo;ai peur, j&rsquo;espère, j&rsquo;aime. Elle est le cri qui se fait chant, la douleur qui se fait beauté, la joie qui se fait danse. Elle est présente aux premiers vagissements comme aux derniers adieux, dans l&rsquo;intimité d&rsquo;une chambre comme dans l&rsquo;ivresse d&rsquo;une foule. Les empires sont tombés, les langues ont disparu, les cartes ont été redessinées par la guerre et les traités. Mais la musique, elle, est restée. Parce qu&rsquo;elle touche en nous ce qui ne meurt pas.</strong></p>
<p><strong>En ce 21 juin, ne nous contentons pas d&rsquo;écouter. Souvenons-nous que chaque note est une parcelle d&rsquo;humanité qui traverse les âges, que chaque rythme est un battement de cœur qui répond à d&rsquo;autres cœurs. La musique n&rsquo;est pas un luxe, un divertissement, un bruit de fond. Elle est une nécessité aussi ancienne que le souffle, une présence aussi fidèle que l&rsquo;ombre, une promesse que nous ne sommes pas seuls.</strong></p>
<p><strong>Alors célébrons- la, mais surtout, écoutons- la. Car dans le secret des mélodies, dans l&rsquo;éclat d&rsquo;un accord, dans le silence qui suit une note, se tient encore cette chose fragile et invincible que nous appelons, peut-être trop simplement, notre humanité.</strong></p>
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<p dir="ltr" lang="fr"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/2728.png" alt="✨" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /> La musique : un remède puissant au-delà des mots</p>
<p>Le pouvoir de la musique d’unir, de guérir et de transformer est fondamental.<br />
C’est la plus profonde des médecines non chimiques.</p>
<p>La musique peut nous guérir jusque dans nos cellules.</p>
<p>Des chercheurs ont découvert que la… <a href="https://t.co/AI6RI9NcpC">pic.twitter.com/AI6RI9NcpC</a></p>
<p>— Didier (@LetItShine69) <a href="https://x.com/LetItShine69/status/1891616445512978677?ref_src=twsrc%5Etfw">February 17, 2025</a></p></blockquote>
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			</item>
		<item>
		<title>Mamoun dans la peau de Raymond Devos, le génie des mots et de l&#8217;absurde</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/213779</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 11 Jun 2026 14:33:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[KALÉIDOSCOPE]]></category>
		<category><![CDATA[Mamoun]]></category>
		<category><![CDATA[Raymond Devos]]></category>
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					<description><![CDATA[Mamoun joue les sketchs de Raymond Devos, 20 ans après la disparition de ce génie franco-belge des mots et de l&#8217;absurde.  Il reprend ses sketchs plus connus : sens dessus dessous, Caen ou encore parler pour ne rien dire, mais aussi quelques-uns un peu moins connus mais tout aussi hilarants et délirants, comme le mille-feuille, &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Mamoun joue les sketchs de Raymond Devos, 20 ans après la disparition de ce génie franco-belge des mots et de l&rsquo;absurde. </strong></p>
<p><strong>Il reprend ses sketchs plus connus : sens dessus dessous, Caen ou encore parler pour ne rien dire, mais aussi quelques-uns un peu moins connus mais tout aussi hilarants et délirants, comme le mille-feuille, la porte ou le penseur.</strong></p>
<p><strong>Comédien dans la troupe de Tayeb Saddiki, connu pour ses interprétations de l&rsquo;œuvre de Jacques Brel, Mamoun nous livre l&rsquo;œuvre de Devos avec fidélité. Reprenant le rythme du célèbre humoriste et respectant ses intonations de façon à produire le rire du public qui ne manque jamais de ponctuer toutes les phrases des sketchs de Raymond Devos.</strong></p>
<p><strong>Mamoun joue les sketches de RAYMOND DEVOS, à l&rsquo;occasion du 20eme anniversaire de sa disparition. </strong><br />
<strong>Le 12 juin à Tanger </strong><br />
<strong>Le 15 juin à Casablanca </strong><br />
<strong>(Détails sur l&rsquo;affiche)</strong></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-213784" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/mamounus.jpeg" alt="" width="1080" height="1527" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/mamounus.jpeg 1080w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/mamounus-212x300.jpeg 212w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/mamounus-724x1024.jpeg 724w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/mamounus-768x1086.jpeg 768w" sizes="auto, (max-width: 1080px) 100vw, 1080px" /></p>
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			</item>
		<item>
		<title>ECRIVAINS MAUDITS. Raymond Carver, le génie tourmenté de la « short story »</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/213751</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 11 Jun 2026 11:27:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[KALÉIDOSCOPE]]></category>
		<category><![CDATA[NOS CHRONIQUEURS]]></category>
		<category><![CDATA["short story"]]></category>
		<category><![CDATA[Raymond Carver]]></category>
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					<description><![CDATA[Par: Abdelaziz ERRERHAOUI Il est des écrivains que l&#8217;on éprouve une envie irrépressible de rencontrer, quand on lit les premières lignes de l&#8217;une de leurs œuvres, l&#8217;on caresse le rêve ingénu de leur porter un toast à la terrasse d&#8217;un café ou accoudé à leurs côtés au zinc d&#8217;un pub ou d&#8217;un bistrot, de tailler &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par: Abdelaziz ERRERHAOUI </strong></p>
<p><strong><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-212642" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/05/raghoui-1.jpeg" alt="" width="299" height="168" /></strong></p>
<p><strong>Il est des écrivains que l&rsquo;on éprouve une envie irrépressible de rencontrer, quand on lit les premières lignes de l&rsquo;une de leurs œuvres, l&rsquo;on caresse le rêve ingénu de leur porter un toast à la terrasse d&rsquo;un café ou accoudé à leurs côtés au zinc d&rsquo;un pub ou d&rsquo;un bistrot, de tailler la bavette avec eux, de la pluie et du beau temps et de faire en leur compagnie un petit bout de chemin. </strong></p>
<p><strong>Raymond Carver est l&rsquo;un de cet aréopage d&rsquo;écrivains, pourvoyeurs de beauté et de rêves, pourtant, rien d&rsquo;extraordinaire dans la vie de cet écorché vif. Issu d&rsquo;un milieu modeste, son père était ouvrier et sa mère tour à tour serveuse et vendeuse, marié si jeune, à dix-neuf ans, talonné par le besoin de gagner sa pitance, il s&rsquo;est résigné à exercer tous les métiers, autant ingrats et sous-rémunérés les uns que les autres.</strong></p>
<p><strong>Faute de temps pour écrire des œuvres assez longues, des romans ou du moins des novellas, R. Carver a jeté son dévolu sur la short story, le genre de la concision, de la parcimonie rigoureuse par excellence, et en est devenu en peu d&rsquo;années le maître incontesté, outre Atlantique. En Europe et particulièrement en France, la nouvelle est un genre littéraire mineur, que pratiquent des écrivains en herbe faisant ainsi leurs armes avant de s&rsquo;atteler à l&rsquo;écriture d&rsquo;un roman, le genre qui compte vraiment dans le paysage de la création littéraire, alors qu&rsquo;aux États-Unis, la « short story » est un genre très plébiscité et prisé dont une large catégorie de lecteurs sont si friands, ne lisant que des nouvelles. En effet, avant d&rsquo;être réunies plus tard dans des recueils ou des anthologies, les « short stories » sont d&rsquo;abord publiées dans les suppléments littéraires des grands organes de presse écrite américaine ou dans des revues strictement dédiées à ce genre.</strong></p>
<p><strong>Si le grand Balzac carburait aux litres de café qu&rsquo;il ingurgitait chaque jour, ses facultés intellectuelles étant de la sorte en tension permanente, lui permettant d&rsquo;écrire avec frénésie, Carver, lui, buvait comme un trou, tout y passait: vins, bière et liqueurs, c&rsquo;était un alcoolique impénitent, il voulait de tout son être décrocher, suivait des cures de désintoxication pendant des mois, mais il sombrait à chaque fois dans l&rsquo;alcool où il se croyait pouvoir noyer ses tourments, et échapper à ses démons le temps d&rsquo;une cuite. Il était sans répit aux prises avec tous les excès: éthylisme, tabagie&#8230; cependant, cela ne l&#8217;empêchait guère d&rsquo;écrire des « short stories », d&rsquo;une facture singulière et d&rsquo;une indéniable valeur littéraire.</strong></p>
<p><strong>C&rsquo;est pourquoi il est digne d&rsquo;occuper son rang d&rsquo;élection parmi les plus illustres maîtres du genre: Prosper Mérimée, Guy de Maupassant, Anton Tchékhov, Katherine Mansfield, Jack London et Alice Murnau, sans oublier deux sommités du genre dans la littérature arabe: Youssef Idriss et Zakaria Tamer, mais son art de la nouvelle est tout différent de celui de ses prédécesseurs. Si l&rsquo;on s&rsquo;attend à lire sous la plume de Carver la nouvelle avec son schéma classique et scolaire (état d&rsquo;équilibre -élément perturbateur- nœud- péripéties- dénouement-, retour à l&rsquo;état d&rsquo;équilibre), legs encombrant du XIXème et du début du XXème siècles, l&rsquo;on sera à la fois si désappointé et très déconcerté. Dans les « short stories » de Carver, il n&rsquo;y a pas de place pour tout ce folklore fastidieux dont se gargarisent encore certains professeurs de littérature paresseux et peu curieux et certains écrivassiers encore prisonniers de poncifs surannés.</strong></p>
<p><strong>Carver dit la vacuité de la vie, dans un style dépouillé, minimaliste, sans gras. Ses phrases sont tranchantes comme des coups de rasoir. Par petites touches, il parvient à créer une atmosphère, à crayonner un personnage, à raconter une tranche de vie. Dans ses « short stories », Il n&rsquo;y ni climax, ni crise, ni chute non plus. Il écrit des textes sur rien, qui tiennent seulement par la puissance de leur style et un sens très aigu du détail, comme Flaubert l&rsquo;appelait de ses vœux les plus ardents en songeant à l&rsquo;élaboration de son chef-d&rsquo;œuvre, Mme Bovary. Ses personnages sont pour la plupart des losers, des marginaux à la dérive, chômeurs tirant le diable par la queue, des travailleurs à la tâche, des commis voyageurs, des serveuses de fast food trimant comme des forcenés, toujours dans la panade, pressurés par leurs boss, et au-delà par le rouleau compresseur du système capitaliste, prédateur implacable. Ce sont des ploucs dont l&rsquo;existence est plate, lisse et terne. Dépressifs et angoissés, sujets à des accès de colère ou à des moments d&rsquo;abattement et d&rsquo;aboulie, il passent leurs journées et leurs nuits à picoler, à se droguer, à se livrer à des ébats amoureux sans amour ! ou à papoter sur des sujets aussi insignifiants qu&rsquo;ennuyeux.</strong></p>
<p><strong>La peinture de ce milieu du quart- monde, de laissés-pour-compte, de « déchets humains » englués dans la fange de leur quotidien sordide a poussé Bill Buford, l&rsquo;éditeur de la revue Granta, à forger l&rsquo;expression « dirty realism »- le réalisme sale-pour dénigrer l&rsquo;œuvre de Carver et la caractériser, et la notion s&rsquo;est vue être appliquée plus tard à une poignée d&rsquo;autres écrivains, au talent littéraire sûr, dont l&rsquo;œuvre jouit d&rsquo;une audience de plus en plus grandissante: John Fante, Charles Bukowski, Jonathan Franzen, Richard Brautigan&#8230;</strong></p>
<p><strong>Le réalisme sale se propose de peindre la vie des petites gens, souvent laminés par des soucis pécuniaires, se débattant rageusement contre l&rsquo;adversité, la maladie, une douleur morale diffuse et assassine, réduits à l&rsquo;impossibilité de toute communication authentique avec leurs semblables et voués à l&rsquo;autodestruction par tous les excès : alcool, drogues et plaisirs de la chair.</strong></p>
<p><strong>Même si Raymond Carver a réussi à s&rsquo;arracher à son milieu social, à vivre manifestement dans l&rsquo;aisance et à gagner en notoriété, aux prix de sacrifices et d&rsquo;efforts cyclopéens, il n&rsquo;a pas eu hélas la force de s&rsquo;affranchir de l&rsquo;un des « vices » les plus pernicieux de certains de ses personnages, il continuait à boire et à fumer comme un pompier. Un foudroyant cancer des poumons l&rsquo;a laissé sur le carreau. Il a poussé le dernier soupir sur un lit d&rsquo;hôpital. Il avait cinquante ans.</strong></p>
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			</item>
		<item>
		<title>La Légende de Boualem Sansal : un livre qui dérange, interroge et oblige à penser</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/213538</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 08 Jun 2026 10:38:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[KALÉIDOSCOPE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITOSCOPE]]></category>
		<category><![CDATA[Boualem Sansal]]></category>
		<category><![CDATA[la légende]]></category>
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					<description><![CDATA[Par: Mohamed KHOUKHCHANI La publication de La Légende de Boualem Sansal n’est pas seulement un événement littéraire. C’est aussi un événement politique, moral et humain. Dès les premières pages, l’auteur annonce la couleur : ce livre est à la fois un témoignage, un acte d’accusation et un manifeste pour la liberté. Il raconte son emprisonnement, &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par: Mohamed KHOUKHCHANI</strong></p>
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<p><strong>La publication de La Légende de Boualem Sansal n’est pas seulement un événement littéraire. C’est aussi un événement politique, moral et humain. Dès les premières pages, l’auteur annonce la couleur : ce livre est à la fois un témoignage, un acte d’accusation et un manifeste pour la liberté. Il raconte son emprisonnement, mais cherche surtout à montrer ce que devient une société lorsque le pouvoir s’arroge le monopole de la vérité.</strong></p>
<p><strong>Un récit entre mémoire personnelle et réflexion universelle.</strong></p>
<p><strong>La première force du livre réside dans sa capacité à dépasser le simple récit autobiographique. Certes, Sansal raconte son arrestation, son procès expéditif et son incarcération. Mais très vite, son expérience personnelle devient le point de départ d’une réflexion plus vaste sur la peur, le langage, la justice et la liberté. Il écrit que les régimes autoritaires ne brisent pas les individus d’un seul coup ; ils les habituent progressivement à accepter l’inacceptable.</strong></p>
<p><strong>Cette idée constitue sans doute le cœur philosophique de l’ouvrage. La prison n’est pas seulement un lieu d’enfermement physique ; elle devient la métaphore d’un système où les mots perdent leur sens et où le citoyen finit par douter de ses propres certitudes.</strong></p>
<p><strong>Une écriture puissante, parfois lyrique.</strong></p>
<p><strong>L’une des qualités majeures de La Légende est son écriture. Sansal alterne constamment entre le témoignage brut, l’essai politique, la méditation philosophique et le récit littéraire. Les références à la Bible, à Orwell, à la littérature française ou aux mythes antiques donnent au texte une profondeur particulière.</strong></p>
<p><strong>Cette richesse stylistique fait la singularité du livre. On n’y trouve pas seulement la chronique d’une injustice ; on y découvre une réflexion sur la condition humaine, la solitude, le temps et la résistance intérieure.</strong></p>
<p><strong>Une œuvre engagée qui ne laissera personne indifférent.</strong></p>
<p><strong>Le livre est aussi un réquisitoire contre les dérives autoritaires du pouvoir algérien. Sansal y dénonce une justice soumise au politique et un système où la raison d’État l’emporte sur les droits individuels.</strong></p>
<p><strong>Cette dimension engagée constitue à la fois sa force et sa limite. Sa force, parce qu’elle donne au récit une intensité rare. Sa limite, parce que certains lecteurs pourront considérer que l’émotion personnelle conduit parfois à des jugements très tranchés. L’auteur ne cache jamais son point de vue ; il assume pleinement sa subjectivité.</strong></p>
<p><strong>Mais c’est précisément ce qui rend l’ouvrage intéressant : il ne prétend pas être un rapport administratif ou un document judiciaire. Il revendique son statut de témoignage d’un homme confronté à ce qu’il estime être une injustice majeure.</strong></p>
<p><strong>La prison comme laboratoire de l’âme humaine.</strong></p>
<p><strong>Les pages consacrées à la prison de Koléa figurent parmi les plus réussies. Sansal décrit un univers où le temps semble disparaître, où les détenus développent leurs propres codes, leurs mythologies et leurs stratégies de survie.</strong></p>
<p><strong>Loin du sensationnalisme, il montre comment l’enfermement transforme le rapport au monde. Ce ne sont pas tant les murs qui emprisonnent que la dépossession progressive du temps, de l’avenir et parfois de soi-même.</strong></p>
<p><strong>Pourquoi faut-il lire ce livre ?</strong></p>
<p><strong>Parce qu’il pose une question essentielle : que devient un homme lorsque sa liberté lui est retirée ?</strong><br />
<strong>Mais aussi parce qu’il oblige le lecteur à réfléchir à des enjeux qui dépassent largement le cas de Boualem Sansal : le rôle de la justice, la place de l’écrivain dans la cité, la fragilité des libertés publiques et la responsabilité des citoyens face aux abus du pouvoir.</strong></p>
<p><strong>Que l’on partage ou non toutes les analyses de l’auteur, La Légende est un livre qui suscite le débat, nourrit la réflexion et rappelle que la littérature demeure l’un des derniers espaces où il est encore possible de nommer les choses telles qu’elles sont.</strong></p>
<p><strong>Une lecture nécessaire.</strong></p>
<p><strong>La Légende n’est ni un roman traditionnel ni un simple récit carcéral. C’est le témoignage d’un écrivain qui transforme son épreuve personnelle en interrogation universelle sur la liberté. On referme ce livre avec davantage de questions que de réponses, ce qui est souvent la marque des œuvres importantes.</strong></p>
<p><strong>Pour le lecteur maghrébin, français ou simplement attaché aux valeurs de liberté et de dignité humaine, ce texte constitue une lecture stimulante, parfois dérangeante, mais assurément marquante. C’est un livre qui ne cherche pas à plaire ; il cherche à éveiller. Et c’est précisément pour cette raison qu’il mérite d’être lu.</strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>La presse marocaine entre conditions de soutien « surréalistes » et modèle démocratique</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/213502</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 07 Jun 2026 14:27:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[KALÉIDOSCOPE]]></category>
		<category><![CDATA[Le K de le dire]]></category>
		<category><![CDATA[MÉDIAS]]></category>
		<category><![CDATA[crise]]></category>
		<category><![CDATA[Presse marocaine]]></category>
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					<description><![CDATA[Par: Mohamed KHOUKHCHANI Le Maroc s’achemine-t-il vers un monopole au détriment du pluralisme ? Dans une décision qui a provoqué une vague d’indignation dans les milieux professionnels, le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication a surpris les acteurs du secteur avec de nouvelles conditions d’accès à l’aide publique. La Fédération &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par: Mohamed KHOUKHCHANI</strong></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-213402" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/khukhus-.jpeg" alt="" width="1080" height="608" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/khukhus-.jpeg 1080w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/khukhus--300x169.jpeg 300w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/khukhus--1024x576.jpeg 1024w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/khukhus--768x432.jpeg 768w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/khukhus--390x220.jpeg 390w" sizes="auto, (max-width: 1080px) 100vw, 1080px" /></p>
<p><strong>Le Maroc s’achemine-t-il vers un monopole au détriment du pluralisme ?</strong></p>
<p><strong>Dans une décision qui a provoqué une vague d’indignation dans les milieux professionnels, le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication a surpris les acteurs du secteur avec de nouvelles conditions d’accès à l’aide publique. La Fédération marocaine des éditeurs de journaux qualifie ces conditions de « surréalistes ». Outre le fait d’avoir pris cette décision de manière unilatérale sans consultation préalable, le ministère exige désormais que chaque petite entreprise de presse ou entreprise régionale dispose de cinq cartes de journalistes professionnels en plus du directeur de la publication (1+5). Concrètement, cette mesure exclut des dizaines de titres régionaux et locaux qui peinent déjà à survivre face à la rareté des ressources et à un environnement économique défavorable.</strong></p>
<p><strong>Mais la question fondamentale qui s’impose aujourd’hui est la suivante : où se situe le Maroc par rapport au modèle démocratique qui régit les relations entre la presse et la puissance publique dans la plupart des pays développés ?</strong></p>
<p><strong>Les écarts par rapport au modèle démocratique.</strong></p>
<p><strong>Premièrement : le principe de dialogue et de concertation.</strong></p>
<p><strong>Dans les démocraties avancées, les politiques de soutien public à la presse sont élaborées après un large débat sociétal associant éditeurs, journalistes et société civile. Au Maroc, le ministère a au contraire agi seul, sans aucune concertation, comme si le secteur des médias n’était qu’une simple administration régie par des décisions individuelles et arbitraires.</strong></p>
<p><strong>Deuxièmement : l’indépendance dans la distribution des aides.</strong></p>
<p><strong>Dans les modèles démocratiques (France, Allemagne, pays scandinaves), des instances indépendantes distribuent les subventions selon des critères transparents et objectifs, hors de portée des humeurs ministérielles ou des intérêts de certains lobbys. Dans l’expérience marocaine, le communiqué accuse le ministère de chercher « le contrôle et l’hégémonie » sur les budgets d’aide publique au profit d’un lobby bien identifié, renforçant ainsi le monopole au détriment du pluralisme.</strong></p>
<p><strong>Troisièmement : la protection de la presse régionale et locale.</strong></p>
<p><strong>La presse régionale constitue un pilier essentiel du pluralisme médiatique, car elle rend compte des préoccupations des citoyens hors des grands centres urbains. En Suède, au Royaume-Uni et au Canada, l’État accorde une aide supplémentaire aux petits médias régionaux, consciente de leur rôle dans la consolidation de la démocratie locale. Les nouvelles conditions marocaines aboutiront, selon le communiqué, à « la faillite de dizaines d’entreprises régionales, au licenciement de centaines de salariés et à la disparition de tout journal régional dans plusieurs régions du Royaume ».</strong></p>
<p><strong>Quatrièmement : le critère du pluralisme, non celui du volume d’affaires.</strong></p>
<p><strong>Les lois démocratiques soutiennent la presse pour développer le pluralisme et encourager la lecture, non pour favoriser le commerce et le chiffre d’affaires. Or, le ministère – toujours selon la Fédération – a insisté pour « substituer l’objectif de développement de la lecture par le critère du volume d’affaires afin de développer le commerce », un changement inquiétant qui vide l’aide publique de sa philosophie fondamentale.</strong></p>
<p><strong>La crise de confiance et la commission provisoire.</strong></p>
<p><strong>Ce qui inquiète le plus, c’est le blocage de la délivrance des cartes professionnelles par la commission provisoire du Conseil national de la presse, en raison de « scandales » et de dysfonctionnements évoqués dans le communiqué. Comment le ministère peut-il exiger de nouvelles cartes alors que l’institution censée les délivrer est paralysée ? Cette contradiction place le ministère « en position de suspicion » et ouvre la voie à des interprétations politiques sur une éventuelle volonté d’exclure les entreprises non alignées.</strong></p>
<p><strong>Voies de sortie de crise.</strong></p>
<p><strong>Pour que le Maroc rejoigne le modèle démocratique dans sa relation entre la presse et la puissance publique, la Fédération et les observateurs proposent les mesures suivantes :</strong></p>
<p><strong>1. Ouvrir un véritable dialogue avec les organisations professionnelles, en particulier la Fédération marocaine des éditeurs de journaux, afin d’établir des critères d’aide justes et transparents.</strong></p>
<p><strong>2. Supprimer le critère du volume d’affaires et du nombre de cartes, et revenir à l’esprit de l’article 7 de la loi sur la presse et l’édition, qui met l’accent sur le développement de la lecture, le pluralisme et le soutien aux ressources humaines.</strong></p>
<p><strong>3. Résoudre l’impasse de la commission provisoire du Conseil national de la presse et rendre pleinement opérationnelle l’instance d’autorégulation dans l’indépendance.</strong></p>
<p><strong>4. Prendre en compte la spécificité de la presse régionale en mettant en place des programmes d’aide spécifiques qui ne l’excluent pas faute de disposer des moyens des grands groupes.</strong></p>
<p><strong>5. Cesser la « fuite en avant » et ne pas faire adopter des lois cruciales dans les derniers mois de la mandature gouvernementale sans consensus national.</strong></p>
<p><strong>Conclusion.</strong></p>
<p><strong>Une presse libre et pluraliste n’est pas un luxe : elle est un pilier essentiel de toute démocratie véritable. Lorsque le ministère de tutelle se transforme en instrument d’hégémonie sur le secteur par des critères exclusifs, et lorsque l’objectif de pluralisme est remplacé par une obsession de contrôle des budgets, c’est l’ensemble du paysage médiatique qui se trouve menacé. Il est temps de faire évoluer la relation entre la presse et le ministère de tuelle, du modèle de « contrôle et de rente » vers celui du « dialogue et de l’indépendance », à l’instar de ce qui se pratique dans les démocraties. Les décisions arbitraires et exclusives ne serviront que les lobbies du monopole, au détriment de la diversité régionale et de l’avenir de la démocratie marocaine.</strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>La FMEJ dénonce les conditions iniques de l&#8217;aide publique au détriment des petites entreprises de presse et de la presse régionale</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/213498</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 07 Jun 2026 13:34:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[KALÉIDOSCOPE]]></category>
		<category><![CDATA[Mehdi Bensaid]]></category>
		<category><![CDATA[soutien à la presse]]></category>
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					<description><![CDATA[Jugeant impératif de stopper le plan de mainmise sur la presse qui s&#8217;est accéléré à l’approche de la fin du mandat du gouvernement La FMEJ dénonce les conditions iniques de l&#8217;aide publique au détriment des petites entreprises de presse et de la presse régionale Le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Jugeant impératif de stopper le plan de mainmise sur la presse qui s&rsquo;est accéléré à l’approche de la fin du mandat du gouvernement</strong></p>
<p><strong>La FMEJ dénonce les conditions iniques de l&rsquo;aide publique au détriment des petites entreprises de presse et de la presse régionale</strong></p>
<p><strong>Le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication — Département de la Communication — a surpris l’opinion publique professionnelle, il y a quelques jours, par une nouvelle mesure unilatérale, dépourvue de toute concertation préalable ou de réflexion rationnelle et sage. Le ministère a diffusé la liste des documents requis pour bénéficier de l’aide publique allouée aux secteurs de la presse, de l’édition, de l’impression et de la distribution au titre de l’année 2026. Cette liste inclut une condition inédite imposant de disposer d&rsquo;au moins cinq cartes de presse professionnelles en plus de celle du directeur de publication (1+5) pour les petites entreprises de presse électronique et les entreprises de presse régionale, en plus d&rsquo;autres critères et documents exigés.</strong></p>
<p><strong>À cet égard, la Fédération Marocaine des Editeurs de Journaux (FMEJ) rappelle qu’elle avait initialement rejeté le contenu du décret gouvernemental relatif à l’aide publique publié en décembre 2023, avant de rejeter également l’arrêté ministériel conjoint qui en a découlé. Elle avait considéré, en son temps, que les soubassements, les détails et la finalité du scénario gouvernemental concernant l’aide publique à la presse s’inscrivaient dans une stratégie de contrôle et d’hégémonie sur le secteur. Cela s&rsquo;apparente précisément à la mainmise sur l’instance d’autorégulation — le « Conseil National de la Presse » (CNP) — ces deux démarches reposant sur le critère du chiffre d’affaires et du capital, bafouant ainsi le principe du pluralisme énoncé par la loi sur la presse et l&rsquo;édition.</strong></p>
<p><strong>Lorsque la Cour Constitutionnelle a rendu sa décision concernant la loi de réorganisation du Conseil National de la Presse, interdisant tout mécanisme juridique menant au monopole, par une seule organisation professionnelle, de la représentativité des éditeurs de journaux au sein de l&rsquo;instance d&rsquo;autorégulation, la FMEJ avait alors averti que cette décision constitutionnelle signifiait clairement la caducité de l&rsquo;intégralité du mécanisme, à savoir l&rsquo;annulation du critère du chiffre d&rsquo;affaires et du principe de délégation.</strong></p>
<p><strong>Cependant, le gouvernement a opté pour une approche technique, formelle et superficielle pour traiter le projet. Il l&rsquo;a soumis à nouveau au Parlement en y maintenant le même mécanisme rejeté. Le plus grave réside dans la persistance de ce même mécanisme et de ce même critère dans les conditions du décret d’aide et de l’arrêté ministériel conjoint y afférent. Cela est mis au grand jour aujourd’hui par cette nouvelle décision du ministère de tutelle, qui constitue une dérive contre laquelle la Fédération avait mis en garde depuis un certain temps.</strong></p>
<p><strong>Aujourd&rsquo;hui, en s&rsquo;isolant dans cette nouvelle décision anarchique, le gouvernement fait fi de ses propres déclarations et pratiques antérieures en imposant des conditions différentes, notamment concernant le nombre de cartes professionnelles requises pour accéder au système d&rsquo;aide publique. Cela place des dizaines de petites entreprises de presse et de médias régionaux dans une impasse critique, d&rsquo;une part parce qu&rsquo;elles s&rsquo;étaient fiées aux informations préalablement fournies par les services du ministère concernant le nombre de cartes exigées, et, d’autre part, en raison de l&rsquo;absence actuelle du Conseil National de la Presse, ce qui bloque l&rsquo;émission de nouvelles cartes ou le recrutement de nouveaux journalistes.</strong></p>
<p><strong>Cette situation démontre la mauvaise foi du ministère dans la gestion de ce dossier, son acharnement à façonner, sur mesure, la cartographie, les critères et les conditions au profit d’un lobby bien connu, et à tout mettre en œuvre pour faciliter le contrôle des budgets de l’aide publique, puis asseoir son hégémonie sur la prise de décision via l’instance d’autorégulation.</strong></p>
<p><strong>Un mécanisme qui exclut des dizaines d’entreprises de presse de l’aide publique</strong></p>
<p><strong>La démarche entreprise par le ministère de tutelle, soutenue par le gouvernement, conduira à l&rsquo;exclusion de dizaines de petites entreprises et de médias régionaux du droit d’accès au système d’aide publique. De plus, la rareté ou l’absence de ressources dans plusieurs régions, combinées à un environnement économique régional non stimulant, mènera un grand nombre d&rsquo;entreprises à la faillite et à la disparition. Par conséquent, plusieurs régions du Royaume se retrouveront totalement dépourvues de tout journal régional ou local. Ce qui menace le pluralisme et la diversité du paysage médiatique national, tout en entraînant le licenciement de centaines de professionnels au sein des entreprises de presse régionale.</strong></p>
<p><strong>Le ministère de tutelle aurait pu gérer ce dossier avec un minimum de sagesse et de clairvoyance politique, en cherchant rationnellement à concrétiser les réformes structurelles nécessaires dans le secteur, sans pour autant altérer l&rsquo;essence et les objectifs de l&rsquo;aide publique tels qu&rsquo;ils ont été définis depuis sa mise en œuvre. Il s&rsquo;agit notamment de respecter l&rsquo;article 7 de la loi sur la presse et l&rsquo;édition, qui stipule que les secteurs de la presse, de l&rsquo;édition, de l&rsquo;impression et de la distribution bénéficient de l&rsquo;aide publique sur la base des principes de transparence, d&rsquo;égalité des chances et de neutralité&#8230;</strong><br />
<strong>Ce même article définit les objectifs de l&rsquo;aide publique à la presse comme suit : « le développement de la lecture, le renforcement du pluralisme, et le soutien à ses ressources humaines »&#8230;</strong></p>
<p><strong>Pourtant, le ministère a décidé, dès le départ, de substituer l&rsquo;objectif de développement de la lecture par le critère du chiffre d’affaires pour développer le commerce. Il s&rsquo;est entêté à porter atteinte au pluralisme en encourageant l&rsquo;hégémonie et le monopole, tout en ne cessant d&rsquo;imposer, à chaque fois, de nouvelles conditions surréalistes uniquement pour garantir la domination des lobbies de la rente qui soutiennent les décisions du ministre, sans aucun égard pour le respect des lois et leur cohérence.</strong></p>
<p><strong>Il est aberrant que de petites entreprises de presse électroniques et régionales, qui ont peiné et travaillé durement ces dernières années pour remplir les conditions d&rsquo;éligibilité — ne serait-ce que pour l’aide forfaitaire minimale —, se retrouvent aujourd’hui non conformes aux nouveaux critères ministériels. Cela les condamne à être privées du droit d&rsquo;accès au système d&rsquo;aide publique. Même si elles souhaitaient se conformer aux nouvelles exigences, il leur est impossible, par exemple, d&rsquo;obtenir de nouvelles cartes professionnelles en raison du blocage de l&rsquo;institution habilitée à les délivrer, suite aux scandales de la commission provisoire désignée par le gouvernement et son ministre de tutelle.</strong></p>
<p><strong>La Fédération Marocaine des Éditeurs de Journaux considère le comportement du ministère en charge du secteur comme anarchique, empreint d&rsquo;amateurisme et de gestion d’humeur pour des dossiers fondamentaux qui exigent pourtant de faire appel à la sagesse, à la retenue et à une vision à long terme.</strong></p>
<p><strong>La mauvaise foi dès le départ …</strong></p>
<p><strong>La FMEJ note que la communication de ces nouvelles conditions a été, elle-même, entachée de mauvaise foi dès le départ : l&rsquo;information a fait l&rsquo;objet d&rsquo;une fuite restreinte via le lobby favori du ministère, suivie de contacts ciblés des services du ministère avec quelques entreprises seulement. L&rsquo;information et la communication n&rsquo;ont été généralisées qu&rsquo;après la révélation de l&rsquo;affaire et la vague d&rsquo;indignation qui a suivi. Cela prouve que le ministère lui-même est conscient que son action est contraire à la loi et qu&rsquo;elle nécessitait rapidité et confidentialité pour parvenir à passer le plan escompté.</strong></p>
<p><strong>La Fédération rappelle que le maintien persistant du critère du chiffre d&rsquo;affaires et l&rsquo;exagération du nombre de cartes professionnelles exigées — alors que leur renouvellement est suspendu en raison de l&rsquo;impasse de la commission provisoire — entachent d&#8217;emblée de suspicion l&rsquo;action du ministère et du gouvernement.</strong></p>
<p><strong>Le gouvernement ne s’est pas imprégné de l&rsquo;esprit et de la lettre de la décision de la justice constitutionnelle. </strong></p>
<p><strong>Le ministère de tutelle aurait dû, également, s&rsquo;imprégner de l&rsquo;esprit et de la lettre de la décision de la justice constitutionnelle concernant la loi de réorganisation du Conseil National de la Presse, pour abandonner clairement le critère du chiffre d&rsquo;affaires dans la classification des éditeurs de journaux, puis ouvrir un véritable dialogue avec les organisations professionnelles, en particulier la FMEJ, pour élaborer une nouvelle loi régissant l&rsquo;instance d&rsquo;autorégulation. Il aurait fallu ensuite en tirer les conséquences en annulant également la condition du chiffre d&rsquo;affaires dans le décret d&rsquo;aide, tout en veillant au respect de la loi et au développement du pluralisme dans le secteur.</strong></p>
<p><strong>En fait, le ministère aurait dû, bien avant tout cela, trouver une solution juridique à l&rsquo;impasse de la commission provisoire provoquée par ses décisions anarchiques, et appliquer les sanctions juridiques et administratives nécessaires suite au scandale de la fameuse vidéo, au lieu de laisser passer la vague sans réagir.</strong></p>
<p><strong>Le gouvernement se hâte dans une course contre la montre au service d’un lobby</strong></p>
<p><strong>Aujourd&rsquo;hui, le ministère de tutelle tente de poursuivre sa fuite en avant. Il se hâte pour faire adopter la loi sur le Conseil National de la Presse à la Chambre des Conseillers et imposer l&rsquo;application de son plan contesté dans la gestion de l&rsquo;aide publique, et ce, dans une course contre le temps, le mandat gouvernemental n’ayant plus que quelques mois. Cette démarche risque de plonger le secteur dans de nouvelles crises profondes et de laisser le lobby de la rente contrôler les budgets de l&rsquo;aide publique ainsi que l&rsquo;instance d&rsquo;autorégulation.</strong></p>
<p><strong>Nous faisons donc face, aujourd’hui, à une politique aveugle, dénuée de raison et de clairvoyance, qui ne se soucie ni de l’intérêt du secteur et de son avenir, ni de l’intérêt suprême du pays et de son image démocratique. C’est pourquoi il est impératif de stopper ce plan de contrôle et de mainmise sur la presse qui s&rsquo;est accéléré à une vitesse maximale en raison de la fin imminente du mandat gouvernemental, car il risque de mener le secteur au fond du gouffre.</strong></p>
<p><strong>La Fédération Marocaine des Éditeurs de Journaux(FMEJ)</strong><br />
<strong>Le Bureau Exécutif</strong></p>
<p><strong><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-213495" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/mahtatos.jpg" alt="" width="800" height="373" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/mahtatos.jpg 800w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/mahtatos-300x140.jpg 300w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/mahtatos-768x358.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px" /></strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>À LA VERTICALITÉ DE L&#8217;HOMME DEBOUT</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/213467</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 07 Jun 2026 10:18:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[KALÉIDOSCOPE]]></category>
		<category><![CDATA[Abdellatif Laâbi]]></category>
		<category><![CDATA[HOMMAGE]]></category>
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					<description><![CDATA[Par: Mohamed KHOUKHCHANI À Abdellatif Laâbi, avec tout notre respect et notre affection. Cher Abdellatif Laâbi, La nouvelle de votre hospitalisation, et des épreuves physiques que vous traversez depuis cette chute du 9 mai, nous serre le cœur. Mais elle ravive aussi, chez tous ceux qui vous admirent, une certitude : celle de votre force &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par: Mohamed KHOUKHCHANI</strong></p>
<p><strong><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-213402" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/khukhus-.jpeg" alt="" width="1080" height="608" srcset="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/khukhus-.jpeg 1080w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/khukhus--300x169.jpeg 300w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/khukhus--1024x576.jpeg 1024w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/khukhus--768x432.jpeg 768w, https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/06/khukhus--390x220.jpeg 390w" sizes="auto, (max-width: 1080px) 100vw, 1080px" /></strong></p>
<p><strong>À Abdellatif Laâbi, avec tout notre respect et notre affection.</strong></p>
<p><strong>Cher Abdellatif Laâbi,</strong></p>
<p><strong>La nouvelle de votre hospitalisation, et des épreuves physiques que vous traversez depuis cette chute du 9 mai, nous serre le cœur. Mais elle ravive aussi, chez tous ceux qui vous admirent, une certitude : celle de votre force inaltérable, celle d’un homme qui a déjà affronté bien des vertèbres brisées – celles de l’injustice, de l’enfermement, des années de plomb.</strong></p>
<p><strong>Vous avez porté, avec Jocelyne à vos côtés, le double fardeau du cachot et de la dignité. Vous en êtes sorti non pas brisé, mais debout, plus droit encore dans votre parole et votre création. Cette colonne vertébrale aujourd’hui soudée par la maladie a été, pendant des décennies, l’axe d’une œuvre libre, puissante, lumineuse. La poésie, le roman, l’essai, la traduction : tout en vous relie au monde par la beauté et la résistance.</strong></p>
<p><strong>Alors cette fracture, nous voulons la croire passagère. Nous souhaitons de tout cœur que l’opération vienne vite, que les soins apaisent la douleur, et que le relèvement soit aussi prompt que votre énergie est grande. À Jocelyne, nous disons notre gratitude infinie pour sa vigilance, sa présence, son amour – hier dans l’épreuve politique, aujourd’hui dans l’épreuve du corps. Elle est, comme vous, une figure essentielle de cette aventure humaine et littéraire qui nous honore.</strong></p>
<p><strong>Que vous puissiez bientôt renouer avec ce qui vous est vital : l’écriture, la marche à votre manière, le souffle des mots partagés avec vos lecteurs, vos amis, vos proches. Votre carrière d’homme de lettres est loin d’être un parcours achevé – elle est une source. Et les sources, même fragiles, même blessées, ne tarissent pas.</strong></p>
<p><strong>Prompt rétablissement, cher Abdellatif. Courage, tendresse et force à Jocelyne. Tout un cercle de fidèles vous accompagne, discrètement, profondément. Nous veillerons, par Jocelyne, à rester en lien avec vous.</strong></p>
<p><strong>Relevez-vous. Nous avons encore tant à lire de vous.</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Les combats d’Edgar Morin : ce que les hommages ont dit (et ce qu’ils ont tu)</title>
		<link>https://lecollimateur.ma/213359</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Le collimateur]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 05 Jun 2026 11:15:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[KALÉIDOSCOPE]]></category>
		<category><![CDATA[Le K de le dire]]></category>
		<category><![CDATA[NOS CHRONIQUEURS]]></category>
		<category><![CDATA[Edgar Morin]]></category>
		<category><![CDATA[palestine]]></category>
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					<description><![CDATA[Par: Mohamed KHOUKHCHANI Sous le Dôme des Invalides, la France a dit adieu à l’un de ses derniers grands penseurs. Mais derrière l’unanimité de façade, un silence présidentiel en dit long sur la mémoire sélective que l’on fait parfois aux « monstres sacrés ». Le 3 juin 2026, dans la cour du Dôme des Invalides, la République &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par: Mohamed KHOUKHCHANI</strong></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-212840" src="https://lecollimateur.ma/wp-content/uploads/2026/05/khoukhs-.jpeg" alt="" width="299" height="168" /></p>
<p><strong>Sous le Dôme des Invalides, la France a dit adieu à l’un de ses derniers grands penseurs. Mais derrière l’unanimité de façade, un silence présidentiel en dit long sur la mémoire sélective que l’on fait parfois aux « monstres sacrés ».</strong></p>
<p><strong>Le 3 juin 2026, dans la cour du Dôme des Invalides, la République rendait un hommage national à Edgar Morin, disparu cinq jours plus tôt à l’âge de 104 ans . Devant le cercueil surmonté du célèbre chapeau du sociologue, Emmanuel Macron a salué « un destin exceptionnel dans le siècle », « un humaniste planétaire » aux « combats de liberté, d’égalité, d’émancipation, de fraternité avec tous les peuples privés de leurs droits » .</strong></p>
<p><strong>Un discours sobre, solennel, à la hauteur du monument intellectuel que fut l’auteur de La Méthode. Mais pour ceux qui connaissaient l’homme dans toute sa complexité, un absent de taille a frappé les esprits : la cause palestinienne, combat viscéral d’Edgar Morin, fut curieusement omise par le chef de l’État.</strong></p>
<p><strong>L’intellectuel aux mille résistances</strong></p>
<p><strong>Les hommages, dans leur majorité, ont justement rappelé l’étendue des engagements moriniens. Il y eut d’abord le résistant : entré dans la clandestinité sous le pseudonyme de Morin en 1941, après avoir rejoint le Parti communiste. Puis le dissident : son exclusion du PCF et sa rupture avec le stalinisme, racontée dans Autocritique (1959), où il fit preuve d’une lucidité rare sur « ses propres aveuglements ». Il fut l’un des fondateurs du comité des intellectuels contre la guerre d’Algérie, apprenant à « penser contre les apparences, contre les écoles, parfois contre lui-même » .</strong></p>
<p><strong>Macron a longuement insisté sur cette capacité à ne jamais céder à « la vérité d’un seul camp ». L’écologie, l’idéal européen, la défense du droit international furent également salués par la présidence comme des marqueurs de son parcours .</strong></p>
<p><strong>Le cri silencieux pour la Palestine</strong></p>
<p><strong>Pourtant, un fil rouge traverse la vie tardive d’Edgar Morin, et tout particulièrement ses dernières années. L’Elysée a pourtant reconnu devant la presse qu’il fut « notamment un farouche défenseur de la cause palestinienne » . Mais dans l’éloge funèbre présidentiel aux Invalides, ce chapitre a été étrangement escamoté.</strong></p>
<p><strong>Ce silence contraste violemment avec l’intensité des actes du défunt. À peine deux mois avant sa disparition, alors que l’on fêtait ses 104 ans, Edgar Morin rédigeait un hommage vibrant à Leïla Shahid, la diplomate palestinienne décédée en mars 2026. Dans un texte déchirant lu à ses funérailles par Elias Sanbar, Morin écrivait : « Nous continuerons plus que jamais à témoigner, à souffrir, à lutter pour la Palestine, ta cause, qui est notre cause. […] Tu n’avais pas la haine des juifs » .</strong></p>
<p><strong>Un témoignage d’autant plus fort qu’il émanait d’un intellectuel juif, ancien résistant, hanté par la mémoire de la Shoah mais refusant que celle-ci serve de justification à l’injustice faite à un autre peuple. Pour Morin, il n’y avait pas de contradiction entre son identité de « Français juif » et son soutien aux Palestiniens ; c’était la continuité d’un même combat contre l’oppression.</strong></p>
<p><strong>L’opération de « chirurgie mémorielle »</strong></p>
<p><strong>Cette amnésie officielle n’a pas échappé aux observateurs. Sur le média en ligne <a href="https://www.blast-info.fr/articles/2026/edgar-morin-le-refus-de-lamnesie-face-a-la-palestine-xOScBVOPRQi3dAvQcnffWw">Blast</a>, on a dénoncé une véritable « chirurgie » : « On prélève ce qui peut servir, on retire ce qui dérange, on recoud proprement. La France vient d’opérer Edgar Morin. Le Juste, pour le pouvoir, n’est tolérable qu’une fois transformé en archive inoffensive » .</strong></p>
<p><strong>D’autres voix, à gauche, ont souligné le contraste. Si Jean-Luc Mélenchon a salué « l’antifasciste, résistant » rappelant son « engagement récent contre les violences à Gaza », le discours présidentiel a préféré évoquer la « pensée complexe » plutôt que de prendre le risque politique de citer la Palestine dans la cour des Invalides.</strong></p>
<p><strong>Le combat continue-t-il sans lui ?</strong></p>
<p><strong>Au soir de sa vie, alors que l’actualité géopolitique ravivait les plaies du Proche-Orient, Edgar Morin refusait l’amnésie. Ses obsèques, plus discrètes que l’hommage national, ont eu lieu dans l’intimité familiale, loin des projecteurs. Mais le débat qu’il laisse est brûlant : peut-on honorer un « humaniste planétaire » en gommant les aspérités de son humanisme ?</strong></p>
<p><strong>Macron a conclu son discours par un « Merci Edgar » . Un merci sincère, sans doute. Mais un merci édulcoré, où l’on n’a pas reconnu l’intellectuel en colère qui, encore à 104 ans, signait des hommages pour une Palestine blessée. Son véritable héritage ne réside pas seulement dans sa « pensée complexe », mais dans son refus obstiné de choisir entre les douleurs.</strong></p>
<p><strong>Hier, on a célébré le penseur. Le combattant, lui, aurait peut-être préféré qu’on parle moins de sa gloire et plus des oubliés de l’histoire. C’est ce silence-là, assourdissant sous le Dôme, qui reste en travers de la gorge.</strong></p>
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		<title>Rabat: “Sharjah Cultural Honor Forum” rend hommage à quatre écrivains marocains  [Vidéo]</title>
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		<dc:creator><![CDATA[le Collimateur MAP]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Jun 2026 12:13:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[KALÉIDOSCOPE]]></category>
		<category><![CDATA[écrivains marocains]]></category>
		<category><![CDATA[Sharjah Cultural Honor Forum]]></category>
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					<description><![CDATA[ La 27e édition du “Sharjah Cultural Honor Forum” a rendu hommage, mardi à la Bibliothèque nationale du Royaume du Maroc (BNRM) à Rabat, à quatre figures des lettres marocaines, en l’occurrence les écrivains Mohammed Achaari, Abdelfattah Kilito et Ahmed Al Madini ainsi que l’universitaire et critique Houriya Khamlichi. Ce Forum célèbre les créateurs ayant contribué à la &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong> La 27e édition du “Sharjah Cultural Honor Forum” a rendu hommage, mardi à la Bibliothèque nationale du Royaume du Maroc (BNRM) à Rabat, à quatre figures des lettres marocaines, en l’occurrence les écrivains Mohammed Achaari, Abdelfattah Kilito et Ahmed Al Madini ainsi que l’universitaire et critique Houriya Khamlichi.</strong></p>
<p><strong>Ce Forum célèbre les créateurs ayant contribué à la promotion de la culture arabe à travers leurs productions intellectuelles et littéraires, dans le cadre d’un programme supervisé par le Département de la Culture du gouvernement de Sharjah (Émirats arabes unis).</strong></p>
<p>&nbsp;</p>

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<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Cette édition, organisée en partenariat avec le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, coïncide avec la désignation de Rabat comme capitale mondiale du livre.</strong></p>
<p><strong>L’accueil par Rabat de cet événement illustre la solidité des relations culturelles unissant le Maroc et les Émirats, a indiqué à cette occasion le ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, Mohamed Mehdi Bensaid, soulignant que ce rendez-vous culturel constitue l’un des moments forts où la capitale marocaine et Sharjah se rencontrent en tant que phares culturels à l’échelle arabe et internationale.</strong></p>
<p><strong>Dans une allocution lue en son nom par la directrice du Livre, des Bibliothèques et des Archives, Ghizlane Drous, le ministre a ajouté que le Forum s’inscrit dans une série d’initiatives culturelles conjointes des deux pays visant à renforcer la coopération culturelle, saluant l’initiative lancée par Cheikh Sultan bin Muhammad Al-Qasimi, membre du Conseil suprême et gouverneur de l’émirat de Sharjah, qui a permis de rendre hommage à des dizaines de créateurs arabes, dont plusieurs Marocains.</strong></p>
<p><strong>Le Maroc, toujours ouvert aux différentes initiatives culturelles et humaines, demeure une terre d’accueil des grandes manifestations intellectuelles et civilisationnelles, sous la sage conduite de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, qui a érigé Rabat en pôle culturel mondial, a souligné le ministre.</strong></p>
<p><strong>De son côté, le directeur du Département de la culture de Sharjah, Mohammed Ibrahim Al-Qaseer, a souligné que cet hommage constitue une reconnaissance de la richesse du patrimoine civilisationnel et culturel du Maroc et de l’apport de ses intellectuels à la culture arabe.</strong></p>
<p><strong>Par la diversité de leurs productions, ces créateurs ont contribué au développement du mouvement littéraire au Maroc et enrichi le paysage culturel arabe, a-t-il ajouté, notant que le Forum incarne la vision de Cheikh Sultan bin Muhammad Al-Qasimi quant au rôle essentiel de la culture notamment dans l’édification de l’individu et la consécration des valeurs du savoir et de l’esthétique.</strong></p>
<p><strong>L’organisation de ce rendez-vous culturel pour la 4e fois dans le Royaume traduit la place qu’occupe la littérature marocaine sur la scène arabe et incarne la solidité de la coopération culturelle entre le Département de la culture de Sharjah et le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, à travers de nombreuses initiatives et programmes conjoints, a-t-il relevé.</strong></p>
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